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 Le Pouvoir et le Culte (Le Pontife)

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Lysandre Hirune
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MessageSujet: Le Pouvoir et le Culte (Le Pontife)   Sam 21 Nov - 19:23

Le Pouvoir et le Culte. Il fallait qu'ils se rencontrent rapidement. Lysandre ne souhaitait pas laisser planer sur le maigre Campement qui s'était formé non loin des Ruines du Village l'image d'un chef qui met du temps à se remettre de ses blessures, pendant qu'ils souffraient eux-même le martyr. Elle voulait leur montrer à quel point elle était de retour : donner plus d'envergure à Ergan Dialon, à l'image de l'initiative de son époux, permettre à Amiguel et à Oril de reformer la garde qui jadis agissait afin de la protéger des Opposants... Et rapidement prendre en main le problème « Pontife » et « Frère de Laclaos ».

Il était nécessaire d'imposer cette vision aux Olarils : Lysandre Hirune ne laissait pas les Dieux -puisque désormais, tous pensaient qu'ils étaient responsables de ces catastrophes, pour la punir- la désarçonner : elle était vivante, et bien décidée à prendre en main ce qui lui revenait de droit. Ce qu'elle avait gagné de la main de Laclaos.

Première étape : le Pontife. Elle se rendit donc de bonne heure, quand elle le savait se recueillir, et présuma qu'il devait se trouver non loin des Reliques récupérée des Dieux. En avançant, elle constata avec un mélange de satisfaction et d'angoisse que le temps était doux. La douceur, un pâle soleil, et la neige fondue sous ses épaisses bottes de fourrures signifiaient le retour du Printemps. Le vent n'était plus si froid, la de givre sur les flaque. Désormais, un timide soleil cherchait à reprendre de la vigueur, mais de lourds nuages étaient aussi présage de la nouvelle saison : les pluies, le mauvais temps... Le début du Printemps était toujours ainsi. Pluvieux. Pour régénérer la terre après la sèche saison froide.

Mais si le Chef d'Arestim s'inquiétait, c'était que l'eau aiderait le développement des épidémies... Déjà lorsque le village était sur pieds, le début du Printemps était traditionnellement celui où l'on consultait le plus les Guérisseurs. Parce l'humidité n'était pas bonne, quelle donnait mauvais goût aux aliments, les pourrissait. Il fallait espérer que les réserves seraient préservée jusqu'à pouvoir récolter ce qui restait des Fermes Olariles.

En marchant jusqu'au lieu choisit pour le culte et les prières, Lysandre releva le nez vers le ciel, en constatant qu'effectivement, l'averse menaçait. Elle soupira... C'était nécessaire mais désagréable. Comme l'entretien qu'elle s'apprêtait à avoir avec Kal'Berrick. Lui qui avait été plutôt discret avait agi en traitre, profitant de son long sommeil et de ses blessures pour se révéler. Elle ravala cependant sa rancœur et sa hargne. Loin de devoir se montrer agréable avec le Pontife pour qui elle ressentait désormais de la haine et du mépris pour sa sournoise manœuvre, la Chasseresse n'irait pas jusqu'à le courroucer. Du moins, pas volontairement. Car elle avait le respect des Prêtres. Et des Dieux. Et il n'était pas bon de trop les agacer.

Une petite voix la fit sourire : que risquait-elle de plus ? En chassant cette ironie, la jeune femme s'avança et aperçut une forme drapée ; sans doute le Pontife. S'approchant, Lysandre posa la main sur une statuette abîmée représentant Hésione. Un léger sourire tendre la gagna, alors qu'elle embrassait les doigts qui avaient été en contact avec le bois.

« Puis-je te déranger ? »
Demanda à haute voix l'Hirune, alors que le Pontife priait.





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Kal'Berrik Filialanël
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MessageSujet: Re: Le Pouvoir et le Culte (Le Pontife)   Dim 22 Nov - 10:07

On ne pouvait pas toujours comploter, intriguer, fomenter un complot et préparer un coup d'Etat. Non. Et d'ailleurs, Kal'Berrik avait besoin lui aussi de se ressourcer, de faire appel aux Dieux et de les remercier de l'avoir laissé en vie pour achever leur oeuvre.

Il avait déjà bien avancé, par ailleurs. Il avait commencé par entamer la reconstruction de l'ordre clérical, notamment avec la nomination d'Alia en tant que Grande Prêtresse d'Aimar, et comptait bien ne pas en rester là. Il avait certes entendu parler du grabuge qu'avait déjà causé la folle d'Ebannelle Hirune. Et il avait établi un lien étroit avec le fait que la Religion ne disposait pas de clergé de Panpale. Connaissant la vieille folle complètement aliénée et prompte à semer la pagaille, certaines idées avaient commencer à germer en lui.
Et puis, il lui fallait songer à passer outre le refus de Lysandre pour constituer la Garde religieuse. Aucune réponse équivalait à une réponse négative, c'est pourquoi il avait l'intention de renverser ce refus à sa faveur. Non seulement, il prendrait seul la décision, mais en plus, il en rpofiterait pour discréditer un peu plus cette hérétique de Chef qui, en plus de n'accorder aucun intérêt pour lui depuis sa nomination, selon la digne suite de Laclaos, refusait ses propositions dès lors qu'il en soummetait une.
Enfin, la question d'Arngrim Edorta s'imposait à lui. Il était un problème. Les échos qu'il avait eu de ses agissements menaçaient de rompre l'équilibre qu'il comptait imposer aux Survivants pour la reconstruction. Il falalit qu'il calme ses ardeurs ineptes, le plus rapidement possible.

Kal'Berrik mettait en place les pions sur son échéquier, et il valait mieux pour Lysandre qu'elle en fasse tout autant si elle ne voulait pas être inscrite dans les mémoires comme un Chef faible qui aurait été balayé comme un simple fétu de paille.
Mais pour l'heure, il était à genoux au beau milie udes reliques du Mausolée, joignait ses deux mains tendues paume contre paume, et psalmodiait de longues prières en fermant les yeux. Aparemment, il était très concentré. Par ailleurs, il avait demandé aux membres de son ordre de ne pas venir le déranger pendant sa prière. Pourtant, on vint le déranger. Il fronça d'abord les sourcils et s'apprêta à réprimander l'opportun, lorsqu'il prit conscience qu'il connaissait cette voix, et que celle-ci était la dernière qu'il souhaitait entendre.

