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 Forcer les voeux

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Lambda
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MessageSujet: Forcer les voeux   Sam 10 Nov - 22:51


- Enlil Arcarian -
Merveilleux était le mot qui revenait le plus souvent à l’esprit d’Enlil Arcarian alors qu’il s’enfonçait dans les profondeurs du palais pour rejoindre les appartements des Arlanii. Merveilleux sur tous les tons, dans toutes les pensées. Le moment dont il chérissait l’accomplissement depuis plus de trente ans. Rencontrer le Gardan Edorta en personne.

Lorsque le messager en livrée lui avait annoncé ce rendez-vous, il s’était dit qu’il fallait préparer correctement cet entretien, mais dans les faits il avait été trop excité pour pouvoir faire quoi que ce soit, y compris s’habiller. Sa tenue était correcte, mais elle criait son milieu d’origine, ce qui n’était peut-être pas souhaitable. De même, bien que cela faisait trente ans qu’il ressassait ce qu’il dirait à Ysor Cinquième s’il le voyait, il n’avait pas révisé son texte et il aurait été bien incapable de lui dire quoi que ce soit de construit et préparé.

Il était invité chez les Arlanii par Therdone ! Que sont des petits détails comme ceux-là comparés à un évènement aussi exceptionnel ? Il remontait les couloirs, fier comme un paon, dans ses habits de riche marchand, habits dont il tirait une certaine fierté, car s’il était devenu noble, ce n’était pas par son héritage, mais par son propre mérite. Aussi, le rappel de son origine ne le dérangeait pas, car il mettait en valeur sa progression.

Il s’appliquait à suivre le serviteur, mais il n’avait qu’une envie : le dépasser et se ruer sur les portes décorées qu’il venait d’apercevoir. Trente ans qu’il attendait de voir ces portes… il en avait du mal à respirer. Il sentait que dès qu’il ouvrirait la bouche, il aurait une voix de souris écrasée et déjà un voile de sueur couvrait son front.

« Enlil Arcarian »

Trente ans, dix mille neuf cent cinquante jours, deux cent soixante deux mille huit cent heures pour rencontrer…
… quelqu’un d’autre que le Gardan Edorta.

C’était une femme de son âge, vêtue d’une somptueuse robe verte et pourpre, rehaussée de pierreries. Elle portait une coiffure compliquée retenue par une sorte de couronne assez lourde, qu’elle portait pourtant avec naturel. Interloqué, Enlil chercha pendant un moment une explication, alors qu’il s’inclinait de façon automatique. Il avait pourtant été invité par les Arlanii…

C’est en se relevant qu’il comprit la nuance : il avait été invité par les Arlanii, mais à aucun moment le nom d’Ysor n’était apparu. C’était lui qui s’était emballé en vain. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, il dit très poliment :

« Merci de votre invitation, Douairière. »

Son optimisme naturel reprit le dessus et il se dit que c’était tout aussi bien. La mère d’un Ysor devait forcément lui ressembler, être sensible à son discours. On ne disait que du bien de la Veuve Arlanii, il y avait forcément un fond de justesse. De toute façon, Enlil avait foi en l’étincelle de rêve qui habite en tout homme. Il y en avait forcément une chez Noor Arlanii.

« Vraiment enchanté de vous rencontrer. »
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Noor Arlanii
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MessageSujet: Re: Forcer les voeux   Sam 10 Nov - 22:55

Noor Arlanii eut un sourire aimable, pour une fois. Enlil Arcarian était un Noble de Rang fraîchement anobli, ce qui signifiait qu’on ne pouvait pas compter sur sa tendance à s’aplatir comme pour les Venarii, c’est pourquoi elle devait l’amadouer autrement, et c’est pourquoi elle avait envoyé une invitation au nom des Arlanii et non en son nom propre. Des finesses de ce genre, la Douairière en recelait plein. Cela faisait trente ans qu’elle s’appliquait à conserver une place influente là où Enlil Arcarian avait passé ces trente dernières années à simplement obtenir la place influente qu’il convoitait.

D’un geste élégant et d’un hochement de tête altier, elle pria son invité de s’asseoir et un serviteur jaillit de nulle part sans signal quelconque de la part de la Douarière. Deux rafraichissements furent déposés sur une table basse laquée et vernie, puis le domestique en livrée disparut tout aussi discrètement qu’il était apparu. Les domestiques de Noor Arlanii étaient connus pour être invisibles mais toujours présents quand on avait besoin d’eux.

