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 Âpres Négociations

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Alecto Terdalis
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MessageSujet: Âpres Négociations   Mar 18 Mar - 21:55

Alecto attendait depuis deux heures. Deux heures au bord du Fleuve, dans un des bras fins que seuls certains navires peuvent emprunter, un endroit qui donnait sur une mangrove désolée. Pas âme qui vive, du moins, rien que des oiseaux, de très nombreux oiseaux, des lézards, et sans doute un ou deux serpents, mais l'Assassin ne souhaitait pas y penser.

Survivre sans revenus, après la prise de pouvoir, avait poussé l'Olarile a mettre en pratique les enseignements de son ancien maître, Ruben. Elle vendait ses services, mais ne pouvait plus se permettre d'être mercenaire de nobles personnes... Elle n'était personne, mais pouvait potentiellement devenir une prisonnière ou un sujet gênant.

Alors elle ne s'établissait pas dans une ville en particulier, et restait aux aguets... Quinze années de fuite l'avaient creusée encore un peu, mais sa constitution Olarile lui permettait de ne pas sembler si vieille qu'une Ilédore à son âge. Une tunique beige sur le dos, des gants de cuir et un foulard autour du coup malgré un beau rayon de soleil, Alecto cherchait encore à protéger sa peau blanche en une journée d'hiver assez lumineuse pour laisser songer à l'arrivée du printemps prochain.

On lui avait indiqué ce coin pour revendre des objets encombrants. Parce qu'elle ne se contentait plus de retirer la vie pour les petites vengeance de ses mécènes peu fortunés... Désormais, si elle avait l'occasion d'emprunter quelques richesses à ses victimes, elle ne se gênait pas, bien qu'elle eut beaucoup de mal à s'y résoudre.

Elle n'était pas assez aisée pour faire la fine bouche. Il lui fallait des pièces d'or. De quoi vivre quelques jours. Et Alecto attendait sans rechigner, deux heures n'étaient rien ; elle connaissait la patience.

Son regard clair scruta l'horizon, alors que le soleil était bas, et elle vit se dessiner la silhouette d'une légère chaloupe. On l'avait prévenue que les Pirates ne prendraient pas le risque de déplacer leur navire jusqu'à la mangrove, les fonds étaient trop peu profonds. Elle se redressa, s'étira longuement, prit une inspiration, et sauta au sol, depuis la branche où elle s'était cachée.

Restant dans l'ombre de grands palétuviers aux racines nombreuses et traitres, l'Olarile attendit de voir combien étaient dans la barque, et l'air qu'ils avaient... Car si ses indicateurs s'étaient joués d'elle, elle filerait sans demander son reste. Mais elle retrouveraient ces fripouilles et les feraient payer leur mensonge. C'était une possibilité dans ce bas monde... Une femme qui cherchait à revendre quelques bijoux ou objets de valeur ? Convenir d'un plan avec des pirates, attaquer la faible femme, et s'emparer des biens sans contrepartie.

Si tel était le cas, ils seraient bien déçus de tomber sur Agonie...
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Seyrian Kahll
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MessageSujet: Re: Âpres Négociations   Mar 1 Avr - 14:57

La vie sur le fleuve était paisible, du moins ces derniers jours. Seyrian faisait bonne figure devant ses hommes quand il s’agissait d’évoquer l’ancienne Capitaine de l’Armarilla, mais, au fond de lui, il savait qu’il n’avait peut-être pas joué de la meilleure des façons. Toutefois, il ne pouvait pas se mettre à dos l’équipage, et encore moins maintenant. Mais la situation était précaire. L’ancienne maîtresse à bord était sensée être morte et pourtant ce n’était pas le cas. Si les hommes l’apprenaient… Sans compter qu’elle devait maintenant le détester, et il le comprenait fort bien, mais il n’avait pas su se résoudre à la tuer et s’il n’avait rien fait, il aurait vraisemblablement fini les tripes à l’air, tout comme elle, lors d’une mutinerie dirigée par un autre que lui. En quelque sorte, il leur avait offert du temps. Combien ? Il n’en savait fichtrement rien, mais, ce qu’il savait, c’était que deux épées de Damoclès lui pendaient au-dessus de la tête, prêtes à s’abattre lorsque le sort l’aurait décidé. Le pays était grand, le fleuve aussi, mais il ne pourrait fuir indéfiniment et Elys finirait par le retrouver. Il en était certain. Si elle ne pouvait pas encore reprendre les eaux avec son propre navire, Seyrian était convaincu qu’elle était surement entrain de faire le nécessaire pour s’arroger des informations au sujet de son ancien bâtiment, quitte à le suivre à la nage s’il le fallait vraiment. A vrai dire, elle devait également penser à mille façons de lui faire payer sa traîtrise, mais se doutait-elle que, si elle se montrait, ils seraient deux à passer à la planche ? L’idée le fit sourire. Haï par son ancien Capitaine et presque otage de son propre équipage. La situation pouvait paraître assez cocasse, mais, au fond, pour le moment, il menait une existence paisible. Du moins tout autant que pouvait l’être celle d’un pirate sur les eaux d’un fleuve d’une largesse physique autant que métaphorique… Les navires marchands ne manquaient pas. Les prises non plus.

Les derniers jours avaient été assez prolifiques et le moral de tout le monde était au beau fixe, ce qui n’était pas pour déplaire au nouveau Capitaine de l’Armarilla qui se tenait sur le pont de son navire, au niveau de la proue, observant le paysage qui se déroulait devant lui comme un tapis devant un roi. Le temps était ensoleillé, une journée idéale pour naviguer même si, au fond, Seyrian n’avait jamais déprécié le mauvais temps, qui dévergondait le fleuve et rendait la navigation plus dangereuse, certes, mais tellement plus intéressante. Toutefois, la journée n’était pas réellement au simple voyage. Il avait reçu quelques informations la veille, d’une taverne d’un petit village de pêcheur aux abords du fleuve. Apparemment, quelqu’un avait quelque chose à vendre, quelque chose qui valait le détour et qu’ils pourraient surement revendre d’une manière beaucoup plus profitable. Il fallait dire qu’ils possédaient un petit réseau sympathique qui leur permettait d’écouler leurs biens et ainsi faire de bons profits. Mais tous n’avaient pas ces mêmes accès et il comprenait fort bien que d’autres, plus modestes, essayaient simplement de revendre à ceux qui pouvaient refourguer. Ainsi allaient les choses. Restait à savoir s’il se déplaçait pour quelque chose qui valait réellement le détour ou s’il avait été simplement alléché par les propos d’un indicateur quelque peu aviné. Selon ce dernier, leur client était d’ailleurs une cliente, Olarile a en juger par la description assez précise du malandrin qui semblait s’être offert plusieurs rêves salaces à son encontre. Il restait à espérer que la demoiselle n’en savait rien, mais une chose était certaine, Seyrian se méfiait. On n’avait pas souvent à faire à des femmes voleuses, et, quand c’était le cas, mieux valait être très prudent car elles ne comptaient pas sur leur force pour percer dans le domaine. Tandis qu’il essayait de se faire une image plus nette de cette personne, appréciant la légère brise qui ondulait sur le Phémur, un matelot vient le prévenir qu’ils étaient arrivés.

