AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Les Feux de la Gérax (Irae Thur'ingw'ethil, Aednat)

Aller en bas 
AuteurMessage
Lambda
Fondateur
Fondateur
avatar

Nombre de messages : 173
Date d'inscription : 01/05/2008

MessageSujet: Les Feux de la Gérax (Irae Thur'ingw'ethil, Aednat)   Sam 3 Oct - 19:53



Le lieu où naissent les rumeurs, celui d’où tout part. D’un pas léger, Irae traverse la salle de son auberge, plus vide qu’à l’accoutumée. Le calme après la rumeur… Le mot s’est transmis à tous que certains prédisaient des drames, et si nul ne s’avouait ouvertement inquiet, il n’en demeurait pas moins que bien vite on rentrait chez soi, rejoindre femme et enfants, dans la quiétude rassurante du foyer. Les mains sur les hanches, la patronne fit la moue, tandis qu’Aednat, se remettant tout juste de sa blessure à la jambe, balayait le peu de poussière qui subsistait sur le sol. Avec un soupir, sa patronne s’approcha et lui prit le balais des mains.
« Allez, viens » lui souffla-t-elle avec un sourire.
Elle l’entraîna au comptoir où elle lui servit du vin chaud et épicé, afin de lutter contre le froid. À deux, elles n’avaient pu se résigner à entretenir de grand feu de la salle principale, et c’était donc emmitouflées comme des oursons qu’elles attendaient que la venue d’un client ne leur en donne l’occasion. Aednat bu avec un sourire satisfait, tandis qu’Irae, elle, demeurait pensive. On lui avait souvent demandé si elle croyait tout ce que l’on racontait. Pourtant, elle ne savait pas tellement qu’en penser. Ces oracles sonnaient comme des affabulations d’ivrognes, et pourtant…

Elle porta la coupe à sa bouche lorsque le silence se fit, dans le village. Buvant, elle ne s’en aperçut pas immédiatement.Aednat, elle, fronça les sourcils et délaissa la coupe pour s’approcher de la porte. D’un revers de manche, elle en effaça la buée puis regarda au-dehors. Elle vit quelques Olarils sortir de chez eux, inquiets, et regarder à droite à gauche. Tout le monde était un peu sur le qui-vive, et elle ne faisait pas exception. Elle se retourna en direction d’Irae, et le sourire de celle-ci s’évanouit. Lorsqu’elle lui demanda ce qui se passait, un bruit fracassant se fit entendre, secouant jusqu’à l’Auberge. Avec un hoquet, les deux femmes sortirent de l’auberge et constatèrent avec tous les Olarils qui les avaient imitées qu’un pan de la prison venait de s’effondrer. La panique saisit alors la foule, et elles choisirent de rentrer dans l’auberge. Irae, livide, se précipita à l’étage et profita de la hauteur pour en voir davantage. L’auberge avec cet avantage sur les autres chaumières... Ce qu’elle vit la plongea dans une terreur blanche. L’édifice, si solide, venait de céder comme un château de cartes. Elle hurla à Aednat de monter la rejoindre, ce que son employée fit difficilement, sa jambe tirant encore quelque peu, pour finalement arriver en claudiquant, essoufflée.

« Regarde, cria-t-elle à la jeune femme, Aednat, la prison ! Comment a-t-elle pu céder aussi facilement ? ! »
Celle-ci, bouche bé, secoua la tête, les yeux embués de larmes et de peur. Après s’être concertées du regard, elles descendirent en trombe les escaliers, Aednat trébuchant et couinant de douleur à l’occasion, puis sortirent de l’auberge juste avant la seconde secousse. Cette fois, de nombreuses maisons s’effondrèrent en partie, ainsi que le reste de la prison et une partie du Palais Edorta.
Tenant la jeune prostituée par le bras, Irae la contraint à courir, l’encourageant, le plus loin possible de leur haute auberge. Et elle avait eu raison, car bientôt celle-ci céda à son tour, s’effondrant lourdement, dans un grand nuage de poussière. Toussant, elles restèrent muettes, jusqu’à ce qu’Irae, réalisant ce qui venait de se passer, ne tombe à genoux avec un hurlement. Son auberge venait de s’effondrer… Ce lieu où elle avait passé tant de jours, de nuits. Un nouveau tremblement se fit sentir, celui-ci très local. Alors des cris de douleur et de peur s’élevèrent à nouveau. Aednat, se retenant d’y participer, tenta de relever sa patronne, mais rien n’y fit.

C’est alors que la terre s’ouvrit. À deux pas d’elles, avalant une partie des décombres, et s’approchant d’elles. À nouveau, l’apprentie chasseresse tenta de relever Irae, mais celle-ci demeurait apathique, toute en sanglots, jusqu’à ce que la faille vînt les menacer plus sérieusement. Les yeux braqués sur le trou béant, elle se leva enfin et tituba… Mais trop tard. Il ne lui fallut pas un instant pour disparaître, accompagnée d’un cri d’Aednat. Celle-ci, tentant vainement de la retenir, la suivit dans la faille…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Les Feux de la Gérax (Irae Thur'ingw'ethil, Aednat)
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Les Feux de l'Enfer
» Les feux d'alarmes sont allumés
» Dies Irae (FINI)
» LES FEUX DE SAINT ELME
» Feux d'artifice

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Tables d'Olaria :: Introduction à Olaria :: ♦ Les chemins de la vérité :: - Arestim Dominae :: ♦ Les Ruines d'Arestim Dominae :: ♦ La Place des Ires :: ♦ A l'auberge de Filhakan-
Sauter vers: