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 Moi j'aime le danger ! Je me ris du danger...

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Lambda
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Nombre de messages : 173
Date d'inscription : 01/05/2008

MessageSujet: Moi j'aime le danger ! Je me ris du danger...   Lun 24 Sep - 22:39


- Callixte Arlanii -


La petite phrase tournait et valsait dans sa tête. Au début, Callixte n'y avait pas prêté attention ; il était le fils d'Elandor Arlanii, il avait mille choses à faire – et câliner Plume passait en priorité. Mais finalement, les mots de l'Aîné l'avaient rattrapé, et voilà qu'il ne désirait plus qu'une seule chose : descendre fureter sous le Palais. Oui, mais pour aller dans les sous-sols, il fallait tromper la surveillance des précepteurs, veiller à ce que Plume ne jappe pas au mauvais moment, marcher avec l'assurance parfaite de celui qui est pressé et ne veut pas être interrompu.

Il avait fallu plusieurs jours à Callixte avant d'oser vraiment franchir le pas. Quelques après-midi passés à flâner, l'air de rien, près de l'escalier qui menait vers les sombres et mystérieux sous-sols. Qu'y avait-il donc dans ces caves inexplorées par son vaillant Plume et lui-même ? Il avait failli poser la question à l'un de ses précepteurs, puis il avait finalement renoncé en se rappelant qu'il ne valait mieux pas attirer l'attention sur son escapade future. Il avait sagement attendu l'occasion propice, puis s'était jeté sur l'ouverture inespérée créée par son précepteur principal. Ce dernier avait été favorablement impressionné par l'attention – inhabituelle, il faut bien l'avouer, et tout à fait intéressée – de Callixte pendant le cours de géographie, matière habituellement honnie par le jeune prince. Pour le récompenser, il lui avait permis d'aller promener Plume au lieu de finir le cours par l'habituelle répétition des lieux importants d'Isle.

Callixte s'était donc éclipsé à toute vitesse, emmenant son chiot avec lui. Il avait du temps devant lui : personne ne s'inquiéterait de son absence avant le repas. Enfin, il l'espérait de tout cœur. Il avait traversé les couloirs, suivi par un Plume visiblement alourdi par sa dernière friandise, traînant un peu la patte. Le prince franchit d'autorité les mètres qui le séparaient de l'escalier en pierre menant aux étages inférieurs du palais. Un délicieux sentiment d'excitation et de fierté l'envahit. Il n'avait pas peur des sous-sols, il allait le prouver. Il était tout de même dommage qu'il ne puisse confier à personne les secrets qu'il découvrirait. Peu importait. Plume était avec lui, et c'était le meilleur destrier qu'il puisse avoir. Bon, son précepteur penserait sans doute que destrier n'était pas le mot exact pour désigner Plume, mais... pour Callixte son chien était le fidèle compagnon de toutes ses aventures – connues ou inconnues – et c'était le rôle que semblaient tenir les destriers de manière générale.

Le prince crut être trahi par le marbre de l'escalier. Chaque fois qu'il avançait ses bottes sur une marche, Callixte avait l'impression que le palais entier entendait le chouinement. Le noir l'engloutit peu à peu, tandis qu'il quittait la lumière du jour et s'enfonçait dans les recoins du palais. Il ne risquait rien, il était courageux de toute façon. Des torches étaient suspendues au mur et brillaient dans les ténèbres des sous-sols, mais Callixte était trop petit pour les atteindre et les saisir. Il fut donc réduit à suivre le chemin de lumière tracé le long du mur, n'osant pas marcher dans les ténèbres. Plume le serrait de près, geignant de manière peu héroïque. Le cœur de Callixte battait à tout rompre, mais un sourire béat lui barrait le visage : il avait réussi à descendre dans les sous-sols ! Et il n'y avait rien de dangereux – à moins que le danger ait fui devant le tandem composé de Plume et de lui-même.

Pour être honnête, ces sous-sols ne contenaient rien d'intéressant : il était dans un couloir sans fin, éclairé de faibles torches. Des portes fermées s'enfilaient à sa droite comme à sa gauche. Il aurait bien voulu tenter l'exploration d'une d'entre elles, mais il n'avait ni clés ni lumière pour se lancer dans une telle entreprise. Au moment où le prince s'apprêtait à faire demi-tour, Plume se mit à gémir de manière plus insistante, et vint même se réfugier entre les jambes de Callixte. Ce dernier, interloqué, se pencha pour prendre Plume dans ses bras, et vit alors l'ombre anormalement grande qu'il renvoyait sur le sol. Pris de frayeur, il voulut se retourner mais c'était trop tard : il ne vit pas venir le coup porté à sa tête, il le sentit. Ulcéré, il voulut protester, décliner son identité et menacer ceux qui osaient porter la main sur lui mais déjà, il sombrait dans l'inconscience, ses bras farouchement serrés autour de Plume.
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Lambda
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MessageSujet: Re: Moi j'aime le danger ! Je me ris du danger...   Ven 19 Oct - 9:27

-« Meylinn, avez-vous vu le jeune Callixte ?
-Non messire, pas depuis que vous l’avez laissé partir jouer avec son chiot.
-Hum… merci. Si vous le voyez, ne manquez pas de m’en informer. »

S’éloignant d’un pas vif, Arnin Calonii s’enquit de la même question auprès de tous les domestiques, gardes ou précepteurs qu’il croisait, ses sourcils se fronçant chaque fois un peu plus au fur et à mesure des réponses négatives qu’il recevait. La légère inquiétude qu’il avait ressentie en ne voyant pas le jeune prince venir pour le goûter s’était muée en anxiété tandis que les heures s’écoulaient inexorablement sans que ne paraisse Callixte, et désormais, c’était l’angoisse qui le faisait marcher de l’un à l’autre des domestiques du Palais. Le soleil continuait inexorablement sa course dans le ciel, et à chaque fois, la même réponse : personne ne l’avait vu. Ni lui, ni le chiot qui ne manquait jamais de l’accompagner dans toutes ses escapades. Même sa gouvernante ignorait où se trouvait son protégé, gouvernante qui partageait d’ailleurs l’angoisse du précepteur.
Les questions de Calonii alarmèrent peu à peu l’ensemble du personnel et la garde du Palais. Bientôt, avant même que l’heure du repas n’ait sonnée, la majeure partie des domestiques assistée par quelques soldats de la garde se trouvait à la recherche du jeune prince. Mais bien vite, ils durent se rendre à l’évidence. Le garçon restait introuvable.

Aussitôt, on avertit officiellement la garde déjà alarmée par les domestiques. Chacun prit part aux recherches et l’on fouilla toutes les pièces du Palais, tous les recoins, on regarda sous les sofas, dans les meubles… sans résultat. Les couloirs du Palais résonnèrent des cris et des appels de ceux lancés à la recherche de Callixte Arlanii, appels qui parvinrent jusqu’aux oreilles de la Noblesse habitant là. De nouvelles voix s’ajoutèrent aux premières, mais les cris restèrent sans réponse.
L’espoir reparut lorsqu’on trouva le chiot à moitié assommé et gémissant dans les sous-sols du Palais. Ceux-ci étaient vastes, mais pas infinis, et bien vite il fut certains que le garçon ne s’y trouvait pas. Si la panique n’avait pas submergé les participants aux recherches, elle les gagna rapidement.

On prévint le Gardan Edorta et les Conseillers de l’évidence : Callixte Arlanii avait été enlevé !
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