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 Retour au Pays

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Corwin Télaran
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MessageSujet: Retour au Pays   Jeu 12 Fév - 21:36

Les choses n’avaient pas été aussi simples que prévu, cet hiver.
Déjà, les cols s’étaient retrouvés enneigés plus tôt que prévu, ce qui n’avait pas facilité le retour de Corwin, ses trois associés et de leurs ouvriers. La route avait été longue et périlleuse, mais rien d’insurmontable pour qui ne craint pas le danger.
Ensuite, les rumeurs qui étaient déjà remontées jusqu’à eux furent confirmées quand ils rejoignirent les mines Olariles. Laclaos était bel et bien mort et enterré, et ce n’est pas son fils qu’il avait nommé pour le succéder, ni même un autre Edorta, mais une Hirune, Lysandre. Elle était plus jeune que Corwin, et lui-même ne se serait pas senti prêt à assumer une telle tâche, alors une jeune chasseresse qui semblait déjà avoir beaucoup à prouver à ses sœurs ?
Le fait est que plus le groupe d’amis s’approchait d’Arestim, plus l’atmosphère se faisait délétère. On parlait de complots, de coups montés, voire même de trahison, mais jamais ouvertement, non, ça viendrait un peu plus tard. Lors des jeux de Bakarne. Ceux-ci avaient étés avancés par une décision de Lysandre. Corwin n’y avait pas assisté, il avait mieux à faire, à peine rentré de voyage, mais on lui avait rapporté les évènements, et ceux-ci ne lui plaisaient guère. Lysandre mettait déjà en péril la stabilité d’Arestim par son accession au trône en elle-même, fallait-il donc qu’elle empire la situation en se compromettant dès qu’elle en avait l’occasion ? Le pire était qu’il ne pensait même pas qu’elle fit la moitié de ce dont l’accusait de plus en plus ouvertement certains Olarils.

Cela dit, tous ces problèmes n’étaient rien, comparés à celui que rencontrait aujourd’hui le pauvre Corwin Télaran, homme qui sut se forger un destin plus grand que celui de son père, qui avait fait autrefois bien mieux que son père à lui, qui avait lui-même surpassé le sien. En effet, la gloire et la richesse était une chose, bien sûr, mais avoir à faire la lessive de plusieurs mois de linge n’était pas une mince affaire. Et oui, sur leur montagne, Corwin et ses amis avaient vaguement de quoi nettoyer leurs vêtements, chose indispensable quand on travaille tout le jour dans une mine, si on ne veut pas mourir tué par la maladie, mais ils n’avaient pas d’installation aussi efficace que les lavoirs d’Arestim !
Ainsi, comme chaque année, Le jeune Télaran était obligé de faire près de six mois de lessive tout seul, faute de quelqu’un pour l’aider dans cette tâche ingrate. Et la belle Anya qui était aujourd’hui enceinte… d’un autre homme que lui. La vie était dure, et ce n’était pas les diamants qui allaient consoler le cœur du trentenaire malheureux.
Enfin, ses pensées se posèrent sur son problème immédiat, la lessive.
La lessive.
La lessive.
Lessive, lessive, lessive.
Hegoa, aide donc ton pauvre enfant, il va en avoir pour des heures sinon !
Et si quelqu’un le voyait ? Il était venu à la première heure, mais n’importe qui pouvait avoir eu la même idée…
Comment faisait donc Erohir ? Sûr que quelqu’un le faisait pour lui…
Pourvu que personne ne vienne…

.../...
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Kermaat Garthésia

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MessageSujet: Re: Retour au Pays   Ven 13 Fév - 14:23

Aussi régulières que les saisons, la tombée de la nuit, le levé du soleil et les Fêtes Olarils, il y avait des tâches qui revenaient sans cesse, banales et nécessaires, pénibles mais qui ne pouvaient être ignorées. Tout comme elle devait chaque matin ouvrir les volets de bois qui cachaient les ouvertures de sa Boutique, tout comme elle devait ranger les flacons, les sachets et des potions sur les étagères quotidiennement, toutes les semaines, à l'aube, Kermaat hissait sous son bras une large corbeille en osier, où s'amassaient quelques vêtements aux couleurs sobres, posait à la surface de cette mer de tissus un gros savon noir et une brosse en éponge, et parcourait les quelques distances qui la séparaient des Sources Chaudes.

A cette heure-ci, peu d'Olarils aimaient faire leur lessive : les femmes avaient à s'occuper du levé des enfants, à et veiller à ce qu'ils prennent correctement une grosse tranche de pain pour être calés toute la matinée et ne pas avoir faim lorsqu'ils effectueraient leur apprentissage. Quant aux hommes, pour certains, cette heure était déjà celle où ils sont aux champs, aux mines, aux bois, et les rares Olarils qui étaient des « lèves-tard » sortait du sommeil avec peine.

L'Herboriste n'aimait pas laver son linge devant toutes les autres femmes d'Arestim : elles avaient à frotter les vêtements de leurs époux, ce qui la mettait mal à l'aise, et elles avaient également à laver leur propre garde robe, ce qui la rendait furieuse de jalousie, voyant les tailles minces de ces sveltes Olariles.
Aussi s'arrangeait-elle toujours pour faire sa lessive très tôt, et elle estimait d'ailleurs qu'elle avait pris du retard, ce matin-là. Même si elle n'était pas réellement intégrée aux derniers événements, suite aux Jeux, Kermaat avait été préoccupée par la tournure que prenaient les choses, et son sommeil s'en était trouvé troublé. Elle avait eu toutes les peines d'Olaria à se tirer de son lit...

En passant les piliers espacés, pour pénétrer dans le Lavoir, elle vit immédiatement qu'elle n'était pas la seule à laver ses vêtements de bon matin. Si d'autres auraient été ravies d'avoir de la compagnie, sa première réaction fut un grognement intérieur : il ne pouvait pas laisser sa femme s'en charger, plus tard ? Et cette pensée fit naître une seconde, plus amusante : Un homme faisant sa lessive, n'y avait-il rien d'autre de plus drôle ?
C'était à la fois un signe de célibat -elle le trouva bien vieux pour être encore seul, puisque sa constitution ne paraissait pas anormale- et d'attention, car plusieurs Olarils seuls préféraient porter des vêtements sales que de venir se montrer faire sa petite lessive comme une femme.

Amusée, bien que grognon, Kermaat ne voulut pas faire demi tour, de peur d'avoir à revenir dans la matinée, où le Lavoir serait plein de demoiselles. En soufflant, elle s'approcha de la source d'eau, posa sa corbeille et se résolut à lancer des salutations, de cette voix qui faisait souvent sursauté, tant elle était forte :

« Bonjour... » Bougonna-t-elle, se forçant à ajouter « La journée s'annonce bonne, hein ? » Le temps était affreux... Les nuages gris s'amoncelaient au dessus d'Arestim... Quelques mots que les commerçants savaient utiliser, pour faire poli, pour discuter, juste pour signaler qu'ils étaient là.

Elle hésita un instant à sortir ses vêtements, mais rester là sans rien faire était encore plus ridicule, et elle retira du panier d'osier une grande robe aux nombreuses tâches, traces des sèves diverses de plantes. Le savon fut frotté par la brosse, et elle entreprit de laver son vêtement en silence.
Cependant, n'ayant pas réellement envie qu'il s'intéresse à ce qu'elle faisait, elle préféra meubler, se rendant compte qu'elle ignorait qui il était, ce qui était plutôt rare, notamment chez les Garthésia.