Emergeant doucement, il ordonna de jeter l’ancre à l’abri des regards. La suite se ferait en barque. Hors de question de faire naviguer l’Armarilla dans le bras du fleuve qui servait de lieu de rendez-vous. Non pas que cela aurait été impossible, mais mieux valait s’éviter quelques problèmes le cas échéant. Il prit avec lui un homme pour mener la barque, il était hors de question d’être plus nombreux. Le rendez-vous n’était pas trop loin et il avait demandé à quelques hommes de se tenir prêts le cas échéant. Le signal convenu, le Capitaine et son rameur prirent le cap du lieu de rendez-vous. Alors qu’ils remontaient l’affluent, il se tenait encore à la proue, debout, le pied sur le rebord de la chaloupe, la main sur la garde de son sabre. Il portait également son pistolet à la ceinture. On n’était jamais trop prudent dans ce genre de situation et quand on était pirate, on savait que la survie ne se faisait qu’avec précautions. Alors qu’ils progressaient, Seyrian cherchait des yeux leur soi-disant contact. Une femme au milieu d’autant de verdure, voilà qui aurait surement de quoi attirer le regard, et, pourtant, il ne voyait pas grand-chose. Naviguant au milieu de l’eau, s’assurant ainsi une certaine sécurité, il remarqua cependant quelque chose après plusieurs minutes de navigation. Quelqu’un avait sauté d’un arbre et il lui sembla reconnaître la personne qu’il cherchait. Donnant quelques indications à son matelot, ce dernier fit bifurquer la chaloupe et le capitaine pirate ne quitta plus la femme des yeux. Oui, elle ressemblait assez à la description qu’on lui avait faite. Il resta silencieux jusqu’à ce que l’embarcation arrive à proximité de la berge où il sauta prestement avant de faire quelques pas, raisonnables, en direction de l’inconnue. « Il paraitrait que vous avez des choses à revendre. » Il était inutile de s’appesantir sur les présentations, du moins pour le moment. Elle n’avait sans doute pas envie de prendre le thé et, à vrai dire, lui non plus. Il avait profité du trajet en barque pour s’assurer que personne ne trainait dans les parages et il le faisait encore maintenant, mais même s’ils étaient tous les deux venus « seuls », cela n’empêchaient pas quelques inopportuns de se mêler à la partie, pour une raison ou pour une autre. Toutefois, il n’était pas nerveux. Si quelque chose devait se produire, il avait suffisamment d’expérience pour y remédier, d’une façon ou d’une autre.
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Alecto Terdalis
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MessageSujet: Re: Âpres Négociations   Mer 2 Avr - 19:09

Alecto resta parfaitement calme lorsqu'elle découvrit les visages des deux Pirates qui venaient vers elle, dans la barque. Seulement deux personnes, c'était somme toute rassurant... Bien qu'elle ne doute pas que certains aient assez de culot pour penser que deux hommes suffiraient à maîtriser une femme seule pour lui voler ce qu'elle voulait vendre, voire pire encore. On racontait toutes sortes de choses sur les marins, et l'Olarile pourtant n'était pas choquées par les rumeurs. Ces hommes ne faisaient que rarement des escales à terre, et à ce moment-là, ils devaient bien chercher la compagnies des femmes.

C'était choquant pour un Ilédor bien-pensant, pas forcément pour un Olaril. Aussi resta-t-elle totalement immobile avait que l'un d'entre eux ne s'approche, prête sans doute à déguerpir au moindre danger. Même si elle était capable de tenir tête à deux Pirates, elle repéra immédiatement l'arme à feu que possédait celui qui s'avançait vers elle ; et avec ce type d'armes, nouvelles, encore rares, il fallait être prudent. Alecto fut immédiatement attirée par cet objet, a tel point que son regard clair resta sans doute trop fixement ancrée sur celui-ci.

L'homme, qui devait être ce Capitaine dont on lui avait donné le contact, engagea la conversation, et l'Olarile fit un pas en avant, en guise d'amabilité. Malgré les années, elle restait une femme qui s'exprime peu, dont le visage restait fermé. Non pas forcément froide, non pas mal aimable. Simplement, neutre. Malgré tout, son oeil ne pouvait s'empêcher de revenir de temps à autre sur le pistolet... Fascinant. Elle n'avait pas encore eu l'occasion d'en avoir en main. Ce n'était pas une arme que tout un chacun possédait, la poudre coûtait cher, le faire réparer aussi certainement. Et il fallait en avoir la maîtrise.

L'homme au teint hâlé ne semblait pas antipathique, cela la rassurait, car elle n'avait pas grand habitude de traiter avec les Pirates. Elle avait dû se résigner à voler les maisons qu'elle visitait pour un contrat, et rechignait encore un peu à se sentir contrebandière ou receleuse...

"On vous a bien renseigné." Fit-elle, en acquiesçant. Dans ce type d'échange, aucune présentation. Ce n'était pas conseillé. Elle enchaîna, faisant glisser sur son épaule une besace en cuir où des perles d'eau turquoise formaient des arabesques. Elle tapota dessus. "J'ai un médaillon. Il a appartenu à une grande famille déchue." Pas la peine d'en dire plus, elle tira du petit sac une fine maille dorée, au bout de laquelle pendait un rond poinçonné de nacre et un entrelacs d'or fin représentant une anguille, ou un serpent de mer.

