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 Visite routinière

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Ulkan Siskarra
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MessageSujet: Visite routinière   Mar 3 Déc - 9:43

L’hiver était tombé sur la région et il ne faisait pas vraiment bon sortir par ce temps. Le village de Sierra n’avait pas encore vu la neige arriver mais ce n’était peut-être qu’une question de jour avant que cela n’arrive. Tranquillement installé à son bureau, son écharpe autour du cou, le prévôt qui avait passé la nuit à s’occuper d’affaires toutes plus ennuyeuses les unes que les autres s’était assoupis au petit matin et venait imprimer son visage contre un des parchemins sur lequel il travaillait lorsqu’il s’était arrêté pour fermer les yeux deux minutes.

Lorsque la porte de son bureau s’ouvrit et qu’il essuya discrètement le léger filet de bave qui lui avait coulé des lèvres, il put se rendre compte qu’il avait fait plus qu’une simple sieste. Jetant un coup d’œil par la fenêtre sans prêter attention à ce qu’on lui disait, Il put se rendre compte que midi était déjà passé. Il commença à se masser le visage et s’essuyer les yeux alors qu’une petite voix se frayait de plus en plus son chemin dans son esprit encore embrumé. Il lui fallut cependant encore quelques secondes avant qu’il prête attention à Tessa, sa deuxième fille.

« Papa ! On a de la visite, c’est madame Hirune. »

Ce n’était pas forcément le genre de détail qui aidé beaucoup Ulkan, vu le nombre d’ Hirune qu’il connaissait, cette appellation ne lui apporter pas vraiment d’indication sur la personne qu’il s’agissait.

« _Laquelle ? Lysandre ?
_ Bah non, c’est mamie Sorastrata.
»

L’ancien orateur eut un petit rire intérieur à la manière dont s’exprimait sa fille. Visiblement pour elle c’était logique, ce qui n’était pas vraiment le cas. Il se leva alors de son siège et s’étira avant de regarder sa fille avec un sourire.

« Depuis quand on ne dit pas bonjour à son père ? »

La petite courut alors vers son père et lui sauta dans les bras avant de lui faire une petite bise sur la joue.  Celui-ci joua quelques instants en mimant d’aller lui manger le ventre avant de la prendre en sac à patate. La petite qui protestait en donnant de petits coups de poing sur son dos refusait pourtant de descendre.  C’est donc ainsi que le prévôt alla à la rencontre de Sorastrata Hirune, il ne l’aurait pas fait avec n’importe qui mais il avait développé une bonne relation avec la matriarche des Hirunes, voir même des Olarils d’ailleurs.

Bien que Sorastrata soit venu par surprise cette fois-ci, c’était synonyme de fête en général. Beaucoup de gens connaissait et appréciait la doyenne à Sierra et Ulkan invitait généralement les gens à venir manger chez lui à l’occasion. Il gardait de son métier d’orateur un plaisir de voir du monde et de converser avec des groupes de personnes et profitait surement de plus d’occasion d’organiser des festivités que la plupart des prévôts. Cependant cela lui permettait de rencontrer ses concitoyens et de garder une bonne relation avec la plupart d’entre eux.
Et lorsque les tables de la grande salle étaient pleines, il était toujours possible d’aller en chercher d’autres dans la bâtisse.

Arrivé devant la vieille Hirune, il lâcha tout de même sa petite pour saluer correctement son invitée.

« Vous ne choisissez pas la meilleure période pour nous rendre visite. Vous êtes venu par le Phémur ou la terre ? Faut-il aller faire chercher vos affaires ? »


Dernière édition par Ulkan Siskarra le Jeu 9 Jan - 19:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Visite routinière   Lun 23 Déc - 0:11