Il ouvrit les yeux, puis se redressa et empoigna sa canna d'or. Que lui voulait-elle ? Lui apporter une réponse positive à propos de la Garde religieuse ? Non certainement pas. Alors le réprimander pour son émergence récente dans la sphère politique de ce qui restait d'Arestim ? Peut-être.
Il fit face à Lysandre Hirune, l'avisa d'un regard neutre, lui offrant un visage bourré d'orgueil, et répondit d'une voix tiède:


- Il me semble que vous avez déjà prit le risque de le faire.

Il esquissa un sourire.

- Mais rassurez-vous, je me rangerai bien tout seul lorsque vous serez partie.

Machinalement, il tritura la chevalière pontificale.

- Que puis-je pour vous, Lysandre ?
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Lysandre Hirune
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MessageSujet: Re: Le Pouvoir et le Culte (Le Pontife)   Jeu 26 Nov - 20:46

Il sembla à l'Hirune que cette première phrase n'aurait pu être autre. Sans connaître parfaitement le Pontife, loin de là, la Chasseresse s'attendait tant à cette réponse qu'elle leva les sourcils, étonnées d'avoir ainsi su instinctivement qu'il annoncerait que, déjà, elle venait de le déranger en le lui en demandant l'autorisation. Autorisation et parole qui n'étaient que simple politesse, pour s'annoncer, car avait-elle réellement besoin qu'on l'invite à quelque chose ? Non. Elle était le Chef, et prenait ce droit qu'il s'agisse d'un simple Télaran ou d'un Pontife.

Elle se reprit intérieurement : il n'était pas sage de se laisser aller à penser ainsi. Se monter immédiatement la tête et appréhender d'avance cette discussion ne mènerait nul part. De plus, cela l'engageait presque à coup sûr à perdre le contrôle au moindre écart de langage de l'homme, ce qui entraînerait bien des troubles. Il lui fallait agir comme Sorastrata le lui conseillerait... Mais là encore, qu'elle soit là ou non, c'était un exercice encore bien délicat pour la jeune femme désireuse de faire ses preuves par elle-même, en fonçant tête baissée.

Passons. Il se contentait de répondre par d'autres politesses, pour engager cette conversation qu'il devait lui aussi attendre depuis un moment. Si non, il serait venu à son chevet, et aurait souhaité lui parler dès ses yeux ouverts. S'il n'avait pas été fourbe. Son poing se raidit, mais Lysandre parvint à n'afficher aucun dédain sur son visage. En observant la neutralité de son interlocuteur, la Chasseresse y prit appui, et eut un léger mouvement de tête, sans doute dérivé de salut.

« Il me semblait important de réunir le Pouvoir et le Représentant des Dieux. »


Assura-t-elle alors d'une voix calme, alors qu'elle songeait déjà à ce qu'il convenait de dire ensuite. Appuyer sur son autorité lui permettait de le remettre à sa place. Traduire les paroles des Dieux était une chose, tirer son pouvoir d'eux-même et lire directement l'écriture qui venait de leur main propre était bien plus légitime. Qu'il se pense à son niveau n'était pas permit. Elle était le Pouvoir. Elle était l'Elue des Dieux, pas leur simple Messager.

« Dans ces temps de doute et de chaos, sans doute devons-nous agir de concert. »


Fit alors l'Hirune, plissant les yeux. Tout en sachant qu'il était hors de question de parler d'une même voix. Elle se l'interdisait.

« Et il me paraissait intéressant d'avoir votre avis sur les raisons et les causes de cette tragédie. »


Allait-il immédiatement la mettre en cause ? Sans doute était-ce ce qu'attendait Lysandre. Elle bouillait sans doute intérieurement d'avoir à combattre, mais elle ne doutait pas que le Pontife sache se montrer sage, lui-aussi, et peu prompt à répondre à ses attentes...





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Kal'Berrik Filialanël
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MessageSujet: Re: Le Pouvoir et le Culte (Le Pontife)   Ven 27 Nov - 14:38

Kal'Berrik observait Lysandre d'un oeil distant, la regardant sans vraiment la voir, un sourire imperceptible affiché sur le coin des lèvres. Oh, il savait très bien pourquoi elle était venue, malgré tous les prétextes du monde qu'elle semblait vouloir lui soumettre. C'était clair et évident. Si elle désirait s'entretenir avec lui, c'était parce qu'elle avait peur, quand bien même elle refuserait de se l'avouer. Il représentait une menace sérieuse pour son pouvoir, elle en avait conscience, et il ne pouvait pas croire qu'elle n'ait pas encore entendu parler de sa prêche. Pas plus que Nydearin ne lui ait pas parlé de son intention de créer une Garde religieuse.

Et malgré son propos se voulant rassembleur et conciliant, se cachait une discrète envie d'en découdre. En aucun cas elle ne serait venue à son encontre directement, spontanément. Se sentait-elle piégée ? Acculée ? Probablement pas. Elle voyait simplement là l'opportunité de tenter de l'intimider, de le faire rentrer dans les rangs, et, si possible de le faire taire. Mais ce serait en vain. Les Dieux le voulaient autrement. Et il avait bien l'intention de le lui prouver.


Son regard se fit plus présent à la fin de l'allocution de la jeune chasseresse, et il déclara d'une voix tiède:

- Il est bien tard pour songer à réunir le Pouvoir et la Religion, Lysandre... Ca, c'était ce qu'il fallait faire avant, déjà à votre nomination, pour rectifier les erreurs de Laclaos... Désormais, il est trop tard, et nous ne pouvons plus revenir en arrière. Vous ne pouvez pas afficher un pragmatisme éhonté en vous remettant à moi, simplement parce que vous en avez besoin.

Il fronça les sourcils. Sa voix se fit plus dure dans le fond, bien que sa tonalité soit tout aussi suave, voire détendue.