« Je suis tout à fait heureuse que vous ayez répondu à mon invitation, c’est un plaisir que de vous avoir, mon cher Enlil. »

Elle avait le droit de l’appeler par son prénom : elle lui était supérieure en rang. Elle aimait d’ailleurs assez volontiers appeler le Doyen des Conseillers « Riarg » ou bien la Conseillère en Religion « Vanhilde » avec un petit ton affectueux tout à fait horripilant. La seule règle était de ne jamais oublier le vouvoiement.

Elle prit la coupe et la leva à hauteur de son front pour encourager Enlil Arcarian à faire de même. Puis elle prit une minuscule gorgée du jus de fruit frais avant de faire une mine appréciatrice et de dire :

« Dites-moi, comment vivez-vous votre nouveau statut de Noble de Rang ? Je suppose que vous devez être comblé ? »

Enlil Arcarian aurait pu répondre n’importe quoi à cette question, la Douairière ne l’aurait même pas écouté, en vérité, lorsqu’elle demandait à quelqu’un si ça allait, elle se fichait très souvent de la réponse. Mais les gens étaient tellement heureux de parler d’eux que ça ne ratait jamais, et ça ne rata pas pour ce monsieur. Elle affecta cependant l’intérêt pour ses propos.

Le plus intéressant qu’elle remarqua dans sa réponse fut son enthousiasme, constant tout au long de sa tirade. Enlil Arcarian n’était pas un homme hautain dépourvu de chaleur. Ça ne servait à rien de le savoir, mais elle le nota quand même. En fait, il était même très spontané, dans sa façon de remercier tout le monde.

Et il était très bavard. Elle n’écouta pas vraiment son discours, mais elle fut impressionnée par la quantité de mots qui sortait de sa bouche, et par le rythme soutenu de son discours qui ne semblait pas près de s’arrêter. Le visage de la Douairière s’allongea au fur et à mesure de l’exposé d’Enlil Arcarian. Elle lui avait demandé si il allait bien, il parlait à présent des taxes provinciales qui gênaient le commerce inter-provinces, ce qui ralentissait l’économie selon lui...

Un seul souci la tourmentait : elle se fichait bien des taxes inter-provinces pour le moment, comment pourrait-elle caser un seul mot pour accomplir la mission dont elle était chargée ?

Cet homme ne semblait pas avoir de limites à son imagination et son discours…

Noor finit vraiment par le regarder d’une façon inhabituelle.
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Lambda
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MessageSujet: Re: Forcer les voeux   Sam 10 Nov - 22:57


- Enlil Arcarian -
Les amis d’Enlil Arcarian apprenaient très vite ceci : lorsqu’on n’était pas prêt à endurer une très longue conversation avec lui, il fallait absolument éviter de lui parler et ne rien dire du tout. Enlil Arcarian était capable de saisir un sujet de conversation aussi banal que la forme d’un nuage dans le ciel pour s’aiguiller vers les traditions ancestrales des pêcheurs du nord d’Isle, et fatalement, tout menait à sa Vision.

Ceux qui découvraient Enlil Arcarian, bien que ne pouvant nier son bon fond, étaient unanimes : c’était un penseur, et des plus loquaces. Si déjà en temps normal, il était capable de déclencher des flots de paroles sur demande, fort heureusement sensés et réfléchis, que dire de cette occasion précise où il n’attendait que le moment où il pourrait décrire les mille et une améliorations qu’il voyait pour Isle… un déluge de paroles qui n’attendait que de se déclencher.

« Je vous en prie, ma Dame ! Depuis que je suis anobli, je n’ai eu de cesse d’attendre ce moment, et vous comprenez à quel point c’est un plaisir d’être reçu. Depuis le début, j’espérais pouvoir vous exprimer ma reconnaissance, reconnaissance pour m’avoir ainsi accordé votre confiance, et fait de moi quelqu’un digne d’être noble.
Saviez-vous que… ? »


Il était lancé, et il fallut bien un quart d’heure avant qu’il ne marque ne serait-ce qu’une pause dans son monologue. Il parla de quelques-uns de ses amis, la plupart des négociants aussi, et enchaîna sur son si beau métier, puis sur l’économie, où il félicita les Arlanii d’avoir été de bons gestionnaires, mais avec beaucoup de prudence il osa suggérer certaines choses qui devraient très certainement améliorer leur popularité et l’efficacité de leur nation, comme par exemple la suppression des douanes intra-nationales, parce que ces douanes certes rapportaient de l’argent à l’Etat de façon directe et visible, mais cet argent en moins pour les marchands, c’étaient des marchandises en moins qui circulaient entre les provinces, donc moins de consommations, donc une situation défavorable qui gênait la croissance de l’économie Ilédore.

