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 Passées les larmes

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Damian Olynn
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MessageSujet: Passées les larmes   Jeu 7 Mar - 19:36

Suite de L'envol
PV Bellone


L’Aube se glissait, silencieuse, entre les piliers pour venir enflammer la pierre. Une lumière jaune et chaude, qui tirerait ensuite vers un blanc éclatant, et qui donnait à ce gris, froid et usuel, un charme nouveau. Elle ripait ensuite sur les mécanismes, sur du métal qui la reflétait et mouchetait de petites lueurs fugaces rideaux et étagères. Les machines s’animaient donc, avant les habitants, gourmandes de ces changements, de la quiétude de ce matin. Un matin qui n’était pas celui de la guerre, mais de la paix. Du moins tout ici pouvait-il entretenir à ce sujet l’illusion.

Une odeur s’insinuait dans la froideur de ce matin. Une odeur d’épices et de miel. Gâteaux et petits pains, pour preuve que tout ce qui vivait n’était pas immobile, que la lumière n’était pas encore l’apanage des objets.

On ne frappa pas à la porte de l’atelier, on l’ouvrit. Comme d’habitude.

La petite brune qui se glissa dans l’entrebâillement, les bras chargés d’un plateau joliment dressé, était un peu en terrain conquis, ici. Petite domestique ici, au palais, elle était l’une des rares à monter très régulièrement auprès de l’inventeur. Elle lui apportait des repas lorsqu’elle savait qu’il était là, s’assurait qu’il s’alimente au cours de ses longues séances de travail. Peut-être au fond appréciait-elle cet homme simple, bien que les mots qu’ils s’échangent soient laconiques et limités. Elle ne le connaissait pas, et lui ne connaissait peut-être pas même son nom, mais il était gentil avec elle. Il avait l’air doux.
Elle fit quelques pas dans l’atelier vide, ce qui était normal à cette heure-ci, et alla poser sur son bureau le plateau. Hasardant un regard alentour, elle passa une main dans ses boucles brunes, qui toujours se rebellaient et lui valaient des réprimandes, ajusta son tablier et arrangea un peu mieux encore les éléments du plateau. Elle voulait que ce soit propre, et agréable. Peut-être qu’à force il se rendrait compte qu’elle faisait des efforts tous particuliers.

« Bonjour. »

Elle sursauta et se retourna, directement, en direction du rideau qui séparait l’atelier de la partie qui tenait lieu d’habitation à Monsieur Olynn. Il se tenait là, la main encore sur le rideau qu’il écartait. Il avait l’air un peu froissé d’un homme au saut du lit, vêtu d’une simple chemise écrue et de chausses souples. Il avait parlé à voix basse et avant qu’elle n’ait eu le temps de lui renvoyer son salut, posa sur ses lèvres un doigt invitant au silence. Étrange.
Elle hocha la tête et sourit néanmoins, le saluant d’une modeste révérence avant de s’apprêter à partir. Quelque chose était inhabituel, et lui ôtait toute envie de s’éterniser. Il s’approcha d’elle et une fois plus près ajouta : « Merci pour tout ceci. Serait-il possible que quelqu’un vienne, dans une heure, préparer dans mes bains un peu d’eau chaude ? » Il hésita, puis se reprit. « Si possible vous. J’ai de la visite, et souhaiterais que celle-ci ne s’ébruite pas. Je vous fais confiance. » Ah, c’était donc ceci. Un poids tomba au fond de son ventre. Son sourire s’effaça, mais revint néanmoins, plus poli que sincère. Bien sur, elle serait discrète s’il le lui demandait. Elle hocha vivement la tête, sans dire un mot, lui rendit maladroitement son sourire et s’en fut vers la porte.