- Et je ne saurais agir de concert avec vous. Pas après tout ce qui s'est produit. Ce serait appuyer une subjectivité en allant à l'encontre de tous mes principes... Nos principes. Les principe des Dieux. Pas celui des hommes. Car vous ne tenez votre position que d'un seul homme, Laclaos, et c'est ce même Laclaos qui avait déjà tourné le dos à la Religion et en faisait fi. Et vous avez suivi son chemin.

Il poursuivit sur le même ton:

- Vous savez mon avis, vous ne seriez pas ici le cas échéant. En vérité je vous le dis, Lysandre, vous n'êtes plus à la hauteur des événements. Pire encore...

Dans un souffle, il dit:

- ... vous êtes la cause des événements.

Il marqua une pause rhétorique avant de reprendre.

- Je ne puis publiquement approuver votre conduite et agir avec vous, ce serait aller contre les Dieux. Si les Olarils vous suivent, ils continueront à se rendre droit à la catastrophe, et les feux de la Gerax ne seront probablement rien en comparaison d'autres manifestations de la colère des Dieux. Non, Lysandre...

Il secoua la tête d'un air navré.

- Vous n'êtes plus le Chef que des lambeaux d'un peuple tendant vers l'impiété. Mais, fort heureusement, il subsiste une grande partie des membres du Vrai Peuple qui est prête à relever la tête et à suivre la voie divine. Voie dont vous vous êtes écartée.

Il la toisait, soucieux.

- La Vrai Peuple, oui... Les Olarils ont encore une once de vérité qui coule dans leur veine. Il s'agit de ne pas la réduire à néant. Vous l'avez déjà suffisamment ébréchée.

Il se tut. L'affrontement venait de commencer.
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Mithridate Télaran
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MessageSujet: Re: Le Pouvoir et le Culte (Le Pontife)   Ven 27 Nov - 20:50

    Voilà des semaines que Mithridate attendait son heure. Il s’était fait discret, aidant par-ci par-là, tout en tachant de ne jamais s’éloigner de la tente de la Chef, glanant toutes les informations possibles sur son état. Et voilà qu’elle sortait enfin de sa tente. Mieux, elle semblait se rendre à la rencontre du Pontife. L’occasion était trop belle, et dès qu’il fut assuré du lieu où elle allait, le large Télaran courut vers le feu de Camp, qui brulait jour et nuit, pour réchauffer ceux qui en avait besoin, en espérant que le printemps réchauffe les corps et les cœurs le plus vite possible.

    Il repéra rapidement Sineàd, en train d’aider à la distribution de nourriture. Voilà encore quelque-chose qui allait très vite devenir des plus problématiques… Mais il n’avait pas de temps à perdre, ni à réfléchir, ni à discuter. Il se plaça fasse à la jeune femme, lui ôta peut-être un peu brusquement la marmite qu’elle portait pour la poser à coté, avant de lui dire :

    « Sineàd, j’ai besoin de toi tout de suite. Suis-moi. »

    Puis il la prit par le poignet et l’entraina avec lui vers le lieu de culte. Il semblait décidé et serrait sans doute un peu trop la pauvre Astar qui devait avoir bien de la peine à suivre les grandes enjambées du Télaran.
    Il savait que ce n’était pas le meilleur moyen de faire les choses, mais il n’en voyait pas d’autre. C’était ce petit bout de femme qui était la clé de ce qu’il avait à dire aux dirigeants… et ça n’allait pas être amusant pour elle. Cela dit, elle avait voulu être adulte, elle allait savoir très vite qu’il fallait assumer ses actes et ses mots… même quand on les utilise contre son propre gré.

    « Nous y voilà, pas un mot pour le moment » dit-il, posant son doigt sur sa bouche, tandis qu’ils approchaient des ‘‘grands’’ de ce monde. Caché à l’ombre d’une statue de Bakarne en bien piètre état et alors que le ciel semblait s’assombrir dangereusement, ils tendirent l’oreille pour n’entendre que la fin de la conversation, les mots du Pontife.

    Voilà un personnage bien imbu de sa personne. Autant Lysandre était une jeune idiote pour laquelle on pouvait trouver quelques excuses, autant Kal’Berrik semblait juste détestable. De toute sa hauteur, il toisait l’Hirune qui déjà devait commençait à bouillir. C’est sans doute le bon moment. Peu importait.

    « Vous voulez savoir ce que pense le Vrai Peuple Olaril, Pontife Kal’Berrik Filialanël ? » lança comme une insulte le grand Télaran en sortant de l’ombre, tenant toujours la jeune femme par le poignet, « je vais vous le dire, moi, ce qu’il pense tout bas et n’ose pas dire tout haut devant vous, tout imbus de votre pouvoir et de votre grandeur que vous êtes. »

    Il s’avança, toisant du regard la tête haute ceux auxquels il reprochait la même attitude.

    « Oui, Lysandre est sans doute la cause de ce qui est arrivé, et oui, sa politique désastreuse, les morts et les trahisons qui marquent son règne, son entêtement ont entrainé le courroux des Dieux… »

    Il lança un regard vindicatif à Lysandre pour qu’elle comprenne bien qu’il n’était pas là pour l’aider, malgré ce qu’il allait dire maintenant.

    « Mais croyez-vous que vous êtes dans une meilleure position, vous autres et votre culte engoncé dans des pratiques stériles et ayant perdu tout leur sens ? Les Dieux vous ont-ils averti de la catastrophe imminente ? Avez-vous seulement imaginé que cela pourrait arriver ? Non ! »

    Il poussa alors la pauvre Astar sur le devant de la scène.

