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 Un grain de folie pour bannir l'ennui

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Le Fou
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MessageSujet: Un grain de folie pour bannir l'ennui   Sam 24 Avr - 19:05

Le temps était au beau fixe, comme si le siège de la ville n'était qu'une mauvaise illusion pour les Illédors. Nul ne souffrait encore de la faim ou des dures conditions de la guerre. La vie poursuivait son cours comme si de rien n'était, comme si l'armée qui entourait la ville n'existait pas. Mais le Fou savait que cette quiétude n'était que provisoire. Le beau temps ne durerait pas, et bien trop vite, les gens seraient lassés de devoir rester enfermés dans la ville. Non pas que les nobles en sortaient souvent, mais dans la ville basse il était beaucoup plus courant de sortir des murs, et s'ils étaient privés de ce droit, bien vite, les gens trouveraient la ville beaucoup plus exiguë qu'elle ne l'était réellement.

L'arrivée des descendants de Barkane, juste avant le siège avait été vus par certains comme un signe faste, par d'autres comme une étrange coïncidence qui ne lassait pas de nourrir les conversations. Depuis quelques jours, ils étaient le sujet principal de toutes les conversations, au point que cela en devenait lassant. Le Fou aspirait à plus de futilité et d'amusement en ces temps de guerre, mais il semblait bien être le seul. Nombreux étaient ceux qui tentaient par tous les moyens de gagner ces gens à leur cause, qu'ils soient Dissidents, Révolutionnaires, ou Conservateurs. Le Fou manquait d'occupation en cette matinée, le Conseil était réuni, mais il n'avait reçu aucun instruction de la part du Gardan. Il se baladait donc dans le palais, sans but précis, et s'ennuyant ferme, malgré la présence de Pim' sur son épaule.

L'homme hésita un instant à aller aux thermes pour s'occuper, mais il avait déjà pris un bain ce matin, et s'il aimait sentir bon, il n'aimait pas comme certains prendre deux ou trois bains par jour. Il n'avait donc rien à faire... Il n'aimait pas être désœuvré comme ça, aussi choisit-il de poser un but à sa promenade : les cuisines. Tout d'abord, il pourrait y chaparder quelque nourriture, et puis, il avait envie de nouveaux potins, et certaines cuisinières ne tarissaient pas d'informations en tout genre. Le Fou avait un don pour distinguer ce qui était important de ce qui ne l'était pas, tout comme ce qui relevait du fait réel et de ce qui relevait du fantasme de grosses femmes en manque d'attention.

Pim' perché sur l'épaule, il entra dans la vaste salle, dans laquelle jamais un noble ne mettait les pieds. De ce fait, ils étaient contraints de lui demander les informations qu'il y récoltait, étant le seul intermédiaire entre ces deux mondes si disparates. L'ambiance n'était pas au beau fixe, ils étaient les premiers touchés par les rationnements dus au siège. Ils devaient donner l'illusion qu'il y avait autant de nourriture qu'à l'habitude, même si ce n'était pas le cas. Certains cuisiniers déployaient des trésors d'imagination pour épater les yeux des nobles à défaut de remplir leur estomac. Une dispute était en train de se dérouler entre un cuisinier et une servante au sujet justement des descendants de Barkane. Le Fou fut tenté de partir, mais sa curiosité le rattrapa, et sous couvert de prendre quelques fruits dans une corbeille, il s'approcha des deux protagonistes. La servante tentait de convaincre le cuisinier que les descendants de Barkane ne pouvaient pas être ces bouseux qui étaient arrivés quelques jours plus tôt, ils devaient être bien plus au courant que ces gens de leur destinée. La preuve ultime, c'était que selon les rumeurs, ils avaient crus que les Ilédors étaient des dieux. Les descendants de Barkane n'auraient pas pu faire une erreur pareille. Le cuisinier défendait quant à lui que ces gens étaient ceux que la prophétie avait annoncés depuis des lustres puisque Therdorus en personne était venu les accueillir, et que l'Oracle ne pouvait s'être trompé !

La conversation n'avait rien de réellement intéressant. Le Fou connaissait déjà tous ces arguments, il les avait entendu de nombreuses fois, et il décida donc de s'éloigner, et trouver une autre occupation. Ses costumes étant lavés et reprisés, il ne voyait par ce qu'il allait pouvoir faire pendant tout le temps que durerait le concert. Il était bien évidemment habillé en bouffon, mais il n'y avait pas grand monde à distraire dans le palais.

En sortant des cuisines, il décida d'aller se promener près de la Salle du Conseil, en quête d'informations plus intéressantes que des disputes entres serviteurs. Il vit une silhouette au bout du couloir qui lui paraissait vaguement familière, mais il ne parvenait pas à mettre un nom sur la personne. Pourtant, il pouvait se targuer de connaître la quasi entièreté des habitants du palais. La femme marchait avec élégance et détermination, une noble, sans l'ombre d'un doute.