« Vous ne devez pas être en Arestim souvent, vous, je ne vous ai jamais vu dans ma boutique... » Ce qui aurait dû êtres quelques mots sympathiques, de courtoise discussion, avait été dit sur un ton plus agressif, et elle s'en voulut aussitôt, se renfrognant.
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Corwin Télaran
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MessageSujet: Re: Retour au Pays   Ven 13 Fév - 16:00

Il ne faut pas penser trop fort à une chose que l’on ne veut pas voir arriver. Corwin allait devoir méditer cette vérité qui lui semblait évidente en cet instant. Hegoa, fait que ce ne soit pas Anya ou une de ses sœurs…

« Bonjour ! »

La voix de Corwin était partie dans des tons plus aigus qu’il l’aurait voulu, tout surpris qu’il était par l’arrivée d’une femme à la voix si forte. Il respira une seconde pour ne pas paraître plus ridicule qu’il ne l’était sûrement déjà, et se retourna avec le sourire.
Il fut soulagé de voir que c’était Kermaat Garthésia qui venait d’entrer. Herboriste de talent, plus agée que lui mais pas de beaucoup, s’il se souvenait bien, célibataire pour une raison inconnue, mais connue pour son mauvais caractère – la raison de son célibat n’était peut-être pas inconnue en fait… Corwin était fier de pouvoir reconnaitre à peu près n’importe qui à Arestim. Tout ceux à partir de sa génération en tout cas, les plus jeunes, et bien, il ne les cotoyait pas assez pour les reconnaitre aussi bien, mais le jeune homme n’oubliait jamais un visage.
Kermaat donc… Ils n’avaient jamais parlés ensembles, mais son oncle avait été un proche de la famille, mais ça remontait à loin. Peut-être avaient-ils joués ensemble quand il était tout petit ? Peu importait en fait, ça ne lui revenait pas, et la jeune femme ne l’avait pas reconnu… Preuve que soit elle n’avait pas les moyen de se payer des diamants (toutes les femmes qui venaient le voir juste pour ça… c’était effrayant. Pas étonnant que le pauvre ait des doutes quand il s’agissait de concrétiser des choses !), soit les bijoux étaient le cadet de ses soucis.

« Meilleure que ce qu’on peut voir dans la Gérax à cette période de l’année en tout cas, si tu veux mon avis. »

Il souriait, mais de peur que ce sourire ne semble trop faux on qu’elle ne voit qu’il était particulièrement gêné que quelqu’un le voit faire sa lessive – la femme n’avait qu’un panier, lui en avait trois, et ce n’était que le premier jour de nettoyage – il se retourna et repris son travail. Kermaat en fit autant. Un silence pesant risquait de s’installer, mais elle le brisa avant que Corwin ne trouve quelque chose à dire. Elle devait être quelque peu gênée elle-aussi, pour parler comme ça. Une commerçante reconnue comme elle devait être capable de plus de courtoisie, pour lui dire qu’elle ne savait pas qui il était.

« Et bien, je n’ai pas si souvent qu’on pourrait le croire besoin d’aller chez une herboriste, et dans ces moments là, je suis bien trop loin d’Arestim pour pouvoir faire le voyage, je me débrouille donc avec le peu que je sais ou que je trouve. »

Et voilà. Corwin lui répondait que lui, il savait qui elle était. Mais il ne lui dirait ni son nom, ni son travail, ça aurait été trop facile. Ah Ah, elle ne saurait jamais qui il était, et ne pourrait jamais aller jaser auprès des autres femmes – et encore moins auprès de ses anciennes amantes – et leur dire qu’il faisait sa lessive à une heure pareille. Nul doute que certaines feraient l’effort de venir rien que pour rire un peu. Le beau Corwin Télaran, coqueluche de celles qui aimaient les beaux diamants, en train d’amidonner ses vêtements. Gloire et Honneur, comme on dit.

Bon, il fallait bien combler la conversation malgré tout.

« Tu passeras le bonjour à ton oncle de ma part… »

Non ! non, non, non, mauvais choix, très mauvais choix ! Pour qu’elle salut son oncle de sa part, il aurait fallut qu’elle sache qui il était, et alors, elle pourrait faire la pipelette ! Bakarne ! C’est le moment de nous offrir un beau tremblement de terre, là !
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Kermaat Garthésia

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MessageSujet: Re: Retour au Pays   Ven 13 Fév - 18:46

Kermaat n'aimait pas qu'on sache des choses qu'elle ignorait. N'étant pas spécialement bête, elle n'était pas pour autant d'une intelligence folle, et avait, là encore, quelques complexes sur ce que d'autres auraient eu d'avantageux sur elle. Aussi, lorsque l'homme qui bassinait son petit linge devant elle sembla vouloir se montrer plus érudit qu'elle -elle eut l'étrange impression qu'il savait exactement qui elle était, alors qu'elle avait bien du mal à se dire qu'elle avait déjà rencontré celui-là un jour- le caractère tempétueux de l'Herboriste gronda.

Avec un froncement de sourcils, et une moue grognon, Kermaat voulut sans doute répliquer quelques paroles renfrognées, du genre que s'il était si malin, il pouvait peut être se présenter... Mais être désagréable et agressive, alors que les événements récents avaient mit le feu aux poudres en Arestim, était sans doute une façon peu idéale de profiter des quelques instants de calme dont ils avaient besoin tous. Aussi parvint-elle à stopper ses paroles qui déjà avaient gagné sa gorge, pour hausser les épaules : un grand sourire aurait été un peu trop difficile à rendre.

« Moi je veux bien, mais sans ton nom je risque de passer pour une Buse. » Préféra-t-elle dire, d'une voix toujours aussi forte, malgré ses efforts pour qu'elle ne soit pas plus haute que celle de l'homme.

Elle était passée au tutoiement, puis le gamin l'avait adopté, signe sans doute d'une plus grande aisance avec l'extérieure qu'elle. A vrai dire, ce n'était pas réellement si difficile que ça. N'ayant pas une aussi grande mémoire qu'elle l'aurait souhaité, il était finalement plutôt évident qu'il ait plus de facilité pour se souvenir de qui elle était : elle était Herboriste, moins anonyme peut être que d'autres Olarils. Les Commerçants avaient cet avantage d'être connu, mais Kermaat pouvait reconnaître les visages de ses clients... Pas des inconnus !

Par déduction, elle estima qu'il était soit Pêcheur, soit Mineur, soit Bûcheron, pour être souvent en dehors du Village, et ne revenir que lorsque l'hiver approchait. A la réflexion, il avait évoqué la Gérax, et Kermaat frissonna : elle n'aimait pas ce mot, il était dure et violent, comme les cauchemars qu'on lui prêtait pour habitants. C'était donc un Mineur...

« Un Télaran peut être... » Fit-elle à haute voix, alors qu'elle aurait préféré garder ceci en pensée, et lança un juron.

« Foutre Quenouille ! »
Entre ses dents.

Pour pouvoir rattraper ce mauvais éloge qui pourrait lui être fait par la suite, et sans penser une seule seconde aux préoccupations principales de l'homme -elle ne songeait même pas à aller colporter des témoignages sur sa lessive, dans l'immédiat- la Garthésia dut s'y prendre rapidement, en l'empêchant d'ajouter quoi que ce soit :

« Mon Oncle est bien amoindrit depuis l'hiver dernier, il approche quand même des 109 ans... »
Lança-t-elle sur le ton de la discussion, gênée par sa conduite précédente. L'idée était qu'il ne prenne pas la mouche suite à son intervention vulgaire, elle avait déjà une réputation bien grossière, autant ne pas l'amocher plus encore !
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Corwin Télaran
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MessageSujet: Re: Retour au Pays   Ven 13 Fév - 20:44

Un petit tremblement de terre ? Non ? Vraiment pas ? Bon sang, à quoi sert donc d’honorer les dieux s’ils ne nous rendent pas un petit service quand on en a besoin. C’est qu’il allait être bien obligé de se présenter, l’autre cloche.

« Excuse-moi, j’aurais dû commencer par là. Corwin Télaran. Ravi de te rencontrer » dit-il en s’avançant vers elle et en lui tendant une main amicale. « Mon père et ton oncle sont de bons amis, et je l’ai beaucoup vu alors que je n’étais pas plus grand que ça. J’espère en effet que malgré son grand âge, il se porte aussi bien que possible. Mon grand père s’est écroulé au travail à 124 ans sans n’avoir quasiment jamais montré le moindre signe de faiblesse. »

Maintenant qu’il était dedans, autant se montrer aussi courtois que faire se peux, même si le langage de la dame n’était sans doute pas aussi châtié que celui des belles aux diamants habituelles. Foutre Quenouille ? Amusant, à réutiliser à l’occasion, même.

