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 Sipik, ça pique !

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Elenor Jagharii
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Mer 2 Mai - 5:42

Lorsqu'elle l'entendit pouffer, puis vit son sourire, le sien affleura, sans lui demander son reste. Une chaleur encore diffuse, qui envahit sa poitrine et se distribua dans ses veines. Elles avaient été, hier, parcourues de lave. Ce matin, c'était une vapeur, chaude et légère, qui animait son esprit. Bien sur demeurait la douleur, et un fond solide de culpabilité, mais au-dessus il y avait une impression de justice, dans ce bien-être qu'elle ressentait. Cet homme, qui avait tenu sa promesse de lui faire oublier pour une nuit les chaînes dont elle s'était lamentée, qui lui en avait pourtant données d'autres, plus essentielles que ne l'est une allégeance... Elle le garderait auprès d'elle. Il serait son second. Et quoi qu'elle se saurait incapable de céder, une fois le pied mis dehors, à des avances contraires à son allégeance, il pourrait lui rappeler un peu de cette liberté qu'elle avait aimée. Peut-être, aussi, se servirait-elle de son pouvoir de séduction... À contre cœur, car déjà elle sentait une pointe désagréable lui venir tandis qu'elle se l'imaginait en train de gourmander une autre.

Vil barde, qui était venu s'emparer d'elle, quand il eut été normal qu'elle s'empare de lui...

Cela faisait fort longtemps qu'elle n'avait plus enduré pareil ressenti, longtemps qu'elle n'avait plus laissé son esprit vagabonder, encore en aveugle, entre elle, et un autre. À vrai dire, il ne l'avait même que très rarement fait. Des amants, Elenor en avait eu, quelques uns. D'aucun diraient beaucoup, mais ils n'avaient pas tous su l'emprisonner ainsi dans un écrin dont il lui serait difficile, venue l'aube, de se détacher. Et n'eut été sa promesse, déjà brisée, qui se rappelait à elle par souffle, elle aurait savouré le trouble qui la prenait, lorsqu'elle se prenait à penser à la veille. La faim, qui naissait, l'envie aussi d'y répondre. Elle aurait laissé ses mains courir sur sa peau avec innocence, offerts ses baisers avec une tendresse qui n'aurait eu de comptes à rendre. Sans idée de ce qu'aurait été demain, mais convaincue qu'aujourd'hui serait exceptionnel. Oui, ils avaient été rares, ceux qui avaient provoqué cela... Ils se comptaient sur les doigts d'une main, les seuls qu'elle avait, d'ailleurs, fréquenté avec une certaine assiduité... Ceux pour qui elle s'était assez engagée pour ne pas aller voir ailleurs. Mais pour lui, elle s'était au contraire engagée à le faire, et il lui faudrait, quoi qu'il lui en coûte, faire taire cette envie pour accepter le rôle qu'elle aurait à jouer... pour Isle, et pour la Dissidence.

Ta Volonté et la Lance, la Dissidence est son fer. Et au bout, encore sanglant, le cœur de la Jagharii...

Elle baissa les yeux et regarda ailleurs, lorsqu'il répondit à son salut. À sa voix, elle comprit qu'il n'en menait pas plus large qu'elle. Au moins n'avait-elle pas été la seule à boire comme un puit. Pourtant il étouffa un nouveau rire, et lâcha entre eux une invite à le rejoindre. Un sourire, à nouveau, vint effacer ses doutes, qu'il écarta comme autant de voiles gênants. Elle était toujours dans le petit monde bariolé du barde, où elle n'était Personne, pas plus que lui. Et l'anonymat lui semblait alors garant d'une certaine sécurité. Il était un toit sous lequel s'abriter. Sous lequel pouvaient se jouer des jeux qui n'auraient aucun sens, dans le monde des hommes.

Compte tenu de ce à quoi ils avaient... occupé leur soirée, elle n'était pas dupe, mais à présent qu'il avait parlé de chaleur, elle se sentait frissonnante, et la gueule de bois qui tambourinait à ses tempes était telle qu'elle n'était pas contre s'étendre un peu plus dans la moiteur de ses draps. Elle fit volte face, et d'un pas tranquille (quoi que, elle boitait un peu, et chancelait légèrement sous la migraine) elle le rejoignit. Tandis qu'elle le considérait de plus près, elle hésita, prise soudain d'une certaine culpabilité... Elle avait l'esprit clair, plus d'excuse, pour céder à cet homme ses caresses et ses sourires. Il eut été plus correct de subtiliser de quoi se vêtir, et de le quitter en toute discrétion, tandis qu'il dormait toujours...

Mais elle ne l'avait pas fait. Elle était là, couvée par ses yeux clairs, et lorsqu'il le lui avait demandé, elle s'était docilement, et spontanément avancée vers lui. Un pas de plus, un pas de moins... le mal était fait. Un soupir d'abandon, et elle se glissa sous les couvertures, presque timide, venant chercher du bout des doigts son visage, qu'elle caressa. « Hélas, je ne vais pas pouvoir rester longtemps... Le repos sera de courte durée, tendre barde... » C'était le seul nom qu'elle avait à lui donner. Il faudrait qu'elle le baptise, avant de le quitter. Un sourire, mutin, apparût alors à ses lèvres tandis que, sous le couvert des draps, elle s'approcha un peu de sa chaleur. Au plus près, au plus confortable. Qu'importe, si les mains qui s'emparent d'elle cherchent les frissons... « La nuit a-t-elle été douce... ? »
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Mer 2 Mai - 19:32

Elle marche vers moi. Ou tout du moins, elle essaye de se déplacer vaguement dans ma direction…Quelque part au fond de ce trou sans fond qui me servait, à mon grand désespoir, de moteur à mes pensées un trait d’esprit que j’essayais de repousser. Si elle était dans un tel état, c’était à cause de moi. Ce n’était pas une multitude d’amant ou de soldat qu’il y avait dans ce lit. Uniquement moi.

Un léger sourire qui me confinait dans ma stupidité toute masculine. Une fierté que je savais particulièrement mal placée car après tout n’était ce pas le poète qui disait que l’amour n’avait rien de simple ? Son passé était imparfait, son présent qu’indicatif et son futur conditionnel. Bien entendu, nul question d’amour même si à cette pensée ma poitrine se referma douloureusement sur mon cœur, m’obligeant à mordre de mon incisive ma lèvre supérieur.

