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 Les heures longues [Laetia]

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Sorastrata Hirune
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MessageSujet: Les heures longues [Laetia]   Ven 15 Jan - 23:46

La nuit était si avancée qu'il allait bientôt se faire tôt au lieu de tard. Sorastrata n'avait pas dormi depuis des jours. La fatigue, la faim et l'insomnie avaient creusé ses joues et ses yeux s'étaient enfoncés un peu plus dans ses orbites chaque jour, menaçant de disparaître dans son crâne soucieux. Mais ces jours-ci, tous les Olarils avaient une tête à faire peur. Mais pour Grand-Mère, cette nuit-ci était différente. Ce matin, Lysandre avait fait l'annonce du départ, donnant force de vérité aux paroles d'Arngrim et aux myriades de rumeurs qui circulaient dans le camp depuis des semaines. Et ce soir, la matriarche s'était finalement trouvée incapable de rester immobile jusqu'au matin, assise sur le sol, à écouter les bruits de la nuit pour y guetter les ombres et les paroles des spectres.

Elle avait laissé Kuna dans la tente, où le grand chien devait encore dormir comme un bienheureux. Lui aussi se faisait vieux, et bien qu'il endure mieux que les hommes le statut de réfugié, il tombait facilement dans le sommeil, et n'en ressortait qu'avec difficulté. La vieille Chasseresse aurait pu le réveiller et trouver un peu de réconfort dans son affection insouciante, mais elle n'avait pas le coeur de le déranger. Elle était sortie de la tente à petit pas, appuyée sur le simple bout de bois qui lui servait à présent de support. Sa jambe était à présent trop lasse, ou parfois trop tendue, pour qu'elle puisse dissimuler le boitement. Elle n'avait de toute façon plus cure de ce que les Olarils pensaient d'elle et ne faisait plus d'effort pour cacher son âge et sa faiblesse. Là encore, elle était loin d'être la seule infirme.

L'espace d'un instant, elle s'était demandée si elle aurait le temps et la force de marcher jusqu'aux ruines d'Arestim, peut-être de visiter ce qui restait de la Nécropole. La voix d'Erymanthe y serait peut-être plus audible, pensa-t-elle. Mais alors que son esprit épuisé s'attardait sur cette notion, les faibles lueurs du sanctuaire accrochèrent son regard, et elle les suivit, comme ensorcelée. A cette heure de la nuit, chaque geste, chaque pensée était un effort exclusif et son esprit semblait se figer jusqu'à ce que l'étape en vue soit atteinte. Elle n'avait même pas pris le temps d'appréhender l'idée que le peuple Olaril quitterait bientôt ces terres pour ne jamais revenir. Tous les autres avaient montré une réaction, qu'elle soit d'espoir, de refus ou d'appréhension, mais elle n'avait rien dit, n'avait rien fait. Sorastrata s'était contentée de retourner à ses tâches, le regard fixe et le visage vide.

Elle entra dans la grande tente qui servait de temple au peuple d'Olaria et s'approcha lentement des idoles grossières représentant les dieux. Les menuisiers Pélégon les avaient gravés avec une ferveur aveugle, sans se rendre compte du tremblement qui gâchait le travail de leurs mains, trop occupés qu'ils étaient à occulter la pensée que les dieux les avaient reniés et ne les écouteraient probablement plus jamais. Sorastrata n'avait pas non plus réfléchi à cela : depuis que la Gérax s'était déchaînée, sa seule pensée se rapportant aux dieux avait été celle de son châtiment. Mais même cette idée avait été fanatiquement occultée, effacée par le devoir souverain envers ses enfants et son peuple. Elle s'agenouilla avant de s'écrouler de fatigue et déposa six fois un baiser sur sa main, et six fois elle posa sa main sur les pieds des statues. Chaque jour, Grand-Mère avait offert le tribut légitime aux fondateurs d'Arestim, figée dans un réflexe qu'elle n'avait jamais remis en question en plus de soixante-dix sept ans de vie.

