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 Sorastrata Hirune

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Sorastrata Hirune
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MessageSujet: Sorastrata Hirune   Lun 13 Oct - 11:33

● Joueur ●

Pseudo : JiBé
Âge : 21 ans
Localisation : entre Amiens et Compiègne

Autre personnage : Non

Temps consacré au net dans une journée : Au moins une heure par jour
Comment avez-vous connu Les Tables d'Olaria ? Par le Conteur
Quelque chose à ajouter ? J’espère que ce perso-ci m’inspirera plus^^.


● Personnage ●

Prénom : Sorastrata
Nom : Hirune
Famille : Hirune
Âge : 77 ans
Sexe : Féminin
Profession ou métier : Chasseresse.

Taille : 1m76
Poids : 69 kg

Les informations en rouge représentent les évolutions du personnage suite aux Feux de la Gérax.

Description physique détaillée : Sorastra est une personne qui ne laisse pas indifférent, et ce pour beaucoup de raisons. Grande, souvent vêtue d’une tunique ou d’un manteau sobre, marchant appuyée sur un bâton, elle est bien loin de la matrone paisible au foyer : on voit toujours, dans son maintien farouche, la Chasseresse qu’elle est encore. A près de quatre-vingt ans, elle semble encore pleine de vie, et bien qu’âgée, elle ne semble pas véritablement vieille. Le temps passe lentement pour tous les Olarils, mais « grand-mère », comme l’appellent les Chasseresses, n’a certainement pas perdu le sien.

Il est vrai que ses cheveux sont blancs, son visage ridé et sa peau parcheminée, mais à défaut d’être restée séduisante, elle a gardé sa force. Ses traits sont restés fermes et ses yeux alertes ; son corps a payé le prix de l’âge, mais les années de course et de traque ont préservé ses muscles, et lui font encore une silhouette élégante. Ce qu’elle a perdu en énergie et en fougue, elle le compense par cette suffisance que peuvent avoir les anciens : sa démarche est ferme et ses gestes assurés, respirant la confiance.

Elle s’exprime d’une voix claire et sûre, à laquelle les ans ont donné un timbre rauque et autoritaire. Son regard est vif et sévère, ayant toujours l’air de suivre une proie ou de jauger son interlocuteur. Sorastrata garde toujours un air de dignité, qu’elle se tienne debout ou assise, droite ou voûtée ; elle n’a pas peur de se montrer franche dans ses gestes et peut facilement passer de la tranquilité digne à la vivacité exaspérée. Son attitude physique forme un savant mélange de trois choses : la vigilance acérée du chasseur, l’expérience respectable de l’ancien et l’insolence ridicule du vieillard.

Particularité physique notable : Suite à une blessure de chasse, Sorastrata est estropiée : sa jambe gauche est affaiblie et ne peut plus supporter son poids longtemps. La course lui est devenue impossible, et la chasse par la même occasion. La vieille Chasseresse a su ingénieusement garder sa superbe ; réduite à une démarche raide, elle s’est bâtie une apparence de grandeur, s’aidant d’un long bâton plutôt que d’une simple canne, s’enveloppant dans une cape pour allonger sa silhouette ; voyant son agilité réduite, elle a transféré son énergie dans les gestes de ses bras et mains, et cache sa lenteur forcée derrière une nouvelle tendance à prendre son temps, tendance qui ne souffre aucune objection.

Description psychologique détaillée : Sorastrata est exceptionnelle, elle le sait, et ne manque pas de rappeler ce fait à tout le monde. Même dans sa jeunesse, elle était déjà considérée comme sortant du lot, grâce à sa position dans la famille, sa beauté et son talent considérable pour la chasse. A présent que l’expérience s’est ajoutée au talent, elle ne se prive pas de dispenser des conseils aussi souvent que nécessaire, et même plus souvent. Elle est extrêmement attachée à sa famille et à son clan, s’inquiète beaucoup de leur bien-être (sans parler de leurs bonnes manières) et ne manque jamais de leur venir en aide. Autrement dit, elle peut parfois être terriblement envahissante, et ne tolère pas vraiment de cachotteries, de déviances ou d’erreurs. La seule activité où elle ne donne pas de conseils ni d’instructions se trouve être la chasse : lorsqu’elle est dans la forêt, Sorastrata ne mène jamais que par l’exemple. Elle affirme que dans ce domaine, les chasseresses doivent apprendre à se débrouiller seules, et bien peu osent la contredire.