Il aborda des dizaines de sujets différents, plus ou moins liés entre eux, mais il les abordait toujours avec la même chaleur et le même enthousiasme, en gardant plus ou moins loin le schéma de tout ce qu’il voulait dire au Gardan Edorta, en se disant que Gardan Edorta ou Douairière, cela revenait du pareil au même.

Il se servit allègrement en jus de fruit, car parler autant lui asséchait le gosier, et il descendit au moins trois coupes, coupes qui se remplissaient toujours au moment opportun, où un domestique savait comme par miracle le moment exact où il fallait intervenir.

Ce quart d’heure c’était l’aboutissement de toute une vie, une vie de voyage, de réflexion, et de rencontre. Vingt-huit ans de démarches résumés en un quart d’heure… et le résultat ne fut pas exactement celui qu’il escomptait, vu l’expression allongée qu’il obtint de la Douairière au final.

« Aurais-je dit quelque chose qui vous déplaise ? »

À vrai dire à peu près tout, mais on ne pouvait pas lui reprocher de ne pas être sincère et d’avoir manqué de conversation.
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MessageSujet: Re: Forcer les voeux   Sam 10 Nov - 22:59

Ce fut comme une mouche qui piqua Noor, et qui la ramena au présent. Elle s’était laissé un peu emporter, et visiblement on avait pu lire sur son visage l’effarement qu’elle avait ressenti. Comment pouvait-il exister un tel homme sur Isle ? Elle aurait pensé que la culture Ilédore ne permettait pas les développements de telles personnalités, particulièrement dans la noblesse, un milieu dans lequel Enlil Arcarian était pourtant entré récemment. La bourgeoisie réservait visiblement quelques surprises dans les gens qui la composaient.

Au moins il y avait une chose plus que positive : il ne faudrait pas plusieurs longs entretiens pour cerner Enlil Arcarian, et elle savait à présent quel langage lui tenir. Elle eut un nouveau sourire aimable, et dit sur un ton admirable de gentillesse :

« Au contraire, Enlil, je me ferai une joie que de communiquer à mon fils tout ce que vous m’avez dit. »

En fait elle avait déjà oublié tout ce dont il avait parlé. Trente ans d’attente pour rien. Cela dit, elle n’écarta pas la possibilité de faire rencontrer un jour cet Arcarian avec son fils, s’il restait comme il était ; le marchand fraîchement anobli serait une fréquentation tout à fait saine pour lui. Car elle ne pouvait lui enlever ceci : l’homme était bon et sa présence était rafraichissante, quand on en avait le temps.

Et du temps elle en avait déjà suffisamment perdu. Elle devait faire ce qu’elle avait prévu de faire dès le début. Contrairement à son fils, elle n’avait pas la sensibilité qui s’accordait à de tels débordements. Elle admettait qu’Ysor pouvait prendre du plaisir à ce genre de conversation, et que même il en serait ravi, mais elle n’était pas son fils.

« Et votre famille l’a bien vécu ? Vous avez une fille à ce que je crois ? »

Sachant désormais qu’il fallait absolument couper la parole du nouveau noble avant qu’il ne parte trop vite et trop loin, elle lui dit d’un ton tranchant et net, avec une voix aussi désagréable qu’elle avait été aimable avant :

« Et elle n’est pas mariée ? »

Il fallait l’amener sur son terrain à tout prix. Il y avait des gens qu’il était difficile de manœuvrer ainsi parce qu’ils se méfiaient de tout revirement subit de la conversation. Enlil Arcarian, lui, était difficile à amener sur le terrain qu’elle choisissait, non pas parce qu’il était méfiant, mais parce qu’il était trop volubile, tout simplement. Il fallait le cadrer, ne pas le laisser parler, l’interrompre à coup de répliques sèches et tranchantes.

Noor avait désormais trouvé le ton qu’il fallait employer et elle se mettait en campagne. Bientôt, la parole qu’elle avait donnée à son fils Elandor serait tenue, et si son fils aîné avait de l’honneur, les Arlanii deviendraient plus grand.

