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 Calathéa Weïss

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Calathéa Weïss
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Nombre de messages : 260
Age : 29
Date d'inscription : 15/01/2010

.:: Le Carnet ::.
Âge du Personnage: 45 ans
Profession: Guérisseuse-Chirurgienne
Positionnement : Bonne question
MessageSujet: Calathéa Weïss   Dim 17 Jan - 15:48


Derrière l'Ecran, le Joueur.

    • Pseudo : Alphératz
    • Âge : 21 ans
    • Localisation : Bretagne

    • Autre personnage : Aucun

    • Temps consacré au net (et au forum) dans une journée ?
      Très variable. Ca peut aller d’une heure par jour à une heure par semaine. Ca dépend de mon emploi du temps et de mon boulot. Je préviendrai en cas de moments trop chargés pour poster régulièrement.
    • Comment avez-vous connu Les Tables d'Olaria ?
      Par Ergan, sur un forum en l’honneur du Grand, du Magnifique, du Sublime Gemmell Wink
    • Quelque chose à ajouter ?
      Ce post a été aimablement corrigé par mon correcteur automatique personnel : Brieuc (Shisho pour les intimes :p).



Devant Vous, le Personnage.


  • Prénom : Calathéa (surnommée Théa)
  • Nom : Weïss
  • Nom de jeune fille : Seme’ll
  • Âge : 45 ans
  • Sexe : Féminin
  • Famille : Pélégon
  • Profession ou métier : Guérisseuse-Chirurgienne

  • Positionnement : Partisane


  • Taille : 1m75
  • Poids : 55 kg



  • Description physique détaillée
    Aussi brune que son père est blond, Calathéa ressemble davantage à sa mère, cette femme haute mais sèche, dont l’ébène des cheveux a viré au gris perle avec le temps. Les Pélégon sont connus pour leur stature impressionnante et, malgré sa taille convenable, Calathéa fait office de crevette chez eux. Actuellement très mince, elle fait régulièrement le yoyo avec son poids au gré de ses émotions, passant de 55 à 65 kilogrammes en quelques mois et faisant l’inverse un ou deux ans plus tard. Mais même avec un petit ventre rond, ses hanches étroites, son buste frêle et ses poignets graciles lui donnent un air fragile. Ses mains aux longs doigts tordus sont particulièrement agiles mais recouvertes de cals à force de travailler le bois.
    À 45 ans, elle reste encore désirable mais les soucis ont marqué son front d’une ride prématurée. On ne peut pas réellement la qualifier de belle, comme ces femmes à la grâce insolente et aux frimousses parfaites, ni même de jolie, comme on le ferait pour une jeune fille à la fleur de l’âge, mais son visage présente une certaine harmonie. Un nez droit, des pommettes à peine marquées et surplombant des joues un peu trop creuses ces temps-ci, des sourcils fins, presque droits et des lèvres couleur incarnat qui semblent s’étirer à l’infini lorsqu’elle rit, creusant sa pommette gauche d’une fossette. Depuis la mort de sa fille, il est rare que ses grands yeux gris acier sourient mais, lorsqu’ils le font, ils ornent ses tempes de pattes d’oie et pétillent d’un éclat que son père qualifie d’irrésistible.
    Sa chevelure, en revanche, n’a pas encore été marquée par le temps et conserve sa couleur de jais, son épaisseur et ses lourdes ondulations. Relâchée, elle lui couvre les épaules tel un châle et tombe sur ses yeux. C’est pourquoi elle fixe les mèches de devant à l’arrière de son crâne par des épingles finement ciselées et recouvertes de pierres brillantes mais sans aucune valeur.
    Malgré sa grossesse, ses seins sont restés hauts et fermes, bien que marbrés de vergetures violacées.
    Son corps est le miroir de son âme et, en ces temps de crise, son désarroi s’y affiche : côtes presque palpables et pointes des hanches apparentes, muscles du cou tendus sous la peau, traits tirés et cernes creusées.
    Sa silhouette est plutôt élancée mais elle répugne à montrer ses longues jambes aux mollets musclés, aux genoux noueux et aux cuisses à peine rondes. Ayant échappé aux travaux du bois les plus difficiles, elle a gardé les muscles de ses bras fins et peu développés.
    Tout comme son caractère, sa façon d’être reste très mesurée ce qui lui donne un air guindé. Calathéa se tient toujours très droite, en toutes circonstances, et les épaules bien en arrière comme pour se donner un air altier. Mais l’élégance qu’elle pourrait avoir est entachée par ses manières et les positions masculines qu’elle adopte. Jambes écartées et bien campées au sol, attitude nonchalante, buste en avant, jurons bien sentis et rire bruyant, la marque des Pélégons apparaît bien volontiers lorsqu’elle relâche son attention.


