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 Le repos de la guerrière [Privé Nisa]

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Sorastrata Hirune
Olaril
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MessageSujet: Le repos de la guerrière [Privé Nisa]   Ven 3 Aoû - 1:39

Le temps lui semblait lourd tandis qu'il se précipitait. Les rues étaient trop bondées à son goût, les passants trop inquisiteurs et le chemin trop compliqué. Il ne cessait de changer sa besace d'épaule, et par trois fois il avait failli trébucher. Gribus était nerveux, et pire encore, il le montrait, lui qui avait su garder un visage de marbre face à
l'Al'Faret.

Il fallait bien avouer que sa destination ne lui plaisait pas. Cela faisait bien longtemps que l'armée n'inspirait que mépris, peur et coolère au scribe, depuis qu'il avait souffert le martyr pendant son service obligatoire. Y repenser était déjà bien assez déplaisant, mais devoir reprendre le chemin des baraquements et marcher au beau milieu de ces brutes remplissait son coeur de venin.

Et pourtant il devait l'endurer, car ce qui l'attendait dans les Quartiers Militaires était bien trop important. Gribus prit le temps de reconstituer ses souvenirs alors qu'il voyait l'alignement régulier des baraquements se profiler devant lui. La dernière fois où Nisa et lui s'étaient vus remontait à des mois, avant même le commencement du siège. Elle avait rendu visite à leur mère avant de partir au front, mais le jeune homme avait été absent ce jour-là, retenu au Palais par les affaires de son maître, et il avait dû se contenter de transmettre ses voeux par lettre. Depuis, pas une nouvelle de sa part, et Gribus avait dû jouer des pieds et des mains pour obtenir des rapports de l'état de son unité, afin que leur mère ne devienne pas folle d'inquiétude. Nisa était coutumière de ce genre de
silences, mais cette fois-ci son frère lui en avait véritablement voulu. La guerre faisait rage, et elle n'était pas stationnée à des semaines de marche ! Il ne comprenait pas. Il n'avait jamais compris.

Le garde à l'entrée le laissait passer avec un air d'indifférence, où Gribus crut voir une touche de mépris. Il préféra ne pas en prendre offense, de même qu'il préférait réfréner sa rancoeur pour sa soeur. Il n'était
pas venu pour faire des reproches, il était venu pour s'assurer de sa santé ; pour lui faire accueil et la convaincre de venir voir leur mère. Et peut-être d'autres décisions plus conséquentes, s'il en avait la possibilité. Lorsqu'un messager de l'armée était venu frapper à sa porte, Sesha avait su que quelque chose était arrivé. Gribus avait été tenté de retrouver ce porte-lettre et de lui faire passer le goût du pain, quand il avait appris la délicatesse avec laquelle il avait annoncé la nouvelle. Ils avaient tous deux été soulagés que la blessure de Nisa ne soit pas grave, mais à ce répit avaient succédé l'attente, puis l'incompréhension, puis la peur. Gribus s'était une fois de plus renseigné, faisant usage du peu d'influence qu'il avait, mais Nisa ne souffrait apparemment d'aucun empêchement. C'était simplement qu'elle ne voulait pas voir sa famille.

Le jeune homme traversa les allées en terre battue qui séparait les bâtiments identiques, sa cape accumulant peu
à peu la poussière. Le soleil de printemps se faisait de plus en plus fort tandis que la journée avançait, alourdissait tout ce qui tombait sous son regard. A chaque fois que Gribus croisait une patrouille ou un groupe
de novices, il pouvait sentir le poids d'un autre regard, plus désagréable encore que la chaleur. Il était vêtu de façon simple et aurait très bien pu être un messager, et pourtant chaque homme et femme du camp laissait traîner leurs yeux sur lui, des yeux étonnés, rieurs ou dégoûtés. Les uns échangeaient des messes basses, certains ricanaient, d'autres allaient jusqu'à le héler. Pour ces idiots allaités au vin et à la sueur, on ne pouvait pas rêver meilleure cible que ses étranges cheveux blancs, et sa carrure frêle ne devaient pas aider non plus. Gribus
gardait les yeux baissés et les dents serrées. Il ne devait rien leur accorder, surtout pas son attention et encore
moins son temps.

Il arriva enfin devant les baraquements des officiers, là où se trouvait la chambre de Nisa. Entrant dans le bâtiment, il se répéta qu'il devait être avenant. Elle avait vécu des moments éprouvants et perdu des hommes, d'après ce qu'on lui avait dit. Il était inutile d'y ajouter. Après avoir tourné quelques minutes dans les couloirs et demandé son chemin, il arriva enfin devant la porte et prit un moment pour reprendre son souffle. Il lissa ses cheveux et tapa quelques coups dans ses vêtements pour les débarrasser de la poussière. Enfin, il plongea la main dans sa besace et en ressortit un présent enveloppé dans du papier ; c'était un paquet de friandises, de simples délices sucrés que Nisa et lui adoraient étant enfants. Cela faisait des années que lui n'en avait pas mangés, mais après tout cela faisait des mois qu'elle ne lui avait pas parlé. Lorsqu'il se jugea prêt, il poussa un soupir et frappa trois coups secs à la porte.


La vieillesse bien comprise est l'âge de l'espérance.
- Victor Hugo -
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