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 Sipik, ça pique !

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Keefe Logaro
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Lun 27 Fév - 21:27

Cela ne m’arrivait pas souvent…Mais parfois j’avais cette impression que je passais complètement à côté de quelque chose juste histoire qu’il me tombe bien sur le coin de la figure. La question n’était pas tant si je le faisais de manière inconsciente ou non…Mais si je venais pas d’appuyer sur un nerf sensible. Comme je le disais plus tôt, cela n’était pas dans mes habitudes. Voir une femme muette soudainement reprendre vie après quelques verres et m’envoyer paitre derrière mes retranchements.

Oh, je vous rassure, il n’y a rien de péjoratif derrière cette pensée. Bien au contraire, c’était plutôt agréable…Si j’avais su quoi en faire. Il ne lui avait fallut qu’un regard et quelques phrases bien sentit pour me plonger dans le trouble le plus complet. Je frottais mes yeux, essayant de reprendre un peu de contenance à défaut de sobriété avant de décortiquer les mots qu’elle m’avait offert presque nonchalamment. J’avais beau les retourner dans tout les sens possible, mon esprit déviant les analysait comme une invitation à quelque chose de plus physique. Je vidais mon verre, les yeux écarquillés avant de secouer ma tête rapidement. Une tentative bien pitoyable d’effacer mon trouble ainsi que le rouge qui me montait aux joues.

Nooooon. C’était certainement moi et ma saleté de libido qui se faisait des idées. A moins qu’à force de courser de jeunes demoiselles farouches, je ne savais plus à quoi pouvait ressembler une femme qui savait ce qu’elle voulait ? L’étrange sensation d’être soudainement une proie m’enserra les entrailles. J’en aurais presque couiné tel la souris qui ce retrouve devant un félin faisant au moins dix fois sa taille.

‘‘Euh…Je dois avouer que des idées, là, tout de suite, genre maintenant…J’en ai pas des masses et la plupart intervienne dans une chambre à grand coup d’arrachage de vêtement…Et éventuellement avec du miel’’

A noter que le miel n’était pas indispensable. Tout en essayant de remettre un peu d’ordre dans ce qui me servait de temps en temps de cerveau, je resservis ma compagne tout en réfléchissant à ce qu’elle m’avait dit. ‘‘Tout le monde à une situation un peu compliqué. On accepte soit de mettre un coup de balais de temps en temps ou on trouve un exutoire à ses frustrations ’’ J’essayais de ne pas la regarder dans les yeux pour ne pas être troublé par les visions d’un lit. Le fond d’alcool dans mon verre fit un tour complet d’un mouvement de poignet avant que je ne reprenne la parole. ‘‘Pourquoi pas faire quelque chose dont tu as toujours eut envie ? Quelque chose qui te ferrait plaisir mais que tu n’as jamais voulut faire par soucis de convenance ? ’’

Je me grattais le menton en réfléchissant à ce que j’aurais fais pour me détendre. J’en avais rapidement fait le tour : M’enfermer avec un instrument de musique, trouver un cœur à prendre, dépouiller des joueurs, taquiner ma sœur…Mes loisirs n’étaient pas si variés que je ne l’espérais. Ma réputation d’homme du monde en prenait un coup. Encore que j’aimais…Je claquais des doigts ‘‘Une petite vengeance bien sentit ? ’’ Je me collais de nouveau à mon interlocutrice avec un sourire charmeur. ‘‘Je suis certain que tu as quelques personnes en tête qui t’auront déçu ou fait une crasse. Voilà de quoi remonter le moral tout en ce défoulant et en reprenant le contrôle de sa vie ! On va aller flanquer une raclée à tout ceux qui rendent ta vie impossible ! ’’

Je passais un bras autour de ces épaules, levant l’autre dans un cri de victoire !

‘‘Et après on descendra une autre bouteille ! Et on déclenchera une bonne bagarre ! ’’

Je commençais à énumérer ce qu’il fallait faire pour une soirée réussite sur les doigts de ma main.

‘‘Faudra aussi vomir partout, essayer de mettre le feu, courir dans la rue pour éviter la garde…Ah oui, il faudra aussi qu’on trouve un chat à raser et que demain matin on ce réveille à côté d’un inconnu sans qu’on sache ce qu’on a pu bien faire avec ! ’’

Je hochais la tête d’un air satisfait avant d’éclater d’un rire franc !

‘‘Voilà de quoi faire oublier toutes les chaines du monde. Et si cela marche toujours pas, j’veux bien faire tes quatre volontés pour m’excuser de pas y être arrivé ! Je suis même prêt à porter une robe de bonne si j’arrive pas à te faire passer une bonne soirée ! ’’

J’éclatais à nouveau de rire avant de reprendre un air sérieux dans la seconde. C’était l’alcool où j’avais l’impression que porter des vêtements de femme ne me gênait pas plus que ça ?
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Elenor Jagharii
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Mar 28 Fév - 9:43

Son trouble la fit glousser, presque malgré elle. Elle ne s’était pas attendue à le déstabiliser à ce point. Lui qui se vantait de ses exploits de coureur de jupons, le voilà qui s’effarouchait d’un rien. Elenor n’était certes pas une donzelle comme une autre, mais allons bon. Il devait ignorer qu’elle était une lionne non ? À moins que ce regard carnassier ne la trahisse ? Lui aurait-elle tenu le plus indécent des discours, par ces quelques mots finalement assez innocents ? Mieux valait, finalement, que cet homme n’ait pas connu celle qu’elle était autrefois, mieux valait qu’il ne connaisse ni son nom, ni sa réputation redoutable sans quoi ces mots l’auraient plus impressionné encore.

Lorsqu’il reprit la parole, un sourire amusé découvrit ses dents. Il hésitait, tortillait autour du pot, ses mots se nouant avant de se désolidariser d’un coup. Il ne savait pas trop où il allait, ou mieux, où pouvait aller. Force lui fut d’admettre que l’entendre lui parler d’arrachage de vêtement titilla ses sens. Ce n’était pas vraiment sur ce terrain là qu’Elenor avait songé s’attarder (en fait, si elle avait eu pleinement conscience de ce qu’elle faisait, elle l’aurait même refusé tout net) mais son corps faisait presque malgré lui écho à l’anonyme. Un souffle court, et mal maîtrisé lui échappa, comme en souvenir aux voluptés d’hier. Elle ferma les yeux quelques secondes, rompant un contact presque oppressant. Ce qui, étant donné les visions qu’elle eut alors, n’était définitivement pas une bonne idée. Les rouvrant, elle se sentit rougir aussi, quoi que plus légèrement que lui. A mettre sur le compte de l’alcool, bien sur.

Contente qu’il la resservît, elle s’empara sans attendre du verre et y trempa les lèvres cette fois, sans le boire cul-sec. Encore que ce ne fut pas vraiment très utile, tant elle vacillait déjà, et tant son palais avait été endormi par les multiples rasades (elle n’avait pas compté) qui avaient précédé. Cela faisait en réalité longtemps qu’elle n’avait plus bu d’alcool, les occasions plutôt rares avec Elandor… Et elle n’avait rien mangé, ce qui n’aidait certes pas son organisme à encaisser avec son habituelle noblesse l’agression de ce petit liquide doré et pernicieux. Consciente qu’il évitait son regard (ce qui à en croire le grand sourire qu’elle lui servait toujours l’amusait profondément) elle descendit le verre d’une traite, puis le reposa avec un soupir tandis qu’il jouait avec le sien.

« Va pour l’exutoire. » Elle réfléchit, chercha ses yeux, mais ne les trouva pas. Lui aussi cherchait, de toute évidence, à démêler ses idées. Elle ouvrit la bouche, une réplique caustique sur la ô combien grande considération qu’elle avait toujours eu pour les convenances, lorsqu’il la coupa de court en se collant à elle. Il lui parlait de vengeance avec le sourire d’un homme qui propose toute une nuit de délices. À nouveau, à ce regard, des images fort peu orthodoxes lui vinrent… Mais elles se teintaient de sa proposition. À présent elle voyait également de l’alcool, et des flammes… Un peu de sang. Si elle avait la lionne de son emblème, elle aurait grogné de plaisir… Attendez.

Non en fait elle grogna de plaisir, pour de bon, lorsqu’il lui parla de flanquer sa raclée à quelqu’un. Elle se coula spontanément contre lui lorsqu’il passa son bras autour de ses épaules. Tout n’était pas bon à prendre, dans son programme, mais il lui avait donné un but. Sieben. Elle partagea son rire, le regard perdu sur la bouteille à laquelle ils avaient mis sa misère. Sans même regarder s’il avait fini ou pas son verre, elle le resservit d’office, fit de même avec le sien et biberonna doucement le petit récipient. L’alcool n’avait plus de goût, il n’était même plus fort, en fait. Non, ce qui serait fort, ce serait un barbecue géant. Restée contre Keefe, elle gloussa à nouveau et reprit la parole. « Il y en a bien un à qui on pourrait appliquer ce programme. Un pendard, un fils de chienne qui m’a remplacée par une truie de la pire espèce. » Sa joue frottant contre son épaule, elle chercha son regard. Foutre le feu au Ceste… Allons bon Elenor, tu n’es quand même pas sérieuse. Ça, comme la perspective d’assouvir ce dont il avait parlé plus tôt relevait du fantasme. Totalement déplacé. Elle était responsable (aha) elle était Sipik ! Elenor pouvait tout se permettre, parce qu’elle était libre, et que son père avait des nerfs d’acier. Sipik avait sur ses épaules beaucoup, beaucoup trop de choses pour se permettre de prendre un risque pareil.

Évitant alors son regard, elle fronça les sourcils et se resservit. La bouteille serait bientôt vide ? À moins que sa vue ne soit pas des plus claires. Non, il devait bien en rester le tiers, à peu près, peut-être. « Je ne suis pas encore assez ivre pour ce genre de chose… mais ça viendra » Elle réfléchit, descendit son verre puis joua avec la bouteille. Elle étouffait. Elle n’avait pas besoin d’une cave. Elle avait besoin de la rue. Alors elle se redressa, quitta ses bras pour fouiller dans le haut de sa cuissarde. Pour ce faire, elle releva légèrement son genoux droit ce qui manqua de lui faire perdre l’équilibre. Elle y trouva une petite bourse où elle plongea les doigts pour en sortir quelques plats. Elle les posa avec un son mat sur le comptoir sans demander son reste, puis fit signe au tavernier d’avancer. Celui grogna un peu, avant de poser un regard surpris sur ce qu’elle venait de faire sortir d’on ne savait quel recoin de ses atours. Il y avait largement de quoi payer une bouteille de cette qualité somme toute assez médiocre, peut-être même deux. Et ça tombait plutôt bien. « J’en veux une autre. » Il la regarda de travers haussa un sourcil, puis fouilla derrière lui pour leur ramener une autre bouteille. Son liquide était transparent, et son odeur plus sucrée. Elle éclata d’un grand rire. « De la liqueur de pomme ! C’est pas vrai ! » Sieben allait prendre cher. « C’est tout ce que j’ai à vous proposer » grogna-t-il, vexé par son hilarité. Elle lui lança un regard entendu. Elle savait comment ils procédaient avec les ivrognes : à quoi bon donner une bonne bouteille, quand la plus vulgaire des eaux-de-vie fera l’affaire ? L’aubergiste qui avait partagé sa couche lui avait déjà enseigné les ficelles du métier. Ce qui l’avait outrée, d’ailleurs.

Sans insister, elle se glissa au bas du tabouret et empoigna la nouvelle bouteille, faisant signe à l’anonyme d’embarquer l’autre. Tentant de garder l’air fier et altier, elle se dirigea vers la sortie d’un pas tranquille (elle opérait en réalité dans l’espace de grands zig-zag fort peu glorieux). Elle se retourna et jeta un coup d’œil à son compagnon de la soirée. Qu’est-ce qu’il attendait, lui ? Son sourire amusé toujours généreux, quoi que le regard un peu embué, elle s’appuya au mur d’un geste mal malhabile (à moins que ce mur ne fut l’un des clients) avant de tituber vers la porte. Elle savait qu’avec de l’air frais elle serait juste assez dégrisée pour retrouver au moins un équilibre potable. Elle avait simplement bu vite, et fort. Sa constitution s’en accommoderait pourvu que l’air ne soit plus aussi vicié qu’il l’était alors.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Jeu 1 Mar - 15:43

La vérité se trouve souvent au fond d’un verre de vin mais cela semblait aussi marcher avec le tord boyau. J’avais du mal à croire que ma vérité personnelle m’amenait toujours en dessous de la ceinture. Un constat risible qui venait du fait que je n’en revenais pas qu’une personne ne soit pas assez bourré pour faire des choses avec moi. Il m’avait quand même fallut quelques minutes de réflexions intense du à la qualité de l’alcool pour comprendre qu’elle ne parlait pas de prendre une chambre dans une auberge histoire de me faire oublier mon âge. J’étais décidément incurable mais quelque part…Je me préférais comme ça.

Il y avait trop de femme à connaître, trop d’alcool à découvrir et trop de poche à vider pour s’enquiquiner avec des histoires de vengeance et de haine personnelle. Je touchais d’ailleurs du bois pour qu’une telle chose ne m’arrive jamais. Bon, je ne doutais pas qu’une bonne partie de la gente masculine m’en voulait mais c’était plus leurs affaires que les miennes. Après tout, ce n’était pas ma faute s’ils ne s’occupaient pas assez de leur famille et je ne faisais que répondre à des besoins aussi impérieux qu’humain. Je hochais la tête, content qu’une fois encore mon autojustification me satisfaisait pleinement. La conscience n’était au mieux qu’une bonne diarrhée…Une fois évacuée, on ce sentait nettement plus léger et bien dans sa peau.

Mais pas aussi agréable qu’avoir Sipik qui semblait apprécier mon contact. Je devais avouer que le rouge me montant une nouvelle fois aux joues quand elle frotta sa joue contre moi…J’aurais aimé dire que mon cœur manqua un battement tellement elle était mignonne…Un coup a me rendre chez le fils de chien pour lui donner la leçon de sa vie…Avec quelques copains…Enfin quelques mercenaires vu que j’avais du mal à me faire des amis…Enfin des amis qui n’avaient pas de femme ou de fille. Ce qui réduisait toujours drastiquement la liste des connaissances sur lesquelles je pouvais toujours compter. Je haussais les épaules avant de voir ma compagne sortir un peu d’argent. J’allais lui dire que c’était inutile avant de me raviser. Je n’allais pas lui dicter sa volonté alors que je lui avais promis de lui faire oublier ces chaînes.

‘’Et bien on n’a plus qu’a aller terminer cette bouteille et aller lui faire payer sa bêtise’’ Je hochais vigoureusement la tête ‘’De toute façon, je vois pas comment on pourrait remplacer une aussi jolie fille que toi ! C’est une preuve de très mauvais goût. Je sais pas, personnellement si j’avais quelqu’un dans ton genre, j’aurais même plus à courir les lits ’’ Je plissais les yeux en me demandant si c’était moi ou l’alcool qui parlait. Moi ? Ne plus courir les plumards ? Même si c’était mes mots qui avaient franchit mes propres lèvres, j’avais du mal à y croire. Encore quelque chose de profondément caché en moi ou c’était juste que je commençais à être bien attaqué ?



Non, je devais être juste sérieusement alcoolisé. D’ailleurs, je m’en rendis rapidement compte en prenant la bouteille a moitié vide pour rejoindre ma partenaire. Je du battre des bras pour garder l’équilibre et essayer d’avancer dans sa direction. A croire que la cave c’était transformé en pont de navire sans m’avertir au préalable ! D’ailleurs ca me rappellait vaguement quelque chose maintenant que j’y pensais. Est-ce que je m’étais pas déjà réveillé tout nu sur un navire en partance ? Ou alors c’était quand j’avais rencontré cette charmante capitaine qui n’était pas vraiment capitaine…Et qui d’ailleurs n’était pas vraiment charmante une fois la gueule de bois passé…Presque autant que le vrai capitaine qui ce demandait pourquoi il avait un mec à poil dans son lit.

Je frissonnais rien qu’a repenser à cet épisode de ma vie que je préférais oblitérer de ma mémoire. Je me rattrapais contre Sipik, essayant de prendre appuis sur elle pour ne pas tomber. Après une montée des marches héroïques pour atteindre la rue, je plissais des yeux en essayant de me souvenir du chemin pour sortir des ruelles. Je fredonnais ma petite chanson, en ayant du mal avec les paroles avant de pointer une direction. ‘’Euh ca doit être par là…Ou par là…Euh…De toute façon on à le temps non ? Y a quelque chose que t’veux faire avant d’aller mettre un peu d’ambiance chez l’autre crétin ?’’
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Elenor Jagharii
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Jeu 1 Mar - 19:24



Elle le laissa s’appuyer sur elle avec un gloussement, l’observant du coin de l’œil, sa propre épaule la collant au mur. Elle garda l’équilibre cependant, lui laissa le temps de retrouver le sien, puis le suivit dans son ascension des escaliers. Elle gloussa a plusieurs reprises en le voyant bien en peine, jusqu’à finalement déboucher sur la ruelle avec un soupir d’aise. Il était déjà assez tard, ou alors le ciel était lourd car l’atmosphère lui sembla beaucoup plus sombre qu’elle ne l’était avant qu’ils ne s’enferment là-dedans. Avant de faire un pas, elle déboucha la liqueur de pomme qu’elle but au goulot. Une gorgée qui lui arracha un infime gémissement. Gémissement qui s’étouffa dans un rire tandis qu’elle abaissait l’objet du crime. « Par Therdone, elle arrache ! » À nouveau un gloussement, puis elle se dirigea vers lui, et, bras dessus dessous, pointa son index dans l’une des deux directions qui s’offraient à eux. « Par là. »

Elle se tenait droite (enfin, autant que possible) et affichait un air décidé plutôt comique, ses yeux en amandes vagues témoignant de l’ivresse avancée dans laquelle elle se situait. Et pourtant, comme elle l’avait espéré, elle se sentait mieux. Oh elle vacillait toujours, mais l’air qu’elle inspirait lui semblait plus léger, ce qui était déjà, en soi, quelque chose de réconfortant. Elle eut alors un rire amusé, et, à voix basse, lui glissa : « Mais t’as raison, on est pas pressé. J’te propose qu’on s’enivre, qu’on profite de ce qui s’offre à nous. » Elle le détailla alors d’un œil appréciateur puis, marchant à reculons dans la direction qu’elle avait indiquée, ouvrit ses bras en signe d’invitation. « Tu m’as dis que tu avais de nombreux talents, tout à l’heure. J’ai vu la magie… Qu’est-ce que t’as d’autre à me proposer ? » Son sourire s’élargit et, faisant une pause dans ses pas plutôt désordonnés, avala une gorgée de plus, avant de glousser. « Les miens ne sont pas appropriés, j’te les réserve pour après la petite visite de courtoisie chez mon bon ami. » Elle fit semblant de réfléchir, puis ajouta avec un sourire énigmatique : « Si on doit semer le Guet par exemple. Par exemple. »

Puis un pas, deux en arrière et elle reprit sa démarche. Elle abaissa les bras, le liquide ambré laissant entendre un léger clapotis au rythme de sa marche chaotique. Du regard, elle le mettait au défi… De quoi ? De lui montrer ce dont il était capable en réalité. Elle avait dépassé le stade des tours de passe-passe, elle était trop imbibée pour ça. Il lui fallait du clinquant, du bruyant et du drôle. Quelque chose d’assez sucré pour aller avec la liqueur de pomme. Elle leva légèrement le menton, le défiant en marchant toujours. « Alors, tu t’y prends comment en général, pour te mettre une assistance difficile dans la poche ? » À nouveau un rire, léger, puis elle fit légèrement se balancer la bouteille entre eux, comme pour la faire danser un peu. Une petite danse endiablée, et liquoreuse. Elle s’amusait, prise par la sensation que débutait alors un jeu du chat et de la souris. Et elle adorait jouer à chat. Surtout quand les rôles étaient tout, sauf clairement établis. Tandis qu’elle l’observait, s’offrait en apparence à ses talents, mais reculait dans le même temps, restant obstinément hors de portée, elle s’imaginait proie, et chat. Elle pouvait tout aussi bien être rattrapée par un rire, sa chaleur ou la vivacité de son esprit, comme elle pouvait le dévorer avec délectation, dans un ronronnement.

