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 Une histoire de demoiselle en détresse...

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Télanis Ptolia
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MessageSujet: Une histoire de demoiselle en détresse...   Mer 1 Fév - 18:27

Elle marchait dans ce qui était une ruelle sombre. Elle avait quitté peu avant une auberge à la chaleur moite mêlée aux relents d’alcool. Elle commençait toujours à savourer son temps libre ainsi, en buvant quelques choppes. Télanis avait toujours résisté aux vapeurs de l’alcool de manière étonnante pour une femme. La dose qu’elle en avait dans le sang aurait terrassé n’importe quel humain de faible constitution. Pas elle. Elle avançait droit, sans tituber, l’œil vif et le cerveau en ébullition. Il n’y avait que son haleine pour rappeler qu’elle avait bu, plus tard ce serait sa sueur qui aurait un goût de bière. Elle était vêtue de son armure légère. A sa ceinture pendaient sa main gauche et ses dagues. Elle les portait en évidence, sa cape en arrière sur ses épaules dansait dans son sillage. Elle affichait clairement sa force, dans ce genre de rue il vaut mieux dissuader ceux qui en auraient envie. La répression subie par la ville et le siège agitaient les bas-fonds de manière houleuse. La pègre était en effervescence.

Elle cru un instant qu’elle avait trop bu quand elle aperçu une silhouette encapuchonnée et discrète qui se faufilait pressée sur le pavé, se protégeant de l’ombre. Elle la suivit rapidement pour s’assurer de ce qu'elle pensait une conséquence de l'alcool. Puis elle en fut certaine quand elle sentit la fragrance de son parfum. Qu’est-ce que son employeuse pouvait bien faire ici et seule ? Ce n’était assurément pas une place pour une femme telle que Vanhilde Tehanii. Lorsqu’elle comprit quel genre de marchand elle allait voir elle fut saisie d’un étonnement plus vif encore. Enfin quelque chose d’intéressant jubila son cerveau enivré par les vapeurs d’alcool. Elle la regarda partir et reprendre sa route. Elle fut prise d’un drôle de sentiment pour sa silhouette encapuchonnée qu’elle continua à suivre, un genre de pitié. La noble dut s’arrêter face à une bande armée de coutelas ou épées courtes qui lui firent face en ricanant. La guerrière se stoppa mue par une décharge d’adrénaline et observa son propre dos pour s’assurer de sa sécurité. Son employeuse eut à peine le temps de penser à une retraite que deux individus sortirent de l’ombre de la rue derrière elle pour venir l’apostropher.


« Regard' c'que nous avons là, l'sot. N’est-ce pas une charmante oiselle ? »
La capuche est agrippée et retirée avec violence. Télanis quant à elle était entrain de se fondre à l’ombre et d’approcher avec lenteur. Il restait un passage à découvert trop long jusqu’à elle. Si elle intervenait, ils risquaient de la tuer. Et la peur ne marcherait plus maintenant qu’ils ont vu son visage. « R'garde-moi c'te peau si blanche. On n'voudrait pas la salir'… n’est-ce pas ? Alors tu vas t'déshabiller et tout poser devant toi ma belle. Ou bien j'demande au sot d'le faire… » Télanis fut tentée de les laisser faire, mue par une envie gourmande d’observer son employeuse nue. Mais elle revint bien vite à la raison, chassant cette idée saugrenue, ce n’était vraiment pas une bonne idée et ces brigands ne resteront pas de marbre devant le plaisir de maltraiter une noble. Elle sortit deux dagues, les soupesa. La bande hurlait et sifflait pour encourager la femme à ôter ses vêtements. Non, parlementer sans heurt ne serait pas possible, Vanhilde était un poisson trop gros, le genre dont les mouettes se battent pour l’avoir le déchiquetant au passage.

La lame vola avec un son de tournoiement mat et atteint le leader qui parlait jusque là en pleine gorge. Elle n’avait pas cillé ou imaginé se tromper de cible. Elle n’avait pas pensé à son employeuse qui se trouvait à une trentaine de centimètre. Ni que le sang éclabousserait son visage blafard à peine éclairé par la lune et les lumières blêmes de la nuit. Elle ne doutait pas de son bras, Therdone y veillait, Loué soit-il. Une seconde dague vint se ficher dans la poitrine du sous-fifre qui regardait son chef avec de grands yeux étonnés. Ils s’effondrèrent en gargouillant. Et Télanis bondit en hurlant, sa longue épée en main.


« Par Edor bande de pouilleux j’vais vous éviscérer ! »

Sa voix tonna, fort, une voix que seule la rage de vaincre lui donne. Une rage qui transforme sa voix rocailleuse en quelque chose de plus grave et plus violent. La bande recula un rien, cela lui permit de se jeter devant son employeuse qui devait être tout aussi surprise qu’eux de la voir là. Sa longue tresse dansait dans son sillage. Elle calcula. Il y en a onze. S’ils viennent tous en même temps je ne pourrais pas les vaincre sans dégâts. Je ne dois pas les attendre, je la mets en danger. Je dois les pousser plus loin. Son cerveau lui semble fulminer alors qu’elle envisageait toutes les possibilités. Et de réfléchir vaguement sur la manière, eux auraient tué son employeuse après en avoir abusé, mais elle ? Aux yeux de Vanhilde, avait-elle le droit de tuer impunément ? Avec un grognement mécontent, elle souffla : « Puisse-t-Il me pardonner. » C’était un rite. Avant chaque combat. Elle demandait pardon à la vie pour honorer la mort. Demander pardon au Créateur pour faire appelle au Destructeur, changer de facette, muer avec sa bénédiction. Elle s’élança en hurlant. Le cri n’avait que pour but d’effrayer les plus couards. Elle fondit sur la masse groupée, et pendant un instant il y eut une sorte d’incertitude, quelques uns avancèrent. Il y eut un téméraire pour courir vers elle. Sans doute un second qui projetait de prendre le pouvoir avec un combat victorieux contre elle. Télanis tournoya pour éviter sa lame qui ne coupa que le vent et continua sa course alors qu’une tête esseulée roulait sur les pavés boueux. L’impacte fut violent, des cris s’élevèrent, la masse se referma dans un bruit d’épée fracassant. Elle visait les jambes de préférence, tentant d’éviter d’être noyée par la masse.