Intrigué, et ayant désormais trouvé de quoi s’occuper, le Fou dirigea ses pas vers elle. Il fut étonné de ne pas la reconnaître. Entre deux âges, la femme qui s'approchait de lui n'était certainement pas une familière du palais. Peut-être une nouvelle noble fraîchement arrivée de province ? En tout cas, elle éveilla son attention, et tout en s'approchant d'elle, il l'interrogea de façon peu courtoise.

- Noble dame… Je ne me rappelle pas vous avoir déjà vu par ici. Veuillez pardonner mon impolitesse, mais qui êtes-vous donc ?

Le nom qu'elle lui donna l'intrigua énormément. Il ne la connaissait pas, pourtant, elle prétendait appartenir à la Noblesse. Or, s'il y avait bien une chose dont le Fou pouvait se vanter, c'était de connaître tous les nobles de la ville. Puis, une lueur de malice dans le regard de son interlocutrice éveilla son attention. Puis, il comprit. Il s’agissait d’Éléni, une jeune femme capable de prendre n’importe quelle identité, et dont nul ne sait rien. Sans être vraiment curieux, le Fou s’intéresse à cette personnalité hors du commun, dont la Volonté n’est plus à prouver. En fait, il existe de nombreux points communs entre le Fou et elle. Ils sont tous les deux, de part leur statut, et leurs envies au courant de tout, des mines d’information exceptionnelles dont nul ne doute de la véracité des informations. Et s’ils se croisent souvent au détour d’un palais, ils n’ont que peu l’occasion de parler. Le Fou vit donc là une occasion en or de tromper son ennui.Quand elle lui eut répondu, il poursuivit, avec son entrain habituel.

- Hum, intéressant… Je ne pensais pas découvrir encore de nouvelles têtes dans le palais dix ans après mon arrivée.

Il voulait lui montrer par là qu’il savait qui elle était, afin qu’elle ne s’illusionne pas sur son interlocuteur. Pim’, voulant sans doute se distraire un peu, et reconnaissant lui aussi Éléni, plongea sur son épaule et entreprit de chipoter à ses breloques avec beaucoup d’attention. Le Fou ne put s’empêcher d’éclater de rire.

- Mon singe a une nette tendance à l’indiscipline avec certaines personnes. Surtout quand il les connaît bien ! Si vous lui laissiez ce magnifique collier, je suis sûre qu’il arrêterait de vous ennuyer.

Sans nul doute, c’était là un début de conversation un peu laborieux, mais le Fou attendait la réaction d’Éléni avant de se lancer plus avant dans cette petite bagarre.
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Charis Sandragil
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MessageSujet: Re: Un grain de folie pour bannir l'ennui   Jeu 6 Mai - 15:26

    Depuis l'arrivée des descendants de Bakarne, Éléni ne savait plus où donner de la tête. Ses informateurs la sollicitaient en permanence, pour lui rapporter les faits et gestes de l'un ou l'autre pouilleux venus de la Gérax. Ils étaient tellement qu'il était difficile de bien saisir les différents courants qui les animaient. Elle entendait parler de tel homme intégré aux bas-quartiers, d'untel cherchant du travail chez les nobles, sans possibilité réelle d'aller sur le terrain vérifier chaque assertion. Si elle n'y prenait pas garde, elle serait victime d'un excès d'informations et ne serait plus en mesure d'interpréter de manière cohérente les données qui lui parvenaient. Or, elle voulait pouvoir seconder efficacement Elandor.

    C'était pour cette raison qu'Éléni avait décidé d'aller directement au palais. Elle avait quasiment un trop-plein d'informations venant du bas, alors que les échos venant du Haut de la Ville se faisaient étonnamment discrets. Connaissant parfaitement la nature des Nobles, Éléni voulait aller glâner de nouvelles informations en se mêlant aux prétentions du gratin de la société.

    Elle mit une attention toute particulière à son déguisement. Elle accentua la clarté de ses mèches blondes, créant un effet de luminosité fréquemment utilisé par les dames les plus huppées. Coiffant ses cheveux en deux longues tresses qu'elle remonta sur le sommet de sa tête, Éléni se maquilla avec soin, donnant à ses trait une dizaine d'années supplémentaires. Elle voulait incarner la Noble sans âge, qui posait avec un air mutin la question gênante à ses courtisans Quel âge me donnez-vous, mon cher ?

    Oui, c'était décidé. Aujourd'hui, Éléni aurait pour nom Trasa Quinlanii. C'était une famille qui n'existait pas. Éléni aurait parfaitement pu prendre les traits d'une véritable Noble, mais c'était un Jeu dangereux dont elle ne voulait user qu'en dernière extrémité. Prendre l'apparence et ressembler comme deux gouttes d'eau à une Noble n'était pas difficile ; en revanche, prendre le même timbre de voix et recopier la pensée d'une Noble était extrêmement ardu. Cela impliquait une connaissance sans faille de la personnalité et du passé de celle qu'elle voulait jouer. De plus, il y avait toujours le risque de croiser ladite personne. Cela signifiait donc, en plus d'un Jeu irréprochable, une séquestration très peu morale et nécessitant l'aide d'un extérieur. Toutes ces raisons faisaient que, pour se mêler aux Nobles dont très peu connaissaient réellement tous les noms et toutes les branches possibles chez les nantis, Éléni trouvait amplement satisfaisant de s'inventer un nom. Jusqu'ici, personne ne l'avait jamais démasquée en direct, à part le Fou, un personnage qu'elle aimait bien sans le reconnaître.