L'objet parlait de lui-même...
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Seyrian Kahll
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MessageSujet: Re: Âpres Négociations   Mar 22 Avr - 12:44

La situation semblait tranquille, ou du moins, rien n’indiquait qu’elle allait empirer dans la seconde. Les pirates devaient rester sur leurs gardes eux aussi, et même s’ils n’étaient pas les seuls à être recherchés, il était plutôt facile de les coincer sur la terre ferme, pour peu qu’on use de quelques stratagèmes bien conçus. Loin de leurs navires, ces derniers étaient plus faciles à arrêter et à emprisonner, loin de leur équipage. Qui plus est, il était rare de s’attaquer directement à eux lorsqu’ils naviguaient car rares étaient ceux qui savaient maitriser le Phémur aussi bien qu’eux. Combien de poursuites avaient été engagées par l’ennemi pour finalement les voir abandonner quelques heures plus tard ? Le Fleuve était le terrain de jeu de ces hommes et seule la Terre était encore traitresse au point de pouvoir les piéger. Il aurait été idiot de venir ici la fleur au fusil, sans plan de secours, mais, pour le moment, rien ne semblait indiquer qu’il risquait quoi que ce soit. Seyrian pensa également quelques instants à Elys. Elle aussi devait vouloir chercher à se venger, pourtant il espérait qu’elle le ferait le plus tard possible. Comment lui faire comprendre son geste ? Le jour où il devrait se poser cette question pour de bon, ils finiraient surement tous les deux sur la planche… Hélas. Elle pour être encore en vie, et lui pour avoir menti à son équipage. Après tout, ils avaient beau être des pirates, il y avait toujours une sorte de code entre eux, qui faisaient que même si leur vie n’était que mensonge, duperie, trahison et pillages, il y avait une réelle confiance entre eux. Et quand un franchissait la ligne jaune, généralement il n’était pas raté. Rien que l’idée de finir abandonné quelque part ou balancé dans le Phémur, encore en vie ou non, ne lui sembla pas agréable du tout, aussi se permit-il de se concentrer à nouveau sur les raisons pour lesquelles il était présent en ces lieux, et non sur le futur qui était bien trop inconstant pour le moment.

La femme avait fait un pas vers lui, probablement en signe de courtoisie. En tout cas, il ne semblait n’y avoir aucune antipathie dans son regard ni aucune volonté de faire une bêtise. Par bêtise, il entendait bien sûr quelque chose comme l’attaquer lui, ou son matelot, pour des raisons inconnues. Elle confirma ses propos. Elle avait donc quelque chose à vendre. Il ne restait plus qu’à savoir quoi et, également, combien. Généralement, certaines personnes avaient des idées préconçues sur les négociations, sur la façon de les conduire en fixant un prix, puis en le baissant ou le montant en peu en fonction de l’offre de l’autre. Ils oubliaient souvent de prendre un compte un facteur essentiel, celui qui concernait la plupart des gens dans le besoin, ils n’avaient pas toujours le choix. Oh, certes, il y avait toujours la possibilité d’essayer de trouver quelqu’un d’autres, mais les receleurs se faisaient rares et même si la contrebande avait de beaux jours devant elle, tous les filous ne se valaient pas et donc ne proposaient pas les mêmes tarifs. Elle fit glisser une besace de son épaule. Le geste avait poussé Seyrian à se raidir quelque peu, principalement parce qu’il ne s’y était pas attendu, mais il se détendit lorsqu’elle sembla y fouiller l’objet qu’elle cherchait. Un médaillon ? Il fronça les sourcils. Une simple breloque ? Il soupira légèrement et faillit même tourner les talons mais sa curiosité le poussa à en savoir plus. Il resta donc planté sur ses deux pieds en attendant de voir ce qui sortirait de la sacoche à malice de cette Olarile particulière. Il discerna la maille du pendentif et, finalement, pu apercevoir un rond qui y pendouillait gracieusement. Il plissa les yeux pour essayer d’en voir davantage mais il lui fallut du temps pour découvrir ce qui semblait y être gravé. Un serpent ? Il essaya de mettre en rapport les propos de son interlocutrice et ses connaissances.

Karnimacii… Le nom lui vint rapidement à l’esprit. Oui, cette ancienne famille déchue était puissante. Ce souvenir était intéressant finalement. En effet, on aurait pu s’attendre à ce que de tels bijoux aient été refondus immédiatement après la prise de pouvoir de Beltxior, pour devenir de nouveaux colliers à la gloire du nouveau Gardan Edorta, n’est-ce pas ? « Je serais curieux de savoir où vous avez pu dénicher ça, mais j’imagine que vous ne me feriez pas le plaisir de cette histoire. » Il avait quitter des yeux la babiole pour se reconcentrer sur la femme qui lui faisait face. « Quoiqu’il en soit, ça ne reste qu’un collier que personne ne peut plus porter, sans quoi je pense qu’il arriverait quelques mésaventures fort peu agréables à celui ou celle qui s’y risquerait. Pensez-vous que cet objet puisse intéresser qui que ce soit ? » Il avait déjà une petite idée sur la question, mais cela ne changerait rien. « Et, dites-moi, combien en voudriez-vous ? Ou, soyons plus précis, combien pensez-vous que je pourrais en tirer, et, par conséquent, combien voudriez-vous que je vous en offre ? Si tant est que cela puisse m’être profitable. » Contrairement à ce qu’on pouvait penser, les « antiquités » n’étaient pas nécessairement une valeur sûre et les prix dépendaient bien souvent de l’offre et de la demande. On ne verrait pas beaucoup d’objets semblables à ce collier sur le marché, néanmoins il fallait encore trouver quelqu’un qui serait prêt à l’acquérir et ce malgré tous les risques que cela pouvait impliquer pour lui. Seyrian imaginait sans difficulté la tête des autorités s’ils découvraient cela chez un particulier, et il imaginait également sans problème ce que cela pourrait impliquer pour lui et sa famille. Néanmoins, quand on connaissait les bonnes personnes, tout devenait possible, pourvu que l’on sache où s’adresser, comme toujours. Le Capitaine était néanmoins curieux de savoir quelle genre de personne lui faisait face. Avait-elle besoin d’argent ? Fuyait-elle quelque chose ? Ou cherchait-elle seulement l’occasion de revendre l’objet à bon prix ? Il était difficile de le dire tant qu’elle ne parlait pas un peu plus, mais quelque chose lui disait qu’il le saurait bien vite.
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Alecto Terdalis
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MessageSujet: Re: Âpres Négociations   Ven 9 Mai - 13:20

Malgré le visage impassible de l'Olaril, sa figure hocha lentement, donnant raison au Pirate.

"Je l'ai trouvé à Hurg Aari." Fit-elle finalement, contrairement à ce que pouvait penser l'homme en face d'elle, Alecto n'avait aucune contrainte à annoncer d'où venait son médaillon. Elle l'avait volé dans une riche demeure, parente de la si tristement célèbre Maison Karnimacii, et elle n'était pas craintive de révéler ses actions.