Sur un côté de la tente, on avait laissé une ouverture en hauteur, qui donnait une vue sur les plaines, et au loin sur ce qui avait été le foyer du Peuple, le village des dieux. A même le sol, sur des petites tablettes, étaient allumées des centaines de bougies. Une pour chaque Olaril emporté dans la catastrophe ; le compte était précis, l'Administrateur y avait veillé. Sorastrata aurait dû se détourner de ce spectacle ; dans son esprit calcifié, toujours sous le choc, le réflexe d'instinct aurait dû être de partir, de sortir du temple et de chercher une autre distraction dans le camp. Mais ses pensées ne parvinrent pas à rester enfermées : elle n'avait pas le droit de négliger ses enfants, encore moins de leur refuser une prière.

Elle se releva avec peine et boîta jusqu'au mémorial. Se penchant doucement, elle prit une des bougies qui brûlait encore et ranima la flamme d'une autre, la plus fatiguée qu'elle puisse trouver. Il fallait qu'elle dise quelque chose. Que pouvait-elle leur dire ? Qu'avaient-ils besoin d'entendre, là où ils étaient ? Pouvaient-ils l'entendre, depuis la demeure des dieux ? Y étaient-ils seulement, où Bakarne avait-il renié jusqu'aux âmes des morts ?

Je...

Elle voulut se remémorer leurs visages, chacun de leurs noms. Ce qu'ils aimaient, ce dont ils avaient peur et ce qu'ils avaient besoin d'entendre. Elle ouvrit une bouche tremblante, pour dire à Talaan que son fils était encore en vie, à Macha qu'elle n'avait pas voulu être si dure avec elle, ce jour où son arc s'était cassé, à Hemric qu'elle espérait que Filhakan apprécierait sa musique, à Garret que ses messages manquaient au camp, à Una qu'elle promettait de prendre soin de ses filles et de sa soeur, à Erymanthe qu'il lui manquait tant...

Mais Grand-Mère ne put que balbutier, sa voix secouée par les sanglots. Elle passa sa main sur ses yeux puis couvrit sa bouche. Elle pleura et tomba à genoux. Elle sanglota de toute sa voix, changeant ses pleurs en hurlement comme si la douleur allait avoir raison de son vieux corps. Elle pleura et pleura encore, poussant de long gémissements sans se soucier de ceux qui pourraient l'entendre, dans les grandes ombres du camp. Elle était seule. Son village ne serait bientôt plus que le souvenir d'une ruine à l'horizon. Les statues n'étaient que des silhouettes silencieuses sous la tente. Ses enfants étaient morts et les dieux étaient partis. Elle était seule.


La vieillesse bien comprise est l'âge de l'espérance.
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Laetia Télaran
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MessageSujet: Re: Les heures longues [Laetia]   Dim 17 Jan - 19:27

Laetia sortit de sa tente, elle avait enfin fini l'inventaire avec Amiguel. Le sommeil ne lui était décidément pas revenu, elle fit donc ce qu'elle s'était promis : rechercher ceux qui auraient le plus besoin d'elle.

Mais voilà déjà plus de la moitié de la nuit qu'elle parcourait le camp sans pour autant trouver quelqu'un qui suscite son intérêt. Elle ne pouvait rien pour ceux qui étaient gravement blessés, encore, ils ne pourraient sûrement pas partir, et les autres disposaient de quoi transporter leurs maigres biens.

La déception se lisait sur ses traits, déjà depuis longtemps elle réfléchissait, sa mémoire travaillant de long en large sur les souvenirs de ceux qui étaient dans le camp. Les jeunes ? Il ne fallait même pas espérer pouvoir les aider, de toute façon ce serait illogique. Il fallait donc se tourner vers la partie âgée de la population Olarile. Mais qui ayant un âge vénérable partirait pour les dangers de la Gérax ?

Encore une impasse... Au final, il était bien difficile d'aider les autres. C'est alors que Laetia pensa à quelqu'un. Sorastrata Hirune, Grand-Mère de Lysandre, partirait, elle en était sûre. Elle était au minimum septuagénaire, elle ne transporterait donc pas sur son dos tous ses biens.
Laetia passa d'une moue déconfite à une joie infantile.

Restait un nouveau problème, encore un. Elle ne savait pas où se trouvait la tente de la doyenne Hirune. Elle était peut être même passée devant dans son errance sans même s'en rendre compte. Qui pourrait l'aider ?
Et voilà que ni une ni deux Laetia Télaran était repartie dans une course effrénée, à la recherche de l'information capitale, des personnes parcouraient encore le camp tout à l'heure, et désormais il était désert.