Partie la petite domestique qui prenait si bien soin de lui, Damian fit deux pas en direction de sa vaste terrasse et s’étira son regard vissé sur un horizon lointain… volontairement. Il laissa un soupir lui échapper, tandis que du plat de ses mains il appuyait sur le bas de son dos, douloureux. Il avait en effet dormi dans l’un des fauteuils de son petit salon, et quoi qu’il ne soit pas encore décrépit par la vieillesse, devait bien admettre que cela se faisait assez mal à une activité aussi physique que la sienne. Un nouveau regard sur le plateau, et l’appétit lui vint aussitôt. Du bout des doigts il réalisa que c’était encore chaud. Frais. Combien étaient-ils ici à avoir ce privilège, chaque matin ? Il faudrait, un jour, qu’il ait pour cette jeune femme un égard particulier, pour la remercier. D’une façon ou d’une autre.

Se détachant de tout cela, il frotta légèrement son visage et regagna ses appartements. Confiné, le petit salon le replongea aussitôt dans un état un peu comateux. Il ouvrit en grand le lourd rideau qui le séparait de l’atelier, quant à lui grand ouvert, pour l’aérer un peu, puis passa dans la chambre.

Sur la pointe des pieds, il s’arrêta dans l’encadrement et l’observa. Ses cheveux roux couvraient les oreillers dans un joyeux désordre, le drap sur ses épaules soulevé au rythme tranquille de sa respiration. Sa chemise laissant apparaître un peu de la peau de sa nuque, écartée par un sommeil qui n’avait pas été tout à fait serein. Elle avait l’air paisible, à présent, tranchant de façon si radicale avec son état de la veille.

Bellone Lastareth était arrivée ici même, tard dans la nuit, conduite par l’Inventeur. Elle avait alors au bord des lèvres le flot de sa détresse, et nouée dans sa gorge la douleur de la trahison. Il avait accueilli ses dernières larmes, la serrant contre lui dans ce lit même, sans chercher à lui poser de questions, parvenant, à force de caresses, à lui faire gagner un sommeil essentiel. Celui-ci était venu tardivement, ce qui expliquait ce sommeil de plomb, mais il avait finalement vaincu son agitation, et laissé à ce cœur brisé l’occasion de se reposer un peu.

Un homme l’avait brisée. Il s’était joué de son amour, et l’avait brisée.

À présent qu’elle était dans son atelier, il lui revenait tacitement de la réparer.

Il s’était ensuite retiré, une fois sur qu’elle dormait d’un sommeil sans encombre, et installé dans son fauteuil.

Un sourire passa sur ses lèvres, et il s’approcha doucement du lit. Se retenant de glisser dans cette chevelure, véritable appel pour ses doigts, une caresse qui l’eut éveillée, il s’assura d’un regard qu’elle dormait toujours et passa dans la pièce suivante, la salle des bains. Tout comme le salon, la chambre ne disposait pas de fenêtre, aussi ouvrit-il celle de cette salle suivante en grand pour permettre à de l’air frais de gagner l’atmosphère confinée dans laquelle la Générale reposait. Il revint ensuite sur ses pas, sans s’arrêter cette fois, et les portes ouvertes de toute part laissant l’air circuler, l’Aube parvenant même à se glisser en partie sur le lit, quoi que loin du visage de la Générale. Il regagna ainsi son atelier, et alluma le petit brasero qui lui servait à fondre certaines pièces. Une fois les braises vives, il y déposa un petit récipient en fonte dans lequel il versa le lait qui accompagnait les petits pains frais. Celui-ci chauffa rapidement. Il y ajouta un peu de miel, et, le versant dans deux tasses qu’il avait dans son salon.

