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 Couper le soufflet, pour ne pas attiser le feu.

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Damian Olynn
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MessageSujet: Couper le soufflet, pour ne pas attiser le feu.    Jeu 3 Mai - 20:00

HJ – le plan et la description de l'atelier de Damian : http://www.lestablesdolaria.com/t1316-damian-olynn#53957

Nouvelle tentative pour sa fameuse machine... LA machine. Celle qui le tenait éveillé la nuit, lui donnait des sueurs froides et l'avait fait entrer dans une ou deux colères. Enfin, ce qui, pour un homme comme Damian, s'approchait le plus de la colère, à savoir un caractère rendu grognon de dépit. Ce n'était certes pas la seule des choses le tenant éveillé la nuit, mais pour ce qui était du reste, il eut été indécent de le laisser filtrer. Lui-même n'était pas sur de pouvoir se l'autoriser...

Alors, il avait redoublé d'efforts. Il avait lu des livres, sur la poudre, conservés sur une étagère en retrait, dans la bibliothèque personnelle du petit salon privé où peu de personnes se rendaient. Il s'était impliqué dans cette entreprise qui pourtant lui répugnait tant, lui le pacifiste, pour la protéger elle... Pour Isle. Pour être, comme il le lui avait promis, cet homme qui se tiendrait à ses côtés face à la lie Révolutionnaire. Parce que le courage de cette femme exceptionnelle ne pouvait demeurer solitaire plus longtemps. Mais, parce qu'il n'était pas artificier et qu'à trop s'y plonger, il craignait d'y brûler ses ailes, il avait également avancé sur sa machine volante, revu certains équilibres, certains matériaux...

Il s'était notamment penché sur l'alliage utilisé pour les articulations de l'engin, trop lourd, et trop rude. Il lui en fallait un plus souple et plus léger, mais qui résisterait, tout de même, à des courants parfois violents de vent. L'un de ses corbeaux, un vieux dominant, était venu mourir sur sa terrasse, et lui avait pour ainsi dire fait don de sa carcasse. Il avait pu l'analyser, lui qui avait rechigné à prélever des individus vivants. Et il avait avancé. Vu où l'animal avait son poids, et où il était souple. À présent le petit cadavre avait disparu, l'inventeur étant peu enclin à en laisser l'odeur s'inviter chez lui, mais demeuraient de nombreux croquis et analyses, étalés sur son bureau.

Forgeron de formation, il ne se reposait jamais sur autrui pour ce genre de petit ouvrage délicat, et inédit. Seuls ses outils, par économie de temps, étaient faits ailleurs que dans son atelier. Aussi avait-il activé son petit brasero, près de la terrasse ouverte sur la Capitale, son soufflet et avait-il apprêté son enclume pour la réalisation de ces quelques tiges d’acier dont il aurait besoin. Il était en train de les marteler avec précision, dans des atours qui étaient tout saufs ceux du noble qu’il était supposé être. Il portait une ample chemise écru et simple, dont il avait laissé le col largement ouvert en raison de la chaleur, et remonté les manches jusqu’aux coudes, découvrant ses bras puissants. Également son tablier de cuir, et la ceinture à laquelle étaient accrochés marteaux, maillets et poinçons. Gants épais, et chausses brunes, il était donc d’une simplicité plus entière encore qu’à son habitude.

Un bruit vint l’interrompre dans son travail. On frappait à la porte de son atelier. Cela arrivait assez rarement pour qu’il s’en étonne, avant de jeter un coup d’œil dehors… La position du soleil. Ah, il avait compris. Chaque jour, à cette heure environ, l’une des domestiques du Palais lui rendait visite. Une petite jeune femme, menue et discrète, qui avait remarqué sa boulimie de travail… Craignant, sans doute, qu’il ne tombe un jour d’inanition en travaillant, elle lui apportait une fois par jour de quoi manger quelque chose de plus consistant que les fruits qu’il conservait dans ses appartements et les quelques bricoles qu'il descendait récupérer en cuisine lorsqu'il faisait une pause, au cœur de la nuit. Elle lui donna raison, passant sa petite tête brune par la porte en se raclant la gorge.

Il l’accueillit de son sourire habituel, et l’invita à entrer. Sur son plateau des pains chauds dont elle lui dit qu’ils sortaient tout juste du four. L’inventeur la crut sans réserve, tant leur odeur était alléchante. Il posa alors son marteau, écarta son ouvrage des braises, et lui fit sur son bureau encombré la place de poser le plateau dont il la déchargea. Elle était mignonne, cette petite domestique : courte sur patte, elle coiffait à grand mal un casque de boucles brunes qui entouraient un visage encore juvénile. L'inventeur, s'il n'était pas plus sensible que cela à son charme, ne doutait pas que ses yeux noisettes pétillants en fasse craquer plus d'un. Elle était discrète et timide, mais au moins avait-elle conscience de sa vie dans ce Palais. Et quelque part, les attentions qu’elle avait pour lui le touchaient. Il avait aussi vu les légères rougeurs que ses sourires de remerciement provoquaient sur elle, mais cela, il ne s’y attardait pas. Elle était jeune, très jeune, et son veuvage l’avait écarté de ce genre de galanteries qui n'avaient été avant son mariage que des obligations sociales pour la plupart… à moins, bien sur, qu’il n’ait été lui-même touché par l’envie de s’y laisser aller. Et l’ambiance actuelle, au Palais, ne s’y prêtait certainement pas…

Alors lorsqu’elle le salua, et sur une révérence lui dit qu’elle s’éclipsait et passerait récupérer le plateau plus tard, il ne la retint pas, et se contenta de la remercier. Celle-ci trottina donc en direction de la porte, sous le regard tranquille de l’inventeur, qui d’un revers de main ramena en arrière les quelques mèches que l’effort avait sorties de son catogan, lorsqu’elle se figea tout à coup et, dos à lui, se raidit… Avant de s’incliner bien bas et de s’écarter pour laisser le passage à…

L’inventeur demeura interdit quelques instants, figé, la main en suspens au-dessus de son front, avant qu’il ne réalise et tout en l’abaissant, mit un genou à terre.

