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 Le chantage, une arme comme une autre

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Charis Sandragil
Ilédor
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.:: Le Carnet ::.
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MessageSujet: Le chantage, une arme comme une autre   Mer 3 Avr - 18:30

Éléni avait eu le message en main avant l’Al’Faret. Selon les dires de ses indics, le message était parti de Jarlès Karnimacii sur ordre de son père, était passé à Zuan Turcaban, puis à d’invisibles mais serviables maillons de la chaîne dissidente. Elle savait pertinemment que le rouleau en sa possession était de la première importance ; les dernières rumeurs impliquant la Dissidence dans l’enlèvement de Callixte Arlanii l’avait mise en fureur, et ce message expliquait sans doute mieux la sauce à laquelle les Conservateurs espéraient les manger. Éléni avait lancé les contre-attaques habituelles face au flot mensonger du Palais. Rumeurs inversées, potins inverses, histoires abracadabrantes pour noyer le poisson… elle estimait avoir réduit les dégâts dans la Ville Basse. Restait l’inconnue qu’elle tenait en main, et qu’elle allait porter à Elandor Arlanii sans tarder.

Elle avait retrouvé l’Al’Faret dans les méandres des ruelles d’Edor Adeï, puis l’avait suivi dans une planque proche des maisons de jeu, où il avait ouvert la missive, qui était bel et bien de la main de l’Aîné. Les mots étaient simples, directs, terrifiants.

Ta Tête contre celle du Prince

Éléni avait vu la rage passer dans les yeux d’Elandor Arlanii. Elle l’avait vu serrer les poings à s’en faire blanchir les jointures, et soudainement, elle avait respiré plus librement. À cet instant précis, elle réalisa qu’elle avait eu peur, peur qu’Elandor Arlanii n’accorde pas plus d’attention à Callixte Arlanii qu’à une paire de chausses. Éleni avait joué avec le Petit Prince, elle avait même gagné son amitié. De tout son traître cœur d’informatrice mettant à profit chaque bribe de savoir arraché au gamin, elle s’était attachée à l’enfant et à son innocence. Et elle avait eu peur d’avoir davantage d’affection pour Callixte que son propre père. Elle avait toujours refusé d’y penser ; cadenassant ses pensées sous un couvert de loyauté. Mais aujourd’hui, elle savait. Et… elle était rassurée. D’une voix tremblante, elle avait alors demandé s’il avait besoin de temps pour réfléchir, ou s’il voulait qu’elle prenne les dispositions nécessaires pour mettre les hommes d’action de la Dissidence sur l’affaire.

Mais Elandor Arlanii avait répondu de but en blanc qu’ils répondaient à ce message dans l’heure. Et là, Éléni avait compris qu’il n’était plus question de louvoyer et que, Dissidence ou pas, Elandor Arlanii allait récupérer son fils. Rassurée jusqu’au plus profond de son être, Éléni avait écrit la réponse pour l’Aîné – Cyrillis Jaktarii – peu importait leur nom.

Pour la première fois depuis sa création, la Dissidence allait exposer son chef. Et Éléni savait qu’il était parfaitement inutile de tenter de dissuader l’Al’Faret. Sa décision était prise, et il comptait sur elle pour l’aider à mettre en place un plan viable. Il ne lui restait plus qu’à réfléchir vite et bien si elle voulait être d’une quelconque aide. C’était précisément en réfléchissant qu’elle avait compris à quel point elle était dans l’erreur. La communication non-verbale, c’était précisément son domaine. Pour une des premières fois de sa vie, Éléni réalisa qu’Elandor Arlanii était faillible. Et qu’il voulait peut-être récupérer son fils, mais que ce n’était absolument pas le moteur de son action. Il suffisait de lire la soif de vengeance dans les yeux de l’Al’Faret pour le comprendre. Un lourd fardeau se déposa sur les épaules de la jeune informatrice, jusqu’à ce qu’un autre élément n’accapare son attention.

Oui, parce qu’Elandor avait été très clair sur un point. Il était hors de question qu’Éléni fasse partie de l’équipe qui allait l’accompagner au rendez-vous fixé par les Conservateurs. Les Karnimacii étaient impliqués, ce qui rendait une potentielle capture d’Éléni plus dangereuse que jamais. Elle aurait voulu avoir le courage de contester sa décision, mais à la vérité, elle était encore trop effrayée par l’aura des Karnimacii et de ce qu’ils auraient pu lui faire pour vraiment insister. Elle avait protesté pour la forme, sans y mettre trop de cœur. Le chef de la Dissidence avait doucement tapoté sa tête pour mettre fin à la discussion, comme il l’aurait fait envers un enfant. Un poignard supplémentaire dans le cœur meurtri de celle qu’il considérerait à jamais comme une gamine.

Ils avaient tout mis en place. Ils avaient le choix du terrain, puisque les Conservateurs leur avaient laissé le soin d’en décider. L’embuscade était donc possible, et c’était la chose la plus sensée à faire. Toutefois, il était évident qu’aucune partie ne jouerait dans les règles, et c’était précisément là que le jeu se corsait : il fallait prévenir les coups à venir, et arriver avec plusieurs mouvements d’avance. Les Dissidents savaient anticiper. Ils l’avaient brillamment prouvé face à la Révolution. Mais cette fois, ils faisaient face à Riarg Karnimacii…

Elandor Arlanii allait parvenir au lieu de rendez-vous, se dévoiler. Il attendrait d’avoir la preuve que le prince est vivant et en bonne santé, puis il donnerait un signal. Alors, les Dissidents cachés sur les toits – Silhouette, Agonie et Griffe seraient parfaits dans le rôle, frappant vite et bien – pourraient fondre sur l’ennemi. Ils ne seraient pas seuls, bien entendu : des archers sur les toits pourraient parer à toute éventualité – Glaive, sans doute. Un Dissident récupérait le Petit Prince, et, en utilisant un chemin soigneusement défini à l’avance optimisant les chances de fuite sans dommage, mettait l’enfant hors de portée. L’Al’Faret réglait ses comptes avec l’interlocuteur Conservateur, en espérant qu’il s’agisse de l’Aîné en personne – peu probable. Enfin, si tout fonctionnait comme prévu, bien entendu.

Et voilà comment, alors que l’heure du rendez-vous approchait, Éléni en était réduite à se ronger les sangs. Elle savait que le monde où leurs plans fonctionnaient à la perfection n’existait pas. Et qu’il n’y avait qu’un mince espoir que tout aille comme prévu.

Elle irait chez Sieben Raetan, ce soir. Juste pour ne pas être seule.

Et attendre.

Plus que quelques heures.
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