C’est ainsi chargé du plateau, augmenté de ces boissons chaudes, qu’il pénétra à nouveau dans la chambre. Déposant à même le sol le plateau, en toute délicatesse, il mit genou à terre et écarta du dos de la main les mèches de cheveux qui recouvraient à moitié le visage de Bellone.
Sa main ne s’arrêta pas là, quoi qu’elle ne fut pas tout à fait aussi aventureuse que le regard de Damian, qui sans qu’il ne s’en rendre trop compte glissa sans mal sur la peau, à l’aspect si doux, de la jeune femme. Au fil des fossettes de son cou, de son épaule, il l’aurait parcouru jusqu’au fond des draps. Il n’en fit rien. Il alla, même, jusqu’à remonter un peu le drap sur cette épaule nue, pour la protéger du courant d’air, et peut-être aussi pour retrouver sa concentration.
Ses caresses se poursuivirent, légères, le long de sa mâchoire et sur ses tempes, jusqu’à ce qu’enfin ces yeux bruns et ensommeillés ne s’ouvrent à lui.

« Bonjour. »

Elle était la seconde femme à qui il disait cela aujourd’hui.
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Bellone Lastareth
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MessageSujet: Re: Passées les larmes   Dim 10 Mar - 20:44

Doucement, la lumière se fit plus vive, s’infiltrant progressivement derrière ses paupières closes tandis qu’elle envahissait progressivement la chambre, suivant les déplacements de l’Inventeur. Du sommeil profond dans lequel elle se trouvait, Bellone émergea lentement, percevant le changement d’atmosphère de la pièce et les légers bruits produits par Damian circulant dans ses appartements. A cela s’ajouta bientôt une odeur de lait et de pains chauds qui vint lui chatouiller les narines, s’immisçant dans son inconscient sans pour autant la tirer de son demi-sommeil, la laissant profiter des dernières bribes d’un repos qui la fuyait peu à peu.
Pourtant, malgré la torpeur dans laquelle elle se trouvait encore, le contact des doigts de Damian sur sa joue ne la prit pas par surprise. Un sixième sens qu’elle possédait depuis ses années d’Aspirante lui avait appris sa présence dans la pièce, un sixième sens indispensable si l’on voulait ne pas subir des réveils renversant. La caresse qu’il déposa du bout des doigts sur sa joue acheva de la réveiller totalement et elle ouvrit les yeux sur le visage de l’Inventeur.

Ils n’étaient arrivés que tard dans la nuit, et Bellone avait encore mis du temps avant de pouvoir s’endormir tandis qu’il s’évertuait à sécher ses dernières larmes. Son dernier souvenir était l’image rassurante des bras de l’Inventeur qui l’entouraient et la berçaient doucement jusqu’à ce qu’elle s’endorme. Un sentiment de culpabilité l’avait étreinte pendant un instant, aussitôt étouffé par une phrase d’Elenor qui lui revint à l’esprit. Sa règle en ce qui concernait les hommes, celle qui plus d’une fois les avait faites hurler toutes les deux. Malgré la colère qu’elle ressentait envers Elenor, Bellone ne pouvait pas la laisser obscurcir toutes les années d’amitié qu’elles avaient partagées ensembles… Pour le moment la colère restait la plus forte, mais ce souvenir au moins eut un effet apaisant sur sa conscience, et elle put fermer les yeux et s’endormir dans le lit d’un autre homme.
Si Elandor restait encore présent dans son esprit, elle ne devait plus ressentir le moindre sentiment de devoir ou de fidélité envers lui. Il était celui qui l’avait trahie, meurtrie au plus profond de son cœur, elle ne lui devait plus rien. Et surtout pas de la culpabilité.

L’asile offert par Damian lui avait permis de se reposer et de se ressourcer en toute quiétude. Et maintenant que le jour s’était levé, elle savait que ce temps était compté. Bientôt, il lui faudrait repartir assurer ses fonctions. Bientôt… mais pas tout de suite.
La douceur que l’Inventeur lui avait montrée depuis qu’elle l’avait rejoint sur les remparts sonnait encore dans sa voix lorsqu’il lui souhaita le bonjour. Elle lui répondit d’une voix encore ensommeillée qui le fit sourire. Il lui proposa alors le petit déjeuner qu’il avait rapporté, et pendant qu’il le disposait sur le lit, elle en profita pour rajuster sa chemise avec laquelle elle avait passé la nuit. Elle n’avait pas très faim, mais elle mangea quand même ce que Damian lui offrit, elle savait qu’elle en avait besoin.

