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 Guérir le corps est plus facile que l'âme...

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Silbio Alagareth
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MessageSujet: Guérir le corps est plus facile que l'âme...   Dim 22 Juil - 18:42

Un jour comme un autre en Edor Adeï depuis le début du siège. Silbio continuait tant bien que mal à réaliser les commandes de ses clients. Quelques revendeurs de métaux demandaient un prix d’or pour leur marchandise et le forgeron était persuadé qu’ils devaient avoir des contacts avec les révolutionnaires pour pouvoir être encore approvisionnés. De son côté, il avait réussi à faire des stocks des métaux les plus communs mais certains plus rares, nécessaires pour certains alliages, n’étaient pas de ceux qu’il gardait en boutique et il devait donc les négocier auprès de ces seuls revendeurs. Faire jouer la concurrence devenait presque impossible et il fallait faire avec. Répercuter la hausse des prix n’était pas difficile pour les clients nobles et riches qui venaient chercher des lames, soit pour faire les beaux, ce que le forgeron avait encore du mal à comprendre, soit pour faire un cadeau de qualité à leur fils qui était dans l’Armée. Mais pour les autres, c’était plus difficile. Ils cherchaient une bonne lame, parce qu’ils n’avaient pas le choix, devaient se battre mais n’avaient pas les moyens de s’offrir le même acier que les autres. Silbio veillait à suivre les préceptes du vieil homme, de celui qui, en quelques sortes, avait été un second mentor pour lui. Il ne donnait pas les armes gratuitement, il ne le pouvait pas, mais il essayait d’en limiter le coût, afin que même eux, même les plus humbles qui n’avaient pas le choix, puissent s’équiper convenablement. D’autres n’hésitaient pas à garder des prix élevés, pour continuer leur train de vie habituel mais l’Olaril n’avait jamais forgé pour vivre, seulement par plaisir, seulement pour oublier. Il devait bien avoir une petite marge, pour son pain, pour avoir de quoi se nourrir lui et Zéphyr, mais cela il le gagnait sur les armes des nobles, ainsi que quelques fonds pour acheter du métal avec lequel il faisait généralement une bonne arme, de moins bonne qualité, mais néanmoins redoutable, moins chère, abordable pour tous ceux qui avaient à peine les moyens. Ainsi fonctionnait la forge de l’Elu, comme on l’appelait parfois, et, pour l’instant, personne ne semblait y trouver quelque chose à redire.

Alors qu’il travaillait sur une épée, une tête blonde passa la tête par la fenêtre ouverte sur la rue. Il ne la vit pas tout de suite, absorbé qu’il était par son travail, comme d’habitude, mais lorsqu’elle passa la porte, Zéphyr poussa un petit cri qui attira l’attention du forgeron ainsi que celle de l’enfant. Silbio adressa au visiteur un sourire. Ce n’était pas la première fois qu’il venait ici, il l’avait déjà vu du temps du vieil homme. C’était un brave garçon, d’une famille très humble apparemment, qui avait toujours rêvé de jouer au chevalier, pour protéger sa mère et sa sœur. L’Olaril l’aimait bien, il avait même noué une petite complicité avec lui. Il le laissait aller et venir dans la forge, tandis qu’il regardait les lames, les touchait parfois, puis ne quittait pas du regard cet homme qui travaillait le métal. Apparemment il n’avait pas grand-chose à faire de ses journées, pauvre gosse. Mais il semblait heureux, ici, à le regarder faire et à s’imaginer, certainement, jouer au chevalier avec toutes ces épées aussi différentes les unes que les autres. « Encore ici toi ? N’as-tu donc rien de mieux à faire ? » Le forgeron avait dit cela sur un ton qui ne laissait aucun doute sur le fait qu’il était content de voir le garçon ici. Ce n’était pas comme s’il le voyait comme son propre fils mais cela aurait probablement pu être le cas, du moins si elle ne l’avait pas quitté si brutalement… Aurait-il construit une famille ? Il préféra chasser cette idée de son esprit, se concentrant sur le présent, sur ce qui ne causait pas de douleur en lui. Le garçon resta muet mais fit un « non » de la tête. Silbio lui rendit un sourire et remarqua que son regard ne se détachait pas des épées. Réfléchissant à la question, il finit par se dire que ça ne pouvait pas être dangereux. « Tu veux en essayer une ? » La lueur qui s’alluma dans le regard du garçon donnait ça réponse avant qu’il ne hoche positivement de la tête. Le forgeron se dirigea vers un tonneau où se trouvaient plusieurs lames dont il en tira une, petite et légère, qu’il jaugea un instant avant de la tendre, garde en première à son invité. « Tu fais attention hein, ce n’est pas un jouet. »

Le petit garçon prit l’épée et fut d’abord surpris par son poids, malgré tout, avant d’arriver à la soulever des deux mains et commencer quelques mouvements approximatifs dans l’espace vide devant lui. « Attends. Je vais te montrer. » Tirant une autre lame du tonneau, plus grande, Silbio commença à lui montrer quelques mouvements qu’il s’empressa d’imiter avec plus ou moins de réussite. Ils continuèrent ainsi quelques minutes avant que l’Olaril ne se mette en garde devant le petit Ilédor. « Allez, montre-moi ce que tu as appris. » Tenant l’épée, il accusa les faibles coups du petit homme qui tentait de reproduire les gestes qu’il avait vu et vaguement répétés. Il n’y avait rien de dangereux là-dedans, pourtant une seconde d’inattention suffit pour mal anticiper l’une des frappes dont la lame vint mordre avec insistance le bras d’épée. La douleur lui fit lâcher la lame, qui tomba dans un cliquetis métallique au sol tandis qu’il portait instinctivement son autre main vers la plaie qui était relativement grande et saignait assez abondamment, du moins jusqu’à ce qu’il ne comprime la plaie. Le garçon avait lui aussi lâché son épée d’où perlait quelques gouttes de sang, horrifié. « Ne t’en fais pas, ce n’est pas de ta faute, j’ai eu un instant d’égarement, mais ça n’a rien de grave. » Il jeta un regard dans sa forge. « Soit un bon garçon ramène moi le chiffon qui est là-bas. » L’on s’exécuta rapidement et l’Olaril se fit un bandage improvisé, le serrant suffisamment fort pour perdre le moins de sang. Inquiet son jeune invité jetait des regards apeurés vers lui avant d’oser glisser quelques mots sur une guérisseuse qu’il connaissait qui avait souvent soigné sa sœur quand elle était malade puis aussi sa maman. Il disait qu’elle était gentille parce qu’elle ne demandait pas de l’argent aux pauvres parce qu’eux ils n’avaient pas assez d’argent pour les remèdes chez les autres soigneuses. Compte tenu de l’état de sa plaie, mieux valait la faire correctement examiner, et puis si cela pouvait rassurer le garçon… « Tu m’y emmènes ? » Il s’exécuta sans se faire prier.
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Lell Llureyin
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MessageSujet: Re: Guérir le corps est plus facile que l'âme...   Jeu 2 Aoû - 18:59