Elle arrosa cette joyeux pensée d’une rasade de liqueur (ouhh, ça tourne) puis accéléra, l’air de rien, le pas. Attrape moi si tu peux. Si t’as la force de prendre une lionne dans tes filets, petit homme. Ses lèvres rieuses, son regard s’assombrit un peu tandis qu’elle guettait une réaction de sa part.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Sam 3 Mar - 15:19

La bouteille avait presque trouvé le chemin de mes lèvres quand la question de ma ravissante compagne m’arrêta en pleine course. Je devais avouer que ce que je pouvais voir contrastait pour beaucoup avec tout ce qu’elle m’avait montré d’elle jusqu’à présent…Et que c’était nettement plus attractif aussi. Enfin, ce n’était pas vraiment ça. Elle était plus…Vivante…Plus elle-même…Et inévitablement cela attirait mon attention si bien que je me pris rapidement un mur semblant sortit de nulle part.

Je me massais le visage en maugréant sur la mauvaise gestion des sols et des batiments tout en réfléchissant à sa dernière question. ‘‘Ce que je fais pour gagner un public difficile ?’’ Je pointais du doigt Sipik en souriant. ‘’C’est pourtant simple ! Je me met tout nu ! Les femmes sont immédiatement conquise et les hommes sont béat d’admiration !’’ Je bombais le torse avant d’agiter ma main ‘‘En fait, j’évite la plupart du temps, sinon certains hommes ferraient des complexes ou m’attaqueraient par jalousie.’’ Bien sûr que ce n’était pas vrai…Enfin si on veut…Mais de toute manière, je doutais qu’elle voulait vraiment la vérité. Ce qu’elle désirait, c’était rire et être joyeuse. La vérité ne l’était jamais. Un pieu mensonge, caricaturer la vérité, mettre un peu de rose dans une vie trop sombre…C’est cela que je faisais pour gagner le cœur des gens.

En la voyant prendre de l’avance, je ne pus résister à l’envie de la poursuivre. De toute manière je ne pouvais la laisser ce perdre toute seule dans le coin. ‘‘Hey ! Attend !’’ Mes jambes se détendent, j’essaye de garder mon souffle intact en laissant l’équilibre de côté. Mon cœur bat plus vite, de plus en plus vite dans ma poitrine, chassant tout ce qui n’était pas l’instant présent. Tout ce qui n’était par regard, pulsion étrange et…C’est comme ça qu’on manque de se ramasser sur le sol. En butant sur une pierre mal agencé, je basculais en avant, fauchant la jeune femme au passage. Je l’attrapais par réflexe, la retenant au passage pendant que je me stabilisais. Par chance, Sipik m’avait évité de me vautrer lamentablement. Ou devrais je plutôt dire que par chance, je l’avais dans mes bras.

‘‘Euh désolé !’’

Me redressant, j’hésitais à la relâcher bien qu’au final, je me raclais la gorge. ‘‘En fait, j’ai d’autres dispositions. A part éviter de me prendre des murs quand je suis alcoolisé, j’arrive a faire de très bon massage…Ou aider les demoiselles à s’épanouir pleinement ?’’ Je relâchais un bras en continuant d’avancer. M’armant d’un léger sourire pour lui murmurer à l’oreille ‘‘Et parfois, j’arrive à rattraper les tigresses quand elles s’enfuient dans la rue !’’

Je lâchais un léger rire avant de me mettre devant elle. En marchant a reculons, j’exécutais une petite révérence. ‘‘Je peux aussi danser, chanter et pour peu que tu es une demande particulière, je saurais peut être l’exécuter. Encore que pour cela, il faudrait encore me convaincre de le faire’’ Je tirais la langue puis me retournait en écartant les bras pour conserver l’équilibre alors que je faisais semblant de marcher sur une ligne. ‘‘Et voici le Grand Cirque avec ses clowns, ses dompteurs de fauve, ses cracheurs de feu et son équilibriste ! Et dans ce seul rôle, votre serviteur qui se ferra un plaisir de rester avec vous toute cette soirée !’’
Un sourire plus niais apparut sur mon visage. C’est vrai que je n’étais pas loin d’une troupe de cirque à moi tout seul. Et j’aurais probablement du mal à nier que cela ne m’aurait pas plut de vivre ainsi. Nuit après Nuit. Dans un monde de rêve et d’enchantement où il n’y avait pas besoin de courir le client.

Je me retournais soudainement pour arborer une grimace tout en lui tirant la langue ‘‘Par contre, ce compte pas sur moi pour faire la femme a barbe !’’ Et cette fois ce fut a moi de la mettre au défi de me rattraper alors que je m’enfuyais bêtement en riant le plus simplement du monde.

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Elenor Jagharii
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Sam 3 Mar - 22:44

Son regard brillait, tandis qu’elle le voyait s’approcher d’elle. Elle ne l’avait pas quitté des yeux, une moue gourmande aux lèvres. Les mots lui parvenaient dans le désordre, son esprit trop embrumé pour les accueillir comme il convenait. Et elle ne l’aidait pas, portant de temps à autre le goulot à ses lèvres… En revanche, elle lisait son corps, ses mouvements, ce qu’elle en devinait. Elle le parcourait sans s’en lassait, guettant ses gestes, et ses réactions. Il pouvait bien l’abreuver de mots, comme il l’avait fait plus tôt… Mais ce n’étaient pas les mots qui faisaient réagir Elenor. Par chance il délivrait également le langage auquel elle tenait. Peut-être pas volontairement, mais en filigrane. Il tendait entre eux les fils de messages muets, vivants.

Elle n’avait pas vraiment espéré qu’il lui dise ce qu’il faisait, mais qu’il le lui montre… Qu’il esquisse ses méthodes, qu’elle puisse en jouer, les entortiller pour le faire prisonnier… Juste quelques instants, le temps de l’avoir entre ses griffes. Grisée par cette envie de prédation, son sourire s’élargit tandis qu’elle le voyait approcher. Il l’approchait, courait à elle, et par la proximité grandissante qu’il instaurait, rendait plus profond, et plus saccadé le souffle d’Elenor. Mais il la coupa dans son élan, et tandis qu’elle pivotait pour rester de face à lui, trébucha. C’était la seconde fois aujourd’hui qu’il perdait ainsi ses appuis et l’emportait dans son élan. Mais il ne tomba pas, l’enserra et l’embarqua dans une danse rapide, courte mais envolée. Le geste était intense, et appuyé… Il coupa le souffle de la lionne qui l’observa, une fois revenu le calme, avec un sérieux qui ne présageait rien de bon pour l’oisillon.

Ses mains piquaient sa peau, comme du sel, et tandis qu’elles glissaient autour de sa taille, l’une pour la lâcher, l’autre pour la retenir, elle frémit à leur contact. À nouveau lorsqu’il se pencha à son oreille, et lui parla de tigresse. À ces mots, un sourire carnassier lui vint, amusé. Il n’était pas loin du but, le bougre. La comparaison la flattait, plus qu’il ne l’imaginait, et c’est en ronronnant qu’elle répondit sur le même ton : « Mais il est parfois imprudent de rattraper un tigre… » Nouveau glissement sur ses hanches, alors qu’il la lâchait pour lui faire face, adoptant à son tour l’attitude qui était la sienne un peu plus tôt.

Tout un cirque ? Elle n’en demandait pas tant. Elle était déterminée, monomaniaque. Une seule idée à la fois dans les vapeurs d’alcool qui parasitaient son cerveau. Il n’y avait qu’un rôle dans tout ce fatras d’identités qui l’intriguait vraiment… après ce qu’il venait de dire. Il jouait, jouait avec son équilibre, avec ses nerfs. Il changeait de directions, grimaçait, déguisait ses instincts par ses simagrées. Elle voulait les lui arracher, à mesure que l’alcool qu’elle ingurgitait à intervalles réguliers faisait son effet. Se débarrasser du jeu, du masque, et mettre à nu ce qu’il cachait derrière tout ça. C’était ça, la proie. Le reste n’était qu’enveloppe qu’elle écarterait volontiers pour se régaler du reste… Elle n’était pas femme à désirer du masque… C’était dans l’authentique, et le brut qu’elle oublierait ces chaines. Dans ce que tout être avait de pur… Et l’ébriété renforçait ce sentiment plus que tout. Cette entièreté de l’être était tout ce qu’elle pouvait, dans les moyens limités qui étaient alors les siens, comprendre.

Il partait en courant, devant elle, espérant briser le lien qui les unifiait, ou du moins le tendre à l’extrême… Et dans l’inconfort, l’obliger à le poursuivre, à le rattraper, à admettre son instinct…

Mais elle se maîtrisa, et tandis que ses yeux brillants ne lâchaient pas l’anonyme des yeux, son pas quand à lui ralentit. Il se fit plus chaloupé, presque tendre. Elle prit soin à se faire plus lascive et dévia son regard sur le côté. « Et tu domptes quoi, comme fauves, à part des tigresses ? » Elle coula en sa direction un regard rieur, puis, du bout des doigts de sa main droite, défit ses boutons de manchettes pour relever, comme elle l’avait fait plus tôt, les manches de sa chemise. Le geste cependant était plus lent, et plus tranquille. Tout comme elle avait ralenti le pas, elle semblait prendre son temps. Intérieurement, elle était en ébullition, brûlait de lui courir après et de le saisir, mais réfrénait son envie et, plutôt que d’y céder brutalement, préféra jouer un peu. Elle s’attaqua alors aux boutons de son col, qu’elle écarta doucement, comme en quête de fraicheur. Sa peau exposée à l’air frais de la soirée encore naissante, elle ferma les yeux et ramena la cascade noire de ses cheveux sur son épaule. Puis, après un regard brillant à son adresse, elle leva le coude, avant de séparer ses lèvres du goulot avec un sourire énigmatique.

L’alcool prenait le pas sur les mots, les idées et les Volonté, elle le savait, et l’acceptait tandis qu’elle suivait en zigzaguant le sillage tracé par Keefe…
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Sam 3 Mar - 23:48

Elle ne voulait pas jouer…Ce qui m’obligeait à ralentir. Elle regardait, observait, se préparait pour la chasse de manière bien agréable pour mes yeux, déboutonnant sa chemise ici et là pour aiguiser mes sens. Ou mes appétits ? Peut importait car en ce moment les deux étaient étroitement liés pour ne pas dire indissociable. Les effets de l’alcool ou une invitation ? Je ne savais que trop et même ses mots me laissaient danser d’un pied sur l’autre. Que voulait elle dire par quel genre d’autre fauve ? J’étais certain qu’il y avait une allusion bien plus profonde qu’il n’y paraissait et pas uniquement sur le fait qu’elle ne se prenait pas pour une tigresse…Mais pour autre chose.

Seulement l’alcool passe sur les détails. Mes désirs sur ma raison et déjà cette question avait été éconduite dans une autre partie de mon cerveau. Qui sait un jour elle réapparaitrait. Probablement dans la brume du matin. Pour le moment, il s’agissait surtout de la faire courir. De lui donner envie. De lui faire reconnaitre ce dont elle avait besoin et d’en jouer. De la tirer en dehors de sa vie pour la découvrir comme elle était…Et bien sur d’en profiter. Mes yeux s’étrécirent, en voyant qu’elle continuait à se montrer fière.

Je ralentis jusqu’à m’arrêter dans un grand sourire. ‘’Voyons ce que je peux chasser aussi comme fauve’’ Je fis mine de réfléchir un moment, la laissant arriver jusqu’à moi. Encore trois pas, encore deux pas…Plus qu’un…J’avançais alors, l'attrapant par son décolté pour l’obliger à se rapprocher encore plus de moi. Mes lèvres se frayant un chemin jusqu’à son oreille. ‘’Je chasse tout ce qui me fait envie. Qu’elles soient des oiseaux en cage ou des lionnes enragées ’’ Je lui mordillais l’oreille pendant que je lui subtilisais habillement sa bouteille avant de reculer prestement, content de mon larçin.

Je lui tirais joyeusement la langue, marchant toujours a reculons. Je fis glisser sa bouteille jusqu’à mes lèvres pour en boire une bonne rasade pour la taquiner. ‘’Le goût de la victoire !’’ Je ricanais dans ma barbe, passant mon larcin dans mon dos certain que cette fois, elle viendrait chasser son dut quitte a me passer sur le corps. Une chose qui promettait d’être aussi sportif qu’agréable. Je lui offris un regard joueur avant de me pencher en avant. ‘’Et comment veux tu régler ça ?!’’ Je lui montrais sa bouteille avant de la cacher de nouveau derrière moi. ‘’Tu te sens prête à me courir après ?! Je souris naturellement en pensant à l’agréable sensation que cela me procurerait mais aussi a ce qu’elle pourrait ressentir. ‘’A moins que tu ne préfère enlever un bouton ou deux de plus ?’’

Je fis une pirouette sur moi-même avant de reprendre mon numéro d’équilibriste un moment. Je plantais mon regard par-dessus mon épaule en souriant. ‘’Mais je peux consentir à t’en donner un peu…Mais seulement en t’embrassant’’ Je hochais la tête. ‘’C’est plutôt un bon marché non ?! Peut être l’alcool, peut être le fait que je poussais le bouchon un peu trop loin…Mais j’avais vraiment envie de lacher la bête hors de sa cage. De voir de quoi elle était capable même si ce n’était pas la chose la plus censé à faire. Dans le même temps, je n’étais pas connu pour faire des choses raisonnables. Si j’avais du m’arrêter à cela, cela aurait fait longtemps que j’aurais été marié, quelques enfants et même un travail honorable qui sait.

J’aurais eut une meilleure réputation, peut être même le sentiment d’être un homme bien et pouvoir mourir avec la pensée que j’avais fait quelque chose de ma vie. Oui…Je me serais bien ennuyé. Qu’est ce que ce genre de vie pouvait valoir quand une femme aussi excitante vous regardait avec ce je ne sais quoi qui vous ferrais damner si elle vous le demandait ?
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Elenor Jagharii
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Dim 4 Mar - 13:48

Lorsqu’il s’arrêta, elle comprit. Il la laissait la rattraper… Réfléchissait, du moins s’en donnait l’air, le temps qu’elle n’arrive à son niveau. Cela voulait-il dire qu’il se laissait sciemment piéger ? Ou bien cherchait-il à la piéger lui, à renverser la situation par son comportement mystérieux… ? Consciente du jeu qu’il jouait, elle décida de poursuivre son avancée tranquille. Le pas lent, ondulant à peine, elle ne voulait pas lui montrer de peur, ou de gêne. Non elle assumait ces coudées qu’elle comblait en toute quiétude, car elle ne le craignait pas. Qu’est-ce qui aurait pu inquiéter une lionne ? Lorsqu’il s’avança vers elle, subitement, sitôt qu’elle fut à portée de sa main, elle se cabra cependant un peu, mais, happée par son corsage, et son équilibre mis à mal par la liqueur, elle ne résista que faiblement au geste de l’anonyme. Elle le percuta doucement, en un contact feutré qu’elle retint, ne voulant pas le quitter des yeux. Buste contre buste, puis tempe à tempe. Sa voix dans son oreille lui arracha un frisson, et elle appuya spontanément le contact, les yeux clos de plaisir.

Elle n’y répugnait plus le moins du monde, à présent qu’ils avaient quitté la taverne souterraine, ainsi que leurs enveloppes mondaines. Elle n’était plus Sipik, lui n’était plus que superficiellement cet être bigarré et bruyant. Il devenait ce souffle dans son oreille, ces dents, sur son lobe. Elle voulu le mordre, le pincer en retour… Le lui faire payer, mais tandis qu’elle savourait l’odeur de son cou, acceptant les menus sévices qu’il lui faisait subir, elle sentit sa main droite s’alléger, et avec un courant d’air sa chaleur s’évanouir.

Il s’éloignait d’une Elenor qui, toujours les yeux clos, accepta sa défaite avec un sourire dépité. Alors qu’il fanfaronnait et vantait sa victoire, Elenor, qui devait bien admettre qu’elle s’était faite avoir comme la pire des pucelles, applaudit doucement la performance. Il y avait pourtant quelque chose de sarcastique, dans le geste, quelque chose qui laissait entendre qu’elle n’avait pas baissé les bras. Il cachait la bouteille dans son dos, l’air de dire qu’il lui faudrait lui passer sur le corps pour récupérer son bien. C’était une extrémité à laquelle elle ne répugnait pas, considérant son compagnon d’un œil appréciateur. Il était tonique, rapide, en bonne condition… Et cet homme qui plus tôt pleurait sa vieillesse lui semblait à elle avoir la force qu’elle aimait chez les hommes faits, et qui lui faisait répugner, la plupart du temps, à se hasarder entre les draps de jouvenceaux. À sa question elle effleura du bout des doigts les quelques boutons restants de sa chemise, au-dessus du corset de cuir qui maintenait son dos les jours où elle demandait à celui-ci trop d’efforts. Eut-elle tout à fait ôté sa chemise que le corset à lui seul l’habillait toujours. Certes pas de façon très honorable, mais suffisamment pour ne pas combler l’anonyme. Cette idée la séduisait.

Aussi, si ses doigts jouaient avec l’étoffe, et au passage avec les nerfs de son vis-à-vis, ils n’exaucèrent pas sa demande. Le sourire d’Elenor s’élargit pour découvrir, à peine, ses dents. Un grognement, et elle déclara doucement « Je n’ai pas l’intention de te mâcher le travail… » Un clin d’œil joueur, puis elle écouta, attentivement, la proposition qu’il formula ensuite. Un bon marché, elle hésitait. Cela faisait cher une bouteille qu’elle avait elle-même payé… Et elle n’avait pas envie de se montrer douce et obéissante. Il lui avait parlé de dompter des lionnes enragées, et elle était déterminée à lui montrer, à cet avorton, qu’une lionne n’est pas si simple à amadouer que cela. Que de la liqueur de pomme n’est pas une pièce assez grosse, et assez juteuse pour la transformer en chaton…

Alors elle réfléchit, décida, puis attendit. Elle attendit qu’il quitte sa vigilance, le temps de boire, ou de hasarder un regard dans la direction qu’il empruntait. Et là, elle pu s’activer. Un pas, puissant, avait pu alerter l’anonyme, mais avant qu’il n’ait l’occasion de réagir, elle était sur lui, le saisissait à la taille et lui infligeait un placage redoutable. Un placage du type de celui qu’il lui avait lui-même asséné lorsqu’ils s’entraînaient, mais cette fois-ci bien volontaire, et mieux maîtrisé. Elle accompagna sa chute, plongeant avec lui. Et quoi qu’il ait sans doute eu le souffle coupé sous le choc, elle savait pour avoir fait ça avec professionnalisme qu’il n’avait rien de cassé. Elle était sur lui, ses bras toujours autour de sa taille, et, avant qu’il n’ait l’occasion de riposter de quelque façon que ce soit, lui grimpa dessus pour s’installer, à cheval, sur lui. Un « A-ha ! » triomphant, et elle lui piquait la bouteille des mains, celle-ci ayant laissé s’échapper un peu de son contenu sous le choc, tandis que, dans une position pour le moins douteuse, et ce en plein milieu de la rue, elle s’octroya la gorgée du succès. Elle abaissa le goulot avec un soupir d’aise exagéré puis, toujours tranquillement assise sur lui, lui sourit.