Techniquement, Sorastrata n’est pas une ancienne, puisqu’elle est toujours en activité en tant que chasseresse. Mais ses nombreuses années, entièrement consacrées à la pratique, font d’elle une autorité sur beaucoup de sujets, et son assurance naturelle fait qu’elle croit savoir à peu près tout mieux que tout le monde. Il paraît normal d’écouter les anciens chez les Olarils, et les anciens s’attendent donc à être écoutés et respectés : par conséquent, le caractère de Sorastrata ne passe pas vraiment pour de l’arrogance, et même si c’est le cas, on le lui pardonne facilement. Mais il s’agit bien d’arrogance, et non pas de sagesse.

Depuis sa jeunesse, l’existence de Sorastrata a toujours été évidente. Son avenir était tout tracé, son talent lui rendait chaque chose facile, et sa position dans la famille lui assurait tout le confort dont elle pourrait jamais avoir besoin. Elle vénère les dieux, Hésione en particulier, fait respecter sa famille, se confronte aux Edorta, et elle chasse…la chasse est son devoir, son plaisir, sa passion. Chaque situation lui a toujours parue évidente, facile à résoudre ; même à présent que l’âge lui a donné de l’autorité, les choses sont toujours aussi faciles : elle se contente de continuer à vivre sa vie et de mener par l’exemple.

Tout lui réussit, mais cette grande qualité signifie qu’elle possède une faiblesse tout aussi grande : elle ne supporte pas l’échec, et a énormément de mal à se remettre en question. Si quelqu’un lui tient tête, si elle rencontre une difficulté, elle se battra avec hargne, bec et ongles. Sorastrata est extraordinairement têtue, dans tous les domaines, à un point qui touche au puéril. Elle n’admet jamais qu’elle a tort, qu’elle a mal fait quelque chose, et finit toujours par blâmer une autre personne ou une autre chose, disant que de toute façon la couture est bonne pour les Garthesia, que le bois de cet arc est de piètre qualité…Si vous acceptez sa supériorité et lui témoignez du respect, elle vous prodiguera des conseils d’une voix bienveillante, mais si vous lui tenez tête, gare à vous…Sa détermination est à toute épreuve, et lui permet de surmonter la faiblesse de l’âge. Enfin, le plus souvent.

L’idée de montrer la moindre faiblesse ou d’accepter le moindre compromis lui est donc insupportable, et elle fait comme si les revers ne l’atteignaient jamais. Quoi qu’il arrive, elle semble toujours être pleine de confiance, et refuse de se laisser abattre. Cette énergie inébranlable a ses avantages comme ses inconvénients : n’ayant jamais accepté ses échecs, elle n’a jamais pu en tirer les leçons, et malgré les conseils qu’elle donne aux autres, Sorastrata n’a pas la sagesse d’un ancien.

En cela, la vieillesse représente une chose nouvelle pour elle, une nouvelle forme d’échec et de peur. Jusqu’à présent, elle a pu continuer à chasser, elle est restée forte et les choses n’ont pas vraiment changé. Mais il s’agit d’une défaite inévitable, et même si elle ignore avec superbe le poids des ans, elle sait au fond d’elle-même que viendra un jour où elle sera privée de la chasse, qui aujourd’hui encore fait toute sa vie. Elle le sait, mais elle ne l’a toujours pas accepté, et elle souffre d’autant plus que sa blessure l’y a de nouveau confrontée. Tout à coup, les choses ne semblent plus si évidentes.

