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 N'est pas fou qui veut...

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Asmérel Jaktarii
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MessageSujet: N'est pas fou qui veut...   Mer 7 Avr - 10:06

Fin de matinée, un peu avant l'heure habituelle du repas. Il ne fallait guère attendre à ce qu'Asmée ne fasse son apparition plus tôt de toute manière. Accoutumée à se coucher tard, et se lever tout aussi tard, il était très rare qu'à l'aube elle soit déjà debout. Rien ne valait les plaisir du lit. Seule, ou accompagnée, d'ailleurs. Cependant, il n'était que trop occasionnel que Cyrilis traine dans la couche conjugale. Il avait trop à faire pour perdre son temps ainsi. Elle s'était faite à cette idée depuis longtemps d'ailleurs. Tant pis. Profiter seule de ces instant était tout aussi délectable.

En général, on lui apportait le petit déjeuner au lit. Toujours servi sur un plateau de cuivre. Du pain au céréale avec de la confiture, et du lait chaud sucré. Plus un œuf à la coque. Puis, elle se rendormait un peu, avant de se décider à sortir de son lit pour aller faire sa toilette. Celle-ci durait en général longtemps, et accaparait le plus gros de sa matinée.
Aujourd'hui, elle choisit une robe véronèse au décolleté profond. C'était une des dernières tenue qu'elle avait reçu, et avait grand hâte de la porter. Presque toute sa peau était couverte, hormis l'échancrure à la naissance de sa poitrine et la vertigineuse ouverture qui dévoilait son dos, et même ses reins. Le tout tenait grâce à des fils d'argent tressés et entrelacés les uns aux autres. Ses cheveux étaient dissimulés sous un chapeau vert à plume, et elle ne portait pour bijou qu'une paire de grosse boucle d'oreille anthracites.

Le soleil était déjà haut dans le ciel lorsqu'elle quitta la villa. Elle était accompagnée de sa chienne, ses deux fils et leur nourrice. Asmée ne tenait pas vraiment à s'en encombrer aujourd'hui, mais sa mère avait tenu à voir ses petits-enfants. Que ne refuserait-on pas à sa génitrice ? La santé de celle-ci déclinait de plus en plus, et on lui donnait peu de temps à vivre. Une année, tout au plus. C'est pourquoi toute la famille ou presque s'échinait à l'entourer des meilleures intentions du monde. Même papa, qui pourtant était occupé et irascible ces derniers temps. La faute aux troubles politiques qui se profilaient. Asmée avait entendu les commérages de ses employés. On parlait de l'arrivée d'étranges gens dans les murs de la cité. De crotteux, de sauvages arriérés. On disait même qu'il seraient venus directement de la Gérax.

Asmée avait eu un mal fou à extirper les vers du nez à son cuisinier. Celui-ci avait avoué qu'il tenait ça de la femme du fils de l'oncle de la sœur de sa mère, qui elle-même tenait ça de son mari, qui lui avait discuté avec des soldats à l'entrée de la ville qui eux, auraient vus ces étrangers de leurs yeux vus. Cela s'était passé la veille. Et la nouvelle semblait s'être répandue comme un feu de poudre, atteignant même l'enceinte des Nobles Quartiers. Elle se demanda si son père et son mari étaient au courant... Si même le Gardan Edorta le savait... Cependant, donner foi à des rumeurs aurait signé le discrédit d'Asmée. Et plus que tout, elle avait horreur de passer pour une imbécile.

Lorsqu'ils arrivèrent au Vaste Porche, Asmée prit un moment pour s'arrêter et saluer son monde. Quelques groupes se tenaient debout et discutaient. Des conseillers, mais aussi beaucoup d'autre nobles. Elle en connaissait la plupart, mais ne se contenta que de brefs saluts. Si elle s'attardait, elle en aurait pour des heures.
Ses yeux repérèrent le fou et son petit singe, qui faisaient leurs pitreries. Elenor, sa chienne, s'excita et échappa à la vigilance de la bonne pour aller chasser le macaque.

