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 Quel avenir pour toi ?

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Sorastrata Hirune
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MessageSujet: Quel avenir pour toi ?   Mer 15 Déc - 20:13

Ayant salué Sieben et les quelques Olarils qui occupaient encore l'auberge, Sorastrata et Lysandre sortirent dans les rues et se promenèrent sans but précis. Les premiers instants ne furent remplis que des bruits de la rue, car entre les deux Hirune il n'y avait qu'un silence hésitant. Après quelques minutes, Grand-Mère se réfugia dans ses habitudes et commença sa ronde journalière, emmenant sa petite-fille dans ses pérégrinations et conversations. Pendant plus d'une heure, les deux femmes allèrent d'échoppe en maison, de quartier en quartier, faisant les tour des Olarils à travers la cité. Sorastrata épargna au Chef la classe de petits Ilédors à laquelle elle faisait parfois la leçon, mais elle l'emmena au contact de son peuple, afin qu'elle voit les chemins qu'ils avaient pris depuis des dernières semaines, qu'elle découvre Edor Adeï et la place qu'y avaient ses compatriotes. Et pendant tout ce temps, la matriarche évita soigneusement de parler de politique, de guerre ou de complots.

Pourquoi ne rien dire ? Le temps pressait, pourtant. Pendant que Lysandre se remettait de la prison, les trois factions mettaient leur plan en place, les Oracles tissaient leurs intrigues, et plus important encore, Lis Diantha se prélassait entre les mains des Conseillers. Mais malgré toutes ces raisons, toutes ces urgences et catastrophes, Sorastrata n'osait pas rejeter sa petite-fille dans la fosse. Elle la voyait, souriant pour faire illusion et écoutant d'une oreille distraite les banalités de la ville, et les obligations et ambitions devenaient peu à peu trop coûteuses. Qu'y avait-il de si important qu'elle doive y sacrifier son bonheur ? Le pouvoir, l'honneur de sa famille ? La gloire pour les générations futures ? Arestim avait été réduite en cendres, et il n'y avait rien à conquérir lorsque la terre entière appartenait déjà aux Ilédors. Tout ce butin était remis en jeu par la guerre civile, certes, mais quel sens y avait-il à se mêler à ces jeux sanglants ? Toute sa vie durant, Lysandre avait voulu prouver sa valeur, elle avait voulu entendre sa Grand-Mère, ses parents, son peuple entier lui dire qu'ils l'aimaient, qu'ils étaient fiers d'elle. Elle s'était tourmentée, elle avait pris tant de risques et bouleversé tant de choses pour être seulement aimée. Et à chaque tournant, ses grands rêves avaient été mis à bas. Elle venait de perdre son époux et l'on voulait qu'elle retourne au feu ? Les Olarils ne pouvaient-ils pas attendre que la guerre se passe, rebâtir leur village et être heureux loin de ces luttes futiles ? N'y avait-il pas assez d'amour pour Lysandre dans le cœur des siens ? Lui fallait-il la gloire et l'admiration de tout Isle ?

Pendant ces deux mois, Sorastrata s'était fait une demeure dans cette cité, des habitudes, des amis, des vocations. Elle avait enseigné à des enfants, elle avait conforté son peuple et s'était doucement nourrie des légendes et connaissances. La Révolution lui avait offert quelques tâches, mais il y avait des soirs où elle songeait à s'arrêter, à simplement vivre sans demander son reste. Les jeunes gens avaient tous faim de pouvoirs, de gloire et de rêves, mais la vieille femme ne voulait qu'un peu de paix avant d'enfin pouvoir s'éteindre.

Grand-Mère prit sa petite-fille par le bras et l'entraîna avec elle dans les petites ruelles du Quartier Commerçant, marchant d'un pas lent et posant sur elle des yeux où la tendresse le disputait à une douce tristesse. Elle détourna les yeux avec un soupir discret et revint sur terre. Il ne pouvait pas y avoir de demandes ou de souhaits pour elle, si modestes soit-ils. La vieille Chasseresse se remémora toutes les fautes qu'elle avait commises contre sa famille, la responsabilité qu'elle avait envers son peuple en tant qu'Ancienne, et la malveillance des intrigants qui voudraient manipuler les Olarils à leur profit. Il n'y avait pas de paix en cette époque, et son peuple ne saurait être inactif.