« Je passe six bons mois de l’année à travailler dans la Gérax, et rien là-bas ne permet de nettoyer les vêtements aussi bien qu’au lavoir d’Arestim. Tu ne peux pas imaginer la quantité de résidus de diamants qui finissent ici sans que personne ne le sache chaque année. »

Enfin… Maintenant, il y avait au moins une personne de plus qui le savait. Corwin faisait gaffe sur gaffe aujourd’hui. Les évènements récents devaient le perturber encore plus qu’il ne le pensait déjà.

« Je peux t’aider peut-être ? Moi de toute façon, vu la quantité que j’ai à faire, je n’aurai pas fini avant plusieurs jours. »

Corwin tâchait de se montrer des plus avenants, mais commençait à se poser des questions. Qu’elle pouvait être la position de Kermaat sur ce qui se passait ? Il savait que tout le monde actuellement se faisait une fierté d’afficher ses convictions, et elle ne devait certainement pas faire exception. Lui-même, tout le monde savait plus ou moins qu’il aimait se montrer comme une sorte d’anarchiste pacifique, et il attendait avec impatience le moment où les opposants de Lysandre viendraient le chercher pour profiter de sa position importante dans l’économie. Il ne savait par contre pas ce qu’il allait bien pouvoir leur répondre.

« D’ailleurs, est-ce que tu as eu l’occasion de voir les évènements lors des jeux ? La tension semble régner ici depuis que je suis rentré… Dire que quand je suis parti, Laclaos était encore là ! Tout semble tellement plus compliqué maintenant… »
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Kermaat Garthésia

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MessageSujet: Re: Retour au Pays   Sam 14 Fév - 17:42

Kermaat appréciait que, finalement, tous deux aient décidé qu'il était sans doute peu judicieux de rester silencieux ou de s'ignorer. Chacun avait ses raisons pour vouloir intimement qu'on le laisse tranquille et qu'une lourde atmosphère ne puisse pas être créée, et dans un sens, ils arrivaient à y trouver leur compte, l'un comme l'autre. Alors, certes, ce n'était pas de la grande discussion, dans un premier temps, mais leurs paroles avaient l'avantage d'être autre chose que du silence...
L'Herboriste apprit donc qui était cet homme qui faisait sa lessive seul, et fut surprise qu'il puisse être un vieil ami de la famille : elle avait beau tenter de se souvenir, ce visage-là ne lui disait rien, mais à bien y réfléchir, s'il avait eu l'occasion d'être présent étant jeune chez son Oncle, il y avait de forte chance pour que ce visage ait largement changé avec la puberté. Et il y avait assez de gamins de passage chez l'Oncle, à l'époque, pour qu'elle n'en ait aucune mémoire.

Avec un sourire, elle acquiesça, et serra brièvement la main du Télaran. Pour un homme plutôt petit, il avait une poigne masculine, et il fut sans doute surpris lui aussi de constater que la main de Kermaat n'était pas aussi frêle que celle d'une femme ordinaire.
Elle n'ajouta pas grand chose concernant son Oncle : il était très vieux, et cette évocation avait fait parler Corwin d'un grand père qu'il avait visiblement perdu, ce que Kermaat n'aimait pas penser qu'il pourrait lui aussi s'éteindre un jour. Bien qu'aucune peine ne semble ébranler le jeune homme en face d'elle, l'Herboriste ne voulait pas non plus enfoncer un couteau dans une plaie qui était peut être mal refermée... Après tout, même si la Mort était naturelle pour les Olarils, perdre un grand père était toujours douloureux.

" Je lui dirai que tu le salues, je pense qu'il sera bien heureux. " Se contenta-t-elle de déclarer, de façon neutre, comme on répond "merci" à la serveuse de l'Auberge qui nous tend notre chope.

Lorsqu'il lui raconta brièvement les raisons de sa présence ici, avec autant de linge, Kermaat frémit légèrement : il était donc dans la Gérax durant tout ce temps ? Les vieilles craintes qui régnaient dans le coeur des Olarils au sujet des Créatures monstrueuses qui y sommeillent étaient toujours d'actualité, et elle n'aimait pas penser que de nombreux Télaran avaient assez de courage pour braver les dangers des Montagnes.
Cependant, elle fut impressionnée : il ne paraissait pas aussi trapu que plusieurs Télaran qu'elle avait rencontré dans sa boutique, friands d'herbes diverses qu'ils fumaient pour se réchauffer, là haut, ou plutôt, là-bas.

Étrangement, l'évocation de poudre de diamants semée dans les eaux du Lavoir depuis des années, tous les six mois, ne la fit pas changer de visage, ses yeux ne s'écarquillèrent pas et elle ne se mit pas, frénétiquement, à observer le fond des eaux pour tenter de voir quelques grains de sable qui brillaient un peu plus que les autres. Non pas qu'elle se fichait des bijoux : elle aimait en posséder, raisonnablement, mais elle n'était pas sensible à ces cailloux-là. Les quelques perles qu'elle possédaient était une monnaie d'échange, et si elle avait eu la chance d'avoir un diamant, elle ne l'aurait certainement pas exposé à son cou pour qu'on la prenne pour une capricieuse avide de pierres précieuses !

Elle se contenta de lever un sourcil, sans se montrer désintéressée pour autant, juste intriguée et peut être, heureuse de connaître un secret, quelque chose de plus qu'ignoraient les femmes Olariles.
C'était un avantage sur elles, elles qui en avaient tant sur Kermaat, pensait-elle. Une petite revanche qui ne faisait de mal à personne. Elle ajouta cependant :

" Ce grand secret sera bien gardé... " Et elle haussa de nouveau les épaules.

Lorsqu'il se proposa de l'aider, comme un orgueil, ou plutôt, pour éviter qu'il ait à tendre les tissus de ses vêtements pour constater leur taille, elle se renfrogna de nouveau, et fronça les sourcils encore une fois, en haussant le ton :

" Pas question ! " Elle avait été trop prompte à s'exprimer, et ne voulait pas, dans le fond, se montrer aussi antipathique, surtout envers quelqu'un qui demande de l'aide... C'était déplacé et vraiment pas malin... L'Herboriste se reprit vite d'un air penaud.

" Euh... Je voulais dire que c'est gentil mais je vais le faire toute seule. J'en ai pour quelques minutes, à peine, ça va aller vite..."

Elle esquissa un sourire, et se concentra sur l'eau mouvante du Lavoir, comme échappatoire. Plongeant une nouvelle tunique de lin, elle ne releva les yeux que lorsque le Télaran souffla le nom de Laclaos. La discussion prenait un tournant bien moins banal, finalement...

" J'ai assisté à la mort de Cyclae, dans l'Arène... " Débuta-t-elle, alors que sa grosse voix était plus grave. " Tout s'est enchainé très vite de puis le décès de Laclaos. Et les Dieux n'ont pas l'air d'apprécier que l'Hirune ait été choisie pour gouverner ... "

Elle ne faisait que dire ce qu'elle pensait : ce qui n'était ni une trop grande marque d'opposition, ni une affirmation d'un supposée position qu'elle aurait dû avoir... Simplement, elle soulignait des faits, histoire peut être de savoir ce qu'en pensait ce "regard extérieur".
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Alia Edorta
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MessageSujet: Re: Retour au Pays   Sam 28 Fév - 15:47

Une nuit coupée en son milieu. Un cauchemar. Une vie finie sans connaître d'amour, sans porter d'enfants. Alia Edorta s'était levée alors qu'Arestim dormait encore. Elle avait quitté sa chambre du Temple et s'était présentée à l'autel d'Aimar. Là, elle avait longuement parlé, dans le secret de son cœur, à celui à qui elle avait dédié son temps. Pas une larme le long des yeux blancs de l'aveugle. C'était juste... mauvais rêve.