Sa maîtrise d'elle-même lui affirmait qu'elle était capable d'échapper à la justice depuis quinze ans, même si personne jamais ne l'avait réellement recherchée : elle était une ombre jadis, elle l'était encore aujourd'hui, peu de personnes, depuis la mort de Ruben Gasseï, et des quelques Dissidents qu'elle avait rencontré, ne soupçonnait son existence. Elle n'était personne.

Cependant, c'était plutôt la honte d'être devenue une voleuse pour survivre, alors que son Art aurait dû lui suffire à vivre correctement comme du temps de l'Assassin Royal, qui l'empêchait d'être plus bavarde. Il fallait avouer également que les paroles qui suivirent, sortant de la bouche du Marin, ne l'engagèrent pas à continuer.

Technique de négociation ou non, Agonie était pragmatique et avait besoin d'argent. Non pour régler des créanciers, ou pour payer son équipage. Mais pour manger, rester propre, et dormir ailleurs que dans les champs. Elle ne se contentait pas de cette vie-là, mais n'avait pas le choix. Alors elle faisait avec, sans se plaindre. En attendant le jour où les choses iraient mieux... En réalité, elle gardait secrètement l'espoir d’œuvrer pour rétablir la Justice, pas celle bafouée par Beltxior et la Révolution, pas celle, violée, des anciens Conservateurs du Conseil et de cette haute Noblesse déchue. Les choses n'avaient pas assez évoluées à son goût, et ceux qui avaient engendré Ruben Gasseï étaient certes morts pendus ou torturés aujourd'hui, mais le Trône encore était de leur trempe. Pas le même visage. Mais le même coeur.

"Je doute que quiconque étranger à cette Maison veuille porter ce médaillon." Confia-t-elle, acquiesçant finalement aux mots du Pirate, après un instant de silence. "Mais son ancien propriétaire m'a dit qu'il contenait un secret, et qu'on lui avait confié pour qu'il le remette à 'Un Revenant'. Si tel est le cas, cette personne sera prête à mettre les moyens nécessaires pour le retrouver, et le prix qu'il faudra pour récupérer son bien."

Sa voix était un peu monocorde, mais elle ne sentait pas non plus dans l'attitude de son interlocuteur, la passion des échanges. Alecto n'avait aucun réseau, elle ne pouvait pas, elle, garder le Médaillon suffisamment longtemps pour attendre ce "Revenant" et lui en tirer beaucoup d'Edors. Certes, cela aurait été l'idéal pour elle... Mais l'Olarile avait besoin d'argent. Maintenant. Tant pis pour le profit... Elle laisserait cela à quelqu'un d'autre. Même si découvrir le 'secret' que devait garder le collier lui semblait une perspective alléchante.

Pour elle, cela signifiait qu'un Karnimacii l'avait confié à ce pauvre Bourgeois d'Hurg Aari, qu'elle avait assassiné contre quelques pièces, au simple motif qu'il était accusé d'avoir braconné sur les terres de son voisin, et que celui-ci avait décidé de faire justice lui-même... Et que ce Karnimacii savait qu'un autre de sa Maison viendrait chercher son bijou, un jour. Et que lui seul pourrait déchiffrer ce "message" secret.

Suppositions... Alecto se rendit compte qu'elle avait naturellement reposé ses yeux sur l'arme à feu du Pirate et revint croiser son regard.

"2 Edors." Lança-t-elle finalement, sans frémir. Assez pour loger un mois entier à Falang, manger dignement, chercher correctement des contrats et reprendre la piste où elle l'avait laissée, à la recherche de celui qu'on appelait jadis le Dauphin... "Vous en tirerez 2 Edors assez facilement, c'est de l'or." Elle tendit le médaillon sans crainte pour qu'il puisse attester de son métal précieux. "Je n'en veux qu'un Edor." Elle avait annoncé cela avec un petit accent de regret dans la voix. Alecto n'était pas de celles qui s’apitoient, elle ignorait s'il souhaitait marchander, ou s'il n'était véritablement pas intéressé, et n'aimait pas batailler pour vendre ce qu'elle rechignait à voler.
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Seyrian Kahll
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MessageSujet: Re: Âpres Négociations   Jeu 5 Juin - 12:58

Seyrian n’avait jamais véritablement eu beaucoup d’intérêt pour les grandes familles nobles d’Isle, peut-être parce qu’il ne voyait aucune raison de s’intéresser à ces familles qui exploitaient souvent les plus pauvres et se complaisaient dans une luxure qui était la leur. Il était d’origine modeste et cela lui convenait pour le mieux. Naître avec une cuillère en argent ou en or dans la bouche ne lui aurait sans doute pas convenu, lui qui ne rêvait que de libertés et de découvertes. Il y avait bien certains fils de nobles qui échappaient plus ou moins à leurs responsabilités, mais, généralement, tous devenaient de bons fils à papa et exécutaient leurs quatre volontés. Prendre une femme, diriger des terres, voilà des obligations qui auraient répugnés le pirate qu’il était devenu aujourd’hui. Certes, c’était probablement moins dangereux – si l’on omettait les complots politiques qui, parfois, pouvaient se révéler plus que mortels – mais il doutait sincèrement qu’un homme puisse trouver matière à s’y complaire et s’y épanouir avec autant de force qu’il ne le faisait aujourd’hui. La vie était parfois difficile, il fallait constamment surveiller ses arrières et ce, généralement, sans se retourner sur le passé. Chaque nouvel abordage était la possibilité de finir tué, quelque soit la manière, mais si on disait souvent que le risque ne valait pas la chandelle lorsque l’on souhaitait se dédouaner de couardise, quel trésor pouvait valoir réellement son prix s’il n’y avait aucun risque à l’obtenir ? L’argent facile n’avait jamais été du goût de Seyrian qui préférait de loin l’adrénaline du danger à la véritable valeur de ce qu’il dérobait ou pillait sur les abords du Phémur. Il n’y avait rien de plus agréable que de se sentir vivant durant les minutes qui suivaient la fin d’un combat, rien de plus enivrant, à part peut-être les courbes d’une femme et ses talents de séductrice… Mais il les aimait peut-être un peu trop pour son propre bien, une en particulier, qui s’invitait d’ailleurs encore trop souvent dans son esprit, embarrassée de bien trop de regrets, à son goût.