La Grande Noor se dévoilait, ce n’était qu’une question de temps désormais avant qu’elle obtienne ce qu’elle était venue chercher.
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MessageSujet: Re: Forcer les voeux   Sam 10 Nov - 23:01


- Enlil Arcarian -
Enlil Arcarian n’avait pas trouvé vraiment l’occasion de parler de sa famille, mais lorsque la Douairière le suggéra, ce fut comme s’il devait rattraper un oubli pour lui. Therdone, comme pouvait-il avoir oublié de parler de la joie qui avait éclaté dans son foyer lors de son anoblissement ? Il avait encore en tête le souvenir de Charis lorsqu’il le lui avait annoncé… Elle était si mignonne, sa fille, même si « mignon » n’était pas ce qu’il aurait dû dire d’une femme de dix-huit ans.

Il se mit en devoir de rassembler ses mots pour combler cette lacune, il pensa au plus beau compliment qu’il pouvait dire de son adorable fille et de son admirable épouse. Lorsque ce compliment fut finalisé, il ouvrit sa bouche pour sortir un « Si vous saviez à quel point… »

Et il fut coupé d’une façon très désagréable, qui était très loin de l’amabilité qu’il avait obtenu jusqu’ici. Étant un homme intelligent, et sachant qui étaient les puissants, il eut un mauvais pressentiment dès le départ. Il se rappela soudain de qui était Noor Arlanii : elle était la Douairière, la Dragonne des Arlanii, et elle ne faisait rien de façon gratuite. Tout ce qu’elle faisait était sans cesse orienté vers la sauvegarde de sa lignée. Toute personne qui s’était un minimum intéressé à la politique d’Isle le savait. Mais il l’avait oublié au début, trop enthousiasmé par cette invitation imprévue.

Ce n’était pas pour le voir lui et l’entendre débiter ses rêves que Noor Arlanii l’avait invité. C’était pour parler de sa fille, et la question sur le mariage ne laissait aucun doute. La Douairière convoitait sa fille pour un projet inconnu. Si l’invitation avait porté le nom de Noor Arlanii, Enlil était certain à présent qu’il ne serait pas venu, ou du moins, venu avec beaucoup de prudence. Mais cette femme l’avait si bien manœuvré qu’à présent, Charis était en danger. Quelle folie l’avait donc pris pour ainsi renier ses devoirs paternels ?

« Charis ma fille est pour le moment… en train de parfaire son éducation. »

La réponse la plus fine qu’il pouvait trouver, qui ne mentait pas, mais qui exprimait quand même un léger refus de laisser cela se choisir. Skadi l’avait pourtant prévenu : Charis ne pourrait pas rester longtemps sans recevoir des propositions d’un parti ou de l’autre. Quel que soit le parti, Enlil y était pour le moment hostile. Il ne se laisserait pas guider par une étrangère, aussi puissante soit elle.

Il fallait détourner le danger et vite. Enlil rageait : il était venu dans des intentions pacifiques, et il était engagé dans un duel de volonté dont il ne voulait absolument pas. Mais quel était ce monde où l’on n’envisageait les gens que comme des places fortes à conquérir ?

« Le moment venu, bien entendu nous y songerons, mais ce n’est pas pour ma fille que vous m’avez invité tout de même ? »

La bourde. Enlil s’en rendit aussitôt après l’avoir prononcé. Bien sûr que c’était le principal centre d’intérêt, on voulait marier sa fille.
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Noor Arlanii
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MessageSujet: Re: Forcer les voeux   Sam 10 Nov - 23:03

Noor Arlanii était trop fine pour dire : « Si si, c’est pour marier votre fille que je vous ai invité », mais c’était pourtant la seule et unique raison. Elle laissa planer un silence lourd de non-dits, et souligna son attitude d’un sourire plutôt froid. Enlil ne semblait pas être un homme à qui il fallait beaucoup de paroles pour qu’il comprenne, aussi en profitait elle pour ne rien dire d’inutile.

Un sourire et un regard entendu scellèrent la suite de l’entretien, qui mine de rien allait décider de la vie d’une personne dont la Douairière ignorait tout, mis à part le nom. Elle finit sa coupe de rafraichissement, et le domestique la remplit de nouveau. En prenant une autre position, plus altière, la Douairière expliqua posément, sur un ton doux et patient, ceci :

« Vous verrez, avec votre nouveau statut, des propositions viendront s’entasser devant vous. Je vous plains mon cher en vérité de devoir choisir avec autant de clairvoyance que possible le mari qui accompagnera votre chère fille tout au long de sa vie. Ce n’est pas une tâche facile, et moi-même j’hésite beaucoup dans le choix de la fille que je donnerai à mon Ysor… »

Enlil Arcarian devint moins orageux, le ton mielleux de Noor Arlanii y était pour quelque chose, et puis, si on interprétait ses paroles dans un certain sens, la Douairière avait l’air de promettre la main d’Ysor à Charis. Cette confusion était tout à fait volontaire et elle était soigneusement entretenue par Noor.