La matinée n’était guère avancée, mais Lell s’affairait déjà dans la boutique depuis quelques heures, vérifiant et renouvelant ses stocks de plantes, nettoyant son matériel, et surtout, gardant un œil sur sa patiente. Elle avait également fait un brin de ménage, faisant ainsi disparaître toute trace du passage de la dissidente pour quelqu’un qui entrerait dans la boutique.
L’arrivée inopinée d’Elenor pendant la nuit, blessée et en état de choc, bredouillant des paroles au sujet des révolutionnaires et de leur campement. Lell avait supposé qu’il s’agissait d’une mission dissidente, mais pour ne pas prendre de risques et au cas où son ex-capitaine serait recherchée, elle avait préféré jouer la carte de la prudence : toute personne entrant dans la boutique ne devait pas soupçonner qu’elle soignait une personne particulière dans l’arrière boutique. En ces temps de suspicion, c’était essentiel.
La blessure à la cuisse avait donné du travail à la jeune guérisseuse. Il avait fallu qu’elle attende que sa patiente soit complètement endormie avant de procéder au nettoyage et à la suture. La plaie, sans doute réalisée par une lame bien aiguisée, était profonde mais nette, mais ce qui l’avait le plus inquiété était son état, loin d’être propre. Par où avait-elle bien pu passer pour se mettre dans cet état ? L’odeur qui imprégnait les vêtements de la dissidente et qu’elle avait du jeter dans l’arrière cour lui donnait à penser qu’elle s’était faufilée dans les égouts pour parvenir jusque là. Et à la pensée de tout ce qui pouvait s’y trouver, Lell l’avait bassinée avec soin avec des antiseptiques afin d’éviter l’infection qu’elle craignait de voir se manifester.
Puis après une légère anesthésie locale – elle était fière de cette découverte tout récente basée sur le pavot – elle avait recousu, lentement, sûrement, sans qu’Elenor ne sorte de son sommeil induit par le somnifère. Elle aurait une seconde cicatrice, juste en dessous de la première, que la jeune femme avait refermé si peu de temps auparavant.

Pour l’heure, Elenor reposait paisiblement et dormait d’une respiration régulière. Elle avait l’air paisible, bien loin de l’état dans lequel Lell l’avait trouvée quelques heures plus tôt.
Plusieurs clients étaient venus, tôt, prendre leurs remèdes avant d’aller à leur travail. La jeune fille les connaissait de longue date, depuis qu’elle avait commencé son apprentissage auprès de Grand-Mère. Ils étaient gentils, et avaient toujours un mot ou un geste attentionné à son égard ou à celui de la vieille chirurgienne. Depuis le temps qu’ils venaient, ils étaient comme de vieilles connaissances.
La clochette de la boutique tinta, et celui qui en poussa la porte était aussi l’une de ces vieilles connaissances bien qu’il fut jeune. Sa petite sœur souffrait d’une terrible maladie de peau que Grand-Mère traitait presque depuis sa naissance. Alors son frère et sa mère appartenaient quasiment à la famille. Une famille de malades et de blessés en tout genre.
« Qu’est-ce qui t’amène petit ? Ça ne peut pas déjà être le médicament de ta sœur, elle est passée le chercher il y a deux jours. » Il secoua la tête pour toute réponse, et tira la main d’un homme jusque là dissimulé à sa vue qui pourtant ne devait pas souvent passer inaperçu étant donné sa taille. Il pressait un chiffon imbibé de sang sur son avant-bras, ce qui attira immanquablement l’attention de la guérisseuse, et lui ôta toute curiosité pour le reste.

« Venez, entrez. Asseyez-vous ici. » Elle désigna une chaise, à côté d’une petite table vide. « Gardez la main appuyée comme vous le faites, et dites moi ce qui vous est arrivé. » Tant qu’il pressait la plaie, il ne courrait pas trop de risque au vue du sang qui imbibait le chiffon. Et avant de faire quoi que ce soit, comme ôter la compression qu’il exerçait dessus, il lui fallait savoir à quoi elle allait avoir affaire. Elle ne tenait pas à voir son patient se vider de son sang…
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Silbio Alagareth
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MessageSujet: Re: Guérir le corps est plus facile que l'âme...   Jeu 16 Aoû - 20:11

La blessure était douloureuse mais le contraire eut été étonnant. Le garçon n’avait pas beaucoup de forces mais l’épée avait un certain poids et la chair n’avait qu’une résistance très limitée. Heureusement, elle n’était pas allée trop en profondeur et le fait de ressentir la douleur le soulageait quand à une possible blessure irréversible. Le souvenir de la jeune femme qui lui avait demandé une arme particulière lui était rapidement revenu à l’esprit et la perspective de ne plus pouvoir se servir de son bras lui aurait sérieusement flanqué un coup au moral, alors même qu’il s’agissait du seul et unique exutoire dans lequel il parvenait à tout oublier. Ne plus pouvoir forger constituait pour Silbio l’équivalence de ne plus pouvoir vivre. Certes c’était là un peu trop absolutiste comme pensée mais c’était suffisamment proche de la vérité. Ses journées deviendraient longues et ennuyeuses sans métaux à travailler et, après tant d’années à forger, il doutait sincèrement être capable de faire autre chose, ni d’avoir véritablement la patience et, surtout, l’envie, d’apprendre autre chose. Enfin, il n’y avait aucune raison de penser au pire, après tout ce n’était pas sa première blessure et vraiment rien n’indiquait qu’il y avait de quoi s’en faire. La plaie nécessitait un bon travail de désinfection et quelques coups d’aiguilles – chose qu’il ne pourrait faire tout seul vu la position de la plaie – mais rien de véritablement méchant, les complications pouvaient toujours se présenter ensuite mais apparemment le garçon connaissait une guérisseuse qui semblait savoir ce qu’elle faisait et, de la manière dont il en parlait, elle n’avait pas l’air d’une charlatane, ce qui était un excellent point également. C’était surtout l’occasion de rassurer le garçon qu’il ne voulait pas « traumatiser » d’une certaine manière. Le pauvre devait s’en vouloir et il lui faudrait quelques temps pour oublier l’incident et arrêter de s’imaginer qu’il était responsable de l’état dans lequel il avait mis l’Olaril.