« Damian… » Brisant le silence qui s’était installé entre eux pendant qu’ils mangeaient, Bellone butait sur ses mots. Elle prit la main de l’Inventeur et la serra légèrement. « Je… pour tout ce que vous avez fait pour moi cette nuit, je… merci. »
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Damian Olynn
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MessageSujet: Re: Passées les larmes   Jeu 9 Mai - 11:54

Il n'avait plus rien dit après l'avoir saluée, choisissant plutôt de la laisser émerger tranquillement d'un sommeil qu'il espérait réparateur. Il s'était assis au bord du lit, buvant plus volontiers le lait chaud qu'il ne mangeait, quoi qu'il s'y força en espérant qu'elle fasse de même. Il l'épiait discrètement, son visage, ses expressions... Il cherchait à déceler la peine ou la douleur, mais fut soulagé de la trouver simplement pensive. Du moins en apparence, mais elle avait suffisamment laissé tomber son masque la veille pour qu'il y croit un peu.

Sa main sur la sienne le surpris, et par réflexe il serra ses doigts, un sourire affleurant à ses lèvres. Il ne sut alors que lui répondre. Sans avoir pris de plaisir à la voir dans cet état, il avait été heureux de pouvoir l'aider un peu, mais fut aussitôt piqué par la culpabilité d'avoir ainsi l'impression de profiter d'elle. Pour autant, si cela avait pu l'aider un peu... Il fouilla alors son regard et haussa simplement les épaules. « Je vous en prie, Bellone. C'est ce que font les amis. » Bon, les amis n'étaient pas toujours là au réveil, ni n'étaient si caressants, peut-être. Mais il n'avait jamais été si bon ami, jamais assez pour être sur de lui sur ce point.

Il éleva alors sa main et déposa sur le dos de celle-ci un léger baiser, avant de la lui rendre. Une nouvelle gorgée de la boisson chaude, le soleil gagnant peu à peu sur le lit, et il lui demanda calmement : « Vous sentez-vous un peu mieux ? » Sa voix était calme, presque un murmure pour ne pas rompre cette paisible matinée. Pour ne pas qu'elle se sente, trop vite, le devoir de partir affronter le jour. Le Siège poursuivrait aujourd'hui son cours, et le Conseil son œuvre. La Générale pouvait bien s'accorder, au creux de cette guerre, quelques heures de paix.

On viendrait, par une porte de service située dans la pièce attenante, bientôt remplir d'eau chaude les bains de l'Inventeur, l'air déjà frais et pur dans cet espace aéré. Il espérait cela réconfortant, revigorant. Il l'espérait en partie consolée, son cœur plus vif. Damian savait que la douleur pouvait parfois surgir et saisir la chair sans que l'on y soit préparé, au cœur de la nuit. Mais c'était là une plaie qui ne pouvait cicatriser que seule, une plaie avec laquelle il était possible de vivre et d'avancer malgré tout. Puis elle se refermait le moment venu et la vie, si Therdone leur en donnait la volonté, reprenait son cours. Il souhaitait à Bellone d'en trouver rapidement la force, d'être plus vite debout, plus vite capable de faire front, et comme il le lui avait dit il se sentait les épaules de l'y aider. A présent qu'était passé ce moment de détresse qui l'avait jetée dans ses bras la veille au soir, pour y étancher ses larmes, il ignorait ce que la Générale attendrait de lui, mais il était un homme de parole.

Du moins espérait-il pouvoir s'en targuer davantage que le lâche qui l'avait brisée.

Songeur, il abaissa la tasse à présent vide, puis reposa sur elle un regard tranquille, assorti d'un infime soupir. Elle était chiffonnée, froissée par un sommeil sans doute trop court, mais elle lui sembla néanmoins jolie, ainsi vulnérable. Il lui sourit sans un mot, se contentant alors de l'observer calmement.