    Le Fou. Une véritable énigme, cet homme-là. Il n'avait jamais pris la peine de répandre des rumeurs disant qu'une jeune femme s'était infiltrée parmi les Nobles alors qu'il l'avait déjà surprise plusieurs fois sous des faux noms. Mais il ne disait rien, et Éléni ne ressentait plus à son approche la frayeur sans nom qui l'avait saisie la première fois qu'il lui avait fait comprendre qu'il savait que son personnage n'existait pas. Le Fou savait beaucoup de choses, et même si Éléni était certaine qu'il ne connaissait pas sa véritable identité, elle était frustrée de ne connaître quasiment rien de lui. Elle avait déployé des trésors d'inventivité pour reconstituer son passé, mais le siège l'avait empêchée de remonter à la source et donc de percer son secret. Elle savait seulement tout ce qui lui était arrivé depuis son débarquement à Edor Adeï, à savoir pas grand-chose. Elle savait qu'il était fidèle à celui qui occupait la place de Gardan Edorta, particularité qu'elle ne comprenait pas vraiment, car elle avait connaissance du fait qu'il était d'origine modeste.

    Quoi qu'il en soit, le Fou ne la gênait jamais dans ses déplacements, aussi Éléni donna sans se soucier de rien un métier à Trasa Quilanii, celui de peintre, une famille composée de deux enfants et d'un mari décédé, des terres dans le sud de l'Isle, un accent campagnard dont elle tenterait de se défaire depuis son arrivée à la capitale, un attendrissant tic lui faisant remettre sans cesse sa mèche principale derrière son oreille et un talent incertain pour déclamer les poèmes.

    Vêtue d'une robe verte digne des vêtements de Therdorus Uldarii, Éléni passa quatre bracelets d'or massif à chaque poignet, fit plusieurs tours autour de son cou avec un collier torsadé d'or précieux et mit des pendants d'oreille brillant de mille feux sous le soleil. Pénétrer le palais ne fut pas un problème, et elle s'y promena pendant plusieurs heures, engageant la conversation facilement avec d'autres nobles, apprenant au fil des conversation ce qu'elle voulait savoir. Au moment où elle allait décider de rentrer se changer, elle se fit aborder par le Fou.

    Le Fou. Il fallait qu'il tombe sur elle, bien sûr. Sans se laisser démonter, elle répondit poliment à son approche :

    - Bonjour, le Fou. Vous n'avez pas le temps de rencontrer tous les Nobles d'Edor Adeï, c'est bien naturel. Je m'appelle Trasa Quinlanii.

    Elle lui fit un sourire. En fait, Éléni était très contente – mais elle ne l'aurait jamais avoué – de rencontrer le Fou. C'était un personnage déjanté, lucide et amusant qui portait parfaitement bien son nom. Elle avait envie de discuter avec lui, d'essuyer ses piques et de lui en lancer d'autres. D'ailleurs, à sa réponse, elle sut qu'il l'avait repérée. Cela la frustra, comme toujours, mais ne lui procura aucune peur. Le Fou n'était pas quelqu'un de belliqueux, c'était... un fou.

    - Allons, quel nouveau tour avez-vous dans votre sac ?

    Elle souriait de toutes ses dents. Le petit singe... Pim, si elle se souvenait bien, sauta sur son épaule, sans aucune gêne. Déstabilisée par le geste de l'animal, elle recula et se redressa pour mieux répartir le poids du singe. Elle regarda d'un air faussement désespéré Pim, puis prit un de ses bracelets en or et le fit miroiter sous son nez avant de le cacher derrière son dos.

    - Mon collier ? Mais... certainement pas. Tant pis s'il veut rester là, je l'emmènerai avec moi, et le Fou n'aura plus de fidèle compagnon. Qu'est-ce que j'y peux, si Pim préfère une douce présence féminine à la vôtre ?

    Ravie de pouvoir enquiquiner l'animal, qui suivait le bracelet des yeux sans parvenir à l'attraper, car Éléni prenait un malin plaisir à le tenir hors de sa portée, elle termina :

    - La vie est tellement ennuyeuse, sans quelques étincelles de malice... Alors, et ce tour ?

    Elle faisait directement référence à la vie luxueuse et immobile des Nobles. Après tout, Charis Arcarian était sur le point d'en devenir une, elle en savait quelque chose...
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Le Fou
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MessageSujet: Re: Un grain de folie pour bannir l'ennui   Dim 27 Juin - 22:46

Le Fou éclata d’un grand rire franc. Pim’, lui préférer une femme ? Non, certainement pas, ils étaient bien trop attachés l’un à l’autre pour que le petit singe décide de s’en aller. Il aimait bien parler avec Éléni, elle était amusante, différente de bien des gens qu’il fréquentait quotidiennement. A la fois plus franche et plus mystérieuse, elle avait une repartie bien plus intéressante que la majorité des autre gens.