Depuis, la Matriarche a dû admettre ses fautes et ses échecs et faire face au deuil inimaginable de son village entier. Face à tant de culpabilité et de responsabilités, elle a développé un sens de l'abnégation presque trop aigu. Sorastrata tente de ne jamais penser à elle-même et de toujours faire passer ses enfants et son peuple en premier.

Elle a peu à peu accepté sa vieillesse et ne regrette de toute façon plus la chasse, qu'elle voit maintenant comme une obsession malsaine qui l'a amenée à abandonner ses filles. Devenue plus patiente, plus intuitive et tolérante, elle est aujourd'hui une grand-mère plus paisible, à l'autorité plus douce. Face à de la défiance ou de l'insolence, elle se montre ferme mais tente toujours d'apaiser l'ardeur. Etant la seule Ancienne présente dans Edor Adeï, elle se doit d'être la plus sage et la plus raisonnable possible.

Elle se montre parfois moins tolérante face aux Ilédors. Les gens du peuple ne reçoivent aucune hostilité de sa part, mais les Nobles ne lui inspirent pas grand chose d'autre que du mépris, et elle se méfie naturellement d'une personne qui possède des privilèges. Férocement attachée aux coutumes Olariles, elle continue de célébrer les Dieux et de parler à la manière de son peuple.

Son abnégation a apaisé son caractère et son arrogance, mais il se pourrait bien qu'elle ait un jour aussi des effets négatifs. Sans en avoir vraiment conscience, Sorastrata a un profond désir de mort ; elle veut expier ses fautes auprès des Dieux, et si la situation se présentait, elle se sacrifierait avec empressement pour ses enfants ou son peuple. Elle croit profondément aux traditions de son peuple, ce qui donne une force sereine à son opinion, mais elle se considère plus comme un outil au service des siens qu'une personne de valeur.


Dernière édition par Sorastrata Hirune le Jeu 30 Sep - 23:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sorastrata Hirune   Lun 13 Oct - 11:33

Passé : dès la naissance, les choses étaient déjà bien parties pour Sorastrata. En tant que fille de la matriarche des Hirune, elle occupait une place non négligeable dans Arestim ; elle n’était pas l’aînée, et n’accèderait donc probablement pas à la tête de la famille, mais ce n’est ni à l’époque, ni plus tard qu’elle allait s’en inquiéter. Son arrivée parmi les Olarils fut célébrée comme il convient à toute naissance, et la fête de ce soir se déroula sous les meilleurs auspices.

Dès sa petite enfance, la petite fille commença à explorer le cercle des Chasseresses, avec une fierté toute enfantine. Malgré les reproches amusés qu’on lui faisait, malgré ses parents qui lui rappelaient qu’elle était trop jeune pour apprendre un métier, elle demanda à en savoir plus sur cette chose qui faisait partir sa mère plusieurs jours, ce métier dont ses soeurs discutaient sans cesse…Dans un cadre tel que la famille Hirune, la chasse fut son premier contact avec le monde des adultes, et Sorastrata ne fut jamais une enfant timide : à ses yeux, toutes les Chasseresses étaient ses grandes soeurs, et cela faisait autant de personnes à qui elle devait prouver sa valeur, et qu’elle devait surpasser. Vu la quantité de travail qu’un tel exploit allait exiger, elle voulut s’y mettre très tôt.

Les années d’adolescence ne changèrent pas grand-chose, et l’apprentissage continua harmonieusement. Pendant la majeure partie de cette période, elle ne se consacra jamais qu’à la chasse, et ne songea pratiquement à rien d’autre ; la marche et la course dans la forêt, les longues traques dans les bois, la tension du face-à-face étaient autant de situation naturelles pour elle, de moments où elle se sentait heureuse, vivante. Elle suivit les traditions, honora Hésione et les autres dieux et assimila les leçons à une rapidité impressionnante : tout lui semblait aller de soi.