    HJ - un peu court, et tardif, mais c'est duuuur de s'y remettre !
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Bellone Lastareth
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MessageSujet: Re: Passées les larmes   Lun 17 Juin - 19:36

Ce que faisaient les amis… Une ombre passa sur son visage tandis qu’elle repensait à ce que ses amis avaient fait pour elle. L’un l’avait blessée, et trahie, comme personne n’avait jamais réussi à le faire avant. L’autre… elle ne voulait pas penser à Elenor pour l’instant. A vrai dire, Bellone était incapable de définir ses sentiments à son égard. Tantôt elle la haïssait au point de lui en vouloir à mort, tantôt elle ressentait de la pitié pour celle qui ne devait sans doute pas avoir eu le choix et se trouvait alors toute prête à lui pardonner.
Les paroles de Damian lui avaient rappelé cette douloureuse indécision de son cœur oscillant entre ces deux émotions contraires, incapable de faire son choix. Mais par égard pour Damian, par égard pour l’amitié qu’il lui avait offerte, elle fit un effort sur elle pour chasser Elenor de ses pensées. L’ombre s’effaça peu à peu de ses traits, et elle fut capable de répondre à l’Inventeur d’un ton qui ne trahit en rien l’agitation intérieure qu’elle venait de ressentir. « Oui, je me sens mieux. Je crois que le pire est passé… » Désormais, seule sa Volonté pourrait l’aider à guérir. Et si hier elle doutait d’avoir le nécessaire, aujourd’hui, elle était certaine de pouvoir se relever.

Un silence dénué de toute gêne s’installa entre eux, un silence pendant lequel ils se restaurèrent du plateau apporté par Damian. Elle ne ressentait pas le besoin de parler, elle ne voulait que prolonger un peu plus l’instant présent, avant de devoir retourner à ses fonctions. Un bruit d’eau dans la salle voisine lui fit dresser l’oreille et le regard d’envie qu’elle jeta à l’Inventeur fut récompensé par hochement de tête. Alors, tout en le remerciant, elle lui adressa un sourire et laissant là le petit-déjeuner, Bellone disparut dans la salle voisine.
Une grande vasque remplie d’une eau fumante l’attendait là, l’invitant irrésistiblement à s’y plonger. Le temps d’ôter ses vêtements et Bellone s’abandonna avec délice à la caresse de l’eau. La chaleur lui rougit presque instantanément la peau, et elle laissa échapper un soupir de contentement. Un long moment passa avant qu’elle ne songe à quitter le bassin, l’eau était devenue juste tiède. Pourtant, ce moment lui avait été profitable car lorsqu’elle en sortit enfin, sa peine semblait s’être diluée dans l’eau tandis qu’elle s’y reposait.
Des serviettes l’attendaient et elle se sécha rapidement, se rhabillant avec les mêmes vêtements qu’elle avait portés la veille. Tout en séchant ses cheveux qui bouclaient résolument avec l’humidité, Bellone repassa dans la chambre de l’Inventeur, sans l’y trouver.

Avançant sans bruit, elle écarta doucement le rideau pour découvrir Damian, penché sur son bureau. Absorbé par les parchemins étalés devant lui, il ne l’avait pas remarquée et elle resta un petit moment à l’observer avant de manifester sa présence. Son métier avait rendu sa carrure impressionnante, mais pourtant, ce n’était pas cela qui frappait en premier. Il s’agissait plutôt de l’incroyable douceur qui se dégageait de ses traits et de tout son être, une douceur qui l’avait soulagée de ses maux la nuit précédente.
Bellone quitta l’embrasure de la porte qui la dissimulait et s’avança dans la pièce, révélant ainsi sa présence. « Je crains de ne vous avoir laissé que de l’eau froide… » Elle ressentit un certain remord et lui offrit un léger sourire d’excuse pour se faire pardonner son crime…
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