Mais peut-être qu'elle pourrait épargner tout cela à son enfant, elle qui était déjà si épuisée. Le bras toujours pris dans celui de Lysandre, elle se décida enfin à lui parler. C'était elle qui comptait, c'était son bonheur qui passait en premier, mais Sorastrata n'osa pas encore lui offrir clairement le choix des conflits. Avec un faible sourire, elle lui posa la question d'une voix aussi douce que possible.

« Lysandre...que comptes-tu faire maintenant ? »


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Lysandre Hirune
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MessageSujet: Re: Quel avenir pour toi ?   Ven 17 Déc - 18:04

Lysandre voyait au travers des chemins empruntés par sa Grand-Mère, une ville, un peuple qui lui semblait douloureusement étrangers. Bien qu’elle accorde l’attention nécessaire à ces gens, les Ilédors lui paraissaient non seulement différents, mais foncièrement opposés aux Olarils… Certes, elle avait vu des traits communs, des manières de vivre en harmonie notamment parmi les personnes moins aisées des quartiers commerçants, ceux qui après tout, n’avaient que des besoins simples.

Et la différence était là encore. En Arestim, chaque homme, chaque femme mangeait à sa faim. Chacun avait un toit, même orphelin, tous avaient la volonté de vivre ensemble… Malgré les différents qui parfois les opposaient. Alors qu’ici, ils semblaient tous s’en vouloir, tous se détester. Et que dire de cette misère ? Les Olarils ignoraient qu’on pouvait agir sans solidarité, sans entre-aide. Des gens mourraient de faim, des gens vivaient dehors, dans le froid, dans la fange. Des gens tuaient, pillaient, volaient.

Comme elle regretta son Village, plus encore que lorsqu’elle était en Prison. Cette promenade lui parut sinistre. Lysandre refusait cependant de replonger dans cette neurasthénie qui l’avait emportée depuis deux mois. Non. Car cette fois, elle voyait les Siens. Ils travaillaient, ils aidaient leurs proches à s’adapter, ils mettaient beaucoup d’espoir et oeuvraient dur pour réussir à vivre correctement. Ils étaient doués, et elle avait bien vu comme leur savoir était apprécié, notamment pour l’artisanat. Cette sorte de revanche sur la culture Ilédore lui laissait un goût sucré dans la gorge.

Elle avait vu de riches notables monter les prix du cuir travaillé par un Hirune, et elle ne pouvait s’empêcher de bomber la poitrine. Après tout, pour réussir à ne pas trouver cette ville nauséabonde, il fallait de forts sentiments agréables. Et constater que son Peuple savait être apprécié, qu’il avait appris à vivre ici était une consolation qui convenait.

Assise désormais contre l’Ancienne, pourtant, le silence et les retombées de ces traits positifs rendaient l’atmosphère moins douce. Il résidait cependant le bien-être d’avoir pour elle sa Grand-Mère, et de n’avoir à la partager avec personne, et de n’avoir aucune figure à montrer, puisqu’elles étaient seules. Juste la Petite fille et sa Grand-Mère.

Mais le Chef n’était jamais loin.
« Je suppose que je ne peux pas répondre chasser et être un bon chef. » Fit-elle d’un air distrait, presque plaintif. Avec le recul, le temps où elle divisait les Olarils dans une Arestim Dominae en manteau blanc, après les Jeux de Bakarne qu’elle avait délibérément avancés, lui manquait.

« J’ai du mal à savoir comment je pourrais être le Chef des Olarils, alors que j’ai au dessus de moi un Gardan Edorta, et tout autour, un peuple qui n’est pas le mien… » Car définitivement, la Chasse devait être exclue. S’avouer ceci la fit creuser les joues, et froncer les sourcils de douleur. Que faire à part traquer le gibier pour nourrir son peuple ?