    « Seule Sineàd a su voir les signes, prévoir l’imprévisible. C’est à elle que les Dieux ont parlé, et certainement pas à vous, Pontife. Votre ordre n’a plus aucun sens car les Dieux vous ont abandonnés tout autant que Lysandre. Votre esprit fermé aux messages divins nous a tout autant condamnés que l’arrogance de Lysandre. »

    Il se tenait là, bouillonnant de rage, de cette même rage qu’il avait eue en poussant sa femme du haut de la falaise. A cet instant, il le savait, il l’avait poussée, cela n’avait pas été un accident. Et il croyait que c’était ce qu’il fallait faire, pousser les obstacles au bonheur du peuple Olaril dans un gouffre sans fond pour l’en débarrasser. Lui n’avait plus rien à perdre de toute façon…
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Sineàd Astar
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MessageSujet: Re: Le Pouvoir et le Culte (Le Pontife)   Sam 28 Nov - 9:37

    Les jours passaient, et les étoiles mentaient toujours. Car aujourd’hui c’était une certitude pour Celle qui lisait les Etoiles. Elles lui mentaient. Il ne pouvait décemment pas y avoir ce grand Vide, qui les guettait. Les Dieux n’étaient pas si cruels… Ils avaient déjà payé le prix fort de leurs complots…
    Les jours passaient, et comme elle ne savait trop que faire pour soutenir les survivants, elle distribuait, inlassablement, de la nourriture chaude et réconfortante. Pour eux, pas pour elle. Elle se traînait un air inquiet et angoissé. Elle ne parlait plus, d’ailleurs. Au début, elle avait partagé son impression avec quelques Olarils. Certains la croyaient, maintenant, bien forcés d’accepter le fait qu’elle avait raison, mais ses propos tout aussi alarmistes que les précédents, si ce n’était plus encore, avaient hanté leurs regards d’une angoisse morne… D’autres ne pouvaient croire que le sort s’acharnerait ainsi sur eux, et quelque part, Sineàd les comprenait. Elle pensait qu’on lui mentait… On lui mentait… Et pourtant, le message était clair… Certains lui avaient confiés que le frère cadet de Laclaos avait lancé l’idée de quitter le village pour se rendre par-delà la Gérax… Et quoi qu’elle n’ait pas envie de les suivre, eux qui crachaient sur Lysandre, elle devait bien admettre que cela concordait : en effet, désormais, c’était au-dessus des monts que ses yeux portaient, là où le ciel était structuré, et où elle devait apprendre à connaître ces nouvelles constellations… Mais ça prenait un temps fou. Le peuple Olarils avait mis des générations à comprendre les leurs, celles qui aujourd’hui semblait s’être perdues sur la toile qui se gondolait, là-haut.

    Qu’arriverait-il ?

    Non, elle ne parlait plus depuis plusieurs jours, ou sous la contrainte, pour le minimum dont elle devait bien s’acquitter afin d’être comprise.

    Elle errait telle une ombre parmi les survivants, son esprit prit par les enterrements qui approchaient. Comment allaient-ils les enterrer ? Allaient-ils les trouver, ces cadavres brisés, défigurés, pour les regrouper et procéder à un enterrement… ? La simple idée de l’odeur, de la vision, de devoir mettre les mains dans les décombres et risquer de saisir la chair flasque et gelée d’un ami…
    Elle leva le nez et prit une profonde inspiration, car les dernières fois qu’elle avait été effleurée par de telles pensées, elle avait laissé le maigre contenu de son estomac lui échapper. Elle se secoua, donc, et fit son possible pour chasser ces visions, ses sensations de ses pensées, lorsqu’on vint l’y aider.

    Elle n’aurait pu dire s’il lui prit la marmite bouillante des mains avant de lui parler, où s’il l’appela avant, tant elle était profondément ancrée dans ses songes éveillés. Ce qui l’éveilla, en réalité, fut les petites éclaboussures de ragoût brûlant qui aspergèrent ses poignets. Elle serra les dents, et émit un sifflement sonore, mais il ne lui laissa nul temps pour réagir, et lui saisit le poignet sans délicatesse aucune pour l’entraîner à sa suite. Elle le suivit bon gré mal gré, trébuchant un peu, sans savoir le moins du monde où il l’emmenait… Que lui voulait cet homme qu’elle n’avait plus vu depuis la catastrophe ? Elle se braqua un peu, mais la course de Mithridate était implacable et elle fut bien contrainte de se laisser faire, au bout d’un moment venu, rougissant sous les mèches de ses cheveux argentées qui venaient obscurcir son regard. Elle se posait tout un tas de questions, et pourtant, depuis qu’il l’avait attrapée, elle n’avait pas laissé un son lui échapper, trop docile à son goût, d’ailleurs.

    Finalement, ils s’arrêtèrent derrière la statue de Bakarne, et elle voulut protester, prenant une profonde inspiration, mais il lui intima alors le silence, et elle crispa ses poings, rougissant plus encore. Puis des voix lui parvinrent, et elle se prit à écouter, elle aussi.
    La voix lui était connue, c’était celle du Pontife Kal’Berrik. Elle tendit l’oreille, puis hasarda un regard en leur direction, et vit Lysandre… Puis elle entendit ses propos et fut tout à fait révoltée par ce qu’elle entendait. Comment osait-il lui parler de la sorte, lui homme belliqueux et âpre, lui cette espèce de…
    Elle arqua quelque peu ses bras douloureux, ses poignets rougis par la brûlure, et voulut intervenir, mais Mithridate la précéda et la poussa sans ménagement devant lui, lui coupant carrément le souffle. C’en était trop, plus encore les mots qu’il ajouta. Certes, il semblait avoir du religieux une opinion plus ou moins semblable de la sienne… Mais non, elle ne pouvait pas lui servir à traîner Lysandre dans la boue. Pas elle qui lui avait donné son allégeance. Pas elle qui s’était penchée à son chevet pour lui assurer son soutien inconditionnel. Elle se défit de la prise de l’homme avec un geste brutal, le repoussant sans ménagement, puis lui adressa un regard carrément furieux, elle prêta ensuite, avec plus de morgue encore, à Kal’Berrik. Dans le temps, c’était un homme qu’elle respectait, comme le tout le clergé. Mais elle le savait aujourd’hui, l’homme ne parlait plus au nom des dieux, mais de ses intérêts propres.