Il reporta son attention sur la femme qui lui faisait face. Apprendre qu’elle avait « trouvé » ce médaillon à Hurg Aari le fit sourire. Trouver était un verbe probablement mal choisi et, de ce qu’il pouvait en juger actuellement, il avait plutôt tendance à croire qu’elle ne s’était pas gênée pour en délester quelqu’un d’une manière ou d’une autre. Ce qu’il était advenu de cette personne était un mystère mais le pirate ne se souciait guère de ce genre de détails, même si, bien entendu, cela aurait pu peser un peu dans la balance du marché. Après tout, savoir que quelqu’un courrait après ce médaillon pouvait être handicapant et les exposer inutilement, mais l’Olarile ne semblait pas s’en soucier plus que de raison, aussi s’était-elle peut-être occupée de ce détail elle-même. Elle en semblait largement capable. Et de ce qu’il avait apprit de ces oiseaux-là, c’était qu’ils n’étaient pas mauvais en chasse. D’ailleurs, l’un de leur matelot était un Olaril et faisait effectivement montre de capacités hors pair lorsqu’il s’agissait de tuer, un atout de poids, assurément. Ce qu’elle ajouta ensuite fut nettement plus intéressant aux yeux de Seyrian dont la curiosité avait été avivée en quelques mots. « Un secret… » S’était-il d’abord laissé aller, pensif, avant de reprendre. « Les secrets ont bien souvent plus de valeur que les objets qui les renferment. » Mais est-ce que cela influerait réellement sur le prix de cette transaction ? Fallait-il encore qu’elle puisse vendre ce secret. En tout cas, l’occasion devenait de plus en plus intéressante pour le pirate qui ne manquerait pas d’étudier ce fameux talisman sous toutes ses coutures s’il devait en devenir le nouveau propriétaire. Une fois le secret percé, il aurait tout le loisir de le revendre à la bonne personne si nécessaire. Quand elle lui proposa finalement son offre, il fronça légèrement les sourcils. Il s’attendait peut-être à un peu plus de résistance de la part de cette femme qui semblait plus sûre d’elle que ne le disaient ses mots.

Seyrian prit le médaillon tendu dans sa main droite et le soupesa avant de le faire tourner entre ses doigts, observant en silence l’ouvrage d’orfèvre. Il y avait effectivement déjà de quoi faire avec l’or que contenait la pièce, mais sachant maintenant qu’il y avait un secret, l’idée même de le fondre pour en tirer le prix du métal n’était plus très intéressante. « Un Edor… » Il resta pensif quelques instants, l’objet toujours entre les mains avant de reposer le regard sur l’Olarile. « C’est bradé à ce prix-là, c’est dommage, je m’attendais à un peu plus de résistance. On sent que vous êtes dans le besoin. Il avait raison. » Il faisait bien entendu référence à l’entremetteur. Il fallait dire qu’il avait un nez pour ces choses-là. Le pirate soupira. « Ce serait un crime d’acheter ça un Edor. » Il attrapa sa bourse et en défit le lien d’une main. « Et puis, vous m’êtes déjà sympathique. » Il esquissa un sourire et plongea ses doigts dans la bourse ouverte. « Deux Edors, c’est le moins que je puisse faire. » Il tendit sa main qui contenait ladite somme et tandis qu’il allait les lui donner, il s’approcha légèrement se penchant en avant. « Deux Edors et la possibilité de voguer sur le Phémur, loin des inquiétudes terrestres. » Son sourire s’était élargi un peu plus. La proposition était spontanée. En réalité, il ne savait pas vraiment si c’était là une bonne idée, mais cette femme semblait avoir du potentiel et il aurait été dommage de la laisser repartir sans avoir saisi l’opportunité de la faire monter à bord. Ses talents pouvaient être appréciés, notamment lors de sortie à terre. « Et si vous acceptez, cinquante pourcent des bénéfices de la vente de ce médaillon sont à vous lorsque nous aurons trouvé le meilleur acheteur possible. » Un murmure avant de se redresser à une distance un peu plus raisonnable. Il ne s’engageait pas à grand-chose, et puis, de toute façon, elle n’avait pas encore accepté et, même si c’était le cas, ses hommes ne trouveraient rien à y redire, il suffisait de présenter les choses convenablement.
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Alecto Terdalis
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MessageSujet: Re: Âpres Négociations   Ven 6 Juin - 12:56

Alecto ne s'était aucunement attendue à ce type de proposition. Elle avait espéré qu'il accepte son prix, et pour être tout à fait honnête, elle aurait consentit à le baisser encore, s'il avait rechigné. Il aurait été idiot de couper net la négociation parce qu'elle était butée sur une valeur qu'il n'aurait pas été disposé à donner... au risque de se retrouver avec ce médaillon certes, mais de nouveau devoir trouver un acheteur.

Désarçonnée, son visage avait perdu de sa lisse expression habituelle. Ses sourcils clairs s'étaient redressés, en une courbe surprise, et passé l'étonnement de ces quelques mots, Agonie sembla reprendre lentement son éternelle mine de neutralité.

Pourtant, il n'en était rien à l'intérieur... Sur l'invitation de ce capitaine pirate, elle n'aurait pas à se préoccuper de son toit. La nourriture non plus, même si elle se doutait que les corsaires mangeaient aléatoirement selon leurs prises. Ceux qu'elle avait devant les yeux ne semblaient pas chétifs, cet homme devait savoir mener sa barque ; suffisamment pour que son équipage soit apte à naviguer sans réclamer de rester au port.

C'était tentant, car elle avait passé la majorité de sa vie seule. Les quelques temps passés auprès de Ruben lui avaient esquissé la possibilité de compter sur d'autres qu'elle-même, mais depuis quinze ans, Alecto n'avait jamais su faire confiance, se lier à quiconque. Oh, ce n'était pas de cela dont parlait le Pirate, mais l'opportunité d'entrée au sein d'un équipage était aussi la perspective de cesser de faire cavalier seul un moment. Contre toute attente, elle en ressentait l'envie. La solitude lui pesait, la mission qu'elle s'était donnée lui pesait également...

Mais pouvait-elle s'en détourner en s'embarquant sur le Fleuve ? Son regard se fit plus vif à cette pensée, et elle fixa le Capitaine qui reprenait une posture plus convenable, à une distance plus polie. En ouvrant la main, l'Olarile constata qu'elle possédait deux Edors... Une fortune pour beaucoup.

"Etrange qu'un Pirate fasse monter l'enchère." Mais cette phrase était une simple remarque pour elle-même. Loin d'elle l'intention de l'insulter, elle reporta son attention sur l'homme au teint bronzé.