Ils traversèrent les rues commerçantes alors même que certains étals n’étaient pas encore mis en place. Certains commençaient plus tôt tard dans la matinée et le soleil n’avait pointé le bout de son nez qu’à peine quelques heures plus tôt. Le garçon marchait devant lui, non sans jeter de fréquents coups d’œil en arrière pour s’assurer que le forgeron suivait bien. La main sur son bandage, Silbio essayait d’endiguer le flot de sang afin qu’il n’imbibe pas trop le pansement de fortune et ne commence à suinter davantage. Certains passants lui jetaient un œil curieux mais il se contenter de les ignorer. Il comprenait assez aisément que l’on puisse être curieux de voir un homme avec un bras ensanglanté traverser les rues commerçantes. Intérieurement, il espérait véritablement que l’échoppe de la guérisseuse ne serait pas trop loin. L’idée d’être ainsi regardé ne le mettait pas spécialement à l’aise, non pas qu’il ressemblait à un animal de foire, mais attirer l’attention n’était pas vraiment ce qu’il aimait le plus. Ils tournèrent à un coin de rue et l’enfant pressa le pas pour s’arrêter devant une petite maisonnée qu’il désigna du doigt avant d’entrer un peu avant lui. Le petit bruit de la clochette lui arriva aux oreilles ainsi qu’une voix féminine alors qu’il s’approchait de la porte. Avant qu’il ne puisse se présenter dans l’encadrure, le petit garçon ressortit et l’agrippa par son bras avant de le tirer vers l’intérieur de la boutique vers lequel l’Olaril le suivit. Posant son regard sur la jeune femme qui se présentait à son regard, il remarqua rapidement qu’elle avait instinctivement posé son regard sur sa blessure. Il n’eut pas le temps de se présenter avant d’être enjoint à s’installer sur une chaise. Sans se faire prier, il s’installa à l’endroit désigné en poussant un petit soupir tandis qu’il tirait un peu sur sa plaie. Sans un répit supplémentaire quelques questions fusèrent à son intention. Ce qui lui était arrivé… Il jeta un regard vers le garçon qui semblait assez nerveux. Le forgeron lui fit un sourire engageant et reporta son attention vers la jeune femme à laquelle il parla d’une voix calme et posée.

« Je travaillais une épée. Apparemment j’ai du faire une erreur dans la réalisation de l’alliage ou dans l’épaisseur mais un coup de marteau a eu raison de la lame, qui s’est retrouvée projetée et apparemment mon bras se trouvait sur le passage. » Il soupira. « Encore une chance qu’elle n’ait pas blessé le garçon, il vient me voir souvent ces derniers temps, mieux vaut mon bras que lui. N’est-ce pas petit ? » Il s’était tourné vers lui dans un sourire avant de revenir à la guérisseuse. « C’est lui qui m’a conduit ici. » Quelqu’un qui le connaissait se serait certainement rendu compte de son petit mensonge, peut-être parce qu’il parlait plus que de coutume – même si encore, il fallait bien répondre à la question de la guérisseuse et il doutait qu’elle se contente d’un « c’est un accident » - mais surtout parce qu’il était plus que rare qu’il se trompe dans ses alliages. Certes un moment d’égarement pouvait arriver mais un forgeron se rendait compte rapidement de ce genre de défaut. Enfin peu importe, il voulait éviter de mettre le garçon dans l’embarras et ce qui s’était passé ce matin resterait leur petit secret. Nul n’avait besoin de connaître réellement la vérité après tout, n’est-ce pas ? Puis, c’était lui qui l’avait poussé à jouer à une épée, s’il n’avait pas insisté le garçon n’aurait pas accepté et tout ceci ne serait pas arrivé, il n’y avait donc aucune raison de le blâmer pour ça et encore moins qu’il se retrouve inquiété, par ses parents ou quelqu’un d’autre. Apparemment, il avait déjà suffisamment de problèmes comme ça, si en plus ses escapades rêveuses devant la forge devaient se retrouver tâchées… Non il n’y avait aucune raison de rajouter une couche à son malheur. Et puis somme toute, il était convaincu que tout cela n’avait rien de grave et qu’il serait de retour chez lui dans une heure, tout au plus, le bras remis en état et l’incident oublié comme un mauvais souvenir auquel on ne pense déjà plus…
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Lell Llureyin
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MessageSujet: Re: Guérir le corps est plus facile que l'âme...   Dim 19 Aoû - 23:53

Un accident de forge… Son regard se fit quelque peu suspicieux et se tourna vers le jeune garçon dont l’air gêné ne manqua pas de l’interroger. Elle n’était pas une spécialiste de ce métier, mais pour en avoir soigné quelques uns, ce genre de blessure était plutôt rare chez un forgeron. Brûlures, hématomes, écrasements, mais rarement des coupures, et surtout pas de ce genre.
Enfin, ce n’était pas son travail de déterminer si ses patients disaient ou non la vérité. Seule comptait la plaie, et sa capacité à la soigner ou non. Gardant un ton calme, celui là même qu’elle adoptait pour la plupart de ces patients, elle se permit toutefois un petit sourire pour s’adresser au forgeron. « Bon, posez donc votre bras sur la table mais gardez le chiffon pour l’instant. Je vais examiner votre blessure. »
Abandonnant son patient quelques instants, elle s’éloigna jusqu’à l’évier et se lava vigoureusement les mains avant de revenir. Posant la main sur le chiffon improvisé en compresse, elle s’adressa cette fois-ci au garçon. « Si tu veux rester, mets toi un peu plus loin et ne regarde pas si tu as peur du sang. Je ne pourrai pas m’occuper de toi si tu tournes de l’œil. » Elle lui adressa un léger sourire tandis qu’il s’éloignait de quelques pas, et la jeune femme se tourna vers son patient, entièrement focalisé sur lui.