Et elle s’imprégna si bien de cette confiance qu’elle finit par la transférer aux autres aspects de sa vie. Aussi bien dans la confection des armes que dans ses rapports avec les autres, jusqu’aux activités les plus triviales, elle garda cette concentration farouche, qui peu à peu se changea en aisance pleine d’assurance. A mesure que l’apprentissage tirait à sa fin, elle se trouva convaincue que la vie était comme une chasse, une épreuve qu’elle pouvait réussir sans peine. Son épreuve de passage à l’âge adulte fut un succès de plus, et elle rapporta fièrement les bois du cerf qu’elle avait traqué pendant des jours, et tué sans l’ombre d’une hésitation. Au fil du temps, Sorastrata prenait de plus en plus d’assurance, et ne se heurtait qu’à peu d’échecs : les Olarils n’aiment pas la confrontation et les disputes, la compétition entre Chasseresses n’était que naturelle et inoffensive, et jamais une proie n’avait pu lui tenir tête indéfiniment. Inutile de dire que les hommes ne faisaient pas exception à cette logique, et que dans sa jeunesse, Sorastrata fut une prédatrice assez réputée.

Cependant, lorsque vint le temps du mariage, elle ne protesta pas et accepta le mari que la famille avait choisi pour elle. Erymanthe était un beau jeune homme calme et tendre, qui aimait plus réparer les armes et tanner les peaux que partir en pleine nature. Et au premier abord, il n’eut pas grande importance aux yeux de Sorastrata : elle considérait le mariage comme une tradition certes essentielle, mais aussi comme une formalité dont elle s’acquittait avec dévouement. Ce n’est que le lendemain de son mariage, lorsqu’elle rentra au foyer, qu’elle se rendit compte qu’elle devait maintenant partager sa maison avec un homme, ne dormir qu’avec lui, lui parler souvent, avoir des enfants avec lui…un des rares moments où Sorastrata se retrouva démunie. L’idée qu’elle devait consacrer sa vie à un mari, un foyer, à des enfants était si incongrue qu’elle n’avait pas pu, jusqu’à présent, en saisir le sens ; après tout, rien ne lui paraissait intéressant dans tout cela : ni Erymanthe, ni sa cuisine ou son métier, et encore moins l’idée d’une marmaille nombreuse. Sacrifier une partie de son temps, de sa passion pour ces choses, leur faire une place au centre de sa vie ? Elle savait qu’elle devait le faire et ne remettait pas la tradition en question, mais…il y avait quelque chose qui bloquait, tout simplement.

Elle n’en parla à personne, se refusant à confier un problème aussi ridicule à qui que ce soit, mais elle se résolut, après quelques soirées très étranges et pleines de silence inconfortables entre elle et son époux, à essayer de s’intéresser à cette étrange idée qu’était la famille. Et elle découvrit avec émerveillement que cela lui réussissait aussi ; elle se mit à rougir face aux mots doux de son mari, elle s’essaya aux travaux domestiques (et décida, l’air bougon, de les confier à Erymanthe après de nombreux revers) et après quelques mois de vie commune, elle finit par tomber enceinte. La sensation d’une vie grandissant en elle fut une des expériences les plus incroyables de son existence, et même après la douleur de l’accouchement, elle se déclara impatiente de retenter l’épreuve. Elle eut deux filles, qui à sa grande joie voulurent devenir Chasseresses à leur tour. La vie ne l’ayant jamais obligé à mûrir, Sorastrata goûtait à la vie d’adulte avec l’émerveillement d’une enfant. L’affection qu’elle portait déjà aux Chasseresses ne fit que renforcer son sens de la famille, et son amour pour son foyer.

Mais malgré tout, elle continuait à chasser, encore et toujours, à retrouver son premier amour dans les bois et la traque. Elle s’amusa beaucoup de voir que son âge lui donnait maintenant de l’autorité sur les autres, et ne manqua que rarement l’occasion de corriger ses consoeurs plus jeunes : elle y trouva la satisfaction du pouvoir et la prévoyance de l’amour familial. En dépit de son intérêt émerveillé pour ses enfants, ce fut principalement Erymanthe qui se chargea de leur éducation, et Sorastrata confia l’apprentissage de ses filles à toute la sororité des Chasseresses, plutôt que de s’en charger elle-même ; malgré tout ce qu’elle pouvait donner comme noble justifications, la vraie raison était qu’elle refusait de perdre sa passion. La vie de famille restait une curiosité pour elle, certes merveilleuse, mais qui, au plus profond de son coeur, passait encore après l’exaltation de la chasse. Elle allait payer au prix fort ce mode de vie.