Elle remarqua un mouvement périphérique, l'un d'entre eux s’était écarté pour courir vers Vanhilde. Au prix d’un effort conséquent, elle repoussa sa masse d’adversaires pour lancer une autre dague. L’homme tomba face contre sol, l’arme encore vibrante fichée dans le dos, à deux pas de la noble. Elle frappa, frappa vite et fort avec hargne. Puis partit dès que cela s’avéra possible en courant. Récupéra la dague plantée dans l’étendu et rattrapa Vanhilde qu’elle prit à bras le corps sans s'arrêter, la posant sur son épaule. La guerrière fila avec son paquet à toute allure. Le groupe blessé et surpris par la rapidité de cet assaut mis un moment à se réorganiser. Télanis comptait sur cet effet là. Le genre de combat qu’elle avait si souvent fait en embuscade. Frapper, fort, vite et disparaître.

Elle ne se préoccupait pas de savoir s’il était bien vu de transporter une noble ainsi. Elle la maintenait contre elle de ses bras puissant, sa musculature habituée à porter une armure bien plus lourde ne souffraient pas de ce poids. C’était simplement un déséquilibre à prendre en considération. Elle était un fauve, de ceux dont la musculature nerveuse roule sous la peau avec puissance. Elle bondissait aussi vite que possible pour égarer ses poursuivants. Son souffle se fit rapidement plus rauque. Elle bifurquât soudain dans une impasse étroite et s’accroupit derrière un tas de barriques suintantes, posant son fardeau au sol, appuyée contre une caisse.
Elle lui dit, cherchant encore son souffle.

« Dame, par Therdone, quelle folie … vous a pris de venir… ici sans protection ! … s’avez de la chance… que je passe… pas loin… et que je vous.. aies reconnu… cht.. parlez bas. Ils vont nous chercher. … Il faudra se sortir de ce guêpier avec prudence. On va attendre ici un moment... »

Elle parlait vite, très bas, ne lâchant pas les épaules qu’elle tenait entre ses mains. Son visage se radoucit, la rage du combat s'estompait. Elle essuya d’une main le sang qui maculait la joue et le visage de la noble, avec une douceur insoupçonnée. Son visage devint plus doux encore lorsqu’elle demanda : « Ca ira, dame ? Vous n’êtes pas blessée ? »
Elle ne se recula pas, restant au dessus d'elle pour la protéger. Il fallait prendre un bref répit et il faudrait repartir. Attendre ce qu'il fallait et prier. Elle se permit enfin de plonger les yeux dans les siens, il lui semblait important d'essayer de comprendre ce que la noble pouvait ressentir.
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Vanhilde Tehanii
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MessageSujet: Re: Une histoire de demoiselle en détresse...   Sam 4 Fév - 20:24

Cela faisait trois jours que Roldan refusait de s’alimenter. Avant cette période, Lothar avait dû faire intervenir un de ses proches afin qu’il ne soit pas emprisonné pour avoir été à l’origine d’une bagarre dans un Salon Fumoir des quartiers Bourgeois, dans l’une des habitations où, elle le savait, son fils avait ses habitudes. Il était impensable de retrouver son enfant dans les bras de femmes aux mœurs négligées et abjectes ; et sans l’intervention des amis de la famille, il aurait été enfermé durant un mois. Quelle honte pour leur nom...

Mais l’adolescent s’était enfermé et refusait l’accès à sa chambre à quiconque. A force de persuasion, et en s’obligeant à fermer les yeux sur ce désastreux incident, Vanhilde avait réussit à le faire ouvrir. Son fils était cerné, pâle et morne. Il ne parlait pas correctement, elle eut beaucoup de mal à le comprendre, et il semblait nerveux. Lorsqu’il butait sur un mot, Roldan entrait dans une colère sombre et aurait été capable de se faire du mal ; Vanhilde chercha à le calmer, mais rien n’y faisait. Elle savait ce qu’il lui manquait pour faire disparaître cet état.

Hélas... Lothar avait entreprit de clarifier la situation avec son fils, et avait été très ferme. Il devait cesser ses écarts, coûte que coûte, et quels qu’en soient le prix ou les sacrifices. Si l’ivresse et la consommation de drogues étaient finalement un signe de richesse, la dépendance de Roldan devenait problématique, car elle entraînait des rumeurs et des incidents qui entachaient leur Nom. Aussi, tout ceci devait cesser sur le champ.

Peut-on cependant refuser à son fils le bien être lorsque l’on est une mère aimante, et ce, malgré le déchirement que cela entraîne ? Elle savait que son enfant se détruisait, mais ne pouvait supporter de le voir dans cet état, affamé et au bord de l’explosion... Elle se retira dans sa chambre, sentant ses nerfs incapables de cacher plus encore son dilemme, et en ressortit, bien décidée à désobéir aux ordres de son mari.