L'usure et les intempéries avaient rendu la route accidentée et Sorastrata avait senti chaque rebond se réverbérer un peu plus dans ses os. Emmitouflée dans ses fourrures, la matriarche endurait silencieusement ses rhumatismes et posait un regard songeur sur la campagne qui défilait à ses côtés. Le Phémur serpentait, tantôt proche tantôt lointain, se cachant parfois derrière une colline. Elle pouvait voir quelques rares barges et canots flottant paresseusement entre les plaques de glace. De l'autre côté, des champs gelés s'agrémentaient parfois d'un bosquet dénudé, ses branches s'étendant vers le ciel comme autant de mains noires avides...ou suppliantes. La vieille Hirune se remémora la dernière réunion du Conseil, le rapport fait sur l'état des réserves alors que l'hiver approchait et le mélange de résignation et d'indifférence que ses pairs s'étaient contentés d'afficher face à l'annonce de famines dans les régions frontalières. Cet hiver verrait d'autres attaques des peuples barbares, il n'y avait pas besoin d'être général pour le voir : après tout, les barbares aussi devraient faire face aux privations de l'hiver. Que feraient-ils lorsqu'ils trouveraient les victimes aussi dépourvues que les pillards ? Un vol de corbeaux s'envola bruyamment à l'approche de la calèche.

Sorastrata soupira et posa une nouvelle fois les yeux sur les comptes de la récolte. Elle ne pouvait pas reprocher au Conseil d'être résigné : ce n'était plus le moment de prévenir la disette, la moisson était rentrée et les réserves resteraient insuffisantes quoi qu'il arrive. Le problème était en amont, dans la mauvaise gestion des terres arables, les impôts excessifs des populations fermières et dans la corruption que la matriarche soupçonnait au sein des administrations régionales. ll aurait fallu sélectionner les officiels plus soigneusement et réfléchir les impôts plus posément, mais tout ça était difficile lorsque le Gardan Edorta avait une liste longue comme le bras d'amis et de vétérans à récompenser, sans parler de celle de la Reine. Les choses ne changeraient pas d'elles-mêmes. Grand-Mère avait beau avoir son compte d'alliés, elle ne saurait arriver au niveau d'influence de Myelle ; malgré toute les belles paroles tolérantes du roi et l'admiration du petit peuple, elle restait une Olarile. Un titre de noblesse ne faisait pas d'elle une Noble. Il lui fallait autre chose, il lui fallait quelqu'un qui puisse parler dans son sens avec une voix aussi forte que celle de Beltxior. Mais il ne restait personne de cet acabit, Myelle s'en était assurée. La maison Arlanii était éteinte, la générale Lastareth s'était précipitée sans réfléchir et quant aux Oracles...

Nous arrivons, Dame Hirune.

Soudain tirée de ses pensées, la matriarche leva les yeux d'un coup et pencha la tête vers la fenêtre. La calèche venait de passer le sommet de la colline et descendait à présent vers une petite bourgade, logée dans un confortable creux du Phémur. Le fleuve s'élargissait comme pour prendre le village dans son giron, entourant ses murs d'une grande accolade. Des rubans de fumée s'échappaient de dizaines de petites maisons et on devinait déjà quelques personnes et attelages s'activant dans les rues. Pris dans le silence immobile de l'hiver, Sierra était une vision figée dans un précieux moment de paix. Sorastrata se laissa aller contre le dossier de son siège avec un doux soupir. Il était temps qu'elle revienne auprès des siens. La patience et l'espoir commençaient à lui faire défaut, mais elle pourrait se ressourcer ici.

Elle était très tentée de rejoindre une certaine maison directement, mais elle devait respecter les convenances et se montrer digne de son statut. Elle appela le sergent qui dirigeait son escorte et lui intima de l'amener d'abord à la Maison Commune. Il ne fallait pas vexer le prévôt. La vieille femme eut un sourire. La saison gardait la plupart des gens à l'intérieur, mais les quelques qui arpentaient les rues reconnurent vite le blason de la maison Hirune et lancèrent des saluts à la matriarche, qui les leur rendit avec bienveillance. S'extirpant peu à peu de ses fourrures, elle se pencha à la fenêtre et demanda des nouvelles à chaque passant, fût-il Olaril ou Ilédor. Les gens n'avaient que peu de complaintes et la vieille femme essaya de ne pas se dire que c'était parce qu'ils étaient proches de la capitale. Ils arrivèrent bien vite devant la grande bâtisse où tout Sierra pouvait se réunir et converser, comme il en avait été du temps où Arestim existait encore. Une petite fille jouait sur les marches qui menaient à la grande porte, et elle semblait si absorbée qu'elle ne remarqua pas tout de suite la vingtaine de gardes à cheval et l'attelage qui arrivaient. Attrapant son bâton, Sorastrata descendit de la calèche et remercia d'un hochement de tête le garde qui lui avait ouvert la porte. Enveloppée dans un épais manteau en peau d'ours, elle tapa de son bâton sur la terre pour attirer l'attention de l'enfant, qui releva la tête et ouvrit de grands yeux réjouis.

