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 Sipik, ça pique !

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Elenor Jagharii
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MessageSujet: Sipik, ça pique !   Sam 11 Fév - 21:22

HRP - J'étais pas trop inspirée pour le titre, tu m'en voudras pas trop xD

Elenor arriva sur le lieu convenu d’un pas léger. Ses yeux soulignés de khôl, elle portait une étole ample, rejetée sur son épaule par dessus une cape qui déguisait sa silhouette. En dessous, dans le sillage d’étoffe brune, on devinait la semelle de puissantes bottes de cuir, des cuissardes en réalité, qui remontaient au-dessus de ses genoux sur la toile toujours sombre, ajustée à ses jambes. Elle s’était encore affinée, et cette petite séance, si elle n’était pas faite, à l’origine, pour elle, ne lui ferait pas de mal. En y réfléchissant un peu, il eut même été intéressant pour elle de pratiquer plus souvent ce genre de chose, cela aurait pu contribuer à la remettre en forme. Elle n’avait pas une Volonté suffisante, ces temps-ci, pour s’y contraindre d’elle-même.

Ces temps-ci, elle n’avait d’ailleurs pas la Volonté de grand-chose. Et mieux valait, pour l’heure, car il lui arrivait toujours d’être prise par l’envie de revenir sur sa décision, et de répondre à l’envie criante qui réfutait tout à fait les fiançailles qu’elle avait été contrainte d’accepter. A cette idée, son pas ralentit quelque peu et l’espace d’un instant sa silhouette se fit plus lasse. Quelques pas durant lesquels sa semelle se fit lourde sur les pavés, puis elle prit une profonde inspiration. A défaut de Volonté, elle avait cette inépuisable capacité à obéir aux ordres. Elle s’était vendue à la Dissidence et elle croyait toujours aujourd’hui en cet idéal. La discussion n’était pas ouverte. Elle ne l’était plus avec Lan, elle ne l’avait jamais été avec son père, qu’elle n’avait toujours pas vu depuis l’épisode de Xander (il avait décidément ces derniers temps une certaine obsession pour le concept de mariage forcé), et qu’étrangement elle n’avait pas plus envie de revoir que cela. Restait à discuter avec sa morale propre, avec son intégrité et l’amour qu’elle avait pour la femme dont le traitre de fiancé l’avait impliquée dans ces magouilles. Et cette discussion là n’aurait sans doute jamais d’issue joyeuse.

Mais elle devait retrouver ce type. Cet homme qui par Sipik allait voir son implication au sein de la Dissidence passer de la sympathie et de l’entente à un rôle concret et primordial. Il comptait sur elle, et elle comptait sur cette mission pour y noyer comme il fallait ses sombres pensées. Alors elle se redressa, d’une main dégagea la longue cascade de cheveux d’onyx de son étole et d’un coup d’œil s’assura d’être arrivée à bon port.

C’était Eleni qui l’avait désigné. L’une des nombreuses planques de la Dissidence. Elle ne pouvait pas l’accueillir dans la tanière qu’elle partageait avec l’Al’Faret, bien entendu. Mieux valait ce lieu anonyme et discret, ce terrain neutre qui ne signifiait rien pour lui, ni pour elle. C’était une cour, qui se situait à l’arrière de la forge d’un artisan qui leur était favorable, et ne posait jamais de question. Le bruit du martellement continu de l’acier masquait les entrainements qui s’y passaient parfois, de même que l’enseigne rendait moins étrange la pratique des armes à l’arrière. Elenor y entra d’un pas tranquille, du moins le plus tranquille possible. Elle salua l’homme qui lui adressa un léger sourire. Il se redressa tandis qu’elle se débarrassait de la cape, et révélait un corset de cuir ajusté sur une chemise noire, au col ouvert comme à son habitude. Elle aurait sans doute mieux fait de masquer les tatouages qu’on y devinait (le loup, hurlant à une lune graphique sur son trapèze, une rose des sables en dessous –elle avait toujours admiré la région sablonneuse de Hurg Aari, que de souvenirs sensuels elle y avait ! – et à droite on devinait quelques unes des ronces qui s’échappaient d’une autre rose, d’un rouge puissant celle-ci). Couleurs vives et inhabituelles d’un tableau rare, pour ceux qui connaissaient de près le Capitaine Jagharii, il n’était pas de bon ton de les exposer, mais ici dans cette misère elle était plus anonyme que n’importe lequel des chats noirs qui rôdaient. Le forgeron s’essuya les mains, et lui demanda ce qu’il pouvait faire pour son plaisir. Compte tenu du calme du lieu, Elenor hésita à prononcer la phrase qui devait leur permettre de se reconnaître. Mais elle finit néanmoins par s’y résoudre, sans quoi l’homme serait bien en peine de la laisser gagner l’arrière cour. Elle s’accouda donc au comptoir qui les séparait et marmonna doucement : « La Volonté ne suffit plus quand l'urgence nous suit de trop près. » L’homme laissa alors un léger rire lui échapper : en effet, c’était étrange et quelque peu déplacé. Alors il hasarda : « Sipik ? » Puis elle hocha la tête, et il s’écarta pour lui libérer le passage vers la cour d’entraînement.