Vêtue d’un manteau sombre, la Conseillère sortit par une porte dérobée qu’utilisaient les domestiques, n’alertant personne, et ne demandant aucune garde. Depuis l’intrusion des Révolutionnaires dans le Palais, et la tentative d’Assassinat sur Lis Diantha, le Conseil avait ordonné une répression lourde et une présence accrue de l’Armée dans les rues ; aussi ne fut-elle pas inquiétée. Aveuglée par le seul objectif de venir en aide à son fils, elle s’éloigna et menaça le cocher qui la conduisit jusqu’aux quartiers commerçants.
Il faisait nuit noire quand elle posa le pied sur les pavés des ruelles sombres et mal famées. Elle savait pourtant où aller...

Ce n’était pas la première fois qu’elle se rendait ici, dans le même but. Sa capuche tombant sur le haut de son visage, elle se présenta à l’échoppe ambulante, et couvrit de son col son menton blanc. L’échange fut rapide, l’homme s’éloigna dès la transaction achevée, et Vanhilde fit demi-tour pour regagner le point de rendez-vous pris avec sa voiture.
Tout alla ensuite très vite. Beaucoup trop vite pour qu’elle ne puisse refaire dans sa mémoire le chemin que prirent les événements. Elle avait à peine eut la stupeur de se retrouver nez à nez avec cette bande de voyous, qu’elle était déjà transportée dans les bras de l’une de ses Gardes personnelles.

La Conseillère n’eut pas le temps de se poser d’autres questions, sur sa présence en ces lieux bas, ou son habileté étonnante. Cachées qu’elles étaient, Vanhilde avait le temps de reprendre ses esprits. L’ensemble des manquements de cette femme vis à vis de la bienséance que l’on se doit de respecter en présence de sa Maîtresse lui venait en tête ; C’était inadmissible d’agir ainsi, et d’oser lui parler sur ce ton. La Morte cependant reprit contenance, son visage retrouvant son expression à la fois vide et hautaine malgré la circonstance. Après tout, elle s’adressait à l’une de ses Domestiques.

« Je n’ai rien, grâce à Therdone. » Certes, grâce à elle également. Mais si Télanis avait été présence à cet instant, c’était la Volonté du Trés-Haut. Pour lui porter secours. Malgré qu’elle sente encore son cœur battre trop vite après tant d’émotions, et d’angoisses, Vanhilde sembla se souvenir du pourquoi de sa présence en ces quartiers et tâtonna les poches de son long manteau avec frébrilité.

« Par sa Grâce, non... » Le sachet, le précieux sachet avait dû tomber lors de leur fuite, et elle se trouvait démunie de son achat, indispensable à son fils. Elle qui avait réussit avec peine à contenir ses inquiétudes pour ne pas craquer devant Roldan avait désormais toutes les peines du monde à retenir ses émotions. Un étonnant contraste luttant sur son visage, alors que sa peau restait de marbre, et que ses lèvres tremblaient. Elle passa sa main blanche sur son visage, cherchant une solution.

En parler à cette femme était bien sa dernière volonté. Pourtant, quel autre choix avait-elle ? Si elles repartaient dans leur fuite, elles s’éloigneraient de la zone où Vanhilde pourrait de nouveau acheter ce pour quoi elle s’était déplacée. Et il était hors de question qu’elle revienne à la Villa Tehanii sans apporter à son fils ce dont il avait besoin. « Il faut faire demi-tour. » Fit enfin la Conseillère, levant sur sa Domestique un regard assuré, mais où était clairement visible cette fois, une supplique.

« Il y a dans la rue des Trois Hivers une chose que je dois récupérer. » Sa voix était loin d’être celle, habituelle, nette et tranchante, froide comme le souffle du vent glacé. Ici, chevrotante et plus grave, Vanhilde contenait encore avec peine un afflux de tensions et d’obligations. Elle n’avait pas le choix, jamais une Mère ne laisserait son fils se morfondre sans agir, même au péril de sa vie.
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Télanis Ptolia
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MessageSujet: Re: Une histoire de demoiselle en détresse...   Dim 5 Fév - 13:20

L’air guindé et macabre la rassura. Bien, elle était toujours entière si elle était capable de se réfugier dans cette arrogance froide. Grâce à Therdone, oui, évidement, c’est Lui qui lui avait offert l’opportunité de la sauver. Mais cela ne mènerait en rien à une meilleure considération de sa part. Sa Sainte Volonté était donc ailleurs. Il fallait qu’elle devine pourquoi et surtout comment agir. Elle retira ses mains des épaules frêles. Elle l’observa fouiller ses poches, aussi attentive à ses émotions que ce qu’ils se passaient dans la rue, plus loin. Voir une femme si forte s’effondrer et trembler de la sorte était la deuxième chose déconcertante de sa soirée. Elle la laissa tranquillement rassembler ses pensées, l’observa lorsqu’elle leva un regard autoritaire mêlé d’une détresse suppliante. Intéressant, pensa Télanis. Elle reposa une main sur son épaule pour s’assurer qu’elle ne pourrait rien de stupide.

« Nous ne ferons pas demi-tour. A présent la charogne doit se bousculer et la répression de l’armée la rend dangereuse. Nous ne ferons pas demi-tour. Mais j’ai pour vous une solution. Voyez, Dame, aujourd’hui c’est mon jour de congé. Et j’ai pour seule consigne de ne pas avoir à faire avec la Justice car je travaille pour une famille prestigieuse dont il faut respecter le Nom. Et voyez-vous, il me chagrinerait que mon Maître apprenne que j’ai laissé son épouse en danger et se compromettre dans ce genre de quartier pour ce genre d’achat. »

Elle parlait calmement, d’une voix posée. Mais ne laissait aucune marge à son interlocutrice d’intervenir. Jamais personne n’avait su l’interrompre quand elle parlait bas ainsi, un calme effrayant qui imposait à l’autre une écoute impuissante. Les mots tombaient comme tombent une vérité douloureuse. Elle savait ce que Therdone voulait. Elle le savait au fond d’elle. Exceptionnellement, Télanis parlait à flot. Conversait, expliquait, ne se contentait pas de phrase simple. Convaincre.