« Mais … » Elle tourna les yeux vers la Vieille Chasseresse, le regard moins terne. Il n’était pas temps de refaire le travail pénible de ces derniers mois. D’autres avaient lu les Tables, elle pouvait se confier à Sorastrata sans gène, elle pouvait lui révéler ses craintes, ses attentes… «Mais avec ceux qui se réclament de Bakarne, dehors, et le Pouvoir qui ne se presse pas pour nous donner de l’importance, ici, je n’ai pas l’intention de les laisser me mettre à l’écart. »

Elle pensait non seulement à elle, mais aussi à l’ensemble des Olarils. Elle avait en tête cette Prophétie, et pour Lysandre, celui qu’elle avait compris être un lointain cousin d’un descendant des Olarii n’était pas celui dont parlaient les Révélations des Oracles. Enfin, l’Hirune savait également que l’Ancienne voulait parler d’elle, sa petite fille, pas seulement de son rôle… Lysandre haussa les épaules.

« Et que ferais-je d’autre, si je ne cherche pas à aller au bout de la mission que les Tables m’ont confiée ? Je ne sais que pister, traquer, et achever le gibier, dans l’Umber. Grand Mère, je ne peux pas laisser des Ilédors, cousins de Bakarne ou non, décider de ce qui est bon pour nous. » Elle avait repris le cours de sa phrase, comme si cesser de penser en Chef lui était devenu impossible.

Il ne fallait pas s’attarder à être l’Hirune, elle devait avoir une meilleure place parmi les Puissants d’Edor Adeï, personne ne pouvait savoir comment prendre des décisions pour les Olarils, mieux qu’elle. Oh, la majorité semblait en douter, parmi les Ilédors comme parmi les siens, mais jusqu’à preuve du contraire, elle avait la Lame, elle avait les Tables d’Olaria, et elle avait été nommée par Laclaos. C’était tout ce qui importait. Ses yeux se levèrent au ciel, pensive. Le soleil était haut, timide mais déjà chaud. Le Printemps était plus clément ici que de l’autre côté de la Gérax… Les jeunes faons devaient naitre dans l’Umber…

« Toi, tu as trouvé ta place, ici, non ? » Souffla alors l’Hirune alors que son menton frémissait.





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MessageSujet: Re: Quel avenir pour toi ?   Ven 14 Jan - 4:38

Lysandre évoqua la chasse et Sorastrata détourna brièvement les yeux pour dissimuler le tremblement qui agitait son regard. La matriarche ne parlait pas de ses propres pensées avec ses enfants, jugeant que son devoir était d'être une figure forte et rassurante, mais la vérité était qu'elle était heureuse d'être dans une ville, loin de la forêt. Elle faisait parfois d'étranges rêves où elle se retrouvait dans les bois, libre, vigilante, toute-puissante ; elle se faufilait entre les buissons, traversait les clairières en courant, comme si sa jambe et son corps entier était comme neuf, comme à ses vingt ans. Et elle pouvait entendre les bruits du village derrière elle, la rumeur affairée de sa famille et de son peuple, qui se changeait soudain en une cacophonie paniquée. Des cris d'horreur et des bruits de catastrophe atteignaient ses oreilles tandis que la terre tremblait sous ses pieds. Elle voulait se retourner, se précipiter vers les Feux, mais elle ne le pouvait pas. Ses jambes, si fortes et jeunes, ne lui obéissaient pas et elle s'enfonçait plus dans la forêt, poussée par la peur et l'excitation de la course. Elle entendait des supplications distantes, les voix de ses filles, de Lysandre, de Jézabel, d'Ebanelle...puis elle se réveillait en sueur, le visage blafard et la tête résonnant encore des cris.

Non, Grand-Mère ne regrettait pas la chasse, la tentation immense de poursuivre le plaisir de sa jeunesse et de laisser ses enfants derrière, pour souffrir et mourir sans elle.

La voix de Lysandre la tira de ses rêveries et elle se retourna vers elle, écoutant avec une attention redoublée. Sa petite-fille tentait de se donner du courage, d'évoquer son devoir pour s'extraire de l'apathie dans laquelle elle avait passé ces derniers mois. Quoi de mieux pour retrouver son chemin que de revenir au point de départ ? Le Chef des Olarils parlait de pouvoir, de responsabilités, de son peuple...Grand-Mère ne pouvait pas dire qu'elle fût surprise. Lysandre était si jeune lorsqu'elle avait reçu cette responsabilité que ses épaules s'y étaient habituées. Elle ne pouvait plus être une Chasseresse, que lui restait-il d'autre que son titre ? La jeune femme se tourna vers son aïeule et lui posa une question qui la prit de court.