Résolue à affronter la journée avec la même humeur que d'habitude, la prêtresse passa de l'eau sur son visage, revêtit ses vêtements habituels et se coiffa correctement. Inutile de tenter de deviner à quoi elle ressemblait. Elle voulait sentir l'air frais des champs olarils pour se revigorer. Elle pourrait démarrer la journée en écoutant le réveil de la nature. Peut-être croiserait-elle une Chasseresse matinale... Elle se mit en route, armée de son bâton blanc. Elle se glissa dans les rues encore sombres d'Arestim, devinant la pénombre. Autour d'elle, il faisait noir et froid. Au fur et à mesure de sa marche, l'aube se leva. Alia soupira discrètement. Elle n'avait pas été assez vite. Elle ne pourrait assister qu'à la fin du chant des oiseaux. Il faisait plus clair. D'ailleurs, des Olarils devaient commencer à sortir. La prêtresse croisa quelques paysans, se fit même poliment saluer.

Elle frissonna. L'air était frais. Elle continua son chemin en accélérant un peu le pas. La Place des Ires, la Caserne... l'Esplanade Couverte. L'endroit était sûrement désert. Pourquoi ne pas traverser l'endroit au lieu de le contourner ? Elle se réchaufferait. Alia tendit l'oreille. Aucun bruit n'émanait de l'endroit. Elle avança donc prudemment et se rendit compte de son erreur dès son entrée dans l'endroit. Il y avait bel et bien quelqu'un, dans le Lavoir. Les Thermes étaient encore vides. Alia se concentra. Elle allait faire demi-tour dans la minute, mais elle voulait juste, par curiosité, savoir qui était dans le Lavoir. Personne ne la remarquerait, elle était trop silencieuse. Aux bribes qu'elle entendait, Alia identifia aussitôt Corwin Télaran. Elle eut un sursaut de surprise. Ainsi, il avait le courage d'aller au Lavoir ? Il devait être un des seuls dans le cas. Mais comment se faisait-il qu'il soit accompagné ? Elle s'avança d'un pas. Et les derniers mots, ceux d'une femme, lui firent l'effet d'un coup de tonnerre. « Les Dieux n'ont pas l'air d'apprécier que l'Hirune ait été choisie pour gouverner ». Ceux-là, ils tourneraient encore longtemps dans son esprit.

La décision d'Alia fut rapidement prise. Il était bien trop tard pour qu'elle profite d'un hypothétique réveil bucolique. Par contre, la discussion engagée au Lavoir semblait des plus intéressantes. La prêtresse réfléchit rapidement. Elle n'avait strictement aucune raison d'aller au Lavoir. D'ailleurs, elle n'y mettait que rarement les pieds. Elle faisait faire sa lessive par les bonnes âmes du Temple. C'était intégré au système d'offrandes d'Aimar : la bonne condition de sa prêtresse. Elle n'était pas capable de repérer les taches sur un vêtement. En soi, elle pouvait laver elle-même ses affaires et le faisait quand on lui disait que le vêtement n'était pas particulièrement taché. Mais là, elle n'avait rien en main. Comment entrer dans le Lavoir sans attirer passer pour une indiscrète ?
Toujours aussi silencieusement, la prêtresse ressortit de l'Esplanade. Arrivée dehors, elle resta immobile plusieurs secondes, le temps de s'assurer que personne n'était à proximité. Elle savait qu'elle pouvait se fier à son ouïe. Il n'y avait personne, c'était sûr. La prêtresse tomba à genoux dans la terre meuble du chemin. Elle appuya de toutes la forces de sa mince silhouette sur ses membres à terre. Elle se redressa bien vite. Il était rare qu'elle tombe car sa cécité lui avait donné un équilibre proche de la perfection. Mais ça, ni Corwin ni sa compagne ne pouvaient le savoir... Officiellement, elle aurait été poussée par inattention.

Elle retourna au Lavoir, cette fois-ci en prenant soin de frapper le sol de son bâton à intervalle régulier. Elle n'exagérait pas sa démarche, certainement pas. Elle adoptait simplement l'attitude normale d'un Olaril normal. Elle pénétra le Lavoir, sachant qu'elle devait offrir un piteux spectacle : une prêtresse aveugle habillée d'un blanc sale et noirci à hauteur des genoux. De son ton habituel et doux, elle s'exclama :

- Bonjour ! Je ne pensais pas qu'il y aurait si tôt quelqu'un ici !

Alia s'approcha de l'eau, se plaçant à côté des deux personnes qu'elle devinait. La femme avait un embonpoint agréable et portait quelque chose de noir sur son visage. Alia ne chercha pas à forcer ses yeux. De toute façon, elle ne verrait rien de bien extraordinaire. Une Olarile normale, qui jouissait de la vue. Par contre, au souffle et à la respiration de la femme, elle fut certaine qu'elle ne lui avait pas encore parlé en face. Elle savait mieux à quoi se tenir pour l'autre respiration. Corwin Télaran. Elle se tourna vers lui et continua :

- Vous semblez en forme, Corwin.

Elle ne voulait pas le mettre mal à l'aise. De fait, il allait mieux que la première fois qu'ils s'étaient parlé. Déjà, il était entièrement sobre. Et puis, il lavait du linge...
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Corwin Télaran
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MessageSujet: Re: Retour au Pays   Sam 28 Fév - 16:59

Kermaat était quelqu’un de direct et Corwin aussi, mais certainement pas de la même façon. Là où, clairement, la femme avait tendance à parler trop vite et à se corriger, le mineur tendait à toujours tourner sa langue neuf fois dans sa bouche… avant de dire les choses tout de même, parce que c’était moins amusant autrement. Peu importait pour lui de savoir si l’un ou l’autre avait raison d’agir tel qu’il le fait, mais ce qui était sûr, c’est qu’il trouvait très drôle la façon dont elle avait refusé son offre. Il s’y attendait, mais ne put réprimer un sourire en la voyant se raviser immédiatement et se reprendre de manière plus diplomate. Tout le monde était différent et chacun avait ses défauts propres. Comme on dit, on vous apprécie pour vos qualités, mais on vous aime pour vos défauts. Lui n’avait pas trouvé celle qui serait ravi de le voir partir la moitié de l’année, et elle celui qui rêve d’une femme au langage peu châtié. Ca devait être ça…

« Tant mieux, je n’avancerai que plus vite dans ma propre lessive, après tout ! »

Il lui fit un clin d’œil pour lui montrer qu’il ne se braquait pas, mais qu’au contraire, il ne prenait pas à mal son refus. Et puis il reprit de suite après des sujets plus sérieux. C’est qu’il n’avait pas eu le temps de se pencher sur les questions politiques majeures, trop pris par ses propres problèmes personnels, et qu’il était temps de bouger un peu.

Kermaat faisait mine de ne pas se mouiller, mais c’était difficile en faisant la lessive. Si les dieux ne semblaient pas apprécier, sans doute elle non plus. Et pour Corwin, les dieux n’avaient rien ou presque rien à faire la dedans. Depuis le temps qu’ils avaient quittés les Terres d’Olaria, leur système s’était bien corrompu, et Corwin était de toute façon déjà un opposant avant que le moindre évènement ne survienne. Pas un opposant actif, mais un opposant affiché et qui aime dire ce qu’il pense, qu’il soit pour ou contre les décisions.

« Je n’ai pas eu l’occasion de voir ce qui s’est passé, mais Lysandre ne m’a pas effectivement l’air de faire tout ce qu’il faut pour maintenir l’ordre à Arestim. Loin à l’est, dans la Gérax, cela n’a que peu d’importance, mais maintenant que je suis de retour… »

Il aurait bien continué, mais à ce moment là qu’Alia choisit d’entrer en scène. Sa longue robe blanche était tachée, et sans doute était-elle là pour la nettoyer. D’ailleurs, elle semblait avoir le don de lui tomber dessus dans les pires moments. Heureusement qu’elle ne voyait pas, parce qu’entre les moments où il souhaite se saouler tranquille et les moments où il souhaite faire sa lessive tranquille, il n’osait pas imaginer quand elle allait lui tomber dessus la prochaine fois…

« Bonjour Alia ! »

Il se leva pour la saluer, tout en doutant de l’intérêt de la chose pour une aveugle. Tant pis.