« Il me peine, ma Dame, de vous voir ainsi. Je m’étais fait dans l’idée que votre Volonté n’avait pas de faille. Qu’elle était comme la mienne, sans doute aucun. Mais c’est faux. Vous vous comportez en Faible. Cette drogue n’est pas pour vous. Vous encouragez un Faible à chuter et il vous entraîne avec vous. Votre fils mérite qu’on l’aide pas qu’on l’encourage à chuter. A cet instant, il vous viendra sans doute l’envie de me renvoyer. Vous vous imaginez vous satisfaire de votre pouvoir et vous m’écarterez. Mais au fond de vous, vous ne pourrez jamais oublier les mots que je viens de dire, car par la Grâce de Therdone. Ils sont vrais. C’est pour cela que le Tout-Puissant m’a guidée près de vous. Je vais vous aider. Vous et votre fils. Savez-vous, qu’étrangement, bien que je sois une personne fermée et peu avenante qui ne se soucie pas du bienêtre des autres, les Faibles aiment venir à mon côté pour trouver du secours où une présence. Tout du moins, ceux qui espèrent encore en Therdone car ils voient en moi la Force qu’il leur manque et espère la trouver avec moi. C’est pour cela que vos domestiques m’ont confié leur peur, ce qu’il se passait. Et j’entends murmurer la disgrâce de votre Nom. Vous ne pouvez pas laisser Roldan ainsi. Si vous l’aimez, vous devez agir avec Volonté. L’amour faible d’une mère ne l’aidera pas.

Cela ne se fera pas rapidement, il faut fractionner ses doses et travailler sur une longue période pour l’aider. Dorénavant, vous me laisserez faire ce genre d’achat. Votre place n’est pas ici, vous corrompez la pureté de votre Volonté. Maintenant, vous allez vous taire et me laisser faire. Je sais où je vais, et ce que je fais. Ne me gênez pas.

Et sachez, Dame, que je vous respecte et vous sers malgré ces paroles dont je regrette l’impolitesse et la dureté. Mais il m’est nécessaire de vous avertir. Car c’est Sa Volonté. Et je ne m’écarte jamais de ce qu’Il me dicte.»


La voix se pose, change de ton. C'est fini, elle a dit ce qu'elle avait à dire.

« On va prendre un raccourci. »

La garde empoigna à nouveau sa patronne qu’elle mit sur ses épaules comme un sac de farine. Elle grimpa lestement sur les caisses et elles furent bientôt sur les toits de la masure la plus proche. Elle marcha rapidement, serrant dans un étau implacable son fardeau. Une fois les maisons traversées, elles arrivèrent au-dessus d’une rue que l’impasse ne permettait pas d’atteindre. Télanis se repéra rapidement, voyons, l’homme qu’elle cherchait l’avait abordée à trois rues de là. Elle observa le contrebas. « Ne criez pas. » Elle sauta dans le vide et se réceptionna lourdement sur un balcon. Elle se laissa glisser ensuite le long d’une gouttière. Elle reposa sa Maîtresse avec délicatesse une fois le pavé à nouveau sous leurs pieds. Elle lui ajusta sa capuche comme une mère bienveillante et lui pris fermement le bras. « Vous ne parlez pas, et restez cachée. Ce sera votre seule tâche, je m’occupe du reste. » Après ce murmure, elle l’entraîna avec force.
On trouvait ici toute sorte de vendeur. Elle se dirigea vers une impasse mal éclairée et soupira d’aise en distinguant une haute silhouette. Elle remercia Therdone de lui éviter de perdre du temps ici. Elle planta Vanhilde à trois mètre et s’avança seule.

« Jolie princesse, tu as changé d’avis… » L’homme au faciès déformé et sale lui offrit un sourire graveleux. Télanis sourit et se pencha vers lui, ou plutôt se hissa sur la pointe des pieds. « Mon ami a envie de s’amuser, je me suis souvenue que tu prétendais fournir la meilleure qualité. Et que tu m’offrais la première, n’est-il pas vrai, galant personnage ? » Il lui mit ce qu’elle désirait en main pour lui permettre d’inspecter la marchandise, un échantillon dont la dose était nettement supérieure à celle habituellement vendue qui fit penser à Télanis que ce paon avait décidément très envie de la mettre dans sa couche miteuse. Elle referma le poing sur le Poison et sourit. « Si elle est bonne, je reviendrai. » Elle se tourna et l’homme mit une large main sur son épaule pour la retenir. « He, attend mignonne. Tu ne vas pas partir avec ce gringalet, tu as besoin d’un homme, un vrai. » Le rire gras s’étrangla dans sa gorge quand Télanis lui remonta sèchement son pantalon, étouffant impitoyablement son orgueil masculin ce qui le fit se plier en deux. « J’ai dit, si, ne me fait pas changer d’avis. » Elle s’éloigna à grand pas, empoignant le bras de Vanhilde qu’elle souleva de moitié de sa force peut calculée.
Quand elles furent éloignées, elle se détendit et ralentit l’allure. Elle souffla profondément. Un souffle chaud dont le parfum rappelait les bières précédemment engloutie.
« Je hais ce genre d’individu. Celui-là m’a abordée un jour en pensant me … » Elle se tut, soudainement consciente qu’elle allait dire un mot vulgaire et que ce genre de chose n’intéressait pas sa Maîtresse.« Pardonnez si je vous ai fait mal. L’essentiel c’est que je vous en aie eut, et en plus… gratuit. » Télanis sourit, faisant jouer dans son poings le Poison. Elle devait lui faire confiance et lui ordonner les achats. Vanhilde ne devait plus retourner là-bas. Plus seule. Si Télanis avait une conscience représentée par des miniatures personnifiant ses traits, il y en aurait une en train de tabasser une autre. « Bordel c’est quoi ce sentimentalisme de courge pourrie qui va te faire perdre ton boulot… » Et après tout, Vanhilde avait-elle avantage à la renvoyer et risquer de salir définitivement son Nom. Les rumeurs s’enflamment si vite… Elle avait avantage à la garder près d’elle, très près pour la surveiller. Ou à la tuer, mais était-ce une option envisageable ? Elle pouvait lui être utile, elle en était persuadée. Ne serait-ce que pour effectuer ses courses dans l’ombre. « Tu parle d’un jour de congé… » Télanis soupira. Il fallait espérer qu’elle se soucie moins de son orgueil et de son statut de Noble que de son fils, Roldan.