« Le mariage, c’est d’abord et avant tout une alliance. Les Arcarian ont beaucoup de mérite, vous avez beaucoup de mérite, mais viendra très vite le temps de consolider votre récent succès, en vous alliant à une famille plus ancienne et installée. Tant de noms me viennent à l’esprit, mais aucun ne me semble vraiment éternel. »

Elle semblait profondément ennuyée de ce qu’elle disait comme si elle prenait tout à fait à cœur le dilemme à venir de la maison Arcarian qui n’avait qu’une seule héritière. Enlil était un homme gouverné par les émotions, il suffisait de les feindre pour trouver son oreille.

« Même parmi les plus grands. Les Jagharii n’étaient qu’une ombre de leur gloire passée avant qu’Amarante ne restaure la grandeur de leur maison. Les Karnimacii étaient dans une impasse financière noire il y a moins de cinquante ans. Les Tehanii n’ont jamais brillé par leur humanité, ils comptent parmi les pires monstres qui soient en Isle. »

Au fur et à mesure de l’égrenage, elle comptait sur ses doigts.

« Il n’y a qu’une seule famille au final qui ait traversé une très longue période sans jamais démentir sa place et son aura : les Arlanii, qui depuis un millénaire sont toujours à la première place, et dont l’influence est toujours aussi importante. Loin de moi l’idée de draguer inutilement ma berge, mais songez tout de même à cela : la seule famille stable et durable, l’alliance la plus intéressante que vous puissiez trouver, c’est dans ma lignée… »

Elle sentait encore toute l’hostilité qui émanait comme des ondes des poings crispés d’Enlil, mais celui-ci avait du mal à contrer tout. Il était vrai que tôt ou tard Charis devrait se marier, et si on lui proposait un Ysor Cinquième... Un long silence se passa, durant lequel Noor Arlanii sembla attendre une réponse, mais elle reprit après plusieurs secondes :

« Ravie que vous soyez d’accord. »

Enlil Arcarian n’avait strictement rien dit, et la Douairière lui forçait un peu la main ainsi.

« C’est pourquoi, je vous propose, en toute amitié, le nom de… »

C’était le moment le plus délicat, et théoriquement, il devrait commencer à se douter de quelque chose….

« Gribus Sandragil, Scribe de mon fils. »
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MessageSujet: Re: Forcer les voeux   Sam 10 Nov - 23:06


- Enlil Arcarian -
Enlil était au bord de l’éclat de colère. La Douairière était certes très amicale, mais de quel droit pouvait-elle ainsi donner son avis ? Et qui plus est lui proposer un tel mari ? Elle parlait de s’allier à la noblesse et suggérait ensuite un nom dont le statut social était encore inférieur à celui que lui avait avant de se faire anoblir ? Marier sa fille, Noble de Rang, à un serviteur de rang moyen ? C’était à en bondir au plafond.

La Douairière se fichait de sa tête de toute évidence, mais… mais si on regardait du point de vue de la logique pure, elle avait presque raison. Noor Arlanii l’avait rejoint en lui disant que les familles « respectables » n’étaient pas plus digne, mais elle avait utilisé cette opinion à son désavantage, si bien qu’il ne pouvait plus dire : « les plus grandes familles ne sont pas les meilleures » : Noor Arlanii l’avait dit avant lui.

Enlil était intelligent, mais la Douairière aussi, et le sort de Charis se jouerait de façon très serrée. La peur ne le quittait pas, il sentait déjà qu’il ne sortirait pas indemne de cette pièce, que ce soit lui la victime, ou bien sa fille ou sa famille. Il songea à l’alignement de Charis, aux mensonges qui avaient pavé sa vie récente, aux escapades nocturnes qu’elle pensait lui cacher, au combat qu’elle menait. Et il prit peur. Son secret était-il connu de la Douairière ? S’agissait-il de représailles ? Ses mains devinrent moites. Allait-il offrir sa fille en pâture à ses pires ennemis ?

Enlil détestait se battre ainsi verbalement, mais le bonheur et l’avenir de son poussin étaient en jeu, et l’agresseur était de taille. En grinçant des dents, il lança sa contre-offensive, regrettant amèrement l’absence de Skadi, qui aurait peut-être pu mieux les défendre. Il se sentait pathétique, et savait d’avance que ses mots seraient à l’image de son statut en Isle : trop nouveaux, pas encore rompus aux tactiques de la cour.