Elle prit alors appuis sur ses genoux, les cuisses serrées sur ses flancs, pour éviter tout contact intime entre eux, ses yeux rieurs et provocateurs. Qu’il reste sur sa faim, ne la croie pas acquise à sa cause. Elle laissa cependant un petit souffle lui échapper, ce contact, quoi que contenu, étant tout de même de nature à l’émouvoir. Elle courba alors l’échine, laissant la bouteille hors de sa portée, et approcha son visage du sien. « Attention, avec les lionnes enragées… Même le fil à la patte, elles mordent toujours… » Elle mit sa menace à exécution, effleurant des dents les reliefs de sa mâchoire, avant de venir ravir ses lèvres. Un baiser léger, qu’elle n’appuya volontairement pas. Elle instaura derechef une petite distance entre eux et sourit, avant de glisser : « Mais comme je suis dans un bon jour, j’accepte de payer pour ma victoire… » Puis elle releva la tête, se redressa sur ses genoux, toujours au-dessus de lui, et aperçut au loin deux torches, accrochées à un mur non loin.

Le Ceste, Sieben.

Elle abaissa alors un regard gouailleur en direction de sa proie, avant de prendre appuis sur ses orteils pour se relever et quitter sa position. Elle fit quelques pas en direction des torches, puis se retourna. « Foutre le feu à la propriété de l’enfant de salaud dont je dois me venger, est-ce que ça te dit ? » On faisait difficilement plus éloigné de l’ambiance instaurée quelques instants plus tôt à peine… Et pourtant il y avait dans ses yeux noirs une lueur d’excitation qu’elle ne pouvait pas déguiser. Vengeance, violence et volupté, le tout lui semblait cohérent, et désirable, tandis qu’à nouveau de la liqueur gagna son estomac.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Dim 4 Mar - 15:22

J’étais plutôt content de moi et de ce que j’en voyais, la jeune femme réagissait plutôt bien à mes invectives. Heurter la sensibilité et la fierté était le premier pas vers la victoire. Maintenant qu’elle était agitée, elle n’allait pas tarder à frapper d’une manière ou d’une autre et laisser entrevoir tout ce qu’elle gardait en elle. Dire que j’étais excité à cette idée était peu dire. De toute manière, je l’étais déjà après ce bref contact qu’elle n’avait pas reniée. Plus encore en ne ressentant aucune résistance alors que je lui soufflais à l’oreille.

Même s’il ne s’agissait que d’un souvenir d’alcoolique, cela faisait partit des ceux qu’on gardait toujours en mémoire. Un début de quelque chose. Parfois de rien. Des fois rien de plus qu’un souvenir agréable. S’en souvenir distillait un peu de chaleur et redonnait un peu de courage dans les nuits solitaires passé à écumer les bas fonds. J’en étais presque reconnaissant dans cette certitude qui me laisserait rêveur.

Enfin jusqu’à ce qu’elle commence à déboutonner sa chemise. Etait ce un aveu ? Abaissait-elle les armes ? En la voyant continuer son œuvre, j’eu du mal à me concentrer sur autre chose que le ballet de ces doigts sur l’étoffe. Par Therdone, si j’avais été croyant j’aurais volontiers prié pour que ces doigts soient les miens. Et vu que je ne l’étais pas, je me serais facilement convertit si on m’offrait une telle récompense. Du moins jusqu’à ce que je me rende compte qu’elle n’en faisait finalement rien. Elle jouait avec mes nerfs comme elle jouait avec l’étoffe. Elle n’était pas prête de rendre les armes. J’étais certain que bientôt elle passerait à plus d’action. La lionne c’était finalement décidée à sortir les griffes pour récupérer son bien.

L’espace d’un instant, j’espérais tout de même que ce qu’elle viendrait réclamer n’était pas sa bouteille. Un espoir que je savais vain mais ce n’était pas important. J’étais sincère avec moi-même et je reconnaissais bien volontiers que je brûlais d’envie de toucher sa peau. Savoir si elle était douce. Si elle était chaude. Connaitre la sensation qu’elle laisserait sur mes doigts. Je m’enivrais de cette sensation ne faisant pas attention à ce quelle pouvait faire. J’avais déjà eut ma victoire quelque part et puis même ivre, elle serait toujours plus redoutable que moi.

Cependant, je ne m’attendis pas à avoir le souffle coupé par un placage venu de nulle part. Je toussotais grassement alors qu’elle prenait triomphalement position au dessus de moi. Dominante et fière de son fait. Je lui concédais sa victoire facile, les bras en croix à profiter de son contact. A peine le temps de fermer les yeux, je la sentis essayer de me mordre ‘‘Hey ! Qu’est ce que..’’ Je passais une main dans son dos lorsque ces lèvre effleurèrent les miennes me laissant un moment interdit sur mon postérieur avant de laisser échapper un sourire un peu plus niais que d’ordinaire. Dire que je ne détestais ce genre d’attitude ne serait pas totalement honnête. Je me sentais…Peut être un peu entrainé dans son univers. Tiré un peu de ma réalité et de mes mensonges ? Je roulais des yeux avant de me laisser de nouveau tomber sur le dos en soupirant. ‘’Fait attention’’. Mais ce n’était pas comme si j’avais envie d’attendre, de vivre tranquillement ma vie ou de me montrer prudent. Et ce n’était pas totalement à cause de l’alcool. Et ce n’était pas totalement exclu que cela ne vienne pas en partie d’elle.

Je fermais les yeux, essayant de profiter du petit vent frais quand cette fois ce fut ces paroles qui me firent ouvrir les yeux en sursaut. C’était moi ou je l’avais entendu parler d’incendie criminel ?!? Je pris une longue gorgée avant de jeter ma bouteille vide. Mon regard se posa sur son postérieur avant de glisser sur le côté. Il était évidant que je ne pouvais rien refuser à de petites fesses comme ça. Ceci dit, je n’étais peut être pas assez bourré moi aussi pour accepter aussi facilement. Je me relevais péniblement, arrivant par derrière, lui caressant le fessier d’une main, l’embrassant dans le cou pendant que ma main cherchait sa bouteille…Mes doigts enlacèrent le vide une fois, puis deux…Je soupirais en me disant qu’il était idiot qu’elle se laisse avoir deux fois au même piège.

‘‘Ok…Mais c’est bien parce que je ne peux rien te refuser !’’

Je lui fis un clin d’œil et en la dépassant, je lui mis un petit coup de rein pour la bousculer gentiment avant de la dépasser et d’arracher une torche au passage. Avec un petit rire, je la remis au défi de me rattraper tout en m’enfonçant dans les rues. Après quelques tours et détours, je commençais lentement à me souvenir du chemin pour sortir. Malgré l’alcool, il y avait certaines sorties que je connaissais par cœur ou presque pour les avoir emprunté à peu près dans le même état ! J’en profitais parfois pour me cacher et réapparaitre au dernier moment pour la pincer légèrement et m’enfuir en courant jusqu’à retomber dans la rue principale.

‘‘On devrait bientôt y être ! C’est quelque rues plus bas mais j’pense que tu reconnais maintenant !’’

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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Dim 4 Mar - 16:39

Ses yeux reflétaient avidement les torches, témoins de la préoccupation qui la prenait soudain. Elle devait se venger, c’était évident à présent. Elle avait toujours au fond du cœur cette haine amère, cette colère qu’elle avait tue ces derniers jours… Elandor lui avait proposé de corriger cet homme, mais c’était son affaire, à elle, c’était elle la trahie, elle qui rêvait de voir partir en fumée ce dont ce targuait ce foutu aubergiste. De voir son visage effaré, comme elle l’avait été en découvrant sa trahison, et d’en rire. De le mépriser plus ouvertement encore que par le passé, et de l’agresser. Il y avait tout cela dans les yeux silencieux d’Elenor lorsqu’une main, qui l’effleurait, la fit sursauter. Elle n’eut pas le temps de réagir que des lèvres se posaient déjà dans son cou, lui arrachant un frisson glacé. Elles éloignèrent les flammes, la ramenèrent à leur jeu. Elle manqua de basculer en arrière, mais se rattrapa de justesse.

Les yeux clos, elle laissa un sourire s’approprier ses lèvres, avant d’éloigner un peu la bouteille, désireuse de la garder pour elle… Elle en avait besoin. Il accepta… accepta de … ? Dans son esprit embrumé leur funeste entreprise était lointaine, éloignée et abstraite. De feu, un feu de joie, de joie à la gloire de la liberté. Celle qu’elle s’autorisait pour une nuit. Elle revêtirait le lendemain, au petit matin, sagement ses chaînes. Le regard qu’elle posait sur lui ne souriait plus, pas pendant quelques secondes. Détermination, volonté et violence.

Elenor Jagharii.

Elle but une longue, longue rasade de liqueur qui la laissa égarée un instant. Dans un univers de coton, son corps et son cœur engourdis. Elle le suivit comme dans une chute en avant tout d’abord puis, le sourire reparaissant, avec plus de vie. Oui ils feraient le plus formidable des Feux de Joie de la Cité. La vitesse à laquelle la liqueur, qu’elle biberonnait souvent (trop) descendait aurait fait pâlir un pirate. Elle s’amusa de ses jeux, y répondit avec malice, quoi qu’une malice alourdie par l’alcool, et tenta de répliquer à coups d’œillades, l’esprit cependant orienté en direction de celui qui par le passé partageait sa couche. A la vue du dos de l’anonyme, souplement élancé devant elle, se substituait celle de Sieben qui parcourait de ses lèvres ses cuisses. Au sourire de l’homme avec lequel elle jouait les mains de Sieben qui prenaient appuis sur son ventre, tandis qu’elle se cambrait de plaisir sur une table. A l’odeur fugace de son compagnon de la soirée, toujours ancrée en elle après leurs échanges, celle, réconfortante, de l’âtre du Ceste Clouté.

De la braise.

Ils arrivèrent bientôt dans une rue qui se rappela au souvenir de la Jagharii. Il confirma sa pensée, et s’attira un sourire complice. Elle s’approcha lentement de lui, et à voix basse lui glissa. « A partir de là, je passe devant… » Une longue rasade de liqueur, puis elle se remit en marche. Ses méthodes à elle étaient plus académiques que celles de son comparse. Beaucoup plus alcoolisée que de raison, elle ne se hasardait pas à lui faire des surprises, peinant déjà à emprunter une trajectoire potable. Elle filait droit à son but, vers lequel elle s’était déjà rendue des centaines de fois dans un état similaire. Pour se réfugier derrière le comptoir du patron, avant de lui proposer mille délices d’une voix empâtée. Mais cette fois il en serait autrement, cette fois elle donnerait au repaire du traitre son ultime éclat. De temps en temps, elle se retournait pour vérifier que l’anonyme était toujours sur ses talons, avant de glousser, boire un peu plus encore, et repartir de plus belle.

Reconnut-il le Ceste, lorsqu’elle s’arrêta devant ? Elle n’en avait rien à faire, et tandis qu’elle s’arrêtait en titubant, elle mit ses mains en porte-voix avant de beugler de toute la force de ses poumons fatigués. Sa voix déjà grave d’ordinaire, était légèrement cassée par l’ivresse qui rendait jusqu’à son articulation laborieuse. « Sieben !! Sieben Raetan !! » Elle manqua de tituber, et se rattrapa à son compagnon. Un regard reconnaissant pour celui-ci, elle n’entendit pas le coup de tonnerre, au loin… Fermement agrippée au bras de l’homme, elle reporta son attention sur l’auberge. La soirée était déjà bien avancée. Pourtant l’endroit semblait calme.

« Sieben, sale fils de chien ! Profite bien de ta grue ce soir, car cette nuit est la dernière !! » Puis sa voix se brisa, et des yeux elle chercha un point. A côté du Ceste, une petite botte de foin à découvert allait faire un parfait départ. Après avoir bu une longue rasade de liqueur, et laissé l’anonyme finir la bouteille, elle jeta celle-ci sur le côté, son souffle profond au bruit de verre brisé. « Par là ! » Elle pressa son bras. Dans ses yeux, qui se plantaient dans ceux de l’homme, celui-ci pouvait voir son excitation, mais aussi la frayeur qui la saisissait. Elle n’avait d’ailleurs pas encore saisit la torche. Elle devait la prendre, répondre à la pulsion qui la prenait aux tripes. Son souffle brûlant sifflant entre ses lèvres, elle hasarda sa main droite en direction de l’objet du délit, mais ne parvint à saisir que le poignet de son complice.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Dim 4 Mar - 23:01

Elle avait prit les devants…Mais cela me laissait l’étrange impression qu’elle cherchait avant tout à se persuader qu’elle allait y arriver. Qu’elle cherchait à reprendre le contrôle de sa vie ou qu’au moins pour une nuit, elle était libre de hurler sa peine. Sa Vengeance. Cela aurait pu avoir quelque chose de poétique dont j’aurais pu sortir facilement une balade ou deux si elle ne zigzaguait pas autant sous l’effet de l’alcool. C’était dans ses moments là que je me disais que les bardes devaient tout de même maquiller la vérité de temps à autre et passer sur certains détails.

Barde. L’effet de l’alcool certainement mais je commençais a me demander si ce n’était pas l’occasion de faire plus sérieusement mon métier. De profiter de tout ce que je pouvais voir pour écrire quelque chose d’épique qui traverserait quelques siècles et resterait dans les mémoires. Je ne cherchais pas forcement la gloire ou la fortune, mais si je pouvais créer cette histoire de mes propres mains…Cela vaudrait peut être le coup que j’y passe un peu de temps. Après tout, je n’attendais rien de la dissidence en temps que tel. Mais je serais le seul barde qui pourrait en parler que le résultat soit la défaite ou la victoire.

Par contre, j’aurais quelques difficultés à rendre héroïque deux Dissidents ivre en pleine nuit, se rendant chez une tiers personne pour lui cramer sa baraque pour une affaire de cœur brisé. Même si on enlevait l’alcool, on avait plus glorieux que le faire en pleine nuit. Peut être qu’en rajoutant un combat à mort ? Quelques effets de style, une romance impossible et un accident avec un tison enflammé ? Il soupira en ce disant qu’a ce rythme, il pouvait déjà écrire une bonne partie de la balade sans avoir besoin d’attendre le dénouement de l’histoire.

‘‘Oww…Ok’’

C’est à peu près a ce moment que je reconnus le Ceste. Cramer le Ceste. Elle voulait cramer le Ceste et moi j’avais été assez idiot pour accepter. Pour quel raison j’avais accepté déjà ?!? Un regard sur la chute de rein de ma compagne et…Voilà que j’étais de nouveau déterminé à faire payer l’aubergiste pour tout les méfaits du monde. C’était un peu contre nature de brûler un endroit où je passais énormément de soirée mais…Ce n’était pas comme si j’avais d’autres endroits où travailler hein ? Et puis, j’étais certain que je lui rendais service, c’était l’occasion de remettre à neuf quelques pièces ou carrément de reconstruire en mieux ! En fait, Sieben aurait dut sortir se mettre à genoux et nous implorer de mettre le feu à sa bicoque !

Je hochais la tête, me disant que j’étais vraiment fort pour m’auto justifier. Jouer avec ma conscience était devenu tout un art pour moi et rattrapait Sipik qui manqua de tomber. J’allais poser ma main dans son dos mais préféra de loin s’agripper avec tout ce qu’elle pouvait sur mon bras. J’allais lui proposer mon aide quand un coup de tonnerre me fit lever la tête. Maintenant que je regardais le ciel, je remarquais les nuages noirs qui c’étaient amoncelés autour de nous…Je papillonnais des yeux ‘‘Hey je crois que…’’ Peine perdu, elle était trop occupée à cracher sa haine. Cracher son venin. Vomir ce qu’elle avait sur le cœur et qui l’empêchait certainement en partit d’avancer pour passer a autre chose.

Dans un soupire, je vidais la fin de la bouteille avant de la jeter nonchalamment. Elle se pressa sur mon bras puis attrapa mon poignet. Son regard ? Un mélange d’excitation et d’inquiétude. Etait elle certaine de ce qu’elle faisait ? Etait ce vraiment ce qu’elle voulait ? Je posais ma main sur sa joue, un sourire rassurant aux lèvres. ‘‘Ca va aller, je suis là…’’ Je lui offris une caresse sur la joue avant de lui mettre la torche dans la main. C’était une chose qu’elle devait faire par elle-même…Même si maintenant que je réfléchissais, ca m’arrangeait bien si mon ardoise pouvait aussi partir en fumée…Peut être qu’on pouvait aussi faire un saut dans d’autres tavernes…

Je lui posais une main dans le dos avant de sentir quelque chose sur le haut de mon crane. Cela ressemblait à une goutte…Puis une seconde…Puis rapidement un déluge qui se déversa sur nos têtes qui eut rapidement raison de la torche. Symbole de la colère divine ? Signe du Destin ? Je plaquais mes cheveux en arrière, l’air totalement blasé par ce retournement de situation…Et quelque part navré de cette conclusion pour ma compagne de la soirée.

‘‘Je suis désolé, on devrait pas rester ici.’’
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Mar 6 Mar - 10:03

Elle sentit à peine la caresse de l’anonyme, prise dans ses angoisses comme dans une nasse. Elle sentit distinctement, cependant, le bois de la torche sur sa paume, et serra instinctivement ses doigts autour. La main qui se posa dans son dos lui fit l’impression de la pousser… Encouragement muet (elle était sourde à ses mots) qui la propulsait d’un coup face à Sieben et à sa pute. Elle tituba, s’appuyant un peu sur la main, puis leva un regard égaré en direction de la fenêtre de sa chambre. Il devait être derrière… avec elle. Peut-être était-il même en train de se la faire, les cris de la grue ayant déguisé les invectives hurlées plus tôt… Elle ferma les yeux, lorsque la pluie débuta. Son compagnon, tout à l’averse qui débutait, ne vit pas ses yeux s’embuer, ni sa mâchoire se crisper si fort qu’elle en sentit ses dents grincer.



    Une soirée devant l’âtre… Elle venait de passer la correction de sa vie à un petit bourgeois… Une très noble correction. Elle était alors ouvertement la fille Jagharii, la lionne, la militaire. On n’insulte pas un soldat sans s’attendre à payer les pots cassés… Les tabourets en l’occurrence. La pommette rougie par une gifle, l’épaule fraîchement remise en place par l’ancien lutteur, elle se prélassait contre son torse puissant, les flammes de l’âtre massif de l’auberge pourléchant ses jambes dénudées. Il lui parlait de mariage. Lui disait qu’un jour on viendrait la trouver pour en épouser un autre. Elle refusait cela, en riait avec innocence et lui disait qu’elle avait tout ce dont elle avait besoin… Elle avait ces mains sur son abdomen, qui remontaient, délivrant au passage leur lot de volupté. Un contact crépitant, qui communiquait directement avec l’être d’Elenor.

    Un être de feu, de braise et de crocs. Elle avait tout ce dont elle avait besoin, et lui disait ne pas s’imaginer vieillir à côté d’une autre. Car elle était Elenor, et lui était Sieben… Amarante lui-même ne s’était jamais fait d’illusions à ce sujet… C’était là un attachement qui ne souffrait nulle trêve. Elle pouvait bien partir en campagne, des semaines, des mois. Il pouvait bien lui mettre les fers là-haut dans leur villa frappée de la lionne à l’épée… Il ne tenterait jamais de briser cette chaîne qui la rattachait au Ceste. Invariable besoin, faim de l’autre.