« Votre Grâce » dit-il, tandis que Lis Diantha, qui n’avait pas été annoncée, approchait. Il se rendit aussitôt compte de son erreur. Pas encore mariés, pas encore Reine. Il se corrigea donc : « Je veux dire… Dame Diantha… » Relevant un regard surpris (et sans doute aussi un peu mal à l’aise, compte tenu de l’état de nervosité dans lequel le mettait cette femme) il se redressa alors et se débarrassa de ses gants avant d’ajouter : « Que me vaut l’honneur de votre visite ? » Car oui, sa venue, et seule s’il en croyait l’absence de la suite rituelle (à moins que celle-ci n’attende dehors ?), était pour le moins incongrue. Jamais il ne lui avait été présenté, et il n’avait eu depuis l’arrivée de la Mère des Elus au Palais que peu d’entrevues avec Ysor. Il lui adressait son habituel sourire, son habituelle douceur. Il n'avait aucune animosité pour elle, pas la moindre, et ce malaise ne justifiait nul défaut de politesse.

On la disait en tout cas rétablie, et force lui fut de constater que l’on disait bien.
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Lis Diantha
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MessageSujet: Re: Couper le soufflet, pour ne pas attiser le feu.    Lun 7 Mai - 19:39

Rétablie, oui, Les Dieux soient Loués, mais toujours aussi encombrée. Il avait fallut comme chaque jour, beaucoup de temps à Lis pour choisir sa toilette, et se résigner ensuite à en choisir une seconde, qui passerait son abdomen. Elle avait de nouveau demandé à Drausine combien de temps encore il restait avant sa délivrance, mais elle fut à nouveau désagréable. Toujours trois mois. Qu’est-ce que trois mois ? Si peu de chose en réalité, mais cela lui semblait le bout du monde.

Il fallait porter près de 10 kilos en plus de son habitude, répartis de façon très peu harmonieuse, notamment dans son ventre, sur ses hanches, ses fesses et ses seins. Elle avait beau ne pas être une femme très attentive à son poids d’ordinaire –quel que soit son tour de taille, elle savait charmer les plus exigeants – se voir ainsi prendre de l’ampleur de façon si tranchée devenait déprimant.

En réalité, c’était l’absence forcée de toute relation en dehors des gentilles conversations avec Drausine et ses dames de compagnie, qui lui pesait le plus. Elle ne voyait Ysor que quelques secondes par jours, il était toujours appelé ou sous haute surveillance ; elle avait eu droit d’avoir un rendez-vous avec l’Historien, mais là encore avec des chaperons. Lis en avait assez de ces protocoles absurdes : on avait cherché à la tuer, et elle avait eu la Volonté nécessaire pour survivre, qu’on la laisse désormais vivre ! Avoir fait tout ce chemin pour devenir la Fiancée du Gardan Edorta et se retrouver comme en prison…

Pour se distraire, elle avait insisté pour sortir de ses appartements, et avait réclamé qu’on la conduise à l’Atelier de l’Inventeur : elle l’avait aperçu lors du Bal, et Ysor lui avait brièvement parlé de lui. Une curiosité dans cet univers très surfait ! Drausine le lui avait déconseillé, mais encore une fois, avait dû faire avec les arguments et convictions de la Future Reine. Et quand Lis souhaitait quelque chose, en général, elle l’obtenait. Parfois il fallait tout simplement menacer de révéler quelques secrets qu’elle avait su recueillir. Drausine était joueuse et elle avait emprunté de l’argent à un riche marchand d’œuvres d’art, sans juger bon d’en avertir son mari...

Accompagnant donc la Promise de plein gré, Drausine avait dû faire demi-tour sur la route, Lis ayant malencontreusement oublié son châle, et ayant un peu froid. Il est vrai qu’avec l’été sans nuage dont bénéficiait Edor Adeï cette année, il fallait se méfier des courants d’air frais… Seule, elle put donc rejoindre l’Atelier, en ayant demandé son chemin à quelques gardes ou domestiques. La vue de tous ces hommes, notamment en armure, réveillait des rêveries dignes de jeunes filles n’étant pas encore passées à l’Âge Adulte… Elle avait de nouveau soif d’un sirop qu’elle était défendue de boire. Quelle vie injuste…

« Messire Olyn, j’ai dû faire demi-tour trois fois avant de trouver l’emplacement de ton Atelier, te voilà bien caché. » Siffla-t-elle en plissant les yeux, avec taquinerie, pas mécontente cependant de pouvoir s’arrêter de marcher, les douleurs dans son dos –les séquelles du Bal et ce contrepoids affreux- s’étant accentuées. Elle eut un sourire distrait pour la femme qui l’avait croisé, et leva les sourcils étonnés lorsqu’il se corrigea, en la saluant. Oui, oui, elle n’était pas encore Reine, mais était tout de même une Grâce enfin. Quel mauvais démarrage il prenait là !

« Ne m’invites-tu pas à entrer ? » Elle regardait déjà, par-dessus son épaule, les bizarreries qu’elle espérait apercevoir. Ysor lui avait parlé de machines surréalistes, elle avait hâte de les découvrir. « Je dois m’asseoir, je n’y tiens plus. » Elle devait avouer être essoufflée, et porter deux enfants Divins n’était pas une partie de plaisir tous les jours. Forçant le destin, elle pria Damian de s’écarter et le laissa l’inviter à pénétrer dans son antre.