- Pim’ ne préfère pas les femmes, il aime juste ce qui brille. Personnellement, j’ai une préférence pour tout ce qui se mange. Vous n’imaginez pas les trésors pour les papilles que les cuisiniers nous offrent certains jours !

Le Fou eut un peu pitié de lui-même, voilà qu’il se mettait à parler nourriture avec Éléni, il ne trouvait donc rien de mieux ? Elle lui demandait un nouveau tour et justement, il venait d’en mettre un au point. Une version améliorée d’un ancien tour. Elle ne voulait pas lui donner son collier ? Très bien, il prendrait par lui-même l’un de ses bracelets, rien de plus facile pour ceux qui savent manipuler les gens avec habileté. Oh bien sûr, le challenge ne consistait pas à simplement lui prendre son bijou sans qu’elle s’en rende compte, il allait la prévenir qu’il allait la chaparder. Toute l’illusion consistait à capter son attention pendant qu’il retirerait le bracelet. Il fallait juste qu’il repère d’abord le genre de fermeture dont le bijou était pourvu afin de savoir comment le retirer sans qu’elle ne sente rien.

- Vous voulez donc un nouveau tour ? Hé bien je vous en propose un qui vous amusera beaucoup je crois. Si vous ne voulez pas me donner votre collier, je vous prendrai un bracelet alors, et croyez-moi, vous ne le sentirez pas...

Il n’avait jamais encore essayé ce tour de cette façon mais le jeu en valait la chandelle. S’il réussissait, elle serait littéralement bluffée et il monterait dans son estime. Ce que le Fou adorait, c’était de se sentir admiré pour ce qu’il faisait, parce qu’il était doué, et qu’il n’avait que ça. Son métier, c’était toute sa vie, là où sa Volonté l’avait mené, là où il se sentait bien. Même avec tout l’entraînement du monde, personne n’arriverait jamais à son résultat. Il était fier du don qu’il avait reçu de Therdone et l’exploiter s’était imposé à lui avec une telle évidence qu’il n’avait jamais regretté son choix. Ses parents ne lui manquaient pas… Pas plus que sa sœur.

- Vous savez, vous m’intriguez… Nul ne sait qui vous êtes réellement, je ne saurais moi-même dire à quoi vous ressemblez exactement. Et pourtant, j’ai parfois le sentiment de mieux vous comprendre que n’importe qui d’autre dans ce palais.

Le Fou était en train de repérer l’ouverture du bracelet. Un simple bouton pressoir… Ce sera plus facile qu’il ne l’avait imaginé. Il n’y avait pas de meilleur moyen de distraire l’attention de quelqu’un que de lui parler de lui-même. C’était d’autant plus vrai avec Éléni qui entretenait un savant mystère sur sa réelle identité. Que lui, Le Fou, informateur officieux d’Ysor, ne sache pas qui se cachait derrière ce visage aujourd’hui noble était révélateur du talent et de la discrétion de la jeune fille. Il était convaincu qu’elle était capable de changer d’apparence à volonté, non seulement en se faisant passer pour une mendiante ou une noble en un tour de main, mais elle était également certainement capable de devenir une homme si elle le souhaitait. Comme tout Ilédor digne de son nom, elle devait aimer qu’on apprécie son talent. Il chercha son regard comme pour mieux capter son attention et l’intérêt qu’il lui portait. Quand enfin elle s’accrocha à ses yeux remplis de malice, d’un discret mouvement de la main, il pressa le bouton et attrapa le bracelet.

- Voyez-vous, je me demande d’où vous venez, qui vous êtes, et surtout, ce que vous cherchez… Nous ne nous sommes pas rencontré de nombreuses fois et jamais vous n’étiez deux fois la même. Je me pose de nombreuses questions à propos de vos motivations. Pourquoi êtes-vous là aujourd’hui ? Affublée d’un tel accoutrement ?

Il n’espérait pas de réponse de sa part, tout cela n’était qu’une partie de son tour et il avait réussi. Dans sa main, il sentait le poids de la victoire. Elle voulait un nouveau tour ? Hé bien elle avait été servie. Dans un geste triomphal, il lui montra le bijou qu’il venait de dérober à l’insu de son interlocutrice.

- Alors, satisfaite ?
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Charis Sandragil
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MessageSujet: Re: Un grain de folie pour bannir l'ennui   Mer 7 Juil - 20:05

    Ce Fou était tout de même gonflé... Il lui annonçait qu'il allait lui prendre derechef un bracelet ! Voyez-vous cela ? Éléni s'abstient de se moquer ouvertement de lui, mais elle ne doutait pas un instant de sentir le voleur lui dérober son bijou. Le Fou jouait un jeu dangereux en l'avertissant de la sorte : elle ne relâcherait pas sa vigilance. Toutefois, elle se laissa prendre par le discours du Fou. Elle se souvenait parfaitement qu'il était le seul homme au Palais du Gardan capable de la démasquer, et quand il s'avançait en terrain miné, elle se sentait tout de suite moins à l'aise. Sa vieille peur semblait revenir lui tenir compagnie, et elle n'aimait pas ça. Aussi, entendre le Fou lui parler de ses activités lui fit relâcher toute son attention : elle dirigea aussitôt ses pensées sur un moyen de dévier le sujet et comprit bien trop tard que c'était exactement ce que le Fou voulait qu'elle fasse. Quand elle le regarda, l'air scandalisé, le Fou brandissait victorieusement un bracelet en or massif sous son nez.