Elle n’a jamais su pourquoi Erymanthe avait voulu venir chasser ce jour-là ; elle lui avait pourtant dit et répété qu’il n’était pas fait pour ça, que le savoir à ses côtés la faisait se sentir…bizarre, et que de toute façon il serait mieux à la maison, avec les filles. Mais il était quand même venu, et Sorastrata n’avait pas pu résister à son regard, encore une fois. Peut-être avait-li fini par s’inquiéter de cette passion démesurée qu’avait son épouse pour la chasse. Il lui avait toujours plu, et elle l’avait aimé pendant des décennies, mais ce jour-là elle le maudit plus que quiconque dans toute sa vie. Le sanglier était sorti des broussailles si brusquement…elle aurait dû le répérer, mais Erymanthe la distrayait en la regardant, avec ces yeux, ces foutus yeux doux…tout se passa très vite : les Chasseresses abattirent la bête presque immédiatement, quelques secondes à peine après que ses défenses aient éventré Erymanthe. Ses soeurs pleurèrent et maudirent l’animal, mais Sorastrata ne se joignit pas à elles : ce n’était pas l’animal qui la laissait seule, qui abandonnait leurs filles, ce n’était pas la bête qui avait à tout prix voulu venir chasser et qui avait tout gâché…Elle hurla et pleura et maudit jusqu’à ce qu’il ne lui reste plus rien, jusqu’à ce que vienne le moment de ramasser le corps de son mari et de rentrer.

Sorastrata resta murée dans le silence pendant des semaines, refusant de parler à quiconque, ne sortant que pour marcher des journèes entières dans les bois. Elle ne raconta jamais ce qui s’était passé dans son coeur pendant tout ce temps, mais à la fin de l’hiver, elle sortit de son mutisme et reprit la chasse. Erymanthe était enterré, et Sorastrata refusa de se remarier, même des années après la fin de son deuil. Elle avait près de 50 ans, et elle se plongea dans son métier avec un abandon farouche, à tel point qu’elle en oublia presque ses filles. Bien sûr, sa famille existait toujours et elle en prit soin, mais elle ne s’ouvrit pas à elles, et ne prit jamais vraiment le temps de les aider à guérir de la perte de leur père. La cadette s’en remit peu à peu, aidée par les autres membres de sa famille, et continua sa vie, finissant par se marier et par avoir des enfants.

Mais l'aînée, Ebanelle, ne se releva jamais vraiment de la disparition d’Erymanthe et de la froideur de Sorastrata. Sa tristesse aurait pu être guérie, si un nouveau malheur ne l'avait pas frappée : elle perdit son propre mari à la chasse, sous les griffes d'un ours, et sa disparition, si similaire à celle de son père, acheva de la détruire. Le deuil égoïste de sa mère la laissa démunie face au choc absurde de la mort, et elle se coupa peu à peu du monde, devenant de plus en plus renfermée et marginale. Elle se mit à vénérer Panpale par-dessus tous les dieux, comme si elle était fascinée par celui qui était sans doute responsable de sa perte. Peu à peu, Ebanelle s’éloigna de la famille Hirune, et finit par vivre en recluse. Sorastrata ne se rendit compte que trop tard qu’elle était en train de perdre sa fille. Jamais elle n’accepta sa part de responsabilité dans cette ostracisation, mais elle revint alors brusquement vers ses soeurs et les autres Chasseresses. Par respect pour sa douleur, on ne le lui fit jamais remarquer, mais ce drame lent et silencieux l’avait semble-t-il poussée à s’attacher à ce qui restait de sa famille. Depuis, elle se soucie plus que jamais du bien-être des filles d’Hésione.