"Ce serait une perspective agréable, en effet..." Souffla Alecto, avec un léger mouvement de tête. Beaucoup de choses la poussait à rejoindre le Pirate. D'une part, on disait qu'Ysor l'ancien roi se trouvait en être un depuis sa disparition du Palais, ce fameux soir de la prise de pouvoir des Révolutionnaires. D'autre part, elle irait deux fois plus vite par les eaux qu'à pieds, pour rejoindre Falang, là où la trace du Dauphin était perdue... Mais pour tout ceci, Agonie se sentait obligée de se livrer au Marin. Et Agonie n'avait jamais su faire ceci... Elle hésitait. Certes, son visage était vide d'expression, mais les silences entre ses prises de parole devaient attester de sa réflexion.

"J'accepte votre proposition, à la condition que vous me débarquiez à Falang." Ils n'étaient pas des transporteurs, naturellement... Et elle se sentait capable de servir les intérêts d'un Pirate vue le marché qu'il lui proposait. De quoi arriver à Falang, vivre là bas le temps qu'il faudra pour trouver une nouvelle piste, un signe de vie, quoi que ce soit... Elle eut l'impression qu'il lui faudrait en dire plus, et sa bouche se pinça légèrement.

"Sachez que j'ai certains talents que je mettrais à votre service, si d'aventure la vie d'un de vos adversaires venait à vous êtes déplaisante. Mais je n'ai aucune expérience maritime, et je voue ma vie au rétablissement de ce qui était en marche, et a été fauché trop tôt. Je n'ai aucune prétention et je ne suis qu'un fil qui souhaite de nouveau unir ce qui est éparse."

Les longs discours n'étaient pas son fort, elle n'appréciait pas s’épancher ainsi, et la gêne devint trop grande. Mentir n'était pas un soucis pour Alecto. Mais elle avait pour les pirates une certaines estimes, car ils avaient refusé, à leur manière, d'être des moutons dans le pré de Beltxior. Cependant, elle ne doutait pas que beaucoup n'avaient que faire de rétablir l'ordre, d’œuvrer pour le bien, et que beaucoup se contentaient de vivre, survivre, et jouir de leur liberté. Agonie n'avait pas l'intention de demander son opinion à celui qui serait son Capitaine, mais se devait de l'avertir, que si sa mission venait à l'encontre de sa présence à bord, elle devrait se détourner d'eux...
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Seyrian Kahll
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MessageSujet: Re: Âpres Négociations   Lun 7 Juil - 12:03

Les choses pouvaient devenir intéressantes, très intéressantes même. Malgré le fait qu’elle semblait aux abois, cette Olarile semblait avoir suffisamment de cran et de compétences pour pouvoir être une alliée de choix. Il n’avait aucune idée de la manière dont elle s’était emparée de ce médaillon mais quelque chose indiquait à Seyrian qu’elle ne s’était pas simplement contentée de le lui demander poliment. Qu’elle ait ensuite réussi à lui extorquer quelques informations supplémentaires restait néanmoins surprenant. Quelle personne irait révéler un secret à quelqu’un qui vient de la déposséder d’un objet précieux ? Peut-être que le secret devait perdurer coûte que coûte. Si l’ancien propriétaire était le seul et unique à connaître la personne qui disposerait convenablement du médaillon, il avait peut-être eu besoin de se confier pour éviter que ce « savoir » ne soit perdu à jamais. Le capitaine pirate restait néanmoins quelque peu sceptique devant cette conclusion. Mieux valait laisser le secret se perdre plutôt que de risquer qu’il ne tombe entre de mauvaises mains, non ? Il n’était probablement pas assez intéressé dans la politique d’Edor Adeï pour réellement comprendre tous les tenants et aboutissants qui pouvaient être à l’origine de cette histoire autour du médaillon. Peut-être lui faudrait-il commencer à se pencher sur un nouveau genre de lecture, bien qu’il soit d’avance convaincu que qu’elle ne serait guère passionnante. Sa vie de pirate était une quête de libertés, loin des diktats que pouvaient imposer le pouvoir en place et qu’il ne respectait pas le moins du monde. Après tout, un homme qui, pour se faire respecter, avait besoin de couper plus de têtes qu’un boucher ne le faisait avec des cochons ne méritait pas vraiment d’être à la tête d’un royaume entier. Mais il n’était pas de son ressort de faire changer les choses. Il n’avait pas de poids dans la trame politique. Il n’était qu’un simple habitant qui vivait simplement comme il l’entendait, loin de lois absurdes ou d’une autorité qu’il ne reconnaissait pas, quitte à lui faire un peu la nique.

Voler Beltxior était une activité intéressante, bien qu’elle n’avait surement pas de réel impact auprès du monarque. En tout cas Seyrian n’allait pas piller les maigres ressources des honnêtes gens. De toute façon, on croisait rarement sur le Phémur des embarcations qui ne soient pas à la hauteur de leurs propriétaires et seuls les riches marchands faisaient descendre ou remonter leur marchandise. Sans compter que les navires du Gardan Edorta – ou de l’ersatz qui occupait le trône – portaient généralement des marques distinctives, surement pensées pour dissuader certaines personnes. Il en fallait plus pour Seyrian. Alors que la femme semblait étonnée de le voir monter le prix qu’elle lui demandait, il haussa les épaules. Certes, les négociations n’allaient généralement pas dans ce sens-là, mais il aurait presque été criminel de la déposséder de ce médaillon pour si peu. Pour un tel prix, mieux aurait encore valu de la lui prendre de force, cela aurait été du pareil au même. « Pirate, oui. Mais avec quelques principes. Et peut-être un petit faible pour la gent féminine. » Il avait avancé ce dernier argument avec un air plus que faussement charmeur. Il était évident qu’il ne semblait pas vouloir la séduire par cette simple réplique, mais faisait simplement un humour très… bateau. Ce qui, pour un pirate, reste normal me direz-vous. Il fut néanmoins assez fier de son effet voyant que la voleuse semblait considérer son offre. Elle pouvait toujours refuser, mais quelque chose lui disait qu’il était sur la bonne voie. Il suffisait de considérer le regard qu’elle posait dorénavant sur lui, l’intérêt pouvait se lire au fond de ses yeux, restait à savoir si elle finirait par y succomber. Peut-être pouvait-il avancer encore d’autres arguments, même si, au fond, il doutait de devoir aller jusque là. Elle semblait être dans un certain besoin et ce qu’il lui offrait était une liberté d’action dont elle ne semblait pas jouir jusqu’à présent ainsi qu’une certaine sécurité à bord. Pouvait-elle passer à côté de cela ?