  • Particularité physique notable
    Aucune, elle a un physique commun.


  • Description psychologique détaillée
    Calathéa a hérité du caractère renfermé des Pélégon et se montre souvent froide au premier abord. Il n’y a qu’avec les siens qu’elle est spontanément joyeuse et qu’elle partage son rire communicatif et son humour douteux. Elle préfère généralement rester seule plutôt que de s’entourer de pipelettes. Cependant, son apparence chétive la défait du côté sauvage et brusque que peuvent avoir les siens et elle apparaît comme une femme simple au caractère égal. Son physique aurait pu la présenter comme vulnérable, mais son tempérament assuré atténue cette impression. Plus que de la foi en elle-même, elle accorde une confiance inébranlable aux préceptes qu’on lui a transmis et aux valeurs qu’elle a apprises à respecter.
    Distante envers les adultes, elle est d’une grande tendresse avec les enfants et s’applique à leur changer les idées lorsqu’elle s’occupe d’eux. Son visage semble alors s’ouvrir et son regard, habituellement impassible, se charge de douceur.
    Malgré tout, Théa reste assez sociable et discrète pour une Pélégon.
    Minutieuse, elle s’occupe avec soin de tous ses patients, quelle que soit leur famille ou leurs avis politiques. Son perfectionnisme la pousse à travailler toujours un peu plus et à suivre ses malades avec une grande attention.
    Son métier la met directement en contact avec des visions d’horreurs mais elle sait parfaitement garder son calme et la vue du sang ne l’effraie pas.
    Maîtrise de soi-même, patience et professionnalisme sont ses maîtres mots et il est particulièrement difficile de la mettre en colère. D’ailleurs, elle reste toujours parfaitement sereine face à des personnes qu’elle ne connaît pas ou à qui elle accorde peu d’importance. C’est pourquoi on ne la voit que très rarement crier en public. En revanche, plus elle apprécie les gens, plus elle est capable de leur hurler après. Entre les grognements indistincts de son père et les remarques acérées de sa mère, il a bien fallu qu’elle trouve un moyen de s’exprimer. Etrangement, elle est toujours restée très modérée avec son époux.
    Elle n’a absolument aucun goût pour la politique, les complots ou la stratégie. Capable de jalousie, d’envie ou de traîtrise, elle n’en reste pas moins une femme plutôt droite et très attachée au respect des règles. Néanmoins apte de les remettre en question, elle fait avant tout ce qu’elle croit être bien. Ses valeurs sont l’entraide, la compassion, l’honnêteté.
    Eternelle curieuse, sa soif de connaissance compense sa difficulté à voir au-delà des choses qu’on lui a enseignées. Bien qu’ayant grandement profité de l’éducation de ses aïeules, elle aime apprendre par elle-même et aller chercher les réponses à ses questions au cœur de la nature. Aussi n’est-il pas rare de la voir traîner autour des animaux dépecés ou des cadavres. Si certains jugent cette initiative macabre, ceux qui la connaissent savent bien que cela ne lui sert qu’à approfondir ses connaissances. D’ailleurs, elle ne conçoit aucun plaisir à faire du mal aux gens ou à les voir souffrir, et éprouve un respect infini pour le corps et la beauté dont l’a doté la nature.
    La vie parmi les bûcherons lui a appris ce qu’est le travail en collectivité, l’unité d’un groupe mais aussi le caractère éphémère des choses. Appartenant à une famille très soudée, ses membres ont tendance à n’accorder que peu d’importance à ce que pensent les autres d’eux. Calathéa n’échappe pas à la règle. En revanche, l’avis de sa famille est d’une extrême importance.
    Longtemps optimiste, la mort de sa fille puis la dure réalité de la vie l’ont forcée à devenir réaliste et à se durcir, la perte de sa bonne humeur coutumière étant compensée par une volonté désespérée d’alléger la vie des autres et de ne pas devenir un poids mort pour eux.
    Elle s’entend mieux avec les hommes que les femmes, dédaignant celles accordant trop d’importance à leur allure. Et même au sein des hommes, elle préfère côtoyer les affairés plutôt que les doux rêveurs. Être toujours en action est son principal atout pour ne pas se laisser abattre. La vie est dure en Arestim. Mais pour tout le monde ! S’effondrer, c’est entraîner ses proches au fond du gouffre. Et Calathéa s’y refuse farouchement.
    Appréciée, elle reste très retenue quant aux mots qu’elle prononce, préférant ne pas fâcher. Loin d’être lâche, elle voit là un moyen d’éviter des conflits longs et inutiles. Elle parle donc peu et se contente parfois d’acquiescer vaguement d’un signe de la tête. Femme de mesure, elle est louée pour son impartialité et sa justesse.
    De par son métier, elle a tendance à se méfier des armes et de leur utilisation abusive. N’en possédant aucune, elle compte généralement sur les hommes de sa famille pour la protéger en cas de besoin. Pour tout dire, elle ne sait manier une lame que pour sculpter le bois.