Il serait peut-être temps de ce pencher sur le cas du jeune homme. Télanis savait que malgré sa froideur et sa dureté, beaucoup voyait en sa Foi inébranlable et sa sureté, un refuge. Une grande soeur qui sera là, toujours, inébranlable. C'est ce qu'elle semble inébranlable. Malgré, tout, malgré la pauvreté, malgré la misère. Digne. Elle savait que quoiqu'il arrive, elle parviendrait à ses fins. Tout se jouerait sur l'intelligence de Vanhilde à cerner son intérêt. Son inquiétude, sa prévenance n'était pas feinte. Et c'est cela qui la mettait le plus en colère. Cette attirance stupide pour une femme au physique banale et à l'esprit trouble. Elle ne doutait toujours pas, mais se sentait plus fragile sur ce front là. Face à ses propres fissures. Personne n'est parfait. Personne. Elle devrait peut-être quitter cette femme quand il en était encore temps. Mais c'était une opportunité de s'immiscer dans un milieu riche en information et d'assister à la chute d'un Nom puissant. Pourtant, elle avait peur de ce qu'il pouvait se passer si elle restait plus longtemps.
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Vanhilde Tehanii
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MessageSujet: Re: Une histoire de demoiselle en détresse...   Dim 5 Fév - 19:23

A plusieurs reprises, la main de Vanhilde l’avait démangée, au point qu’elle sente ses doigts se raidir. Quelle impudence d’ainsi lui parler ! L’affront était tel qu’elle s’en trouvait désarçonnée ; Qu’une Domestique puisse refuser l’un de ses ordres, qu’il soit ou non raisonnable, était en soit déjà, un outrage digne d’être sanctionné. Un renvoi, mais pas seulement, si Therdone a donné aux Nobles leur rang jadis, et qu’il a laissé certains dans la fange, alors ceux-là devaient obéir aux Supérieurs, comme la Noblesse obéissait au Gardan Edorta, d’essence Divine.

Mais les mots prononcés par Télanis étaient tels, et d’une telle force, comme autant de coup de poignards qu’on lui infligerait, dans un cœur déjà asséché, que la Conseillère ne put dire un seul mot, ne put donner ces gifles qui la démangeaient, hurler au scandale et prendre des décisions de châtiments et de pendaisons hâtives. Son orgueil était émietté par les paroles de la Garde, elle s’en trouvait affaiblie comme après avoir été rouée de coups.

Quelle ultime humiliation que d’entendre ces fadaises immondes, que la vérité ne tintait qu’avec trop de violence ? Elle se sentait incapable de répondre quoi que ce fut, entraînée par les sons qu’articulaient la femme, comme une litanie compacte qu’elle cherchait à éviter et qui résonnait à ses oreilles et dans son crâne qui tambourinait.


Comment cette femme pouvait-elle se prétendre connaître la Volonté de Therdone ? C’était une scandaleuse déclaration... Seuls les Oracles avaient les clés pour comprendre les Souhaits et les Voies du Puissant, qu’ils pardonnent cette misérable d’ainsi se prétendre issue de leurs Secrets... Pourtant, devant autant de ressentis, Vanhilde était impuissante, et elle sursauta lorsque Télanis la prit de nouveaux dans ses bras, incapable de lutter ou la contredire, sous le choc ; Elle constata avec horreur la direction qu’elles prenaient, serra les dents quand la folie pris sa Domestique qui sauta d’un toit pour retomber sur un balcon et ne fut pas encore soulagée quand elles retouchèrent le sol.

Une lueur incrédule et médusée glissa sur le visage de la Conseillère quand la jeune femme ajusta sa capuche, en s’éloignant. Cela lui laissa le temps de reprendre conscience et de réfléchir. Elle savait pour Roldan, elle savait son problème et ne devait en aucun cas révélé ce qu’elle avait appris. Bien sûr, elle n’ignorait pas que beaucoup de ses Employés avaient connaissance des déviances de son fils : il rentrait tard, il était ingérable, il parlait et hurlait, il se vantait, l’abjecte... Mais comment le protéger autrement ?
Lothar voulait l’enfermer dans sa chambre et qu’il n’en sorte plus jamais, avant qu’il ne soit guérit. Son père ne demandait pas qu’il soit sobre, tout Noble a ses attraits pour ces drogues, à l’excès ou non, mais il ne devait pas se détourner de la voie qu’ils avaient choisi pour lui... Leur nom dépendait de lui, leur rang était haut, consacré par Vanhilde elle-même en tant que Conseillère, quel avenir pourrait-il avoir s’il s’éloignait d’eux ?