Apparemment non. Aussi quand elle accepta sa proposition en précisant qu’elle souhaitait être débarquée à Falang, il ne fut qu’à demi-surpris. Principalement par la condition. Son complément d’informations le laissa d’autant plus perplexes. Elle devait parler de la Révolution assurément, mais il ne voyait pas trop comment elle souhaitait rétablir ce mouvement désormais éteint. « Votre condition me convient mais nous n’allons que rarement à Falang, aussi vous devrez faire preuve d’un peu de patience, si cela vous convient. » Ils n’allaient pas se mettre en route juste pour elle, même si ses services pourraient être intéressants jusque là. Seyrian faisait voile vers cette ville l’une ou l’autre lune pour écouler quelques marchandises spécialisées lorsque leurs cales commençaient à déborder. Autrement, il était inutile d’aller jusque là. « Pour le reste, je me contente de vous offrir une opportunité, mais personne sur mon navire n’y est lié jusqu’à sa mort. Vous serez libre de descendre dans n’importe quel port si vous l’estimez nécessaire. » Il esquissa un sourire un peu distant. « Vous apprendrez rapidement quelques compétences maritimes utiles, ce n’est pas si difficile que ça. Quant à vos autres compétences, je suis certain que nous pourrons les mettre à profit le moment venu. » Il resta silencieux quelques instants avant de subitement sembler se souvenir de quelque chose. « Une dernière chose, mes compagnons et moi-même sommes assez joviaux. J’espère que vous saurez pardonner à certains une trop franche familiarité bien que, bien entendu, vous êtes autorisée à ne pas vous laisser marcher sur les pieds. » Ses lèvres s’étirèrent dans un sourire franc. « Mais évitez les cadavres à bord, ça fait franchement désordre. » Il tendit la main face à l’Olarile. « Si tout ceci vous convient, une poignée de main et vous faites partie de la famille. » Cette entrevue se révélait bien plus intéressante que prévue. Peut-être devrait-il remercier son informateur lorsqu’il le recroiserait à nouveau. Après tout, on ne rencontrait pas tous les jours une femme semblant disposer de capacités plus qu’utiles. Restait à savoir s’il pourrait en apprendre plus sur ses fameux talents…
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Alecto Terdalis
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MessageSujet: Re: Âpres Négociations   Mer 9 Juil - 9:15

Alecto resta un assez long moment à glisser son regard clair entre cette main tendue et le visage mate du pirate. Ainsi, si elle empoignait cette paume, elle serait pirate, elle aussi. Cette disposition ne la choquait pas. Pour une ancienne Dissidente, dans l'anonymat depuis plus de dix ans, redevenir officiellement marginale ne représentait pas un défaut. Elle l'avait toujours été, finalement. Isle n'avait fait que le lui révéler, et c'était le seul endroit où elle avait pu vivre un peu mieux sa différence avec son peuple.

Avec des gestes millimétrés et précis, Agonie prit dans la main dans la sienne, ce symbolique mouvement franc resta un instant gravé dans son regard. Elle espérait que ce geste serait le début d'un renouveau. Elle piétinait dans sa quête, pour laquelle elle œuvrait pensait-elle terriblement seule. Ne sachant où aller vraiment, cette fois, elle avait au moins un but. A court terme. Mais un but tout de même.

"Alors c'est avec plaisir que je la rejoins." Affirma-t-elle, consciente que son visage n'était pas assez expressif pour se contenter d'une poignée de main pour lui indiquer qu'elle se trouvait satisfaite de ce qui venait de se passer.

Appartenir à une famille serait nouveau pour elle. Alecto avait bien entendu les mots du Capitaine... Il avait saisi ses activités qu'elle avait évoquées de manière évasives, et si elle devait avoir cet homme pour supérieur, il lui semblait qu'elle pourrait se montrer, plus tard, plus franche avec lui. Les Pirates étaient leurs seuls maîtres. Ils ne l'aideraient certainement pas à rétablir le Dauphin sur le trône. Mais l'homme en face d'elle lui paraissait plus honnête que nombre d'aristocrates qu'elle avait approché lorsqu'elle était avec Ruben...

"N'ayez aucune crainte, avoir des talents ne signifie pas aimer les exercer pour le plaisir, mais savoir y faire appel lorsque la situation l'exige." En somme, lorsqu'elle est payée pour cela. Ou du moins, pour ce Pirate et son équipage, à qui elle se sentait déjà redevable, n'importe quelle personne qui en voudrait au Capitaine. Elle le protègerait, si elle en avait l'occasion. Elle écarterait les gens qui lui veulent du mal, éventuellement. S'il lui en faisait la demande.

Le compliment qu'il avait prononcé peu de temps avant sur le ton de la plaisanterie lui revint en mémoire. Elle n'y avait pas été sensible de prime abord. Était-ce une formule toute faite d'un homme pour justifier sa bonté que d'avouer une faiblesse pour les femmes ? Quoi qu'il en soit, l'Olarile resta une minute silencieuse, puis lâcha cette main caleuse.

"Jadis on m'appelait Agonie. J'aimerais qu'il en soit ainsi de nouveau sur votre navire, Capitaine." Elle appuya largement sur son titre, cherchant à lui attester sa loyauté désormais acquise jusqu'à Falang, et son respect puisqu'elle allait naviguer sous ses ordres. Les arabesques sur son visage se mirent à frémir de manière inhabituelle lorsqu'elle tira ses lèvres dans un sourire qu'elle espéra encourageant.

"Ah. Et pour ce qui est de la familiarité de vos hommes, Capitaine, je suis Olarile." Sa simple origine suffisait à lui assurer qu'elle ne serait pas choquée par la camaraderie pirate. Cependant, cela indiquait sans doute aussi qu'elle ne se laisserait pas marcher sur les pieds, comme le lui avait conseillé le maître du navire.