Je grognais mollement, dans le fol espoir d’évacuer ces idées sombres qui gâchait cette matinée déjà lourde de sensations…De mots qui restaient cachés derrière des sourires mais qui viendrait tôt ou tard encombrer le silence de nos caresses. Plus d’alcool pour troubler son jugement et pour seul protection contre la folie du monde extérieur se résumait à quelques cloisons de bois et de pierre. Une étrange cuirasse contre le regard, les valeurs morales et les serments.

Pourtant cela avait suffit pour une nuit…Et la me poursuivait alors que je l’accueillais contre mon flanc. Une simple caresse du bout de ces doigts m’appelait à me pencher. A ravir ces lèvres que j’avais déjà dévorées sous une lune complice. Je ne pouvais définitivement pas m’en contenter. Mes lèvres caressèrent les siennes avec tendresse, mes doigts caressant son dos pour tomber sur ces cuisses en passant par ces flancs. ‘‘Pas des plus reposante’’ Un nouveau baiser fleurit sur son cou, laissant échapper un soupire. Mes bras la gardèrent tendrement.

‘‘Et je ne peux rien faire qui te ferrait rester plus longtemps ?
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Elenor Jagharii
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Jeu 3 Mai - 11:42

Elle s'abreuva à la chaleur de sa peau, une ivresse qui n'était pas la même que la veille. Non, tandis que sa peau frissonnante était choyée par la douce tiédeur de celle du barde, elle se sentait prise par l'ivresse d'une forme de joie sourde. Un sentiment diffus sur lequel elle ne mit pas de mots. Elle ne voulait pas en mettre... Un sentiment ancien, de ceux que l'on découvre dans un premier amour, à l'adolescence. Oh celui-ci pouvait bien être coupable, tandis que de ses lèvres il effleurait les siennes, dans le calme et le silence de cette matinée naissante... Sous le couvert des draps que la veille ils avaient tordus avec fureur, elle ne pouvait qu'être en paix.

Restaient les mots, qui leur rappelaient l'inévitable, mais ils n'étaient que des mots, et ils n'empêchaient pas leurs mains, et leurs lèvres de parler un tout autre langage. Un autre discours, fait d'optimisme et de plaisirs. Elle laissa un soupir lui échapper, lorsqu'il déposa un baiser dans son cou, ses mains, tendres à présent, parcourant ses épaules, son dos. Son regard louvoyant légèrement entre les mèches d'onyx qui s'étaient glissées sur son front, elle hocha la tête, et répondit à voix basse : « J'aimerais que ce soit possible... Mais nous avons déjà repoussé mon devoir toute une nuit... » Elle ferma les yeux, et enfouit son front au creux de son épaule, tendre. « J'ignore ce que tu pourrais faire de plus... » Rien, sans doute. Il avait déjà tant fait... Relevant vers lui un regard apaisé, elle songea qu'il pourrait toujours essayer, mais ne le lui dit pas.

Cette douceur, après la colère de la veille, tendait entre eux de nouveaux câbles. Leurs chevilles qui se nouaient tranquillement, les caresses qui glissaient sur les côtes, les baisers qui se déposaient dans les fossettes de leurs corps... Elle était soulignée par le son feutré de l'étoffe froissée, leur respiration calme, ce contact comme une évidence. Que n'aurait-elle fait pour ne pas quitter l'abri de cet espace, intime, dans lequel elle n'était personne. Ici il était le roi, il était l'homme à qui l'on offre son allégeance, celui qui, lorsqu'il était emporté dans le torrent de ses désirs, se prenait à dominer. Jusqu'aux lionnes qui s'égaraient et se retrouvaient là. Il n'était pas son second, cet homme qu'elle avait vaincu l'arme au poing. Sous ses mains, elle avait accepté la veille sa défaite, et pour l'heure elle la savourait toujours. Il pouvait la garder contre elle... pour le moment, elle n'était pas prête à se détacher de lui.

Une armure faite de chair et d'étoffe. Plus redoutable, lui semblait-il, que l'acier. Il n'était pas son Bouclier qui par le gabarit de son corps obscurcissait jusqu'au soleil, il était le barde, qui par ses soins coupait ses sens d'un monde trop rude. Une autre protection. Elle retrouva ses lèvres, ses jambes glissant contre celles de l'amant d'hier. Elle l'avait à peine entendu chanter, réalisa-t-elle. Un gloussement, en songeant qu'elle ne lui en avait même pas laissé l'occasion. Regard rieur, elle sentit ses pommettes rougir lorsqu'elle revit en pensées l'empressement qui avait été le leur. Ils ne s'étaient pas donné, dans l'ébriété qui avait abattu les murs de leur raison, la moindre chance d'en passer par autre chose que par l'exhaltation de leur chair.

Parcourant en pensée la soirée de la veille, elle se souvint alors d'une phrase, qu'elle avait prononcée... parmi d'autres. « Hier soir, je t'ai dis que si tu étais capable de me faire oublier mes chaînes, alors tu oublierais ton âge... » Elle l'embrassa, ses doigts se refermant sur l'arrière de son crâne. « Tu as réussi... » Nouveau baiser, puis elle remonta légèrement contre lui. « Quel âge as-tu, dompteur de fauve ? » Un rire, presque joyeux lui échappa tandis qu'elle l'observait avec gourmandise. Elle n'aurait sans doute pas du parler à nouveau de cette histoire de fauve. Il avait vu sur son épaule la lionne, et tous ici savaient qui était cette femme, cette noble en cavale, tatouée comme elle l'était, qui avait autrefois vécu au Ceste. Il ne ferait pas deux pas dehors qu'elle allait être trahie... Et pourtant, cela ne lui faisait pas peur. Il en la rendait pas seulement désireuse de son être, coupable, parjure... Il la rendait également imprudente. Il était un homme dangereux.

Trop tard.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Ven 4 Mai - 15:50

Un nouveau bâillement manqua de décrocher ma mâchoire…Si une aussi belle vue ne menaçait pas tant de disparaitre sans un son ni un remord, j’aurais volontiers fermé les yeux pour ne me contenter que des caresses. Qu’elles viennent de mes appétits pour sa chair, des doigts habiles de mon amante ou plus simplement de ma peau contre la sienne. Un contact si naturel qu’on en oublierait presque qu’il était considéré comme coupable pour le reste du monde. Est-ce que son regard ou le miens aurait pu être considéré de la même manière ? Sa manière tendre de poser ses yeux…Ou les miens plus gourmand frôlait les limites de la décence.

