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 "Please, I need Help !"

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Elenor Jagharii
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MessageSujet: "Please, I need Help !"   Dim 11 Avr - 10:44

    Elle était occupée à servir, l’air un peu pincée du à leur odeur insupportable. A l’origine, en dehors d’une caserne, Elenor attendait des gens qu’ils prennent leurs deux bains quotidiens, où au moins se fassent quelques ablutions dans la journée. Ce n’était pas anodin, d’ailleurs, si une petite salle de toilette correspondait à la grande salle. Elle avait vu certaines des femmes de ce groupe s’y rendre avec un air appréciateur, ravie de rendre ce service tant pour leurs hôtes que pour elle-même et sa sensibilité personnelle. Mais certains étaient trop mal en point pour s’y rendre, d’autre carrément trop affamés pour se détourner de la viande rôtie qui sortait à présent des cuisines.

    Sieben avait le don d’exciter les papilles. Même Elenor, qui n’était pas loin de se lever, et avec la gueule de bois de surcroît, sentit en son ventre une petite tension. Mais son attention fut attirée par une femme visiblement enceinte. Elle avait la nette impression qu’elle se sentait mal. Avec un soupir elle songea alors qu’il lui avait fallut beaucoup de Volonté pour assumer ce long trajet dans son état. Elle avait en plus de cela des enfants avec elle. Et un mari qui à en juger son air hagard ne risquait pas de lui être d’un grand secours. Elle n’avait rien commandé, semblait-il, mais Elenor songea que quelque chose de très frais saurait la remonter un peu. Tricotant de sa main gauche affaiblie, elle parvint à lui servir une bière, dans une chope de bois. L’air s’était un peu réchauffé, mais le liquide était encore bien frais. Elle essuya les quelques ratés qu’elle devait à sa main handicapée, puis s’apprêta à la lui apporter lorsqu’elle la vit s’évanouir. Sous le choc, elle laissa tomber la chope, hésitant sur la conduite à adopter. Une femme enceinte, fallait s’attendre à tout. De plus, à en juger le petit rebondi de son ventre elle était encore loin du terme… Et puis si maigre, elle n’avait pas du manger suffisamment jusque là. Elenor se sentit mal à son tour, la migraine qui menaçait éclatant alors. Elle jeta un regard un peu égaré à Sieben, puis se précipita aux côtés de la femme enceinte pour la relever.

    « Sieben, je lâche le comptoir ! » appela-t-elle.

    Le mari complètement paniqué, et surtout lui aussi exténué, elle décida de ne compter sur lui que pour lui donner le prénom de l’inconnue. Liiken. Très bien. Elle le congédia sans douceur, peu friande des excès de motivation, préférant la rigueur et le savoir faire d’un militaire. Mais dans la salle, nul militaire, juste une bande de pouilleux et quelques bourgeois frileux. Et Elenor.

    La scène aurait de quoi faire jaser, dans la Ville Haute.

    Elle supporta tant bien que mal le poids de Liiken, les petites blessures dûes à ses frasques de la veille se réveillant une à une, comme de petites aiguilles qu’on lui plantait dans la hanche, la cuisse, le mollet, le dos.

    Elle se retourna, et considéra la salle.

    Il lui fallut du temps pour la hisser dans les escaliers sans encombres, mais bien vite elle retrouva le premier. La première chambre était la leur, et on y retrouvait encore éparpillés des vêtements qui avaient été arrachés dans la précipitation. Qu’importait, elle pesait aussi lourd qu’un âne mort, et le lit, ici, était sans doute le plus confortable. Elle l’y installa donc puis redescendit en précipitation, un petit couinement à chaque marche, pour chercher une cruche d’eau fraîche et du linge propre.

    En remontant, elle avait les bras chargés de pain, de fruits, de bière, d’eau de linges et de tout ce qu’elle avait de capable de revitaliser une femme qui venait de faire un malaise. Elle remonta, nettoyant son front avec précaution. Elle pouvait être propre, sous la crasse. Elenor se pencha alors sur son ventre pour y poser les deux mains. Il n’était pas tendu, et mis à part son malaise, elle semblait ne souffrir d’aucun mal. Tant mieux, l’accouchement d’un prématuré n’était pas dans ses projets de la journée. Elle se redressa alors, quelque peu soulagée, attendant que Liiken ne reprenne ses esprits…

    Lorsque les yeux de la future maman s’ouvrirent, Elenor tenta de sourire tant bien que mal, d’un air peu assuré.

    « Vous avez fait un trop long voyage… J’ignore d’où vous venez, mais dans votre état il eut mieux valut que vous vous reposiez. » lui souffla-t-elle. Nul besoin d’être médecin pour savoir ça. « Mangez quelque chose, buvez un peu… Vous devez reprendre des forces. »

    Au moins, elle était allongée dans un lit moelleux, quoi que défait. Elle ouvrit la fenêtre, pour le débarrasser de leur odeur. Et sans doute, une fois la voyageuse installée dans une autre chambre, devrait-elle changer l’intégralité du linge de lit pour le débarrasser de son odeur à elle. Elle ramena un petit tabouret. Elle resterait avec elle jusqu’à ce que cela aille mieux. Et puis, une valait mieux que vingts.
    Pour l’aider à se raccrocher à la réalité, Elenor prit la décision de parler.

    « Je m’appelle Elenor Jagharii. »
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Liiken Aryassat
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MessageSujet: Re: "Please, I need Help !"   Dim 11 Avr - 16:48

Des voix au loin… Le froid… Et toute cette brume, comme si la réalité était impossible à atteindre. Un nuage blanc, tout de coton. Elle flotte. Un bruit. Le monde est loin. Elle bouge. Un rêve ? C’est froid. C’est mouillé. C’est doux. C‘est ferme aussi. Des sensations étranges. Une voix. Petit à petit, sa conscience revenait. Liiken émerge des brumes dans lesquelles elle s’était enfoncée. Elle papillonne un peu des yeux, puis les ouvre. Une femme se tient devant elle et lui parle. Liiken ne comprend rien. Que lui veut cette inconnue ? Où est-elle ? Elle ne reconnaît pas cet endroit. Pourtant elle n’a pas peur. Peu à peu, ses souvenirs reviennent. La Cité des Dieux. L’auberge, et cette femme qui sert à boire. Puis, plus rien, le noir, le néant. Tant bien que mal, elle se redresse un peu. La femme se présente. Elle s’appelle Elenor Jagharii, drôle de nom pour un Dieu. A son tour, d’une voix faiblarde, elle se présente.

- Je m’appelle Liiken Aryassat.

Quelque chose cloche. Liiken ne sait pas vraiment quoi, mais tout, depuis son arrivée dans la cité la perturbe. Elle se souvient du discours de Lysandre. Pour elle, ils sont au Pays des Dieux, et tous les habitants de cette ville en sont. Mais Liiken ne comprend pas. Des Dieux, si nombreux ? Et cette femme, devant elle, semble blessée. Les Dieux peuvent donc se blesser. Liiken est perplexe. Décidément, tout est déroutant. Puis, elle avise la nourriture à côté d’elle et se découvre soudain affamée. Qu’importe les Dieux quand il y a à manger en abondance pour la première fois depuis les feux de la Gérax ? Liiken lorgne sur la nourriture, puis finalement pose la question qui la démange.

- Puis-je ? dit-elle, en montrant du doigt la nourriture.

D’un signe de tête, Elenor répond que oui. Sans trop pouvoir se retenir, Liiken se jette sur la nourriture. Jamais rien ne lui a paru aussi bon depuis des années. Elle mange comme si elle n’avait plus rien avalé depuis des mois. Il y a des drôles de choses, qu’elle n’a jamais vu auparavant, mais quand on est aussi affamé qu’elle, on ne se pose pas de questions, aussi mange-t-elle avec avidité, même ce qu’elle ne connaît pas. Elle découvre ainsi des saveurs délicieuses. La seule chose qu’elle laisse de côté, c’est la bière. Si elle semble différente de celle d’Arestim, elle n’en reste pas moins une boisson alcoolisée, et donc déconseillée pour les femmes enceintes. Enceinte ? Liiken réalise soudain qu’elle n’a pas encore vérifié que tout va bien de ce côté-là. Effrayée, elle tâte son ventre. Ouf, tout semble normal. Elle sent même l’enfant remuer, comme s’il était satisfait de ce bon repas lui aussi. Liiken relève les yeux vers la femme qui s’est occupée d’elle. La jeune Aryassat se sent infiniment reconnaissante de l’avoir aidée.