    Il l’avait étreinte, devant cet âtre, lui avait arraché par ses baisers les gémissements d’un plaisir inconditionnel. Un plaisir qui ne se doutait pas que l’on viendrait précipiter sa fin, bientôt. Xander Venarii et sa mère avaient mis le premier des coups de pied de biche venu fragiliser un maillon. Amarante avait avancé le travail, à regret… Puis définitivement. Ce père qui importait tant… Ce père, dont elle savait qu’en réalité elle était incapable de se détacher de lui, ce visage de marbre et de sévérité, l’avait finalement fait éclaté en la précipitant dans un anonymat qui l’avait éloignée, en larmes, de cet âtre, cette main, ces lèvres. Elle avait encore sur sa peau leur brûlure… Mais l’autre aussi l'avait à présent. Ce n’était plus pour Sipik qu’un souvenir diffus, mais une réalité tangible pour cette autre qui se tordait d’un plaisir haïssable chaque soir. La Jagharii était convaincue que cette passion qu'il partageait avec sa truie, c'était en pensant à elle, qu'il l'alimentait. Sale porc.

    Cet homme la débectait. Il la débectait au plus haut point, pour lui avoir été si nécessaire, et avoir souillé sa confiance de façon aussi délibérée. Les insultes n’avaient pas suffit, celles quelle avait déversées sur lui, après avoir assommée sa putain dans sa colère. Celles qu'elle lui adressait sans relâche, lors de ses nuits d'insomnie… Non, elle s’était pas contentée…

    Mais le serait-elle seulement un jour ?

    Le sang de Sieben suffirait-il à calmer cette tempête… ?




Elle ne s’était pas aperçu qu’elle pleurait, ses yeux toujours fixés à la fenêtre. Son émoi cependant s’était fondu dans l’averse qui tombait, drue et ininterrompue, sur eux. En en prenant conscience, Elenor vacilla tout à coup et prit appuis sur l’anonyme. Un regard pour la torche qui s’était éteinte sans même qu’elle ne le voie. Effarée par ce bout de bois qu’elle brandissait à présent comme un gourdin ridicule, elle le balança plus loin, ses doigts se crispant dans l’étoffe de la chemise détrempée qu’elle avait saisie. Un regard pour lui, il avait ramené en arrière les cheveux qui le gênaient. Il était beau. Elle l’imita, des mèches d’un ruisseau noir commençant à obstruer en partie son visage hagard.

Un regard en l’air tandis qu’elle dégageait ce masque dans l’obscurité, et elle laissa la pluie laver ses larmes. Les faire disparaître dans son torrent redoutable. En apparence, on aurait pu croire qu’elle était comme dessaoulée par la pluie, mais à en croire l’engourdissement de ses pensées, qui perdaient toute cohérence, il n’en était rien. Elle était plongée dans un profond puits d’oubli. Sieben, La Dissidence, Sipik et Elandor n’étaient plus. Pas même Bellone, ni son père. Il n’y avait plus que la pluie, ce compagnon mystérieux qu’elle tenait toujours avec une fermeté presque désespérée, et la conscience vague d’avoir besoin d’une douceur et d’une chaleur pour combattre les mille lames qui s’abattaient sur eux.

Il n’y a qu’une chose à faire, lorsque l’on est assailli à ce point. Sans lâcher la chemise de l’autre, elle l’entraîna à sa suite, courant presque à reculons, pour les mettre à l’abri. Un mur accueilli son dos avec violence. Un souffle, sec, lui échappa sous le choc tandis que ses omoplates acceptaient la douleur cuisante que sa précipitation avait amenée. L’attirant toujours, elle encaissa ensuite le choc de son corps, plus massif et plus lourd, contre le sien. Sans le laisser s’éloigner, elle le conserva contre elle, ses doigts toujours éperdus dans l’étoffe. Son corps était glacé par la pluie, la chaleur de sa peau lointaine, pervertie. Elle frissonna tout contre lui, et hasarda un regard en direction du ciel qui grondait toujours à intervalle régulier. Elle le lui montra en y levant le menton, avant de sourire. « Il pleut… » Un regard complice chercha celui, proche, de l’homme qu’elle pressait toujours contre elle. « Il ne faut pas rester sous la pluie… »

Des mots vides de sens, quel sens, de toute façon, trouver dans le vide cotonneux de son esprit ? Elle prit conscience de sa position, de ce bassin, contre le sien, de leurs ventres détrempés qui s’affrontaient… Elle remonta sa main gauche, paume ouverte, pour en appuyer le dos au mur à côté de son visage, avant de glisser sa main dans la nuque de son comparse. Souffle précipité, elle soutint son regard sous ses paupières mi-closes. Elle pouvait sentir son odeur… Ses doigts se crispèrent dans les cheveux de son compagnon, comme pour le mettre au défi de braver leur autorité. Ses lèvres étaient proches, elles l’attendaient avec une fièvre qui la rendait brûlante. Un coup, léger, de sa hanche comme une invitation à faire preuve de courage. Pour un peu, elle en aurait ronronné. Nouvelle pression sur sa nuque, et elle se cambra contre lui, à peine.

Ce besoin qui nouait ses entrailles ressurgissait. Un nouveau visage, nouvelle odeur et nouvelles mains. Plus agiles, plus joueuses… Moins sincères… Mais quelle trahison pouvait-on attendre de la part d’un être qui ne se donne jamais, à personne… ? C’était la liberté qui rendait le visage de cet homme, avec lequel elle jouait, si attirant. Elle voulait de sa liberté. Juste assez. La lui ravir assez longtemps pour calmer l’incendie qu’à défaut d’avoir déclaré au Ceste, il avait déclaré en elle.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Mer 7 Mar - 23:13

La pluie tombe avec une ardeur inquiétante ne faisant pas que balayer tout ce qu’elle rencontrait. Des gouttes tombant comme des hallebardes de glacées, brouillant le monde autour de nous jusqu’à totalement l’effacer de notre regard. Il ne restait plus que les sensations de froid, d’humidité, de tristesse qui flottaient dans l’air. Autour d’elle. Le monde avait beau s’effacer pour se recroqueviller sur soi même, elle restait pourtant là non loin de mes pensées. Non loin de ma peau. Non loin de mon regard. Même lorsque les frissons de froid me poussaient à chercher un abri.

Qu’est ce qui me poussait à rester là. Rester pour une personne que je ne connaissais pas. Braver les éléments et la plus simple logique. Peut être un écho. Peut être que je n’étais pas aussi insensible que je voulais me l’avouer. Peut être que je n’étais pas fait pour être simplement logique. Après tout quel genre d’homme acceptait de se battre pour une cause en laquelle il ne croyait pas. Quel genre d’homme voudrait combattre et risquer sa vie avec des camarades qui se voilent sous le masque de l’anonymat. Quel genre d’homme se soumettait au mensonge et aux artifices. Reniait sa vie pour ne posséder ni foyer, ni femme, ni enfant à un âge où beaucoup le sont.

J’étais simplement un fou, un bouffon, un idiot et cela m’allait de vivre ainsi. A me nourrir de mon égoïsme. A dissimuler mes peurs. A ne jamais réussir à être honnête, pas même avec moi-même. Et le plus bizarre, c’est que je n’avais aucune envie de changer. Je ne savais si cela me terrifiais ou non. Une sensation difficile à décrire ou à contenir. Cela n’avait aucune importance. A mettre sur le compte de l’alcool ou sur le fait que je n’arrivais plus à me détacher d’elle alors qu’elle me tenait toujours aussi désespérément. Qu’elle m’attirait contre elle. Contre ce mur à l’abri de la pluie.

Une chaleur moite entre nos deux corps perlant d’humidité. Mais une chaleur quand même. Une chaleur qui m’attirait, faisait battre mon cœur lourdement dans ma poitrine. Cognant presque douloureusement comme s’il attendait une douce libération. La sienne. Un signe. Un mot suffirait. ‘‘Oui, il pleut’’ Je réussi à détacher mes yeux d’elle pour les lever puis accrocher son regard. Un sourire vint fleurir alors que je me sentais de plus en plus bête. L’impression d’être retourné quelques années en arrière dans mes premières virées nocturnes. Mes premières amours cachées aux yeux du monde et de la société.

Les mains de Sipik me cherchent tout comme les miennes la découvre. Débarrasse son front de quelques gouttes, décent sur sa joue pour venir cueillir ces fesses. Alors qu’elle s’empare de mes cheveux, moi je l’écrase contre le mur pour sceller les lèvres de la jeune femme des miennes. Un simple baiser. Suivit d’un deuxième plus enragé, ma langue venant chercher la sienne, me dérobant avant de lui donner un coup de langue sur la lèvre et de la mordiller légèrement. Je n’arrive plus à penser. Réfléchir me semble au-delà de mes forces. J’essaye de calmer ma respiration et pourtant je n’arrivais pas à rompre notre contact. Je caressais son visage du bout de mon nez.

Je la soulevais contre le mur, décalant ainsi la zone que je caressais pour venir prendre sa poitrine avant d’y poser ma tête. ‘‘Il pleut et j’ai encore un peu froid non ?’’ Je posais mon front contre elle, un large sourire en me demandant ce que j’étais entrain de faire.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Jeu 8 Mar - 11:23

Piège. Prise au piège. Son dos plus fortement pressé au mur encore par l’assaut de l’anonyme, elle laissa un infime gémissement lui échapper, le souffle coupé. Un plaisir brulant qui la traversa, lorsqu’il lui ravit un baiser. Ses doigts se crispèrent par réflexe, tandis qu’elle le lui rendait avec fougue. Ce contact intime, déjà, vit monter en elle une bouffée d’excitation qui saccada sa respiration. Elle l’aurait saisi avec plus de force encore si sa main gauche en avait été capable… Brûlure de ses mains agiles, légères sur ses flancs, sur ses fesses tandis qu’un souffle plus rauque lui échappait et séparait leurs lèvres avec volupté…

Elenor était loin… Sipik plus encore. Elle se fondait dans l’anonymat de son compagnon comme derrière un masque feutré. Un masque qui, apposé sur leur étreinte, leur permettait tout. Dans le vacarme de l’averse, ils étaient à l’abri des regards, et des pensées coupables… Elle n’était plus que cette peau qu’il pouvait parcourir à loisir, qu’elle lui offrait sans plus de résistance. De ses lèvres, il abattit la dernière des barrières érigées par Sipik, il l’avait faite sienne pour la nuit… Mais elle ne ferait pas que donner, elle prendrait aussi. Elle reprit son souffle, un sourire aux lèvres, tandis qu’il marquait lui aussi une pause. Elle avait encore en bouche sa saveur, sentait la caresse de sa respiration sur sa joue… une chaleur, qui bravait héroïquement le froid de l’eau glacée qui les avait inondés quelques instants plus tôt. Se décalant légèrement, elle appuya sa tempe à la sienne, ses cheveux d’obsidienne collés à son front, dans un désordre sauvage. Lisses, ils dessinaient une dentelle à même sa peau, pour lui voiler en partie le monde alentour. Elle déposa des baisers, le long de sa mâchoire, avant de se sentir happée avec une force qu’elle n’avait pas soupçonnée, lorsqu’il la souleva.

Elle le laissa faire, sans résister, ses bras glissant sur ses épaules pour s’y cramponner. Le geste avait été vif, presque précipité, et pourtant elle y décelait toujours une forme de douceur. Une maîtrise qu’elle aimait à lui voir… L’anonyme n’était pas un guerrier, c’était un magicien, et elle avait faim de découvrir le tour qu’il pourrait lui jouer. Peau contre peau, elle frémit au contact de la sienne. Il y laissait sa trace, une trace invisible, indolore. Encre tendre et sucrée… Une trace qui s’évanouirait sans doute le lendemain, avec le retour de la conscience… Sans doute… Cette peau, qui jamais n’avait été marquée à vif d’une trace que l’on ne pouvait voir. Et pourtant, chacun des contacts qu’il opérait, ses caresses, semblait s’ancrer en elle avec force. Une presque violence pour Elenor, qui cessa sitôt une nouvelle pause marquée.

Elle en profita pour ajuster sa position, resserrer l’étau de ses jambes autour de sa taille. Elle sentait son corps entier, de sa peau offerte au froid jusqu'au plus intime d'elle-même, battre au rythme de son désir, comme un seul cœur dont les pulsations gagnaient en vigueur, au bord de la rupture. Trop plein d’attente, et de soif. Sa respiration était profonde, tandis que celle de son compagnon se perdait dans le décolleté de sa chemise. Un rire chatouilleux lui échappa alors tandis que, un sourire aux lèvres, elle remonta son visage du bout des doigts. Elle trouva dans ses yeux une ivresse joyeuse qu’elle partageait. Là, dans ses bras, sous ses mains, elle eut l’impression d’être heureuse. Le bonheur de l’oubli de soi. Il lui avait promis de lui faire oublier ses chaînes, mais il avait en réalité fait bien plus que cela. À elle de tenir sa promesse. Se cambrant légèrement, remontant contre lui avec un geste tonique, et contrôlé, elle écarta du bout des doigts le col de sa chemise, dans lequel sa main se perdit. Elle trouva son épaule, son dos qu’elle caressait doucement. Puis du dos de sa main gauche, elle effleura son cou, décala son visage et, au prix de quelques efforts, y déposa un baiser tendre, et tranquille. Elle rompait avec la précipitation de l’étreinte, bercée qu’elle était par le son, continue et dense, de la pluie. Par le battement de son cœur qu’elle pouvait percevoir à travers le tissu. Des dents, elle retrouva son oreille, lui rendit la monnaie de sa pièce avec une certaine délicatesse. Un grognement, et ce furent ses lèvres qu’elle lui vola, son dos tendu comme la corde d’un arc. Un baiser profond, animé d’une passion et d’une faim qu’elle n’avait plus connue depuis longtemps.

Du bassin, elle le poussa doucement, espérant éveiller en lui un désir plus cuisant encore. Un sourire, un rire les sépara à nouveau tandis qu’elle goûtait sa peau avec gourmandise. « Moi non. » Elle n’avait pas froid. Et c’était bien là une affirmation qu’il pouvait croire sans scrupule. Ses doigts quittèrent alors son dos pour son torse, qu’elle effleura, se frayant un passage dans l’étoffe, extrayant distraitement le bas de sa chemise de sa ceinture. Elle avait envie de sa peau, contre elle, au plus près. De s’en rassasier. Qu’importait le froid et la pluie, elle escomptait bien le réchauffer. Avec un nouveau rire, elle déposa des baisers légers, tout juste effleurements, sur tout ce qu’elle pouvait trouver de chair, avant de revenir à ses lèvres. Elle le découvrait, touche par touche… Et à mesure que ce corps lui devenait familier, l’envie qu’elle avait d’en être saisie se faisait plus grande, plus sensible. Elle ferma les yeux, rejetant en arrière un visage soudain plus sérieux tandis qu’elle affirmait la prise de ses cuisses sur ses hanches. Elle tremblait. À peine.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Jeu 8 Mar - 17:02

Les sages disent que les gens sont pareils à des diamants. Qu’à chaque rôle que nous donne la société apparait une nouvelle facette de notre personnalité. Une nouvelle manière de réagir parfois à mille lieux de tout ce que l’on aurait pu imaginer. S’il nous arrivait de nous surprendre nous même, découvrir un nouveau visage pouvait se révéler une délicieuse surprise. Il n’y avait plus de Sipik, tout comme il n’y avait plus de Dissidente, de Société bien pensante, de noble. Il n’y avait plus de Soldat tout comme il n’y avait plus de barde, de ruelle ou de Ceste. N’avoir plus rien d’autre qu’un homme et une femme consumé par leurs besoins de luxure.

J’étais dépouillé de tout ce que je pensais savoir. De ce que je pouvais connaitre pour ne garder que la sensation de ces lèvres sur les miennes. De son odeur mêlée à l’ozone dégagée par la pluie. De la friction ennuyeuse de ces vêtements qui faisait naitre en moi le besoin impérieux d’enfoncer mes doigts pour arracher cette fine membrane cotonneuse. M’affranchir de cette dernière limite qui m’agaçait dans le ballet de sensation qu’elle m’offrait. Plus douce que tout ce que j’avais plus imaginé. Si brûlante que ma frustration en devenait presque douloureuse alors que sa main explorait mon dos. Que ces lèvres exploraient les miennes avec sensualité, prenant un temps infini qui m’aurait presque poussé à gémir. Mon bassin se colla au sien avec puissance, mon envie d’elle déformant la toile au niveau de mon entrejambe…Se frottant contre elle, répondant à ces caresses envoutantes.

Il en était presque difficile de respirer alors qu’elle embrassait diverses parties de mon corps. Ma main posée sur ces flancs remonta le long de son corps pour redescendre le long de son corset. Cherchant une solution pour l’en libérer à l’aveugle tout en la caressant. Mes dents quand à eux venant libérer avec dextérité les boutons de sa chemise, mes lèvres déposant un baiser ici et là, se frayant un chemin jusqu’à sa poitrine. Un rythme trop lent qui me poussait lentement vers l’idée de m’emparer de la dague dans la cuissarde mon amante pour en terminer avec tout ce cuir inutile. ‘’Je suis entrain de devenir fou’’ Je la déposais doucement à terre pour mieux passer derrière elle. De cette manière, je pouvais l’embrasser tendrement…Mes doigts se glissèrent entre les siens, les amenant sur son corset…L’une de mes mains ne tardant pas à déborder, cherchant sa peau avant de descendre plus bas…Beaucoup plus bas vers son pantalon…

Mes doigts rencontraient sa toison quand un bruit sourd et métallique vint parasiter la douce mélopée des respirations essoufflées, des battements de cœur effrénés et des gémissements de plaisir…Quelque chose que je ne désirais pas entendre et qui pourtant provoquait chez moi une sensation de danger. Je voulais rester aveugle au monde et pourtant mon instinct me hurlait de relever le regard. De chercher au-delà du rideau de pluie pour trouver une réponse. Je ne levais qu’un œil vers la source de mon agacement. Tout cela pour ne rien découvrir…Jusqu’à ce qu’un mouvement me fit froncer des sourcils. Quelque chose…Mais quoi à cette heure ? Par ce temps ?

Des mots…Des éclats de voix…On appelle à l’aide…Le terme assassin revient plusieurs fois…La menace de Sipik revint me hanter. Y avait-il une possibilité pour que sa voix vienne d’alerter un voisin ? Ou que cette fameuse grue est prit la mouche et partie ainsi dénoncer la jeune femme au guet ? Etrangement, il y avait une sorte de sentiment de déjà vu qui se crispait dans mes veines. Et d’excitation quelque part. J’avais envie de continuer coute que coute alors que les soldats nous cherchaient. Quelque chose de caché était d’autant plus excitant bien que la prudence me dictait de fuir avec Sipik et d’aller m’amuser ailleurs avec elle.


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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Jeu 8 Mar - 19:04

Elle le sentit se faire fébrile, tout contre elle. Chercher à vaincre ce qui les séparait, se débarrasser de ce qui empêchait leurs corps de ne faire plus qu’un. Elle partageait son empressement, ne retenant pas les souffles coupés, les gémissements qui la prenaient tandis qu’elle sentait ses doigts s’accrocher au corset, chercher, partout où ils espéraient rencontrer de la peau… Son envie, son ardeur filtraient à travers sa peau, rendant l’attente douloureuse. Elle se cambra contre lui, accentuant le frottement de son bassin contre le sien. Le sentir débarrasser sa chemise des quelques boutons accessibles, au-dessus de son corset, lui arracha un grognement. Injustice ! Elle s’affaira en retour, sa main droite dansant sur son torse pour s’offrir enfin sa peau, sans pouvoir retenir un sourire victorieux en sentant, enfin, la chair de l’anonyme pressée contre la sienne.