« Eh bien, je... »

L'Ancienne ne finit pas sa réponse, interrompue par ce qu'elle lut sur le visage de son enfant. La Chasseresse contemplait Sorastrata d'un regard aigu et son menton tremblait imperceptiblement. Elle était à bout, prête à céder : son peuple l'avait rejetée, son mari l'avait abandonnée, elle venait de perdre deux mois de sa vie dans une geôle et elle se trouvait face à l'immensité terrible des jeux de pouvoir entre rois et généraux, seule, avec un livre et une vieille épée. Devant de tels obstacles, que pouvait-elle faire ? Que lui restait-il d'autre que son titre, en effet ? Avait-elle encore sa grand-mère ou était-elle véritablement seule ? La vieille femme laissa échapper un soupir et regarda autour d'elle, embrassant du regard la rue et ses occupants affairés. Après quelques instants songeurs, elle se retourna vers Lysandre et eut un faible sourire.

« Ma place n'est pas ici, ma fille. J'ai trouvé ici un refuge et un toit, j'ai appris des noms et des histoires et j'ai fait mon terrain dans ses rues, mais ce n'est pas mon foyer, pas plus que la forêt n'est la demeure de la Chasseresse. Je ne fais qu'y attendre. »

Elle s'en rendait compte et l'acceptait maintenant : Sorastrata avait beau saluer des Ilédors par leurs prénoms, elle avait beau conter des histoires à leurs enfants et apprendre leurs coutumes, elle resterait toujours une étrangère à leurs yeux. Et elle pouvait bien espérer une vie paisible pour ses enfants, ce n'était pas dans cette cité qu'ils la trouveraient. Les Ilédors les avaient d'abord tolérés, et ils étaient à présent la coqueluche des curieux, mais qu'en serait-il plus tard ? Qu'adviendrait-il de leur peuple et de son âme à mesure que les générations passeraient ?

« Et si tu veux mon avis, ce n'est pas non plus ici qu'est la place de notre peuple. Ils sont épuisés et ont saisi la première occasion d'être en paix, mais s'ils étaient lucides ils verraient qu'il n'y a pas de futur pour nous ici. Les Ilédors finiront bien par se lasser de notre art et nous redeviendrons des intrus, qu'il faut assimiler ou chasser. Et quelle paix pourrions-nous bien avoir tandis qu'une armée attend de l'autre côté des murs ? »

Les Olarils qui prétendaient se détacher des leurs et refaire leur vie ici se voilaient la face. On ne peut simplement effacer son sang et ses ancêtres, ni la fierté qui leur est due ni la méfiance qu'ils inspirent chez les étranger. Oui, la cité était accueillante et fascinante, et elle cachait fort bien la guerre qui se déroulait au dehors, mais même au milieu de ce simulacre de tranquillité, Sorastrata se rappelait clairement ce qu'elle avait toujours su : si les Olarils voulaient obtenir quoi que ce soit pour eux, s'ils désiraient la moindre mesure de liberté ou de paix, ils allaient devoir l'arracher. Peu importe les désirs des un et des autres, aucun ne serait exaucé s'ils restaient les prisonniers d'un pouvoir qui n'avait cure de leurs souhaits.

« Lysandre...ma place n'est pas dans les murs de cette ville, elle n'est pas de l'autre côté de la Gérax et elle n'est sûrement pas dans les rangs de l'une ou l'autre des factions qui se font la guerre ici. Ma place, elle est ici, à tes côtés. Tant que tu auras besoin de moi, je serais là. »

Sorastrata marqua une pause douloureuse et tendit sa main noueuse pour caresser les cheveux de sa petite-fille. Elle aurait tant voulu qu'il en soit autrement, mais après tout, elles étaient des Hirune. Se mettre en danger pour le village avait toujours été leur vie. Ce faible sourire revint et l'Ancienne prit doucement le Chef dans ses bras, avec toute l'affection dont elles avaient été privées pendant ces deux mois.