- Merci beaucoup pour tout ça ! Je… J’avais faim ! Voilà des semaines que je n’ai plus fait un vrai repas…

Liiken pense aux autres, qui doivent eux aussi avoir reçu de la nourriture. Elle veut les rejoindre, mais en essayant de se lever, elle se rend compte qu’elle est encore trop faible, et le sol se remet à tanguer sous ses pieds. Elle se rallonge alors, avec un sourire d’excuse vers la femme. Alors qu’elle se rend compte qu’elle est coincée encore pour un bout de temps dans ce lit très confortable, elle décide d’en apprendre plus sur son hôtesse.

- Veuillez pardonner ma curiosité, mais, qui êtes-vous exactement ? Où sommes-nous ici ? Est-ce là le Pays des Dieux dont nous avons si souvent entendu parler ? Je vous prie de me pardonner, mais vous ne semblez pas être un Dieu, comme ce devrait l’être… Je ne comprends pas grand-chose à ce qu’il se passe ici !

L’incessant babillage de Liiken lui redonne un peu de couleurs. Toujours pareille à elle-même, dévorée par la curiosité, elle vient de poser tellement de questions en une fois qu’elle se sent rustre. Après tout, elle ne connaît pas cette femme, et elle lui parle comme à une amie. Et la mine qu’affiche la femme à son côté ne la rassure pas. Si Liiken ne la connaît pas, elle reconnait un certain mépris dans les yeux qui la regardent. Elle observe mieux la jeune femme, et constate qu’elle est bien plus soignée qu’elle-même ne l’a jamais été. Elle n’est pas sale, n’a pas de terre incrustée sous les ongles, ses vêtements sont propres, et surtout, elle sent bon, tout comme les draps qui l’entourent. Liiken se sent largement inférieure à la femme soudain se rendant compte cette dame est bien plus distinguée qu’elle. Depuis toujours, Liiken a toujours trouvé que Mithra Edorta est une femme distinguée, et pourtant, au milieu des souvenirs de ce qu’elle a vu des autres gens dans la cité, même la Veuve n’est pas comme eux. Il émane de tous ces gens une certaine classe et une distinction à laquelle les Olarils sont bien en peine de prétendre à l’heure actuelle. Liiken sent qu’il est de son devoir de s’excuser pour ses paroles déplacées.

- Ne m’en veuillez pas pour mes paroles s’il vous plaît. Elles ont dépassé ma pensée. Je suis tellement curieuse que j’en oublie à qui je parle.

Voilà, elle a fait du mieux qu’elle peut, mais elle a l’étrange impression qu’Elenor n’en n’a pas grand-chose à faire. Décidément, elle ne comprend rien à ce qu’il se passe. Tout semble important, et pourtant, si incompréhensible.


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Elenor Jagharii
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MessageSujet: Re: "Please, I need Help !"   Mar 13 Avr - 14:41

    Elenor la regarda manger sans réelle réaction. Il était évident que dans son état, elle allait avoir faim. Elle s’étonna cependant de l’enthousiasme qu’elle avait à goûter à des mets pour le moins frugaux. Des fruits que, même dans les campagnes reculées, ils avaient en abondance. Des viandes préparées selon une mode plutôt simple. Du pain qui n’avait rien d’exceptionnel si ce n’était son croustillant. Sieben faisait un pain à se damner.

    Elle n’y toucha pas, cependant, toujours quelque peu nauséeuse. Elle vit la femme enceinte laisser la bière de côté, un sourcil arqué. Elle la saisit avec précautions et y trempa les lèvres. L’idée lui arracha un hoquet de malaise, qui valut à la chope de se retrouver par terre, à côté du lit. Voyant Liiken se redresser, elle eut comme intention première de l’en empêcher, mais cela se révéla inutile. Elle était de toute façon incapable de tenir debout, et la douleur qui lançait Elenor à la hanche lui laissait penser qu’elle n’allait pas pouvoir faire l’exploit d’affronter avec elle les escaliers une seconde fois. Et puis, sa grossesse était bien avancée, et il était nécessaire qu’elle se repose. Elle-même s’était déjà assurée de la forme de l’enfant qu’elle portait, mais elle n’était pas médecin, et elle songea qu’il faudrait qu’un soigneur leur rende visite. Il fallait qu’on l’examine. Elle n’avait pas bonne mine, et les efforts avaient souvent pour résultat un accouchement compliqué… Ou un enfant…

    Elle ne formula pas ses craintes, pour ne pas la froisser, ni l’inquiéter, et se contenta d’un haussement de sourcils poli lorsqu’elle la vit lui poser des questions. Elle déchiffra l’accent, le trouva vieillot, mais parvint à saisir le propos.

    Et lorsqu’il lui fut demandé si elle était une déesse, Elenor, toute polie et ferme qu’elle était, manqua de rire. Elle se retint, se contentant d’un sourire pincé, puis laissa les excuses couler sur elle. Elle prit un souffle profond.

    « Je… non je ne suis pas une déesse. » Elle toussota dans son poing. D’où pouvaient-ils bien venir, pour penser qu’ils avaient atterri au Pays des Dieux ? Même dans les campagnes les plus lointaines on ne se gargarisait pas de telles âneries. Mais la femme enceinte était sérieuse, et dans son état il n’eut pas été de bon ton de se moquer. Elle s’en voulu quelque peu de sa réaction et, s’étant habituée à l’odeur, à l’accent, et désirant se rattraper dans la sollicitude, elle ajouta : « Pour ma part, je suis la fille d’un stratège… » Elle réfléchit. « Un Chef, l’un des chefs des hommes qui vous ont amenés ici. » D’un signe du menton, remontant la chemise sur son épaule colorée, elle désigna la porte, l’escalier. « En bas, l’homme qui vous a accueilli est mon compagnon. Il s’appelle Sieben Raetan et c’est un aubergiste. Nous sommes des... des personnes... normales. » Elle se sentait le devoir de lui fournir des explications. Mais le besoin également d’en recevoir.

    « Dites-moi… d’où venez-vous ? Vous êtes si… » Elle chercha, quelques secondes. Elle ne voulait pas la blesser. « Vous êtes si différents. Ces derniers temps nos soldats ont ramené nombre de paysans… Mais ça n’a rien à voir. » Eux, ils étaient encore pire. Et ils parlaient de Dieux. De Dieux au pluriel. Qu’ils tombent sur quelques fanatiques et c’en était fini d’eux. Puis l’idée s’insinua dans son esprit, et elle plissa les yeux. « Vous ne venez pas de derrière la Gérax… Si ? »

    Non, ils ne pouvaient pas être ce fameux peuple, ce peuple Elu, descendant de Bakarne lui-même, dont les Oracles avaient annoncé la venue. Un peuple préposé au règne, au pouvoir. Ce ne pouvait pas être cette tribu d’enfants faiblards et de barbus mal dégrossis. Elle déglutit. Pourvu que ses doutes ne soient pas avérés…
    Quoi que. Elle n’avait guère d’amitié pour les Révolutionnaires, et c’était là leur donner toute une flopée de prétendants. Autant dire que ce n’était guère de nature à leur faciliter la tâche, à eux. Aux Dissidents, qui voulaient voir simplement destitué le Conseil, au profit de la lignée en place.

    Si leurs Elus se révélaient être pour de bon cette bande de pouilleux, alors ils perdraient en crédibilité…

    Elle s’en voulu cependant de ses idées. Ce dont cette femme avait besoin n’avait rien à voir avec du mépris, et elle lui adressa alors un sourire rassurant. Elle l’avait montée jusque là, au péril de sa hanche et de son dos, ce n’était pas pour se montrer froide et distante.

    « Quoi qu’il en soit, vous avez besoin de repos, et d’un bain. L’eau chaude vous détendra. » Cela tombait bien, ceux du Ceste étaient, quoi que modestes, tout à fait confortables. « Et cela fera également du bien à votre enfant. » Certaines des femmes de leur groupe s'étaient pomponnées, fait une légère toilette. Mais en rien leur corps ne s'était débarrassé de la crasse du voyage. Bien ancrée dans sa civilisation proprette, Elenor concevait mal qu'une femme enceinte le supporte. Oui, ce n'était pas une toilette, mais de l'eau chaude, une immersion qui l'allègerait. « Je vous aiderais à les rejoindre, si vous le désirez. »

    Elle entendit alors des pas dans les escaliers, et se retourna, pensant voir apparaître son Sieben. Mais non.