Madame Hirune !

Va chercher ton père, Tessa, j'ai à lui parler, fit Sorastrata avec un sourire. Elle avait connu la marmotte alors qu'elle n'était qu'une petite boule rose enveloppée de langes, et elle se réjouissait de la voir plus grande et plus enthousiaste à chacune de ses visites.

La petite fille acquiesça et se précipita à l'intérieur de la Maison Commune. Inspirant l'air froid, la matriarche se tourna vers ses gardes et les envoya s'installer à l'auberge, n'en gardant que deux auprès d'elle pour les apparences. Elle ne craignait aucun danger dans les murs de Sierra, mais elle avait appris il y a bien longtemps à toujours porter son statut en écharpe, avant même de tuer sa première proie. C'était une chose que les bêtes sauvages et les Nobles avaient en commun. Tout en espérant que la saison avait gardé l'auberge vide, elle activa ses vieux muscles et grimpa les marches avant de franchir la porte. A l'intérieur, elle fut accueilli par une douce chaleur provenant d'un âtre qu'on gardait ronflant à cette époque de l'année. Elle fit signe à ses deux gardes de s'installer à l'une des tables de la grande salle, et ils furent bien reconnaissant de pouvoir s'approcher du feu pour se réchauffer. Il faut dire qu'eux n'avaient pas fait le voyage dans une calèche fermée avec deux couches de fourrures.

Le maître des lieux arriva sans se faire attendre, tenant un paquet bien gigotant sur son épaule. Ulkan déposa sa fille et salua la noble dame en bonne et due forme, avant de s'enquérir de son voyage et de ses bagages. Sorastrata lui répondit sur un ton maternel et chaleureux.

"Salut à toi, prévôt. Navré de ne pas m'être annoncée, je n'avais pas envie d'attendre pour venir. Ne t'en fais pas pour mes bagages, ma petite procession s'en occupera bien, je suis venue par la route."

Avec un petit rire, elle ébouriffa les cheveux de Tessa et fit une expression complice tout en fouillant dans les replis de ses robes. Elle en sortit bien vite un petit collier de cuir orné d'une pierre polie qui portait le symbole d'Hésione, qu'elle offrit à la petite fille. Elle s'était adoucie avec le temps, et l'exigence sévère qu'elle montrait autrefois pour tous ses enfants s'était affinée en un outil bien plus circonspect.

Faisant comme chez elle (et quelque part, elle y était), la matriarche retira son manteau et le déposa sans façon sur une des tables, avant de s'y asseoir et d'inviter Ulkan à faire de même.

"Parlons un peu, veux-tu ? Et pourrait-on avoir une collation pour moi et mes garçons ?"
fit-elle avec toute la confiance d'une vieille femme à qui beaucoup était permis, tout en désignant ses gardes d'un signe de la tête, lesquels gardes s'étaient promptement levés pour saluer le prévôt dès son entrée.


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Ulkan Siskarra
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MessageSujet: Re: Visite routinière   Jeu 9 Jan - 20:48

« Tessa. »

Sortant de sa contemplation émerveillée, la petite fille releva des yeux pétillants vers la matriarche qu’elle remercia  avant de retourner à son observation des petites pierres qui ornait son nouveau collier. La cadette avait encore du mal à ne pas rester captivée lorsqu'elle recevait un nouveau présent et en oublier parfois de remercier la personne qui lui offrait. Cependant un simple mot suffisait souvent à lui rappeler ce détail.