« Tu as déjà tellement souffert, mon enfant...Je ne voudrais rien tant que te voir vivre en paix, loin de tout ceci, mais je sais que ce n'est pas ce que tu désires, ni ce que les Dieux ont permis. »

L'étreinte dura plusieurs instants, et Sorastrata ne la brisa qu'à contrecoeur. Pour chacun de ces moments, il semblait que cinq disputes s'ajoutaient. Les choses en avaient toujours été ainsi entre ces deux femmes, plus têtues l'une que l'autre. Et à chaque fois, l'Ancienne espérait voir sa petite-fille devenir plus sage. Les enjeux étaient si importants, maintenant...il fallait qu'elle y parvienne vraiment, et que plus jamais ne se produise une erreur aussi dangereuse que celle de leur arrivée à Edor Adeï. Il ne devait pas y avoir de mensonges entre elles, pas de pensées cachées par une fierté mal placée, pas de mésentente ou de disputes. Elles avaient trop à faire pour cela. Plaçant ses mains sur les épaules de la jeune femme, Sorastrata hocha la tête en signe d'approbation.

« Tu es notre Chef. La meilleur chose que je puisse faire, c'est t'aider à protéger les nôtres. Et à vrai dire, je... »

Elle hésita un instant. Cela paraîtrait soudain, mais elle avait déjà attendre suffisamment longtemps pour le lui dire.

« Lysandre, je ne sais pas comment te dire ça, mais...Lis Diantha porte les enfants de Xan. Elle s'est réfugiée auprès du Gardan Edorta. Elle compte probablement le séduire, et les Conseillers comptent sûrement utiliser les jumeaux qu'elle porte à leur avantage. »


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MessageSujet: Re: Quel avenir pour toi ?   Ven 14 Jan - 18:26

Un petit sentiment apparaissait dans le coeur de la Chasseresse. L'égoïste joie d'avoir pour elle seule sa Grand Mère, sans ses cousines, sans Jezabel. Et c'était l'une des premières fois où elle se sentait en accord avec la vieille femme. Les deux Hirune tombaient sur bien des visions en opposition, tantôt due au caractère fougueux du Chef, tantôt due aux sentences sévères de l'Ancienne. En cet instant, Lysandre pensait au plus profond d'elle, que Sorastrata était sa meilleure alliée, celle qui lui était le plus proche, le soutien le plus précieux, et le Conseil le plus sage.

Elle comprit que, non seulement la Chasseresse agirait pour le bien de leur Clan, comme elle l'avait toujours fait, mais aussi pour son Peuple, et, la jeune femme l'apprenait soudainement, pour le bien de sa Petite Fille. Réaliser ceci lui fit chaud au coeur, embrasé également par l'étreinte de l'Ancienne. Les démonstrations étaient rares et leurs conflits réguliers, mais les épreuves les avaient rapprochées ; Lysandre semblait percevoir, depuis sa visite à la Prison, l'amour qu'éprouvait Grand Mère à son égard, elle qui avait toujours cru en être privée.

Elle jouait désormais le rôle de Mère, de Soeur et de Conseiller. Sorastrata était à l'heure actuelle la seule personne qu'elle considérait comme épousant sa cause ; Elle se demanda une seconde où était Luminara, parut presque la chercher du regard, mais n'eut aucun souci pour sa Cousine. Elle savait également que la Danseuse serait une alliée inconditionnelle. Et après ? Qui pouvait-elle compter parmi ses soutiens réels ? La majorité des Olarils avaient subi trop de maux pour encore vouloir s'élancer dans les intrigues qui sévissaient ici. Ils avaient soif de quiétude, et Edor Adeï ne leur offrait pas cette chance.

« Tu sais, j'ai l'espoir absurde qu'après avoir honoré ma Parole, les Dieux me laissent un peu de répit. » Elle se réfugia dans un petit rire, pour éviter d'être trop blessée par la fatalité. En réalité, elle avait beau espérer, il lui semblait que jamais elle ne retrouverais la vie qu'elle menait avant d'être Chef.

Et pourtant... Elle aimait être à cette place. Elle avait tant aimé être Chef, en Arestim. Et ce qu'elle taisait, c'était qu'en plus de cet espoir un peu fou, elle avait l'illusion entretenue par des rêves douloureux, qu'en repassant la Gérax, de l'autre côté, Lysandre retrouverait un village tel qu'il était avant la Catastrophe, avec ceux qu'ils avaient perdu. Avec Nydearin, des enfants, sa Grand Mère à ses côtés, et elle irait chasser pour nourrir son Peuple.