    L’une des sauvages. Une jeune fille en fleur, blonde. Une adolescente qui, sans toute cette crasse et ces effets peu élégants auraient fait se damner les jolis cœurs du quartier.

    « Oui ? » Poliment.
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Laetia Télaran
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MessageSujet: Re: "Please, I need Help !"   Mar 13 Avr - 20:25

Elle courait dans les escaliers. Son chargement néanmoins ne lui permettait pas de grimper les marches très facilement, elle ne progressait qu'une à une. L'épée lui frappait le crâne et ses cheveux détrempés lui battaient les joues, certains s'en étant allé de la tresse rudimentaire qu'elle avait faite.

Elle arriva à l'étage, il y avait de nombreuses portes, toutes fermées sauf une. La question qui lui arriva en tête était basée sur cet excès de sécurité. Une communauté arrivée à un tel nombre, à une telle évolution, ayant réussi à construire une ville sublime devait être arrivée à un stade de confiance absolue. A quoi donc servaient toutes ces portes fermées ?

Elle en aperçut tout de même une à moitié ouverte, c'était la première. C'était d'ailleurs pour cela qu'elle ne l'avait pas vue de suite, son attention ayant été portée vers l'avant par sa brève course.
Elle s'orienta donc vers la pièce, hésitant cinq secondes sur l'attitude à adopter. Elle avait bien vu Amiguel agir sans gêne, il était tout de même bien plus entraînée qu'elle à cela. Elle y arriverait, c'était une réelle mise en pratique des enseignements. Le pourrait-elle tout de même ?
Liiken revint alors dans son esprit et Laetia n'hésita plus. Qui qu'il y ait dans la pièce, bien qu'elle s'en doutât.

Elle s'approcha de la porte et dit un pas dans la pièce.
Elle fut subjuguée par ce qui s'avérait être une chambre. Le lit devait être le plus moelleux qu'elle ait vu et si Liiken ne s'était déjà trouvée dedans, la première chose qui serait passée par la tête de la jeune fille aurait été de s'y blottir pour dormir de tout son soûl. Une bassine d'eau claire était posée tout près et des vivres en quantité suffisante pour qualifier cela de repas copieux comparé aux dernières semaines.

Elle vit la femme. Décidément, elle qui avait pensé s'être un peu débarrassée de la saleté qui lui collait à la peau, elle se rendait compte que c'était comparé aux autres Olarils, face à cette femme elle était toujours propre comme si elle s'était roulée sur le sol un lendemain de pluie.
Elle prit un grand souffle, la femme avait été polie, elle avait tout de même un air un peu dur. Pas une dureté sévère, comme sa mère l'était quand Laetia avait fait une bêtise ou, plus probable, un de ses frères. La dureté dont elle faisait preuve paraissait inhérente à elle-même, un trait de caractère tout au plus.

Ne pas paraître extasiée, difficile dans cette situation.

- Je suis une amie de Liiken.

Anodin, mais les politesses restaient les mêmes partout selon elle. Elle posa son chargement dans un coin de la pièce, prenant soin de ne pas lui faire prendre appui contre le mur.

- Comment vas-tu ? J'ai été inquiète lorsque j'ai vu ton mari et tes enfants seuls, sans toi, dans la salle. Heureusement ce petit Lorris a pu me dire où tu te trouvais et me voici.

Elle se tourna vers la femme, plus grande qu'elle, de plus forte carrure aussi. Elle dégageait une certaine puissance, une femme avec des formes plutôt masculines écrasait. Elle ne ressemblait pas un homme, tout de même, mais réussissait tout de même à faire dire à la jeune fille que certains hommes devaient facilement se laisser contrôler par elle.

Ne pas s'extasier. La pratique était bien ardue.

- Puis-je vous demander votre nom ? Que s'est-il passé ? Est-ce que vous savez si le bébé va bien ?

Elle se dit alors que la femme ne savait peut-être rien du bébé, même s'il était difficile de ne pas le remarquer maintenant que Liiken était allongée.

- C'est plutôt à toi, Liiken, que je devrais le demander. Le bébé n'a pas eu de quelconques lésions ?

Elle réfléchit et se dit qu'elle devait offrir un contraste proche de la folie. Crispée face à la femme, douce avec Liiken. Elle se relâcha aussitôt, riant intérieurement de sa bêtise. Elle pouvait essayer de passer outre le terme déique sans pour autant paraître en souffrir.

- Excusez-moi si j'ai eu l'air un peu brusque, ce n'est pas par nature, j'étais inquiète pour mon amie.

Un mensonge par omission, ce n'était donc pas vraiment un mensonge, juste une partie de la vérité en moins, non ?

- Je voudrais tout simplement que l'on s'occupe d'elle autant qu'il le fallait, notre voyage a été long, peut-être trop long pour l'enfant à venir.

Elle regarda la femme dans les yeux, elle voulait lui dire que l'agitation avait possiblement été trop forte, que l'escalade pouvait avoir secoué ce qui servait de logement au bébé, mais devant Liiken il aurait été stupide et surtout aggravant d'énoncer de pareilles inquiétudes.
Alors elle sourit.

- Je vois néanmoins que vous lui avez apporté tout ce qu'il fallait pour nourrir quelqu'un et pour la remettre sur pied. Je me dois de vous remercier, c'est si spontané et gentil de votre part.

Se tournant vers Liiken.

- Avec tout ça tu es tout de même la plus chanceuse d'entre nous, dit-elle en riant, tu es allongée comme lors d'une grasse matinée !

Elle aurait voulu lancer des interrogations à tout va, tout savoir de cette ville, du pays en lui-même. Mais il fallait se retenir, ne pas s'extasier. Amiguel et elle auraient à parler, longuement.


Dernière édition par Laetia Télaran le Ven 16 Avr - 15:48, édité 1 fois
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Liiken Aryassat
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MessageSujet: Re: "Please, I need Help !"   Mer 14 Avr - 22:12

L’afflux d’informations en tout genre qui arrive au cerveau de Liiken la laisse pantoise. Sans rien avoir le temps de réellement assimiler, la seule chose qu’elle comprend vraiment, c’est que la femme qui s’occupe d’elle n’est pas plus un dieu qu’elle-même. Cette révélation plonge la jeune femme dans une profonde perplexité. S’ils ne sont pas au Pays de Dieux, où sont-ils ? Jamais jusqu’à présent, Liiken ne s’est posé de questions sur la possibilité de l’existence d’autres personnes comme eux. Et voilà que tout d’un coup, elle se retrouve confrontée à cette effrayante réalité. Ils sont comme les Olarils, mais semble d’une essence légèrement supérieure, comme lorsqu’en marqueterie, on a d’abord du bois grossièrement taillé, puis qu’on s’attarde des heures durant à affiner les sculptures. C’est cela. Ils sont plus finis que les Olarils. Cette étrange pensée fait sourire Liiken. Voilà qu’elle se met à comparer des humains et du bois.

Les questions d’Elenor quant à leur origine plongent à nouveau la jeune femme dans la perplexité. Cela semble avoir une importance cruciale, mais Liiken ne voit pas laquelle. Après tout, qu’est-ce que leur venue peut bien faire à un peuple tel que celui-là ? Pourtant, cela semble réellement important. En face d’elle, l’autre femme est elle aussi plongée dans la perplexité, comme si de la réponse de Liiken dépendait beaucoup de choses. Elenor reprend alors la parole, et invite Liiken à prendre un bain. L’idée de tremper dans l’eau chaude la séduit grandement, elle est convaincue que ça ne pourra lui faire que du bien ! Elle n’a cependant pas le temps de faire un pas que Laetia arrive comme une tornade dans la chambre.

Les questions fusent, la jeune fille semble réellement inquiète, et Liiken est touchée de tant d’attention. Oui, elle se porte bien, mais elle sent que Laetia a besoin de l’entendre de sa bouche. Alors elle la rassure, par des mots simples, mais apaisants. Les drames qui ont marqué la vie de Laetia récemment laissent des traces, et elle semble éprouver le besoin de voir ses craintes allégées plus que n’importe qui d’autre.