Son sourire s’élargit lorsqu’elle l’entendit se déclarer fou. Ivresse se faisait folie, elle le sentait, elle aussi, tandis qu’elle s’impatientait, sentait son envie gonfler jusqu’à en être intolérable. Il était des choses pour lesquelles sa patience était limitée. Pour lesquelles la lionne, poussée à bout, rugissait, et explosait… Elle le sentait, bientôt elle ne le supporterait plus, et partagerait la vigueur qu’il mettait à chercher sa peau. Elle avait aussi à l’idée la petite dague qu’elle avait en haut de sa cuissarde. Elle savait où couper, pour se libérer, pour l’inviter à venir, ici même… Mais elle résista néanmoins, s’offrant un peu plus, à peine plus à la sensualité de ses caresses. Ses mains lui prodiguaient un plaisir tel qu’elle ne désirait rien moins que de les interrompre, de cesser leur danse sur sa peau, leur empressement partagé.

Elle s’offrit à ses baisers sans retenue, remontant légèrement sa cuisse contre son flanc, ultime caresse voluptueuse avant qu’elle ne le sente la déposer. Son dos frotta à nouveau contre le mur, ses cheveux accrochés aux reliefs de celui-ci. Puis il remplaça la pierre rugueuse, tendre et chaud. Elle s’appuya volontiers à son torse, la tête renversée sur son épaule pour mieux le laisser lui prodiguer ses baisers. Elle avait le souffle court, ses doigts crispés entre ceux de l’anonyme. Cette main qui la parcourait, se rendant inexorablement là où elle était la plus fébrile, la plus tendue, la mit au supplice. Comme sur le point de lâcher prise, elle appuya sa main gauche, par réflexe, sur la cuisse de l’homme. A plat, elle s’y maintint sans trop de difficultés, tremblant tandis qu’elle le sentait fourrager au-dessus de sa ceinture, chercher à s’introduire dans ses chausses. N’y tenant plus, remontant légèrement sa main, l’effleurant à peine, elle chercha ses lèvres, mais se contenta de son cou, où ses lèvres se firent souffle, fiévreux et désordonné.

Son excitation à son comble, elle ne pu retenir le gémissement d’impatience qui la prit, le sentant s’immobiliser alors qu’il touchait presque au but. Sa main gauche retrouva sa mobilité, appuya sur sa cuisse tandis que la droite pressait sa main. Elle chercha ses yeux, mais le vit, le regard plongé dans le rideau opaque de la pluie. Il avait les sourcils froncés, soucieux. Toujours haletante, elle suivit son regard, et vit aussitôt que quelque chose n’allait pas. Des sons leurs parvenaient, entre le brouhaha de la pluie. Des voix qui hurlaient… Une voix qu’elle connaissait, rocailleuse, d’un ton qui devait enjoindre au calme, et une autre, plus aigue et qu’elle avait également entendue. Une fois. Cette putain, non contente de s’être glissée sous les draps de son amant, avait alerté le Guet. Le Guet !

Quelque chose se produisit alors en elle. Le Capitaine Jagharii, dont le mépris qu’elle vouait au Guet n’était pas un secret, rencontra Sipik la Dissidente. Et au-dessus, il y avait cet être transi de désir, impatient, et interrompu. Cette lionne farouche, qui se sentait plus spoliée encore à chacun des nouveaux sons qui parvenaient, plus nets. Le Guet.

A cette idée, contraignant la main pourtant tant désirée à se retirer, elle pressa ses doigts et, sans un bruit, releva sa jambe droite. Avec la délicatesse d’une maîtresse, elle trouva la garde de sa petite dague et, toujours en douceur, la sortit de son fourreau. Elle avait bien envisagé ce geste, plus tôt, dont elle avait espéré que sa vue mette au supplice l’anonyme, le pousse dans ses derniers retranchement à chaque lacet et lanière qui cèderait. Mais cette fois-ci, elle se contenta d’appuyer la lame, de son côté non coupant, à ses lèvres. Ses yeux en amandes toujours fixés sur les intrus qui, à présent, venaient vers eux, elle prit la parole à voix basse. Le ton était calme, presque solennel. « Je vais me les faire. Je vais me faire le Guet, et je vais me faire cette truie… » Elle voulut, dans son dos, trouver la main de l’homme et la saisir, mais ses doigts, incapables du moindre mouvement, ne bronchèrent pas, et elle ne retint pas le juron qu’ils lui inspirèrent. Son souffle redevenant silencieux, lentement, elle appuya donc de nouveau sa main à la cuisse désirée, avant de glisser : « Après ça, je suis à toi. » Un frémissement, elle ferma les yeux. La seule perspective de s’abandonner, enfin, et de le sentir plus fort, contre elle, en elle lui coupa le souffle. Un choc moral. Rouvrant doucement les yeux, elle se décolla de lui, un pas, deux tandis que les hommes du Guet approchaient, à grand renfort de « Qui va-là ?! » avinés. L’autre gueula un nom, son nom. Elle en reconnut la sonorité mais, par chance, il n’était pas suffisamment audible dans cette tempête pour que l’anonyme la démasque. Qu’ils approchent encore un peu, un pas puis deux, et décolleté béant, ceinture mise à mal ou pas, elle attaquerait, et saignerait ces porcs un à un.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Jeu 8 Mar - 23:32

C’était un cauchemar. Rien de tout cela ne pouvait être vrai…J’étais certainement encore entrain de boire quelque chose dans ce bar. Je devais être seul…A moitié accoudé au comptoir…Une bouteille ou deux pour seules amies. Des amantes fidèles que devais idéaliser jusqu’au point de fantasmer. Les larmes n’étaient pas loin. Ce n’était pas possible. Je devais être entrain de rêver. Pourtant la pression de sa main contre ma cuisse me ramenait à la réalité. La rude froideur s’installa quand son corps quitta le miens. Je ne savais pas si je devais en être heureux ou…Je sais pas…Je ne savais pas ce que je devais ressentir à ce moment précis de ma vie. Je ne voulais rien…Je ne voulais rien d’autre qu’elle…Je ne voulais rien de plus si ce n’était elle qui m’obsédait…Me possédait entièrement.

Je devais me reprendre rapidement. Je n’allais pas la laisser dans cet état d’alcoolémie s’en prendre aux hommes du guet. Même si elle était une redoutable guerrière, elle ne se rendait pas compte qu’elle affrontait diminuée des soldats en arme et armure. La seule chose à faire était de prendre la fuite. Affronter la pluie plutôt que de prendre de front une situation au résultat incertain qui risquait de gâcher non seulement la soirée mais mettre fin prématurément à leurs deux vies. Nos deux vies ?

Je restais interdit une minute. Je ne revenais pas de ce que je venais de penser. En temps ordinaire, la question ne se serait même pas posée. J’aurais déjà pris la poudre d’escampette, qu’il s’agisse d’une femme ou non. Je ne mettais pas ma vie en danger et encore moins quand j’avais une porte de sortie toute tracée. Est-ce que je devais mettre cela sur le compte de la luxure ?

Je…Je…

…Mon cœur manqua un battement alors que je réalisais qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas chez moi. Que je pouvais peut être…Je n’osais pas penser à l’éventualité que je puisse…Ressentir…Un début de quelque chose. Ce n’était pas mon genre et pourtant je devais avouer que ma poitrine se serrait alors que je la regardais insulter ces hommes. Ne connaissant ni la peur, ni la pudeur. Je détournais le regard, ne désirant pas voir cela. Puis ce fut plus fort que moi ‘’Et bien moi je passe avant les hommes du guet…J’peux pas attendre’’ J’attrapais la jeune femme que je jetais sur mon épaule et partit en courant dans les rues.

J’avais du mal à avaler ce que je venais de faire. De ressentir et plus encore…De ne pas avoir pu être honnête. De lui dire que je ne voulais pas qu’elle se blesse aussi bêtement. Que je ne voulais pas la voir blessée. Des choses auxquelles je ne voulais pas penser et encore moins admettre ou même en évoquer l’idée. Mais c’était encore plus dur pour moi de ne pas pouvoir être honnête avec moi-même. Mes lèvres remuèrent silencieusement. Cherchant les mots pour lui expliquer sans pouvoir prononcer quoique ce soit.

Cependant, ce qu’il restait n’était que la pluie tombant encore et toujours sur leurs corps. J’essayais de ne pas faire attention aux gesticulations de la dame sur mon épaule avant que je ne m’arrête sous une arche pour la laisser reposer sur ces pieds. Un rapide regard autour de moi et j’étais certain que nous n’étions pas suivis. Je laissais ma main caresser sa joue, mes yeux laissant transparaitre mon inquiétude pour elle avant que je ne dépose un léger baiser, son visage entre mes mains.

‘’Je…Suis désolé’’

Je passais une main dans ces cheveux, un léger sourire à son intention.

‘’Si tu veux…Je te porte sur mon dos jusqu’à un endroit où j’ai jamais emmené personne pour me faire pardonner’’
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Ven 9 Mar - 9:31

Elle était prête à passer à l’attaque lorsqu’il la saisit et, avant de comprendre ce qui lui était arrivé, elle se retrouvait en bascule sur l’épaule de l’anonyme. Elle voulait se battre ! Elle devait se battre. C’était elle, sa nature, ses besoins et son devoir. Elle n’était pas une agnelle, elle était Sipik ! Une lionne, une lionne accoutumée aux festins sanglants des combats. Et lui osait l’en empêcher ?

Marquant une légère pause dans le fort fleuri chapelet de protestations qu’elle lui servait, elle réfléchit une seconde. Non… Personne, jamais, ne l’avais empêchée de se battre. Pas de débuter un combat du moins. Ses hommes avaient toujours eu pour ordre de se ranger à son côté et de la soutenir. Sieben s’amusait de ses frasques et ne les interrompait que lorsqu’il sentait un danger mortel poindre (plus souvent pour les autres, mais aussi parfois pour elle) et Elandor ne s’en était tout bonnement jamais mêlé. Peut-être Bellone, quand même, qui plus pondérée avait à l’occasion calmé l’incendie de sa colère du temps où elles travaillaient ensemble. Mais la Générale avait un tempérament de feu, seulement un feu sous cloche, un feu habilement maîtrisé. Elle n’explosait qu’à volonté, et dirigeait ses colères avec un brio qu’Elenor, au fond, lui enviait. Sans doute était-ce pour cela (entre autre) qu’elle n’était que Capitaine tandis que son propre père avait cédé son poste de Générale à la jeune rouquine.

Mais Bellone n’était qu’un nom, sous cette averse, et tandis qu’elle sentait sa rage refroidir, elle finit par s’accouder à son dos, sans considération pour une éventuelle douleur, en attendant qu’il se lasse de courir ainsi.

Reposée (enfin) à terre, elle lui balança un regard noir, mécontentement bien senti et amer. Elle ne se déroba pas à son baiser, le désir était toujours là, à peine ravivé par ses mains, mais se retint de lui rendre son sourire. Elle lutta contre son envie de lui pardonner, qui lui venait par vagues comme les pulsions sensuelles qui étaient siennes plus tôt, et se contenta de le regarder avec froideur. De la même manière, elle ferma les yeux sous la caresse qu’il lui offrit après s’être excusé, déglutit, mais fit de son mieux pour ne pas lui sembler trop facile à convaincre. Elle se contenta, donc, d’un grognement, consciente que formuler une phrase cohérente, outre le fait qu’elle était beaucoup trop alcoolisée pour y prétendre sans risque, laissait la porte trop grande ouverte au pardon avoué. Elle ne parviendrait pas au bout sans un soupir d’abandon, puis l’envie, rapide, de sentir à nouveau ce sang de lave affluer dans ses veines. Il était toujours cet homme, en un peu plus essoufflé, sa chemise ouverte (ça, c’était son œuvre) lui offrant un accès à volonté… Elle évitait, de toute façon, ces yeux, ce visage et ces mains terribles qui la feraient basculer à tout moment.

Grognement, donc. Puis il reprit la parole, et attisa son attention. Elle se déroba, avec un « Ben voyons… » qui se voulut détaché et hautain. Au fond, celui-ci n’était pas tout à fait faux, car elle doutait, le masque joueur et énigmatique de l’homme lui revenant à l’esprit, qu’il s’agisse réellement d’un lieu inédit. Sans doute faisait-il le coup à toutes ses maîtresses, leur faisant croire à quelque chose de fantastique, leur faisant croire qu’elles étaient uniques pour ensuite se gargariser le lendemain d’avoir passé une nuit pleine de délices, et ce à moindre frais. Et pourtant, en dépit de cela, elle était intriguée par sa proposition. Elle se savait déjà prise dans la nasse de ce pêcheur là. Poisson un peu remuant, mais résigné à le suivre. Il la mangerait, ici ou ailleurs, et elle était curieuse au fond, de savoir à quel palais il pouvait bien réserver ce met. Alors elle haussa les sourcils, et déclara d’une voix ayant retrouvé tout son calme : « Je peux marcher. » Certes pas le plus encourageant pour lui, mais très vite suivi par : « Cet endroit… quel est-il ? » Et là il y avait bien une lueur dans ces yeux en amandes, et au coin de ses lèvres un demi sourire qui trahissait sa curiosité, et sa défaite.

Puis elle se détacha de lui et fit quelques pas hésitants. Elle n’avait pas réellement marché, depuis qu’ils avaient eu raison de la bouteille. Et de toute évidence ce n’était pas là une entreprise aussi simple qu’il y paraissait. Sentant le sol se dérober à moitié sous ses pieds, force lui fut de reconnaître que sans son intervention, les choses n’auraient peut-être pas tourné comme elle l’avait pensé, au Ceste. Elle se tourna alors et, n’en revenant pas de ce qu’elle allait lui dire (car il lui fallait l’admettre en même temps), souffla. « … J’aurais pu y passer là-bas. » Elle fronça les sourcils, et titubant un peu alla s’appuyer à un mur d’une main mal assurée. « Tu m’as sauvé la vie, en fait… » Jamais Elenor n’avait jusque là poussé la bêtise à se battre, pour une raison aussi stupide que celle-ci, en courant le risque d’en payer le prix fort. Elle qui était un cadre de la Dissidence, qui connaissait trop de secrets, qui connaissait LE secret… Elle avait des responsabilités, et parmi celles-ci celle de ne pas se faire prendre. Qui sait, une fois jetée au fond d’un cachot, ce que ces hommes auraient pu lui faire… S’en voulant de sa stupidité, elle s’adossa alors au mur, et hasarda en sa direction un regard un peu vague. Sourire d’excuses : « En fait, je ne suis pas sure de pouvoir marcher. » Outre le fait que la rue semblait jouer un petit jeu pervers avec ses sens, il y avait aussi le froid, et l’envie de sentir un corps chaud contre le sien. Un corps qui saurait la réconforter, et éloigner l'idée qu'elle avait frôlé par son idiotie les pires sévices que l'on puisse faire subir à une femme un peu trop enthousiaste l'arme au poing.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Ven 9 Mar - 17:18

Je ne m’attendais pas à ce qu’elle me reparle immédiatement…Sauf pour m’insulter copieusement. Je n’étais pas certain qu’elle admette avoir fait une erreur. C’était certainement la chose la plus difficile qu’il y avait à reconnaitre. Surtout quand l’on commandait à des hommes. Mais cela devait tout de même être une première pour elle car je doutais qu’elle fusse coutumière du fait d’être transportée comme un sac de patate, à moitié dénudée et encore plus de fuir une horde d’ennemi.

Je soupirais en me grattant l’arrière du crâne. Si on pouvait éviter d’en faire une habitude. La pensée me fit sourire alors que je la regardais se déhancher devant moi en quelques pas hésitant. Captivant mon attention d’une façon presque hypnotique de la même manière qu’elle appelait mes mains à la toucher, sa peau à me réchauffer. J’eu néanmoins une bouffée d’oxygène quand elle me demanda la nature de l’endroit où je désirais l’emmener. Finalement, elle n’était pas si en colère que cela. Du moins, cela m’amena aussi un sourire. ‘‘Chez moi…Enfin l’endroit où je me considère comme ainsi. Il faudra juste être un peu discret pour y entrer’’ Je doutais tomber sur quelqu’un un soir de spectacle à cette heure ci. La nuit était encore jeune et la pluie risquait de refroidir quelques ardeurs.

Je la suivis jusqu’à ce qu’elle s’adosse à son mur, annonçant son erreur. Je lui caressais à nouveau la joue, lui laissant un baiser sur sa peau, puis une petite série le long de la mâchoire, posant mon front contre le sien. . ‘‘Je ne suis pas l’homme le plus courageux du monde. Mais je te garderais en vie, c’est ce que je t’avais promis ’’ Ces mots raisonnaient étrangement sur ma langue. Prenant une nouvelle tournure. Un nouveau sens dont je ne m’étais pas douté un seul instant. Je fronçais légèrement des sourcils avant de hausser les épaules. Cela n’avait pas d’importance pour le moment.

Dans un sourire, je la fis grimper sur mon dos. La sensation agréable de la chaleur se diffusant contre moi. De sentir sa poitrine s’écraser contre mon vêtement. A nouveau la frustration grimpa en moi, laissant mon excitation renaitre de ces cendres pour gonfler mon cœur de plus belle. Arriver le plus vite possible. La seule pensée cohérente que je pouvais formuler à cet instant alors que mes mains soutenaient les fesses de mon amante. Un effort méritoire de ma Volonté pour ne pas m’arrêter pour l’embrasser…Pour ne pas la prendre avec urgence dans une ruelle. Sentir ces mains, sa peau, son odeur sans pouvoir toucher ou rendre la pareille me rendait complètement dingue, me forçant à presser le pas.

Mon pied rencontra la porte de derrière avec violence, pénétrant la maison sans aucune finesse, me pressant vers l’étage supérieur, attrapant avec les dents de quoi nous sécher…J’aurais volontiers emporté un couteau pour m’attaquer au corset ainsi qu’aux chausses mais au point ou j’en étais, je faisais confiance en la puissance de ma luxure pour m’aider à arracher ce maudit cuir par tout les moyens possibles et inimaginable ! Fort heureusement, la maison était bel et bien plongée dans le noir…Silencieuse et mon arrivée n’avait provoqué aucun émoi. Je me déplaçais vaguement entre les meubles, les instruments de musiques et les vêtements qui trainaient un peu partout, me cognant parfois provoquant un petit juron avant que je puisse emprunter l’escalier.

Là, je me dirigeais vers la partie la plus au fond pour ouvrir là encore la porte d’un coup de pied et la refermant de la même manière. Ma chambre n’était pas la plus reluisante de la ville mais elle était propre mit à part plusieurs partitions sur le sol gribouillé à la hâte. Dans un coin trainait quelques fioles contenant des huiles essentielles. Un instrument à corde, un énorme lit aux plusieurs couvertures épaisses sur lesquelle je m’assis ainsi que Sipik. J’attrapais la serviette entre mes dents pour sécher mes cheveux et retirer toute cette eau gelée de mon visage avant de la tenir par les deux bout et la jeter en arrière pour attraper la nuque de la jeune femme et l’obliger à ce poser sur mon épaule.

‘‘Bienvenu en territoire conquis ma Dame…Vous êtes la première à vous être emparée de cette endroit avec une facilité déconcertante’’

Je lui laissais un baiser sur les lèvres. Puis un second, plus profond alors que je caressais sa cuisse…Mes mains remontèrent dans mon dos s’attaquant de nouveau avec habileté au nœud gordien qui devait constituer son corset. ‘‘Il vaudrait mieux ce mettre au chaud avant d’attraper mal avec tout ces vêtements détrempées. Non ? Dans ma grande bonté, je veux bien te laisser terminer ce que tu as commencée’’ Je ricanais tout en lui mordillant l’oreille, basculant de plus en plus en arrière.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Ven 9 Mar - 22:44

En le voyant approcher, elle était restée figée, contre le mur. Elle était encore sous le coup de la surprise, celle d’avoir frôlé sans même le savoir la mort, et celle de lui devoir la vie. Un frisson sous sa caresse, puis d’autres tandis qu’elle sentait ses lèvres effleurer sa mâchoire. Chacun de ces contacts, ténus et tendres, la ramenaient au calme. Un calme qui se transforma en plaisir… Si bien que lorsqu’il appuya son front au sien, elle arborait un sourire, infime. Sa voix, grave et douce, si proche qu’elle occultait l’averse, lui parvint, et endormit ce qu’il restait de rancœur. Elle ne s’était pas attendue à lui devoir la vie… Elle sentit son souffle sur ses lèvres. Il lui avait fait une promesse, c’était vrai. Une promesse qu’elle avait laissé glisser sur elle un peu plus tôt, sans y prêter réellement gare. Glissant sa main sur sa joue, elle fronça légèrement les sourcils. Elle l’avait mal jugé… Cet homme qu’elle avait tout d’abord senti inconscient, léger et bigarré… Un homme insaisissable. Il avait tenu sa promesse.