Au point que les ravages de la veille n’empêchaient nullement mon corps de réagir tel que n’importe quel homme aurait pu réagir. Encore plus quand elle parlait de ne plus pouvoir repousser plus avant son devoir. Je me souvins alors de l’envie saisissante de la dominer…D’être le seul devoir qui devait hanter ces pensées. Mes doigts explorèrent une nouvelle fois son dos, glissant aux creux de ces reins avec délice, sachant quelles zones ils devaient rechercher pour déclencher un nouveau soupire.

‘’Oh mais je pourrais faire bien plus…Je pourrais te cacher à ton devoir…T’enchainer à un lit et condamnée à subir encore et encore la violence de la vieille.’’

Je penchais la tête en souriant alors que je faisais mine de réfléchir.

‘’Mais sans le vin. J’aimerais que tu profite pleinement de la nuit cette fois ci. Et puis il me semble que c’était à moi de décider quand s’achèverait la nuit…Non ?’’

Une figure de style. Une pirouette connue des beaux parleurs qui jouaient avec les mots comme cette femme jouait avec des lames. Je la laissais s’approcher, glousser, s’approprier délicieusement mes lèvres…Ma jambe se glissant lentement entre les siennes. Un jeu fait de séduction et de tendresse, oscillant entre la raison et la réminiscence qu’évoquait l’état des draps ainsi que de nos corps.

Je ne pu m’empêcher de la basculer sur moi, allant ainsi la chercher, m’enivrant une nouvelle fois de sa présence. Du poids de son existence. De sa chaleur désormais légère, rendue légèrement humide par le repos forcé que nous avions subis. De ces grands yeux qui ne regardaient que moi. De la possibilité de balader mes mains sur sa peau, là où je le désirais, quand j’en éprouvais le besoin…Sans autre justification que mes désirs. La véritable liberté était peut être de n’avoir jamais besoin de demander pardon.

Cependant la question qu’elle posa me fit ressentir l’urgence de la priver de ce don que je lui avais offert en l’espace d’une nuit. Je détournais des yeux, ennuyé par cette question avant de soupirer. Je relevais cependant l’allusion au dompteur de fauve…Une référence a son tatouage ? J’hésitais à poser plus de question à propos de la lionne blanche. Après tout n’importe qui pouvait se faire tatouer un lionne sans être…

‘’J’ai…un certain âge…’’

Je roulais des yeux en me demandant combien de temps j’aurais pu tenir avant qu’elle ne me fasse avouer quelque chose. Il était certain qu’elle arriverait sans mal à me torturer de ces mains ou de sa bouche. Je me raclais la gorge en grimaçant légèrement.

‘’Ce n’ai pas utile de le savoir…Rien de bien intéressant je t’assure ma chérie’’

Je me grattais le bout du nez en me demandant si je ne venais pas de dire une bêtise…
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Elenor Jagharii
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Ven 4 Mai - 17:05

Ses promesses, qui ressemblaient d’ailleurs plus à des menaces qu’autre chose, lui arrachèrent un rire silencieux, qu’elle étouffa doucement dans son épaule. L’enchaîner à un lit, la condamner… Il prenait ses aises… Il l’avait surprise, et à présent se gargarisait, en digne mâle qu’il était, d’avoir eu le dessus sur celle qui l’arme au poing lui avait été supérieure… Au fond, elle pouvait le comprendre, quoi que cela pique son orgueil, aussi ne lui en tint-elle pas rigueur, se promettant seulement de le lui faire payer… un jour. Elle n’était pas une maîtresse affable, un agneau, que l’on croque. Pas une femme que l’on plie, que l’on dresse. Son père, Lan, Xander le savaient… Alors pourquoi le lui laisser croire, à lui… Elle le lui montrerait…

Du moins était-ce ce qu’elle pensait pouvoir faire, avant de se souvenir. Sa promesse. Elle ferma les yeux, sur un soupir qu’il étouffa en reprenant la parole. C’était à lui de décider. Elle eut un sourire mystérieux pour lui. Si seulement… « As-tu vraiment ce pouvoir-là, ou n’est-ce qu’un autre tour de passe-passe… ? » Il parlait de prolonger la nuit, quand la lumière laiteuse qui filtrait de sa fenêtre lui inondait le front, comptant sans doute sur un voile de fumée pour le lui cacher… Elle eut aimé se laisser abuser par ses jeux… Le croire, oublier pour de bon, comme elle l’avait fait entre deux rugissements la veille… Mais elle n’eut pas sa réponse, car déjà elle basculait sur lui, avec un petit glapissement de surprise qui se transforma en rire. Demeurant ainsi, à l’observer un instant, elle glissa doucement pour s’installer plus confortablement sur son torse.

Ses lèvres le trouvèrent, déposant ci et là des baisers légers, joueurs, doux. Il pouvait parler de violence, leurs corps n’en exprimaient pas encore… Ils s’éveillaient progressivement, mutuellement. Elle savoura ses mains qui couraient sur son dos, sur ses reins, ses lèvres qu’elle rencontra avec un frisson. Ouvrant à demi des yeux tranquilles, elle le vit, la lumière blafarde de l’aube glissée entre eux, et les abrita sous les draps, remontant assez pour que leur baiser se fasse plus profond. Elle ne pourrait s’en passer… Cette chaleur, ces mains qui jouaient d’elle. Elle s’y brûlait la peau, comme une jouvencelle cueillie par l’artiste. Manipulée, manipulable… Il n’avait pas peur d’elle, et c’était là, sans doute, l’avantage de son anonymat.

Sa question cependant le dérangea, elle le vit ciller, grimacer, et lui livrait une réponse pour le moins… laconique. Ma chérie, une parade, un bouclier d’affection qui ne l’impressionnait pas. Alors sur un sourire gourmand elle laissa un gloussement lui échapper, avant de se redresser un peu au-dessus de lui.