- Je vais bien Laetia. Vraiment ! J’ai juste besoin d’encore un peu de repos. Le bébé aussi va bien. Ne t’inquiète pas.

Ce n’est sans doute pas grâce à ses paroles, mais Liiken remarque que Laetia semble peu à peu remettre les pieds sur terre. Elle s’excuse auprès d’Elenor pour ses manières un peu brusques, qui, il est vrai ne lui ressemble guère. Au milieu de toute cette agitation, Liiken se demande ce que le peuple Olaril donne comme image de lui à tous ces gens si distingués. Après tout, ils sont bien habillés, ils sentent bon, ils ont des maisons telles qu’on en a jamais vu en Arestim, en un mot, ils semblent plus évolués. Et les Olarils, au milieu de tout ça, crottés jusqu’au visage, épuisés et affamés doivent donner une image bien piètre. C’est peut-être ce qui explique les nombreux regards méprisants auxquels ils ont eu affaire depuis leur entrée dans cette cité de rêves. Laetia est vraiment détendue maintenant, elle parvient même à plaisanter.

- Chanceuse ? Je n’irais pas jusque là. J’ai un ventre qui pèse très lourd, je suis incapable de me lever… Mais je reconnais que ce lit est très confortable. Plus confortable que n’importe quel lit que j’ai jamais eu de toute ma vie.


Puis, se tournant vers Elenor, elle la remercie encore pour ce qu’elle lui a offert.

- C’est très généreux de votre part de m’aider ainsi, vraiment !


Liiken hésite à prendre à nouveau la parole. Elle a peur de mal faire, de dire des bêtises. Toutes les questions d’Elenor tourbillonnent dans sa tête. Une part d’elle-même se demande si ce ne devrait pas être à Lysandre de répondre à toutes ces questions. Mais Lysandre est en bas, et cette femme, ici, a eu la bonté de s’occuper d’elle quand elle était au plus mal. Alors elle prend le parti de répondre, avec sincérité et maladresse à Elenor.

- Je… Nous venons effectivement d’au-delà de la Gérax. Il y a quelques semaines, notre village a été anéanti par ce que nous avons appelé les feux de la Gérax. Beaucoup d’entre nous sont morts… Il n’y avait plus rien là-bas, pour nous retenir. Alors nous sommes partis en exil, à la recherche du Pays des Dieux, parce qu’il parait que c’était là notre destin. Mais notre voyage fut une succession de catastrophes, et peu d’entre nous sont arrivés ici, et aujourd’hui. Et il semble que nous ne sommes pas là où nous nous attendions à arriver. Votre ville est magnifique !

Peut-être en a-t-elle trop dit… Liiken est pleine de doutes. Tout semble tellement irréel, tellement différent. La fatigue n’aidant pas, elle a du mal à comprendre touts les implications de tout ce qu’il est en train de se passer. Elle n’est plus sûre de rien. Depuis les Feux de la Gérax, il semble que rien n’est plus comme avant. Sa vie entière est totalement bouleversée, et plus rien ne sera jamais comme avant. Pour la première fois, Liiken se rend compte que plus aucun retour en arrière ne sera désormais possible. Jamais elle ne saura ce qu’il est advenu de ceux qu’ils ont laissés là-bas, en Arestim. Qui se dévouerait pour faire des mois de voyages très risqués pour aller chercher des gens qui sont peut-être tous morts. Cette perspective lui fait froid dans le dos. D’ailleurs, elle a froid tout court. Elle se sent toujours très faible, un peu fébrile, et la proposition de bain d’Elenor lui semble une excellente idée.

- Vous trouverez sans doute que j’abuse de votre gentillesse et de votre hospitalité, mais un bain me ferait beaucoup de bien je crois… dès que j’arriverai à me relever.

Puis, songeant que Laetia venait de les voir, elle ne peut s’empêcher de s’enquérir de la santé de ses trois enfants. Si elle craint pour son bébé à venir plus que tout en ce moment, elle a aussi peur pour eux. Ils sont encore si jeunes, et le voyage a été si long !

- Laetia ? Comment ça se passe en bas ? Ils vont tous bien ? Erwan prend soin des enfants ?


Puis, elle se tait, enfin, laissant le loisir à ses interlocutrices de lui répondre.


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Elenor Jagharii
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MessageSujet: Re: "Please, I need Help !"   Ven 16 Avr - 13:33


    Le jeune femme qui venait de débarquer laissa Elenor pantoise. Elle parlait beaucoup, elle parlait vite. La Jagharii sentit la gueule de bois tinter à ses oreilles, mais se contenta de plisser les yeux pour tenter de saisir un mot de la jeune femme. Elle lui avait demandé son nom, des nouvelles de Liiken, du bébé puis, après s’être légèrement calmée, tentait semblait-il une plaisanterie. Liiken répliqua, rendant Elenor spectatrice d’un matche entre les deux sauvages. Leur accent se répondait, sans la pudeur dont elles faisaient preuve en s’adressant à elle. Elle devait les impressionner quelque peu. Pourquoi, elle l’ignorait. Après tout, elles ne connaissaient pas Amarante, et n’étaient sans doute même pas familiarisées avec les notions de noblesse de sang… Dans ses atours d’une effarante banalité, à servir ainsi chopes de bière et coupes de cidre, elle devait tout au plus avoir l’air d’une bourgeoise.

    Elle s’intéressa, cependant, à l’explication qui lui fut fournie par la femme enceinte au sujet de leur origine, saisit la plus grande partie de ce qui se disait, et pâlit.

    Alors c’était vrai. Ils étaient bien les Elus qui devaient mettre un terme à ces siècles de trouble et de déchéance. Liiken la remercia pour sa sollicitude, ce qui lui arracha un haussement d’épaules. Elle sourit, enfin sortie de ses propres questions.
    « Je vous en pries. Cela vous ferait du bien, oui. Dès que vous vous sentirez suffisamment bien pour vous lever, je vous y conduirais et je vous aiderais. »

    Elle toussota et demanda doucement à la jeune femme son attention. Elle était dispersée, et s’il était une chose pour agacer l’ancienne militaire, c’était les jeunes filles en fleur qui papillonnaient. Elle lui sourit néanmoins, poliment. « Je suis Elenor Jagharii. La compagne de Sieben, l’homme qui vous a accueilli en bas » Exit la noblesse, ce n’était pas utile. Ca ne leur dirait rien. Sieben, par contre, elles le connaissaient un peu. Le grand costaud qui les hébergerait… Elle inclina la tête avec maîtrise, en guise de salut, puis reporta son attention sur Liiken et parla avec plus de douceur. Dans son état, il lui fallait du calme, mais aussi des éclaircissements. Alors Elenor, après avoir invité d’un signe la petite blondinette à s’asseoir sur le tabouret qui se trouvait de l’autre côté du lit, elle toussota dans son poing.

    « Je vais… Enfin il faut que vous sachiez cela, avant d’être lâchés en ville. » Elle réfléchit un instant.
    « Si je vous ai posé cette question, c’est qu’il y a une très bonne raison à cela. Ces derniers temps, avec le siège qui se prépare, les militaires ramènent beaucoup de paysans pour les protéger… Nous évacuons les champs… Mais vous, vous n’êtes pas des paysans ordinaires. C’est évident. » Elle tira ses cheveux en arrière et, à nouveau, s’abrita dans son poing. Elle se redressa dans un silence religieux, avant que les questions n’aient pu être posées, puis reprit. « Il y a longtemps, nous avions un roi qui s’appelait Bakarne Olarii. Il y a des siècles maintenant… Ce roi fut la victime d’un soulèvement, et condamné à l’exil. Il fut envoyé par delà la Gérax… Et, de toute évidence… Il a trouvé là bas un nouveau peuple… » Un léger silence, et elle déglutit. « Vous. » Oui, ce ne pouvait être que cela. « Depuis cette époque, notre civilisation a pâtit d’ingérences, et de diverses petites manigances que nous devons au Conseil de cette cité. Une bande de fieffés intrigants. Comme un espoir, les voix des Oracles se sont alors élevées. Ce qu’elles ont annoncé passait d’abord pour une prophétie fantaisiste. Ils annonçaient le retour des héritiers de Bakarne Olarii, de retour pour rétablir l’équilibre. » A nouveau : « Vous. »
    Elle se redressa un peu, brisant par ce geste l’attitude du conteur, un sourire au coin des lèvres. Ces deux bonnes femmes allaient en prendre un coup, pour sur. Du jour au lendemain, elles passaient de paysannes à héritières au trône.
    « Je n’en sais pas beaucoup plus, mais je pense pouvoir affirmer sans me tromper que tous autant que vous êtes… De vos vieillards à… » Elle posa une main légère sur le ventre de Liiken, sentant du coup un léger coup de pied marteler sa paume. « … vos enfants à naître… vous êtes tous de potentiels héritiers au trône. Peut-être… peut-être bien que vous êtes en effet venus pour prendre la tête de ce royaume… » Mais il y avait un tel chemin à faire avant d’en faire ne serait-ce que l’ombre de dirigeants… Elenor ramena ses cheveux d’ében en arrière et esquissa un sourire.