*Je dois disposer d'un quota de chance facilement atteint, pourquoi rien ne va quand j'en ai besoin ?*

Un garde passa alors à portée de vue, Laetia l'interpela afin qu'il lui indique où se situait la tente de la doyenne Hirune. Si elle avait bien compris, celle-ci était non loin du sanctuaire improvisé. Demi-tour, voilà que la tente se trouvait à l'extrême opposé d campement, Laetia commençait à s'ennuyer de cette « ballade » à travers les tentes.

Elle était enfin arrivée, si elle avait bien compris, évidemment elle avait dû redemander à une personne passant le chemin pour connaître la tente exacte. Elle s'apprêtait à soulever un pan de la tente, elle savait que c'était impoli, mais elle ne ferait pas intrusion dans cet espace, et elle espérait que Dame Hirune lui pardonnerait de l'avoir réveillée. Une grande inspiration, une, pour avoir le courage de le faire. Le tissu se souleva, personne apparemment, un souffle provenait d'une grosse forme indistincte près du lit, mais aucune trace de Sorastrata.

Un cri retentit alors provenant du sanctuaire. Laetia se précipita, un fois encore, vers le lieu de recueil. Elle était là, la doyenne Hirune était secouée de soubresauts, Laetia s'attendait à proposer son aide à la vieille femme, pas à la trouver dans un tel état de détresse.

- Excusez-moi si je vous importune Dame Hirune.

Laetia s'agenouilla à côté de la Grand-Mère, ralluma une bougie et dit :

- Je ne sais pas ce qui vous arrive, mais pour vous mettre dans un tel état, la blessure doit être immense. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, ne traversez pas vs épreuves seule. J'ai interiorisé après la catastrophe, et sans une personne que je considère comme une très bonne amie, ce mal m'aurait rongé. Je pense que vous êtes plus touchée que moi, vous devez d'autant plus vous décharger... Si vous le voulez bien.

Une aide, pas celle qu'elle espérait donner, une aide bien plus conséquente qu'elle n'y pensait.
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Sorastrata Hirune
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MessageSujet: Re: Les heures longues [Laetia]   Lun 3 Mai - 17:11

[désolé pour le retard Embarassed ]

Lorsque Laetia s'agenouilla près d'elle, Sorastrata s'était déjà presque vidée de ses forces et avait cessé de crier. Privée de toute l'énergie qu'elle avait mise dans ses lamentations, elle s'était affaissée au sol et sanglotait. Elle était à bout, son visage était celui d'un fantôme après ses longues nuit éveillées et les efforts qui avaient faussé son rétablissement. Grand-Mère n'avait à présent plus la force de retenir ses larmes, de cacher le désespoir qui l'écrasait ; croyant être seule, elle s'était laissée aller, mais l'arrivée de la jeune fille ne changea pas grand chose.

Elle ne la vit pas arriver, ne l'entendit pas l'interpeller. Ce ne fut que lorsqu'elle la toucha, d'une main pleine de sollicitude, que Sorastrata sembla se rendre compte sa présence. Mais elle ne sursauta pas, elle ne lui répondit pas. Elle ne sembla même pas entendre les paroles qui lui offraient de l'aide. Avec des gestes lents, rendus maladroits par la fatigue, elle agrippa les épaules de la jeune fille comme une bouée de sauvetage et se colla contre elle. Laissant tomber sa tête sur son épaule, elle pleura encore, son corps agité de sanglots douloureux.

La révélation de sa faute, la culpabilité qui la dévorait, le désespoir de Jézabel et de Luminara, le choc face à la catastrophe, la peur que sa jambe ne guérisse jamais et le dégoût de la chasse qui naissait lentement dans son coeur, les plans aveugles pour l'avenir et les coeurs à rassurer, et la mort, toujours la mort, partout autour d'elle...Tout, elle avait réprimé toutes les peurs, les sentiments et les souffrances forgées dans le feu du désastre pour se consacrer à ses filles et à son peuple, à leur survie et à leur futur. Mais même en cela, il n'y avait pas d'espoir permis : qui pouvait dire si Jézabel se remettrait un jour de ses années de rancoeur ? Si Luminara pourrait supporter le deuil ? Si Lysandre allait vraiment s'assagir et prendre les bonnes décisions ? Et voici que le peuple Olaril la décevait encore, en versant à nouveau dans la traîtrise, mené par le fanatisme du Pontife. A présent ils allaient partir, et sans doute perdre la vie en vain à tenter de franchir la Gérax. Que restait-il et que pouvait-on attendre, si ce n'était le déclin et la mort ?