Les sanglots s'accumulèrent trop vite dans sa gorge, sans qu'elle ne les ait senti monter, et elle reprit vite la parole, encourageant la vieille femme qui paraissait hésiter à continuer sa phrase...

« Parle Grand Mère, qu'as-tu ? » Cette hésitation inquiéta l'Hirune. L'Ancienne n'était pas le genre de femme à rechigner être franche.
Et l'annonce lui glaça le sang. Avant de le chauffer à blanc sans transition. Elle se leva d'un bond, les yeux ronds comme des soucoupes. Une fois la surprise passée, en une seconde, la colère la submergea.

« Lis Diantha ?! » Les sanglots dans sa gorge s'étaient mués en un instant en une boule de rage, de stupeur mêlées. Cette Prêtresse de Bakarne avait en elle les deux seuls êtres qui pouvaient être plus légitimes qu'ellle, ou que cet Olarii au dehors. Elle avait les enfants de Xan ?!
Lis enceinte était déjà une surprise incroyable, et qu'elle puisse avoir séduit le fils de Laclaos n'était pas improbable, malgré qu'il semble très fidèle à Zara. Mais plus que l'étonnement amusé que cela aurait pu entraîner, Lysandre était stupéfaite de cette nouvelle, dégoûtée par ce qu'elle apprenait.

« Comment peut-elle offrir les enfants de Xan à cet Ilédor ?! » Toute la haine qu'elle pouvait, au fond d'elle, éprouver pour ce peuple se traduisit dans son timbre. « Elle voudra surement leur échanger contre de l'or, des bijoux, des amants ! » Elle réalisa soudain. « Si les Ilédors qu'ils appellent Conservateurs adoptent les enfants de Xan comme s'ils étaient des leurs, c'est la fin de la Prophétie... je veux dire, elle s'accomplit, mais ne change rien au passé.... Quelle... » Elle serra les dents face au jurons qu'elle retenait.

Comme un coup d'éclair, la découverte des manigances de la Prêtresse avait réveillée Lysandre. Pas un simple coup de sang, non. Elle avait bien de vagues envie de mouvement, mais là, c'était une Cause qu'elle venait d'épouser. Sorastrata venait de lui fournir la seule chose qui pouvait la faire sortir de sa torpeur, un But.

« Il faut empêcher que les Ilédors gardent pour eux ces enfants. Grand Mère, ce … ce serait à moi de les élever, comme si c'était Laclaos. » Elle avait du mal à correctement appréhender ce qu'elle avait à faire, mais désormais, la Chasseresse était certaine d'une chose : qu'il le veuille ou non, le Gardan Edorta aurait à faire une place aux Olarils parmi les Décisionnaires. Et d'autant plus si la Prêtresse arrivait à le soumettre à sa volonté par ses charmes et le formidable tremplin que représentait ses bébés. Les Légitimes Héritiers de Laclaos, et ainsi, les Descendants directs de Bakarne.





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MessageSujet: Re: Quel avenir pour toi ?   Sam 15 Jan - 1:39

La réaction presque violente de Lysandre ne surprit pas l'Ancienne, qui l'attendait et l'espérait, même. On pouvait faire tous les reproches à sa petite-fille, mais on ne pouvait lui retirer sa passion, sa sauvage dévotion à son devoir. Sorastrata hocha la tête avec une expression sévère au visage, mâchoire serrée et sourcils froncés : elle voulait son enfant déterminée, féroce et dangereuse face à l'ampleur de sa tâche, et il n'y avait pas meilleur moyen d'attiser ce feu que de parler de Lis Diantha.

« Oui...je ne doute pas que cette catin irait jusqu'à les noyer si cela lui glanait un peu de gloire. Elle ne mérite pas l'honneur de porter le sang de Bakarne ou d'être mère tout court. »

Les Dieux savaient que les deux Hirune avaient toujours eu la même opinion de la Pélégon, mais à présent qu'elle avait trahi son peuple et livré sa propre progéniture entre les mains intrigantes du Conseil, Sorastrata se surprenait à souhaiter qu'elle meure en leur donnant la vie.

Lysandre fit alors un souhait, évoquant le devoir qu'elle avait de préparer sa succession. Elle était si jeune, et déjà elle devait songer à ceux qui la remplaceraient ; l'Ancienne était surprise de la voir se plier si vite à la place que lui réservait la prophétie. Tant mieux. Il y avait ici une leçon, et si elle pouvait l'apprendre tôt, le futur n'en serait que mieux assuré. Les enfants passaient toujours avant leurs parents. Et ces enfants là, semblait-il, passaient avant tout.