    « Vous mentez, tous autant que vous êtes ! » Elle s’emportait, ce qui ne lui arrivait… jamais. Si, cela lui était arrivé devant les anciens, le soir de son initiation ratée. « Vous avez raison, je vois des choses, et vous voulez savoir ce que je vois, présentement ? » Elle fit deux pas, son regard indiquant clairement à Mithridate qu’il n’avait pas intérêt à poser à nouveau la main sur elle. Ses pas la menèrent aux côtés de Lysandre, qui se retrouvait trop seule face à ces deux hommes pleins de véhémence et gargarisés par l’opportunisme. « Je ne vois plus rien. Plus rien en ces lieux. Car le châtiment divin n’a pas suffit à enterrer vos querelles et vos complots. Ne vous rendez-vous pas compte que ce sont vos actes qui ont ôté la vie à tant de nos frères ? » A présent, elle avait les larmes aux yeux. Larmes de douleur pour ses poignets qui commençaient à rougir foncièrement, plus encore celui qu’avait saisi Mithridate. Larmes de terreur pour celle qui savait. Larmes de colère, surtout. A présent, sa voix se brisait, et elle reprit pourtant la parole. « Ne vous arrêterez-vous donc que lorsqu’il n’y aura plus l’ombre d’un espoir en Arestim ? Le village est mort, il n’a plus le moindre avenir, et croyez-moi ce n’est pas là son châtiment, à elle » grinça-t-elle, puis ses sanglots se firent plus prononcés, et elle ne pu rien ajouter de plus. Comment osaient-ils la mêler à leurs actions… sales. Comment osaient-ils la souiller, et la traîner ainsi dans la boue pour ensuite se servir d’elle. Elle le défia du regard. C’était Kal’Berrik, le faux prophète, que le juste prophète défiait. Car des deux, en cet instant, c’était celui qui lui inspirait le plus de dégoût. Puis elle baissa ses yeux humides sur ses poignets, et tenta de les envelopper dans l’étoffe, ce qui, loin de la soulager, la conduisit à se mordre les lèvres à les en faire blanchir.
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Lysandre Hirune
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MessageSujet: Re: Le Pouvoir et le Culte (Le Pontife)   Lun 30 Nov - 18:08

Lysandre posa immédiatement ses mains sur les épaules de la jeune Astar, et l'aida à adoucir les rougeurs qu'elle portait aux poignets. Cela avait été instinctif, mais sans doute était-ce également cette solution que son esprit avait choisi pour lui laisser le temps. Le temps de ne pas hurler, de ne pas foncer tête-baissée en imposant la vision d'un Chef bien impétueux et bien trop explosif. Et pourtant, pourtant, elle bouillait elle aussi. Le Pontife s'était montré d'un irrespect qui avait suffit, à lui-seul, à lui faire crisper les mâchoires, et ses poings auraient donné cher pour se hisser en signe de révolte.

Il se révélait de jour en jour, bien plus abjecte et bas que la veille. L'Hirune, qui avait toujours gardé pour Mithra, malgré tous leurs différents, un respect que l'on doit aux nobles êtres, perdait alors tout sentiment égal pour le Religieux. Il n'était plus question de jeunesse désormais, car elle sentait la fureur si grande monter, si puissante, qu'elle savait également à la prochaine intervention de Kal'Berrick, elle aurait à riposter de façon plus massive. Elle ne le laisserait pas cracher sur son nom et son action, remette en cause sa position, il en était hors de question.

Cependant, elle fut coupée dans son élan, lorsqu'apparut Mithridate et la jeune Sinead. C'était la seconde fois qu'il s'opposait à elle, et il avait la vertu de le faire de face, sans fourberie, mais sans respect non plus. La rage monta d'un cran, pourtant, elle fut calmée non pas par un homme plus haut, plus fort et à la voix plus puissante... Non. Ce fut l'Astar qui stoppa net cette hargne sourde qui tambourinait contre ses tempes et qui risquait de la faire chavirer dans des propos et des actions indignes d'un Chef.

Devant l'approche de la jeune femme, comme le symbole silencieux de son soutien, et face à ces deux opposants bien virulents, Lysandre sentit un flot imposant de reconnaissance... Sinead avait dans la voix, une légitimité dont aucun d'entre eux ne pouvait attester. Elle savait. Et malgré que, tous, qu'il s'agisse du frère de Mithra, du Pontife ou d'elle-même, soient des représentants d'un pouvoir particulier, par leur position, leur statut, leur caractère ; tous avaient à s'incliner devant les mots de Celle qui Voyait.

Alors, lorsque la Chasseresse aidait en silence la jeune femme à apaiser ce qui semblait la faire souffrir, et en ignorant les causes de ces maux, Lysandre releva les yeux et observa les deux hommes. Si l'un semblait dans le même état qu'elle, avec cette intervention de l'Astar, l'autre paraissait sur le point d'exploser... Avant de se redresser, le Chef souffla quelques mots à Sinead :

« Tu aurais dû me dire que tu ne voyais plus rien. » Mais ce n'était pas un reproche. Désormais, c'était évident pour Lysandre : elle devait être plus à l'écoute de la jeune adulte. Ses visions ou ses interprétations devaient être entendues et la Chasseresse avait à se montrer accessible. Trop prise par les complots qu'elle voyait se former autour d'Arngrim et de Kal'Berrick, elle en avait oublié les autres...

Lorsqu'elle se redressa cette fois, gardant une main sur l'épaule de l'Astar pour lui signifier son soutien et éventuellement, sa protection face aux deux hommes à la sombre allure, elle éleva le ton, restant cependant d'une neutralité et d'une contenance dignes d'un Chef.

« Vous êtes libres tous deux d'avoir vos opinions sur les raisons de notre situation présente. » Elle s'imposa un léger silence, parce que quoi qu'elle veuille en dire, savoir qu'ils s'opposaient à elle la rendait furieuse, et elle prit le temps de ne pas laisser trop d'émotions s'amplifier. « Mais tant qu'il y aura des Olarils, je serai leur Chef. J'ai été choisie pour cela. »

Ils auraient sans doute beaucoup à redire là dessus. Mais elle savait pourtant que Laclaos, issu du Choix des Dieux, l'avait désigné comme à sa succession. Et tant qu'elle serait en vie, et tant qu'elle n'aurait choisi de nouveau Chef, elle resterait sur le trône. Qu'il soit en ruine ou non.