Quand un siège lui fut tendu, elle s’y installa sans se faire prier, et souffla longuement, sans pourtant que son visage ne semble exténué ou souffrant. « Nous n’avons pas eu le temps de nous rencontrer au Bal, malheureusement. Ysor m’a parlé de toi, j’avais envie de te rencontrer, et de voir tes inventions. » Elle sembla s’étirer ou chercher une meilleure position, puis ajouta rapidement : « Pardonne mes manières, mais nous n’avons pas l’habitude de vouvoyer nos interlocuteurs, cela t’ennuie ? » Son sourire et son regard étaient tels, qu’on ne pouvait lui dire non. Elle appréciait, du reste, outre le plaisir de sortir enfin de sa prison, d’avoir à faire face à un homme. Et qu’il soit surpris ou gêné fut d’autant plus agréable.
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Damian Olynn
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MessageSujet: Re: Couper le soufflet, pour ne pas attiser le feu.    Sam 26 Mai - 9:53

Lorsque la future Reine, qui semblait à présent évoluer avec une certaine difficulté dans son état, lui demanda de la laisser entrer, il réalisa son manque de politesse et s’inclina alors, comme remis de sa stupeur, sur son passage. « Entrez donc, je vous en prie… » Il approcha le fauteuil de son bureau, se demandant, compte tenu de sa fatigue, s’il n’était pas mieux de la faire asseoir dans les petits fauteuils, plus confortables, de ses appartements. Il se ravisa en la regardant s’installer à grand peine dans celui-ci, songeant qu’il n’était pas sur de pouvoir sortir de sa réserve, en la voyant évoluer dans un cadres qui lui était plus intime encore que celui-ci. « Pardonnez mon manque de politesse, je suis simplement surpris de vous voir ici. » Et seule, en plus. Les Reines n’étaient-elles pas toujours accompagnées de leurs suivantes ? Et celle-ci, en plus, était enceinte ! Et blessée.

Elle souffla, longuement, et par ce petit souffle mit un terme net au train de ses pensées, qui filait droit vers la paranoïa. Il lui adressa alors un sourire, l’un de ses sourires habituels, et, demeurant debout, alla s’appuyer à son bureau pour ne pas avoir à se tenir au garde à vous devant une femme assise. Il s’était montré suffisamment froid avec cette pauvre Reine. Elle s’excusa à son tour de ses manières… Il était vrai qu’être ainsi tutoyé avait quelque chose d’étrange. Cela le renvoyait à une certaine domesticité, plus qu’à de la complicité. Il arrivait parfois que l’inventeur oublie qu’il était noble, tant certains ici le considéraient toujours comme un bourgeois au service du Palais. Cela ne le vexait pas. Mais il n’en allait pas de même pour les Olarils, dont il avait appris qu’ils vivaient mal la formalité de la conversation Ilédore. Celle-ci, en plus, avait atterri dans le lieu le plus formel de tout Isle… Etrange, pour cette femme qui semblait si chaleureuse. Etait-ce pour l’attrait du pouvoir, qu’elle s’était à ce point défaite de sa nature ? Elle n’avait pas l’air, pourtant, d’une manipulatrice… Simplement d’une séductrice.

Ce qui terrifiait au moins autant Damian que le plus acerbe des Conseillers…

Pour cela encore il s’en voulut quelque peu. Après tout ce n’étaient que des on dit, colporté par des rumeurs… Il n’avait jamais eu l’occasion de parler à cette femme par le passé, et s’en trouvait effrayé sans même avoir eu la confirmation de ces ragots. Il ne devait décidément pas être évident pour elle d’évoluer en pareil endroit. Songeant à cela, il décida de mettre de côté son appréhension.

Ainsi hocha-t-il la tête sur un sourire aimable, avant de la rassurer « Ne vous inquiétez pas de cela, permettez moi seulement de vous vouvoyer en retour, et tout ira bien. » Il n’était pas sur de pouvoir la tutoyer sans bafouiller comme un adolescent face à sa première donzelle. Il en aurait été de même pour n’importe quelle noble… Pour la Reine, c’était encore pire. Un éclair fugace et il s’imagina tutoyer Bellone. Non, décidément, même pour elle c’eut été par trop étrange à ses oreilles. Sans le lui laisser voir, il se prit à regretter la simplicité de ses échanges avec la jeune domestique qui avait croisé une Reine. La vie en bas était pour cela plus simple… « Nous sommes un peuple bien froid, je le crains. » Son éternel sourire se transforma en sourire d’excuse et, tandis qu’il essuyait ses mains salies, en dépit de ses protections par le travail sur le tablier, avant d’ôter celui-ci, il ajouta : « Je suis soulagé de constater que vous vous êtes remise de votre agression. Et flatté que sa Grâce ait parlé de moi à sa future épouse. Bien sur, je me ferais une joie de vous montrer mes créations. Vous a-t-il parlé de l’une d’entre elles en particulier ? »
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Lis Diantha
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MessageSujet: Re: Couper le soufflet, pour ne pas attiser le feu.    Lun 25 Juin - 18:09

Lis avait pris l’habitude que ses tu ne trouvent aucun échos. Et depuis qu’elle vivait au Palais, elle s’y était fort bien habituée ; cela donnait aux relations quelque chose de distant et de courtois, qu’elle avait appris à adorer lorsqu’il venait d’Ysor. Il fallait admettre que le Gardan Edorta était un modèle de droiture, et elle devait user de tout son talent, voire se surpasser, pour qu’il se montre ne serait-ce que moins protocolaire. C’était un défi formidable et excitant.