« Elenor, ça suffit ! Viens ici ! » cria t-elle en se précipitant derrière son animal.

Elle réussi à attraper le collier du canidé avant que celui-ci ne se jette sur sa proie. Elle tira violemment sur le collier de la chienne et lui frappa le museau en l'obligeant à rester couchée.
Puis elle regarda le Fou.

« Je suis désolée, Fou. Cette stupide bête devient folle à chaque fois qu'elle voit un autre animal »

Ses yeux se plissèrent, et elle humecta ses lèvres. Peut-être que lui savait quelque chose, sur les étrangers arrivés en ville. Ce serait même plus que probable, il était toujours au courant de tout...
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Le Fou
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MessageSujet: Re: N'est pas fou qui veut...   Mer 7 Avr - 16:48

En cette journée de printemps radieuse, Le Fou s'éveilla à l'aube. Peu importe le nombre d'heures de sommeil qu'il avait, ou l'heure à laquelle il allait se coucher, il se réveillait toujours avec les premières lueurs de l'aube, et aujourd'hui n'avait pas échappé à la règle. Il partit alors prendre son bain dans les thermes du palais, profitant qu'à cette heure, ils étaient pratiquement vides de monde. L'avantage de son statut, c'est qu'il profitait de nombreux privilèges de la noblesse, sans avoir les inconvénients. Il avait ainsi son propre appartement dans le palais, il pouvait utiliser les thermes, il pouvait participer aux banquets en tant qu'invité quand il ne faisait pas ses numéros, etc. Mais il ne devait pas faire semblant de connaître et aimer tous ces gens, il ne devait pas non plus assister à leurs interminables conseils, etc. De son point de vue, il jouissait d'une situation tout à fait confortable et enviable, qu'il prenait de garder précieusement.

Arrivé à la Salle des Bains, il en choisit un avec du laid tiède, parfumé à quelque chose de très raffiné, mais masculin également. Il ne s'intéressait pas vraiment à l'origine des nombreuses senteurs qu'il rencontrait chaque jour, mais il aimait inspirer de grandes goulées d'air quand l'odeur qui l'entourait était particulièrement agréable, comme c'était le cas ce matin. Ravis de profiter du calme qui régnait dans les bains, Le Fou prit tout son temps pour faire ses ablutions matinales. Il pataugeait depuis une heure environ lorsque les premiers nobles commencèrent à arriver. Sitôt qu'ils furent là, son calme fut troublé et il ne resta guère plus longtemps. Habillé en sortie en bains, il retourna au plus vite dans sa chambre afin de choisir son costume du jour.

Aujourd'hui, il se sentait particulièrement de bonne humeur, aussi se décida-t-il pour des couleurs joyeuses : rouge éclatant et jaune vif. Mis-à-part son premier costume, c'était son préféré. Le bonnet comportait trois branches assez courtes, tournées vers le bas et au bout desquelles se balançaient trois petits grelots dont le son évoquait l'éclat de rire d'un enfant. Son bustier était rouge à droite et jaune à gauche, et des collants aux couleurs inversées. Par dessus, il portait une collerette rayée et agrémentée de grelots, ainsi qu'une culotte bouffante dans les mêmes tons également. Le tout formait un ensemble assez original qui correspondait bien au caractère et à l'humeur du Fou en ce jour.

Désormais prêt à commencer sa journée de travail, Le Fou se rendit auprès du Gardan, dans la Salle des Audiences. N'étant pas autorisé à assister de manière officielle aux Conseils (parfois, il écoutait aux portes, caché dans un ou l'autre recoin de la salle), il fut aimablement prié d'aller divertir les gens qui se promenaient dans le porche. C'est donc en sautillant qu'il se dirigea vers son lieu de travail pour la matinée.