Grand-Mère posa sa main sur l'épaule de sa petite-fille, tâchant de calmer son indignation et de l'amener à se concentrer, car la tâche qui s'étendait devant elles était immense.

« Tu as raison, Lysandre, nous devons être là pour ces enfants, nous devons nous assurer qu'ils seront traités avec respect et équité, et pas comme les pantins pour les ambitions des uns ou des autres. Aucun enfant ne devrait être élevé ainsi, et encore moins les Héritiers d'un Dieu. »

Mais il ne suffisait pas d'en parler, encore fallait-il l'accomplir, et comment faire quand il y avait toute la puissance du Gardan Edorta entre elles et les descendants de Bakarne ? Lysandre avait beau le souhaiter, il était naïf de penser que la garde de ces enfants pourrait échoir aux seuls Olarils. Après tout, ils étaient aussi des héritiers aux yeux des Ilédors...pensant à voix haute, Sorastrata commença à exposer les possibilités à sa petite-fille.

« Nous ne pourrons jamais être les seuls à les élever...et peut-être est-ce mieux ainsi, quelque part. Lysandre, ils le droit au titre de Chef des Olarils mais aussi à celui de Gardan Edorta ! Si nous pouvons faire en sorte qu'ils héritent du savoir des Ilédors et de la sagesse des Olarils, de nos vertus, imagine quelle porte cela ouvrirait pour l'avenir. Notre peuple pourrait enfin faire entendre sa voix dans l'histoire d'Isle, nous pourrions peut-être aider à sortir ce pays des vices dans lesquels il est tombé. »

L'occasion était inespérée. Sorastrata n'avait pensé à ces enfants que comme membres du peuple Olaril, mais elle se rendait maintenant compte qu'ils représentaient bien plus. Les Conseillers avaient probablement eu le même raisonnement, et finalement, c'était une conclusion inévitable : par le biais de la prophétie, ces deux vies que Lis Diantha allait engendrer unissaient les objectifs de chaque faction, Révolutionnaires, Conservateurs et Olarils. Seuls les Dissidents pourraient vouloir les retirer de l'échiquier, mais après tout, leurs objectifs et surtout leur identité restaient vagues depuis le début. Mais s'ils jouaient bien leur jeu, les Olarils pouvaient obtenir un résultat inespéré : la paix en Isle et leur voix à l'oreille du pouvoir. Eux qui n'étaient encore vus que comme de pittoresques étrangers pouvaient se faire entendre dans tous le pays. Encore fallait-il parvenir à ce résultat, malgré le chaos qui agitait Isle en tous sens.

« La tâche est immense, ma fille, il va falloir y mettre toutes nos forces. Le Gardan Edorta tient les enfants pour l'instant, mais si jamais la Révolution ou la Dissidence remporte la lutte, la maison Arlanii tombera et les Héritiers avec elle. Que la victoire aille aux uns ou aux autres, les Olarils et le futur Chef doivent endurer. Il faut trouver un moyen de les protéger et d'assurer notre position auprès d'eux, quoi qu'il puisse arriver. »

Il fallait être réaliste : les Olarils n'avaient actuellement que peu de pouvoir sur les conflits, à l'intérieur et à l'extérieur de la cité. Plutôt que de lutter pour obtenir une victoire bien à eux, il valait mieux tenter de se ménager une place auprès de chaque vainqueur possible. Sorastrata n'avait cure de savoir qui hériterait du trône demain : elle savait déjà qui l'obtiendrait dans 20 ans. L'objectif immédiat était d'obtenir un accès aux enfants, puisqu'ils se trouvaient derrière un mur. Comment entrer dans le Palais du Gardan Edorta malgré les objections de Lis et le peu d'estime réservé aux Olarils ? L'Ancienne pensa à Mithra, qui avait été leur première représentante en haut lieu et qui semblait avoir fait bonne impression : peut-être pourrait-elle redevenir leur ambassadrice. Si toutefois Lysandre acceptait ce plan...