On avait tant d’histoires à raconter, de jeunes gens qui avaient défié l’autorité parentale et avait fuit hors des Nobles Quartiers, que l’on avait retrouvé malfrats ou pire, cadavre misérable dans les rues miteuses, morts de faim ou dépossédé des quelques Edors pris en partant. La déchéance de leur Famille ne devait pas arrivée par lui. Mais elle l’aimait, elle l’aimait comme jamais aucune femme ne pourrait le faire, plus fort que toute Mère ; Elle brûlait dans son corps de le voir si mal, si faible, mais était incapable de le juger comme il lui était si facile de le faire pour d’autres. Pour n’importe qui d’autres.

Elle avait failli le perdre et donnerait sa vie entière pour son enfant. Vanhilde n’entendit pas ce qui fut dit entre sa Domestique et l’homme à qui elle parlait, mais quand elle revint vers la Conseillère, celle-ci avait retrouvé un visage strict et ses idées étaient claires.
Congédier cette femme serait une erreur ; bien qu’elle considère avoir besoin d’encore un peu de temps pour parfaitement mettre au point la solution à ce problème, la Morte savait pourtant que sitôt renvoyée, elle pourrait alors annoncer ce qu’elle savait. Et bien que les rumeurs existent déjà, les confirmer n’était pas acceptable. Pour l’honneur de son Nom et pour préserver son Fils, elle devait n’opérer aucune punition à cet affront, et accepter ce que proposait la femme : qu’elle effectue elle-même ces transactions. Cependant, il serait encore temps de négocier la marche à suivre concernant sa volonté de soigner elle-même Roldan. Il était hors de question que l’enfant sache qu’une tiers personne était dans la confidence, et il était évident que Lothar devrait tout ignorer de ceci.

Vanhilde ne prit pas en compte la considération du prix qu’avait obtenu la Garde, car cette dimension était pour elle bien futile. Gratuite ou non, cette dose était entre ses mains, et c’était ce qui importait le plus. Peu importait qu’elle ait eu à verser une fortune pour quelques grammes de poudre... La mine fermée, la Conseillère se sentait nauséeuse, mais les émotions faisaient un blocage salvateur à toute expression. Il y en avait trop pour qu’elle puisse faire ou dire quoi que ce fut de trop important.

Les Domestiques ont soufflé leurs peurs... Infâmes... La chaleur de ses appartements lui manquait soudainement. Elle savait que Lothar serait absent, et elle fut réconfortée. Seule, elle pourrait demander Pardon. Entre ses dents, sans s’en rendre compte, elle commençait déjà à Demander Grâce. Pas pour que ses peines s’arrêtent, non... Car s’Il avait décidé de lui affliger tant de Maux, c’était qu’elle devait y faire face.


« Si un jour ... » Elle s’était arrêtée de prier, et sa voix était caverneuse. Elle murmurait à peine, et n’était pas facilement audible. « Si un jour mon fils est affaibli par votre faute... » Vanhilde n’avait jamais été physiquement apte à lutter, mais lorsqu’elle prononçait ses mots, elle était convaincue, persuadée au plus profond d’elle-même, qu’aucun homme ne pourrait l’empêcher de se venger. Aucun homme, et aucune femme. « Therdone vous entendra demander Pardon. »
Les larmes étaient bloquées dans ses yeux, sans qu’ils ne soient brillants, sans qu’elle ne tremble ou ne sanglote. Elle ne sentait que la piqûre des pleurs qui ne coulent pas et qui irritent le regard.


« ...Mais moi, je ne l’entendrais pas. »
Dans l’esprit de Vanhilde, annoncer à cette femme, qui lui avait sauvé la vie, qui avait la Volonté, plus pure que la plupart des Ilédors, qu’elle serait capable de ressentir la pitié le jour où elle aurait à se venger, quelle qu’en soit la façon, lui déchirait le cœur. Il était si aisé de n’avoir aucune clémence envers les Fautifs et les Faibles, que devoir songer un jour juger les Dignes la morfondait.

La Conseillère ignorait si elle craignait, si elle appréciait cette femme. Elle ignorait si elle lui devait la vie, ou si elle serait l’engin de sa perte. Lui confier autant d’importance était un sacrifice qu’elle aurait préféré ne jamais faire. Mais c’était là le prix à payer pour sauver son Fils.
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Télanis Ptolia
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MessageSujet: Re: Une histoire de demoiselle en détresse...   Lun 6 Fév - 16:55

« C’est pas la reconnaissance qui étouffent ces nobles ! Des sangsues oui ! Tu as la preuve à présent que ce que tu as vu à travers tout le pays est vrai. Ils font pitié, comme des victimes… Non, ce sont eux les fautifs. Il faut que la Prophétie s’accomplisse. » La guerrière laissait divaguer ses pensées, s’amusant à leur prêter des voix et des personnalités. Une plus gentille, une… non, gentille n’est pas le mot, clémente ? Savait-elle vraiment être clémente. Seul comptait l’accomplissement de Ce qui devait être. Les mots perturbèrent sa tentative de définition de son penchant le plus… doux ? Tolérant ? Elle était tolérante, elle ? Enfin, la voix sourde la tira de cette réflexion et elle l’écouta, se rapprochant pour pouvoir comprendre ce qu’elle disait tant elle murmurait.