« A en croire ces simagrées, tu ne l’as toujours pas oublié. Je n’ai donc pas encore tenu ma promesse… »

Attention, Elenor…

« Je vais devoir y remédier, qu’en dis-tu… ? »

Imprudente…

Elle se pencha, effleura ses lèvres, puis lui échappa avec un sourire joueur. Nouvel effleurement, à peine, sans le laisser la saisir. Elle s’amusait, provoquait, jusqu’à finalement lui offrir un baiser plus profond, se coulant contre lui avec un soupir de plaisir. Les doigts de sa main droite se crispèrent dans l’étoffe, tendant plus encore au-dessus d’eux les draps dont elle les recouvrait, tandis que la gauche, en appui entre eux, savourait, impassible, le contact de sa peau. Il lui faudrait le reconquérir, ce matin, cet homme qui faisait si grand cas de son âge… Lui ravir sa conscience, ses inquiétudes… Ces secrets. Elle n’avait que faire du nombre d’hivers qu’il avait vu, ce n’était qu’un chiffre, abstrait, inutile… Ce qui l’intéressait c’était le défi qui se dressait devant elle, tandis qu’elle se cambrait, sentait contre le sien le ventre de l’amant agité d’une respiration qu’elle voulait rendre chaotique.

« Suis-je sur la bonne voie ? » Ses yeux brillaient, dans l’ombre de l’étoffe, tandis qu’elle les plantait dans les siens avec férocité. Le parcourant du regard, elle releva les quelques traces de morsure qu’il avait conservé. Son épaule, son cou… Elle n’avait pas été la plus tendre des maîtresses… Pour se faire pardonner, elle y déposa ses lèvres. L’on disait aux enfants, lorsqu’ils se blessaient, qu’un baiser pouvait tout guérir… Compte tenu du sens des responsabilités dont ils faisaient preuve, ils pouvaient bien y croire, après tout.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Sam 19 Mai - 19:39

Elle se mouvait, m’enserrant de sa présence, de ces caresses ou de ces baisers. Les rémanences de la nuit passée qui rendaient nos corps si douloureux. Et je devais bien admettre que je n’avais plus la jeunesse de mes vingt ans. Ressentir ainsi les effets de la nuit agitée me donnait l’envie de ne pas quitter le lit avant quelques heures de plus…Encore que cette envie avait été sapée à sa source. Une partie de mon corps refusait cette idée, réagissant en conséquence, me faisant légèrement gémir.

De douleur ou de plaisir

Je n’avais pas vraiment choisis encore pour le moment. D’ailleurs fallait il vraiment le faire ? Cela faisait au moins une vingtaine d’heures que je ne me montrais pas raisonnable ou du moins capable de faire preuve d’intelligence. Une fuite en robe, un combat perdu d’avance, picoler, tenter de faire cramer une auberge et sauter sur une femme qui était non seulement mon supérieur dans une certaine organisation mais qui devait bientôt se marier. L’un dans l’autre, les faits démontraient que je n’étais pas doué pour penser et réfléchir plus loin que mon nez. Autant continuer sur le même portage, ce n’était plus cela qui allait faire la différence.

‘‘Oui bien sûr…’’

Il se gratta le bout du nez, lui caressant le creux du dos.

‘‘ …Enfin loin l’idée de me plaindre mais c’est pas si important que cela ?’’

Une question sensible qui ne l’était pas vraiment. Juste que je n’aimais pas mettre le nez dessus et me dire que j’avais quand même quelques années…Et qu’il était plus que temps pour moi de devenir plus respectable. La maison, les enfants, la femme…Cette pensée me fit grimacer. Tout ceux que je connaissais avait passé ce cap. C’était assez déroutant de les voir d’une certaine manière heureux bien que je puisse jamais m’y résoudre. Les voir plongé dans leurs quotidiens, être englués dans leurs petites vies…C’était quelque chose que j’enviais et qui me répulsais. Ca et me dire que d’ici quelques années j’aurais peut être quelques cheveux blancs.

Enfin ca donnait un air viril à certain mais j’aimais mes cheveux comme ils étaient.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Mar 12 Juin - 11:32

Décontenancée. Sur son ilot de sensualité, la lionne vacilla, observa l’amant et fronça légèrement, à peine, les sourcils. Cette distance que par ses hésitations, ses grimaces, ce rejet qu’il faisait des jeux qu’elle lui proposait ramenait entre eux la distance du devoir, et malgré elle, la lionne dût admettre que cela fit son effet. Elle baissa la tête, appuya son front au torse chaud qui battait sous sa peau. Elle repoussa un peu plus encore le devoir, mais celui-ci enfla tant et si bien qu’elle s’en étrangla presque. Folie, irresponsabilité, parjure… La volupté de la nuit s’étiolée, comme pris par une lame, et elle avait beau s’y rattacher avec ferveur, rien n’y fit. Elle sentait bien le désir qui était le sien… Sourd, encore endormi… Absent.

Alors, se coulant contre lui, ultime caresse des corps, elle se glissa sur le côté, sa jambe restée sur l’abdomen de l’amant, pour l’observer à distance. Dans sa mémoire, elle emprisonna ses yeux, ses sourcils, les traits de ce visage sans âge, ses lèvres. Fermant les yeux, elle laissa leur douceur s’instaurer, quasi tangible, la sentant presque à nouveau sur ses flancs, au creux de son épaule. Qu’i l’accompagne, malgré lui, dans ce quotidien gris dans lequel, à peine sortie de cette maison, il lui faudrait s’engluer à nouveau. C’était imprudent… Par ce fait, elle l’introduirait en silence dans le petit foyer qu’elle partageait avec Lan.

Elle introduirait un doute plus grand encore, celui la tentation de le fuir. Car il lui avait prouvé cette nuit qu’elle pouvait se débarrasser de ses chaînes, ne fut-ce que pour quelques heures… La lionne, à présent qu’elle le savait, sentait en son cœur fleurir l’envie de les soulever, discrètement, pour se les ôter à jamais. A Hurg Aari, elle trouverait des amants comme celui-ci… Quoi que. Elle ouvrit de nouveau les yeux, un regard caressant et silencieux. Sa voix s’éleva alors, grave, allégée du jeu repoussé, consciemment ou pas, par sa réponse laconique. « Sans doute pas… » Quoi que, car tout amer que puisse être ce réveil douloureux, où leurs corps endoloris les privaient de l’aisance et de la souplesse des jeux de la veille, résistait toujours en ses chairs le plaisir éprouvé. Extraordinaire.

A chaque amant sa particularité, et si certains brillaient par leur médiocrité, ce n’était certainement pas le cas de cet anonyme. Insaisissable, il la mettait en danger, la brûlait à la lueur d’une flamme dansante. Hier, il avait été un homme. Vieilli ce matin… Que serait-il demain ? Son second, comme escompté par la Dissidence ? Pour l’heure il n’était qu’un anonyme aux allures de mirage… Et Elenor était trop sage, et trop expérimentée pour bâtir sur des mirages les espoirs de toute une vie.