L’orateur avait eu la chance de fréquenter beaucoup d’enfants avant d’avoir les siens ce qui l’avait grandement avancé en matière d’éducation et bien qu’il était parfois difficile de résister à ses petits visages d’anges, il avait su leur inculquer le respect et la politesse, même si parfois les deux filles avaient tendance à montrer la même attitude que leur père. C’est-à-dire être légèrement désinvolte et n’en faire qu’à leur tête. Mais heureusement il savait comment les contenir.

Alors qu’il allait tranquillement à la table de Sorastrata, il envoyait sa fille aux cuisines pour demander aux cuisinières de préparer quelques choses pour leurs invités. Alors que les gardes s’étaient levés d’un geste, il se tourna vers eux avec son sourire habituel.

« Le voyage n’a pas dû être des plus agréable, rasseyez-vous donc messieurs. »

Il avait toujours du mal à ne pas engager la conversation avec les gardes. Cependant en tant que prévôt il fallait parfois savoir garder une image respectable et il ne pouvait pas se permettre de faire connaissance avec tous les gardes du corps qu’il croisait. Bien malgré lui, car il s’avérait parfois plus intéressant que leur maitre. Mais ce n’était pas le cas pour l’occasion et la doyenne devait avoir quelques choses en tête pour venir le voir alors que l’hiver approchait.

S’asseyant finalement à la même table que son invitée alors que les gardes en faisaient de même près du feu, il s’en retournait vers Sora avec un air plus sérieux.

« Par où commence-t-on ? » demanda l’Ilédors enthousiaste.

Beaucoup de sujet était régulièrement traité entre le prévôt et la doyenne de Sierra mais l’orateur ne savait jamais vraiment par où commencer. Cela dépendait souvent de l’humeur de la doyenne, parfois la discussion commençait par quelques banalités et d’autres fois on se débarrassait rapidement des sujets plus importants pour pouvoir passer à autre chose. L’ancien orateur avait donc cessé de faire des suppositions à chaque visite pour laisser à la matriarche le choix de l’ordre du jour.

A cet instant entrèrent dans la pièce Tessa et Lynn son ainée, qui avait dû trouver la plus jeune en cuisine. Elles apportaient avec elles deux miches de pain, quelques tranches de viandes séchées et deux carafes de vin chaud, de quoi faire patienter les inviter quelques instants pendant que les cuisinières s’affairaient aux fourneaux.
Alors que Lynn allait saluer la matriarche tout en lui apportant le plateau qu’elle portait, Tessa de son côté en fit de même avec les gardes qu’elle commença à aborder avant que son père ne lui dise d’allait plutôt jouer dans sa chambre, que ces messieurs avaient besoin de calme et de repos et qu’il devait parler sérieusement avec Sorastrata.
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MessageSujet: Re: Visite routinière   Dim 23 Fév - 23:48

Sorastrata ignora la douleur lente qui remontait de ses jambes et les étira avec une grimace satisfaite. Elle avait appris il y a bien longtemps que son corps l'encouragerait à l'inactivité, et elle s'était vite décidée à lui faire la nique. Elle ne s'était pas arrêtée de marcher lorsqu'une morsure de loup l'avait rendue boiteuse, elle n'allait pas cesser de bouger parce que l'âge lui donnait des rhumatismes. Lorsque les filles d'Ulkan arrivèrent avec la collation, elle leur adressa un sourire bienveillant, complimenta l'aînée sur sa beauté, rit discrètement de l'expression jalouse de la cadette et attaqua la nourriture avec entrain. Là encore, elle refusait de laisser l'âge dicter sa conduite et mangeait souvent plus qu'à sa faim.

Tout en savourant les nuances épicées du vin chaud, elle considéra le prévôt pendant quelques instants. Elle connaissait déjà Ulkan avant qu'il ne devienne le dirigeant de sa petite ville : à l'époque, il était encore orateur de la Révolution et l'armée de Beltxior assiégeait encore la capitale. Sorastrata l'avait alors quelquefois croisé au marché noir ou lorsqu'elle passait des informations. Mais c'est dans ses activités de conteuse, avant son entrée au Palais, qu'elle avait vraiment pu prendre sa mesure et voir qu'il s'agissait d'un homme bon, loyal et optimiste qui était pris dans la tourmente de son époque. Le Gardan Edorta avait certes retiré le contrôle de Sierra aux Hirune, mais voir Ulkan à sa tête adoucissait considérablement l'humiliation. Après l'avoir vu prendre femme et être devenue une sorte de grand-mère pour ses enfants, Sorastrata le considérait comme partie intégrante de sa famille, de son clan.