« Tu tombe bien. Kermaat et moi abordions tout juste un sujet d’importance, et je serais des plus curieux de connaitre ton avis dessus. Nous parlions évidemment des choix et des décisions de Lysandre, le sujet de débat principal à Arestim en ce moment… »
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Kermaat Garthésia

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MessageSujet: Re: Retour au Pays   Dim 1 Mar - 13:33

Kermaat s'était renfrognée légèrement lorsqu'elle avait entendu arriver une tierce personne. Ce n'était pas qu'elle détestait les gens, ou qu'elle espérait rester en tête à tête avec le Télaran, simplement, cela faisait encore une personne supplémentaire pour voir la taille de ses tuniques, et il fallait avouer que la lessive était presque quelque chose d'intime, et l'Herboriste n'appréciait pas non plus de trop partager ces instants-là.
En relevant son œil valide vivement vers l'Olaril qui venait d'apparaître devant eux-deux, elle constata que Corwin se levait derechef, et effectivement, Kermaat se souvint alors qu'il s'agissait d'Alia Edorta, la Prêtresse d'Aimar.. Aveugle.

Soulagement très égoïste, la femme songea que c'était une chose plaisante : elle ne verrait pas ses vêtements. Cette réflexion ne laissait pas les sensations coupables qu'elle aurait dû ressentir, mais elle eut tout de même un pincement au coeur : elle qui se jugeait bien maudite d'être borgne, avait au moins la chance -ou le désavantage- de pouvoir visualiser les choses. Plus ou moins bien... certes... Elle s'étendit un instant sur cette pensée : après tout, ne valait-il mieux ne pas voir du tout, que d'avoir le visage tranché par un bandeau noir rappelant sans cesse aux Olarils sa maladresse. Et que dire de cet oeil affreux lorsqu'elle le dévoilait... Un haut le coeur lui fit stopper ses réflexions, elle se crispa instinctivement et lâcha la toge au fond du Lavoir.

Peu profond, elle releva ses manches immédiatement pour le récupérer, dans un grand bruit d'eau, puisqu'elle n'était pas connue pour sa délicatesse... Avec un grognement, les avant bras trempés l'Herboriste se décida à ouvrir la bouche et faire entendre sa voix d'ourse.

" 'Jour Alia. " Fit alors Kermaat, s'en voulant sans doute un peu d'être aussi renfermée, alors que cette jeune femme n'attestait d'aucune antipathie à leur égard. Mais il y avait de douloureuses visions, qu'elle conservait, avec cet oeil unique, celle d'une femme plaisante, même si elle ne se souvenait pas l'avoir vu souvent en dehors du Temple, elle voyait en elle le physique d'une Edorta d'une taille élégante, fine, si fine et pourtant, proportionnée... Kermaat souffrait à la simple vue de ces femmes-là... Et instinctivement, elle se montrait agressive, encore.

" Oui, enfin, je disais juste que depuis quelques temps, Arestim avait perdu de sa quiétude. " Se reprit-elle alors, comme si elle craignait soudain d'avoir dit quelques bêtises, d'avoir ouvert la bouche trop vite. Etait-il plus facile d'affirmer un avis à un Télaran qu'à une Edorta ? L'Herboriste se remit alors, nerveusement, à frotter son vêtement.
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Alia Edorta
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MessageSujet: Re: Retour au Pays   Lun 2 Mar - 16:29

Alia perçut le mouvement de Corwin et devina qu’il se levait pour la saluer. Il était trop tard pour interrompre son geste, mais elle lui rendit un sourire. Quant à la femme, elle maugréa un bonjour d’une voix bourrue. La jeune prêtresse fut surprise par l’utilisation de son prénom. Elle ne la connaissait pas ! Son nom était donc connu en Arestim ? Alia sentit ses joues se colorer. Sous quel sobriquet lié à son inutilité était-elle connue ? Elle se reprit instantanément. Elle aspirait seulement à vivre une vie normale. Le sourire qui gagna ses lèvres était naturel, le résultat d’un optimisme spontané mais habituel.

Alia s’approcha le plus qu’elle put du lavoir. Ses robes étaient toujours amples et larges, aussi ne se sentit-elle pas gênée outre mesure en relevant le bas taché. Elle ne dévoilait quasiment rien : sa pudeur n’avait aucune raison de rougir. Sans malice, elle leva l’endroit où elle devinait les taches à hauteur de l’eau et commença à tremper la zone concernée. Il lui manquait le principal : un peu de savon. Alors, elle s’adressa à la femme :

- Vous n’auriez pas un peu de savon ? Je ne pensais pas passer au Lavoir, mais je ne veux pas me promener toute la journée comme ça…

Ce n’était pas de la préciosité, loin de là. Exerçant un métier lié aux dieux, Alia ne pouvait se permettre de se promener dans un accoutrement aussi sale. Elle n’avait pas d’activité physique justifiant un état crasseux et serait bien vite la risée des Olarils si elle passait outre. Consciente que malgré tout elle devait paraître bien naïve pour oser se présenter ainsi au Lavoir, Alia continua son geste. Elle espérait que son manque d’expérience dans ce type de tâche ne serait pas trop flagrant. Et qu’elle ne ferait pas de bourde monumentale. A priori, tout le monde savait laver une pièce de tissu, non ?

Alia n’hésita pas plus longtemps avant de répondre à la question de Corwin, question dont elle était ravie qu’il l’ait posée. Elle ne faisait pas partie de ces êtres qui n’assument pas leurs propos. Même si Lysandre avait été présente dans le Lavoir, Alia aurait répondu. Sans plus hésiter, elle commença :

- Je ne suis pas convaincue par Lysandre Hirune. Et ça n’a rien à voir avec la mort de tante Cyclaë. Ce n’est pas non plus parce qu’elle est une Hirune et que je suis une Edorta. Mais d’un point de vue strictement humain, je trouve qu’elle a franchi les limites. Elle a joué avec des vies, ce que je trouve totalement irresponsable de la part d’un Chef des Olarils.

En revanche, Alia ne mêla pas les dieux à sa première proposition. Elle ne savait trop qu’en penser elle-même, mais devinait que son incertitude ne pourrait durer. Elle était prêtresse, donc spécialisée dans la question. Mais, s’il lui paraissait évident que Bakarne avait joué un tour au Chef Olaril, elle n’osait parler d’un mouvement unique chez les dieux pour nommer les malheurs de Lysandre. Cependant, la phrase prononcée par la femme un peu plus tôt ne quittait pas son esprit. Elle n’arrivait pas à en détourner ses pensées. Aimar désavouait-il aussi Lysandre ? Aimar approuvait sa prêtresse dans ses décisions, mais cela signifiait-il qu’il était en accord avec elle ? Ce fut à ce moment-là qu’Alia se rendit compte qu’elle n’avait pas encore pris le temps de demander le nom de la femme. Espérant qu’elle ne passerait pas pour une femme particulièrement malpolie, Alia se tourna vers elle et lui demanda :

- C’est que… je réponds à la question de Corwin mais je ne connais même pas votre nom !

Alia leva ses yeux aveugles sur la femme. Elle n’y voyait fichtre rien, mais elle devinait qu’elle ne devait pas aller trop loin, ressentant une crispation dans son attitude. Le vêtement qu’elle frottait avec une énergie qu’Alia aurait été incapable de produire semblait d’ailleurs aller en ce sens…
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Corwin Télaran
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MessageSujet: Re: Retour au Pays   Mer 18 Mar - 20:14

Corwin appréciât grandement le sourire que lui offrit Alia quand il se leva pour la saluer. Il trouvait la jeune femme des plus… charmantes et trouvait que son handicap, et surtout sa façon de faire comme s’il ne la gênait pas plus que ça dans la vie de tous les jours, la rendait plus intéressante encore à ses yeux. Et maintenant qu’elle commençait à s’installer pour nettoyer son vêtement, il ne pouvait s’empêcher d’observer ses gestes, et même le peu de ses jambes qu’elle dévoila fit en imaginer plus à l’homme.