Du moins, cela l’était lorsqu’elle pouvait le rencontrer. Car depuis ce satané Bal, les visites et les rencontres... elles les comptaient sur les doigts de la main. Toujours accompagnés et toujours escortés, toujours d’innombrables oreilles pour les écouter. Impossible de glisser un mot qui éveillerait l’étincelle dans l’oeil de son Futur, comme elle l’avait vu plusieurs fois lorsqu’ils avaient été seuls.

Elle se languissait de pouvoir guérir totalement, de n’être plus ni enceinte, ni convalescente. Qu’enfin elle retrouve le piment d’une vie qu’on lui retirait chaque jour plus.

Fort heureusement, l’on trouvait toujours un attrait aux choses lorsque l’on était Lis Diantha, et croiser un Inventeur au minois qui lui plaisait -comme beaucoup de minois- suffisait à la rendre enjouée. Malgré cette bedaine encombrante et le manque de souffle.

« Je te l’accorde, cela m’ira très bien. » Sourit-elle avec malice. Il évoqua la froideur des Ilédors et, elle devait bien l’avouer, il n’avait pas tord. « Je suis persuadée que la glace cache un feu bien plus grand qu’il n’y paraît. » Affirma alors la Future Reine, sans ciller. Lis était accommodante, si l’on était brûlant, elle l’était, si l’on était prude, elle faisait tout pour qu’on ne le soit plus. Et cela lui plaisait, dans un cas, comme dans l’autre. Et chaque rencontre pétillait !

Un faux mouvement lui envoya une décharge douloureuse dans le ventre et elle grimaça. Les pétillements n’étaient pas aussi délicieux lorsqu’on portait deux enfants. Elle soupira.

« Ysor a de la considération pour toi, je suis déçue qu’il ne puisse m’accompagner aujourd’hui. Il m’avait promis de m’amener à toi mais... » Inutile d’assombrir ce tableau, elle s’appuya sur les accoudoirs pour se redresser.

« Si tu me montrais l’invention que tu préfères. » Fit l’Olarile avec un sourire complice. Il était toujours plus étonnant de demander à l’autre ses préférences, elle savait s’adapter aux petits plaisirs de chacun, après tout.
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Damian Olynn
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MessageSujet: Re: Couper le soufflet, pour ne pas attiser le feu.    Lun 23 Juil - 12:57

S’il fut passablement soulagé de la voir accepter son vouvoiement, il n’en sombra pas moins dans une incommensurable gêne lorsqu’elle évoqua le feu que la froideur ilédore déguisait. Ce que cachait la glace de Damian, lui-même n’était pas tout à fait certain de le savoir. Il n’avait jamais été un homme ardent, et s’il n’était pas étranger aux sentiments, et au désir, il était probablement l’un des hommes les moins à même d’en parler, de façon détendue, avec une femme telle que Lis Diantha. De loin et en l’évitant, il avait déjà eu peur d’elle, de cette personnalité qu’à priori, compte tenu de ses réflexions désarmantes, on avait dépeint avec fidélité. De près et à présent qu’ils étaient seul à seule, c’était bien pire encore. Elle le regardait, déterminée, tandis que lui cillait, s’effarouchait de ses mots. Lis était peut-être bien arrangeante, mais pas pour Damian qui pour l’heure ne désirait rien tant que de la voir endosser le rôle bien convenu de fiancée royale, vaguement prude, quel que soit cet arrondi qui enflait son abdomen.

Si ces enfants étaient le signe évident d’un défaut de virginité pour une épouse royale, ils étaient ceux de la prophetie, envoyés par Therdone même et à ce titre porteurs d’une pureté qui aurait du rejaillir sur sa personne tout entière… Mais dans le sourire insolent de cette femme dont le regard, tandis qu’il percutait l’inventeur, lui faisait l’impression d’être brûlant, il y avait un obstacle tout à fait radical à la pureté. « Peut-être avez-vous raison… » Sa voix avait été quelque peu étranglée, et sans tenir davantage à parler de cela, il s’apprêtait à la fuir pour de bon lorsqu’il la vit grimacer, et sentit ressurgir sa bonhommie naturelle. Elle semblait dépitée par son état, ce qu’il pouvait comprendre si la séduction lui était si précieuse. Elle venait d’ailleurs tout juste de subir une attaque qui aurait pu être mortelle, et devait toujours souffrir de cela. Il s’étonnait même, tandis qu’elle soupirait, qu’on l’autorise ainsi à déambuler dans les couloirs, seule…

Avec effroi, il songea alors que la Reine, probablement s’était échappée. Il songea que, sans doute, cette rencontre était clandestine. Son estomac ne fit qu’un tour tandis que son cœur, en panique totale, manqua plusieurs battements d’affilée.

Il le tira de sa frayeur en lui parlant d’Ysor, qui n’avait pas pu venir, avait manqué à sa promesse ; Ysor qui ne savait pas où se trouvait sa promise. Ysor, son seigneur, son maître. L’inventeur sentit de la sueur froide recouvrir sa peau tandis qu’il essuyait nerveusement ses mains à son tablier. Il l’observa se redresser, laissant un sourire étudié poindre à ses lèvres, et hocha la tête à sa demande. On ne contrariait pas une Reine. Fut-elle aussi… étrange, et intimidante que Lis Diantha. Il se tourna, et s’autorisa, dos à elle, le regard absolument effaré de celui qui venait de voir un fantôme, avant de faire son choix. Oui, cela lui plairait : on disait les Olarils friands d’art, eux aussi. Et elle était une femme, ce qui, dans l’esprit de Damian, la rendit sur le coup sans doute peu friande des plus pragmatiques de ses inventions. Les femmes, et le pragmatisme…