A la question d'Ulkan, c'est cette affection qui rappela à la matriarche qu'elle ne pouvait parler que peu de choses au prévôt. Même après toutes ces années, il avait encore des contacts et des relations, d'anciens Révolutionnaires qui étaient maintenant à des postes influents. A sa connaissance, il n'avait pas un ennemi dans Isle toute entière et il n'avait jamais été tant mêlé à de la politique. C'était de ce genre de personnes dont Sorastrata aurait besoin pour ses projets, pour endiguer la déchéance qui menaçait cette époque pour qui tant avaient donné leur vie.

« Commençons par toi, voyons, et enchaînons avec la ville. Ta famille, ton domaine et toi-même : comment tout cela va-t-il ? »

Elle ne pouvait pas l'impliquer. Elle n'était pas sûre qu'il soit taillé pour une telle entreprise, mais même s'il n'y avait pas eu cette justification, elle s'y serait tout de même refusée. Ulkan et Sierra ne devaient pas rentrer dans ce monde. Sorastrata s'était jurée de tout sacrifier pour aider les siens, mais elle ne les entraînerait pas dans le danger. A ses yeux, la ville et ses habitants étaient un sanctuaire, le seul endroit où la paix d'Arestim avait une chance de renaître. Elle était venue ici pour pouvoir être en paix et laisser la solution à ses doutes venir à elle, mais elle se rendit compte qu'elle avait toujours eu la réponse. Il lui faudrait trouver ses armes ailleurs. Enfin, à une exception près...

« L'hiver arrive bientôt. Vos réserves sont suffisantes, j'espère ? » fit-elle sur ton faussement sévère. Les greniers étaient pleins, il n'y avait aucune raison d'en douter. Sierra était placée à proximité de la capitale, sur un axe commercial majeur. Mais les rapports frontaliers lui restaient encore à l'esprit.

Elle eut un instant d'hésitation avant de poser la dernière question. C'était un sujet délicat. Ca au moins n'avait pas changé en 15 ans.

« ...et Lysandre ? Comment va-t-elle ? »

Elle ne savait jamais qui croire quand il s'agissait de sa petite-fille. Sorastrata lui écrivait régulièrement pour donner et demander des nouvelles, mais les accomptes différaient parfois, entre ce que son enfant lui disait par écrit et ce que d'autres lui donnaient comme témoignages. Lysandre n'avait jamais tellement été portée sur la plume, malgré son statut de chef des Olarils et porteuse des Tables d'Olaria. Sorastrata s'était forcée à apprendre la lecture et l'écriture de l'Ilédor, mais elle devinait aisément un trouble dans les missives un peu laconiques de Lysandre. Lorsqu'elle lui rendait visite ou qu'elle recevait des nouvelles par le biais d'Ulkan, de Luminara ou d'autres, elle sentait que quelque chose en elle était troublé. C'était une sensation infime et son enfant n'avait bien sûr jamais voulu en parler. Le sujet était vite éludé et les signes n'avaient jamais donné cause de s'alarmer. Mais le doute persistait dès qu'elle songeait à Lysandre. Autrefois, elle s'inquiétait de sa petite-fille parce qu'elle était turbulente, trop active, trop déterminée. Ces dernières années, il lui semblait que Lysandre était repliée sur elle-même. Il fallait dire que tout lui était échappé des mains après la fin du Siège. Les Oracles avaient pris l'Elu, le roi Olaril légitime était mort assassiné et le pays avait traversé des années de peur et de sang. De tout ça, le Chef des Olarils était ressortie simple mère de famille. Un rôle bien assez éprouvant et satisfaisant aux yeux de Sorastrata, mais pour Lysandre qui avait toujours de grandes idées...Peut-être qu'il était temps. Peut-être.