« Je vais écarter le chiffon pour voir comment ça se présente. Ne vous inquiétez pas si ça saigne. » Joignant le geste à la parole, elle découvrit la plaie qui ne livra en tout et pour tout qu’un léger suintement de sang qui se résorberait tout seul avec une pression dessus. Cependant, elle devrait recoudre, c’était indispensable. L’entaille était bien trop profonde pour cicatriser toute seule.
Prenant un chiffon propre, elle le tendit au forgeron, lui indiquant de continuer à appuyer sur la plaie. Puis elle rassembla son matériel, et profitant d’un passage dans l’arrière boutique invisible depuis la pièce principale, elle s’attarda un instant auprès d’Elenor.
Son ancien capitaine dormait toujours d’un sommeil profond qui ne semblait troubler par aucun rêve. Lell espérait que son somnifère la garderait encore un bon moment endormie. Vu l’état dans lequel elle se trouvait, Elenor avait surtout besoin de sommeil, ce qu’elle était pour l’instant en mesure de lui offrir. Un coup d’œil sur sa cuisse blessée lui assura que le pansement était propre. Il lui faudrait vérifier tout à l’heure que la cicatrice n’était pas infectée. Mais pour l’heure, un autre patient l’attendait.

Revenant dans la boutique, elle posa tout son matériel sur la table avant de se laver à nouveau les mains. Elle choisit soigneusement fil et aiguille qu’elle monta avant de poser le tout sur un autre linge propre. « Ne vous inquiétez pas, ça parait toujours plus impressionnant que ça ne l’est véritablement. » Elle ne doutait pas du courage de l’homme ou de sa résistance, mais plutôt de celle du garçon qui observait non loin. Et les explications étaient davantage pour lui que pour le forgeron. « J’ai mis au point une solution qui anesthésie localement la peau et vous évitera de ressentir la moindre douleur lorsque je vais recoudre. Tout au plus, vous ne sentirez qu’un léger fourmillement. L’effet ne dure en tout et pour tout que quelques heures, et commence à s’estomper au bout d’une heure. Si vous êtes d’accord, je peux l’utiliser sur vous… »
La guérisseuse s’interrompit et regarda l’homme, l’air tout à fait contrite. « Au fait, je suis tout à fait désolée, je ne me suis même pas présentée, ni n’ait demandé votre nom. Je suis Lell Llureyin, guérisseuse apprentie de Grand-Mère dont vous avez sûrement entendu parler. Et… vous ? »
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Silbio Alagareth
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MessageSujet: Re: Guérir le corps est plus facile que l'âme...   Lun 20 Aoû - 10:05

Elle pouvait y croire ou ne pas y croire, en réalité, cela ne faisait aucune différence pour Silbio qui ne démordrait de toute façon pas de cette histoire qu’il avait inventée à la volée. Certes, ce n’était pas une blessure typique pour un forgeron mais tout était plus ou moins possible en forge et comme on était amené à manipuler des objets tranchants, on pouvait très bien finir avec une plaie de ce genre au niveau du bras. L’Olaril fut assez soulagé de voir que le garçon ne se trahit pas trop lorsque la guérisseuse se tourna vers lui se contentant d’opiner silencieusement du chef. Ce n’était peut-être pas très convaincant mais cela valait ce que cela valait et il doutait qu’elle pousserait plus loin ses investigations, ou du moins pas maintenant qu’elle avait une plaie et un patient sur le feu. D’ailleurs, elle sembla lire dans ses pensées car elle se tourna finalement vers lui, avec un léger sourire, lui demandant de poser son bras sur la table mais sans ôter le chiffon, chose qu’il fit sans se faire prier, dans un petit rictus de douleur. Cela n’avait beau ne pas avoir l’air grave, ça faisait quand même un mal de chien. Tandis que la jeune femme s’occupait de laver ses mains, il eut un regard rassurant pour le garçon. Ce n’est rien, tu verras, je serais retapé en moins de temps qu’il ne faut pour le dire… Après tout, il se doutait déjà de ce à quoi il allait avoir droit et c’était plus que naturel. Recoudre une telle plaie était nécessaire car il fallait « recoller » les bords de la peau qui ne se touchaient plus afin de faciliter la cicatrisation. Il aurait pu tenter de le faire tout seul mais le petit bonhomme n’aurait peut-être pas apprécié. Chose compréhensible. Il ne connaissait pas beaucoup de gamins capables de résister à la vue du sang et aux blessures assez sérieuses de toutes sortes, bien qu’ici, ça n’avait rien de méchant, c’était juste rouge et profond. Il eut un petit sourire amusé quand il fit quelques pas en arrière sur l’injonction de la guérisseuse.

Alors que la guérisseuse examinait la plaie, après un bref regard à celle-ci, Sibio se tourna vers le garçon qui lui jetait des regards inquiets. Essayant de le rassurer d’un sourire, il attendit patiemment que la jeune femme fasse son travail, avant qu’elle ne reprenne son attention en lui tendant un chiffon propre, bien plus blanc que le sien, désormais complètement imbibé de sang, et ne lui demande d’appuyer à nouveau sur la plaie. Il acquiesça doucement, prenant le morceau de tissu entre ses doigts avant de le plaquer sur sa blessure, appuyant avec force, comme on le lui avait demandé, peut-être un peu trop d’ailleurs. Alors qu’elle s’éloignait et disparut de son champ de vision le forgeron reporta son attention sur son petit compagnon qui semblait visiblement encore un peu traumatisé par toute cette histoire. Toujours en silence, il lui fit signe d’approcher et alors qu’il s’exécutait, lui ébouriffa les cheveux un instant, lâchant le chiffon quelques secondes, tout en lui murmurant que ce n’était rien de grave et qu’il devait arrêter de s’en faire. Il reposa la main sur son pansement de fortune provisoire et lui adressa un sourire avant que la jeune femme ne revienne d’une probable arrière-boutique, chargée d’un matériel qui n’effraya pas le forgeron. Il la regarda se laver les mains une nouvelle fois, appréciant son professionnalisme. La remarque qu’elle glissa sur l’aiguille le fit sourire. Croyant d’abord qu’elle lui était adressé, il comprit néanmoins son erreur lorsqu’il releva les yeux vers elle et se rendit compte qu’elle ne le regardait pas mais que le garçon observait avec une certaine stupéfaction la taille de l’aiguille. Quand elle rentra dans des détails un peu plus « technique » concernant une sorte d’anesthésiant, il sut toutefois qu’elle s’adressait désormais à lui plutôt qu’à l’enfant. Mais elle s’interrompit, interdite, avant de reprendre, se présentant. Il était vrai que les présentations n’avaient pas été faites. Un regrettable concours de circonstances. Assurément. Grand-mère ? Il en avait effectivement entendu parler, mais de très loin. Après tout, il n’avait jamais réellement eu besoin des services d’une guérisseuse jusqu’à maintenant.