« Vous me proposez un homme dont le rang est encore inférieur à celui que j’avais avant de me faire anoblir ? Ne vous moqueriez-vous pas de moi, Dame Arlanii ? Le jour où votre fils décide de renvoyer son scribe, ma fille se retrouvera-t-elle elle aussi pareillement disgraciée ? Dans un monde où une femme ne vaut que par son mari, c’est une brillante idée que vous me proposez là, je me demande comment une femme comme vous peut sérieusement y songer. »

Oui, il était en colère. Il y avait une violation flagrante qui était en cours, et son devoir de père était de combattre cette intrusion dans la vie familiale.

« Pourquoi ne me laissez-vous pas choisir tout simplement pour ma fille, après tout je suis le seul souverain sur ma famille, et je n’ai pas besoin d’aide pour qu’on me la marie, je n’ai pas le jugement malade contrairement à ce que l’on peut penser des « arrivistes ». »

Tant de choses pouvaient encore se déverser, mais il en avait assez dit – il en avait beaucoup trop dit, il allait forcément se faire jeter du Palais après ces passages intolérables – et s’il disait réellement tout ce qu’il avait sur le cœur à la Douairière, alors il attirerait définitivement la disgrâce et la ruine sur sa famille en provoquant la colère de celle-ci.

« De quel droit régissez-vous la vie d’innocents ? »

Par le ton employé, Noor Arlanii devait certainement comprendre qu’elle ne devait pas insister et que le sujet était clos.
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MessageSujet: Re: Forcer les voeux   Sam 10 Nov - 23:08

Si Enlil pensait que sa colère ferait peur à la Douairière, il se trompait : elle n’était pas femme à avoir peur des exaltés et des colériques. Et le simple fait de hausser le ton et d’employer des paroles blessantes prouvait que son interlocuteur commençait à perdre les pédales. Elle n’était pas à ses premières passes d’armes, et si Enlil était un adversaire coriace, à sa mesure, il n’était pas invincible pour elle.

Si elle garda un ton mesuré et doux, elle ne chercha absolument pas à avoir un visage aimable. Enlil devait plier, et cet homme avait des convictions en fer. Elle devait être ferme et le briser si nécessaire. Ce père de famille devait renier ses devoirs et ce n’était pas facile à obtenir, mais elle y arriverait.

Car s’il fallait passer sur le corps d’Enlil pour obtenir sa fille, Noor était justement ce type de personne qui ne craint pas d’écraser le corps des autres pour obtenir ce qu’elle veut. Elle laissa planer un petit silence lourd de signification, qui faisait craindre la suite. Puis avec du poison et du tonnerre dans la voix, elle dit :

« Innocents ? Vous avez bien dit innocents ? Mon cher Enlil, comme vous vous trompez : sur les montagnes de l’ambition, il n’est aucun innocent. Vous avez décidé par votre anoblissement de gravir cette montagne, ne vous étonnez pas qu’il existe des aigles, des lions et des loups dans les parages. Comment avez-vous pu penser que votre agneau serait en sécurité sur les sentiers ?

Je suis moi-même au sommet de cette montagne depuis vingt ans environ, et j’ai bien observé le comportement de mes congénères : sans être la pire, je suis crainte parmi eux. Si ce n’est pas moi qui vous ferai plier, ce sera un autre, plus sauvage et plus cruel. Au lieu de vous proposer un serviteur aimable et effacé, il vous proposera un de leurs bâtards cruels et sadique. Ce mari-là pourrait détruire votre fille en trois mois et vous-même ne la reconnaitriez pas.

Il n’y a pas d’innocents sur les montagnes de l’ambition, soit qu’ils se soient transformés en prédateurs, soit qu’ils aient été dévorés. Je prétends mettre à l’abri votre fille auprès du moins pire d’entre eux, et vous voulez continuer sur le sentier jusqu’à ce qu’un lion la déchire ? Quelle folie ! Est-ce vraiment ce que dois faire un père ? »


Théoriquement, elle devait l’avoir bien ébranlé déjà : elle avait foulé aux pieds son idéalisme, son instinct paternel, sa vision du monde. Mais jusque-là, c’était de la pure idée, il fallait être plus sournoise, un coup derrière les genoux qui le ferait incliner.

Elle avait presque honte de suggérer une telle chose, mais il fallait absolument que Enlil Arcarian cède, et les intérêts des Arlanii pouvaient amplement justifier qu’on brise un homme.