En quelques mois après sa reprise de la traque, elle revint peu à peu à sa vitalité d’antan ; par sollicitude, personne n’évoque la mort d’Erymanthe, et Sorastrata est redevenue la Chasseresse pleine de confiance, se moquant des obstacles et refusant d’entendre parler des revers. Et toujours restait la chasse. Pendant les années qui suivirent, Sorastrata se consacra sans relâche à sa passion, continuant de chasser comme si l’âge ne signifiait rien, et ne partageant jamais son temps pour éduquer les plus jeunes. Même après ses 70 ans, alors qu’elle aurait dû se retirer et passer le flambeau, ou du moins ralentir un peu, elle persista à arpenter la forêt avec la même ardeur qu’il y a des décennies. Du moins jusqu’à ce que le sort ne la punisse une nouvelle fois. C’est au cours d’une chasse au loup que ses muscles la trahirent, et qu’elle faiblit face à une de ses proies : la bête ne le lui pardonna pas, et sa morsure creusa profond dans les chairs de sa jambe gauche. La chasse s’acheva et l’on fit venir un Guérisseur, qui annonça son verdict sur un ton inquiet : Sorastrata était invalide. La blessure avait rendue sa jambe trop faible pour la porter, et elle ne pouvait plus courir ou s’épuiser à la tâche. Elle ne pouvait plus chasser. La vieille Chasseresse le remercia et demanda à ce qu’on lui fasse porter un bâton ; elle se hissa sur son appui et boîta en direction de la Nécropole, disant qu’elle avait besoin d’un peu d’air et qu’elle reviendrait bientôt. Un peu plus d’une semaine s’est écoulée depuis, et Sorastrata boîte toujours ; le Guérisseur n’a pu dire si ses forces reviendraient, ou si elle allait rester estropiée jusqu’à la fin de ses jours. « Grand-mère », toujours pleine d’assurance, clame à qui veut l’entendre qu’elle sera bientôt sur pied. Mais les Chasseresses n’en sont pas aussi sûres, et se demandent si elle pourra supporter une perte de plus.

Depuis la Fête d'Hégoa, la Matriarche a désespérément tenté d'endiguer le conflit et la folie qui rongent Arestim, ne comprenant pas comment les temps ont pu devenir aussi sombres. Ses protestations n'ont malheureusement pas été suffisamment entendues, ni par les Opposants ni par les Partisans. Confrontant Lysandre, elle apprit son rêve d'apporter la gloire aux Hirune et se trouva de nouveau en porte-à-faux, attendrie par les bonnes intentions de sa petite-fille mais exaspérée par son manque de discernement.

Ce n'est que la veille des Feux de la Gérax que Sorastrata parviendra enfin à faire face à ses erreurs, et par là-même à son époque. Surprenant Jézabel sur le retour de la Chaume d'Ebanelle, elle la confronta rageusement sur son lien avec la Sorcière, sa fille perdue. Jézabel, répliquant, lui jette à la figure sa responsabilité dans la folie de son enfant, l'abandon de ses filles et le malaise qui fut rejeté sur ses petites-filles. Poussée à bout, Grand-Mère cède à la rage et s'en prend à son enfant, la maltraitant et manquant de la tuer. Horrifiée par son geste, elle s'enfuit et erre dans la forêt, jusqu'à la Nécropole. Ne pouvant supporter le poids de ses péchés, elle s'apprêter à se priver de la vie.

Elle n'est interrompue que par Luminara, qui la réprimande pour avoir voulu laisser sa famille pendant une telle épreuve. Persuadée qu'elle n'apporte que le malheur, Sorastrata proteste, mais les deux Chasseresses sont surprises par un grondement venu de la terre. Les monts de la Gérax déversent leur colère sur le village et déciment la terre d'Olaria. Le peuple Olaril perd des centaines de ses membres et son foyer. La famille Hirune est décimée et Sorastrata perd sa fille, Una, mère de Lysandre et Jézabel.