Il avait tenu sa promesse.

Elle le laissa la soulever. Ca ne lui ressemblait pas, de demeurer ainsi passive, d’être portée, de ne pas s’en remettre à ses propres jambes. Mais sitôt pressée sur son dos, sentant ses mains la soutenir, elle se blottit. Elle sentait sa nuque, plus épaisse qu’elle ne l’avait cru, contre son épaule. Son torse auquel elle s’agrippait écartant le col de sa chemise. L’eau ruisselait, violente, entre eux. Elle s’insinuait dans ses vêtements, resserrait l’étoffe sur ses cuisses, collait à leurs fronts des mèches de cheveux mêlées. Longs et noirs, bruns… les siens, qui couraient jusque dans le cou de l’anonyme. Elle le parcourait, son souffle crépitant contre la pluie qui battait son visage, contre sa mâchoire, sur son épaule. Elle devinait la peau, recouverte d’une pellicule d’eau, glissante, mate. Attirante. Elle sentait son pas se faire rapide et sous ses doigts inquisiteurs, son cœur battre. Son pouls était lui aussi précipité, et dense contre sa joue. Un corps tendu, qui trouva un écho vif en elle. Elle partagea un désir muet, et passif. Un désir qui n’était pas produit par des caresses, ou par des baisers. Pas même par des mots… Mais simplement par celui de l’autre. Par la position d’impuissance dans laquelle ils étaient l’un comme l’autre. Un désir qui ne naissait de rien que de la pure proximité… Quelque chose d’inédit.

Quelque chose qu’elle mettait sur le compte de l’alcool. Sur la pluie, sur sa détresse. Oui, ce ne pouvait qu’être cela. Elle ne pouvait ressentir pour un homme dont elle ignorait jusqu’au nom, qu’elle avait plus tôt vu débarquer accoutré comme une femme, quelque chose d’aussi essentiel.

Le voir défoncer une porte fit monter la pression en Elenor qui se cabra légèrement. Il enfonçait la porte de sa propre demeure… Une porte qu’il pouvait ouvrir, tranquillement. Il avançait dans l’obscurité avec une souplesse, et une agilité déconcertante. Il avait hâte, hâte de briser cette séparation. Leurs corps étaient plaqués l’un à l’autre, mais elle ne pouvait pas dépasser le haut de son torse… Et lui était bloqué ainsi, dans cette position. Il monta des escaliers. Elle aurait pu demander à être déposée plus tôt, à ce qu’enfin il la libère. Mais dans le silence feutré de cette maison endormie, alors qu’il était si tôt, et encombrée, elle n’osa pas émettre le moindre son. Ses yeux s’attachaient aux reliefs qu’elle pouvait voir. Pour le quartier, cette demeure était relativement grande, et encombrée. Elle l’était en tout cas beaucoup plus que celle qu’elle partageait avec Lan. Ils s’étaient en réalité enfoncés tous deux dans la plus profonde des misères qui soit, et quoi que ce désordre jurait avec ce à quoi elle était accoutumée, il avait au fond quelque chose de réconfortant, et de chaud.

La seconde porte céda sous un nouveau coup, puis se referma avec la même violence, le même empressement. A chacun des coups qu’il portait, elle sursautait, et sentait son désir grandir. Son stress aussi. Car il y avait étrangement une certaine angoisse, qui naissait de ce parcours, long, fait dans un but précis. Ce n’était pas comme une étreinte, consumée à la dérobade contre un mur sous un hauvent. Il y avait là tout un rituel qui la rendait plus concrète, et prévue. Préparée. Déposée sur le lit, elle ne put pas pour autant bouger, vite rattrapée par la serviette qui la cueillie derrière la nuque. Il la colla à lui, à son dos. Il lui coupait toute retraite. Nouveau piège, celui-ci entre quatre murs, et sur des couvertures épaisses. Un piège d’une autre nature, dans un confort mielleux... (le miel !) Elle était sur son territoire, elle ne pourrait pas s’enfuir. Et faire valoir ses droits allait l’obliger à lutter. En guise de réponse, elle hasarda un souffle dans son cou, s’amusant de l’eau froide que, par ses cheveux qu’elle n’avait pas séchés, elle répandait le long de ton torse. Elle espérait le chatouiller, introduire du jeu dans cette atmosphère malgré tout réglée. Cette atmosphère qui était la sienne. Il lui parlait de territoire conquis, mais elle n’y croyait pas vraiment. « Ce territoire est le tien. C’est un peu de toi… » Etait-il conquis ? Elle n’en était pas encore sure mais, ses sens à l’affut, force lui fut d’admettre qu’elle était excitée par cette perspective… « J’ai encore du travail de ce côté-là, et une promesse, moi aussi, à tenir… » Sa voix, si basse que presque un chuchotement, s’était glissée directement dans l’oreille de l’anonyme, tandis qu’elle accueillait un baiser, puis deux avec un souffle court. Ce contact, profond, rapprocha son corps de l'état de tension extrême qu'il avait connu plus tôt, avant qu'ils ne soient interrompus.

Une main sur sa cuisse, l’autre qui remontait le long de son corset, et son souffle accélérait. Ses dents sur son oreille, elle laissa un infime gémissement lui échapper. Terminer le travail… Oui, elle terminerait. Elle glissa doucement en arrière, se séparant de lui tandis qu’il la faisait basculer. Elle lui résistait, contournait sa volonté pour l’éprouver. Elle avait déjà ouvert sa chemise, il ne lui restait pas grand-chose à faire pour l’en débarrasser. Elle s’y agrippa d’une main, et tira dessus. Elle couvait du regard ce dos en mouvement, obligé de se contorsionner pour se laisser dénuder. Cette peau mate, luisante d’eau. L’étoffe coincée sur ses poignets, elle hésita à le libérer tout à fait, trouvant tout à coup un certain plaisir à cet immobilisme auquel elle le contraignait. Elle se rapprocha alors, doucement, et plutôt que de tirer dessus tordit la chemise pour y coincer ses mains. A moins de s’en dégager d’un coup sec, avec une vigueur qu'elle brûlait de le voir manifester, il n’avait pas d’issue. Pas d’issue douce ou patiente du moins. Un nouveau coup d’œil à son dos, puis elle y déposa ses lèvres, délicate. Il ne pouvait pas la voir, moins encore la saisir… Mais elle ne s’affranchissait pas de lui. Elle vint souffler sur ses épaules, récupéra la serviette pour l’y apposer, avant, finalement, de hasarder ses dents sur celles-ci. Elle le mordilla en douceur, ses dents effleurant peau et muscles avec délices. Il était salé, une saveur qui la transporta tandis qu’un léger rire lui échappait. « Si tu souhaites terminer ce travail là, il va falloir te battre un peu plus… » Nouvelle morsure, toujours subtile et indolore, puis elle disparut tout à coup, reculant jusqu’à l’autre bout du lit où elle l’attendit, les jambes repliées devant elle, dans le but de ne pas lui faciliter l’accès à ce qu’il désirait.

Adossée au mur, elle le considéra avec une lueur de défi dans les yeux. Son désir était évident, comme en témoignaient ses doigts crispés dans les couvertures. Relevant ses mains, elle plaqua en arrière ses cheveux humides. Lèvres entrouvertes sur un souffle chaud, elle le considérait avec une envie manifeste, toutes les possibilités qui s’offraient à eux s'imposant à elle. Elle avait envie, réellement, de se débarrasser comme il le disait de leurs hardes détrempées et glacées. Elle avait envie de la tendre chaleur des couvertures, de celle de sa chair. Si une part d’elle, celle qui s’exprimait alors, avait envie de jeu, et de pousser à son comble le désir qu’ils avaient l’un pour l’autre, une autre rugissait d’impatience, et se figurait toutes les méthodes qu’il pourrait adopter pour la prendre, là, en repoussant ses jeux et laissant aller son désir. Elle récupéra, tremblant un peu, la serviette dont elle s'était servir pour l'éponger, et sécha son visage, ses cheveux qu’elle garda en arrière. Ecartant doucement sa chemise déjà béante, elle entreprit ensuite avec un sourire entendu de débarrasser sa gorge, le haut de ses seins et ses épaules, de l'humidité qui les recouvrait. Il pouvait, sous l'étoffe, deviner une partie de ses tatouages. Elle était prête à les lui livrer. Qu’il la débarrasse de tout cela, pour voir. « Alors, tu relèves mon défi ? » Son sourire, tandis qu’elle l’observait avec gourmandise, s’élargit. « Tu n’es pas un guerrier, mais je suis convaincue que tu possèdes ces armes-là… »
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Sam 10 Mar - 19:23

Elle semblait apprécier l’endroit…Dans le même temps, il était vrai que je n’y avais jamais invité personne. C’était juste une chambre fonctionnelle mais qui me servait surtout de refuge. L’hiver plus particulièrement était plus agréable sous la chaleur de ces couettes. De même lorsque j’éprouve l’envie de me couper du monde de temps à autre. J’étais loin d’y venir aussi souvent que je le désirais mais cela restait un endroit qui me restait assez cher pour le conserver uniquement pour moi. Enfin, il fallait dire aussi que j’avais rarement eut l’occasion d’y amener quelqu’un. Serait-il plus juste de dire que je n’en n’avais jamais eu l’envie ? Ce n’était pas non plus l’endroit où l’on pouvait être le plus bruyant…

…Surtout quand elle me contraignait avec ma propre chemise. Je soupirais en me disant que les femmes seraient vraiment ma perte. J’aurais du me méfier mais dans le même temps quand une femme vous déshabille, est ce que vous ferriez attention vous ? Pendant que j’essayais de trouver une solution, je la regardais du coin de l’œil, frissonnant alors qu’elle apportait une attention particulière à mon dos…Incapable de la toucher ou de lui transmettre ma frustration à ne pas pouvoir la toucher. Je grinçais des dents tout en essayant de me tirer de ce piège cotonneux et humide bien décidé à ne pas laisser un morceau de tissus se mettre entre moi et ma nuit de luxure débridé ‘’La prochaine fois trouve quelque chose de mieux à me proposer comme défis’’

J’essayais de libérer un minimum mes mains pour poser la chemise au sol. Juste assez pour y poser mon pied et comme le bon barbare que j’étais, je tirais avec violence dessus. Un premier craquement ce fit entendre du côté droit mais pas assez pour la rompre. L’humidité certainement. Je serrais les dents avant de recommencer trois ou quatre fois en y allant à fond…Avant de jeter mon regard vers les cuisses de mon amante. Je l’attrapais par un pied, la faisant glisser sur mon lit pour l’attirer a moi avec violence. Il ne me fallut qu’une seconde pour me glisser entre ces jambes, mes mains sur ces épaules qui glissèrent lentement le long de sa poitrine et de son ventre pour s’arrêter au niveau de sa ceinture. Mes doigts s’engouffrèrent contre sa peau, remontant sur son ventre pendant que je me reculais, mon visage s’abaissant jusqu’à son ventre pous y déposer un baiser. Puis un autre plus bas…Avant de chercher encore plus bas.

Avec une lenteur calculée, je continuais mon ballet de baiser mais cette fois suivant sa jambe pour arriver jusqu’à la cuissarde. Avec beaucoup de dextérité, j’usais de ma langue et de mes dents pour extraire la petite dague dont je connaissais désormais l’existence. Une fois en bouche, je pratiquais une petite incision rapide. Juste une car il s’agissait maintenant de lui rendre la monnaie de sa pièce. Je viens lui voler un baiser plus appuyé et passait un morceau de ma chemise contre ses yeux de manière à l’attacher. ‘’A mon tour désormais’’ Je ricanais alors que je déposais de léger baiser sur son visage, m’attardant sur son cou.

Je pris les mains de la jeune femme pour les déposer sur mes épaules. Ce ne fut qu’a cet instant que je m’attaquais au corset avec une lenteur délibérée. Ma seconde main caressant le visage de ma compagne, mes doigts s’attardant sur sa bouche, essayant de s’y introduire. Mes lèvres quand à elle s’attaquant toujours à sa gorge. Je devais me féliciter de connaitre les vêtements de femme assez bien pour pouvoir ainsi m’attaquer aux lacets en aveugle. Chaque fois que l’un d’entre eux cédait, je sentais la pression diminuer et le rythme cardiaque s’emballer…Mais je n’aurais sut dire s’il s’agissait du mien ou du sien. La seule chose dont j’étais certain, c’était qu’elle transpirait la sensualité par tous les pores de sa peau me rendant une nouvelle fois dingue. J’attaquais les derniers lacets en même temps, maintenant les poignets de ma compagne d’une main au dessus de sa tête alors que j’attaquais aussi sa chemise à la dague d’un geste précis, libérant l’accès à sa peau, m’offrant son corps à ma vue…‘’tu es magnifique’’…Je laissais sa lame du côté non coupant courir sur sa peau avant d’y laisser mes lèvres à intervalle régulier jusqu’à ces lèvres que je pris avec passion. Mes mains explorèrent son corps à loisir, courant sur son dos et sa poitrine, ralliant ces fesses et ces seins avec une félicité qui transformèrent ma frustration passée en un désir encore plus puissant. Une faim avide d’elle alors que je m’abreuvais à ces lèvres. Une chose que je n’arrivais à réprimer…
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Sam 10 Mar - 23:59

Elle pouvait sentir, depuis son poste, en retrait, la frustration qui était la sienne. Elle sentait ses regards l’effleurer tandis qu’il tirait comme un forcené sur la chemise. Elle ne l’avait pas nouée, simplement tordue, mais la fibre étant détrempée, il avait du en tirant dessus consolider son entrave, jusqu’à la rendre redoutable. C’était un jeu qui l’amusait, comme il aurait amusé une adolescente. Elle retenait un rire clair, tandis qu’il râlait et lui reprochait son défi. Alors, le jeu dans la voix, elle lui glissa : « Qu’est-ce qui te fait croire que c’est là le défi que je te réserve ? » Un rire, à peine, puis elle ajouta doucement : « Ce n’est qu’un avant-goût… » Elle ne se donnerait pas facilement. Car en se refusant, en repoussant les limite de ses envies, elle s’entravait elle-même. Des yeux, elle suivait le supplice de l’étoffe, n’attendant qu’une chose, sa respiration plus enlevée, de l’entendre finalement craquée et céder.

Lorsque ce fut, enfin, le cas, après plusieurs coups qui cinglèrent son désir, et que l’étoffe se rompit suffisamment pour qu’il en sorte ses mains, elle entrouvrit les lèvres sur un souffle qu’elle maîtrisa difficilement. Elle avait l’impression d’être sur le point de sauter du haut d’une falaise, ou dans une fosse pleine de lions. L’impression que le craquement subtil des fibres venait de la précipiter dans un jeu beaucoup plus dangereux. Cette pensée, qui occupa son esprit l’espace de quelques instants, détourna son attention, si bien qu’elle eut un petit glapissement de surprise en le sentant tirer sur sa jambe. Elle allait la relever lorsqu’elle le sentit, à une vitesse qui la souffla, l’envahir pour lui couper toute retraite. Il était sur elle, entre ses cuisses. Torse, lèvres, mains. Des mains qui la parcouraient sans vergogne, s’emparant enfin de ce qui leur avait été refusé, depuis l’interruption du Guet. Dans leur sillage, sa peau lui semblait tendue, parcourue par une délicieuse sensation de chaleur. Une chaleur insidieuse, qui traversait cuir et étoffe, mais dont elle savait qu’une fois sur sa peau, elle serait redoutable. Elle s’enfonça dans le matelas et les couvertures, se cambra sous ses baisers… avant de le sentir descendre, lentement, mais surement. Voulant voir jusqu’où il irait dans son petit parcours, elle tenta de se redresser mais n’y parvint pas, les mains qu’il avait laissées sur elle l’immobilisant, et se contenta d’agripper ses épaules, un frisson pour chaque contact, qui l’éveillait de façon toujours plus intime. Chaque petite pression entrainait une réaction plus vive chez elle, son souffle se précipitant, avant de retrouver un rythme plus serein lorsqu’il passa à sa jambe…

Elle ne vit pas aussitôt venir le coup, et songea qu’il devait chercher un moyen de la débarrasser de ses cuissardes, lorsqu’elle entendit le son, feutré et bien connu, que faisait sa dague en sortant de son fourreau. Elle se redressa cette fois, juste assez pour, les sourcils froncés, laisser un « Qu’est-ce qu… » lui échapper, avant d’être assaillie par un baiser qui la renvoya derechef dans les couvertures. Elle s’y enfouit sous son poids, les mains laissées au-dessus de sa tête. Elle voulut reprendre la parole, mais l’étoffe humide de la chemise lui coupa à nouveau toute retraite. Sidérée tout d’abord, elle ne songea pas à protester. Puis, reprenant conscience de ce qu’il faisait, elle laissa la curiosité l’envahir. Lui qui avait été si doux et avenant, plus joueur et espiègle que fougueux… il la surprenait par sa vigueur et son envie d’en découdre. La lionne était séduite, et ivre de la suite de ce qu’il lui réservait.

À son tour de l’entraver… Il la privait d’un sens, mais sitôt l’obscurité faite, elle fut saisie par l’acuité de ce qu’il lui restait… La cécité avait cela de bon qu’elle exacerbait chaque caresse, chaque son, chaque sensation qui n’était plus visuelle… Elle démultipliait également son excitation, à laquelle se mêlait toujours un peu d’inquiétude cependant. Son sourire, hésitant tout d’abord, s’élargit sous ses baisers. Elle obéit à l’ordre muet de ses mains, et déposa les siennes sur ses épaules. Elle les sentait rouler sous ses doigts, ses muscles se tendre avec une sensibilité que l’œil n’avait pas. Alors elle le massa, tandis que les lèvres de l’anonyme gagnaient sa gorge. Une inspiration, sonore à ce contact qui la surprit, puis elle remonta les doigts de sa main droite, sur sa nuque, sous ses cheveux. Ils étaient toujours humides, d’une humidité tendre, et caressante. Une douceur qui n’appartenait qu’à l’eau et qui la dévia une seconde de ses lèvres. Nouveau contact venu s’ajouter aux deux autres, ses doigts qui s’aventuraient sur ses lèvres, pour les forcer… Elle y déposa un baiser, avant de leur céder le passage, leur pression sur ses lèvres, sur sa langue gonflant encore un peu plus son désir. Remontant l’une de ses cuisses, haletante, elle s’agrippa à ses épaules avec vigueur lorsqu’elle sentit le lacet de son corset céder… La dague…

Elle l’avait mis au défi d’employer ses propres armes, mais il lui volait les siennes. Une voluptueuse tricherie. Celle d’un barde, d’un comédien, d’un voleur. Souple, souple voleur dont les doigts couraient sur elle en quête du plus savoureux des larcins. Il la fit chanter, un gémissement lui échappant, de temps à autre, tandis que lame et lèvres gagnaient du terrain. Une à une, les attaches de son corset cédèrent… Puis un contact glacé sur son corps la fit se cambrer, par réflexe. Un craquement sonore, et l’étoffe détrempée quitta son ventre pour ses flancs, l’offrant au regard de l’homme qu’elle ne voyait pas. Elle sentit, dans le vague, la pause qu’il opéra dans ses attouchements, qu’il bénéficiait pleinement du sens dont il l’avait privée. Ses mots confirmèrent cela… Elle lui raconta une histoire, muette et tout à coup plus sérieuse. Son sourire s’était évanouit, sans trahir un quelconque désagrément… Elle était plutôt dans l’attente tendue de la suite, prise au piège d’un désir tel qu’il ne souffrait nul délai.