    « Mais pour l’instant, il vous faut vous reposer. Prendre soin de vous et de votre enfant. J’en parlerais avec Sieben, mais nous vous réserverons une chambre un peu plus confortable. Plus proche des bains et des commodités. Je pense qu’il serait plus sage que vous restiez ici… » Et puis, cela leur permettrait, au passage, de récupérer leur lit. L’idée de ce qui s’y était passé la veille au soir lui arracha un rictus…

    Elle releva son visage en direction de Laetia, et une certaine malice le marqua. Pas de moquerie et pourtant… « Eh bien, j’ai cru comprendre que l’on vous appelait Laetia mais… Mais vous ne vous êtes pas présentée. » Laetia, comment, qui… Quelque chose lui disait qu’ils allaient avoir à loger les descendants du vieux roi pour un bout de temps. Autant les connaître un peu mieux.
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MessageSujet: Re: "Please, I need Help !"   Mar 20 Avr - 15:57

Elle fut rassurée. Liiken et le bébé allaient pour le mieux, et c'était déjà ça en moins.
Liiken enchaîna ensuite sur leur épopée. Le récit était destiné à la femme, surement en réponse à une question qui avait précédé son arrivée. Elle se mordit les lèvres pour avoir déboulé ainsi, mais pas trop longtemps, pour que cela ne se voie pas, les gerçures étaient déjà trop visibles à cause du froid mordant elle n'avait pas besoin d'ouvrir des plaies.
Elle repensa à ce périple, ils avaient été nombreux à partir, beaucoup moins à réussir à atteindre la Terre Promise, ce magnifique pays, où tout était différent du leur, même les gens. Elle repensait à ceux qui attendaient de l'autre côté, dont Silke. Quand pourraient-ils les rejoindre ? Bientôt était la réponse qui lui venait en tête spontanément.

Liiken se tourna prestement vers elle, interrompant sa réflexion, les autres. Quels autres ? Mais bien sûr ! Elle se serait donné une baffe pour avoir oublié de lui en parler. devait-elle lui dire que Erwan avait l'air plus que sonné, déboussolé. Un petit mensonge ne faisait pas de mal de temps en temps,et puis il se remettrait le temps que Liiken puisse sortir, prendre un bain, souffler, éviter les soucis, ou en tous cas il aurait à se remettre rapidement pour ne pas inquiéter sa femme.

- Tout le monde va très bien, ils sont tous fatigués bien sûr. A part ça, les enfants sont toujours aussi motivés à crapahuter et Erwan à les surveiller, comme souvent j'imagine.

Et voilà, elle l'avait dit, tout allait bien et Liiken n'avait rien remarqué, elle l'espérait. Elle avait dit cela avec le sourire, elle avait remarqué que l'on devinait moins bien la vérité quand on disait les choses en souriant, surement parce que les yeux étaient un peu masqués... Peut-être.

Malheureusement tout ne passait pas avec un sourire, et elle avait encore une boule dans le ventre à cause de cette ville, de la découverte de ce lieu, de l'époustouflante particularité de toutes ces rues.
Comment imaginer alors ce que la femme allait dire.
Des paysans, certains dans le groupe l'étaient, mais pas tous bien sûr.
L'histoire de Bakarne. Elle essayait de combiner les pièces du puzzle dans son esprit. Donc Bakarne s'appelait Bakarne Olarii. Il avait été exilé et après avoir traversé la Gérax avait trouvé les Olarils. Depuis le peuple le remerciait, lui et ses compagnons, pour l'avoir élevé au stade de civilisation auquel il était arrivé.
Olaril, Olarii, ce n'était pas une coïncidence, les Olarils étaient le peuple de Bakarne, il était logique qu'ils aient porté à jamais le nom de celui-ci.

La suite était intrigante et intéressante.
Le peuple des Olarils était selon les Oracles de ce peuple le successeur au trône. Un successeur pour lutter contre un Conseil qui apparemment dirigeait ce peuple de manière injuste.
Cette femme se rendait-elle compte de ce qu'elle disait ? Laetia avait déjà du mal à croire que l'on puisse mal diriger un peuple, surtout à plusieurs, et même en admettant que cela puisse être on pouvait toujours changer de Conseil, non ? De là à ce que certains veuillent le confier à de parfaits étrangers !
C'était incroyable. Laetia se mordit l'intérieur de la joue, pour vérifier qu'elle aussi ne s'était pas d'un quelconque manière endormie, ou évanouie, et que ce qu'elle entendait ne faisait pas partie d'une de ces farces que l'on entend dans les songes et que l'on croit des heures encore après s'être éveillé.

Elle vit le visage de la femme se tourner vers elle. Elle arborait un air malicieux et Laetia rougit un peu en entendant qu'elle ne s'était pas présentée, sa mère lui en aurait voulu pour une telle impolitesse envers des étrangers. Elle se rattrapa de suite, reprenant contenance, souriant de toutes ses dents, la fierté d'être qui elle était la redressant sur son tabouret.

- Je m'appelle Laetia Télaran, seize ans révolus, fille de Rad et Amaria Télaran, malheureusement décédés. J'ai été tout d'abord apprentie orfèvre avant de devenir l'apprentie d'Amiguel Garthésia,qui est je pense le meilleur commerçant que le peuple Olaril connaisse.

Elle ne pensait pas exagérer, et puis tant qu'à faire, autant dire ce qui paraîtrait important, une présentation bien faite pouvait rattraper son erreur précédemment.

- Pardonnez-moi mais j'aimerais revenir sur ce que vous avez dit. Vous rendez-vous compte de ce que vous dîtes ? Voudriez-vous placer tout un peuple sur un trône ?

Elle eut un rire nerveux, c'était trop. Enoncé par la femme cela paraissait un rêve, prononcé par la jeune fille cela était pire que risible.

- Nous sommes moins nombreux que vous, cela est évident à la vue de votre ville, mais nous ne sommes pas tous ici, certains sont restés de l'autre côté de la muraille. Et nous espérons trouver un moyen de les ramener ici.

Cette femme n'avait pas l'air d'une personne mauvaise, et puisqu'ils lui avaient dit une partie des choses autant tout dire, elle saurait peut être où l'on pouvait les faire passer, si un défilé existait.

- Et puis nous avons pour sûr nous aussi une personne dirigeante, notre Chef, Lysandre, mais il me semble que nous ne sommes pas... comme vous.

Il semblait que la notion de Chef était inapplicable ici, ou en tout cas différente. Ce n'était pas une légère différence qui séparait les Olarils de ce peuple, Laetia voyait maintenant un immense gouffre, il étaient un petit village enclavé dans une immense ville par un gouffre sans fond.
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Liiken Aryassat
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MessageSujet: Re: "Please, I need Help !"   Dim 25 Avr - 22:12

Les nouvelles que Laetia lui donne sur sa famille achèvent d’apaiser les craintes de Liiken. S’ils vont bien, c’est tout ce qui compte pour elle. Cependant, elle ne doute pas un instant qu’eux également ont besoin de beaucoup de repos, autant Erwan que les enfants. Quand le moment s’y prêtera, elle demandera à Elenor s’il est possible de les loger tous dans la même chambre. Depuis la Gérax, elle ne supporte plus d’être séparée d’eux trop longtemps. Ils ont tant vécu de choses difficiles, ils ont passé tant d’épreuves qu’aujourd’hui, elle ne s’imagine plus pouvoir vivre sans eux.