Une fois sur place, il commença par s'échauffer en jonglant avec divers objets quelques minutes. Pim' participait lui aussi, en jonglant de son côté, et en lançant de temps à autres des nouveaux objets que Le Fou intégrait à ceux qui dansaient déjà au dessus de sa tête. Depuis longtemps maintenant, il ne se contentait plus de simples balles, il avait également des couteaux, des torches qu'il utilisait seulement en soirée ou dans la nuit, mais aussi toutes sortes d'objets insolites comme des quilles, des cerceaux, des vases, des chapeaux, des tissus, etc.

Une fois qu’il se jugea correctement échauffé, il entreprit de faire quelques tours de magie aux personnes qu’il ne connaissait pas ou qui ne venaient que rarement au palais. Il était au milieu d’un groupe de nobles, Pim’ à ses pieds cherchant quelques miettes qui s’échappaient des collations que certains dégustaient avec patience. Les nobles achevaient de se remettre de l’impressionnant tour du Fou quand un chien se mit à aboyer férocement à l’encontre de Pim’. Celui-ci, craintif de nature précipita se réfugier sur l’épaule de son maître alors que la bête féroce était récupérée par sa maîtresse qui se confondait en excuses. Le Fou reconnut Asmérel Jaktarii, une noble aux mœurs pour le moins douteuses. Si Le Fou n’en n’avait pas été témoin à plusieurs reprises, il n’aurait pas cru tout ce qu’il entendait à son sujet.

- Ce n’est rien, Ma Dame, vous l’avez rattrapé à temps, mais ne le laissez pas recommencer ! Prenez garde que Pim’ ne se venge, il est assez rancunier. Si vous deviez perdre un bijou dans les jours à venir, venez me trouver, il se pourrait que je puisse vous aider…

Il avait tenu en disant cela à ce qu’elle comprenne qu’il ne lui en voulait pas, mais qu’elle avait intérêt à mieux son chien à l’avenir. Après tout, Pim’ ne dérangeait personne, et la plupart des gens le trouvaient même très amusant ! Pas comme cette grosse brute de chien qu’elle avait eu le culot de surnommer Elenor, référence pour le moins explicite à Elenor Jagharii qu’elle détestait notoirement.
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Asmérel Jaktarii
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MessageSujet: Re: N'est pas fou qui veut...   Jeu 8 Avr - 9:13

Étrange personnage que le Fou. Asmée ne savait pas si elle le trouvait terriblement drôle ou insupportablement agaçant. Très certainement, un peu des deux. Les envolées lyriques du bouffon et ses fantasques paroles étaient bien trop souvent aléatoires et incertaines pour que qui que ce soit puisse se faire une opinion sur les positions du Fou. De tout le palais, c'était probablement le personnage qu'elle trouvait le plus insaisissable, le plus incompréhensible et le plus imprévisible. Elle aimerait bien, percer son mystère. Savoir d'où il venait, et quels étaient ses projets en arrivant ici. Pourquoi était-il venu trouver le Gardan Edorta...Et que lui apportait-il, autre que son humour décalé et souvent douteux...
Bref, elle le posait les mêmes questions que la majorité des gens qui croisaient la route de ce clown.

Elle le considéra du regard. Il était laid. Laid et affreux. Mais pourtant splendide, dans son costume coloré. Il n'était pas vraiment un homme, aux yeux d'Asmée, mais plutôt un être asexué, exempt de toutes motivation sexuelles. Quelle femme aurait voulu partager la couche de ce dément, de toute manière ? Il aurait fallu être... folle ?
En se redressant, Asmée passa une main sur sa joue pour appuyer ses excuses. Ses yeux examinèrent le singe, Pim'. Quelle horrible petite créature, si laide. Elle n'aimait pas ces animaux, elle les trouvait rebutants. Ils criaient, gesticulaient dans tous les sens et étaient peureux.

« Pourquoi perdrais-je mes bijoux, le fou ? » demanda t-elle. «  J'ose espérer que tu maitrises suffisamment ta bestiole pour savoir la retenir. Après tout... ce n'est pas ma faute, si ma chienne n'aime pas Pim'. »

Elle passa une main contre l'oreille de Elenor qui se mit à aboyer joyeusement, la langue sortie de sa grande gueule. Comme si rien ne s'était passé, ou presque. Brave chienne... Elle sortit une petite friandise de son sac qu'elle jeta au sol pour flatter sa vieille amie. Celle-ci ne se fit pas prier pour l'engloutir. Qui refuserait un bon biscuit préparé avec amour par l'un des cuisinier de sa villa ?