« Silbio… Silbio Alagareth, j’ai une forge un peu plus loin. Elle appartenait à un vieil homme jusqu’à peu. » Il avait posé son regard dans celui de la jeune femme tandis qu’il parlait. Elle se doutait certainement qu’il était Olaril mais en avait désormais la preuve. Est-ce que cela changerait la donne ? Il ne pensait pas, mais après tout, qui pouvait le dire ? Il se souvint alors ce qu’elle lui avait demandé pour l’anesthésiant. « Je ne suis pas certain d’avoir besoin de votre solution, mais si vous avez besoin de la tester, ça ne me dérange pas. » Le forgeron n’était pas certain que les guérisseurs Olarils se préoccupaient d’une quelconque anesthésie, même si, d’une certaine manière, ils utilisaient parfois des plantes pour calmer les douleurs, toutefois, pour recoudre, on serrait les dents, parfois sur un morceau de bois, et finalement c’était tout aussi efficace et, dans un certain sens, rassurant. Lorsqu’on souffrait, c’était plus ou moins la preuve que ce que l’on essayait de réparer était encore en vie. Une maigre certitude, certes, mais une certitude tout de même. Songeant à cela, plusieurs souvenirs d’Arestim Dominae lui revinrent en mémoire. Ceux notamment où sa mère soignait ses petits bobos de quand il était enfant. Des souvenirs qu’ils pensaient avoir enfouis au plus profond de lui mais qui, finalement, semblait pouvoir refaire surface à des moments incongrus qui ressemblaient au passé. Ce n’était pas vraiment du « déjà-vu », mais ce n’en était pas loin. Il les refoula néanmoins avec véhémence. Tout ce qui s’apparentait à sa famille ou encore à sa femme disparue n’était pas vraiment une source de bonheur, bien au contraire, tout finissait dans l’âpreté de la tristesse et il s’était juré de ne plus souffrir à cause de ce passé sordide. Et pour cela, mieux valait ne pas y penser. Alors, en silence, il se concentra sur les gestes de la jeune femme.
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Lell Llureyin
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MessageSujet: Re: Guérir le corps est plus facile que l'âme...   Mar 28 Aoû - 21:01

Un léger sourire flotta sur les lèvres de la jeune femme lorsqu’elle comprit qu’il s’agissait d’un Olaril. Silbio Alagareth… Elle avait entendu parler de lui, au travers des commérages des quartiers commerçants et de ses patients, vantant l’Olaril et sa forge. Et il était toujours agréable de pouvoir mettre un visage sur un nom cité de manière élogieuse.
D’autant plus qu’il s’agissait de son troisième contact avec ce peuple venu de par delà les montagnes. Sa précédente patiente Olarile, leur chef, Lysandre Hirune, n’avait pas été des plus complaisantes. Plutôt récalcitrante et totalement fermée aux méthodes ilédores, jusqu’à ce qu’elles aient fait leur preuve. Silbio, lui, ne semblait pas de ce caractère. Une bonne chose pour Lell qui n’aimait pas avoir à passer des heures à discuter pour tenter de convaincre un patient méfiant au possible de la nécessité ou du bien fondé d’un soin. Il se laissait même faire pour tester sa nouvelle potion…

« Je vous remercie de me laisser l’utiliser sur vous. Je l’ai déjà testée, une fois sur quelqu’un… » Mais à vrai dire, Elenor étant rendue inconsciente par son somnifère, Lell ne pouvait juger de la réussite de son œuvre, sa patiente étant alors incapable de lui dire si elle ressentait une douleur. « … mais sans pouvoir être tout à fait sûre du parfait fonctionnement de l’anesthésique. Vous n’imaginez pas le service que vous me rendez en acceptant. » Elle le gratifia d’un grand sourire qui en disait long sur sa reconnaissance. D’autant plus qu’il s’agissait d’un olaril. Mais peut être n’étaient-ils finalement pas tous hostiles à leur culture… Lysandre Hirune était peut être une exception, et cette guérisseuse qu’elle avait rencontré tant de mois auparavant, cette Calathéa Weiss, représentait finalement la volonté d’une majorité de ceux de son peuple.
Mais même si elle l’espérait, Lell en doutait. Elle avait entendu les rumeurs qui circulaient, que certaines informations de la dissidence avaient par ailleurs confirmées. Et c’est finalement prévenue qu’elle observa d’un œil un peu plus prudent Silbio Alagareth, mais sans se départir de son professionnalisme. Outre son troisième visiteur olaril… avait-elle sous les yeux son premier révolutionnaire ? Si l’on exceptait bien sûr ceux les sentinelles du campement aperçues de loin avant qu’elle empoisonne leurs réserves d’eau…

Mais révolutionnaire ou non, il restait avant tout un patient. Et un patient à la physionomie sympathique qui malgré son sursaut de prudence, attirait sa confiance. Sans se départir de son calme, elle adressa un léger sourire au garçon qui ne perdait pas une miette de son travail, puis se concentra à nouveau sur la blessure.
Ecartant le tissu, elle désinfecta la plaie puis appliqua minutieusement quelques gouttes de son produit sur tout son pourtour. « Voilà, quelques secondes et la peau sera insensibilisée à cet endroit. Je pourrai alors recoudre sans douleur. » Elle vérifia alors son matériel – plutôt deux fois qu’une – et lorsqu’elle fut certaine de ne rien avoir oublié, s’empara de l’aiguille posée sur la table, avec un dernier regard pour le garçon. « Ne regarde pas si tu penses que tu vas être malade. »