« Ne vous inquiétez pas, Dame. Je ne pourrais lui faire plus de mal que ce que vous lui fournissez. Je n’agirai pas sans votre consentement et le sien, quoiqu’il en soit. »

« Et moi… j’entendrai et je pardonnerai. »

La guerrière lui indiqua d’un signe de main une ruelle à prendre. Un chemin qu’une noble ne prendrait assurément pas, un raccourci que seuls les téméraires prenaient. Les patrouilles militaires y passaient aussi, parfois, cet endroit elle le connaissait bien. « Suivez-moi. Je vais vous guider. » Une précision inutile d’autant plus qu’elle avait repris la main de la noble dans la sienne pour la tirer à sa suite. Elle lui offrit un sourire navré. Une excuse silencieuse. Sa main est chaude et forte, caleuse, usée. « Il est important qu’on comprenne que vous m’accompagnez, il y a souvent des ivrognes par ici mais nous gagnerons un temps très certain. Il me semble qu’après autant d’outrages et d’émotions vous devez avoir envie de retrouver votre maison au plus vite. » Le trajet se fit sans incident. La plupart des personnes ici la connaissaient, au moins de réputation. Elle était facilement reconnaissable, la guerrière blonde à la cicatrice. Celle qui était une bonne valeur de pari, celle qu’on n’avait pas envie de chercher ou de courtiser. Il avait suffit de quelques coups de poings, les gens apprennent vite. La guerrière libéra la main en sortant du dédale sombre. Une main douce, une main fraîche, une main qui n’a souffert d’aucune rudesse.

On respirait mieux dans la haute ville. Elle se tenait désormais en retrait. Non plus en avant, elle affichait l’air impassible qui convient aux gardes. Elle reprenait son invisibilité et sa place. Elle ne parla plus. Désormais, il fallait patienter qu’elle s’exprime, elle sentait que le chahut des frontières sociales qu’elle avait provoqué ne s’était pas tout à fait calmé. Elle s’évertuerait à être parfaite dorénavant et ne jamais sortir de sa place. Il fallait endormir sa méfiance, chercher à devenir indispensable. Par la force s’il le fallait comme elle l’avait fait. Sa Maîtresse ne pouvait plus ignorer sa présence désormais. Elle ne pourrait plus passer devant elle sans se soucier de sa présence. Et nuls doutes qu’elle finirait par avoir un tour de garde de Roldan, puisque Lothar avait ordonné qu’il ne s’échappe plus. Sa garde était donc responsable de s’en assurer. Et cela, elle ne pourrait l’ignorer. Ni demander à l’écarter. A moins que Lothar soit complice de son épouse. Non, aucun sens, il avait été clair, il ne voulait plus le voir sortir avant qu’il ne soit définitivement guérit et prêt à faire ce qu’on attendait le lui.

Un petit oiseau en cage, voilà ce qu’était le jeune homme. Une proie pour un fauve tel que Télanis. Elle réfléchissait déjà de quelle manière elle pourrait se servir de cette plaie béante qui saignait le flanc de la Maison Tehanii. Et cela pourrait bien évidement de gagner toujours plus d’importance auprès de sa Maîtresse. L’oiseau ne l’intéressait pas d’une autre manière qu’un outil pour parvenir à ses fins. Car la finalité est seule plus importante. Elle aurait dû la laisser se faire déshabiller, cela lui aurait offert un spectacle agréable à regarder et lui aurait peut-être remis les idées en place. La guerrière se permit un regard calculateur au fessier de sa Maîtresse avant de reprendre sa surveillance distraite d’une rue qui était de toute manière déjà sécurisée. Elle allait tout de même la raccompagner jusqu’au pas de porte et finir son congé à dormir sur la paillasse qui lui était accordée. C’était plus raisonnable que de la planter là. Sa servitude l’obligeait à renoncer à ses propres droits pour un être supérieur, n’est-ce pas ?


Bientôt… Bientôt, tout cela changera.
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Vanhilde Tehanii
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MessageSujet: Re: Une histoire de demoiselle en détresse...   Jeu 9 Fév - 20:38

Le chemin du retour fut comme une bulle dans laquelle elle sentait oppressée. Sa cage thoracique paraissait trop étroite et elle manquait d’air ; l’odeur était sale, crasse, Vanhilde n’avait pas réalisé à quel point elle suffoquait dans ces quartiers, avant d’en avoir le temps. La main de Télanis lui imposait tout à la fois une cadence et un lien. La Conseillère se sentait contrainte de le maintenir sous peine de rester coincée. Coincée dans cette ruelle, coincée dans une impasse.

Se sentir soumise n’était pas un sentiment qu’elle redoutait, mais se savoir obligée de prendre des décisions à la hâte, comme ce soir, en acceptant tacitement la proposition de sa Domestique, lui imposait quelques préoccupations. Vanhilde avait eu l’habitude de la soumission, du moins, du conformisme à une situation qu’elle ne désirait pas forcément, qu’il s’agisse de son éducation jusqu’à son mariage, notamment lorsqu’elle eut à découvrir les visages de Lothar.

Elle lui aurait préféré un mari constant, et en cela, elle était habituée à subir une situation en se taisant, en s’y faisant jour après jour, jusqu’à oublier qu’il s’agissait là d’une contrainte...


Mais cette fois, plus qu’avoir à composer avec d’autres membres du Conseil, avec la forte personnalité de Riarg, avec le Gardan Edorta, avec la Noblesse, plus que la soumission à un Protocole et à des Règles strictes, Vanhilde se sentait enchaînée contre sa volonté, à une personne de rang inférieur. Télanis était puissante et rustre, elle n’en était pas moins une femme de conviction et de foi, en cela, elle méritait le respect... Mais elle avait appris trop de choses et avait su s’en servir, à la différence des autres Domestiques de la Maison Tehanii, qui eux, savaient sans oser faire quoi que ce fut qui les compromette, par crainte des représailles.

Cette femme n’avait pas eu peur, elle, et avait saisi sa chance. Serait-elle capable de trahir la parole donnée en se détournant de leur accord ? Vanhilde n’avait pas le choix, pour sauver son fils et ne pas faire sombrer son Nom, elle devait faire confiance à cette Garde. Même si elle semblait de bonne foi...