A nouveau ses yeux se fermèrent. Son corps, de lui-même, fit à nouveau l’inventaire de ses douleurs, et avec un grognement elle songea que pour la douceur, ils repasseraient, tous les deux fiévreux et brutaux. A l’image de son besoin actuel de destruction… Mais que désirait-il tant broyer, lui, pour s’être battu avec une telle rage ? Contre quoi en avait-il ? Elle n’avait pas eu l’impression d’entendre la veille le cliquetis des chaînes de son anonyme… Mais après tout, il n’avait nulle conscience de l’importance des siennes, et tous deux gardaient des secrets, jalousés. Elenor elle-même changeait de peau d’un homme à l’autre, tantôt douce et sensuelle, tantôt gourmande et joueuse… tantôt guerrière et redoutable. Ce que celui-ci avait fait d’elle pour une soirée était, dans son état mental pour le moins fébrile, plutôt inquiétant.

Elle laissa alors un soupir lui échapper, puis, après avoir une nouvelle fois déglutit, souffla à son oreille : « Il serait plus prudent pour moi de me retirer… » Le regret était palpable dans le ton de cette voix à peine glissée. Plus de jeux. Que restait-il alors ? La Dissidence, ici, était une intruse pour le moins incongrue…
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Mer 13 Juin - 8:52

Je soupirais...Je ne voulais pas qu'il y est de malentendu et pourtant je venais d'en créer un autre dans le même temps. A croire que je n'étais que maladresse dans la lumière du matin ? Enfin l'était ce vraiment ? Très certainement...Si j'avais été plus éveillé, il aurait été certain que mon attention aurait été attirée par autre chose que ma petite crise d'age passagère bien que récurente.

Mettre cela de côté, passer à autre chose...Revenir au temps présent et à la charmante créature à la jambe sur mon abdomen. J'attrapais le membre dans un sourire, trouvant dommage qu'il vienne a glisser pendant que je me coulais entre ces cuisses. Me plantant face à elle, à son regard. De redécouvrir une nouvelle femme dont cette fois ci le jugement n'était pas embrumé par l'alcool.

Elle se tenait là, entière, libre de tout ce qui la retenait...Ne cachant rien de son corps ou de ces pensées. Me tenant sur un bras, je caressais à nouveau ces courbes, le grain de sa peau sous mes doigts provoquant des sensations renouvellées.Parfois même inédites une fois que débarassé de l'alcool et de la frustration, mon esprit était attentif au moindre des détails découvert par cette sensibilité retrouvée. La façon dont l'encre de ces tatouages coulait dans ma main. Cette manière attendrissante dont son corps acceuillait ma peau, frissonnante avant le moindre contact dans un mélange d'exaltation, de douleur et de délice.

Si belle, si ouverte et qui changerait du tout au tout quand elle passerait le pas de la porte. Inutile de dire que je ne saurais alors deviner les pensées qui la hanteraient. Que j'ignorerais ce qu'elle penserait de moi, de ce qu'elle attendrait de moi après tout cela. Une question au bout de mes lèvres que je ne savais si je voulais qu'elle en franchisse le seuil. Si je devais ignorer cette réponse étrange...Si elle en désirait plus...Elle avait été pourtant clair quelques minutes plus tôt pourtant son corps de la jeune femme semblait être en parfait désaccord avec ces paroles.

Je me pressais contre son bassin, venant lui sussurer à l'oreille ''Veux tu vraiment te retirer ?''
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Mer 13 Juin - 20:33

Alors qu’elle s’apprêtait à se défaire de lui, elle sentit le comportement de son amant changer, glisser, doucement, vers davantage de complicité. Gestes qui gagnent en lenteur, mains qui l’effleurent avec une profonde tendresse… Ces mains, sur sa cuisse provoquèrent un frisson qu’elle endigua d’un sourire. Elle redoutait comme elle savourait les caresses qu’il lui dispensait. Redoutait qu’elles ne rendent le futur plus acerbe encore, mais en appréciait la sensation. Elle soutint son regard tandis qu’il lui faisait face, un sourire absent aux lèvres. La douceur matinale était la bienvenue pour la lionne, dont les yeux se fermèrent à moitié en le sentant presser contre elle son bassin. Avec un soupir, elle resserra la pression de sa jambe, autour de sa taille, avant de souffler avec un frisson « Depuis quand désirs et prudence vont-ils de paire ? » Elle s’écarta un peu, cherchant son regard. Elle ne pesait ni le pour, ni le contre. Ses mains trouvèrent le torse de l’anonyme, qu’elles parcoururent avant de se glisser dans sa nuque. Elle marchait le long d’un fil, tendu au bord d’un précipice… Elle avait déjà sombré, alcoolisée, la veille. Et ce matin elle réitérait l’exploit.

Prudence…

La gueule de bois n’était pas une excuse…

Elle sentait sur ses lèvres le souffle de son compagnon, lui arrachant un sourire léger qu’elle ne put réprimer. Ses mains n’avaient pas la fureur de la veille, tandis qu’elles sentaient rouler sous elles les muscles de ce corps qui s’animait. Cédant à son souffle, elle goûta délicatement ses lèvres…

Tu perds l’équilibre…
Sous la plante de ses pieds, le fil vibra.

Un baiser qui s’éternisa, son cœur accélérant à nouveau. Elle endigua la précipitation qui menaçait de la gagner, demeurer douce, plus patiente que la veille. Simulacre de la prudence avortée. « Bien sur que non… » Comment pourrait-elle seulement souhaiter mettre un terme à cette étreinte… ? Elle avait passé une nuit extraordinaire, qui la laisserait sans doute rêveuse pour quelque temps, et si les restes de raison qu’elle avait toujours lui rappelaient qu’elle regretterait sans doute, dans une heure, chaque instant passé à gémir contre cet homme, que celui-ci s’était peut-être joué d’elle, que cette dépendance qui risquait de poindre pouvait bien leur être fatale, ils ne pouvaient occulter le bonheur qu’il construisait à la force de ses doigts.

Elle le sentait s’attarder à chaque fossette de son corps, le long de ses tatouages que du bout des doigts il redessinait. La lionne, sous sa peau, rugissait de plaisir tandis que l’eau de la carpe qui se glissait le long de son dos pouvait ruisseler entre les phalanges du barde… Barde… Elle le sentait, tendu contre elle, en un appel muet. Elle ne pouvait pas partir, pas encore.