Puis Liiken écoute Elenor qui a repris la parole. Les nouvelles qu’elle entend la plongent dans une profonde réflexion. La ville est assiégée, ils sont arrivés juste à temps semble-t-il. Mais Liiken a du mal à tout saisir du premier coup. Tout cela est tellement neuf pour eux : descendants de Barkane ? Barkane est un homme ? Pas un dieu ? Liiken a l’impression à la fois que tout s’explique, et que tout devient plus confus. Si elle se doutait que les habitants de cette ville ne sont pas des dieux, elle a dû mal à concevoir que les siens n’en sont pas. Elle ne s’est jamais sentie très croyante, mais c’était plus comme quelque chose dont elle ne s’occupe pas réellement plus qu’une conviction. Elle a l’impression que tout prend son sens dans ce chaos, mais elle a du mal à remettre ses idées en place.

Prétendants aux trônes ? Les Olarils, tous, autant qu’ils sont ? D’autant que Laetia a raison, il y en a toujours qui sont derrière la Gérax et qui les attendent. Mais si la ville est assiégée, comment feront-ils pour aller les chercher ? Le conflit ne les regarde pas a priori, mais Liiken est convaincue que ce n’est pas pour autant qu’on les laissera passer, ou même, sortir de la ville. Elle sent une immense distance entre ce peuple et les Olarils. Ils sont tellement plus avancés, évolués, et puis, ils ont beaucoup plus d’hommes d’armes qu’Arestim n’en n’a jamais compté, les gens qu’ils avaient croisés en arrivant en sont la preuve. Liiken n’ose même pas imaginer les conflits que les révélations d’Elenor pourraient amener à leur communauté. Sa place de chef avait été tellement contestée, certains en profiteraient pour tenter de la renverser. Il ne fait aucun doute dans son esprit que loin de s’achever, tout ne fait que commencer pour les Olarils.

Désireuse de ne pas se laisser déborder par les révélations, elle se joint à nouveau à la conversation.

- Je le pense aussi. Vous semblez bien plus en avance sur nous. Et si l’on en croit vos dires, c’est plutôt normal. Barkane lui-même était déjà plus évolué, c’est cela ? Ce que vous nous racontez là paraît tellement incroyable. Et pourtant, j’ai l’intime conviction que vous avez raison. Ce que j’ai vu en arrivant ici m’a étonnée. Vous avez une maîtrise du bois que mêmes les meilleurs ébénistes de chez nous n’ont jamais eue.

Liiken ne se sent pas méfiante vis-à-vis de sa bienfaitrice, aussi choisit-elle de se confier plus avant.
Elle veut qu’Elenor sache que ses révélations risquent en troubler plus d’un. Ses pensées se dirigent vers Alia. Profondément croyante, elle va sans doute être fortement perturbée par ces nouvelles.

- Je… Je ne sais pas comment vous expliquer tout ça. Il y a tellement de choses à dire. Tellement à entendre aussi. Et notre fatigue ne nous aide certainement pas à nous faire comprendre. Imaginez-vous les conséquences pour nous de ce que vous venez de dire ? Je ne suis moi-même pas sûre de tout saisir. Nous croyions être aux Pays des Dieux, et nous voilà chez vous… Et vous nous expliquez de but en blanc que nos dieux, ceux en qui nous croyons depuis des siècles sont en fait de simple humains, comme vous et moi. Tout cela est tellement surprenant ! Et puis vous nous dites également que tous les gens de notre village peuvent prétendre au trône de votre ville ? Déjà avant d’arriver ici, nous avions du mal à accepter notre chef au vu des événements qui se sont déroulés depuis les jeux de Barkane, et voilà que maintenant, nous pouvons tous prétendre la remplacer, à la tête d’un territoire bien plus grand ? Voilà qui va en faire tourner la tête à plus d’un.


Liiken s’arrête, reprenant son souffle. Elle n’est toujours pas au mieux de sa forme, mais elle se sent mieux. Dévorée de curiosité, elle souhaite mieux comprendre chez qui les Olarils ont atterris et quelle est cette ville magnifique.

- Je voudrais savoir : où sommes-nous exactement ? De l’autre côté de la Gérax, mais comment s’appelle cette ville ? Et puis, vous n’êtes apparemment pas des dieux, mais le mot ne vous est pas étranger, cela voudrait-il dire que vous avez des dieux vous aussi ?

Les pensées de Liiken s’agitent dans tous les sens. Tant de nouvelles questions, si peu de réponses pour le moment. Jamais elle n’aurait pensé que voyager au-delà de la Gérax les mènerait dans un endroit pareil. Toute la vie à Arestim semble si loin maintenant… Comme lorsqu’un vieillard se rappelle avec nostalgie son enfance.


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MessageSujet: Re: "Please, I need Help !"   Dim 2 Mai - 14:29

    Elenor eut un sourire adoucit devant leur réaction. Elles n’étaient pas si sauvages que ça. A leur place, s’il lui avait fallut affronter une telle révélation, c’est une série de pintes, de la liqueur, qu’elle aurait demandé à grands cris pour s’en remettre. Peut-être même aurait-elle sauté à la gorge de l’impudent qui osait ainsi se jouer d’elle.

    Elle laissa ainsi les questions couler, appréciant au fond leur sang froid, puis, une fois la source tarie, reprit la parole. Tâchant de ne rien oublier de tout ce qu’elles avaient dit, elle tenta un récapitulatif pour le moins laborieux. A l’adolescente, d’abord.

    « Vous êtes nombreux, en effet. Mais Bakarne nous a quitté il y a de nombreuses générations. Ainsi, quand bien même vous avez au sein de votre communauté un chef, cela n’en fait en rien un dirigeant légitime pour le Continent d’Isle. Votre chef… » Cette femme en peaux de bêtes, qui s’était portée en avant spontanément, sans doute… « … a sur vous le pouvoir que vous voudrez bien lui accorder… Mais elle ne peut prétendre plus légitimement que vous au trône, Laetia Télaran. » Elle lui sourit avec chaleur. Oui, ils allaient devoir se défaire des exigences d’antan, et se plier à celles d’Isle, s’ils désiraient s’adapter à leur nouvelle vie.
    Elle reporta ensuite un regard plus conciliant sur la femme enceinte, qui était fichtrement loquace, d’ailleurs, pour une femme dans son état… Elenor avait glané, elle aussi, quelques informations. Les jeux de Bakarne… des évènements… Elle désirait poser des questions, mais les garda pour plus tard.

    Ca, c’était plutôt simple : « Vous vous trouvez dans la Cité d’Edor Adeï, Capitale du Continent d’Isle. Plus précisément dans les quartiers bourgeois… » Savaient-elles ce qu’étaient des bourgeois … ? « Le quartier des commerçants, si vous voulez. » Oui, c’était mieux. Des gens moyens… Tout le drame de sa vie, d’ailleurs. Puis, une autre question qui lui revint. Il s’agissait d’une partie de leur peuple, demeurée dans la Gérax, qu’ils comptaient ramener ici… Alors ils étaient plus nombreux que cela encore… Effectivement, cela faisait beaucoup de séants pour un seul trône. Si elle n’avait été aussi peu surprise par leur nature, leur aspect… rustre, Elenor en aurait ri. Oui, c’était une plaisanterie tout à fait délicieuse. Il lui fallait cependant éclaircir un point important.