Il se fustigea aussitôt de cette idée bornée et obtue, songeant notamment à Bellone, qui par bien des aspects se montrait plus pragmatique qu’il ne l’était lui-même. Il n’en choisit pas moins une machine avenante, amusante pour la Future du roi. Une machine d'apparence rude et sans souplesse, dont la taille équivalait à une fois et demi celle de l'inventeur. Etant pourvue de roues, il en ôta les cales et, jouant de son dos et de ses bras puissants, l’approcha de Lis. Elle trônait devant elle, au centre de son atelier. Il adressa à l’Olarile un sourire un peu plus sincère, plus doux à présent qu’il pouvait se cacher derrière ses créations. Lentement, il posa ses mains sur une manivelle, et activa avec lenteur le complexe mécanisme. Une à une, les roues s’emportèrent l’une l’autre, des soufflets s’activèrent… Tout d’abord, un martellement léger et cristallin, qui annonça une mélodie douce, et mélancolique. Puis l’un des appareils à vent fit entendre une mélopée feutrée qui oscilla dans l’air, entre eux, enfla et, doublée par des cordes qu’un mécanisme activé par des cartes à trou pinçait, emplit bien vite l’atelier d’une musique pleine, ronde, et d’une grande douceur. Comme jouée par un petit orchestre, simplement activée par le va et vient tranquille, paisible de Damian qui posait sur les rouages un regard attentif, presque tendre. Il la couvait de ses yeux verts, s’assurant que tout allait bien, que rien ne viendrait fausser son chant. Elle était sa création, il l’aimait.

Terminée la mélodie, il laissa son geste ralentir, puis s’effacer sur les derniers accords, avant de se redresser et de faire face à Lis Diantha. Il l’avait presque oublié, mais son bien-être n’en reflua pas pour autant et il pu, cette fois, soutenir son regard outremer. « Cette machine est le fruit d’un travail de longue haleine. J’ai du composer la mélodie, et mettre au point chacun de ces nombreux mécanismes. Je l’ai créée pour Ysor, et je pense pouvoir affirmer qu’elle est sa favorite. » Créer de l’art, à partir de l’air et du mouvement d’un amas de métal…
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Lis Diantha
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MessageSujet: Re: Couper le soufflet, pour ne pas attiser le feu.    Mar 31 Juil - 20:01

Lis en était restée bouche-bée. Dans son esprit plusieurs questions la secouaient : comment pouvait-on reproduire le son d’un musicien dans une telle machine, sans pianoter ou sans souffler dans un tube, sans pincer des cordes ? Comment un mécanisme pouvait-il être aussi talentueux qu’un joueur de flute ? Le talent de l’Inventeur était grandiose, et sa réputation, fondée. La Future Reine était émerveillée par tant de capacité, et ce que cela laissait présager.
Car si une machine faite de bois et de métal pouvait prendre le rôle d’un homme, beaucoup de possibilités éclatantes pouvaient être aperçues.

« Quelle merveille ! » S’esclaffa-t-elle en se dandinant d’admiration ; mais des douleurs dans le dos, son ventre qui tirait, la rappelèrent à l’ordre. Il lui fallait être docile et immobile, la position debout la fatiguait… Elle soupira légèrement, préférant cependant faire le choix de se préoccuper de cette invention, plutôt que son inconfort. Il parlait de mécanisme, mais il avait tout de même composé la mélodie : en plus d’être un artisan doué, il devait être un musicien avéré, et ce talent supplémentaire donnait à l’œuvre une dimension plus grande encore.

« Tu as un talent exquis, Inventeur, Ysor a de la chance de t’avoir à ses côtés. » Comme un éclair, elle eut soudain un frisson d’éveil, qui n’était cette fois pas dû à une douleur. Quelle mortelle catastrophe si un homme aussi brillant mettait ses capacités d’inventeur génial au service de quelqu’un d’autre que le Gardan Edorta… Elle sembla, une seconde, être prise de terreur. Mais la seconde suivante, ses yeux sondaient le visage d’Olynn, comme pour y déceler sa loyauté. Impossible de voir de mauvaises intentions sur un tel faciès, se dit-elle immédiatement, et le sourire de Lis était revenu.

« Me ferais-tu l’honneur de faire fonctionner une machine telle que celle-ci, lors de mon Mariage ? » Souffla alors la Future Reine, qui avait une hâte non dissimulée qu’arrive ce grand jour. Et surtout cette grande nuit qui suivrait ! Elle n’imaginait pas réellement comment se déroulerait les noces, car cette culture lui était trop étrangère. Mais quel signe de modernité, quel symbole de grandeur, que d’avoir aux côtés de l’orchestre royal, des musiciens du Souverain, une machine si complexe ! Quelle expression bluffée auraient tous ces Nobles, et comme elle serait admirée d’avoir demandé un tel service. D’avance, elle en était ravie, bien qu’elle ne puisse encore concevoir une seconde de ce jour, tant tout ceci restait secret… On n’avait d’une pas les moyens, à l’heure actuelle, d’organiser un tel événement ; ensuite, le contexte politique et les tensions étaient telles, qu’il était trop dangereux de procéder à l’Union Royale… Et enfin, elle n’était pas du tout consultée pour toutes ces choses.

La date n’était même pas fixée, elle n’avait déjà pas le loisir d’en discuter ni avec Drausine, ni avec Ysor lui-même… Elle effaça ces pensées négatives, pour se concentrer sur la machine et ses mécanismes. « Tu as réussi à réduire des musiciens pour en garder leur substance et les faire jouer selon ton bon vouloir… Saurais-tu faire d’autres mélodies ? » Celle-ci était très belle, certes. Mais trop … Ilédore. Lis aurait aimé pouvoir marier à ces sons classiques un rythme bien plus Olaril, plus festif, pour ses noces. Elle s’approcha pour observer la commande, et leva la main.