« Les Dieux envoient des messages à Sinead. Pas à moi, ni à toi, Kal'Berrick. Et je les écouterai. »
Voilà un point où elle était d'accord avec le frère de Mithra...

C'était désormais clair dans son esprit : malgré l'antipathie qu'elle ressentait pour le frère de Laclaos, son discours trouvait échos dans les visions de l'Astar, et dans sa conviction profonde. Et les positions de force et de haine qu'avaient offertes ces deux hommes avaient fini de la convaincre. L'avenir des Olarils n'était pas parmi ceux-là, et nul ne pourrait reconstruire Arestim sur des bases si frèles, si vicieuses, pleins de reproches et d'amertumes. L'avenir du Peuple n'était pas dans le cimetière qu'ils allaient creuser. C'était décidé. Ils partiraient, du moins ceux qui la suivraient elle et Arngrim Edorta, dès que les Morts auraient été enterrés.

Pourtant, alors qu'elle souhaitait désormais leur fausser compagnie, son instinct la fit réagir ; car le Pontife n'en resterait certainement pas là. Car il n'accepterait sans doute pas de se faire insulter par Mithridate... Et Lysandre serra Sinead contre elle.





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Kal'Berrik Filialanël
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MessageSujet: Re: Le Pouvoir et le Culte (Le Pontife)   Lun 30 Nov - 19:32

La noirceur la plus profonde envahit l'esprit fanatique du Pontife en l'espace de quelques secondes. La dorure de ses yeux se rembrunit, sombre abysse où semblaient se perdrent et s'unir les sentiments les moins enviables, les plus antagoniques et les plus malsains. La fureur indescriptible qui gagnait son être d'un bout à l'autre sans qu'il ne se donne la peine de la contenir - sans même qu'il ne prenne conscience de son état abominable - s'approchait peu à peu du seuil de saturation. Machinalement, sa main écrasa le pommeau de sa canne dorée, qui s'enfonça un peu plus dans le sol. Il contracta les doigts de sa main libre et fixa l'individu qui osait le défier, lui reprocher les choses qu'il s'évertuait à faire taire et à faire entendre comme étant des hérésies - qu'elles étaient.

Il avait à peine écouté les propos de la petite folle au rêve bancal qui avait eu pour coïncidence de se rapprocher à peu près de la réalité. Non... En aucun cas elle n'était la messagère des Dieux, c'était une folie, une incroyable mascarade effarante, qu'il ne pouvait pas supporter d'entendre. Pour qui se prenait-elle... Pour qui la prenaient-elle ? Etait-il donc le seul à être resté lucide ? Les Olarils avaient-ils donc tous perdu la tête ?

Et puis, Lysandre... Il n'avait pu réprimer un sourire narquois, malgré l'effroyable rage qui ne constituait plus que la totalité de son être, lorsqu'elle avait évoqué son pouvoir branlant. Les fragents d'un trône brisé. C'était tout ce qu'elle avait. Et elle se berçait dans ses illusions. Osant encore lui mettre sous le nez sa nomination biaisée, illégitime et inepte, pour enfin, faire allusion à l'ineffable perspective de migration d'Arngrim Edorta.

Hérésies.

Hérésies.

Hérésies.

Peu lui importait qu'en face de lui, se trouvait le frère de Mithra Edorta, la même veuve qui n'avait jamais rien pu faire de concret à l'encontre de Lysandre, si ce n'est beugler à tout rompre lors des jeux de Bakarne. Peu lui importait encore de faire face à ce Chef déchu, qui n'avait plus rien à faire à sa place et qui osait encore lui répondre d'hérésies injustifiables, inqualifiables, éhontées, mêmes ! Peu lui importait enfin de faire face à une frêle fille présomptueuse qui se prononçait sur un sujet qui n'était pas le sien et qu'elle ne pouvait pas comprendre.

Il était Kal'Berrik Filialanël, Pontife d'Arestim Dominae, Chef du Culte.
Et tous, autant qu'ils étaient, allaient bien vite ravaler leurs propos dérisoires.


- Vous... commença-t-il d'une voix étrangement calme.

Il toisa Mithridate, plein d'orgueil, de vanité et de mépris.

- Vous êtes le produit résiduel des agissements hérétiques de Lysandre.

Il s'arrêta un instant, contrôlant ses membres tremblants.

- Comment pouvez-vous renier l'enseignement éternel des Dieux, la voie que les Olarils ont promis de suivre depuis la création des Tables, celle que le Culte s'évertue depuis des centaines d'années à transmettre, promulguer et appliquer à cette société qui sans lui, serait tombé dans une décadence inexorable qui aurait conduit les familles à se séparer à nouveau et à arpenter les plaines ?

Il fronça les sourcils, un air terrifiant plaqué comme un masque sur le visage.

- Comment osez-vous même m'adresser la parole sur ce ton ?

L'ensemble des muscles de son corps étaient contractés, le Pontife était dans un état de transe qu'il ne maîtrisait plus.

- Mais c'est parce que Lysandre s'est écartée de nos pratiques, commença-t-il d'un ton consterné, qu'elle a provoqué cette colère implacable, qu'aucun Olaril, même pas elle, ajouta-t-il en désignant Sinéad d'un large geste du bras nonchalant, n'aurait pu prévoir et anticiper.

Il se détourna ensuite vers le malheureux petit bout de femme.

- Parce qu'il ne sera pas dit que le Pontife Filialanël aura cru à cet abominable mensonge, cette odieuse calomnie qu'on osa lui brandir devant la figure ! Un rêve, des réminiscences, une vision évasive, n'ont jamais constitué, ne constituent en rien, et ne consitueront jamais un message divin. Et je vous preirai, jeune femme, de modérer vos propos vous aussi.

Ses sourcils se cambrèrent davantage au-dessus de ses arcades.

- Rien des dissensions qui ont surgi après la mort de Laclaos n'aurait eu lieu si Lysandre s'était rangée sur une voie pieuse et honorable, ce qu'elle n'a jamais fait, et n'a jamais voulu faire, quand bien même les morts et les signes du désastres politiques se sont dessinés. Dois-je donc encore citer la mort du Garthesia ? Celle de l'Edorta ? L'erreur monumentale des jeux ?