Clic.

Nouvelle chaîne qui se referma sur son cou et, tandis qu’elle partageait toujours un baiser avec lui, fut sur le point de l’étouffer. Une panique qu’elle lui cacha habilement, y répondant en resserrant autour de sa taille la jambe qui l’enserrait toujours.

Tu bascules…

Pour de bon cette fois, un abîme sans pardon possible, dans lequel elle s’engouffra à force de baisers.

Mais, sentant son propre désir enfler tandis qu’il se dardait tout contre elle, prometteur, elle se détacha de lui, et chercha son regard sous ses sourcils froncés. Que faisait-elle ? Qu’attendrait-il d’elle en retour ? Là bas dehors, elle serait sa supérieure, ni plus ni moins. Plus jamais il n’aurait l’occasion de l’étreindre de la sorte… Ce baiser n’était pas une promesse, mais un odieux mensonge. Alors l’impression de se jouer de lui naquît en elle… Brutale, et dérangeante. Inédite aussi, car toute volage que la Jagharii avait pu être par le passé, elle n’avait jamais fait preuve de ce type de scrupules. Elle devait vieillir, elle aussi… Ce ne pouvait être que cela, car elle refusait de croire que c’était peut-être de cette étreinte, ou pire… de son cœur que venait cette répugnance à la trahison. Elle ne savait pas même qui il était… Mais c’était là, néanmoins, et sur un soupir profond, brûlant, elle baissa les yeux, comme prise en défaut.

Sa jambe relâcha son étreinte, pour se nouer, plus bas, à celle de l’amant. Ses doigts quant à eux parcoururent sa mâchoire. Prise d’une irrépressible envie, frustrée de ne pas pouvoir lui en donner davantage, elle s’approcha, et déposa sur ses lèvres un baiser, léger. Chaste aussi… Ses chaînes avaient finalement eu raison de la lionne, trop lourdes à porter pour son échine. Elle appuya alors son front à son torse, coupant tout contact trop brûlant entre leurs deux corps. Le sien battait à l’unisson le rythme d’un désir puissant, qu’il pouvait sans mal percevoir à cette lèvre qu’elle mordait, ou à ces doigts qui, de temps à autre, se crispaient sur sa peau. Elle ne trouva pas de mots pour exprimer son regret. Ce fut sa main qui, tandis qu’elle s’éloignait et s’asseyait sur le lit, glissa sur sa peau qui parla pour elle. Sa main gauche. Amorphe, vulnérable. Elle la laissa sur son torse, le couvant d’un regard plein de dépit. Un regard au fond duquel elle ne parvenait pas tout à fait à éteindre le désir et la tendresse qu’ils avaient laissée affleurer.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Lun 18 Juin - 19:17

On admet souvent que parfois, il faut faire attention à ce que l’on souhaite car quelque fois il se pouvait qu’on obtienne ce que l’on désire. De la même manière, je pense que l’on doit faire attention à ce qu’on craignait le plus car cela aussi pouvait se réaliser sans que rien ne vous y prépare. Le soleil brille, votre bière est fraiche, votre table manque de crouler sous l’or et soudainement d’un claquement de doigt…Il ne vous reste plus rien. On a beau s’acharner, trouver un responsable, tous ses moments de bonheur que vous pensiez si profondément ancrés en vous se font cendre et poussière. On hurle, on tape du poing mais jamais rien ne revient.
J’ai souvent remarqué que ce passage d’un état à un autre est remarquablement subtil. De l’amour à la haine, de l’amitié au dédain, du plus noir des désespoirs pour finir par s’accrocher à la moindre once d’illusion. Le plus drôle dans cette histoire, c’est que…Si ce changement reste délicat, vous perdez tout d’un coup. Sans la moindre mesure. Sans le moindre signe annonciateur.
De la même manière que je venais de passer de l’amant exceptionnel, le complice de sa nature la plus profonde pour devenir…

*[Humpf]*

…Quoi exactement ? C’était une sacrée bonne question ? Un individu qui devenait gênant au final ? Quelqu’un dont on n’assumait plus la vue après c’être tellement montrée a lui ? Après le désir que j’avais vu dans son regard. La façon dont la faim dévorante de chair avait de brûler la pupille de son œil. La rendant plus animale. Plus désirable encore, je n’y voyais désormais…Qu’une certaine forme de pitié. J’étais une petite chose fragile et dont une appréciait peut être la compagnie mais rien de plus qu’un animal de compagnie.

Je n’étais même plus un homme
Je laissais glisser la main du torse alors que je m’asseyais de l’autre côté du lit. Lui tournant volontairement le dos. J’avais fais subir cela tellement de fois que cela se passait de la moindre parole. Je l’avais parfois moi-même subis sans toute fois que cela ait la moindre incidence. Après tout, je faisais cela pour l’argent, non pour l’affection dans ce genre de cas. Cependant, ce n’était pas comme si j’avais cherché la moindre compensation. Cela n’avait été que par plaisir et…Je m’étais fais rejeté d’un simple regard.

Je devais avouer que ce n’était pas simple a gérer pour moi. Pas après une telle nuit, cela laissait forcement des marques contre lesquelles je ne pouvais rien. Un vieux bonhomme qui s’apitoyait sur son sort…C’est ce que j’étais ce matin et…Therdone sait combien je désirais être un peu seul maintenant pour digérer tout cela. Me trouver un coin tranquille au milieu de rien et ne pas décuver pendant trois jours et trois nuits. Un sacré remède contre la morosité, la baisse de morale et…Non je ne le dirais pas. Ni le penserais. J’irais prendre mon instrument et me faire oublier quelques temps. Du moins aussi longtemps qu’on me le permettrait.

Je baissais la tête, la prenant entre mes mains. Je n’avais ni l’envie de réfléchir. Encore moins de ressentir quoique ce soit. Penser m’était d’une torture m’enfonçant quelques aiguilles en plein cœur. Parler ou la regarder était simplement au dessus de mes forces pour le moment…
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Dim 24 Juin - 18:22

La réaction qu’il eut à son recul la fit ciller comme une jouvencelle. Ses doigts figés quittèrent la peau de l’amant pour s’affaisser, bien morts cette fois, dans l’étoffe moite qui avait accueilli leur tendresse. Elle fronça les sourcils et, sans oser proférer le moindre mot, scruta son dos durant de longues secondes. Son désir de lui, peu à peu, refluait pour faire place à une frustration plus grande encore. Non pas celle de l’avoir contre elle, en elle. Pas la frustration de ne plus se laisser aller à des ébats pourtant si délectables… Mais celle de ne pas être comprise. Ce n’était pas un rejet, c’était une obligation. Son cœur allait vers lui, quand sa raison la tenait à une certaine distance. Elle ne désirait rien plus que de la faire taire, mais elle demeura néanmoins ainsi, incapable du moindre mouvement, aussi muette que sa main gauche était inutile.