« Si j’osais, je te demanderai de me laisser essayer… » Rit bientôt la Promise du Roi, qui ne semblait pas le moins du monde intimidée, malgré ses paroles.
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Damian Olynn
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MessageSujet: Re: Couper le soufflet, pour ne pas attiser le feu.    Dim 12 Aoû - 10:36

L'enthousiasme de la Future le flatta, sincèrement, et la voir s'esclaffer, se trémousser dans son fauteuil devant sa création était de nature à lui faire éminemment plaisir. Les compliments qui suivirent firent légèrement monter le rose à ses joues timides, mais il ne se départit pas pour autant de son sourire, préférant à la gêne due à sa pudeur celle qu'il devait à l'humilité. Qu'elle lui dise qu'Ysor, ce Prince qu'il estimait tant, avait de la chance de l'avoir à ses côtés était sans doute l'un des plus sérieux compliments que l'on puisse lui faire. Car pour le reste, il savait ses créations uniques, et son talent de même. Ce n'était pas là flagornerie ou prétention, simplement, il était seul à faire ce qu'il faisait, et l'on récoltait toujours quelque admiration à faire dans un domaine le premier pas. Et c'était précisément là l'apanage de l'Inventeur. Il vit frémir le sourire de la Future, mais décida de ne pas s'y attarder, pour écouter plutôt la suite.

Sa demande lui sembla presque... gourmande. Peut-être était-ce son imagination, ses préjugés qui le taraudaient toujours, mais il y avait dans les yeux de Lis Diantha cet éclat joueur et amusé, qui rendait cet honneur qu'elle lui demandait de lui faire presque... déstabilisant. Par Therdone ce n'était qu'une machine, sa machine, elle ne lui demandait rien de bien terrible, et il eut presque honte d'y percevoir une forme de lubricité. Son regard, certes, étincelait d'une faim qui n'était pas celle de la musique, mais il ne savait sur quel compte la mettre, et se devait ainsi de tenir à distance ce type de pensées. Il était terriblement honoré de cette confiance qu'elle lui témoignait après cette seule démonstration, trouvait formidable cette découverte qu'il lisait dans les yeux outremer de la promise de son Prince, non... de son Roi à présent. Jouer l'une de ses mélodies au mariage de celui-ci... C'était extraordinaire, et peut-être tiendrait-il là l'occasion rêvée d'enfin lui faire savoir toute la gratitude qui était la sienne...

« L'honneur sera pour moi, Dame Diantha » Il ne s'était pas incliné, comme il était d'usage, préférant soutenir son regard et lui sourire, sincèrement touché par cette perspective. « Je pourrais faire d'autres mélodies, oui, celle-ci n'était qu'un essai. Il est possible d'adapter cette machine en changeant quelques pièces, et alors le son changera lui aussi, du tout au tout... » Il pourrait lui montrer, il pourrait lui expliquer, ce n'était pas très compliqué... Elle s'approcha d'ailleurs de lui, sans qu'il n'esquisse cette fois de mouvement de recul, l'accueillant à ses côtés avec curiosité, avant de sourire devant son rire. Elle ne semblait pas femme à ne pas oser, et d'ailleurs, sa main était déjà toute prête à actionner la manivelle. Damian se décala alors d'un pas ou deux, pour la laisser prendre place, et après lui avoir indiqué où saisir la commande, souffla en douceur : « Il suffit de faire tourner ceci, en partant vers l'avant. La vitesse définit le rythme adopté, pour le reste, il suffit d'être régulier, les mécanismes font le reste. » Une sourire bienveillant et d'un geste du menton, il lui fit signe d'essayer. L'effort n'était sans doute pas une idée formidable dans l'état qui était le sien, mais elle n'était pas bien difficile à actionner, le tout bien huilé, et il était de toute façon là pour veiller au grain s'il la voyait flancher.

La regardant faire, amusé, il songea au travail qu'il venait d'accepter. Avec les recherches sur la poudre qu'il honorait pour sa Générale, ainsi que sur sa machine volante, cela commençait à faire beaucoup, mais il se sentait capable de faire front et n'aurait qu'à se priver un peu plus de sommeil. Il n'était ici question que de la composition de quelques portées, du façonnage de nouvelles roues et du perçage de quelques cartes. Le plus long serait de trouver une mélodie qui plaise à cette Reine... Quelque chose lui disait qu'il apprendrait à travers celle-ci à la connaître un peu mieux. Qui sait, peut-être cela le libèrerait-il de son malaise, au moins en partie ? Il aimait trop son Roi pour tolérer de rester d'une telle froideur envers celle qu'il semblait tant estimer... Car ni Bellone ni lui ne s'étaient trompés dans le regard d'Ysor, sa promise était à son goût, elle le rendait plus ferme, plus Roi, et cela valait bien le coup d'endurer quelques gênes occasionnelles, si cette Olarile le libérait un peu de ses entraves. À cette idée, son regard s'adoucit un peu plus, presque... reconnaissant.
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Lis Diantha
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MessageSujet: Re: Couper le soufflet, pour ne pas attiser le feu.    Sam 29 Sep - 20:20

Si Lis avait cru un jour qu’un tel objet aurait pu être une représentation ressemblante de ce qu’elle ressentait, sans doute aurait-elle alors considéré autrement sa relation avec ses amants. Découvrant à quel point une simple pression faisait fluctuer la musique, son rythme, les sons modifiés, et toute la mélodie répondant à l’unique mouvement de sa main… Il y avait là quelque chose de sensuel qui la ravissait.