Devant tant de mort et de souffrance, Grand-Mère se refuse tout deuil, se sentant encore coupable d'avoir voulu par deux fois abandonner ses enfants. S'interdisant de penser à elle, elle dévoue toute son énergie à aider les Olarils à se remettre du désastre. Lorsque Lysandre décide de partir pour la Gérax, elle suit le mouvement, encore engourdie par le choc dont elle ne veut pas encore guérir. Malgré son âge et son infirmité, elle parvient jusqu'au sommet de l'Aiguille. Voyant l'étendue verdoyante d'Isle et la silhouette splendide de la Cité, elle croit être en train de mourir et de passer dans le domaine des Dieux ; voyant que son peuple arrive à destination et a trouvé une nouvelle terre, elle se laisse sombrer dans l'inconscience.

Elle se réveille, bien vivante, dans l'Auberge du Ceste Clouté. Apprenant la vérité sur les Dieux et les Ilédors, elle ravale une nouvelle fois le choc et la tristesse ; elle réagit très rapidement à l'arrestation de Lysandre et apaise l'agitation des Olarils pour éviter le drame, puis rend visite à ses filles en prison. L'erreur de Lysandre et les étrangetés de la société Ilédore la convainquent qu'il reste bien des choses à faire avant que les Dieux ne lui accordent le repos.

Pendant deux mois, elle prend ses repères, apprenant autant de choses que possible sur la Cité, ses habitants, son histoire et ses factions. Prenant contact avec la Révolution, elle devient informatrice et tente d'amener ses congénères à rejoindre le mouvement. Conseillant toujours Lysandre, elle l'encourage à attendre et à observer, espérant la voir s'assagir. Devenant conteuse pour repayer Sieben Raetan de son accueil au Ceste Clouté, elle distrait badauds, Nobles, marchands et enfants des histoires et coutumes de son peuple, et des légendes Ilédores qu'elle a pu apprendre. Elle a bien conscience qu'elle ne peut pas faire grand chose dans sa situation, mais comme un prédateur embusqué elle guette son heure, et garde un oeil sur le Palais...


Equipement et possessions : Sorastrata est la grand-mère du chef d’Arestim Dominae, et toutes les Chasseresses la considèrent comme leur aïeule. Il est donc normal qu’elle ait tout ce dont elle peut avoir besoin. « Grand-mère » réside dans une maison modeste et confortable, où elle entrepose tout son matériel de chasse, qui est varié et de facture exquise. Vous ne la trouverez que rarement chez elle, mais plutôt dans les rues d’Arestim ou dans la nature, encore et toujours en train de marcher. Après la destruction d'Arestim et le voyage vers Edor Adeï, Sorastrata vit dans un cadre spartiate, se contentant d'une chambre au Ceste Clouté et de quelques vêtements. Elle porte des colifichets sauvés des ruines du village et des objets fabriqués par les artisans Olarils. Sa mise reste un peu rustique, ancienne, afin de garder l'allure de son peuple.


Connaissances, Savoirs, Capacités : sa blessure la prive d’exercice, mais Sorastrata n’en est pas moins une des meilleures Chasseresses parmi les Olarils. Jouissant d’une expérience pharaonique, elle est également dans une forme admirable pour une septuagénaire, et seule sa jambe l’empêche de chasser d’égal à égal avec ses consoeurs plus jeunes. Depuis son arrivée à Edor Adeï, elle s'est efforcée de rassembler le plus de connaissances possibles, à la fois sur son propre peuple et sur les Ilédors. Son savoir des coutumes Olariles est devenu presque encyclopédique, et elle connaît une bonne partie de l'histoire et des us d'Isle.


Animal de Compagnie : elle avait autrefois avec elle Kuna, un grand chien noir, farouche envers les étrangers mais follement affectueux avec les Hirune. C’est lui qui lui tenait compagnie depuis que ses deux filles l’ont quittée, et Sorastrata le traitait avec une tendresse tranquille. Il n'a pas survécu au passage de la Gérax.