  • Particularité psychologique notable
    Une certaine rigidité psychique et un scepticisme. Même si elle n’en fait pas part, elle a des idées bien arrêtées sur les choses. Et comme elle fuit les longues discussions, ses interlocuteurs ont peu de chance de la convaincre de changer d’avis.


  • Position face aux événements politiques
    Calathéa a une vision assez simple de la politique. Un chef mourrant choisit son héritier. Le premier chef ayant été choisi par les Dieux, cette façon de faire doit être la bonne. Par conséquent, elle est très fidèle à Lysandre. Pacifiste, elle voit d’un très mauvais œil la monté des Opposants, bien qu’elle comprenne ce genre de réactions. Elle trouve la nouvelle chef un peu trop inexpérimentée, trop emportée, et a un avis plutôt négatif de son comportement aux Jeux de Bakarne bien qu’elle ne le dira jamais. D’ailleurs, elle ne répond pas à ceux qui lui en parlent et se contente d’un sourire poli. Elle ne prête guère attention aux rumeurs et ne s’est jamais penchée sur les affaires politiques. Malgré sa position, elle n’éprouve aucune hostilité à l’égard des Opposants.
    Une jambe cassée reste une jambe cassée, qu’elle soit Hirune ou Edorta. [phrase de Mithra]


  • Équipement et possessions
    Une reliure de cuir contenant des parchemins couverts de descriptions anatomiques et de techniques de soins (matériels, attelles, cannes, etc.) Aucune écriture, bien sûr, mais des dessins d’une précision minutieuse, accumulés par ses prédécesseurs et complétés par ses soins.
    Des parchemins vierges en cas de nouvelles découvertes et de quoi dessiner.
    Quelques outils pour tailler le bois, recoudre des plaies, enlever des pointes de flèches, etc.
    Quelques plantes anesthésiantes ou apaisantes, des poudres ou onguents (en petits échantillons d’urgence).
    Le tout regroupé dans un sac solide qu’elle garde en permanence avec elle. Elle a perdu la plupart de son matériel lors de la destruction de sa maison mais a conservé les schémas, les outils les plus importants et surtout, son savoir-faire.


  • Connaissances, Savoirs, Capacités
    Une connaissance poussée de l’anatomie humaine et animale (à l’échelle des savoirs de l’époque), de certaines plantes et préparations médicinales (notamment anesthésiantes, coagulantes, etc.), des techniques de chirurgie (ligature, cautérisation, points de suture, etc.). Rien qui lui permette de guérir les maladies mais toute chose utile lors d’un traumatisme.