L’Olarile n’avait jamais été mélomane. La musique n’était pourtant pas inutile selon elle : aucune fête ne pouvait être réussie sans musique, aucune émotion n’était décuplée sans chant, sans tempo soutenu. En réalité, la musique que jouait son Peuple était capable de faire bondir les plus timorés, de déchaîner les plus sages, de faire rire les plus attristés. Le sourire était présent dans chaque note que les musiciens Olarils savaient faire sortir de leurs instruments, et en cela, la Prêtresse de Bakarne trouvait ceci un prodige. Elle savait qu’Aimar leur avait apporté bien des façons de faire émettre un son mélodieux d’un simple morceau de bois, et qu’elle belle idée il avait eue là !

Il n’était aucune musique qui n’incitait pas à bouger, à se laisser aller et à exprimer ses sentiments. Malgré qu’elle ne doute aucunement de ses capacités, les ryhtmes festifs lors des cérémonies avaient aidé certains récalcitrants à se décider. Emportés par le bourdonnement d’un tambour, résonnant dans son être, voilà les indécis bien plus réceptifs. L’alcool aussi était une vertu, mais Lis était trop concentrée sur la mélodie qui se jouait alors qu’elle actionnait cette géniale machine.

« J’aime ton invention ! » Piaffa la Future Reine, mais le mouvement qu’elle eut, petit saut de joie, envoya une décharge dans son ventre trop rond. Elle lâcha le manche de la machine, caressa le bas de son ventre avec une expression douloureuse, mais également une pointe de déception. Quelle tristesse de ne pouvoir s’adonner pleinement à ce loisir, qui lui permettait au moins d’assouvir son envie de rythme, rattrapée par une grossesse qui ne faisait que lui rappeler sans cesse combien elle était affaiblie. Il fallait encore des semaines de patience et d’inertie…Elle releva les yeux vers l’Inventeur, tentée bientôt de lui demander une machine miraculeuse.

« J’imagine que tu n’as aucune trouvaille divine qui puisse me soulager… » Soupira-t-elle en reculant jusqu’à son siège, contrainte à l’immobilisme par des spasmes mécontents de ses Héritiers. Alors qu’elle gardait les paumes bien à plat sur son abdomen gonflé, elle sursauta.

« Par les Dieux ! » Gémit l’Olarile, levant des yeux surpris vers Damian.

« Ils bougent tant, regarde ! Regarde ! » Imposa-t-elle, alors que ses doigts semblaient pris d’un mouvement involontaire, sous l’effet des singeries des petits êtres qui l’habitaient. Elle les sentait bouger depuis plusieurs semaines, mais jamais leurs coups n’avaient été assez virulents pour qu’elle les sente autant, et surtout, qu’ils aient la force de faire mouvoir son ventre comme une mer déchaînée. « Je crois qu’ils n’apprécient pas l’arrêt de la musique. Joue ! Joue encore ! » Lis riait malgré l’impression étrange que produisait ces agitations sous sa peau.
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Damian Olynn
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MessageSujet: Re: Couper le soufflet, pour ne pas attiser le feu.    Dim 25 Nov - 17:42

L’inventeur la regarda jouer, actionner ce manche avec un plaisir manifeste. Si manifeste qu’il en était presque troublant pour l’Ilédor. Il était rare que ceux de son peuple se laissent ainsi aller à leurs sensations, les déguisant, les voilant d’une plus grande pudeur que les Olarils… Que cette Olarile ? Les murmures que l’on pouvait entendre à son compte dans les couloirs laissaient entendre que celle-ci était particulièrement « ouverte », et hm… « volubile ». Et à voir ses mains effleurer le manche de la machine, il n’en douta pas un instant. Il avait beau être un homme de nature pudique, et discrète, force lui fut de laisser une pensée absolument déplacée se frayer un chemin dans son esprit… Les mœurs Ilédores et leur sévérité (sévérité qui ne concernait que le haut de la pile, puisqu’il était bien placé pour savoir que l’on attendait pas des petites gens une abstinence totale avant consommation d’un mariage, le fait que les concubins soient expérimentés étant souvent vu comme gage d’une union fertile) semblaient peser sur cette femme. Cette machine prenant une ampleur qui n’avait rien à voir avec celle qu’il avait souhaité lui donner. Ysor, probablement, récolterait des fruits fort mûrs lors de sa nuit de noce, quel que soit l’avancement de cette grossesse divine.

Il en rougit, et détourna le regard alors qu’elle se mit à piaffer un compliment enjoué. Au moins pouvait-il assumer sa gêne, la faisant passer pour une (presque) fausse modestie. Il hocha alors la tête avec un sourire, s’apprêtant à lui répondre lorsqu’elle le laissa voir sa douleur subite. La musique mourrait, à mesure que la manivelle qui n’était plus actionnée ralentissait, jusqu’à s’arrêter tout à fait sur une ultime note claire. Et la future Reine caressait son ventre, un rictus qu’il connaissait bien sur son visage. Elle le ramena quelques années en arrière, une autre femme enceinte, une grossesse difficile celle-ci aussi, et une issue qu’il ne souhaitait pas à cette jeune femme. Elle aussi avait été blonde, mais elle était (sans offense pour la Future) beaucoup plus jeune alors, et c’était à sa propre santé, et non pas à l’enfant qu’elle portait, qu’elle avait succombé.