    « Pour ce qui est de ceux des vôtres qui sont restés en arrière, je crains que vous ne puissiez pas les rejoindre avant un long moment. » Elle toussota dans son poing. Comment développer une idée qui, pour elle, n’avait rien de grave, et qui les plongerait sans doute dans une profonde angoisse… ? « La Cité sera assiégée d’ici peu, c’est d’ailleurs pour cela que des soldats vous ont récupérés. Ils pensaient embarquer des paysans, en réalité. Nous rapatrions toutes les familles et villages qui vivaient dans les plaines pour les préserver des assauts » et, sans doute, pour nous préserver, nous, de les voir gonfler les rangs Révolutionnaires… « J’ignore combien de temps durera le Siège d’Edor Adeï, mais tant que la voie n’aura pas été libérée, il sera inenvisageable pour qui que ce soit d’entrer, ou de sortir de la Cité. » Autrement dit, elles pouvaient s’asseoir sur une expédition pour aller chercher les vieux et les infirmes. Avec un peu de chance, tout se passerait bien, dans la Gérax. Si elle avait bien compris où ils se trouvaient, cela ne devait pas poser trop de problème. Avec le redoux, la vie y serait supportable et la chasse possible. Ils étaient trop en hauteur, de plus, pour souffrir concrètement de la fonte des neiges…

    Et enfin, dernière question…
    « Pour ce qui est des Dieux, nous n’en vénérons qu’un. Therdrone -que sa Volonté soit faite. » Devait-elle vraiment se lancer dans un cours de théologie ? Ce n’était pas sa tasse de thé, et si, comme tout Ilédor, elle respectait ce culte, elle n’était pas très adepte des bigoteries. Sa conception la plus noble de la Volonté se faisait l’épée à la main, dans les bras d’un amant… Dans l’effort, les campagnes. « Le Culte de Therdrone repose sur le principe de la Volonté et, de toute évidence, vous en êtes amplement dignes. » Pour avoir entrepris un tel voyage… Elenor ne connaissait nul moine, ou moniale capable d’un tel exploit.

    A son tour, à présent, de demander quelques éclaircissements.
    « Vous avez parlé d’évènements… ? De Jeux de Bakarne ? » A propos de leur chef. S’il était des dissensions au sein des Olarii, il était de bon ton de le savoir, et vite. Cela risquait de changer les choses. « Que s’est-il passé ? »

    Elle espéra, sans rien en dire, qu'elles étaient arrivées à bout de leurs questions. Oh Elenor répondrait encore, si le besoin s'en faisait sentir... Mais une gueule de bois telle que celle qu'elle se payait n'était pas l'idéal pour cela... Elle faisait cependant de considérables efforts pour se montrer souriante et chaleureuse. Si Sieben la voyait ainsi, elle en entendrait parler pendant des semaines. Ce n'était pas exactement dans la nature de la militaire, mais sous les tatouages, il y avait tout de même assez de cœur pour ne pas les laisser en proie à leurs interrogations...

    Elle tendait une main absente vers la chope lorsque du bruit remonta tout à coup jusqu’à la chambre. Leur faisant signe de demeurer tranquille, et de ne pas sortir de la chambre, Elenor se leva et se rendit dans le couloir. Après avoir fermé la porte, elle recueillit le récit du jeune serveur, qui lui expliqua que l’une des sauvages, à priori leur chef, venait d’être arrêtée par le Guet pour avoir agressé le noble Therdorus Uldarii…

    Elenor, livide, soudain chargée d’un devoir urgent, lui demanda d’apprêter pour Liiken un bain confortable et chaud, au sous-sol, puis pénétra de nouveau dans la chambre.

    Elle était pâle, et se massait les tempes lorsqu’elle referma la porte dans son dos et s’y adossa, les considérant l’une et l’autre à tour de rôle.

    « Bon. déclara-t-elle d’une voix hésitante. Nous avons un léger problème. » Elle déglutit, puis ajouta : « Votre chef -je crois- vient à l’instant d’agresser un homme très influent, dans la rue. Ils l’ont arrêtée avec une autre, et sont sans doute actuellement sur le trajet pour la prison. » Afin d’endiguer d’éventuels élans de patriotisme, Elenor leva les deux mains. « Vous ne devez pas bouger d’ici. Nous allons tenter de régler ce problème. Je ne garanties rien, car elle a nous a joué un très mauvais tour, pour le coup… Mais bon. Ne vous en faites pas pour elle, je m’en occupe. » Elle se tourna vers Laetia, une main sur la poignée de la porte. « J’ai fais préparer un bain, au sous-sol, pour votre amie. Elle en a grand besoin, et vous ne pourrez de toute façon pas aider votre… chef pour l'instant. Je vous demande donc de l’y conduire et de l’aider à s’y détendre. » Puis, à Liiken. « Reposez-vous et prenez soin de vous. Croyez moi j’en ai vu de pires. »

    Ca… Combien de soldats à elle avait-elle sorti de prison, après une bagarre d’ivrognes ?...

    Cela dit, aucun d’entre eux n’avaient agressé la voix de Therdrone…

    Elle poussa un soupir, tenta un sourire rassurant pour les deux Olariles, puis actionna la poignée et sortit, les laissant seules dans la chambre.


[ fin du sujet pour moi, libre à vous de le poursuivre autant qu'il vous plaira ]
[ à savoir qu'après vous avoir quitté, Elenor reste un moment sur le palier en compagnie de Sora, ]
[ il serait donc plus pratique de considérer qu'elles y restent encore quelques minutes avant le fameux bain ! ]


Dernière édition par Elenor Jagharii le Mer 12 Mai - 21:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Please, I need Help !"   Dim 9 Mai - 19:24

Les questions de Liiken étaient très pertinentes et Laetia n'avait même pas saisi les subtilités relevées par son amie. Les réponses qui suivraient leurs deux séries seraient intéressantes et bouleverseraient une bonne partie de leur convictions, il ne pouvait y avoir aucun doute possible.

Une nouvelle fois on parla de ce trône convoitable, et non pas seulement par leur Chef. Laetia avait beaucoup de mal à s'imaginer un Olaril venu ici, dans un pays étranger pour diriger et encore moins une personne comme elle. Un Edorta passait encore et serait surement le meilleur candidat, quoique les surprises arrivaient bien vite une fois que les portes étaient ouvertes. Elle avait déjà en tête quelques personnes qui ne manqueraient pas de vouloir s'imposer si l'occasion s'en présentait.
L'information suivante était primordiale, ils se trouvaient dans une cité. Une cité était donc dans la hiérarchie plus grande qu'une ville ou un village, et cette cité là s'appelait Edor Adeï.

Mais pour l'instant ce n'avait été que des sujets pour se localiser pour ne pas se perdre, la réponse suivante donna un coup de poignard dans le coeur de Laetia.
Elle ne sut que dire, ils étaient piégés. Ils les attendraient en vain pendant des jours de l'autre côté de la montagne, exposés aux dangers qui l'accompagnaient.
La jeune fille décontracta les muscles de la mâchoire, elle était étonnée au plus au point.
Elle ne pleurerai pas, c'était hors de portée et totalement inapproprié, de toute façon cela ne résoudrait absolument rien.
Elle ne connaissait pas les sièges et ne voulait pas les connaître. Si elle avait bien compris cela était dangereux et la ville serait en quarantaine pendant une durée indéterminée.
Lui passa alors une pensée qui ne lui était pas propre, mais qui s'imposa à elle, comme un gouffre dans son espérance, un petit puits au milieu d'un champ, un puits qui nourrissait le champ et contre qui l'espoir essayait de lutter en même temps.

*- Nous les avons tous perdus... Il faut désormais couper les ponts.
- C'est alors que nous les retrouverons, mais nous aurons coupé les ponts.
- Ils sont à jamais perdus.
- Mais je suis là moi, j'ai de l'espoir.
- Alors nous attendrons.*


Oui, elle attendrait, elle savait que c'était ce qu'il fallait faire, ce qui lui permettrait de ne pas s'inquiéter, pas trop en tout cas.

Finalement la dernière réponse ne l'étonna pas tant que ça. Ce qu'elle pensait avoir compris, enfin compris, depuis peu était désormais sûr.
Les Dieux étaient des hommes, et ces hommes avaient non pas des Dieux mais Un, un seul et unique qui dirigeait tout. Ils l'appelaient Therdone. Laetia ne se permit pas d'émettre un jugement concernant ce Dieu, elle devrait en parler avec d'autres, s'aider pour pouvoir comprendre. Quoiqu'il en soit il paraissait que les deux jeunes femmes seraient de bonnes personnes concernant son culte, basé sur la Volonté. Il était drôle de voir qu'en étant étrangères à un monde elle correspondaient déjà à ses critères religieux.
Alors ce fut à leur tour de répondre, malheureusement, Laetia ne put formuler une seule parole concernant les Jeux de Bakarne que leur interlocutrice prit congé.