  • Pistes de Développement pour votre personnage
    Trouver un but à sa vie, compenser la perte de sa fille par un aboutissement complet de son travail. Découvrir les secrets du corps humain.


Dernière édition par Calathéa Weïss le Mar 3 Aoû - 11:44, édité 14 fois
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Positionnement : Bonne question
MessageSujet: http://arestim.heavenforum.com/post.forum?mode=editpost&p=18   Mar 19 Jan - 21:33

  • Tout commença il y a une cinquantaine d’années, au sein de la famille Pélégon. Sclepius Seme’ll, fils de bûcheron, et bûcheron lui-même, épousait la jeune Sylvia. Mais dans la famille de Sylvia Non'ciere, de mère en fille, on est guérisseuses.
    Très tôt, les Pélégon furent confrontés à de multiples traumatismes. Le métier de bûcheron est dur et les accidents fréquents. C’est donc naturellement que quelques femmes de la famille s’intéressèrent à l’anatomie et aux moyens nécessaires pour redonner aux blessés leur intégrité corporelle.
    Bientôt, ces femmes acquirent une réputation de Guérisseuses-Chirurgiennes qui s’étendit bien au-delà de la Famille Pélégon.
    Sylvia ne fit pas exception à la règle et devint même très douée dans son domaine. Les enfants l’appréciaient parce qu’elle ne faisait pas trop mal, les adultes pour son professionnalisme et ses fabuleux résultats. Il faut dire que son professeur, sa mère, lui avait enseigné tout ce qu’elle savait et tout ce qu’elle avait compris elle-même. Car la culture des femmes chirurgiennes est toujours transmis ainsi : les connaissances des anciennes d’une part (remises en question et modifiées en cas de découverte) et le savoir issu de leurs propres expériences, d’autre part. Ainsi, elles ont en leur possession une mine d’informations qui ne cesse de s’accroître au fil des générations.

    Peu après leur mariage, le couple reçut un cadeau du ciel : un magnifique bambin qu’ils prénommèrent Henlius.
    Ses cheveux blonds comme les blés virèrent au roux lorsqu’il grandit et devînt un charmant jeune homme, à la carrure impressionnante et au sourire ravageur.
    Mais entre-temps, Sylvia eut la joie d’accoucher de deux autres enfants : une petite fille puis un deuxième garçon, aussi brun que sa mère mais qui deviendrait plus tard aussi carré que son père et son frère.

    C’est ainsi que naquit Calathéa. Au sein d’une famille, certes, peu riche et bourrue mais dotée d’un sens aigu de la famille et d’une joie de vivre communicative. Elle grandit sans encombre, se frayant un chemin au milieu de cette Guilde, aussi soudée que les doigts de la main, et des arbres de la forêt. Très proche en âge de son grand frère, elle essaya par tous les moyens de le suivre dans ses incroyables aventures. Par conséquent, elle passa son enfance dans les arbres ou blottie au creux des fougères, avec tous les autres gamins Pélégon, cousins plus ou moins éloignés. Très menue, elle écopa bien vite de surnoms colorés tels que stockfisch (poisson séché), brindille ou encore ficelle. Mais jouer avec des garçons l’avaient bien vite rendue bravache et elle ne se privait pas pour répliquer ! Ce n’est que plus tard qu’elle se mit à jouer avec d’autres fillettes, lorsqu’elle comprit enfin que, malgré son sexe féminin, son frère l’aimerait toujours, et même plus si elle devenait une vraie femme.
    Son père était un homme austère et elle rapporta toute son admiration sur Henlius. Sa mère accoucha de son jeune frère, Willis, beaucoup plus tard. Ce fut donc un bébé à cajoler à l’âge où s'éveilla son instinct maternel.