Il pointa un doigt accusateur sur le Chef, le fixa droit dans les yeux et agita sa main en des va-et-viens emphatiques pour appuyer la suite de ses propos:

- Oui, Lysandre, je vous accuse d'être responsable de la catastrophe qui a frappé Arestim, je vous accuse d'avoir provoqué les mécontentements du peuple, les divisions et les rixes indirectes en vous éloignant de l'enseignement des Dieux, et en refusant de vous y conformer. Et je vous condamne, au nom du Culte, et au nom des Dieux, pour tous ces malheurs qui ne sont que les émanations de votre Acte !

Il s'arrêta, se décontractant légèrement, sans pour autant perdre de sa fureur noire et de sa sombre rage. Il ajouta:

- N'osez plus brandir un argument aussi intenable, aussi inouï, que les visions de cette Astar, qui n'ont eu lieu qu'une seule fois, preuve irréfutable qu'elles ne sont que pures coïncidences et non des messages d'avertissement. C'est une insulte aux Dieux, que vous n'avez plus écouté depuis longtemps, que vous avez refusé de consulter, et qui peut-être auraient eu raison de votre tempérament intrépide.

Il s'arrêta à nouveau, jetant un regard d'ensemble à cette petite assemblée écoeurante.

- En aucun cas vous-même, Lysandre, en tant que Chef, ne pouvez déterminer mieux que le Chef Religieux ce que sont les messages divins.

Il avait prononcé chaque mot avec un détachement certain, prononçant un discours saccadé qui en imposait de part sa superbe religieuse: Lysandre ne pouvait pas s'opposer à sa Raison cultuelle. Il n'avait pas peur. Elle n'était plus rien, à ses yeux. Plus rien que la responsable déchue de tous leurs maux.

Et, a fortiori, il avertissait de sa réaction si jamais l'idée faire partir le peuple dans une folle aventure à travers la Gerax venait à surgir à l'esprit du Chef.

Le Pontife jeta un nouveau coup d'oeil à l'assemblée, soupira, accablé, puis fit volte-face et s'éloigna. Il avait dit ce qu'il avait à dire. Il ne désirait pas enfoncer davantage ces hérétiques qui prendraient bientôt conscience de leurs erreurs. Avec une force de persuasion bien plus importante que tout ce à quoi ils s'attendaient certainement.


- Que les Dieux veillent sur vous, concéda-t-il avant de s'éloigner vers les premières tentes du campement.
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Mithridate Télaran
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MessageSujet: Re: Le Pouvoir et le Culte (Le Pontife)   Mar 1 Déc - 19:58

    Mithridate n’allait-il donc jamais trouver la paix intérieure qu’il recherchait ? Etait-il donc maudit, pour faire si grossièrement erreur ? Il avait décidé que maintenant, il ne se tairait, ni ne se terrerait plus. Qu’il dirait haut et fort à quiconque le mériterait ce que tout le monde pense tout bas. Il savait, bien sûr, quand on écoute les gens toute une vie, on finit par apprendre à se faire une idée.

    Mais non, il avait échoué dans l’excès inverse. Et surtout, il avait fait du mal à une pauvre jeune femme suffisamment meurtrie comme ça, juste pour assouvir ses propres bas besoin de révolte enfantine. Il se dégoutait lui-même d’avoir été aussi stupide. Il était comme pétrifié, refroidi en tout cas, et avait perdu toute sa morgue, les épaules basses.

    « Je… Je n’ai pas… »

    Mais il se remit vite devant la folie furieuse du pontife. Son cas était encore plus grave qu’il ne lui avait semblé au premier abord, et il risquait sérieusement de se montrer des plus dangereux, dans l’état actuel du peuple Olaril. Il se demandait même si la bonne solution n’était pas de l’attraper, ici et maintenant, de l’assommer, le couper dans sa diatribe et le jeter du haut d’une falaise. Mais il avait fait suffisamment d’idioties pour le moment, et il voulait y réfléchir avant tout. Il devait se retrouver, se recentrer. Il était perdu.

    Quand le Pontife eut quitté les lieux, à la fin de sa transe, il y eut un court mais lourd silence. Mithridate, de toute sa hauteur, de toute sa stature, n’en menait pas large. Ses traits étaient durs, mais ses yeux dévoilaient sans doute possible le trouble qui l’habitait. Comment réparer ce qui ne pouvait l’être ? Il se croyait du coté de Sineàd, du coté des Olarils, du bon coté. Mais il doutait maintenant. Etait-ce bien ce dont avait besoin le peuple, d’un idiot sans cervelle comme lui, criant à tout vent des inepties ? Certainement pas.

    Il baissa la tête avant de prendre la parole, d’une voix brisée.

    « Sineàd, je… je suis désolé. J’ai cru que… j’ai juste voulu… »

    Il releva la tête vers elle, les larmes aux yeux. C’était peut-être lui qu’il fallait jeter du haut d’une falaise. Sa femme ne faisait que l’empêcher d’agir stupidement, après tout, c’était un garde fou… qu’il avait détruit.

    « J’espère juste que tu pourras me pardonner » dit-il avant de se retourner et de faire quelques pas, titubant presque. Il s’arrêta pourtant au niveau de la statue de Bakarne, contre laquelle il s’appuya. « Lisandre, je… tu… tu n’as pas tort, mais il faut juste écouter davantage les gens. Et leur parler. Les choses n’en seront que meilleures… »

    Il recommença alors à s’éloigner, trainant un peu des pieds.