L’aiguille piqua et transperça la peau. Lell tira doucement, laissant glisser le fil par le trou jusqu’à ce qu’elle ait la bonne longueur. Puis elle fit de même avec l’autre lèvre de la plaie, rapprocha les bords, et d’un geste sûr, fit un nœud qu’elle serra à l’aide d’une pince, puis coupa le fil avant de recommencer un peu plus loin. Et pendant qu’elle travaillait ainsi, elle ne put s’empêcher de renouer la conversation avec le forgeron. « Quelques points suffiront, l’entaille n’est pas très grande. J’espère en tout cas que le produit fait effet comme il faut. »
Puis vint la question qui lui tenait plus à cœur que l’efficacité de son anesthésiant, sur lequel elle n’entretenait finalement que peu de doutes, question qui l’avait en quelque sorte accompagnée depuis sa rencontre avec la guérisseuse. « Il y a quelques mois, j’ai rencontré une femme de votre peuple, une guérisseuse qui se nommait Calathéa Weiss. J’espérais beaucoup la revoir, mais ça n’a pas été le cas. Auriez-vous, par hasard, de ses nouvelles ? »
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Silbio Alagareth
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MessageSujet: Re: Guérir le corps est plus facile que l'âme...   Jeu 30 Aoû - 13:07

Silbio n’était pas certain d’accomplir un véritable miracle en acceptant d’être une sorte de cobaye pour son anesthésiant mais il préféra ne pas trop doucher son enthousiasme. Apparemment, c’était quelque chose qui lui tenait à cœur et, d’une certaine manière, il pouvait la comprendre et c’était également une preuve qu’elle devait apprécier son travail autant qu’il devait aimer le sien et ne pouvait décemment l’en blâmer. Seuls les passionnés cherchaient sans cesse à s’améliorer, et, si le forgeron pouvait frapper sur de l’acier pour tester ses idées, la guérisseuse avait besoin de patients pour tester ses remèdes. « Si je peux vous être utile… » Il avait terminé sa phrase dans un demi-sourire. Ce n’était pas ironique, juste une constatation. Après tout, c’était une sorte de donnant-donnant, il lui devait bien cela alors qu’elle allait le rafistoler et puis cela n’avait pas l’air spécialement dangereux. Ce n’était pas comme si elle lui demandait d’avaler quelque chose. Bien entendu, appliquer un produit sur le pourtour d’une plaie pouvait se révéler dangereux d’une manière plus diffuse et éloignée dans le temps, mais il doutait sincèrement que la jeune femme qui se trouvait devant lui était une personne volontairement malveillante. On choisissait rarement une telle voie lorsqu’on avait le cœur animé de mauvaises intentions, même si le métier de guérisseur était le meilleur moyen d’obtenir une formation sur les plantes médicinales – et également potentiellement létales – et offrait une excellente couverture pour fabriquer poisons sous couvert d’onguents et de potions revigorantes. La perspective lui mit le doute quelques instants mais il préféra le chasser loin de lui. Peu lui importait vraiment la personne qui se trouvait devant lui, du moment qu’elle accomplissait son travail et puis sa manière de traiter le garçon ne laissait pas beaucoup planer le spectre de la méchanceté au dessus d’elle, à moins qu’elle ne soit une excellente actrice, mais, à douter de ce genre de choses, on finissait par douter du monde entier et la paranoïa n’était pas spécialement le « genre » de Silbio qui, s’il n’accordait pas sa confiance rapidement, gardait une certaine foi dans la « sincérité » des gens, surtout lorsque les rencontres étaient fortuites et imprévues.

Le regard porté sur les gestes de Lell, il l’observa réaliser minutieusement le travail de désinfection tout en jetant également un œil à la plaie elle-même pour se faire une idée de sa gravitée une fois propre. Apparemment tout semblait propre, du moins à ses yeux, aussi ne se faisait-il pas énormément de soucis à ce sujet, il ne restait plus qu’à recoudre pour refermer et aider à la cicatrisation et tout serait presque comme si de rien n’était. Avec une curiosité muette, il suivit du regard les gouttes se déposer et pénétrer sa peau. Le forgeron ressentit une vague sensation de froid là où la guérisseuse avait laissé tomber son produit et s’était concentré sur ce curieux phénomène jusqu’à ce qu’elle se décide enfin à passer à l’action, estimant sans doute que son produit devait avoir fait effet. Prêt à accueillir l’aiguille, il fut néanmoins surpris de la voir passer à travers sa peau sans réellement sentir son corps réagir. Tout juste avait-il ressenti la légère tension induite par le mouvement et la résistance de sa chair à la pénétration du corps étranger. Voilà là un produit qui semblait presque miraculeux. La question était maintenant de se demander s’il était aussi efficace pour d’autres « réparations » plus douloureuses qu’un simple ourlet. Après tout, sans anesthésiant, il n’aurait pas ressenti énormément de douleur mais aurait-il eu exactement le même effet s’il avait fallu couper un membre ? Car là était la réelle douleur. Ne s’occupant plus véritablement de la plaie qui commençait à être rafistolée et recollée par la jeune femme, il jeta un œil au garçon qui semblait s’intéresser à autre chose. Visiblement il n’était pas encore prêt à observer la manière dont on « réparait » les gens. Souriant pour lui-même, il se concentra à nouveau sur celle qui le nouait presque comme un gigot quand elle rompit le silence. « C’est un petit miracle votre potion, je sens à peine le tiraillement de l’aiguille. Mais peut-être devriez-vous le tester sur quelque chose de plus douloureux. »