Et quand elle demanda du savon, car elle n’en avait évidemment pas sur elle, s’étant sûrement tachée par accident en passant près du lavoir (mais après la pluie qu’il y avait eu ces derniers jours, ce n’était pas si étonnant), il se dépêcha de réagir avant Kermaat. Aucune occasion de se montrer sous un jour toujours meilleur n’était à sous-estimer. L’on était toujours surpris d’apprendre ce qui rendait les femmes amoureuses, ou ce qui leur avait manqué, au contraire.

« Tiens, Alia, prends-en un des miens. » Il était déjà à son niveau pour le lui donner. « Etant donné la quantité de travail que j’ai à faire ici, j’en ai apporté plusieurs. Celui-ci est parfumé, j’espère que son parfum te plaira. »

Eh Eh, pour Corwin, il était évident qu’aucune femme ne pouvait être insensible à un homme qui connaissait leur travail quotidien et qui savait ce qui pouvait le rendre moins pénible, comme un doux parfum… Même s’il était évident qu’Alia ne devait pas faire sa lessive elle-même.

Il retourna à son travail, et tandis qu’il lavait, la discussion se concentra sur des sujets plus sérieux.

« Lysandre... a trop à prouver pour pouvoir prendre de bonne décisions, mais il est certains qu’elle est partie d’un mauvais pied pour le moment. Le problème serait simple, si Xan s’opposait à elle et que l’on se trouvait face à une simple querelle entre Hirune et Edorta, comme autrefois… Mais c’est pire encore, aujourd’hui, qu’à l’époque de Garhan et Laaryn’Far, car toutes les Familles cherchent ici à tirer leur épingle du jeu, à l’image de ce jeune Astar dont j’ai entendu parler, Vesper. Il parait même que Digarl le soutient, au moins dans une certaine mesure… »

Il reprit sa respiration et continua…

« En ce qui concerne Mithra, je suis plus réservé. J’ai peur que mon jugement soit faussé en ce qui la concerne, étant donné que j’en suis plus proche, mais j’aurais tendance à vouloir la suivre… Sauf si elle ne fait elle-même que suivre Vesper et Digarl, mais je la sais plus intelligente que cela. »

Il continuait de frotter, mais il était maintenant un peu plus perdu dans sa réflexion.

« De fait, je ne sais pas aujourd’hui ce qu’il serait bon de faire. Rejoindre malgré ses erreurs Lysandre, pour le bien de la stabilité d’Olaria, mais en courant le risque de la voir faire d’autres erreurs, ou bien favoriser ceux qui s’opposent à elle, mais en risquant de participer à des actes peut-être plus graves encore… »

Il releva la tête de son linge plein de mousse, et fit un petit sourire à ses deux compagnes de lessive.

« La situation est compliqué, hein ? »
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Kermaat Garthésia

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MessageSujet: Re: Retour au Pays   Dim 22 Mar - 17:48

Il était prévisible de songer que Kermaat n'apprécierait pas l'attitude d'Alia, comme celle de Corwin. Ceux et celles qui savaient à quoi s'en tenir avec l'Herboriste avaient appris à comprendre que ses nombreux défauts ne laissaient pas passer ce genre de choses : Alia avait en effet préféré immédiatement s'occuper du discours concernant la politique d'Arestim, en discutant avec Corwin plutôt qu'elle, et le Télaran s'étant littéralement jeté sur la Prêtresse comme un fidèle qui honore une divinité. Il lui aurait offert sa propre toge pour lui laver celle qu'elle avait souillé, pensa immédiatement Kermaat, le regard assombri par de grognons sentiments. Ainsi étaient-ils tous les mêmes, alors que se profilaient une jolie plante, à délaisser les conversations si peu intéressantes des arbustes mal taillés...

Elle fronça les sourcils au moment où Alia rétablit son erreur, pour avouer son ignorance sur son identité. Peut être encore un affront envers la Garthésia, qui se sentait à chaque instant, un peu plus mésestimée par les deux Olarils face à elle. Pourtant, il lui fallait répondre, sous peine de réellement parfaire sa réputation d'Ourse, et elle s'efforça de prendre une voix fluette, malgré que ses efforts soient vains.

" Je suis Kermaat, l'Herboriste, mais je ne vais pas souvent au Temple. " Se contenta-t-elle d'articuler, ce qui était déjà beaucoup alors qu'elle aurait préféré lâché un grognement et frotter plus encore ses vêtements.

Et louer Aimar, le dieu de la Connaissance et des Arts, n'était pas dans ses priorités divines... Elle tourna légèrement son oeil plus sombre par les contrariétés, vers Corwin qui déjà semblait exposer son point de vue de façon très diplomate, et à la fois tout à fait franche. Il semblait avoir déjà beaucoup réfléchi à la question, là où Kermaat tâtonnait à peine dans ses positions. Cependant, elle ne voulut pas les laisser converser tous deux en l'ignorant encore, et s'empressa d'ouvrir la bouche, imposant son jugement de par sa voix massive :

" Je n'aime pas les Chasseresses, elles se croient toujours plus fortes que les autres. "
Gronda-t-elle, les sourcils froncés, s'étant faite beaucoup trop franche, du moins beaucoup plus qu'elle ne l'aurait aimé. Et comme elle avait posé le pied là, autant s'y enfoncer clairement...

" Elles sont arrogantes, prétentieuses et ont une tête plus grosse qu'un chou ! "
Pesta-t-elle, de plus en plus renfrognée, ses propos devenant injurieux. A la différence d'Alia, sans doute n'aurait-elle pas assuré autant ses mots si une Hirune avait été présente dans le Lavoir, ce matin-là, mais on peut supposer qu'elle n'aurait pas beaucoup ouvert la bouche, et aurait rapidement quitté les lieux, en bougonnant...

" C'est leur faute si la situation est compliquée ! "
Affirma l'Herboriste.
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Alia Edorta
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MessageSujet: Re: Retour au Pays   Lun 13 Avr - 10:26

Alia prit le savon que Corwin lui proposait sans se rendre compte de rien. Là où Kermaat voyait de la préférence, Alia ne voyait que de la gentillesse. Bienheureuse innocente ! Loin des tracas de l'amour, mise à part pour sa différence, Alia ne saisissait pas du tout les nuances des relations entre hommes et femmes. Elle n'avait que son amitié à proposer, quel que soit le sexe de son interlocuteur. Du moins le pensait-elle... Toutefois, elle dut reconnaître que la douce odeur de lavande qui émanait du savon lui plaisait. Du fait de sa cécité, son odorat était bien plus développé que la normale. Les effluves qui montaient jusqu'à ses narines semblaient embaumer tout le Lavoir, sans étouffer ni faire disparaître toutes les autres odeurs. Serrant dans ses mains le morceaux offert, elle commença à frotter le bas de sa robe, sans oublier de remercier l'homme :

- Merci beaucoup, Corwin !

Le sourire qu'elle esquissa fut la réponse liée au parfum. Il était évident qu'une telle senteur ne pouvait que plaire à l'aveugle. Et pas une seule fois elle ne se dit que la situation est cocasse.
À cet instant, la voix bourrue de la femme intervint, pour donner son nom. Alia tilta aussitôt. Elle s'exclama, un peu plus fort qu'elle l'aurait dû :

- Kermaat Garthésia ! C'est de chez vous que viennent les plantes aromatiques que nous brûlons en l'honneur d'Aimar ! J'ai été quelques fois jusqu'à votre échoppe, mais je suis malheureusement à chaque fois tombée sur quelqu'un d'autre.

Alia ne pensa pas un instant aux rumeurs qui avaient circulé sur elle et sur son cousin. En fait, elle ne les connaissait quasiment pas. Qui les lui aurait racontées ? Elle n'avait même pas conscience de son œil mort. Elle faillit complimenter Kermaat sur la qualité de ses produits, puis se rendit compte que ce n'était pas vraiment le moment. Pourtant, elle aimait les mélanges de l'herboriste. Et elle était fasciné par les mariages parfaits que certaines plantes pouvaient exhaler. La femme qui maniait les végétaux avec autant de doigté ne pouvait qu'être particulière. Alia percevait le ton agressif de Kermaat, certes, mais elle ne le sentait pas dirigé particulièrement sur elle.