Position face aux derniers évènements : Sorastrata est absolument ravie de voir une Hirune, sa petite-fille de surcroît, à la tête d’Arestim Dominae. Mais elle est moins satisfaite de voir les réticences que montrent les Olarils à accepter Lysandre, et encore moins les hésitations que semblent avoir la jeune Chasseresse elle-même. La période de rétablissement l’en a jusqu’à présent empêchée, mais elle compte bien donner autant de conseils qu’il le faudra à Lysandre. Grand-Mère est Révolutionnaire dans la pratique, mais dans l'âme elle reste surtout Olarile. La société Ilédore lui paraît décadente et corrompue, ayant cédé à la guerre civile et à l'injustice. Si elle ne nie pas la splendeur de la Cité, elle désire avant tout préserver la sagesse que les Dieux ont légué aux Olarils, et peut-être la communiquer aux Ilédors. Etant donné que son peuple est prisonnier des murs, elle occupe son temps à assembler du savoir et à partager ses conseils. Elle croit toujours aux Dieux d'Arestime et tient à entretenir les liens entre les Olarils, afin d'éviter qu'ils se perdent dans la culture Ilédore. Elle aide les Révolutionnaires comme elle peut, mais uniquement parce qu'elle sent qu'un descendant de Bakarne l'écoutera plus qu'un Arlanii et que ses Conseillers.


Dernière édition par Sorastrata Hirune le Jeu 30 Sep - 22:35, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Sorastrata Hirune   Lun 13 Oct - 16:52

Je m'occupe de ton vava et de lire ta fiche dans la soirée =)
Amis Modos, si vous avez le temps, vous pouvez la lecturer aussi ^_^


Pour être sûr d'avoir une réponse à votre question,
Envoyez un Mp à Lysandre Hirune
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Zephir Garthesia
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MessageSujet: Re: Sorastrata Hirune   Lun 13 Oct - 17:57

Hum, hum. Vraiment mauvais. Une fiche baclée, ratée, à jeter à la poubelle.

Quoi ? Comment ça je suis pas juste ? Beuu ... C'est pas forcement parcequ'il a compris le monde, que sa fiche est bien écrite et que son personnage est original qu'on doit obligatoirement l'accepter !

Comment ? Bon ok, ok, j'arrête mon délire Rolling Eyes

Bon, au cas ou tu l'aurais pas compris, je plaisantais bien sûre Smile

Ta fiche est une des meilleures que j'ai eu le plaisir de lire jusqu'à présent, même si je ne suis pas là depuis bien lomgtemps Wink

Mon humble avis de modérateur est en ta faveur. Je dirais même que je suis déçu de ne pas te voir dés à présent sur le forum. Avec une telle fiche, tu n'aurais même pas dû attendre notre aval. (Oula, j'vais m'faire engueuler par la cheftaine pour avoir dis ça Rolling Eyes )

Bref, le Conteur te donnera son avis, mais je suis impatient de croiser le regard de l'ancienne Smile

En espérant rapidement lire tes prouesses sur le jeu,

Zephir Garthésia
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MessageSujet: Re: Sorastrata Hirune   Mar 14 Oct - 20:20

Quelle belle fiche JiBé !
Cela ne m'étonne pas Wink

Je te valide sans problème, et t'invite à Rp dès que possible.
Bon jeu, et n'oublie pas les Top Sites hein ^.^

[Je te trouve un avatar dès que possible mais c'pas facile !]
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Luminara Hirune
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MessageSujet: Re: Sorastrata Hirune   Mer 15 Oct - 17:59

Mais enfin ! Je lis toutes les fiches sans exception^^

Ceci dit, celle-ci m'a beaucoup plu et se dégage du lot ! Une Hirune incontournable, quel plaisir ! Et, même si ça peut sembler normal, c'est vraiment agréable de retrouver les éléments de l'histoire des descendants dans la fiche ! On ne va avoir aucun mal à composer avec toi.

Au plaisir de te revoir dans le jeu de rôle cheers
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MessageSujet: Re: Sorastrata Hirune   

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Sorastrata Hirune
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