« Dis-moi mon fou chéri, toi qui a vent de toutes les rumeurs dans les murs du palais.. qu'as-tu entendu, sur ces étrangers arrivés en ville ? Sais-tu quelque chose sur eux ? »

Elle tourna autour de lui d'un pas lent, faisant courir un doigt sur ses épaules frêles et nerveuses. Elle s'amusa ensuite avec un des grelots qui auréolaient sa coiffe de bouffon. Elle le fit tinter en le titillant du bout de l'ongle, et s'en amusa beaucoup. Ce petit bruit était tellement caractéristique du fou. Indissociable, même.

« Que disent les conseillers, à leur sujet ? »

Asmée sortit un autre biscuit de son sac, qu'elle tendit au macaque.

« Si tu me réponds, je te donnerai quelque chose pour ton costume... Quelque chose de beau, de brillant. Comme tu aimes »
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Le Fou
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MessageSujet: Re: N'est pas fou qui veut...   Ven 9 Avr - 13:02

Le Fou vit le mépris passer dans le regard d’Asmérel, elle n’avait très certainement aucun considération pour lui. Il fallait reconnaître que cette femme était d’une grande beauté, ou tout du moins selon les goûts du Fou. Ainsi donc, elle estimait que c’était à lui de surveiller son singe plutôt qu’elle sa chienne enragée ? Il était temps de remettre les pendules à l’heure, sans pour autant lui déclarer une guerre ouverte. Une guerre signifierait dévoiler un peu de lui, et le Fou n’était pas prêt à lui faire ce plaisir. Aussi prit-il un malin plaisir à prendre le contre-pied de ce qu’il venait de dire un peu plus tôt.

- Veuillez excusez mes paroles, ma Dame. Je me suis laissé emporter, voyez-vous, c’est que votre chien pourrait ne faire qu’une bouchée de mon singe, et vous pourrez le comprendre aisément, je n’aime pas du tout cette idée. Il est évident que, moi, je sais tenir mon animal, et que je l’empêcherai de venir vous chaparder !

C’était à peine perceptible, mais il avait très légèrement appuyé sur le « moi », montrant ainsi qu’il gardait un ascendant sur elle dans cette conversation. A part sa place peut-être, le Fou avait toujours estimé qu’il n’avait rien à perdre, aussi prenait-il un malin plaisir à provoquer les gens de temps à autres. Jamais quelqu’un n’oserait se plaindre au Gardan pour une chose aussi futile qu’une remarque de ce genre, sa place était donc assurée.

La suite des paroles d’Asmérel ne manquèrent pas d’interloquer le Fou. Ainsi donc, elle s’adressait à lui en quête d’informations. Voilà qui le mettait dans une position tout à fait plaisante ! Voici qu’une noble, réputée pour ses goûts et son influence s’adressait à lui pour avoir des informations de première main. Et il était vrai qu’il n’en manquait pas. En passant prendre con petit déjeune aux cuisines, ce matin, il avait entendu de nombreux serviteurs discuter entre eux. On parlait d’un étrange groupe de pouilleux qui étaient arrivés en ville, l’air hagard, et ne correspondant en rien à ce que l’on se faisait comme idée de ce que la prophétie avait annoncé. D’ailleurs, il paraîtrait que l’Oracle était descendu en personne pour les accueillir, une cuisinière l’avait reconnu en partant travailler. Elle était de celle qui étaient de service pour l’après-midi, ce qui expliquait qu’elle ait quitté sa demeure si tard. Son récit avait été riche en détails, ravie de l’attention qu’on lui accordait pour une fois. Le Fou était resté à écouter, discrètement, comme à l’habitude. Il se souvenait très bien des paroles de la dodue :