    - Ah, c'est comme ça...

    Mauvaise perdante, Éléni retira aussitôt un autre bracelet de son poignet gauche et frappa rapidement un coup sec sur le museau du petit singe. Pim prit à son tour un air scandalisé et retourna sur l'épaule de son maître avec un cri plaintif. Éléni sourit de toutes ses dents. Après tout, la place de Pim était à côté du Fou, pas d'elle.

    - Oh, suis-je maladroite...

    Maintenant qu'elle s'était vengée comme une gamine, elle pouvait bien concéder sa victoire au Fou :

    - Vous m'épatez, comme toujours.

    Un peu plus et elle aurait applaudi. Puis, ignorant délibérément les questions du Fou à propos de ses motivations et tout le tralala qui allait avec et qui ne présageait rien de bon, Trasa Quinlanii riposta :

    - Une Quinlanii ne peut jamais sortir sans les atours dûs à son rang, voyons, le Fou ! C'est un peu comme si vous sortiez sans votre superbe chapeau !

    Éléni lui fit un ravissant sourire parfaitement provocateur. Elle mourrait d'envie de demander un deuxième tour, mais le Fou allait la prendre pour une folle et elle était en plein Jeu, même si celui-ci avait été largement découvert. Mais pour le moment, il s'agissait de s'éloigner du sujet dangereux, aussi continua-t-elle :

    - Mais j'aime les divertissements. J'en ai justement un à vous proposer ! Je vous permets d'ailleurs de jouer avec Pim, sait-on jamais qu'il soit inspiré... Écoutez bien, cher rival, je ne répéterai pas. Mon premier est une lettre de l'alphabet. Mon second sépare le jardin d'Amarante Jagharii de celui de Vanhilde Tehanii. Mon troisième abrite les œufs des messagers secrets. Mon tout est la réponse à toutes vos questions.

    Éléni dut se retenir pour ne pas ponctuer sa devinette d'un immense éclat de rire. Elle espérait de tout cœur que le Fou trouverait la solution, sinon, ça n'allait pas être amusant. Elle aurait voulu le titiller davantage en lui soufflant un deuxième indice faisant un lien avec le passé du Fou qu'elle ne pouvait découvrir à cause de ce fichu siège, mais ça en devenait trop évident et elle s'abstint. Elle sourit à l'avance en imaginant la tête du Fou quand elle lui expliquerait que sa récompense pour avoir trouvé était de lui rendre son bracelet... Le Palais du Gardan Edorta était le cœur des intrigues et des jeux de pouvoir. Mais ce que la mystérieuse Éléni, pourtant reine du secret, préférait dans les sombres couloirs rapidement transformés en lieux de complots, c'était l'humour joyeux du Fou, seule lueur d'amusement dans un univers dominé par des adultes trop sûrs de leur fait et de leurs manigances.
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Le Fou
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MessageSujet: Re: Un grain de folie pour bannir l'ennui   Jeu 15 Juil - 18:53

Elle avait osé ! Cette petite peste avait osé frapper Pim’ ! Le Fou ne savait pas très bien comment il devait prendre la chose, s’il devait en rire ou se sentir vexé. Partisan d’une rencontre amicale et de la bonne humeur, il choisit d’en rire, d’autant que les grimaces de son singe vexée étaient réellement très comiques. À lui tout seul, il était un spectacle. Pour que le singe ne continue pas ses simagrées, il lui offrit un biscuit qu’il s’était réservé au cas où il avait un petit creux. Cela sembla suffire à Pim’ qui retrouva sa bonne humeur habituelle.

- Je reconnais que mon singe a une tendance à dépasser les bornes de temps à autre. En réalité, c’est un animal adorable, pour peu qu’on ne le frappe pas avec un bracelet.


Le Fou était fier de lui, non seulement il avait réussi son tour mais en plus, la jeune fille reconnaissait qu’il était impressionnant. Comme d’habitude, la sensation que lui laissait ce genre de compliments l’amenait à un certain apaisement : il était à sa place, il ne s’était pas trompé de route, sa Volonté l’avait mené là où il se sentait heureux et épanoui.