À nouveau le contact froid de la lame qui remonta le long de son ventre, lui arrachant au passage un frémissement qui l’agita un peu, avant de gagner ses lèvres… Puis un baiser, puissant et d’une profondeur qui surpassa tous les autres. Il y mit une force et un désir tels qu’elle resta interdite un instant, avant de s’y joindre avec passion. Brûlante, dévorante… Ses mains prirent le visage l’anonyme, redescendirent, trouvèrent son torse qu’elles découvrirent avec gourmandise. Ses bras, sa taille… Il n’avait rien ici du corps insaisissable, étrangement juvénile qu’elle avait vu plus tôt lors de leur entrainement… Ici sous ses doigts il prenait une autre dimension, plus forte, plus imposante et plus virile. Un corps fébrile, emporté… Presque violent tandis qu’elle se sentit écrasée dans l’étoffe, le souffle court sous ses mains qui la pressèrent, ramenèrent leurs bassins l’un contre l’autre avec fougue.

Elle répondit à l’appel, remonta l’une de ses cuisses contre ses flancs, ses doigts ripant sur la ceinture de son ravisseur. Elle sentait contre le dos de ses mains son ventre se gonfler par la respiration, profonde, qu’il prenait sans libérer ses lèvres. Il était chaud, frémissait de temps à autre de plaisir, tout comme elle. Elle força le passage sous la boucle métallique de la ceinture, ses doigts s’y aventurant, souffles brûlants mêlés. Elle était toujours aveugle, délicieusement aveugle, sans plus avoir besoin de la vue. Elle le trouva, dur, l’effleura à peine, puis remonta. Elle appuyait sur son aine, cherchait une sensibilité accrue. En temps normal elle l’aurait déjà poussé au gémissement, mais elle était une gauchère sans main gauche, et pesta intérieurement de ne pas pouvoir prodiguer du bout des doigts les délices dont elle était capable autrefois… Elle trouverait un autre moyen.

Remontant un peu plus encore, elle s’échina, jouant des épaules, à crocheter sa ceinture et, sitôt celle-ci relâchée, glissa ses mains sur ses fesses pour le rapprocher un peu plus encore de son bassin. Il était ferme, tendu tout contre elle, ce contact déjà intense quoi que séparé par l’étoffe de leurs vêtements. Elle accompagna le geste d’une morsure à ses lèvres, le guidant, le pressant tout en appréciant ce que ses doigts découvraient. Il était un homme bien fait. Très bien fait en fait. Il avait une puissance naturelle, appréciable. Ses doigts dansèrent un peu sur ses reins, le bas de son dos découvert par les chausses qu’elle avait desserrées, sans pour autant le déshabiller. Ils l’enjoignaient à danser avec elle. Un rythme assez lent, mais intense. Un frottement sous lequel le tissu grinçait, mis à mal par l’ardeur de l’anonyme, et les impulsions fébriles d’Elenor. Ses mains remontèrent alors le long de son dos, jusqu’à ses cheveux qu’elle saisit pour le contraindre à séparer leurs lèvres. Elle était à bout de souffle, son cœur manquant un battement dans un tremblement. Pas un mot ne sortit de ses lèvres, tandis qu’elle reprenait son souffle, sans cesser cette danse. Plus douce, tout à coup. Ce contact, mettant en ébullition une intimité toujours voilée, était si fort qu’ainsi livrée au toucher, elle n’avait pu supporter le baiser qui l’accompagnait.

Un sourire lui vint alors, tandis que sa poigne dans les cheveux de l’homme se faisait caresse, et qu’elle regagnait sa taille. Elle saisit la boucle de sa ceinture, qu’elle fit glisser autour de sa taille avec un grognement. Le métal lui faisait mal, à l’intérieur de sa cuisse contre laquelle il frottait. Puis un soupir de soulagement lorsque le cuir disparut avec un son feutré. Il était plus libre, et quoi que leur contact ne soit pas direct, leur étreinte se fit plus concrète… Une seconde, puis deux de calme à se jauger, avant, finalement, qu’elle ne reprenne ses lèvres avec une fougue retrouvée. Elle le voulait. Elle craquait.

Trop de jeux, elle n’en pouvait plus. Elle avait un besoin impérieux de se débarrasser de ces barrières, de s’offrir, de ne faire plus qu’un. Déchaîner leur énergie, leur force respective. Celle de la lionne, et celle du chasseur qu’il était. Qu’ils luttent, jusqu’à ce que l’un des deux, à bout de souffle, abdique dans un râle. Son cœur battait si vite qu’il lui semblait, bientôt qu’il allait exploser. Une plainte, légère, lui échappa, une supplique. Qu’il vienne.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Dim 11 Mar - 1:29

Un rythme…un rythme qu’elle lui imposait mais qui ressemblait plus à un appel. Un appel désespéré à venir la chercher. A venir la trouver maintenant que je l’avais réduite à ma merci. Plus de vue. Aucun contrôle sur la tournure des évènements, exaltant son sens du toucher ainsi que du goût quand je ne satisfaisais uniquement ma luxure et ma vue. Je n’étais pas honnête en disant cela car moi aussi j’étais dominé par mon sens du toucher. Moi aussi j’étais appelé par sa peau. Par la douceur étrange laissée par les tatouages qu’elle arborait. Un défilement de couleur et d’encre sous mes doigts agiles qui en dessinaient le contour de quelques uns quand je sentis sa main contre mon aine.

Je frissonnais alors qu’elle se rendait compte de mon désir implacable pour elle. Une caresse qui n’avait duré qu’une seconde mais qui déjà avait prit sa marque sur moi. J’avais besoin de plus. Plus de chaleur. Plus de caresse. Plus…D’elle alors qu’elle ne faisait plus que crocheter ma ceinture difficilement. J’étais prêt à couper moi-même cette lanière de cuir si cela ne m’avait pas autant excité. Cette preuve qu’elle avait tout autan envie de moi, qu’elle me voulait au plus profond d’elle et qui la poussait à prendre les devants. Qui la poussait à me coller toujours plus près de son bassin, à me frotter à elle dans une caricature de ce qui devrait être. L’urgence. Toujours pressé au point de faire abstraction des vêtements, une barbarie commune qui laissait la raison de côté, la laissant se noyer dans le plaisir que je ressentais. Le besoin de laisser monter encore un peu la pression pour mieux jouir de sa délivrance.

Ma ceinture qui glissait sur le côté. Le goût de ces lèvres qui s’enivrait de ma chair et de ma langue. La pause qu’elle s’imposa pour ne pas mourir étouffé, me laissant de moi-même à bout de souffle. L’esprit totalement vierge de toute pensée pour n’être que pure sensation. Comment arrivait elle à être aussi passionnée et pourtant si réservée. Si ardente et si patiente à la fois. Dominante et dominée alors qu’elle m’arrachait violement à ces lèvres pour mieux venir les prendre. Penser à déglutir. A reprendre le contrôle de mes sensations et de mon cœur qui battait si rapidement que je ne savais s’il battait ou non dans ma poitrine.

Je refusais de lui céder. Pas encore, pas avant de l’avoir rendu folle. Pas avant qu’elle me hurle ces désirs les plus secrets. Je m’abaissais sur sa poitrine, venant cueillir son sein d’une main, le pétrissant avec douceur pendant que je prenais l’autre de ma langue et de mes dents. Saisissant délicatement son téton entre mes dents pour la faire délicieusement souffrir. Je me décalais entre ses jambes, de telles manières à ce que la mienne caresse son intimité encore protégée, ma main armée s’attaquant à la cuissarde désormais coincée entre les miennes, faisant céder le lacet sur une bonne longueur alors que mon corps ondulait contre le sien, apportant une pression constante et continue sur elle. La pétrissant et la mordillant dans le même temps, l’abandonnant que pour lui retirer cette horrible pièce de cuir qui m’avait tant empoisonné.

Avec un plaisir sadique, je me relevais doucement, m’emparant de son autre jambe que je relevais doucement jusqu'à mon épaule, m’attaquant là aussi au lacet que je détruisis avec malice, lui retirant là encore sa gaine de cuir, la laissant tomber au sol. Je ramenais sa seconde jambe là aussi sur mon épaule pour mieux les caresser et me laisser emporter jusqu'à ces fesses. Mes doigts entreprirent d’en connaitre le moindre recoin avec beaucoup de patience jusqu'à se distiller dans ces chausses dont je m’emparais, les faisant glisser lentement jusqu'à ce qu’elles tombe là aussi a terre . Dans un gloussement, je contemplais cette magnifique jeune femme qui m’était offerte. Aussi brûlante que je pouvais l’être, la laissant goûter à la fraicheur de la pièce et la laisser imaginer ce que je pouvais penser.




[Ellipse Temporelle]
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Elenor Jagharii
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Mar 24 Avr - 20:05

[Fin de l'ellipse temporelle... la même soirée, plus tard]

Un dernier rugissement, puis l’accalmie… Une moite accalmie dans laquelle elle s’engouffra, à bout de souffle, l’esprit hagard et le souffle court. Son cœur, poussé à bout, ne laissa pas retomber la pression, et de seconde en seconde, passée la rage, tandis que ce n’était plus que de baisers qu’il couvrait sa peau, elle se sentit engourdie, de plus en plus, jusqu’à l’oubli total…

Jusqu’à ce que finalement, dans un soupir, elle disparaisse.

C’en avait été trop, trop de plaisirs et trop de saveurs. Des données offertes en pagaïe à des sens qui n’avaient pas su les trier et, sentant la pulsation puissante du sang à ses tempes, à son cou, ils avaient finalement abandonné. Sombrer ainsi n’est jamais agréable. Une perte de contrôle totale, absolue, qui n’avait plus rien à voir avec le sommeil… Plutôt l’impression de se perdre soi-même. D’être incapable de retenir son être, comme l’on voudrait retenir du sable, ou de l’eau au creux de ses mains. Il l’avait dissolue par la danse, rude, totale qu’il avait imposée à son être, l’avait rendue impalpable. Et elle lui avait abandonné, sans défense, cette enveloppe qu’à présent il cajolait.

Oh doux barde, redoutable, il avait finalement obtenu de la lionne qu’elle abdique bien malgré elle. Pour le meilleur sans doute, car le pire, tandis qu’elle reposait inerte, n’existait plus.

***
Au cœur de la nuit…

Combien de temps demeura-t-elle ainsi, inconsciente dans ses bras, et sous ses doigts ? Elle ne rêva pas, et ne le sut donc pas. Assez longtemps pour que le calme revienne tout à fait. Longtemps, pour que son cœur reprenne ses droits, retrouve sa vigueur. Pour que son esprit accepte de nouveau qu’elle se tienne en elle-même. Affaiblie, mais consciente…

En vérité, cela prit presque une heure… pour Elenor, ce fut beaucoup plus flou. Lorsque ses yeux s’ouvrirent mollement, la pièce était plongée dans une douce obscurité. La maison toujours silencieuse, Elenor eut besoin d’un certain temps pour réaliser ce qui se passait, où elle se trouvait… avec qui. Car elle n’était pas seule, un poids, chaud et doux, en appui sur son dos, témoignait de la présence d’un homme. Elle se dégagea assez pour chercher ses traits, rendue nauséeuse par ce qui serait à l’Aube une gueule de bois à lui rappeler ses années de novice… Ce fut un rayon de lune, qui doucement s’était posé sur la joue de l’amant, qui le lui révéla. La pluie avait cessé, réalisa-t-elle… A croire que le but de cette averse n’avait été que de sauver… Sieben… Ce n’était pas Sieben, donc.

Et ce n’était pas Lan, non plus, à qui elle avait juré qu’elle l’épouserait. Vœux amer, contre nature… Déjà parjure, ses reins étaient intraitables sur le sujet.

Non c’était un autre homme. Elle ferma les yeux sur un soupir, le son de sa voix lui revenant. Mais à présent il dormait, sa respiration calme, sereine tandis qu’il prenait un repos bien mérité après la tempête.

Elle demeura interdite quelques instants devant ce spectacle, puis fut ramenée à elle par une douleur dans son bras gauche, qu’elle dégagea à grand peine de cette étreinte. Elle avait l’impression qu’il était comme mort ; impression à laquelle se succéda celle qu’il était parcouru par de la lave. A mesure qu’à nouveau le sang affluait dans ses veines, sa peau piquait, tirait, et ce jusqu’au bout de ses doigts. Par réflexe, elle voulut refermer son poing pour mieux l’irriguer… avant de se souvenir. Et pourtant, s’attendant à ce que sa main, comme morte, demeure rigide, elle constata un soubresaut… Infime… nerveux, sans doute. Mais son pouce, et son index frémirent et tentèrent de respecter l’ordre que son esprit endormi leur avait donné.

Sa main, morte, acceptait par ce signe qu’un peu de vie à nouveau l’irrigue…

Elle en aurait pleuré de joie. Elle se contenta, silencieuse, de regarder ses doigts, comme les signes annonciateurs du renouveau. Comme un bourgeon, un seul, ridicule et malingre, qui apparaît sur une branche encore sèche. Cela dura, jusqu’à ce que le sang ait repris ses droits dans ce membre endigué, et que la douleur ait disparu… puis elle reposa sur le profil assoupi un regard ému, et ne put s’empêcher de le penser. Foutu barde. Son second, Dissident… Il avait promis de l’affranchir… mais lui avait rendu le temps d’une seconde ou deux un peu de sa vie perdue…

Une larme de bonheur roula sur sa joue, que nulle pudeur n’aurait pu endiguer, lorsque presque docilement, elle retrouva la chaleur de ses bras, acceptant d’être lovée ainsi contre lui, ce créateur de vie. La lune, qui ne s’arrêtait pas à lui, caressait également l’oreiller devant ses yeux… Et pour ne pas la perdre de vue, elle y déposa sa main gauche.

Très vite, en l’espace de quelques secondes seulement, elle sombra de nouveau. Mais cette fois-ci dans un sommeil profond, et plus paisible que le malaise subit pus tôt. De ceux que l’on espérait voir durer toujours. Et qui trouvaient leur fin beaucoup trop tôt.

***
Et finalement, l’aube…

… Car il fallait bien que celle-ci vienne un jour. Et elle fut… douloureuse. Dans son sommeil, elle s’était détachée de lui, à présent couchée de côté, face à sa silhouette endormie. Il lui opposait son dos. Elle le parcourut d’un regard mou, reprenant ses esprits et collectant avec difficultés les souvenirs qu’elle gardait de la soirée.

Sa peau, sa chaleur, ses râles. Son odeur qu’elle avait bu avec avidité… Chaque instant de la soirée semblait s’être gravé en elle… Cette chair, étrangère et pourtant nécessaire, appelant toujoursn dans son souvenir, la sienne… L’alcool était décidément vicieux. Que de souvenirs elle avait perdu, depuis l’adolescence… mais ceux de cette nuit avaient été préservés, comme dans un écrin de velours. Pourtant, à en croire le tapage que provoquait dans son crâne le moindre mouvement, ils avaient bel et bien bu, beaucoup, et beaucoup trop. A quand remontait sa dernière cuite, déjà… ?

Et à quand remontait la dernière fois qu’elle s’était ainsi épanouie, dans les bras d’un homme ? Compte tenu de la fin de la soirée, elle était tentée de dire jamais, mais c’était sans doute un peu présomptueux avec un… passif tel que le sien. Présomptueux pour lui, car elle n’en menait pas large et se l’avouait volontiers, tandis qu’elle émergeait à grand peine, et prenait conscience de l’épuisement physique qui était le sien. Avec un râle qu’elle étouffa (il s’agissait de ne pas éveiller le dompteur de fauves) elle roula sur le dos, et réalisa du même coup non seulement qu’elle était prise de sacrés vertiges, mais aussi qu’elle était percluse de petites douleurs, stigmates de sa soirée. Ses reins étaient douloureux, ses abdominaux courbaturés. Son dos, aussi… Et elle était sure qu’il eut été possible de trouver à l’intérieur de ses cuisses quelques marques du passage de l’homme à qui, demain, il lui faudrait donner les ordres d’un Chef. Il pouvait bien être un artiste, offrir à qui le veut les plus doux sourires, elle s’était engagée dans un combat redoutable, la veille au soir, et l’acceptait comme un adversaire de taille.

Enfin, pour le coup, c’était loin d’être une première pour elle, les bleus, petites contusions et éraflures étant avec Sieben monnaie courante. Sombrer comme une jouvencelle une fois l’acte terminer, en revanche, force lui fut d’admettre que ce n’était pas son genre.

Prenant soin de ne pas l’éveiller, elle se leva, nue, et fit deux pas hésitants dans la petite chambre que la lueur du jour lui révélait. Leurs vêtements y étaient éparpillés dans un désordre qui en disait long sur leur faim de la veille… Elle trouva ses chausses, ici, et là une cuissarde dont le lacet (par Therdone…) avait été sectionné à la dague… Là son corset qui avait subit le même sort, et enfin sa chemise qu’il avait plutôt ouverte à la force de ses mains, et dont elle s’était débarrassée, se souvenait-t-elle, comme la grande fille qu’elle était. Chemise, cuissardes et chausses du barde traînaient, mêlées aux siennes comme leurs corps, plus tôt, s’étaient mêlés. A la vue du carnage cependant, il était évident qu’elle ne pourrait rien récupérer, si ce n’était à la rigueur ses chausses. Son regard s’attacha alors aux meubles, à tout l’attirail du barde, ses notes et parchemins éparpillés… Il n’était pas d’une rigueur militaire. A cette idée, elle pouffa légèrement. On ne pouvait pas dire qu’elle incarne actuellement la rigueur du soldat non plus, à tituber dans le plus simple appareil dans la chambre d’un parfait inconnu…

Ayant trouvé un miroir piqueté de rouille, elle s’en approcha, et considéra d’un œil maussade son reflet.

La qualité, raide, de ses cheveux noirs lui évitait l’air hirsute qu’avaient de nombreuses femmes au réveil. Ils n’en étaient pas moins un peu ébouriffés, ou au moins gonflés. Mais il y avait surtout, là, sur son cou qu’elle étira pour mieux voir, les marques de quelques morsures. Le bougre y était allé avec franchise. Elle ne l’avait même pas senti… Un mince sourire apparut alors sur ses lèvres, lorsqu’elle songea avec une certaine satisfaction que lui aussi garderait la trace de ses crocs pour quelques temps… Ils avaient été de bien sauvages amants…

Alors dans le miroir, tandis que du bout des doigts elle effleurait toujours la rougeur qui soulignait ses tatouages, elle le vit bouger, et la voix un peu cassée par un réveil difficile, elle lui glissa : « Bonjour… » Son nom, toujours, lui était inconnu. Plutôt comique, au fond. Elle ne se retourna pas, demeurant face au petit miroir et dos au lit, cherchant cependant son regard dans le reflet. A peine bougeait-il que lui revenaient les images de la veille… La douceur de sa peau, son odeur… Mais aussi une certaine gêne. Avait-elle eu raison, de se laisser aller à cela… ? Cette chambre était une zone neutre… Mais qu’adviendrait-il de ce second, avec qui il lui faudrait conserver quelque distance, une fois un pied mis dehors… ? Elle déglutit…

Oublier, si tant est qu'elle le désire, risquait fort d’être difficile…
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Mar 1 Mai - 22:12

Un sentiment de paix…Depuis combien d’année n’avais je pas ressentis quelque chose qui y ressemblait ? Même s’il ne restait plus qu’un corps brisé par les péripéties que je lui avais imposé, d’un cœur marqué au fer rouge par des pensées étranges formulées dans une tempête d’émotion…Le barde que j’étais s’éloignait lentement pour ne laisser que l’homme qu’il avait désespérément tenté de cacher.