Pour autant, il ne pu lui adresser qu’un regard désolé, lorsqu’elle lui demanda s’il avait de quoi la soulager. Il secoua doucement la tête en signe de dénégation, alors qu’elle retournait à son siège. « Je crains fort ne rien avoir pour vous aider… Seulement un peu de confort, mais j’imagine celui de vos appartements beaucoup plus concluant. » Mais son état ne dura guère, la Future bientôt surprise par ses enfants qui s’animaient sous sa peau. Son sursaut fit sursauter l’inventeur qui la regarda un instant avec des yeux ronds, avant de lui sourire. Les enfants étaient vigoureux, c’était une bonne chose. Le sien n’avait jamais été suffisamment grand pour provoquer de tels effets. Il s’agenouilla face à la Reine qui appréciait ces mouvements d’un œil éberlué. « Vos enfants sont forts, Dame Diantha. Ce sont des enfants bénis de Therdone, leur volonté, déjà, est grande. » Il eut pour elle un sourire rassurant. Celui de l’homme d’expérience qu’il n’était pas. Pour autant, avec son air sage et sa carrure imposante, il savait que ce rôle lui allait bien. Il savait qu’il pouvait mettre en confiance des personnes inquiètes, pour peu qu’il s’en donne la peine. « Ce seront de beaux enfants, vigoureux et énergique… Toute cette énergie ne sera pas vaine. » Pas plus que celle dont la Future semblait regorger. Il lui adressa un sourire doux, attentif.

A sa demande, il hocha la tête, et retourna auprès de la machine qu’il actionna en douceur, jouant sur un rythme tranquille, mais ferme. Ses gestes n’avaient évidemment pas la sensualité de ceux de Lis Diantha… Rares étaient les hommes capables de celle-ci, supposait-il, mais il se donnait du mal. Pour plaire à sa Majesté, comme l’on dit. Après tout, il avait beau avoir, à présent qu’il était anobli, ses propres armoiries, il n’en demeurait pas moins, au fond, un serviteur dans son esprit. Après tout, n’était-elle pas venue ici chercher quelque… service ? Il s’appliquait, l’ombre d’un sourire à ses lèvres tandis qu’il guettait sa réaction. L’apaiser. Un peu au moins.
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Lis Diantha
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MessageSujet: Re: Couper le soufflet, pour ne pas attiser le feu.    Sam 8 Déc - 21:35

Lis n’aurait sans doute pas avoué combien les mots que prononçait Damian lui allèrent droit au cœur. Tous s’occupaient bien sûr de la bonne santé de la Future Reine, et surtout, et plus que tout, de celle de ses enfants à naître. Mais personne ne la rassurait ; elle semblait ne pas en avoir besoin, il est vrai. Mais sans le demander, voici que l’Inventeur avait réussi à lui prodiguer de bons sentiments… Elle ne doutait pas de la vitalité de ses enfants, mais de plus en plus, à mesure que les mois avançaient, Lis se demandait si tout allait bien se passer.

Toutes ses questions angoissées étaient pourtant présentes, bien qu’elle ne s’y attarde pas ; principalement parce qu’elle avait en tête d’autres obsessions. Mais par ces quelques paroles, elle avait réalisé qu’elle avait besoin de ce réconfort qu’il se proposait de lui offrir, comme elle le lui avait demandé. La mélodie plus calme l’apaisa, et les notes semblaient adoucir ceux qui dansaient dans son ventre.

Elle garda le silence ; Si ces paroles étaient dues à de l’empathie, Damian était très doué, et doté de capacités stupéfiantes. Inutile de dire qu’elle lui souriait, et sans doute ne cachait-elle pas sa reconnaissance dans cette expression sincère. Lis masquait rarement ses intentions, comme ce qu’elle ressentait. Bien qu’elle sache le faire, naturellement. Simuler n’était ni difficile, ni pénible pour une femme comme elle… Mais il y avait peu d’occasions pour elle de devoir feindre les émotions. Sauf lorsqu’il fallait paraître digne et chaste face à un Roi… Elle étouffa un soupir.

Caressant son ventre, Lis repensa aux diverses réactions de l’Inventeur lorsqu’elle s’était assise. C’était étonnant qu’un Ilédor se sente autant concerné, ils étaient tous tellement retenus. Et celui-ci était loin d’être expansif. Etrange qu’il se soit ainsi livré à quelques conseils attendris. L’Olarile connaissait beaucoup d’hommes, et avait appris à comprendre leurs ressentis sans poser de questions… Il était douloureux pour un mâle d’avoir à répondre à quelques interrogations embarrassantes. Après deux ou trois erreurs de ce type étant jeune, elle avait vite su comment éviter les sujets douloureux pour tirer le meilleur de ses compagnons. Ne pas parler de leurs femmes à moins qu’ils n’abordent, eux, le sujet. Idem pour leur mère !
Avait-il des enfants ? Elle ne lui en connaissait pas, mais n’était pas au fait de toutes les histoires mondaines, il lui semblait qu’il n’était pourtant pas marié. Pas de progéniture dans un tel cas ; les lois Ilédores étaient claires là-dessus.

Les agitations sous son ventre c’étaient calmées, bercées par la musique. Lis pouvait de nouveau espérer se lever. « Ta machine fait des prouesses. » Murmura la Promise du Gardan Edorta, en se redressant. « Tu te trompes sur le réconfort de mes appartements. Je ne serais mieux dans aucun autre lieu, comprenons-nous bien, mais la musique que tu produis apaise les Elus, c’est indéniable. »

Lis ne pouvait se plaindre de ses appartements ; il ne lui manquait qu’une seule chose pour que sa vie soit idéale. Et elle savait que cette chose, elle l’aurait prochainement. Comment faire avancer la date de son mariage pour l’obtenir plus vite ? La Prêtresse se mit debout lentement, pesant sur ses jambes un équilibre qu’elle souhaitait conserver. Cette fois, la douleur était calmée. Quelques pas la menèrent vers Damian.

« Si je te demande lors de grandes douleurs, viendras-tu ? » Insista-t-elle alors, arrivée à sa hauteur, le regard pénétrant. Etait-ce uniquement pour pouvoir endormir les contractions qu’elle le réclamerait ? Rien n’était moins sûr. Il s’agissait de Lis Diantha : avoir la possibilité d’un homme auprès d’elle, malgré des restrictions qu’elle supportait mal, était un plaisir non dissimulé. Autant sauter sur l’occasion.
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