    Sylvia, secondée par sa propre mère, débuta très tôt l’apprentissage de sa fille, l’initiant à son art. Elle commença par lui apprendre à reconnaître les principales plantes qui poussaient près de chez eux et leur utilisation, dans la limite de ses connaissances. Théa se rappelle ces épisodes avec une certaine mélancolie, malgré les heures passées devant des échantillons qu’elle ne parvenait pas à nommer. Elle préférait, de loin, observer sa mère lors de ses interventions. Elle fut confrontée très tôt à des blessures sanglantes mais ne s’en effraya jamais. Au contraire, sa curiosité grandit pour le corps humain, si bien qu’elle en vînt à traîner du côté des bouchers dans l’espoir de les épier lorsqu’ils dépeçaient la viande. Peu discrète, elle fut vite repérée et l’un d’entre eux accepta gentiment de la prendre sous son aile. Cela lui permit de compléter bon nombre de ses connaissances anatomiques tout en découpant un porc ou en vidant un poulet. Chaque organe était nommé puis minutieusement disséqué. La plupart des gens trouvaient cela répugnant mais les bouchers en étaient très amusés et l’aidaient volontiers. Peu à peu, Calathéa élabora des théories sur le fonctionnement du corps, toutes plus farfelues les unes que les autres jusqu’à en trouver une plausible. Sa mère et sa grand-mère (veuve depuis de nombreuses années) restaient ses interlocutrices privilégiées même si elle aimait également chercher des avis chez les Sages et les Erudits.
    La doyenne des femmes chirurgiennes des Pélégons décéda de sa belle mort, peu de temps avant la nomination de Lysandre. Calathéa en garde un souvenir doux et ému, sans le désespoir qui accompagne les morts prématurés.
    Malgré sa passion dévorante, la jeune fille traversa son adolescence sereinement, se laissant guider par la vie à grande vitesse des Pélégon. Elle goûta à tous les alcools, fit les quatre cents coups avec les plus dégourdis, fut des plus grosses bêtises et, fidèle à la réputation des Pélégon, devint une buveuse chevronnée lors des fêtes.

    Elle arriva sans encombre à l’âge de 20 ans, où elle commença enfin à exercer réellement. Sa mère et elle se partageaient les patients, Calathéa privilégiant ceux qui nécessitaient un déplacement. Ne possédant nulle monture, elle devint bientôt une bonne marcheuse, ce qui acheva d’affiner sa silhouette d’enfant. Sans qu’elle s’en rende compte, elle avait pris des formes et de l’allure, ainsi qu’une certaine effronterie dont elle ne se départirait qu’une fois son innocence passée. Pleine d’idéaux et de joie de vivre, elle se découvrit une passion pour la famille et rechercha assidûment un époux. Elle le trouva en la personne de Joaquim Weïss, menuisier de talent. Cet homme, très calme, lui apprit la tempérance et l’équilibre. Dans ses bras, elle perdit la folie de sa jeunesse pour découvrir la vie de couple et son rythme paisible. A cette époque, elle avait besoin d’être aimée et adulée. Joaquim était parfait pour ce rôle. Il y avait tant d’amour en lui … Pas de passion, pas d’ivresse, mais un attachement sûr et durable. Calathéa, qui parlait fort et n’avait pas sa langue dans sa poche, se calma peu à peu, devenant plus posée et plus mesurée. Elle savait qu’elle n’avait pas fait un mariage d’amour, qu’elle avait choisi la sécurité plutôt qu l’exaltation et qu’elle devait accepter les conséquences de son choix. Joaquim ne serait jamais un de ses hommes qui la soulèverait de terre pour la faire tournoyer ou qui lui ferait découvrir la richesse des plaisirs de la chair. Mais il avait bien plus à lui offrir : l’assurance d’une vie bonne et un père exemplaire. Avant lui, elle n’avait recherché que des partenaires forts et bravaches, à l’image de son frère aîné. Ses amants étaient tous mus par la vigueur de la jeunesse et l’aimaient avec fougue et panache. Malgré cet attrait, les mots de son futur mari la touchèrent au plus profond d’elle-même. « Je ne te promets pas une vie aussi brûlante que les flammes ni aussi envoûtante que le chant du vent. Mais je te promets de t’aimer, toujours, quoiqu’il arrive et quoique tu deviennes. » Avec lui, elle découvrit l’amour qui prend son temps, la délicatesse des caresses qui coulent sur la peau, l’étonnement de retrouver quelqu’un à ses côtés, chaque matin en se levant.