L’amusement, les cachoteries, les multiples masques et artifices dont je me servais pour me dissimuler aux regards des autres étaient tombés d’un seul coup. Dire quand cela c’était produit me laissait songeur. A quel instant ? Quel sourire ? Quel moment de sincérité avait déteint sur un éclat de rire ? Difficile de le faire remonter dans ma mémoire défaillante. Pour moi, tout se confondait pour n’être que respiration saccadée, chaleur moite prenant naissance entre deux corps enlacés, douleur de chair trop sensible…Plaisir…Fureur…Dominance…Dominé…Au fond qu’est ce que quelques masques face à la puissance de cette rencontre et à la sérénité qui en refluai ?

Je me sentais plus léger, a croire que je venais de laisser s’échapper une chape de plomb coincé quelque part au fond de moi. Et dans le même temps, ce poids emportait mes pensées si superflues en cet instant. Il ne restait que cette immense fatigue qui s’empêtrait dans mon regard. Des paupières trop lourdes pour conserver un reste d’énergie oublié sans pour autant y réussir.

***
Dans un rêve

La senteur de mille épices remontaient du marché, m’obligeant à relever le nez des pages prostrées un peu partout autour de moi. La plume retrouva son écrin d’ivoire alors que je quittais les coussins aux couleurs pastel. Un voile s’étira sous mon passage révélant une pièce aux couleurs de sable. Pourtant marcher à même la pierre n’était pas désagréable bien au contraire tout semblait si chaud.

Un sentiment confirmé par le fait qu’il n’existait aucune fenêtre mais un large espace consumant le mur. Une baie offrant une vie incroyable sur la ville. Une abysse de couleur, de parfum, de bâtiments aux architectures reconnaissables. Un endroit auquel je pouvais appartenir sans éprouver une terreur absurde. Ici, je ressemblais à tout le monde. Tout n’était que comédie, alcool et danger mais sans tout le décorum prophétique, religieux ou politique. Un plaisir affiché qui ravissait les sens.

Un frissonnement de soie qui attire l’attention. Mes yeux cherchent l’origine du bruit jusqu’à trouver une femme vêtue si légèrement. Une femme tatouée. Une femme dont les lèvres remuaient pour formuler des mots inaudibles.

***

Debout sur un bras, mes yeux cherchaient quelque chose dont j’ignorais tout. Seul mon esprit brumeux en connaissait la réponse mais la formuler était bien loin de ces capacités actuelles. Je me laissais retomber, les yeux rougis de fatigue ou rongé par l’alcool. Lentement je faisais le décompte de ce qui n’allait pas. Trop d’alcool, trop de courbature, pas assez d’entrainement.

Entrainement.

Un flot d’image revient effleurer ma mémoire. La jeune femme. Sipik ! L’entrainement physique qui avait eut lieu, la débauche d’alcool puis le développement imprévu qui c’était produit dans cette chambre. Plus j’avançais dans les souvenirs, plus j’étais partagé entre les effluves de jouissance et les douleurs que je pouvais ainsi replacer dans leurs contextes. Ma main partit à la recherche de la chair qui manquait dans le lit quand un bonjour jaillis de l’autre côté de la pièce.

Un œil paresseux s’ouvrit, visant difficilement le miroir mais tomber sans difficulté sur une chute de rein qui ne m’était pas inconnu. Sans parler du tatouage un peu plus haut. Un sourire idiot suivit d’un pouffement de rire ne tarda pas à surgir de mes lèvres. Décidément, j’étais loin d’être l’homme le plus imprévisible qui était. C’était une certitude mais au moins, je n’étais pas mécontent de mes performances passées. J’étais loin d’être aussi jeune que les jouvenceaux qu’on trouvait dans la noblesse argentée cependant on ne pouvaient pas dire que j’étais incapable de contenter les demoiselles.

Un bâillement étira ma mâchoire, m’obligeant à fermer à contre cœur mon œil avant de m’étendre de tout mon long dans mon lit. ‘‘Bonjour’’ Léger sourire pendant je musse mon nez dans l’oreiller, y découvrant une trace de son effluve. ‘‘Tu devrais revenir par ici, il y fait meilleur et un peu de repos ne serait pas du luxe’’ Je ricanais dans ma barbe, certain de mon piège pour l’attirer innocemment jusqu’au lit.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Mer 2 Mai - 5:42

Lorsqu'elle l'entendit pouffer, puis vit son sourire, le sien affleura, sans lui demander son reste. Une chaleur encore diffuse, qui envahit sa poitrine et se distribua dans ses veines. Elles avaient été, hier, parcourues de lave. Ce matin, c'était une vapeur, chaude et légère, qui animait son esprit. Bien sur demeurait la douleur, et un fond solide de culpabilité, mais au-dessus il y avait une impression de justice, dans ce bien-être qu'elle ressentait. Cet homme, qui avait tenu sa promesse de lui faire oublier pour une nuit les chaînes dont elle s'était lamentée, qui lui en avait pourtant données d'autres, plus essentielles que ne l'est une allégeance... Elle le garderait auprès d'elle. Il serait son second. Et quoi qu'elle se saurait incapable de céder, une fois le pied mis dehors, à des avances contraires à son allégeance, il pourrait lui rappeler un peu de cette liberté qu'elle avait aimée. Peut-être, aussi, se servirait-elle de son pouvoir de séduction... À contre cœur, car déjà elle sentait une pointe désagréable lui venir tandis qu'elle se l'imaginait en train de gourmander une autre.

Vil barde, qui était venu s'emparer d'elle, quand il eut été normal qu'elle s'empare de lui...

Cela faisait fort longtemps qu'elle n'avait plus enduré pareil ressenti, longtemps qu'elle n'avait plus laissé son esprit vagabonder, encore en aveugle, entre elle, et un autre. À vrai dire, il ne l'avait même que très rarement fait. Des amants, Elenor en avait eu, quelques uns. D'aucun diraient beaucoup, mais ils n'avaient pas tous su l'emprisonner ainsi dans un écrin dont il lui serait difficile, venue l'aube, de se détacher. Et n'eut été sa promesse, déjà brisée, qui se rappelait à elle par souffle, elle aurait savouré le trouble qui la prenait, lorsqu'elle se prenait à penser à la veille. La faim, qui naissait, l'envie aussi d'y répondre. Elle aurait laissé ses mains courir sur sa peau avec innocence, offerts ses baisers avec une tendresse qui n'aurait eu de comptes à rendre. Sans idée de ce qu'aurait été demain, mais convaincue qu'aujourd'hui serait exceptionnel. Oui, ils avaient été rares, ceux qui avaient provoqué cela... Ils se comptaient sur les doigts d'une main, les seuls qu'elle avait, d'ailleurs, fréquenté avec une certaine assiduité... Ceux pour qui elle s'était assez engagée pour ne pas aller voir ailleurs. Mais pour lui, elle s'était au contraire engagée à le faire, et il lui faudrait, quoi qu'il lui en coûte, faire taire cette envie pour accepter le rôle qu'elle aurait à jouer... pour Isle, et pour la Dissidence.

Ta Volonté et la Lance, la Dissidence est son fer. Et au bout, encore sanglant, le cœur de la Jagharii...

Elle baissa les yeux et regarda ailleurs, lorsqu'il répondit à son salut. À sa voix, elle comprit qu'il n'en menait pas plus large qu'elle. Au moins n'avait-elle pas été la seule à boire comme un puit. Pourtant il étouffa un nouveau rire, et lâcha entre eux une invite à le rejoindre. Un sourire, à nouveau, vint effacer ses doutes, qu'il écarta comme autant de voiles gênants. Elle était toujours dans le petit monde bariolé du barde, où elle n'était Personne, pas plus que lui. Et l'anonymat lui semblait alors garant d'une certaine sécurité. Il était un toit sous lequel s'abriter. Sous lequel pouvaient se jouer des jeux qui n'auraient aucun sens, dans le monde des hommes.

Compte tenu de ce à quoi ils avaient... occupé leur soirée, elle n'était pas dupe, mais à présent qu'il avait parlé de chaleur, elle se sentait frissonnante, et la gueule de bois qui tambourinait à ses tempes était telle qu'elle n'était pas contre s'étendre un peu plus dans la moiteur de ses draps. Elle fit volte face, et d'un pas tranquille (quoi que, elle boitait un peu, et chancelait légèrement sous la migraine) elle le rejoignit. Tandis qu'elle le considérait de plus près, elle hésita, prise soudain d'une certaine culpabilité... Elle avait l'esprit clair, plus d'excuse, pour céder à cet homme ses caresses et ses sourires. Il eut été plus correct de subtiliser de quoi se vêtir, et de le quitter en toute discrétion, tandis qu'il dormait toujours...

Mais elle ne l'avait pas fait. Elle était là, couvée par ses yeux clairs, et lorsqu'il le lui avait demandé, elle s'était docilement, et spontanément avancée vers lui. Un pas de plus, un pas de moins... le mal était fait. Un soupir d'abandon, et elle se glissa sous les couvertures, presque timide, venant chercher du bout des doigts son visage, qu'elle caressa. « Hélas, je ne vais pas pouvoir rester longtemps... Le repos sera de courte durée, tendre barde... » C'était le seul nom qu'elle avait à lui donner. Il faudrait qu'elle le baptise, avant de le quitter. Un sourire, mutin, apparût alors à ses lèvres tandis que, sous le couvert des draps, elle s'approcha un peu de sa chaleur. Au plus près, au plus confortable. Qu'importe, si les mains qui s'emparent d'elle cherchent les frissons... « La nuit a-t-elle été douce... ? »
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Mer 2 Mai - 19:32

Elle marche vers moi. Ou tout du moins, elle essaye de se déplacer vaguement dans ma direction…Quelque part au fond de ce trou sans fond qui me servait, à mon grand désespoir, de moteur à mes pensées un trait d’esprit que j’essayais de repousser. Si elle était dans un tel état, c’était à cause de moi. Ce n’était pas une multitude d’amant ou de soldat qu’il y avait dans ce lit. Uniquement moi.

Un léger sourire qui me confinait dans ma stupidité toute masculine. Une fierté que je savais particulièrement mal placée car après tout n’était ce pas le poète qui disait que l’amour n’avait rien de simple ? Son passé était imparfait, son présent qu’indicatif et son futur conditionnel. Bien entendu, nul question d’amour même si à cette pensée ma poitrine se referma douloureusement sur mon cœur, m’obligeant à mordre de mon incisive ma lèvre supérieur.

Je grognais mollement, dans le fol espoir d’évacuer ces idées sombres qui gâchait cette matinée déjà lourde de sensations…De mots qui restaient cachés derrière des sourires mais qui viendrait tôt ou tard encombrer le silence de nos caresses. Plus d’alcool pour troubler son jugement et pour seul protection contre la folie du monde extérieur se résumait à quelques cloisons de bois et de pierre. Une étrange cuirasse contre le regard, les valeurs morales et les serments.

Pourtant cela avait suffit pour une nuit…Et la me poursuivait alors que je l’accueillais contre mon flanc. Une simple caresse du bout de ces doigts m’appelait à me pencher. A ravir ces lèvres que j’avais déjà dévorées sous une lune complice. Je ne pouvais définitivement pas m’en contenter. Mes lèvres caressèrent les siennes avec tendresse, mes doigts caressant son dos pour tomber sur ces cuisses en passant par ces flancs. ‘‘Pas des plus reposante’’ Un nouveau baiser fleurit sur son cou, laissant échapper un soupire. Mes bras la gardèrent tendrement.

‘‘Et je ne peux rien faire qui te ferrait rester plus longtemps ?
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Jeu 3 Mai - 11:42

Elle s'abreuva à la chaleur de sa peau, une ivresse qui n'était pas la même que la veille. Non, tandis que sa peau frissonnante était choyée par la douce tiédeur de celle du barde, elle se sentait prise par l'ivresse d'une forme de joie sourde. Un sentiment diffus sur lequel elle ne mit pas de mots. Elle ne voulait pas en mettre... Un sentiment ancien, de ceux que l'on découvre dans un premier amour, à l'adolescence. Oh celui-ci pouvait bien être coupable, tandis que de ses lèvres il effleurait les siennes, dans le calme et le silence de cette matinée naissante... Sous le couvert des draps que la veille ils avaient tordus avec fureur, elle ne pouvait qu'être en paix.

Restaient les mots, qui leur rappelaient l'inévitable, mais ils n'étaient que des mots, et ils n'empêchaient pas leurs mains, et leurs lèvres de parler un tout autre langage. Un autre discours, fait d'optimisme et de plaisirs. Elle laissa un soupir lui échapper, lorsqu'il déposa un baiser dans son cou, ses mains, tendres à présent, parcourant ses épaules, son dos. Son regard louvoyant légèrement entre les mèches d'onyx qui s'étaient glissées sur son front, elle hocha la tête, et répondit à voix basse : « J'aimerais que ce soit possible... Mais nous avons déjà repoussé mon devoir toute une nuit... » Elle ferma les yeux, et enfouit son front au creux de son épaule, tendre. « J'ignore ce que tu pourrais faire de plus... » Rien, sans doute. Il avait déjà tant fait... Relevant vers lui un regard apaisé, elle songea qu'il pourrait toujours essayer, mais ne le lui dit pas.

Cette douceur, après la colère de la veille, tendait entre eux de nouveaux câbles. Leurs chevilles qui se nouaient tranquillement, les caresses qui glissaient sur les côtes, les baisers qui se déposaient dans les fossettes de leurs corps... Elle était soulignée par le son feutré de l'étoffe froissée, leur respiration calme, ce contact comme une évidence. Que n'aurait-elle fait pour ne pas quitter l'abri de cet espace, intime, dans lequel elle n'était personne. Ici il était le roi, il était l'homme à qui l'on offre son allégeance, celui qui, lorsqu'il était emporté dans le torrent de ses désirs, se prenait à dominer. Jusqu'aux lionnes qui s'égaraient et se retrouvaient là. Il n'était pas son second, cet homme qu'elle avait vaincu l'arme au poing. Sous ses mains, elle avait accepté la veille sa défaite, et pour l'heure elle la savourait toujours. Il pouvait la garder contre elle... pour le moment, elle n'était pas prête à se détacher de lui.

Une armure faite de chair et d'étoffe. Plus redoutable, lui semblait-il, que l'acier. Il n'était pas son Bouclier qui par le gabarit de son corps obscurcissait jusqu'au soleil, il était le barde, qui par ses soins coupait ses sens d'un monde trop rude. Une autre protection. Elle retrouva ses lèvres, ses jambes glissant contre celles de l'amant d'hier. Elle l'avait à peine entendu chanter, réalisa-t-elle. Un gloussement, en songeant qu'elle ne lui en avait même pas laissé l'occasion. Regard rieur, elle sentit ses pommettes rougir lorsqu'elle revit en pensées l'empressement qui avait été le leur. Ils ne s'étaient pas donné, dans l'ébriété qui avait abattu les murs de leur raison, la moindre chance d'en passer par autre chose que par l'exhaltation de leur chair.

Parcourant en pensée la soirée de la veille, elle se souvint alors d'une phrase, qu'elle avait prononcée... parmi d'autres. « Hier soir, je t'ai dis que si tu étais capable de me faire oublier mes chaînes, alors tu oublierais ton âge... » Elle l'embrassa, ses doigts se refermant sur l'arrière de son crâne. « Tu as réussi... » Nouveau baiser, puis elle remonta légèrement contre lui. « Quel âge as-tu, dompteur de fauve ? » Un rire, presque joyeux lui échappa tandis qu'elle l'observait avec gourmandise. Elle n'aurait sans doute pas du parler à nouveau de cette histoire de fauve. Il avait vu sur son épaule la lionne, et tous ici savaient qui était cette femme, cette noble en cavale, tatouée comme elle l'était, qui avait autrefois vécu au Ceste. Il ne ferait pas deux pas dehors qu'elle allait être trahie... Et pourtant, cela ne lui faisait pas peur. Il en la rendait pas seulement désireuse de son être, coupable, parjure... Il la rendait également imprudente. Il était un homme dangereux.

Trop tard.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Ven 4 Mai - 15:50

Un nouveau bâillement manqua de décrocher ma mâchoire…Si une aussi belle vue ne menaçait pas tant de disparaitre sans un son ni un remord, j’aurais volontiers fermé les yeux pour ne me contenter que des caresses. Qu’elles viennent de mes appétits pour sa chair, des doigts habiles de mon amante ou plus simplement de ma peau contre la sienne. Un contact si naturel qu’on en oublierait presque qu’il était considéré comme coupable pour le reste du monde. Est-ce que son regard ou le miens aurait pu être considéré de la même manière ? Sa manière tendre de poser ses yeux…Ou les miens plus gourmand frôlait les limites de la décence.

Au point que les ravages de la veille n’empêchaient nullement mon corps de réagir tel que n’importe quel homme aurait pu réagir. Encore plus quand elle parlait de ne plus pouvoir repousser plus avant son devoir. Je me souvins alors de l’envie saisissante de la dominer…D’être le seul devoir qui devait hanter ces pensées. Mes doigts explorèrent une nouvelle fois son dos, glissant aux creux de ces reins avec délice, sachant quelles zones ils devaient rechercher pour déclencher un nouveau soupire.

‘’Oh mais je pourrais faire bien plus…Je pourrais te cacher à ton devoir…T’enchainer à un lit et condamnée à subir encore et encore la violence de la vieille.’’

Je penchais la tête en souriant alors que je faisais mine de réfléchir.

‘’Mais sans le vin. J’aimerais que tu profite pleinement de la nuit cette fois ci. Et puis il me semble que c’était à moi de décider quand s’achèverait la nuit…Non ?’’

Une figure de style. Une pirouette connue des beaux parleurs qui jouaient avec les mots comme cette femme jouait avec des lames. Je la laissais s’approcher, glousser, s’approprier délicieusement mes lèvres…Ma jambe se glissant lentement entre les siennes. Un jeu fait de séduction et de tendresse, oscillant entre la raison et la réminiscence qu’évoquait l’état des draps ainsi que de nos corps.

Je ne pu m’empêcher de la basculer sur moi, allant ainsi la chercher, m’enivrant une nouvelle fois de sa présence. Du poids de son existence. De sa chaleur désormais légère, rendue légèrement humide par le repos forcé que nous avions subis. De ces grands yeux qui ne regardaient que moi. De la possibilité de balader mes mains sur sa peau, là où je le désirais, quand j’en éprouvais le besoin…Sans autre justification que mes désirs. La véritable liberté était peut être de n’avoir jamais besoin de demander pardon.

Cependant la question qu’elle posa me fit ressentir l’urgence de la priver de ce don que je lui avais offert en l’espace d’une nuit. Je détournais des yeux, ennuyé par cette question avant de soupirer. Je relevais cependant l’allusion au dompteur de fauve…Une référence a son tatouage ? J’hésitais à poser plus de question à propos de la lionne blanche. Après tout n’importe qui pouvait se faire tatouer un lionne sans être…

‘’J’ai…un certain âge…’’

Je roulais des yeux en me demandant combien de temps j’aurais pu tenir avant qu’elle ne me fasse avouer quelque chose. Il était certain qu’elle arriverait sans mal à me torturer de ces mains ou de sa bouche. Je me raclais la gorge en grimaçant légèrement.

‘’Ce n’ai pas utile de le savoir…Rien de bien intéressant je t’assure ma chérie’’

Je me grattais le bout du nez en me demandant si je ne venais pas de dire une bêtise…
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