La jeune fille devait aimer les jeux, parce qu’elle venait de lui en proposer un nouveau. Mais c’était bien mal connaître le Fou que d’imaginer qu’il ne connaîtrait pas la réponse à sa devinette, même si elle semblait avoir été inventé sur place tellement elle était étrangement tournée. Dans sa tête, les idées s’assemblaient à une vitesse affolante, formant et déformant des mots sans queue ni tête. A priori, il n’était sûr que de l’élément du milieu, il devait s’agir d’une haie, parce que rien d’autre ne séparait les jardins des deux familles. La lettre pouvait être n’importe laquelle aussi laissa-t-il cet indice de côté pour se concentrer sur le troisième. Pim’ qui commençait à s’agiter sur son épaule ne lui facilitait guère la tâche mais il restait suffisamment concentré que pour réfléchir correctement. Ce qui abrite les œufs, en général, ce sont les nids, mais il ne voyait pas en quoi les oiseaux pouvaient être des messagers secrets. Puis d’un coup, la lumière, sans qu’il comprenne vraiment tout. Le mot, c’était Éléni. Il avait déjà entendu de nombreuses fois ce nom, sans pouvoir mettre un visage dessus. Il ne pourrait toujours pas aujourd’hui, mais il connaissait désormais le surnom de la jeune fille aux déguisements.

- Hum… Ce n’était pas bien difficile ! Hé bien, je suis ravi de vous rencontrer, Éléni !


Encore une fois, il avait été brillant, mais c’était à son tour maintenant, de poser une énigme. Et il en connaissait une justement, qui donnerait du fil à retordre à la jeune fille. Un sourire triomphant aux lèvres, il entama son mini-récit.

- Il y a bien longtemps déjà, dans un monastère de Verdoya, une étrange maladie s’est déclarée, non évolutive et non contagieuse. La maladie se manifestait par l’apparition de plaques rouges sur le visage, totalement indolores et qu’on ne peut sentir en touchant. Face à cette étrange maladie, le chef des moines les a réunis dans une pièce, sans miroir, sans fenêtre, sans aucun contact avec l’extérieur. Tous sont assis en cercle de sorte qu’ils puissent tous se voir. Le chef leur a donné des consignes : il ne laisserait sortir que s’ils savaient exactement s’ils étaient contaminés ou non. Tous les jours, il viendrait ouvrir la porte et ne pourraient sortir que ceux qui se savaient contaminés. Ayant fait vœu de silence pour ce consacrer à Therdone, ils n’ont aucun moyen de communiquer entre eux, que ce soit par la parole, les gestes ou l’écriture. Le septième jour, tous les moines malades se lèvent et sortent. Combien sont-ils ? Ce n’est pas important de le savoir, mais je peux vous dire qu’ils étaient une quarantaine de moines en tout dans le monastère.

L’énigme était compliquée et il le savait mais il l’adorait. Et si elle était intelligente, elle trouverait la réponse. Il était même près à lui donner quelques indices sur le raisonnement à suivre.

- Je sais qu’elle n’est pas évidente, si vous désirez du temps, ou le droit de poser des questions, je vous accorde l’un et l’autre. Mais je serais vraiment déçu si vous ne trouviez pas la réponse, j’ai ouï dire que vous étiez intelligente ! Faites honneur à votre réputation !

C’était à elle de jouer maintenant, pourvu qu’elle ne se désintéresse pas de leur amusant petit jeu.
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Charis Sandragil
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MessageSujet: Re: Un grain de folie pour bannir l'ennui   Jeu 5 Aoû - 16:09

    Éléni ne doutait pas un instant que le petit singe n'aimait pas se faire frapper à coups de bracelet, mais c'était plus fort qu'elle : elle n'aurait pu retenir son geste. En revanche, elle était ravie que le Fou ait trouvé la réponse. Elle était peut-être un peu frustrée qu'il l'ait trouvée aussi rapidement, mais elle préférait une bonne réponse qu'un silence plein d'embarras. Elle fit une pirouette et s'inclina poliment devant le Fou quand il trouva la réponse à sa petite énigme.

    - Moi de même.

    Et elle éclata de rire, un rire enfantin dont les petits ont le secret. Puis, elle écouta le Fou, avide d'écouter sa prochaine plaisanterie. Elle fut cruellement déçue : il voulait la pousser dans ses retranchements. Elle détestait les énigmes compliquées, et au vu de la longueur de cette histoire de moines, elle ne risquait pas de trouver la solution facilement. Je me déguise en moine et je vais compter moi-même les malades. Oui, elle aurait fait ça, mais c'était dur de répondre ça au Fou. Elle sentit ses forces combattives revenir au triple galop en entendant qu'il la croyait intelligente et comptait en juger sur base du mystère énoncé. Elle allait lui en faire voir de toutes les couleurs, s'il continuait comme ça ! Elle s'écria :

    - Vous êtes plutôt audacieux de me dire une chose pareille, le Fou ! Je ne suis guère dévote : j'aurais préféré une histoire de princes charmants enfermés dans une pièce...

    Éléni se plongea dans les données du problème, reprenant point par point les différentes choses qu'elle savait. Laissant le petit minois de Trasa Quinlanii se plonger dans une intense concentration, elle tritura pensivement une mèche. Quarante moines dans une pièce, incapables de savoir s'ils sont eux-mêmes malades ou non. Ils devaient donc déduire du nombre et du comportement des malades les entourant leur propre contamination. Difficile de juger, donc... Un bref instant, elle voulut faire éternellement durer sa réflexion, mais elle finit par s'exclamer :

    - N'espérez pas que je me torture les méninges seule durant des heures par simple goût du défi... Je compte bien vous poser des questions, et sans tarder ! Tout d'abord, par où me conseillez-vous de commencer pour résoudre l'énigme ?