    Son mariage l’éloigna progressivement de Henlius et de son père mais jamais réellement de sa mère ou de son jeune frère.
    Avec Joaquim, elle apprit que le bois pouvait être taillé avec minutie et qu’il pouvait lui servir à soigner. Les attelles que réalisait sa mère étaient grossières et mal adaptées. Son mari lui enseigna comment donner forme au bois. Son atelier devint le leur où, chacun de leur côté, il domptait le bois en silence, partageant juste cette impression de bonheur fugace et de tendresse, au milieu de la poussière et de l’odeur de résine.
    Le couple eut quelque difficultés à avoir un premier enfant mais, finalement, deux ans après leur mariage, une petite fille blonde naquit. On disait qu’elle avait les yeux de sa mère. Vu de l’extérieur, Calathéa aurait trouvé cela stupide : les yeux d’un enfant changent tellement lorsqu’il grandit ! Mais en tant que mère, cela illuminait son visage d’un sourire radieux. Longtemps femme-enfant, elle devint une jeune mère, un peu hésitante, un peu trop étouffante, mais secondée par un père irréprochable.
    Petit à petit, elle perdait son caractère de jeune fille pour devenir l’adulte qu’elle est encore aujourd’hui. Elle connut la crainte pour sa famille, la joie de voir son enfant marcher, la tristesse de savoir qu’il devrait partir un jour.
    L’expansivité de sa jeunesse fit place à une modération et une sobriété digne des Pélégon. Elle qui pensait ne jamais devenir comme sa mère se mit à lui ressembler de plus en plus, le cynisme en moins, la patience en plus.

    Sa fille, Valsalva, grandit paisiblement jusqu’à ses cinq ans. C’était une petite fille adorable, aux joues rondes et aux paroles balbutiantes. Aussi timide que sa mère avait été téméraire, elle aimait tout particulièrement dormir entre ses deux parents. Mais les épidémies hivernales n’épargnent aucune famille. Valsalva tomba malade et ses parents la regardèrent s’éteindre lentement. Comme la cire d’une bougie qui fond, elle s’amaigrit, ses joues se creusèrent. La toux apparut dans les derniers jours. Calathéa la veilla jour et nuit, tenant sa main brûlante au creux de sa paume, supportant la présence silencieuse et pesante de son mari, effondré sur une chaise. Joaquim arrêta de parler la deuxième semaine de la maladie. Quelque chose en lui se brisa en voyant son enfant dépérir. Jusqu’au bout, Théa espéra voir sa fille guérir, se lever et rire, illuminant la pièce de son sourire éclatant. Mais Valsalva la quitta, alors qu’elle s’était endormie, la tête à côté de son buste squelettique.

    La vie de Calathéa bascula. Elle qui n’avait que peu pleuré depuis son enfance fut incapable de s’arrêter pendant plusieurs semaines. Joaquim, lui, ne pleura pas. Jamais. Même à l’enterrement, alors que sa femme avait dû quitter la pièce en étouffant un cri de désespoir. Il avait l’air fort, il avait l’air froid. En réalité, il s’était effondré. A partir de cette période, ce ne fut plus le même homme. Son sourire, si doux, ne reparut jamais vraiment.
    Il leur fallut trois mois pour recommencer à se toucher, à se parler. Au début, il fut violent, comme s’il lui en voulait de ne pas avoir pu la sauver. Il se calma peu à peu, sombrant dans une dépression sans fond, vivotant à travers le brouillard de sa tristesse. En réponse, Calathéa se durcit. Il fallait bien que l’un d’entre eux reste fort. Elle se promit de ne jamais s’écrouler, et de ne plus jamais souffrir autant. Sourire en façade, elle se remit peu à peu avant de découvrir qu’elle était de nouveau enceinte. Ce fut une grande surprise. Joaquim et elle ne partageait plus le même lit depuis trois mois. Comment cette grossesse avait-elle pu passer inaperçue ? ! Pendant deux mois, elle crut revivre. Elle reporta tout son amour enfui sur cette petite chose qui grandissait en elle, reprit son travail, fit de nouveau attention à elle et à son futur enfant. Joaquim revint dormir près d’elle, une main posée sur son ventre. La fausse couche survint à six mois. Elle se réveilla au beau milieu d’un cauchemars particulièrement éprouvant, sentant confusément que quelque chose n’allait pas. Elle voulut se lever, sentit ses forces l’abandonner, retroussa le drap. Ses jambes ainsi que le matelas étaient maculés de sang. Incapable de faire quoique ce soit ou même de prononcer un seul mot, elle resta immobile, à demi assise, jusqu’à ce que son mari se réveille. Il comprit en un coup d’œil, l’attira à lui, la serra dans ses bras. Ils ne surent combien de temps ils restèrent ainsi, jusqu’à ce qu’il ne se décide à se lever pour aller chercher Sylvia. Ce fut la dernière fois qu’il l’effleura. Confusément, Calathéa était persuadée que l’enfant était morts parce que ses parents, dévastés, n’avaient pas su l’aimer. Intérieurement, elle se jura de ne plus jamais tomber enceinte. Elle avait laissé mourir ses deux enfants et ne se le pardonnerait jamais.