De toute façon, la conversation continuait, entre le frottement intensif des tissus sales. Le sujet revint aussitôt sur Lysandre. Visiblement, les deux interlocuteurs d'Alia n'avaient pas été à la réunion des anti-Lysandre. Et Alia n'avait certainement pas des certitudes à proposer. Elle-même construisait seulement sa propre réflexion. Alors, elle demanda :

- Vous pensez vraiment que Lysandre n'a pas eu de chance et qu'elle s'est retrouvée à des conjectures défavorables par hasard ? C'est vrai que la situation est plus compliquée qu'elle ne l'a jamais été, mais dans l'ensemble, on ne peut pas occulter sa responsabilité !

Alia ressentit cependant le besoin de s'expliquer un peu plus, pour être sûre d'être bien comprise :

- C'est vrai que la contestation a été trop rapide et que nous n'avons pas vraiment attendu de voir ce dont elle était capable, mais imaginez si la situation empire... Nous ne pouvons deviner le sens dans lequel elle va évoluer. Et si la taille de ses écarts empirait ?

L'image de Mithra s'imposa dans l'esprit d'Alia. Elle releva son visage, le tourna dans la direction de Corwin, puis de Kermaat. Elle ne connaissait presque pas les deux Olarils, pourtant, elle était en train de leur donner son avis de façon cavalière. Elle ressentait toutefois le besoin d'en parler ; c'était bien la raison pour laquelle elle s'était jointe à eux. Enfin, elle dit :

- Ma tante, Mithra Edorta, jettera toutes ses forces contre Lysandre. Elle suit Vesper et Digarl pour l'image. Elle restera en retrait ou non selon le fait que cela serve ou non ses intérêts.

Alia eut un petit silence pensif.

- C'est une femme remarquablement intelligente. Mais je pense qu'elle est largement intéressée par la place de Lysandre, par exemple pour mon cousin, Xan.

Alia se tut à nouveau, puis termina :

- Et Arestim qui semble se déchirer en deux camps... Je ne voudrais pas choisir, mais je pense que mon choix était fait dès les premiers faux pas de Lysandre. Si une troisième option s'ouvrait, je serais la première intéressée. Mais à défaut, il faudra bien se positionner un jour.

Kermaat fit alors plusieurs réflexions sur les Chasseresses. Alia fut assez surprise. Elle-même avait toujours admiré les filles d'Hésione. C'étaient des grandes femmes à l'âme sauvage, capables d'assouvir leurs désirs de liberté. Elles étaient belles, fortes et indépendantes. Elles mordaient dans la vie à pleines dents. Alors, comme si la phrase expliquait tout, Alia dit :

- Elles sont fières.

C'était aussi simple que ça. Tout tenait en trois mots.
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Corwin Télaran
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MessageSujet: Re: Retour au Pays   Mer 6 Mai - 14:44

Corwin écouta tranquillement la réponse d’Alia, qui avait elle-même mûrement réfléchi les évènements récents, et qui sans doute gardait son jugement depuis l’avènement de Lysandre… Bon sang, et lui qui s’amusait avec ses petits cailloux dans sa dangereuse montagne, alors que l’aventure avait lieu à Arestim ! S’il avait su plus tôt ! Il n’était pas rentré pour Anya, et il avait eu raison dans le fond, vu la vitesse à laquelle elle lui avait préféré un autre, mais s’il avait su, s’il avait su… Mais il était trop tard pour les regrets, tandis que pour la réflexion et l’action, il était toujours temps.

« Je ne doute pas de Mithra, mais Xan ne semble même pas vouloir du poste de chef ! Il s’affiche aussi ouvertement que possible comme partisan de celle-ci, en bon parangon de vertu qu’il est ! Non, la solution est ailleurs… »

Non, la solution était ailleurs…

« Vesper veut le trône pour lui, sur ce point je n’ai presque pas de doute, sa jeunesse le trahit. Digarl a sans doute le même genre d’ambitions, peut-être même depuis longtemps, mais il ne prendra sans doute pas de risque. Ces deux là non plus ne sont pas la solution… »

Et Lysandre elle-même ?

« Le tout est donc d’éviter à Lysandre de plus grands écarts ? Elle est jeune et impulsive, mais sans doute Laclaos avait-il des raisons pour la choisir… » que ce soit de la choisir elle ou de ne pas choisir quelqu’un d’autre, d’ailleurs, se dit Corwin « et peut-être manque-t-elle en ce jour de guides ? De personnes à même de la conseiller dans ses choix et de l’orienter dans le sens du bien commun à toutes les guildes… »

Voilà des années qu’il le disait, même en présence de Laclaos d’ailleurs, qui trouvait cela très amusant, mais Corwin prônait depuis longtemps maintenant l’installation d’un vrai conseil des familles. Personne ne s’était donc rendu compte que la population d’Olaria était bien plus importante qu’auparavant, et qu’elle augmentait toujours plus vite ? On ne pouvait gérer autant de monde aussi bien que la petite peuplade qu’il devaient être jadis, du temps des Dieux…
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Kermaat Garthésia

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MessageSujet: Re: Retour au Pays   Jeu 7 Mai - 18:49

" Des raisons de la choisir, mon Oeil oui. " Grogna l'Ourse qui avait cessé de frotté quoi que ce soit depuis qu'Alia l'avait interpelée. Elle c'était d'ailleurs étonnée que la Prêtresse se rappelle d'elle, sa mauvaise fois lui avait fait songé qu'une femme comme elle n'avait de souvenir que des gens importants. Mais alors que Kermaat prononçait les derniers mots de sa phrase, sa voix se brisa. Cette expression brisait jusqu'à l'humeur affreuse qui lui collait à la peau, tant la perte de son oeil était un traumatisme. Cette expression-là, sans doute l'avait-elle bannie de son vocabulaire, mais, poussée par la situation, elle avait lancé ceci sans réfléchir.

S'en mordant les doigts, les deux autres sans doute dans la plus grande ignorance des troubles qui l'emplissaient, l'Herboriste fonça de nouveau les sourcils, tout en estimant qu'entre Alia et Corwin, les réflexions politiques étaient nombreuses. Nouveau motif d'infériorité, pensa-t-elle, pour elle, qui n'avait que des sentiments confus sur les Chasseresses et leur prétention, sans avoir de réelles pensées constructives au sujet des événements, du rôle du Chef, des enjeux et devoirs de Lysandre et tout ce qui allait avec. Se sentant de nouveau rabaissée, la femme baissa la tête pour observer les cercles vibrant de l'eau du Lavoir.

Mais se souvenant de l'évocation de Mithra, et de Xan Edorta, Kermaat ne put retenir sa langue, et s'exclama de ce timbre caractéristique, et encore légèrement agressif.

" La famille Edorta est une bonne famille. Elle a toujours fait de bons chefs. La preuve en est avec Xan. Il est même assez humble pour être fidèle à une Hirune ; parce qu'un homme de son rang droit doit être respectueux des traditions. "
Affirma l'Herboriste, d'une voix qui défiait quiconque de la contredire.

" Enfin... Jusqu'à ce que le Chef ne soit plus en mesure d'être chef." Se reprit-elle. " De toute façon, elle a volé le trône à Xan. Mithra ne fait que son devoir de mère en voulant rétablir la lignée Edorta au rang qui lui revient. Oui. " Il semblait désormais que tout ce qu'elle pouvait prononcé était scellé, et que c'était ainsi, et pas autrement. Des idées tranchées sur le vif, à la vérité, voici ce qu'elle exposait sans savoir où ça la mènerait. Car, contrairement aux deux autres, elle n'avait jamais réfléchi à cela...

" Et Vesper est comme les Hirune : c'est un petit prétentieux qui croit ses fesses plus reluisantes que celle des autres. "
Elle cracha ensuite une insulte entre ses dents. Vraisemblablement, en plus des Hirune, Kermaat ne plaçait pas dans son coeur le jeune Vesper Astar.