Et bien sûr, il fallait aussi penser aux factions. Sorastrata était une Révolutionnaire, mais de maigre envergure ; pour assurer une place aux enfants et à leur tuteur Olaril, il faudrait entrer en contact avec l'armée et avec Beltxior Olarii, en dehors des murs. Quant à la Dissidence...il y avait sûrement des membres de son peuple qui s'y étaient joints, mais Grand-Mère ne savait rien du fonctionnement de ce réseau qui paraissait très secret et très bien organisé. Ne sachant rien de leurs motivations véritables, comment savoir s'ils accepteraient les enfants comme héritiers et les Olarils comme voix auprès d'eux ? La matriarche passa une main sur son front et posa des yeux éreintés sur sa petite-fille. L'ampleur de tout ceci était écrasante et la vieille Chasseresse voulait toute l'aide qu'elle pourrait obtenir.


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MessageSujet: Re: Quel avenir pour toi ?   Lun 17 Jan - 17:10

Et Lysandre était désormais toute destinée à aider la Chasseresse. L'Hirune n'aurait pas eu besoin d'autre chose, c'était le seul électrochoc qui lui manquait. Il n'était plus seulement question de celui qui deviendrait Chef des Olarils, Sorastrata avait raison. Aujourd'hui, les enfants que Lis mettrait au monde seraient destinés à un avenir bien plus grand encore ; ils devaient devenir les Rois, plus grands et plus glorieux que n'importe qui d'autre... Il résida, une seconde, une immense fierté dans le coeur de la Chasseresse. Car malgré tout, toute la destinée d'un continent dépendait de deux Olarils.

Cependant, il fallait désormais agir, étudier, et malgré tout, entrer de façon plus ou moins forte dans les intrigues du pouvoir actuel. Car il n'y avait pas que Lis, ses enfants, et le trône sur cet échiquier, les partis qui s'affrontaient plus ou moins directement entreraient eux aussi bientôt dans leurs plans face aux Jumeaux. Ils seraient bientôt au courant, comme les deux Hirune l'étaient aujourd'hui, ils voudraient alors tirer partie de ce rebondissement de poids.

La colère était toujours présente, mais les réflexions de Grand Mère avaient fait place à de plus grands sentiments. Il fallait de la tactique, être posée et ne pas foncer tête baissée. C'était exactement ce qu'attendait Lysandre pour prouver sa valeur à son peuple, et aux Ilédors. Leur permettre de la voir en Chef véritable, non en sauvageonne cherchant à assassiner leur Oracle... Oui, c'était la chance de sa vie, désormais. Elle acquiesçait de temps à autres aux mots de l'Ancienne, parfois ponctuant de quelques paroles qui allaient dans son sens.

Là encore, elle fut en total accord avec Sorastrata, et réfléchissait aussi à son tour, à haute voix.

« Il faudrait que nous ayons une place plus importante auprès du Gardan Edorta, comme ce qu'avait promis la Conseillère Tehanii, qu'elle ne tient toujours pas. » Mais comment convaincre celui qui détenait désormais le pouvoir et les enfants qui lui assureraient de le garder encore longtemps ?

« Pourquoi ne pas réclamer un statut de Conseiller auprès de lui ? Il est comme nous, sans doute perdu face à des étrangers. Il est obligé de nous gouverner, mais ne peut pas le faire sans que l'un d'entre nous soit présent pour l'épauler. » Elle savait, bien sûr, qu'elle souhaitait être cette personne-là. « Ma place serait d'être là bas. Je pourrais surveiller Lis, pendant sa grossesse, et être proche des enfants de Xan lorsqu'ils auront vu le jour...

« Comment nous frayer un chemin jusqu'à l'oreille du Gardan Edorta ? Les Conseillers ne voudront certainement pas nous voir prendre leur statut, ils nous refuseront un entretien. » Lysandre eut une moue, observant le visage ridé et marqué de sa Grand Mère, comme si elle espérait qu'elle aurait une réponse. Certes, l'Hirune avait eu des contacts avec Vanhilde Tehanii, qui croyait en eux, en le Peuple Elu, mais elle l'avait sentie froide et sévère, trop pour faire preuve de solidarité envers elle, et lui permettre de voir Ysor Arlanii en dehors des sentiers battus. Et il était inutile de compter sur Lis pour leur ouvrir des portes...





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