« Ils sont peu nombreux, trois dizaines, quatre tout au plus ! Ils sentent terriblement mauvais. Je n’avais jamais rien senti de pareil, même les écuries n’en sont pas à ce point-là ! Il y a des jeunes, des vieux, des femmes, et même quelques enfants ! Ils sont vraiment bizarre, habillés de manière très rustre, avec des peaux de bêtes et ce genre de choses. Si on ne m’avait pas dit qui ils étaient, j’aurais cru à une bande de sauvage des montagnes ! Ils sont à l’auberge du Ceste Clouté, chez Sieben. Je ne leur ai pas parlé, mais ils semblent pouvoir le faire, d’après ce que j’ai vu, et mieux que certaines personnes ne semblent le croire. »

Elle avait continué pendant une bonne demi-heure encore, racontant à tous et toutes ce qu’elle avait vu et entendu à leur propos. La nouvelle circulait partout dans le palais, tout le monde en parlait, il n’était donc pas étonnant qu’Asmérel en ait eu vent elle aussi. Il ne fallait pas être bien curieux pour savoir qu’il y avait là une nouvelle qui serait le sujet principal de toutes les conversations pendant quelques semaines au moins !

Le Fou dut réprimer fortement une envie de rire lorsqu’Asmée lui proposa d’acheter ses informations en lui offrant un grelot et en donnant un biscuit à Pim’. Elle était naïve si elle croyait que ces belles paroles allaient le convaincre de lui livrer des informations dignes de ce nom. Surtout à elle. Sans trop savoir pourquoi, Le Fou ne l’appréciait pas beaucoup. Bien sûr, il n’était vraiment attaché à personne, mais avec certains, c’était plus facile qu’avec d’autres. Et ici, ce n’était clairement pas le cas. Elle avait cette manie de lui parler comme s’il était un enfant à qui il suffisait d’offrir une petite récompense pour qu’il s’aplatisse devant elle. Or, il était hors de question de lui livrer des informations de réelle qualité. Il avait entendu ce que certains conseillers murmuraient sur l’arrivée des descendants de Barkane, et il n’allait certainement pas lui parler de ça sans en référer d’abord au Gardan. Il choisit bien ses mots avant de s’exprimer, il voulait lui donner l’impression qu’il la mettait dans une confidence, même si ce n’était pas le cas.

- Je puis vous révéler ce que j’ai entendu ce matin, dans les cuisines. L’une des nôtres les a vus. Ils sont effectivement arrivés ce matin, et ils sont en ce moment-même à l’Auberge du concubin de cette chère Elenor. Il paraîtrait qu’ils sentent mauvais… Très très mauvais. L’Oracle en personne s’est déplacé pour aller les accueillir. Ils sont une trentaine selon ce qu’elle raconte, et ce n’est pas ma seule source.

Puis, sur le ton de la confidence, comme s’il allait lui révéler quelque chose de réellement très important, il ajouta :

- Ils ne sont pas comme nous l’avions crus ! On parle de gens rustres, habillés en peaux de bêtes, rien de très folichon en tout cas. Certains parlent d’une immense erreur, d’autres sont déçus, mais une chose est sûre, leur arrivée n’est pas passée inaperçue parmi les conseillers. Certaines rumeurs sont effarantes, mais je ne peux me permettre de vous révéler tout cela ici, ce n’est pas vraiment discret de parler sous le porche !

Il ne voulait pas lui laisser l’opportunité de croire que dans un endroit plus discret, il serait plus loquace, aussi, il poursuivit :

- Et sachez également qu’un simple grelot ne suffira pas à m’arracher certains secrets, pour autant que j’en connaisse qui puisse vous intéresser. Vous manquez de subtilité parfois…

Sur cette parole peu aimable, mais si amusante de son point de vue, il partit d’un grand rire, comme pour masquer l’importance de la conversation qu’ils étaient en train d’avoir.
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Asmérel Jaktarii
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MessageSujet: Re: N'est pas fou qui veut...   Ven 16 Avr - 0:25