« Et je dirais même plus : si vous refusez Gribus Sandragil, dont la famille vient par ailleurs d'être élevée à la Noblesse de Rang, je ferais en sorte qu’un homme mille fois pire vienne frapper à votre porte. Je parle de mon neveu, Erathan Laetarii. En auriez-vous déjà entendu parler ? C’est l’homme le plus arrogant qui existe sur terre, il a du sang sur les mains, mais aucun mort sur la conscience, car il n’a pas de conscience. Il n’a de plaisirs que dans la domination de tout ce qui l’entoure, ses soldats le craignent, les femmes le fuient. Il a déjà été marié, mais sa femme s’est suicidée, on dit qu’il est un amant sadique qui pousse sa passion de l’humiliation jusqu’au lit. C’est un dominateur aveugle, un monstre comme il en existe quelques un parmi les Nobles de Sang. »

Enlil avait déjà tout compris, son visage était blanc comme le marbre, et même sa barbe n’était plus aussi blonde d’un coup, comme si des tas de cheveux et de poils étaient devenus blancs d’un coup. Il faisait de gros yeux, mais des rides se creusaient dans le même temps.

« C’est mon neveu, il est tout à fait normal que je le voie. C’est un être que je sais manipuler à merveille, je ne sais pas éteindre sa violence, mais je sais très bien l’attiser. Je l’exciterai, et ensuite je pourrai le relâcher contre vous. Il viendra faire la cour à votre fille, et vous aurez un ultimatum d’une semaine pour dire oui ou non à une union. Pour lui le mariage n’est qu’un vain mot qui n’engage à rien. Si vous dites non, préparez-vous à un duel, et vous ne gagnerez certainement pas face à lui. Une fois mort, comment protégerez-vous votre famille ? Votre fille sera unie au lion le plus arrogant d’Edor Adei, et elle se flétrira. »

Noor Arlanii avait pleinement conscience d’être monstrueuse, et elle ne cherchait même pas à se justifier derrière la grandeur de sa lignée. Ce qu’elle venait de prononcer, elle ne le balaierait pas d’un poussée comme cela. C’était trop grave.

Elle vit enfin la réaction qu’elle attendait depuis si longtemps chez Enlil : il pleura.
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MessageSujet: Re: Forcer les voeux   Sam 10 Nov - 23:10


- Enlil Arcarian -
Cette femme était un monstre. Il n’aurait jamais cru se trouver face à une telle menace, encore moins se voir atteindre dans ce qu’il chérissait le plus. Ce que la Douairière voulait, elle l’obtenait. La volonté des autres ne tenait pas face à la Volonté d’une telle Arlanii. Elle ne craignait pas de se salir les mains ni la conscience pour briser les autres, et Enlil Arcarian qui n’était que bonté fut balayé par l’horrible stratagème de la Douairière.

Jusqu’au bout il avait fait confiance à son instinct de protection paternelle, jusqu’au bout il avait défendu sa fille contre les tentatives de mariages, mais il s’était retrouvé encerclé d’une part par Gribus Sandragil, et d’autre part, par Erathan Laetarii. Alors qu’il pensait avoir le choix entre marier Charis ou ne pas la marier, la Douairière l’avait forcé à choisir entre la lier à un homme de bas rang ou à un monstre.

S’il aimait sa fille, Enlil devait marier Charis à Gribus Sandragil. Erathan Laetarii n’était pas un adepte de la discrétion, il était une célébrité funeste d’Edor Adei, et ce qu’avait décrit Noor Arlanii, il savait que ce serait le scénario le plus probable. Oui, Erathan Laetarii serait capable de poser un ultimatum, de tuer ceux qui diraient non et de rafler sa fille. Et Noor Arlanii était capable de le diriger contre la famille Arcarian. Est-ce que sa fille pourrait lutter, avec ses amis secrets et ses appuis hors de la ville, contre un complot de cette envergure ? Non.

Il ferma les yeux. Plus de colère, plus de rage : que de l’abattement. Il était battu à plates coutures en à peine trois passes d’armes. La Douairière était une bretteuse bien plus habile que lui au final, elle avait tellement plus d’expérience… La défaite et un sentiment d’inutilité intolérable s’installa dans son cœur et effectivement il versa une larme, une seule, qui coula lentement de son œil droit, sans bruit et sans sanglot. Voilà ce que leur coûtait la Noblesse. Aujourd’hui, en retour de son investissement, on lui prenait sa fille.

Il était venu simplement pour partager ses rêves, et faire d’Isle un royaume plus grand. L’Ennemi l’attendait, et il l’avait amputé de sa fille. Enlil Arcarian n’avait tout d’un coup plus envie de se présenter de nouveau au palais, de se retirer loin d’Edor Adei, et de revenir à la situation qu’il avait à ses commencements, lorsqu’il avait seize ans et que son père lui enseignait comment diriger le commerce familial. Cette période-là était heureuse et tout était à construire, y compris sa famille.