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Alia Edorta
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MessageSujet: Re: Retour au Pays   Mer 29 Juil - 19:46

Alia continua sa réflexion sur les Edorta en entendant la réponse de Corwin. Elle connaissait très mal Xan et de ce fait, elle était incapable de cibler ses véritables intentions. Elle était plutôt encline à croire qu'il soutenait réellement Lysandre. Après tout, ne respectait-il pas, comme tout bon fils, les dernières volontés de son père ? En fait, il était presque logique qu'il soit parmi les premiers à embraser la cause du Chef Olaril.

Quand le nom de Vesper tomba, le visage d'Alia exprima la compassion. Elle n'arrivait pas à mépriser l'individu, mais elle était convaincue qu'il n'était pas l'homme de la situation, ce qu'elle avait d'ailleurs mis en évidence lors du rassemblement des Opposants, auquel elle avait participé. Lui qui refusait d'accepter le savoir et l'expérience des Aînés... Autre chose perturbait Alia. Ils crachaient tous sur la jeunesse de Vesper, mais... Lysandre elle-même n'était âgée que de 24 ans. C'était terriblement jeune. Alia s'estimait comme ayant peu d'expérience, elle qui comptait plusieurs années de plus qu'elle, alors... elle s'étonnait que la Chasseresse ne soit pas l'objet de critiques sur ce plan-là. Mais peut-être le caractère du Chef actuel était-il plus mature que le sien, poussé par l'éducation Hirune ? En revanche, entendre que Digarl était mis hors jeu lui aussi surprit Alia. Des trois chefs qui s'étaient proposés lors du rassemblement, à savoir Mithra, Digarl et Vesper, Digarl était celui auquel elle aurait donné sa confiance, oubliant la peur qu'il lui inspirait lorsqu'elle était petite. Il était le conseiller de Laclaos et connaissait bien les Olarils. Il n'avait pas la jeunesse et l'inexpérience de Vesper, il n'avait pas les intérêts de Xan autant à cœur que Mithra. Certes, il était Edorta, mais Alia avait l'impression qu'il ne voudrait pas le pouvoir pour lui et qu'il n'intriguerait pas pour jeter Lysandre à bas de son siège comme une malpropre. Enfin, pour le dernier point, Alia n'était pas tellement sûre. Elle avait tout de même plusieurs réserves. Et puis, au final, ce qui importait à la prêtresse, c'était que le Chef ne puisse plus se jouer des Olarils.

L'idée de conseillers fit lentement son chemin dans l'esprit de la jeune femme. Elle venait solutionner le point difficile auquel Alia était arrivée dans son raisonnement. Mais aussitôt, une objection jaillit :

- Lysandre n'acceptera jamais un conseil des familles. Elle ne voudra pas être le Chef qui s'est laissé imposer une bride.

Se rendant compte que son propos était virulent, Alia tenta maladroitement de nuancer :

- Je veux dire, je ne pense pas que sa mentalité de Chasseresse accepte un pareil compromis. Cela ne s'est jamais vu en Arestim !

Presque pour elle-même, Alia ajouta :

- Mais ce serait un excellent commencement...

La réplique de Kermaat, comme quoi la famille Edorta avait toujours fourni de bons chefs, coupa Alia dans son élan sur un hypothétique conseil. Spontanément, Alia acquiesça. Le fait qu'elle soit Edorta n'avait rien à voir avec son accord. Une seule chose dérangeait Alia : Lysandre n'avait pas volé son trône. Elle ne s'en montrait pas digne, c'était différent. Mais elle ne reprit pas la Garthésia. Elle n'en eut pas le temps : Kermaat lança une méchanceté à propos de Vesper et des Hirune. Alia n'eut pas le temps de réfléchir, elle éclata de rire. Le ton grognon sur lequel c'était prononcé, la verve de la femme et son geste vigoureux pendant qu'elle parlait étaient irrésistibles. La prêtresse, sans cesser de sourire, soupira :

- Vesper n'a pas grand chose pour lui, décidément...

Laissant son visage tourné vers Kermaat, elle lui demanda :

- Vous connaissez Xan ? Moi, je le connais seulement de vue...

Alia rougit puis rectifia :

- Enfin, pas exactement de vue, parce que... oh, puis zut ! Je l'ai à peine côtoyé, je ne cerne pas du tout sa personnalité. Je me demande ce qu'il pense vraiment de la situation...

Mais déjà, l'idée du conseil des grandes familles reprenait une place dans l'esprit de la prêtresse. Elle devrait y réfléchir à tête reposée, parce que là, elle se laissait gagner par l'excitation. Elle avait l'impression que Corwin avait mis le doigt sur quelque chose d'important. À méditer...
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Kermaat Garthésia

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MessageSujet: Re: Retour au Pays   Sam 3 Oct - 17:09

La dernière question de la Prêtresse rendit Kermaat rouge comme une pivoine. Elle avait tendance à parler trop vite, et sans réfléchir, si bien qu'elle semblait affirmer connaître parfaitement l'Héritier Edorta. Et le rire d'Alia avait accentué sa gêne, songeant qu'elle se moquait d'elle, et non qu'elle trouvait sa réplique drôle. Se sentant rougir, et la chaleur montant à son visage, l'Hebroriste lança derechef, d'une voix trop forte :

" Je ne connais pas Xan !" Il semblait important pour elle de rectifier tout ça. " Juste que c'est un Edorta. Et qu'il a toujours tout fait pour être un Chef admirable, en apprenant de Laclaos. Et que Lysandre lui a pris sa place, en séduisant le Père !"

Elle se tut immédiatement, les yeux baissés. Il était toujours peu évident pour la Borgne d'exprimer ses opinions sans hurler ou sans sentir la moutarde monter trop vite à son nez. Son rythme cardiaque ne pouvait trop se calmer, car elle repensait à cette conversation, qui la mettait mal à l'aise. Elle ne voulait pas faire croire qu'elle connaissait bien l'Edorta, car c'était faux, et elle ne voulait pas pouvoir être traitée de menteuse. Même si Alia avait avoué ne jamais avoir trop été en contact avec son Cousin, il semblait important à Kermaat de clairement exprimer les faits. Et argumenter n'était pas son fort : elle avait des opinions toujours très tranchées, et jamais réellement fondées sur autre chose que sur ses convictions, ses impressions ou les on-dits. Alors, comment expliquer à une Prêtresse, instruite et dont le raisonnement parait réfléchit, qu'on a des idées toutes-faites ?

Et plus elle y songeait, et moins son visage reprenait sa couleur naturelle. En baissant la tête, heureusement, ses cheveux noirs tombaient devant ses joues, créant une barrière qui semblait la protéger des regards. Ne réfléchissait-elle pas qu'Alia ne la voyait que peu ? Pire, Corwin se redressait déjà, les bras chargés avec ce linge qu'il devait étendre, et eut un petit rire amical. Il semblait avoir passé un bon moment ... Et peut-être ne voulait-il pas mettre plus mal à l'aise l'Herboriste, en souhaitant clore la discussion comme il le pouvait.

- Hé bien, je pense malheureusement que nous ne referons pas le Monde, ni notre Chef ce matin. En attendant, bonne journée, Mesdames.


Lorsqu'il s'éloigna, Kermaat releva le menton pour s'assurer qu'il ne regardait pas, et ses joues reprirent une teinte plus normale. Seules quelques tâches rouges persistaient. En se grattant la tempe, elle chercha quelque chose d'intelligent à dire... En vain.

" Moi je crois qu'il se pense obligé d'être gentil avec l'Hirune, parce que c'est le Chef. Mais j'espère que si elle Tombe, se sera lui qui sera à sa suite. " Cela sonnait comme une conclusion. Du moins, l'Herboriste se trouvait être de plus en plus indisposée, se sentant complexée encore un peu plus face à la Prêtresse. Elle ne tenait plus en place, tortillait ses doigts, se tenait sur une jambe, puis sur l'autre, comme tendue. Elle n'attendit pas pour ajouter :

" Bon, euh... Je vais m'en aller aussi. "
Fit-elle en essayant d'être naturelle. " Je... Enfin bonne journée. " Elle se redressa encore, attrapa à la hâte ses vêtements et sembla presque courir pour sortir du Lavoir. Elle fonça droit à l'Herboristerie, espérant ne croiser personne.
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