Lysandre s'était attiré des ennuis. La jeune Télaran ne savait qu'en penser, elle n'aimait pas beaucoup Lysandre mais sa condition Olarile la forçait à s'inquiéter pour la Chasseresse car bien que son point de vue ait divergé à Arestim de celui du Chef, ils n'étaient plus à Arestim.
L'autre qui avait été arrêtée avec elle pouvait correspondre à beaucoup de personnes. Laetia se surprit à être soulagée que ce soit une femme et donc non Amiguel.
Elle crut la femme lorsqu'elle leur dit qu'elle réussirait à les sortir de prison, elle avait l'air fiable et forte. Et puis pleine de volonté, ça devait jouer selon leur culte, elle l'espérait.

Une fois qu'elle fut sortie elle se tourna vers Liiken.

- Je te conduirais bien tout de suite vers ton bain, mais m'autorise-tu à être un peu égoïste ? J'ai besoin de parler à quelqu'un de posée, en tout cas pour sa tête, sans mauvais jeu de mots.

Que dire en premier ? C'était évident.

- Je crois que comme elle l'a dit nous ne puissions plus rien pour l'instant pour nos amis derrière la Gérax, c'est horrible à dire, mais il va falloir tourner nos efforts autre part, enfin je crois...

Elle n'était pas très sure d'elle, quoi de plus normal ?

- Et puis, que faire de ce Dieu qui est le leur ? Que faire de cette histoire de succession aussi. Tu crois que cette fois ce que nous redoutions le plus se déroule dans notre peuple ? Tu penses que nous allons pour la première fois nous déchirer réellement, plus que nous ne l'avons jamais fait, plus que nous ne l'avons fait concernant l'avènement de Lysandre au pouvoir ? Je crois que nous sommes parties avec les Feux de la Gérax pour nous jeter dans la gueule du loup. Nous avions réussi à nous réunir.

Une expression qui lui passa par la tête la fit sourire, ils étaient passés de mal en pis.

En fait il étaient passés d'Arestim à Edor Adeï.
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Liiken Aryassat
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MessageSujet: Re: "Please, I need Help !"   Jeu 13 Mai - 22:04

Peu à peu, le corps de Liiken se détend. Au fur et à mesure des informations qu’Elenor lui livre, elle sent que même si les problèmes ne sont pas encore derrière eux, la situation est loin d’être désespérée. Son ventre n’est plus aussi tendu qu’auparavant, elle et sent même du mouvement à l’intérieur. Elle songe avec soulagement que le bébé a l’air de bien se porter. Jamais elle ne pourra remercier Elenor correctement pour ce qu’elle vient de faire.

Ainsi donc cette cité s’appelle Edor Adeï ? Une sonorité fort jolie… Liiken n’a jamais entendu associer les mots cité et capitale, mais si elle comprend bien, il y a d’autres villes, mais celle-ci est la plus importante. La jeune femme écoute avec attention ce que leur interlocutrice évoque au sujet de leur culture. Des quartiers bourgeois ? Liiken ne comprend pas vraiment le sens de ce mot. Par contre, lorsque son hôte précise qu’il s’agit des commerçants, elle comprend un peu mieux. Ils ont donc des familles de métiers, comme en Arestim. C’est avec amusement qu’elle se dit qu’Amiguel doit être content d’être dans le quartier qui correspond à celui de sa famille. Elle se demande aussi si la plupart des gens s’appelle Jagharii ici, comme en Arestim, où beaucoup de commerçants s’appelaient Garthésia.

Si Liiken comprend bien ce qui se dit, la ville est fermée, et nul ne pourra sortir, parce qu’il y a des hostiles dehors. Ils ne sont donc pas près de retrouver ceux qu’ils ont laissés derrière. Liiken ne s’en trouve pas réellement surprise. En les laissant derrière, elle leur a dit adieu pour un certain temps, et l’idée ne la rend pas tellement triste. C’est d’autant plus vrai qu’elle a la chance d’avoir avec elle les gens qui compte le plus dans sa vie : son mari, ses enfants, Laetia et Alia. Elle a laissé derrière la plupart de membres de sa famille, mais elle ne désespère pas de les voir un jour qui sait, arriver à Edor Adeï, la ville qui, pour elle, brille de mille feux.

Alors ceux qu’ils prenaient pour des dieux ont en fait leur propre dieu ? Ter quelque chose… C’est trop de nouveauté pour elle, et dans un état encore un peu faiblard, Liiken ne parvient pas à tout assimiler. Alors elle se contente de suivre du mieux qu’elle peut. La religion n’a jamais vraiment préoccupé Liiken qui s’est contentée de prier comme tout le monde sans jamais se poser de questions. Mais les derniers événements tendent à lui faire croire que tout ça ne contient pas grand-chose de vrai. Les dieux sont une mystification bien au dessus d’elle.

À peine Elenor a-t-elle le temps de poser une question au sujet des jeux de Bakarne qu’elle s’élance dans le couloir, à l’écoute de bruits provenant d’en bas. Quelques minutes plus tard, elle revient, et explique en deux trois mots que Lysandre a réussi à s’attirer des ennuis. Liiken pousse un soupir d’exaspération. Si elle respecte désormais son chef et les décisions qu’elle a prises, il faut reconnaître qu’elle a un don pour commettre des fautes. La jeune femme a à peine le temps de remercier son hôte pour son offre de bain qu’elle est déjà repartie. Elle va arranger les choses, et Liiken, sans très bien savoir pourquoi, lui fait confiance.

Laetia semble plus atteinte que Liiken par les nouvelles. Normal songe cette dernière avec une pointe de nostalgie, elle est encore très jeune, et très naïve. Liiken va devoir déployer des trésors d’optimisme pour rassurer son amie avec qui la vie n’est pas très tendre ces derniers temps.

- Je ne tiendrai pas rigueur de me voler quelques minutes de mon bain, je ne suis plus à ça près depuis bien longtemps. En ce qui concerne tes questions, je n’ai pas toutes les réponses, même si j’ai parfois l’air très sage.

Elle a dit ça dans l’espoir de détendre un peu l’atmosphère, puis, elle reprend un peu plus sérieusement.

- Il y a tellement de choses à dire, à faire, à comprendre. Les prochaines semaines vont être riches en découvertes pour nous. En ce qui concerne leur Dieu, je ne sais pas trop quoi penser. Je n’ai jamais beaucoup prêté attention aux questions religieuses, estimant qu’il s’agissait plus d’un rituel comme un autre… Mais nous manquons cruellement d’information pour pouvoir juger de quoi que ce soit en ce moment… Une chose est sûre, Bakarne était un homme, au même titre que nous le sommes tous, nos divinités n’en sont donc pas au sens où tout le monde le comprenait. Lysandre en sait peut-être plus à ce sujet que nous, après tout, elle a lu les Tables.


Voilà tout ce que Liiken peut dire au sujet de la religion. Mais ce n’est pas là le sujet des principales préoccupations de Laetia, comme des siennes. L’avenir des Olarils compte bien plus à leurs yeux que toute religion… Aussi, Liiken poursuit, menant sa réflexion en même temps qu’elle s’adresse à son amie.

- Lysandre a encore fait une bourde, elle s’est à nouveau montrée trop emportée, et ça ne va pas jouer en sa faveur auprès des Olarils. Nous allons bien sûr nous trouvés plus divisés que jamais, mais je pense que notre avenir ici peut être prometteur. Nous avons l’occasion unique de faire table rase du passé, de recommencer une vie, ici, dans un monde différent. Qu’il soit meilleur ou moins bon, là n’est pas la question, c’est à nous de choisir maintenant vers qui nous porterons notre allégeance. La mienne se tournera vers Lysandre, même si elle a commis des erreurs. J’ai confiance en elle, et je sais qu’elle a à cœur les intérêts des Olarils avant tout ! Cette ville elle-même est divisée, si j’en crois ce qu’Elenor nous a dit. Il est fort à parier que tous les Olarils ne prendront pas le même parti. A nous de juger ce qui nous semble le meilleur à faire. Je n’ai pas de conseil à te donner, si ce n’est d’écouter ton cœur, et ce que toi tu veux. La ville est tellement immense que tu pourrais sans peine te fondre dans la masse, et ne plus avoir à te mêler d’intrigues politiques. C’est probablement ce que je ferai, même si je soutiendrai Lysandre dans ses démarches, quelles qu’elles soient.


Ça a été une longue diatribe, mais elle espère que Laetia a compris son message d’espoir.


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