    Une fois qu'elle saurait comment travailler, elle serait en mesure de trouver une réponse construite et une hypothèse dont elle n'aurait pas à rougir en l'exposant au Fou. Et... tant qu'à abuser de sa générosité en réponses, autant le faire vraiment. Aussi ajouta-t-elle une deuxième question, sans aucune gêne :

    - Je reconnais que c'était un peu exagéré, comme question. Les moines sont en cercle, ils sont donc bien au courant du nombre exact de moines malades, à part eux ?

    Fichus moines... Il fallait qu'elle prenne le problème en prenant une solution au hasard et en regardant s'il était possible qu'elle soit bonne. Elle soupçonnait le Fou de lui avoir proposé une énigme ayant plusieurs solutions possibles et elle ne comptait pas s'avouer vaincue. Éléni pouvait au moins exclure une réponse : il n'y avait pas qu'un seul moine qui était malade, sinon il l'aurait déduit en voyant que personne d'autre n'était malade. Le Fou la regarda un instant, soit hésitant à lui répondre, soit réfléchissant aux réponses qu'il devait lui donner. Souriant de toutes ses dents, elle continua :

    - Ne rechignez pas à me répondre, le Fou, c'est vous qui avez parlé de répondre à mes questions. Après tout, je vous avais autorisé à jouer avec Pim !

    Comme pour se réconcilier, parce que dans cet amusant duel, elle avait besoin d'un allié, fût-il aussi exaspérant que l'adorable petit singe, elle posa agilement sa main sur la tête de Pim et gratta l'arrière de son crâne. Le singe produisit un petit soupir de contentement. Éléni comprit que ses excuses officieuses étaient acceptées, et sourit, attendant les réponses du Fou.
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Le Fou
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MessageSujet: Re: Un grain de folie pour bannir l'ennui   Mer 8 Sep - 12:36

Si le Fou n’avait pas de véritables amis, Éléni était certainement celle qui s’en rapprochait le plus pour lui. Il aimait réellement discuter avec elle, la taquiner et les joutes verbales qu’ils avaient étaient toujours très amusante. Éléni n’était pas de celles qui avaient leur langue en poche et n’osaient dire quoi que ce soit. En l’occurrence, elle n’avait pas peur de demander clairement quel cheminement il fallait prendre pour répondre à l’énigme qu’il lui avait posée. Sachant qu’elle n’était guère évidente à résoudre, le Fou se prit au jeu de l’aider réellement tout en prenant garde à ce qu’elle trouve seule la solution, sinon le jeu n’aurait plus aucun amusement.

- Je ne rechigne pas à répondre à vos questions. Et je vais même vous aider avec sincérité, pour autant que je puisse être sincère avec une fille qui a frappée mon singe. Je vous conseille de voir cela plutôt comme un problème mathématique et logique qu’une histoire mystérieuse de maladie. La maladie ici n’est qu’un prétexte à un petit jeu de réflexion.

Il venait de lui donner le point de départ de la solution, c’était en effet une énigme mathématique. Bien souvent, les gens avaient du mal à la comprendre mais il sentait qu’Éléni ne faisait pas partie du commun des mortels. Il y avait d’abord chez elle cette part d’ombre. À part un surnom, il ne savait rien d’elle, ni son nom véritable, ni ses origines, ni même son apparence. Et c’était ce qui était sans doute le plus étrange. Même en l’observant de près comme il était en train de le faire alors qu’elle réfléchissait sur l’énigme, il ne parvenait pas à percer son déguisement. Et s’il n’avait sur qu’il n’existait pas Trasa Quilanii dans le palais, il aurait été dupe de la supercherie. Elle était douée, c’était incontestable, aussi douée pour son jeu que lui ne l’était pour le sien. Ce jeu, justement, était peut-être l’occasion de forcer Éléni à venir le revoir… Mais la jeune femme s’impatientait et attendait toujours la réponse à sa seconde question.

- Pour répondre à votre question, les moines voient effectivement tous les autres et savent combien d’autres moines sont malades, même s’ils ne savent pas s’ils sont malades. Je vous conseille d’ailleurs de vous mettre à la place d’un moine malade pour trouver la solution, cela vous aidera grandement.

Il avait maintenant la possibilité de laisser les choses en l’état, ou alors, il pouvait avertir d’une manière ou d’une autre la jeune noble en face de lui de ses intentions. Elle aimait les jeux, lui aussi, c’était donc une solution qui pourrait leur convenir à tous les deux. Il ne doutait pas un instant qu’elle agrée sa proposition.