Cet homme lui en voulait, elle le sentait, de n’avoir pas dépassé plus qu’elle ne l’avait déjà fait ses vœux et… toujours fiévreuse et enivrée de la veille, elle ne pouvait que le comprendre. Pour autant, elle eut aimé qu’il comprenne lui aussi que se compromettre davantage l’aurait tout à fait brisé…

Elle n’en était pas à sa première nuit d’ivresse, et savait, depuis le temps, faire la différence entre celles qui seraient sans conséquence, et celles qui ne le seraient pas. Tout comme lui était rompu à ce genre d’exercice, et avait pressenti le caractère exceptionnel du plaisir explosif qui avait été le leur, elle savait pertinemment que le retour en arrière serait impossible. Alors, parce qu’il lui faudrait déjà faire avec cette conscience, et cette souffrance là, parce qu’elle demeurait, quels que soient les bras qui l’accueillaient, une marchandise vendue et tamponnée, elle ne pouvait que faire le choix d’une certaine prudence. Entretenir, voir fleurir cette passion naissance n’était pas seulement imprudent, mais l’augure d’ennuis qui dépassaient le barde, sans qu’il ne le sache…

Pour autant, tout cela, elle ne pouvait le lui dire. Elle ne pouvait lui dire qui elle était, et qui était le fiancé. Que demain, si Therdone leur en donnait la Volonté, elle serait Reine. Que demain cette étreinte, si Lan se découvrait l’âme jalouse et possessive, eh bien ces ébats pouvaient aussi coûter à ce barde son existence toute entière… Elle ne pouvait pas lui dire que sur ces chaînes que pourtant ils avaient tant combattues reposait la Dissidence tout entière, qu’elles étaient ce qui la renforçait. Demeurait donc ce silence, lourd de reproches et de regrets. Aussi amer, en fait, que cette nuit avait été voluptueuse. Elle aurait peut-être pu décider de combattre plus ardemment encore ce mariage, mais c’était là, peut-être, les limites de l’anonymat, et le jeu qu’ils avaient poussé à son paroxysme devenait à présent trop instable pour qu’elle ne base dessus son avenir.

Ses yeux en amande effleurèrent une dernière fois ses omoplates. Le message était clair. Désirable il y a quelques secondes tout juste, elle était à présent une indésirable… Sans ces sensations qui s’accrochaient encore à sa peau, elle aurait pu y lire un intérêt graveleux et superficiel. Un homme qui, une fois rassasié et bien sur que le buffet et clos, perd tout intérêt pour sa compagne d’une nuit. Elle ne s’attardait pourtant pas sur cette idée, qu’elle jugeait peu crédible.

Alors un nouveau soupir, et elle se leva. Tandis qu’un frisson la saisissait, elle chercha ses vêtements dans le désordre ambiant… Trouva ses chausses, seules épargnées par la dague qui gisait plus loin. Elle les enfila, couvrit ainsi en partie sa nudité, et les laça non sans difficultés. De sa main droite, et avec de l’aide, il était plus simple de se dévêtir que d’opérer le chemin inverse… Par chance, ses chausses et son corset avaient été sectionnés sans vergogne sans quoi elle se serait par trop attardée dans cette chambre à l’ambiance de plus en plus lourde, à mesure que les minutes s’égrainaient. Un peu plus loin, sa chemise dont les lambeaux ne permettraient pas qu’elle la porte. Un soupir, et elle trouva du coin de l’œil une chemise de facture modeste, et aux couleurs ternes. Dans le fouillis d’étoffes, celle-ci était sans doute la moins agréable, et ne lui manquerait pas. Alors elle l’enfila dans son dos, la resserrant à la taille grâce à la ceinture qui gisait un peu plus loin. La sienne, cette fois. Paradoxalement, l’absence de corset la rendait plus féminine, la fluidité du tissu reposant plus paisiblement sur les formes que l’on pouvait deviner… Une étoffe d’homme, pour révéler la tendresse d’un corps. Elle regroupa ses affaires (chausses, corset et chemise) à l’écart dans un coin de la pièce, ne pouvant les emporter sans attirer l’attention. Elle lui laissa également la petite dague et se contenta de récupérer la bourse. Il était suffisamment vexé sans la croire prête à payer pour ses services…

Une fois apprêtée, quoi que pieds nus et l’air vague et égaré, elle s’éclaircit la gorge, puis pris la parole. « Je t’emprunte ça… Et te la rendrais dès que possible… » D’un pas silencieux, elle contourna le lit, et chassa de son visage toute trace de son regret. Elle ne voulait pas qu’il y puise un quelconque argument pour rendre la situation plus inconfortable qu’elle ne l’était déjà. Elle fit ce qu’elle savait faire, donc, une forme d’autorité, neutre et tranquille. Alors Capitaine plus que Sipik. Pour autant, elle n’écarta pas tout à fait ce qui s’était passé, puisqu’elle souffla ensuite : « Je comprends ton ressentiment. Mais, je ne peux t’en défaire. On t’a adressé à moi comme potentiel second, et je suis convaincue que ça n’a pas été en vain. » Un sentiment, pressentiment, peut-être… Puis il y avait également le fait qu’elle n’avait pas envie de se défaire de lui… Elle s’avoua cette faiblesse, mais n’en dit rien, ni ne jugea nécessaire de préciser sa pensée. « Je ferais appel à toi sous le nom de Colibri… » Redoutable butineur, volage et précis… « En attendant, garde tes oreilles ouvertes, sois attentif aux courants d’air. » Elle chercha son regard avant de soupirer et hasarda un regard en direction de la fenêtre. L’Aube était encore jeune. Elle ignorait combien d’habitants dormaient ici, mais elle les supposait nombreux, à en croire l’encombrement dont elle se souvenait vaguement, la veille… Elle ne devait pas tarder. « Je me retire… Prends soin de toi… » Puis, regroupant sa crinière d’ébène sur une épaule, elle entrouvrit la porte, et sortit furtivement de la demeure. Ses pieds nus n’éveillèrent aucun de ses membres, et elle pu se glisser au-dehors sans trop de difficultés.