Cette constatation était logique mais il ne souhaitait pas vraiment à la guérisseuse de trouver un patient suffisamment amoché et conscient pour pouvoir tester dans des « conditions optimales » la puissance de son produit. Quand elle évoqua avoir rencontré une certaine Calathéa Weiss, il resta silencieux quelques instants, réfléchissant mais ce nom ne lui disait rien. Silbio n’avait jamais été un Olaril très social et c’était surtout sa femme qui le poussait à voir les autres. A sa mort il s’était enfermé sur lui-même et avait plus ou moins coupé les ponts avec le monde, y compris les siens. Il ne restait que l’attache du travail pour le maintenir en contact avec la société mais, là encore, il voyait surtout des Ilédors et assez peu d’Olarils. « Je suis désolé, mais je ne connais pas cette personne. » Il regarda la jeune femme terminer un nouveau point. « En dehors de mes clients, je ne fréquente pas grand monde. » Il avait dit cela d’un ton assez détaché même si l’on pouvait sentir qu’il avait précisé cela un peu pour s’excuser de ne pouvoir la renseigner. Il espérait simplement que, maintenant que c’était dit, elle n’irait pas s’imaginer des choses ou se poser des questions sur ce que pouvait bien faire un forgeron de ses journées. Enfin, il avait de toute façon l’excuse du travail, après tout, on ne forgeait pas d’excellentes armes en travaillant à la va-vite or il respectait des délais – en journée – tout à fait convenables ce qui impliquait forcément qu’il passait une partie de ses nuits à forger. Une justification suffisante pour impliquer que sa vie sociale était proche du néant sans avoir à expliquer qu’il s’agissait en fait d’un tourment profond et blessant. Nul besoin d’évoquer la mort de sa femme, celle de sa mère, de tout ce qu’il aurait pu chérir en ce monde… Non, mieux valait laisser tout cela enfoui au plus profond de lui pour ne plus jamais le réveiller. « Enfin je peux peut-être essayer d’obtenir de ses nouvelles si vous voulez… » Il n’était pas certain d’y arriver mais il connaissait encore quelques Olarils qui s’étaient installés en ville, peut-être avaient-ils plus de contacts que lui.
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Lell Llureyin
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MessageSujet: Re: Guérir le corps est plus facile que l'âme...   Jeu 13 Sep - 17:17

Un petit miracle… Oui, elle pouvait en être fière. Après les nombreux poisons et anti-poisons qu’elle avait inlassablement fabriqué ces derniers mois, ce produit la changeait agréablement des activités de Belladone. Non pas qu’elle regretta son engagement dans la dissidence, mais à trop mettre la mort en bouteille, elle était presque soulagée de pouvoir produire quelque chose plus en adéquation avec ses fonctions de guérisseuse.
Quant à tester le produit sur une plaie véritablement douloureuse – quoi que la suture n’ait jamais été un geste agréable à subir pour le patient – l’occasion se présenterait surement d’elle-même bien assez tôt pour que Lell n’ait pas à la chercher. A choisir, elle souhaitait à personne d’avoir à lui servir de cobaye pour tester les limites de cet anesthésiant.
D’ailleurs, elle l’avait utilisée avec succès sur Elenor sans que l’aiguille ne la tire de son sommeil artificiel alors que sa blessure à la cuisse après la nuit qu’elle avait vécue devait être particulièrement éprouvante et douloureuse. Un test pas totalement concluant car il fallait bien avouer que le somnifère était puissant, mais un test tout de même.

Cependant, elle n’eut qu’un léger hochement de tête à l’adresse du forgeron, utilisant ses points comme prétexte pour ne pas répondre. Mais lorsqu’il répondit à sa question concernant Calathéa Weiss, Lell fut touchée de l’offre de l’Olaril, mais elle secoua légèrement la tête en signe de dénégation.
« C’est très gentil de votre part, mais ne vous embêtez pas avec ça. C’était simplement pour avoir des nouvelles si vous la connaissiez, mais comme ce n’est pas le cas… » Elle le regarda un instant en souriant avant de reprendre ses points. « Cette personne est déjà venue ici, et si elle le souhaite, elle saura bien retrouver le chemin. » Son ton n’avait rien d’antipathique, mais compte tenu que depuis ces derniers mois elle n’avait pas revu son homologue guérisseuse, Lell doutait qu’elle revienne un jour. C’était dommage, elle regrettait véritablement cette absence dont le contraire aurait pu être la source d’un échange prolifique pour leur profession, mais…
Mais cela ne servait à rien de ressasser sur quelque chose qui ne se ferait jamais. Et à dire vrai, Lell était suffisamment occupée pour ne pas avoir autant de temps qu’elle le voudrait à se consacrer à des recherches dont l’issue dépendait de nombreux facteurs dont le plus important était la femme olaril elle-même. Peut être avait-elle finalement quitté la Cité. Ou tout simplement, la jeune femme pourrait tout aussi bien refuser de prendre part à cet échange de connaissances. Elle n’avait pas semblé récalcitrante lors de leur unique rencontre, mais après avoir soigné la chef de ce peuple, Lell se méfiait de ses premières impressions.

Le dernier point noué, elle coupa le fil et reposa l’aiguille, observant d’un œil critique son travail. Ni trop serré, ni trop lâches, les points tiendraient correctement. Du moins… « Essayer de ménager votre bras pendant quelques jours le temps que la cicatrisation se fasse. Je vais vous mettre un pansement dessus, mais dès demain, vous pourrez le retirer, le mieux étant de laisser la plaie à l’air libre. Mais si vous avez besoin de travailler, couvrez la quand même, cela la protègera de tout ce qui pourrait s’y incruster. » Prenant un flacon qu’elle avait apporté avec elle, elle le tendit à Silbio. « Nettoyez tous les soirs doucement avec ceci, c’est une solution antiseptique. » Joignant le geste à la parole, elle lui montra comment nettoyer sa plaie en tamponnant avec douceur puis elle fit le pansement.
« Voilà, revenez ici dans trois jours et Grand-Mère ou moi vous retirera les fils. N’hésitez pas à revenir avant si jamais vous constater une rougeur ou si votre bras gonfle autour de la plaie. De même si elle se met à suinter. » Lell lui sourit avant de rajouter : « Mais ça devrait aller, je serais étonnée de vous revoir avant trois jours. »
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Silbio Alagareth
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MessageSujet: Re: Guérir le corps est plus facile que l'âme...   Dim 16 Sep - 18:56