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MessageSujet: Re: Visite routinière   Mer 26 Mar - 21:36

A la question de la doyenne, le prévôt prit un petit moment pour réfléchir. Il allait répondre aux questions dans l’ordre sans chercher à narrer plus que de besoin. Il aurait pu rester des heures à parler de sa famille mais pour faire clair, les choses allaient plutôt bien.

« Les petites vont bien. Comme tu as pu le remarquer. Je pense que je les laisserais te narrer leur histoire. En tout cas, c’est sûr que Tessa voudra le faire. Cette petite est une vrai puce, elle ne tient pas en place et j’ai de plus en plus de mal à garder un œil sur elle. Pour ce qui est de Lynn, elle semble s’intéresser à la couture. A la grande joie de Lyanaë.
Lyanaë en est à son 4e mois de grossesse et se porte bien. J’ai beau lui dire de se reposer elle continue à travailler à sa boutique. Enfin, je ne vais suis pas de taille à lutter quand elle a décidé quelques chose. Elle sera surement ravie de te voir quand elle rentrera.
»

L’Ilédor pris alors une gorgée de vin chaud avant de continuer sa narration sur le domaine.

«Pour ce qui est de la ville et de ses environs, les choses ne change pas beaucoup de d’habitude, les gens se prépare pour l’hiver. Les pirates ne nous causent pas beaucoup de problème ce mois-ci. Mais avec l’hiver qui approche, ils vont surement se saouler encore plus et je ferais attention à ce qu’ils ne causent pas plus de problèmes en ville… »

Ulkan raconta alors tout un tas de choses ennuyeuses sur la ville, mais globalement on attendait l’hiver de pied ferme et on avait déjà hâte de voir le printemps. La ville était plutôt calme à cette période de l’année et les problèmes ne viendraient surement qu’avec le début de l’hiver.

Puis vint la question de sa propre personne sur laquelle il aurait pu parler très longtemps mais n’en voyait pas forcément l’intérêt. Il mentionna juste qu’il allait bien et qu’il devrait bientôt trouver un nouvel assistant ce qui ne l’enchantait guère. Il savait depuis longtemps profiter de ce qu’il avait et avec l’âge et sa famille, apprenait à s’en contenter d’avantage. Bien sûr il avait encore des rêves mais les priorités avant tout. Il savait que l’évolution de Sierra n’était pas à remettre en cause, mais il jouait aussi une part importante de la prospérité de la ville. Il avait des relations à travers Isle et sa famille était pour certain une représentation idéale de l’union entre Olaril et Ilédor. Hors Sierra était bien la représentation de l’équilibre paisible entre Ilédors et Olaril sur le continent, grande part de sa popularité.
Bref, il était prévôt et même s’il voulait parfois s’échapper de ses fonctions. Il savait que pour l’instant il arrivait à faire quelques choses de bien et qu’il ne pouvait pas se permettre de se reposer sur ses acquis. Mais se contenta de dire qu’il allait bien.

«Pas de problèmes, l’hiver se passera très probablement au chaud et sans accros pour nous. Les réserves sont suffisantes ce qui n’est pas le cas de tous à ce que j’ai entendu. »

Puis vient le moment où la grand-mère prit des nouvelles de sa petite fille. Le sujet n’était pas évident et l’orateur avait peu de nouvelles de son ancienne compagnonne révolutionnaire depuis le temps.

« Pour Lysandre que dire… elle est bien solitaire et toujours un peu trop obnubilé par Hésione, mais ça ne change pas. A part ça je ne serais pas vraiment dire. Je croise parfois Nydearin ou Hésione et j’essaye de prendre des nouvelles, mais  je ne les vois pas souvent pour autant. Et puis ils ne me disent pas tout. »

Les relations entre l’orateur et la chef des olarils n’avait jamais vraiment été une amitié forte comme avec Liiken. Alors il ne savait vraiment jamais quoi en dire à Sorastrata. Pour autant qu’il essayait d’avoir de ses nouvelles, c’était surtout pour la doyenne qui semblait parfois très concernée.
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MessageSujet: Re: Visite routinière   

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