Il avait cinquante ans, il avait longuement réfléchi au futur le plus brillant pour Isle, où Charis et ses enfants vivraient, et alors qu’il accédait à l’état qui lui permettait de concrétiser ses projets, la première réaction de ses congénères était de tout détruire et de dépecer sa famille. Tout détruire. Tout détruire.

Tout ce qui avait été sa vie depuis sa naissance jusqu’à aujourd’hui, son identité, ses croyances et ses fondements, tout venait d’être bafoué de façon irrévocable. Jusqu’où pouvait donc aller la méchanceté et la cruauté des hommes ? De toute évidence, plus bas que ce qu’il pensait. Et dire qu’il avait cru à leur bonté naturelle !

« Vous avez gagné. »

Il voulait garder la maîtrise de son ton, aussi n’en dit-il pas plus. Plus, c’était trop.

« Je vais me retirer maintenant, tout est accompli. »

Il se releva douloureusement, et plus aucune émotion ne pétillait dans son regard. Les épaules voûtées, il eut tout de même suffisamment de panache pour dire une dernière fois :

« Je pense sincèrement qu’entre vous et votre neveu, ce n’est pas Erathan qui est le pire monstre. »

Elle lui avait littéralement arraché sa fille de ses bras, elle ne devait pas s’attendre à des manifestations de joie ou de reconnaissance. Enlil était incapable d’éprouver de la haine, et il s’y refusait, mais il savait ce que voulait dire : en vouloir à quelqu’un. Il sortit la tête basse et les épaules voûtées, en traînant les pieds.
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Noor Arlanii
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MessageSujet: Re: Forcer les voeux   Sam 10 Nov - 23:11

Noor Arlanii n’éprouvait aucune honte particulière, mais elle était loin d’être fière de ce qu’elle avait obtenu. Si seulement Enlil Arcarian lui avait fait tout de suite confiance, cela ne serait jamais arrivé et jamais la menace d’Erathan Laetarii n’aurait été brandie. Mais elle ne pousserait pas l’impertinence jusqu’à dire que c’était sa faute à lui.

Une Reine assume toujours ce qu’elle dit et ce qu’elle fait. Elle assumait parfaitement sa part de cruauté. Elle était de ceux qui passaient sur le corps de ceux qui défendent leurs familles à leur corps défendant. Enlil Arcarian était capable de sacrifier sa famille pour le bien de ses enfants, Noor Arlanii était capable de sacrifier ses enfants pour le bien de sa famille. Elle savait qu’elle était monstrueuse, et une bien mauvaise mère selon la plupart des critères humains.

En attendant, on l’admirait pour ce qu’elle faisait et ce qu’elle obtenait. On s’étonnait qu’elle résiste aussi bien, seule contre tous, mais Noor Arlanii savait aussi pourquoi : les Hommes de manière générale admirent le résultat en ignorant ou en fermant les yeux sur les moyens. Elle, elle savait comment elle arrivait à chacune de ses victoires, et ne se défilait pas lorsqu’il fallait admettre qu’elle avait utilisé un procédé ignoble.

Elle n’était pas fière non, mais elle ne s’humilierait pas à lui demander pardon. C’était nécessaire, pour la grandeur des Arlanii, pour la survie d’Isle, pour que les petits Ilédors ne souffrent pas plus qu’ils ne souffraient déjà. C’était un tout petit engrenage que seuls des gens aussi haut placés qu’elle pouvaient comprendre et voir comment il pourrait agir pour stabiliser la situation tendue d’Isle.

En forçant le mariage d’une fille dont elle ne se préoccupait pas, Noor Arlanii avait surtout forcé son fils à se marier et un homme comme Elandor qui se mariait avec une femme forte comme elle le souhaitait, une Reine digne de sa belle-mère – c'est-à-dire Noor – était le salut des Arlanii, le salut des Ilédors, grands ou petits. Enlil Arcarian ne pouvait pas comprendre cela.

Elle eut un regard vaguement triste cependant en contemplant la place désormais inoccupée d’Enlil Arcarian. Elle prit une gorgée de jus de fruit et congédia définitivement son domestique.

« Vous vous trompez Enlil : Erathan n’a pas de conscience, tandis que moi j’en ai une, mais je la mets de côté quand il s’agit de ma lignée et de mon pays. »
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Forcer les voeux
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