"Je n'ai aucun bagage à emporter et aucun être à saluer. Je suis prête à vous suivre." Finit-elle par dire avec un mouvement de menton, sans regret. Personne ne l'attendait, et rien ne la retenait. Elle n'était qu'une ombre, et elle s'apprêtait à retrouver la vie, grouillante et énergique... Alecto se demandait déjà comment elle allait vivre ces premiers instants à bord. Un sentiment qu'elle ressentait rarement la prit au ventre. Elle... appréhendait.
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Seyrian Kahll
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MessageSujet: Re: Âpres Négociations   Dim 20 Juil - 17:02

Contrairement à ce que l’on pouvait penser, être un pirate ne signifiait pas nécessairement vivre sans règles. Beaucoup s’imaginaient la vie d’un homme – ou d’une femme – qui faisait ce qui lui plaisait, quand cela lui plaisait, de la manière qu’il préférait et, surtout, sans se soucier du regard des autres. C’était en partie vrai, bien entendu, car il y avait beaucoup de choses dont s’affranchissait un pirate, notamment en ce qui concernait le « bien » et le « mal », deux concepts somme toute fort subjectifs. Toutefois, la « société » des pirates avait également ses règles et il était toujours malvenu des les enfreindre, car, dans ces cas-là, il n’existait pas trente-six échappatoires pour le contrevenant. La mort ou l’exil restaient les plus courant, même si, bien entendu, ils étaient agrémentés de multiples possibilités en terme d’exécution de la sentence : la planche, le gibet, etc. les méthodes ne manquaient pas d’imagination lorsqu’il s’agissait de punir quelqu’un qui avait manqué aux quelques règles qui régissaient la vie d’un pirate. Seyrian en connaissait un petit rayon dans ce domaine, en particulier parce que, d’une certaine façon, il avait une sacrée épée de Damoclès au-dessus de sa tête en ce moment-même. Même si, pour le moment, il s’en sortait bien, il redoutait déjà un peu le jour où Elys referait surface. Ce jour-là, il devait gérer avec, probablement, l’envie de revanche d’une femme bafouée et l’envie d’explications d’un équipage qui ne comprendrait surement pas. Ce jour-là, il n’aurait certainement pas beaucoup de marge de manœuvre pour sauver sa peau, aussi devrait-il faire extrêmement attention. Mais, pour l’instant, il n’était pas forcément nécessaire de s’en préoccuper. Le présent était déjà bien assez suffisant à lui tout seul sans qu’il n’y ait besoin de s’intéresser au futur pour occuper son esprit. N’allez pas croire ce pendant qu’il ne se préparait pas à l’éventualité prochaine de cet événement d’importance. Le jour où tout basculerait, il serait prêt. Ou alors il mourrait. Ce n’était pas beaucoup plus compliqué que cela.

Il serra la main tendue et hocha doucement la tête en signe d’appréciation. Le Capitaine était content d’intégrer ce nouveau membre d’équipage sur son navire. Nul doute qu’elle recelait de talents plus qu’intéressants et qui pourraient être un avantage dans les prochains jours. Il restait cependant à voir si elle serait en mesure d’accomplir cette tâche, car, dorénavant, il ne voyait plus qu’elle pour réussir cette mission. Un peu à cause de ses compétences, bien qu’il n’en n’avait pas réellement eu un aperçu. Après tout, le bijou aurait très bien pu lui être confié sans qu’elle ne cherche à l’obtenir par force, agilité ou ruse. Mais surtout à cause de ses origines, même si ces dernières pouvaient également être un obstacle. Elle ne semblait cependant pas s’embarrasser de trop nombreux états d’âme. Ils auraient le temps d’évoquer le sujet une fois à bord de l’Armarilla. Même au milieu de nulle part, les arbres pouvaient avoir des oreilles. Il relâcha la main après une poignée sincère et posa son regard sur elle tandis qu’elle le « rassurait » sur son futur comportement parmi ses hommes. On ne pouvait pas dire qu’il était réellement inquiet, mais il préférait éviter que les choses ne puissent dégénérer. Les cadavres ne faisaient pas bonne figure sur un navire, et encore moins pour une raison aussi sotte qu’une simple main déplacée. Bien entendu, ce n’était pas répréhensible, mais cela pouvait entrainer des inimitiés, des probables envies de revanches, de vengeance. Ayant tenu le navire d’une main ferme mais efficace depuis plusieurs mois, il aurait été idiot que tout soit foutu en l’air en quelques jours. Seyrian ne doutait cependant pas des capacités, pour l’Olarile, de s’adapter à son futur nouvel environnement et faire avec. Après tout, vivre sur un navire en compagnie de pirates n’était pas non plus quelque chose d’insurmontable, tout juste fallait-il apprendre à savoir vivre avec quelques familiarités plus ou moins mal placées. Ce qui, selon les dires de la principale intéressée, ne semblait pas la gêner.

Il esquissa un sourire. En effet, il avait eu vent des mœurs un peu plus « libres » de ce peuple venu des montagnes. Néanmoins, ce n’impliquait pas toujours d’accepter tout et n’importe quoi. Toutefois, ce qui l’intriguait le plus, c’était son pseudonyme. En voilà un qui n’était pas très courant. « Agonie, hein ? J’avoue que je suis tiraillé entre la curiosité de savoir où et comment vous avez bien pu obtenir ce nom et l’idée que je pourrais le découvrir de manière fort peu plaisante en cherchant à le savoir… » Il haussa les épaules. « On dit que la curiosité est un vilain défaut, je pense que je vais m’abstenir pour le moment. Peut-être un autre jour… » Il eut un large sourire et se tourna vers l’embarcation. Si elle était prête à partir sur-le-champ, il n’était pas la peine de continuer à perdre du temps par ici. « Nous voici donc partis pour vos premiers pas sur l’eau. » L’invitant à le suivre d’un geste, il se dirigea vers l’embarcation où se trouvait toujours l’un de ses hommes. « Caldor, j’amène un peu de compagnie. » Il se tourna vers l’Olarile. « Agonie, Caldor, l’un de mes hommes. Caldor, Agonie, notre nouvelle recrue. Soit gentil avec elle ou je pense que tu le regretteras et pas à cause de moi. » Il eut un sourire et embarqua dans la petite coquille de bois qui leur servirait de transport jusqu’au navire un peu plus loin. Toujours debout, malgré le léger roulis induit par son mouvement, il se tourna vers le bord et tendit sa main à son « invitée ». « J’espère que vous n’avez pas le mal de mer. » Il y avait un petit ton moqueur dans sa voix, quelque chose de purement taquin. Après tout, il était inutile de vouloir se morfondre n’est-ce pas ? Une fois qu’elle fut à bord, il s’installa et l’enjoignit à faire de même en face de lui. L’embarcation quitta le bord de terre et s’élança vers le milieu du bras d’eau. Sans cesser de l’observer, il laissa passer quelques minutes de silence avant de le rompre. « J’ai oublié de vous dire. Nous nous dirigeons actuellement vers Sierra, pour la Foire Annuelle. » Il la fixa dans les yeux. « Dites-moi... Vous attachez beaucoup d’importances aux traditions et à la culture olariles ? »
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