Elle ne pouvait pas rester seule. La matriarche savait que si elle demeurait seule avec ses pensées, elle tenterait encore de prendre sa vie, et elle n'en avait pas le droit. Alors elle s'accrocha à Laetia avec le peu de forces qui restait dans ses vieux membres et pleura. Peu lui importait que d'autres connaissent ses fautes : Grand-Mère n'aurait rien tant aimé que d'être méprisée et jugée à nouveau. A travers les sanglots, elle balbutia d'une voix rauque, enrouée.

Mes enfants...mes soeurs, mes filles, mes fils, mon époux...les Dieux me les ont pris, ils m'ont pris mes pauvres enfants...


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MessageSujet: Re: Les heures longues [Laetia]   Mer 12 Mai - 23:23

Elle ne savait pas comment réagir face à une telle démonstration.
Elle voulait apporter du réconfort mais ne s'attendait pas à ça. La seule solution qu'elle trouvât fut de prendre la vieille dame dans ses bras. Bien sûr elle dépassait ainsi toutes les convenances, ne se cantonnait pas au rôle qui aurait dû être le sien dans une telle situation et se rapprochait bien vite d'une personne qu'elle ne connaissait que de nom en fait.
La surprise était même présente sur son visage, heureusement pour elle elle se reprit et rendit son étreinte un peu plus naturelle pour la vieille dame. Elle se voulait rassurante opposant au désespoir de la doyenne des Hirune, une petite lueur d'espoir.

Entendre ainsi une personne évoquer sa famille, voir combien le malheur pouvait s'acharner sur une même personne fit sortir un immense soupir de la poitrine de Laetia. Panpale était en fait bien cruel, il l'avait été avec tout le peuple Olaril, privant chacun d'un ami, d'un membre de sa famille, mais Sorastrata Hirune avait été privée de tant de personnes, et non pas seulement à cause de cette catastrophe.

- Calmez-vous. Il faut que vous respiriez un peu. Pleurez tout votre soûl mais tâchez de pouvoir éliminer ce qui vous fait mal à la fois. Comme je vous l'ai dit, il ne faut pas intérioriser, ressasser sans cesse la même chose ne permet rien de nouveau, en fait j'ai l'impression que l'on a plus tendance à se détruire de l'intérieur, à ronger un frein invisible, à porter un poids dont on est le seul à connaître l'existence.

Elle parlait, et en même temps resserrait ses bras autour de la vieille dame. Elle voulait diffuser le réconfort qu'elle avait reçu elle aussi, montrer que la vie pouvait aussi être rose même dans des situations d'une telle horreur.

- Je ne sais pas tout ce qui vous est arrivé, je ne sais pas tout ce qui est arrivé à votre famille.

Un peu en fait... Mais là n'était pas le réel problème.

- Si vous avez besoin de parler, faîtes-le, n'hésitez pas une seule seconde. Débitez, déversez autant de phrases et de mots que vous le pouvez. Je ne suis pas là pour vous juger, je n'en ai ni la capacité ni la volonté, si je peux soutenir un peu de ce poids et l'aider à disparaître, alors laissez-moi être une canne.

Elle ne savait plus quoi faire, plus quoi dire, elle ne savait même pas s'il était possible de consoler la doyenne Hirune.
Laetia avait pu l'être, mais elle n'avait que seize années écoulées, n'avait pas accumulé du chagrin à n'en plus voir le bout, sa butte de tristesse faisait pâle figure face à la montagne qui écrasait apparemment Sorastrata.
Serait-il possible au fait de la consoler ? La jeune fille réussirait-elle à tirer la vieille Hirune du gouffre où elle était tombée ?
Elle le voulait en tout cas de tout coeur et se disait que si le coeur désirait ardemment une action, il n'y avait aucune raison pour que l'esprit ne puisse l'accomplir.
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