Impertinent petit Fou. Sa verve n'avait d'égale que sa langue acide, et bien aise à tous de le brosser dans le sens du poil. Qui s'y frottait s'y piquait, et les épines du bouffon étaient acérées. Comme son esprit retors et dérangé.
Asmée n'aimait pas la contradiction. Et la détestait d'autant plus qu'il gardait son petit air malicieux et suffisant lorsqu'il se mettait à piquer de son rachis. Les yeux de la fille du conseiller se plissèrent, et dardèrent le Fou avec un brulant éclair d'animosité. Elle l'aimait pour sa bêtise et le détestait pour son effronterie. L'adorait pour ses pitreries et le honnissait pour ses répliques acides...

« Très bien » concéda t-elle avec superbe. « Gardons tout deux nos précieux amis à nos pieds et épaules, et faisons une trêve. »

Elle regarda sa chienne et lui caressa une nouvelle fois la tête pour la flatter. Le problème était résolu, ainsi. Qu'ils s'en tiennent tout deux aux limites de leur domaines, et qu'aucun des deux n'aille empiéter sur le territoire de l'autre. Lutter contre le Fou était bien souvent source d'opprobre et de discrédit, et s'aventurer à provoquer la fille du conseiller le plus puissant d'Edor Adei revenait à se bannir de la société du palais et des Nobles Quartiers. Papa était toujours là, pour voler au secours de son petit sucre d'orge bien aimé. Et ce que petit sucre d'orge réclamait, papa apportait...
Elle se remit à sourire, affable, comme si rien ne s'était passé quelques minutes auparavant. Quelle piètre femme du monde aurait-elle fait si conserver les apparences avait été hors de sa portée. Mais fort heureusement, il était tout de même quelques arts dans lesquels elle pouvait se targuer d'exceller. Et celui-là en faisait éminemment partie.
Asmée tendit l'oreille à la tirade du Fou. S'il était d'apparence stupide et simple, il était cependant un véritable puit d'informations et de rumeurs. Comme il devait s'y amuser, en plus... Cependant, elle n'était pas stupide. Elle connaissait la réputation du Fou, et n'était pas sans ignorer que ce dernier était bien aise de filtrer ses informations selon ses interlocuteurs. Combien de personnes avait-il leurrées avec cette méthode versatile ? La croyait-il réellement aussi mijaurée et péronnelle qu'elle apparaissait souvent ?

Ainsi, les étrangers logeaient à l'auberge de Sieben Raetan, le vieil étalon grisonnant d'Elenor... Ce n'était pas une nouvelle très réjouissante. Cette coquine allait s'empresser de prendre pour elle les avantages qu'offraient les bouseux. Elle allait les corrompre avec ses idées de Dissidente... Ah, l'enragée catin ! Même absente, elle continuait de pourrir les journées d'Asmée.
Et que faisaient donc papa, et Cyrilis ? Ne devaient-il pas déjà être là-bas, à récupérer pour eux ces énergumènes ?
Le Fou révéla que Therdorus s'y était déjà rendu... quelle étrange nouvelle. Sa venue dans cette auberge confirmait, de toute évidence, l'importance des nouveaux arrivants... Qu'avait donc cherché l'Oracle en s'y rendant ? Semer le trouble, comme il savait si bien le faire, ou réellement accueillir ce peuple ? Et pourquoi ne mentionnait-on pas que des représentants du Conseil s'y étaient également rendu ? L'ignorait-on, dans les enceintes du Palais ?
Il fallait qu'elle voit papa. Ou Cyrilis.

« Tu peux garder tes secrets pour toi, le Fou. J'en apprendrai bien d'avantage par d'autres que toi. » jeta t-elle.

Il lui avait dit qu'elle manquait de subtilité. Il la prenait pour n'importe qui. Pour une vulgaire fille de noble. Elle n'aimait pas les insultes -car c'en était une pour la digne fille de Riarg Karnimacii- ni les insinuations. Ses joues s'empourprèrent, et elle le regarda, mauvaise.