    La jeune femme déménagea quelque temps chez sa mère. Celle-ci la choya et, pendant un an, elle redevint une gamine, farouche, tyrannique, et quémandant sans cesse de l’amour.
    Mais sa mère était une femme réaliste et humaine. Elle lui laissa le temps, la soutint, la força à se lever chaque jour, entretint sa passion pour son métier, et lui réapprit à vivre. Mieux encore, elle lui réapprit à aimer ça.
    Il lui fallut deux ans pour se remettre. Avec le recul, Théa trouve que ce n’est pas si long que cela.
    Elle venait de passer la trentaine, elle était encore jeune. Toutefois, elle semblait avoir vieilli prématurément. La ride de soucis apparut sur son front ne la quitterait plus jamais. Etrangement, Calathéa l’aimait bien. Comme une cicatrice, elle marquait son corps et témoignait qu’elle s’en était sortie.

    Quinze ans plus tard, sa vie n’avait pas vraiment changé. Si elle vivait à nouveau avec son mari, ils ne réussirent jamais à retrouver la complicité qui les unissait. D’un accord tacite, ils n’essayèrent pas de faire un autre enfant. Calathéa se retrouva quelques amants pour la satisfaire. Lui, non. Elle avait parfois l’impression de devoir vivre pour deux et n’en souriait que plus souvent. Joaquim ne s’était pas relevé. Ses meubles, autrefois magnifiques de simplicité et de pureté, étaient devenus plus tortueux, plus travaillés. Si le style plaisait, la vue d’une de ces pièces faisait grossir la boule au ventre de la guérisseuse. Vivre avec lui, c’est comme vivre avec la représentation vivante de sa blessure. Elle fuyait donc sa maison autant que possible et soignait à l’extérieur. Un équilibre précaire s’était remis en place dans vie. Jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à ce que la vie de tous les Olarils ne bascule à nouveau.