Là, elle chercha un point de repère, le trouva finalement en l’espèce d’une boutique bien connue… A partir de celle-ci, elle rejoignit les rues commerçantes sur la pointe des pieds, où les commerçants dressaient déjà leurs étals. L’un d’eux lui vendit une paire de sandales pour un prix modique et, le cœur lourd, elle se remit alors en route en direction du clos des roses, où elle devait rencontrer l’un de ses indics, et où, très en avance, elle pourrait prendre un peu de temps afin de se détendre… D’oublier pour une heure ou deux la faim qui agitait ses entrailles…

Colibri. Il n’était pas encore très loin, mais déjà la démangeait…
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Sam 30 Juin - 16:39

Dévasté…

C’est le seul mot que j’arrivais à employer pour décrire ce que je pouvais…Ce qui subsistait dans les tréfonds de ma personne. Pas le meilleur en tout cas, le feu brûle, la passion embrase les sens, réchauffe les âmes mais à la fin il faut être conscient qu’il ne reste plus que cendres et amertume. J’aurais pu trouver une dizaine d’autres métaphores, ne serait ce que pour elle, j’aurais du utiliser un champ de bataille aux ruines désormais venteuses et glacées. Cependant, je n’avais pas le cœur à cela.

Etait ce exagéré de dire qu’il n’avait ni l’envie, ni le besoin de quoique ce soit si ce n’était que de suspendre son battement pendant quelques minutes. Ne plus être tourmenté par ses propres pensées fusant dans un chaos le plus total. Ne plus être à la merci de dizaine de réflexion sur ce que je devrais faire ou dire ? Ne plus permettre le moindre sentiment qui me rendait encore plus hésitant et malheureux. Plus que malheureux, j’aurais du souligner les pointes glacées s’enfonçant dans ma poitrine à chaque bruissement de vêtement derrière moi.

Damné si je me retourner à contempler les lignes de sa silhouette devant me rappeler ce qui à jamais serait hors de ma portée…Damné de la perdre définitivement si j’étais incapable de dire quelque chose pour lui dire que…Que quoi ? Que définitivement elle avait éveillée quelque chose dont je n’arriverais plus à me passer ? Que je n’étais pas certain mais qu’il y avait une possibilité pour qu’il y est quelque chose de plus qu’une luxure m’ayant fait perdre la tête ? Me poussant à jouer les jouvenceaux éplorés devant une dame ?

Est-ce que j’étais prêt à accepter ce genre de mots ? D’état de fait ? De sentiment dont je m’étais juré de ne plus me laisser piéger ? De me laisser aller à être encore touché au plus profond de moi jusqu’à me faire délester de la Chappe de plomb que constituait mes masques ? Je m’étais toujours protégé de ce genre de mésaventure. Toujours pour l’argent. Toujours sans le moindre sens. Toujours sur l’instant. Cela ne m’avait jamais desservis…J’avais pu passer des moments tranquille, bien à l’ abri des regards. Aider financièrement ma famille. Et me voilà prêt à tout jeter dans un moment que je ne pouvais pas qualifier d’égarement. Ni même d’erreur.

C’était juste…

…Je savais pas…

Quelque chose qui devait se produire un jour ou l’autre dans ma vie ? A moins que c’était lié à Elle ? Je savais pas. Je ne savais plus. La vie qui était si simple semblait marquer le début d’un nouveau chapitre de ma vie qui commençait avec une moitié de gueule de bois, des pensées douloureuses et le sentiment d’avoir été vaguement utilisé. Ou peut être serait il plus juste de dire rejeté et brisé par une femme qui ne voulait plus de moi, reniant tout ce qui c’était passé entre nous alors que pour moi c’était l’expérience la plus…

…Non, valait mieux arrêter là. Je me pris la tête entre les mains. L’écoutant parler d’une oreille avant de la laisser partir sans le moindre mot. J’attendis une longue minute avant de me laisser tomber sur le côté, attrapant ma couverture pour la passer au dessus de moi. La légère odeur qu’elle avait laissée me tourmentant, de même que ces paroles. Cruelle Sipik qui avait pitié du pauvre barde en lui souhaitant qu’il se porte bien après l’avoir piétiné sans ménagement. Cruelle Sipik qui voulait absolument me conserver comme second alors que je n’étais pas un soldat. Pas même un meurtrier. Juste un crétin de barde se baladant en robe en pleine journée pour tromper la mort.

Je n’étais qu’un lâche se confondant dans les illusions. Je ne m’étais jamais engagé par volonté…Je voulais juste observer de loin ce qui allait advenir de ma sœur. Faire du travail impliquant mensonge, vol et bourses pleines ce qui ne m’aurait pas changé de mes activités habituelles. N’être qu’un obscur membre, un indésirable dont personne ne voudrait s’encombrer. Continuer seul ma route en portant sur mes épaules le poids et la responsabilité des miens.

Voilà que Sipik elle aussi se mettait maintenant en tête de me coller un nom. Un nouveau masque à porter. Une identité, une image qu’elle voudrait voir encore et encore sur mon visage. A quoi s’attendait-elle de la part d’un homme comme moi ? M’obliger à tuer des gens ? Vouloir faire sortir une quelconque bête assoiffée de sang ? Un combattant sans peur et sans reproche, jouant de l’épée dans l’honneur et la gloire de ses ancêtres ? Elle allait certainement être déçue…Et je ne savais pas si cette idée m’irait ou pas. De toute manière, je n’avais aucune idée de ce que je désirais réellement alors réfléchir à ce que je devais faire m’était impossible.

Ecouter le vent…Comme si ce genre de chose m’intéressait. Je pris une grande inspiration. Si peut être que je savais ce que je voulais au fond. Dormir. Dormir très profondément en essayant de me convaincre que tout ceci n’avait été qu’un mauvais rêve. Que je n’étais pas un dissident. Que je n’essayais pas de me convaincre que j’étais incapable d’aimer. Que je n’étais pas qu’un idiot. Que je n’étais pas un jouet que Sipik agiterait pour une raison quelconque. Une obscure raison d’ailleurs…A se demander pourquoi elle voulait s’encombrer d’un type comme moi.

Je soupirais, fermant les yeux. Un mauvais rêve…Ce n’était qu’un mauvais rêve
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