«  Je vois. Eh bien, mon manque de subtilité et moi partons. Tache de ne pas vomir plus de mots que tu n'en dégobilles déjà, le Fou. On va finir par croire que tu es moins sot que tu en a l'air. »

Elle inclina la tête pour le saluer, puis fit claquer sa langue pour que Elenor se lève et la suive jusqu'aux grandes portes de l'entrée du palais.
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MessageSujet: Re: N'est pas fou qui veut...   Ven 30 Avr - 17:21

Asmée était d'un méchante humeur, et tout comme le Fou ne l'appréciait guère, l'inverse semblait exact aussi. Mais qui pouvait aimer cette pimbêche ? Cette fille à son papa ne méritait pas qu'on s'attarde sur elle, et le Fou n'était pas mécontent de son petit effet. Sa remarque acide qu'elle avait lancée en partant n'était pas passée inaperçue au milieu des gens présents sous le porche, mais le Fou n'était pas homme à se laisser désarmer par si peu. Comme à son habitude, il aurait le dernier mot.

- Moins sot que j'en ai l'air ? Oh non, je ne crois pas. À part vous, personne n'était suffisamment stupide ici pour oser croire que derrière mon costume se cachait un homme sans cervelle.

La repartie fit rire quelques personnes aux alentours, ce que le Fou appréciait par dessus tout. Pour rabattre son caquet définitivement à cette pimbêche, il lui s'approcha d'elle par derrière, la faisant sursauter et la salua d'une gracieuse courbette avant de s'en aller bondissant vers la sortie, les précédant, elle et son chien.

Voilà donc une journée qui avait passablement bien commencé. Mais la journée était encore peu avancée, et il devait en théorie retourner sous le porche, conformément aux désirs de son maître. Mais il avait envie d'en apprendre plus sur ces nouveaux arrivants, les descendants de Barkane. Si ce qu'on racontait était vrai, ils devaient vraiment être pouilleux. Il avait envie de les rencontrer de plus près, mais s'il ne voulait pas compromettre ses qualités d'informateur discret, il valait qu'il se contente d'écouter les conversations pour le moment. Un regard à une clepsydre un peu plus loin lui apprit que le conseil devait probablement être fini, et que le Gardan souhaiterait sûrement le voir.

Le Fou, tout en laissant traîner ses oreilles un peu partout partit vers la salle des Audiences, là où le Gardan devait s'être rendu à présent. Lorsqu'il arriva dans la salle, elle était pleine de monde, des toutes les catégories sociales. Le siège de la ville venant à peine de commencer, l'ambiance était à l'inquiétude, et nombreux étaient ceux qui venaient exposer leur angoisse au Gardan. Le Fou, lui n'en n'avait aucune, convaincu qu'il était que la ville pourrait sans problème repousser cette vague de révolutionnaires. Après, ils disposaient d'une puissante armée de ressources importantes. Et au pire, songeait-il, si un nouveau chef détrônait l'actuel Gardan, il entrerait tout simplement à son service.

D'un regard, il balaya les nombreuses personnes réparties dans la salle, il y avait des gardes, de nombreux nobles, qui aimaient assister à ce genre de séances, puis, il y avait ceux qui voulaient voir le Gardan afin de lui demander conseil. La fonction bénéficiait d'un immense prestige qui malgré les intrigues politiques actuelles ne faiblissait que peu quand on voyait le nombre de gens présents. Le Fou alla s'installer aux côté du Gardan, et personne ne le stoppa, tous les gardes le connaissaient parfaitement. Quand le Gardan eut terminé avec l'homme agenouillé devant lui, il se tourna vers son bouffon, dans l'attente des nouvelles qu'il allait lui fournir. Le Fou lui raconta ce qu'il avait entendu et qui était digne d'attention, allant à l'essentiel étant donné la foule qui s'étalait devant eux. Ysor approuva d'un signe de tête les informations que le Fou lui avait fournies avant de retourner à ses préoccupations de chef de la ville. Le Fou, décida de retourner sous le porche, en quêtess d'autres informations.

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