  • Lors des Feux de la Gérax :
    Comme tout le monde, le déluge la surprit dans sa vie quotidienne. Elle était en train de s’occuper d’un enfant à qui elle venait d’enlever son attelle. Le père de celui-ci réagit promptement : le premier choc passé, il jucha son fils sur ses épaules et attrapa la main de la guérisseuse avant de s’enfuir en courant. Calathéa ne put sauver que ce qu’elle possédait sur elle : un peu de matériel et ses précieux schémas. Elle s’installa dans le campement de fortune et n’eut pas le temps de se rendre compte de l’ampleur de la catastrophe. Les blessés affluaient en masse et le travail était colossal. Cela l’épargna et empêcha le désespoir de la gagner. Ce n’est que plus tard qu’elle apprit que seule sa mère avait survécue. Son père avait perdu la vie, écrasé par un de ces arbres qu’il chérissait tant. De nombreux cousins étaient morts et elle vit leur corps passer devant ses yeux épuisés alors qu’elle faisait l’inventaire des blessés graves. Willis avait été écrasé par un pan de mur. Elle s’occupa de lui, heureuse de renouer avec cette enfance qui avait été si paisible en s’occupant du petit dernier de la famille. Il allait survivre mais ne retrouverait peut-être jamais l’usage de ses jambes. Son frère, Henlius, avait survécu. Cela faisait dix ans qu’ils n’avaient plus été en contact. Ils se serrèrent brièvement dans les bras, émus, puis elle retourna à sa tâche. Le troisième jour, elle reconnut Joaquim dans l’un des hommes qu’on apporta à un Prêtre-guérisseur qui s’acharnait à sauver les désespérés, à quelques mètres d’elle. Les yeux ouverts, hébété, il n'avait plus rien de l’homme d’une vingtaine d’années qui l’avait séduite autrefois. Il semblait avoir reçu un choc puissant à la tête et ne pas comprendre ce qui l’entourait. Il pouvait manger, respirer, mais son esprit était mort. Pour Calathéa, c'était comme si son âme s'était endormie. Peut-être reprendrait-il conscience de son état d’homme ? Peut-être n’allait-il jamais s’en remettre ? Comment savoir ? ! Elle n’avait pas le temps de le veiller et le confia à sa mère.
    Lors de l’enterrement, ses yeux secs ne versèrent que quelques larmes. Le poids de la douleur était si fort que, par réaction, elle n’en fut que plus active et plus souriante. Des sourires aux enfants soignés, des sourires à la mère soulagée, des sourires à l’homme inquiet de perdre un proche de plus, des sourires à l’adresse des défunts qu’elle n’avait pas pu sauver. Peu importait l’avenir, elle était prête à se battre pour s’en sortir et aider son peuple à se relever.



  • Pourquoi partez-vous vers la Gérax avec le Convoi ?
    [Pensées]
    Que faire ici ? Que me reste-t-il ? Une maison dévastée, un cœur en morceau et un mari qui ne s’éveillera peut-être jamais … Et là-bas … ? Peut-être le renouveau. Peut-être un futur. Au moins une aventure, une raison de se lever chaque matin. Et des malades. Mais pour cela, il faut que j’abandonne tous ceux qui sont ici.
    Tu m’as dit que tu restais, Maman. Que ta vie était finie et que t’occuper des blessés était la meilleure chose que tu puisses faire. Que tu veillerais sur lui aussi. Que s’il s’éveillait de sa torpeur, tu lui expliquerais mon départ.
    J’abandonne mon époux. Je suis un monstre. Mais j’ai besoin de vivre ! Ca fait des années qu’on ne s’est pas touchés, qu’on ne se parle plus, qu’on ne s’aime plus. L’ai-je un jour aimé ? Il m’a donné une fille. Je l’ai aimé en tant que père de mon enfant. Mais en tant qu’homme ?
    Alors qu’est-ce qui me retient ? La culpabilité. La honte.
    Je revois ton sourire, Maman, la compréhension dans tes yeux. Tu m’as dit que je DEVAIS partir. Qu’ils avaient besoin de moi et que j’avais la force de les suivre. Qu’il fallait que je vive, à tous prix !
    Mais toi, en te réveillant, me pardonneras-tu ? Et si tu ne te réveilles pas, en serais-je responsable ?
    Regarde au fond de toi, aurait dit ma grand-mère. Sois pragmatique, dirait mon père.
    Je serai plus utile avec ceux qui partent qu’avec ceux qui restent. Et … Et j’en ai envie. Non, besoin. Un nouveau départ, une nouvelle vie. Et la découverte du monde !
    J’irai.


Dernière édition par Calathéa Weïss le Jeu 22 Avr - 15:29, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: Calathéa Weïss   Mar 19 Jan - 23:50

Et bien tout ça me semble parfait.
C'est très agréable à lire, les lignes coulent toutes seules sous les yeux.
J'espère que tu te plairas parmi nous, parce que ta fiche est validée !

J'enchaine sur le bla bla habituel, n'hésite pas à aller voter sur les Top-Sites comme dirait Le Conteur, mais surtout, n'hésite pas à parler du forum autour de toi : le bouche à oreille reste la meilleure méthode pour faire vivre un forum Wink.

En tout cas, bienvenue parmi nous,
et à bientôt en rp.

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MessageSujet: Re: Calathéa Weïss   

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