    « Mais je divague… » Conclut-il, dans un soupir.
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Sineàd Astar
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MessageSujet: Re: Le Pouvoir et le Culte (Le Pontife)   Sam 19 Déc - 19:02

    Le soutien de Lysandre l’apaisa, dans un premier temps, et les mains de la chasseresse, quoi que leur contact à ses poignets ne soit guère agréable, furent bien accueillies. Ce temps-là qu’elle leur accordait la calma, tout comme il avait calmé Lysandre. A sa remarque quant à son silence, elle pinça ses lèvres, ne sachant trop que répondre. Oui, elle avait raison, elle aurait du lui en parler plus tôt. Mais Lysandre était alitée, faible. Elle n’avait pas voulu l’accabler de ses craintes, et avait souhaité la préserver, gardant pour elle ses angoisses. A présent, elle se rendait compte de l’erreur commise, et le regrettait amèrement. Elle leur avait fait perdre du temps, et sans cela, cette discussion n’aurait pas eu lieu d’être. Elle releva donc vers Lysandre un regard d’excuse, la laissant faire ce qu’elle souhaitait de ses poignets. Puis les débats reprirent, et Sineàd les accueillit d’un nouveau soupir, profond.

    Au départ, elle se sentit de nouveau envahie d’une colère sans fond. Elle crispa de nouveau les poings, ses tendons se dressant sous les doigts du Chef d’Arestim. Puis elle se détendit, réalisant à quel point le Pontife était vain. A quel point ses mots étaient creux, à quel point son être était corrompu, nécrosé. Elle lui adressa une moue dégoûtée, tandis qu’il s’en allait. Elle ne voulait plus avoir affaire à lui. Plus jamais. Elle ne voulait plus jamais avoir à débattre avec lui. De toutes façons, il était de toute évidence incapable d’un quelconque débat. Cet homme… n’aurait pas du exister. Il est apparu au pire moment possible, pour les Olarils, pour déverser son fiel, ses maux sur eux. Elle peinait à croire que certains le suivaient, tant il lui apparaissait comme dément, dangereux. Comment pouvait-il entretenir l’illusion quant à sa nature réelle ? Comment pouvait-on le suivre ? Elle se sentait révoltée, et toute passive, toute paisible qu’était l’Astar en temps normal, le voir leur tourner le dos, s’en aller ainsi après avoir débité ses immondices lui donna envie de lui sauter dessus, et de le faire souffrir, à la hauteur de la souffrance que la colère avait fait naître en elle. Elle se contint, tremblant de façon évidente, lorsque la voix de Mithridate récupéra son attention, sans que la colère ne la déserte pour autant.

    Elle écouta ses excuses maladroites sans un mot, les poignets toujours douloureux, palpitants. Il ne l’avait pas fait exprès, mais son ressentiment ne s’arrêtait pas au geste, ni à la maladresse. Non cela allait jusqu’à la démarche, celle de l’utiliser contre Lysandre, de détourner son savoir, détourner son avance pour en faire un handicap pour qui avait le soutien de Sineàd. Elle soupira, cependant. L’homme ne méritait pas tant ses ires que Kal’Berrik, et l’adoucissement du frère de Mithra, quoi que sa confiance lui serait ôtée pour longtemps encore, parvint à l’apaiser, elle-aussi. Elle finit par hocher dans la tête et lui lança, tandis qu’il était encore à portée de voix : « Retrouve ton chemin, Mithridate, et abandonne cette hargne, elle nous perdrait tous… » Puis il disparut, et elle se mordit les lèvres, avant de remonter un regard en direction de Lysandre. La question serait posée de façon simple, sobre « Que va-t-on faire ? Tu… tu sais ce que nous devons faire ? » L’inquiétude était réelle, l’angoisse, même. Elle avait confiance en ses prédictions, peut-être un peu trop, sans doute. Et ce n’était pas bon signe.


[ fini pour moi ^^ ]
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MessageSujet: Re: Le Pouvoir et le Culte (Le Pontife)   Dim 20 Déc - 19:04

Le Pontife avait montré là les limites de sa Raison. La démence, comment pourrait-on qualifier autrement toutes ces insultes qu'il avait prononcées, l'œil ivre de fièvre, alors qu'il les accusait déjà tous trois d'être des êtres impies, et de souiller le Peuple. Il était certes fou, mais prouvait également combien était grande sa conviction et il serait prêt à tout pour imposer sa vision à tout Olaril. Il n'était pas apte à diriger quoi que ce soit, il n'était contrôler que par une sombre folie, désireux de faire de ce peuple un troupeau paisible et bien docile, priant plus qu'il n'en faut des Dieux qui n'avaient jamais été que des guides, et craignant à l'excès leurs colères, au point de cesser de vivre par eux-même.

Ils voulaient les modeler, les façonner à sa guise, et non les voir s'épanouir. A l'image de la jeune Astar, Lysandre aurait souhaité tirer, de cette petite sacoche de cuir qu'elle avait à la ceinture, la fronde dont elle se servait pour abattre en douceur le petit gibier et les fins prédateurs, une, peut-être deux petites pierres plates lancées à juste vitesse dans la nuque de Kal'Berrick et il serait à terre en quelques secondes... Mais lorsque Mithridate prit la parole, elle fut tant surprise par sa réaction qu'elle en oublia ses intentions immatures et surtout, illégales.
Cet imposant Télaran parut très touché par les mots de Sinead, et ce changement d'attitude à son égard la fit ciller, avant qu'elle ne semble le remercier silencieusement d'avoir fait taire ces élans violents. Il aurait été catastrophique de céder à la colère dans les circonstances actuelles, à la veille d'enterrer les Morts...

Mithridate, à son tour, s'éloigna, et les deux femmes se retrouvèrent seules auprès des Ruines de ce qui restait des Reliques des Dieux. Malgré ce petit regard d'excuse, la Chasseresse n'en voulait pas à l'Astar. Elle avait simplement à lui répéter à nouveau combien il était primordial qu'elle lui parle de chacune de ses visions. Qui sait comment pourrait interpréter un esprit malveillant si Sinead se confiait, avant, à quelqu'un d'autre... Lysandre eut alors un haussement d'épaules, et leva les yeux vers le ciel brumeux en frissonnant.

« Oui, je sais. » Fit-elle d'une voix grave. « Il faut d'abord offrir une sépulture digne à nos Défunts, et ensuite... Nous suivrons tes visions. ».

C'était désormais décidé. Bientôt, il faudrait partir, et elle aurait besoin de Sinead pour appuyer ces décisions devant le Peuple des Survivants, et pour les convaincre de ne pas suivre le Pontife dans ces folies.


[Topic Clos]





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