- Je vous propose quelque chose mademoiselle. La solution n’étant pas évidente à trouver malgré les indices que je vous ai donnés. Alors voici ce que nous allons faire. Je vais m’en aller et vous laisser méditer sur la réponse à ma question. Dans le même temps, vous réfléchirez à une excuse plausible que vous allez me resservir quand je vous demanderai la prochaine fois pourquoi vous vous êtes introduite sous une identité d'emprunt dans ce palais…

Une fois que ce fut dit, il fait une pirouette et poursuivit son chemin sans attendre la réponse d’Éléni. Il ne doutait pas à ce moment-là que lorsqu’il la reverrait, les choses auraient changé. Il aurait à répondre à des questions importantes pour son avenir, le siège de la cité aurait prit un tournant auquel il ne se serait pas attendu, et surtout, il n’aurait pas imaginé que deux mois s’écouleraient avec qu’il ne la revoie.

Pim’ sur ses épaules et au pas de gymnastique, il partit bondissant distraire les nobles qui s’ennuyaient sous le porche. Son nouveau tour parfaitement rôdé ferait fureur, il en était sûr. Et si au passage il pouvait se moquer de l’un ou l’autre, il n’y manquerait certainement pas.

Pour quelques temps encore, la vie souriait au Fou.
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Charis Sandragil
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MessageSujet: Re: Un grain de folie pour bannir l'ennui   Mer 13 Oct - 15:40

    Trasa Quinlanii prit un air offusqué quand le Fou lui expliqua qu’il ne pouvait être sincère avec une fille qui avait frappé son singe. C’était lui qui avait commencé, pas elle ! Mais il n’était guère de juge possible dans leur différend, et elle dut remettre à plus tard ses protestations. Il lui restait un problème à résoudre. Les mathématiques… Éléni n’aimait pas particulièrement la discipline, mais peu importait. Après tout, elle n’était plus sur les bancs et elle pouvait bien revenir à cette ancienne matière le temps de remporter un jeu. Donc, ces moines…

    Si elle était un moine… Déjà, c’était impossible ! Mais elle suivit les conseils du Fou et s’imagina sagement dans la peau d’un moine. Réfrénant le rire qui lui montait aux lèvres, elle reprit tranquillement le problème. Il y avait plus d’un moine malade, sinon, il aurait tout de suite su en ne voyant personne d’autre se lever qu’il était lui-même malade et qu’il pouvait partir. Il y en avait donc au moins deux. S’il y en avait deux… le moine pouvait déduire après un jour qu’il était également malade, en voyant l’autre moine malade ne pas se lever. Donc, en deux jours, deux moines pouvaient savoir et partir. Si en deux jours les moines ne se levaient pas, ils étaient forcément plus que deux… Et donc s’ils étaient plus que deux… Elle se rappela à temps du conseil du fou. Si elle était un moine et qu’il y avait, mettons quatre moines contaminés, en combien de temps le verrait-elle ? En combien de temps saurait-elle avec certitude si elle était contaminée ou non ? Pas le premier jour, ni le deuxième, ni le troisième, ni le… si, le quatrième, elle le saurait, puisqu’en trois jours, les trois autres moines malades auraient dû se lever et partir. C’était donc qu’elle était malade. Si maintenant le Fou lui parlait de sept jours, c’était que… les moines étaient sept !

    Éléni afficha soudainement un grand sourire victorieux ! Elle avait trouvé sans tricher – d’ailleurs, elle ne voyait pas comment elle aurait pu faire pour tricher – et s’exclama d’un ton triomphal :

    - Je sais !

    Mais, avant qu’elle ne commence à exposer sa solution et ce qui l’avait amenée à y penser, Éléni eut la mauvaise surprise de voir le Fou cabrioler et changer les règles du Jeu. Or, pour Éléni, on ne changeait jamais les règles d’un jeu en cours de partie ! Elle se réfugia dans la seconde qui suivit dans le personnage rassurant de Trasa Quinlanii. Le Fou l’accusait ouvertement d’avoir usurpé une identité, et ça, ça n’était jamais arrivé. Elle s’en voulut d’avoir baissé sa garde et d’avoir pris le temps de sourire avec le Fou. Il se moquait d’elle, la faisait rire dans un étrange moment de complicité déplacée, puis la menaçait. Car oui, Éléni se sentait menacée. Si le Fou lui proposait de venir le revoir, c’était pour l’attirer dans un guet-apens. S’il disait qu’il la démasquerait la prochaine fois qu’elle pénétrerait dans le palais, c’était forcément qu’il attendait quelque chose d’elle. Voulait-il… la faire chanter ? Elle n’avait même pas eu le temps de lever le petit doigt, ni même de protester. Il était parti, et en observant sa gymnastique rôdée et pleine de bouffonnerie, Éléni sentit que quelque chose venait de changer. Elle était revenue au temps où elle faisait la connaissance du Fou. Elle ne se sentait pas en sécurité.

    Enfantine, elle tourna les talons, comme un gamin boudeur. Trasa Quinlanii était lasse, elle devait se retirer. Éléni, quant à elle, devait devenir encore plus insaisissable, même pour le Fou. Et elle avait une petite promesse à se faire : jamais elle n’irait trouver le Fou pour se laisser attraper en donnant la réponse à une énigme déjà résolue.

    Elle n’était pas stupide au point de se jeter dans la gueule du loup.
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