« La voiture m’attend. »
Fit enfin la Conseillère, alors qu’elle paraissait mieux respirer, et que l’effort physique de cette marche soutenue avait endurée. Elle désigna d’un geste furtif un fiacre simple sans aucun signe distinctif, mais au cochet appartenant à la Villa. Il sauta de son estrade pour ouvrir la porte lorsque sa Maîtresse s’avança. Vanhilde mit un pied sur le marche-pied et tourna la tête ; l’expression sur son visage était la même, mais son regard avait repris des teintes plus habituelles, et une certaine confiance retrouvée, froide. « Profitez de la fin de votre congé. »

Dans un souffle, alors que l’homme remontait sur son perchoir, elle murmura d’une voix plus grave : « Vous l’avez mérité. » Un léger, très léger acquiescement de la tête fut le seul signe de gratitude que Télanis put espérer d’elle, mais il était certain que la Conseillère Tehanii n’avait pas pour habitude d’être démonstrative avec ses Gens. Elle qui, dans l’intimité, savait être tendre et protectrice, qui serait prête à tuer pour son fils, gardait un masque glacé envers tout étranger à son petit cercle.

Elle se hissa jusqu’à l’intérieur du fiacre, sembla retrouver le confort des sièges de velours avec soulagement. En glissant sa main dans sa poche, elle fit rouler le sachet dans sa paume en soupirant avec discrétion. Il n’y avait pas de lien plus fort que celui qui unissait une mère et son enfant, mais elle aurait à apprendre à faire avec une chaîne qui désormais l’attachait à Télanis Ptolia.
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Télanis Ptolia
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MessageSujet: Re: Une histoire de demoiselle en détresse...   Jeu 9 Fév - 21:37

La garde s’est inclinée puis elle a fait demi-tour. Elle écouta la voiture se mettre en marche. Ici elle ne risquait plus rien. Ici elle n’avait plus sa place. Son devoir avait été fait, avec brio. Félicitation ma grande, ha, tu t’en es magnifiquement sortie ! Elle se rappela au calme alors qu’elle effectuait une pirouette joyeuse hors de vue du véhicule qui raccompagnait la Dame à son domicile. Qu’allait-elle faire maintenant que la soirée était si avancée. Il fallait dormir avant de reprendre son travail à l’aube. Elle s’était empêtrée dans une drôle de situation à double tranchant, mais elle était certaine de s’en sortir tout aussi bien. Elle chassa d’une pensée heureuse un facteur incertain qui ronronnait doucement de s’être vue gratifiée d’une félicitation.

Elle n’était plus anonyme parmi la masse inférieure, elle était Télanis Ptolia et sa Maîtresse ne pourrait plus compter sans elle. Elle fit un détour de son pas dansant jusqu’à une auberge où elle enfila quelques autres pintes en joyeuse compagnie et braillant plus fort que tous des chansons paillardes à faire rougir une moniale. La soirée finit en bagarre générale et c’est une bonne heure plus tard qu’elle reprit le chemin de la maison de ses patrons. Les fauteurs de troubles ayant été mis dehors manu militari, il ne lui restait plus que finir raisonnablement sa nuit. Elle observa les pavés beaucoup plus soignés et entretenus de la rue. En bas, il y avait parfois de la terre battue.

Elle se fit contrôler par une patrouille ce qui ne posa pas le moindre problème. Et qui acheva de rendre son humeur parfaite. "Les petits imbéciles, s’ils savaient le nombre de bières que j’ai bue en compagnie de Beltxior." Elle gagna la demeure Tehanii en observa l’architecture un instant puis prit une rue adjacente pour entrer par l’entrée des domestiques. En passant dans la cour, elle observa la bâtisse principale. Elle s’attendait à être convoquée tôt ou tard par sa Maîtresse. Elle savait pour en avoir beaucoup entendu parler qu’elle n’était pas femme à laisser des choses hors de son contrôle. Et elle, Télanis devait lui avoir fait l’effet d’une bête étrange et indocile. Elle en avait conscience. Non, on était pas habitué en ville à voir des personnes humbles de sa trempe. Ils n’avaient qu’à venir travailler aux fermes et ils comprendraient… ces parasites.

Elle entra dans la dépendance des gardes et s’affala sur sa couche bien rapidement. Sans penser à se déshabiller, elle savait s’endormir en très peu de temps. Dormir, c’est une chose précieuse quand on mène une vie rude. On apprend à dormir dès qu’on en a l’occasion en prévision de ce qu’on ignore. Elle se souvenait de nuit et de sommeil léger à peine réparateurs sous une pluie drue, avec pour seule protection une pèlerine et le branchage d’un arbre.
~*~
« La voiture nous attend. » Fit enfin la Conseillère. Elle désigna d’un geste furtif un fiacre simple sans aucun signe distinctif, mais au cocher appartenant à la Villa. Il sauta de son estrade pour ouvrir la porte lorsque sa Maîtresse s’avança. Télanis monta la première pour tendre une main à Vanhilde et la hisser. Elle s’assit sur le velours des sièges. Cela lui paraît le plus pur des conforts. La voiture se mit en marche, cela secouait un peu, mais on s’y habituait.
Aucune ne parle, elles s’observent dans un silence naturel. Il n’y a rien à dire. La route a un cahot qui déloge la noble du siège en face du sien. Elle la rattrape par la main. Vanhilde lui sourit un remerciement toujours muet. Elle se relève à demi pour se rassoir mais choisi celui à côté d’elle désormais. Télanis entoure ses épaules pour lui éviter tout autre désagrément. Elle est remerciée d’une caresse contre son cou des cheveux fins de la tête venue s’appuyer contre son épaule. La guerrière a un sourire attendrit et l’accueil dans son giron. Elle la serre contre elle comme une petite chose fragile et précieuse.

~*~
Le rêve continue, trouble, dans son sommeil, la guerrière sourit.
Quelle belle journée.
Magnifique.
Prometteuse.


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