En réalité, il fallait l’admettre, cela ne l’aurait pas forcément enchanté de renouer des contacts avec certains Olarils pour partir en quête d’une personne juste pour quelques nouvelles. Mais, d’une certaine manière, c’était une chose qu’il pouvait faire, ne serait-ce que parce qu’elle était en train de le rafistoler en cet instant présent. Silbio n’était pas homme à laisser des « dettes » autour de lui et trouvait toujours un moyen de rembourser ce qu’il devait, d’une manière ou d’une autre. Il y avait toujours des moyens de rendre service et, lorsqu’il ne s’agissait pas de troc, il y avait aussi toujours ce bon vieil argent avec lequel on finissait toujours par s’arranger, d’une manière ou d’une autre. Il ne savait pas trop ce qu’allait lui demander la jeune femme pour sa petite intervention sur son bras mais, de toute façon, il avait probablement largement de quoi payer, contrairement à la famille du petit bonhomme qui, elle, devait être dans le besoin et s’arrangeait autrement avec elle, du moins s’il avait parfaitement compris la situation que lui avait narré le garçon. Le forgeron se contenta d’hocher la tête à la réponse de la guérisseuse à sa proposition. Ce n’était pas lui qui la forcerait et, d’une certaine manière, elle avait également parfaitement raison. Lorsque les gens connaissaient le chemin pour revenir, on pouvait s’imaginer que, s’ils ne le faisaient pas, c’était parce qu’ils n’en avaient tout simplement pas envie et que, dans cette éventualité, il était inutile de perdre du temps à essayer de les retrouver. C’était également un bon moyen pour s’éviter une désillusion, lorsqu’il s’agissait d’un domaine plus privé qu’une échange professionnelle comme cela devait être le cas entre les deux femmes. Du moins, il s’imaginait mal autre chose que deux guérisseuses échangeant sur leur domaine professionnel. A tort peut-être, mais il n’avait aucune raison d’aller chercher une autre histoire. Quoiqu’il en fût, la discussion était désormais close à ce sujet et le forgeron n’y reviendrait pas, d’ailleurs il lui semblait presque avoir déjà oublié le nom qui venait d’être prononcé.

En silence, l’Olaril observa la suite de l’acte médical sans ciller. Il ne ressentait toujours rien et contemplait les petits nœuds qui se formaient autour de sa plaie pour replier les lèvres sur elles-mêmes afin de permettre la cicatrisation plus rapide de l’entaille. Avec un peu de chance, elle ne laisserait peut-être aucune cicatrice. Ce n’était pas vraiment un souci pour le forgeron mais il n’avait rien d’autre à penser et à contempler les mains expertes de la guérisseuse, il s’imaginait qu’elle venait de réduire drastiquement la probabilité que la plaie soit encore visible des semaines après l’incident. Toujours aussi silencieux, il observa le dernier nœud être noué et suivit du regard la jeune femme qui reposait ses instruments avant de lui donner quelques recommandations d’usage. L’idée d’envisager d’arrêter de forger quelques jours ne lui traversa même pas l’esprit. Ses activités ne tireraient pas trop sur son bras, et donc sur sa peau, et il n’y avait que très peu de chances pour que cela se rouvre vraiment. Tout au mieux irait-il doucement au début pour vérifier ses hypothèses mais s’arrêter de travailler impliquait trop de choses désagréables pour lui et mieux valait qu’il souffre physiquement mais continue de battre le métal plutôt que de s’arrêter et d’être rongé par le passé. Peut-être aurait-il fallu qu’il se fasse guérir l’âme plutôt que le bras mais, hélas, il savait qu’il n’existait aucun remède à cela, hormis peut-être le temps qui finissait toujours par passer. De son bras valide, il prit le flacon qu’elle lui tendait avant de la regarder tamponner un peu du produit qu’il contenait, et qu’elle avait préalablement déposé sur un morceau de coton, sur la plaie fraichement nouée. Il se laissa ensuite faire le temps qu’elle réalise un pansement avec une bande de tissu et l’espace de quelques instants, tout était terminé. Sa peau le tiraillait un petit peu mais ce n’avait rien de désagréable, il avait vu bien pire par le passé…

Silbio écouta les dernières recommandations en fixant la jeune femme et acquiesça une dernière fois à tout ce qu’elle avait pu lui demander. Il retint la durée des trois jours et même s’il s’était dit qu’il pouvait se charger de lui-même de retirer quelques morceaux de fils, cela ne coutait rien de repasser par ici, d’autant qu’il n’avait rien pour la payer sur lui et, qu’ainsi, il pourrait la rembourser quand il reviendrait, d’ici trois jours. « Merci beaucoup mademoiselle Llureyin. Je veillerais à suivre vos conseils même si je ne garantis rien pour ménager mon bras. Il y a certaines choses qui ne peuvent hélas pas attendre. » Ce n’était pas entièrement vrai mais ce n’était pas tout à fait faux non plus… Il jeta un regard au flacon qu’il tenait dans la main. « Je n’ai rien sur moi pour vous dédommager. Il faut dire que notre ami ici présent a insisté pour m’emmener sur le champ chez vous. » Il fit un clin d’œil au garçon qui semblait avoir retrouvé quelques couleurs précédemment perdue lorsqu’il avait vu la plaie. « Toutefois, je viendrais régler la note dans trois jours, lorsque je repasserai pour les fils. Il suffit de me dire ce que je vous dois. » Sur ces mots, il ne restait plus grand-chose à dire ou à faire car le forgeron n’allait pas non plus s’éterniser. Il s’approcha du garçon et s’agenouilla devant lui avant de lui faire comprendre, à voix basse, qu’il était toujours le bienvenu à la forge et qu’il n’avait plus de soucis à se faire pour ce qu’il venait de se passer, que les accidents arrivaient et qu’il ne fallait pas en faire un drame. Nul doute qu’il aurait besoin d’un peu de temps mais il ne devait pas se croire responsable. Une fois qu’il eut terminé, il se retourna vers la jeune femme. « Bien, je pense que je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Nous nous reverrons peut-être dans trois jours. Si ce n’est pas le cas, merci encore. » Il eut un léger mouvement de tête accompagnant son remerciement et il tourna le dos, quittant la boutique pour regagner la rue, beaucoup moins calme que l’intérieur…

[HJ : Je doute que nous ayons davantage à développer, toutefois, tu peux toujours le rattraper si tu veux !]
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