Elle se glissa alors d’un pas fluide derrière le comptoir, passa une petite porte, le regard curieux de l’artisan sur ses talons. Celui-ci n’avait plus qu’à attendre le jeune homme qui allait en découdre avec cette étrange femme du nord. Deux yeux en amande et des pommettes aussi hautes, ça ne trompait pas. Ça non. Elle ne semblait pas bien épaisse, pour une femme aussi dure qu’on la disait. Enfin, l’autre verrait bien, ce n’était pas ses affaires. Et s’il tenait à une chose, c’était au fait de pas trop en savoir, surtout pas. Il se remit, en attendant l’arrivée du second lascar, à marteler le fer.

De son côté, Elenor trouva dans la petite cour tout le nécessaire à l’entraînement. Des lames émoussées, de lourds bâtons, des mannequins de paille. Elle se débarrassa tout à fait de sa cape qu’elle accrocha à ce qui servait d’épée à l’un des mannequins, puis alla s’installer sur le banc qui faisait face à la porte, les bras croisés dans le dos. Elle attendit un peu, peinant à s’imaginer quelle pouvait être l’allure de celui qu’on l’avait chargée d’endurcir un peu, avant cette mission.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Dim 12 Fév - 23:06

Ne vous êtes vous jamais dis qu’il serait simplement bon que la vie vienne à vous tel que vous l’avez prévu ? Je ne parle pas de devenir conseiller, noble, l’homme le plus courtisé de la ville ou le plus riche. Non, je parle de petite chose. De ces choses lorsque vous vous levez le matin et que devant votre tasse vous vous dite qu’aujourd’hui vous allez simplement au travail. Un allez retour, quelques heures à trimer, quelque chose de bon pour vous caler l’estomac et peut être une bonne surprise. Personnellement, je le fais souvent à la différence que lorsque je regarde mon reflet, il s’agit d’une chopine de bière et que mon principal soucis dans la vie était d’échapper aux cornus…

…Jusqu’à ce que je me souvienne qu’il existe une autre catégorie de personne à laquelle je préfère ne pas avoir à faire.

Ce matin là, tout ce déroulait pour le mieux. La soirée avait été riche. Quelques chansons, quelques sourires de la part de la serveuse, quelques bières gratuites et une bonne partie de carte pour conserver l’esprit aiguisé. Enfin quand je parle d’esprit, c’était surtout à mes doigts que je pensais. Là d’où je venais on apprenait à tricher bien avant d’apprendre les règles. La soirée m’avait été profitable et je somnolais tranquillement sur ma table depuis une heure ou deux. Bienheureux de la somme que j’avais extorqué à mes clients. Aujourd’hui, je n’avais qu’un rendez vous à honorer avant de retourner chez moi profiter de mon lit jusqu’au début de ma prochaine soirée de travail que j’espérais aussi faste. Du moins jusqu’à ce qu’une main diligente ne m’attrape par le col, me soulevant de plusieurs centimètres au dessus du sol.

‘‘….Keefe……………………..Content……….Manqué’’

Je plissais des yeux, ma vision trouble ne me permettant pas de voir l’informe personne en face de moi. Tout au plus, je pouvais ressentir ce qu’éprouvais un saucisson prêt à être fumé. Encore que je pouvais profiter pleinement de l’haleine de mon interlocuteur qui m’indiquait que son hygiène dentaire n’était pas sa principale priorité. J’essayais de me remémorer hâtivement de l’endroit où j’aurais pu rencontrer une telle personne mais cette caractéristique était hélas commune à tellement de gens. Quand à la voix, elle me disait éventuellement quelque chose bien que j’avais du mal à tout écouter.

‘‘Cette marchandise que tu nous as revendu…C’était des faux. Crois bien que je ne doute pas de ta sincérité Keefe, mais j’ai une réputation à tenir. Si on apprend que je suis pas vigilent on pourrait penser que je deviens faible. Alors dit moi comment on va régler ça ? ’’

Je plissais un œil ne remettant toujours pas le type. Après tout, des gens que j’escroquais, il y en avait toujours et je n’avais pas l’intention de m’arrêter en si bon chemin. Je lui lançais un large sourire, toujours sous l’effet euphorisant de l’alcool, écartant les bras autant que je le pouvais dans ma chemise qui commençait à émettre des bruits bizarres.

‘‘Euh…Ouai…J’chavais pas pour…Euh…Ces trucs…Comment j’aurais pu savoir que…Euh…Enfin tu vois…’’

Je papillonnais encore des yeux avant de voir un grand sourire dans le flou lumineux en face de moi.

[SWING]

Allez savoir pourquoi mais mon cœur commença à pomper plus vigoureusement dans ma poitrine au point que les premiers effets de l’adrénaline ne tardèrent pas à faire effet. Etrangement, entendre une lame être dégainée me faisait toujours ce genre d’effet. Ma petite matinée allait être définitivement plus sportive que je le craignais. Je tentais un dernier sourire pour sauver ma journée.

‘‘Non mais on va pas s’enflammer pour si peu hein ? Je suis sûr qu’on peut trouver un terrain d’arrangement. Je dois avoir encore un peu d’or là . Hein ? Qu’est ce que t’en dis machin ?’’

Le mot était sortit sans arrière pensée. A vrai dire, cela arrive plus souvent qu’on ne le croit. On cherche a faire plaisir et le naturel revient au galop. Je pouvais pas vraiment voir la tête de mon interlocuteur. A vrai dire, je le pouvais maintenant mais j’avais vraiment pas envie de voir à quoi pouvait ressembler la tête d’une petite frappe irrité de bon matin. Mon sourire devint plus crispée alors que je levais les mains en signe de paix ainsi que d’excuse.

‘‘Ok…Alors là ca pue un peu…Je suppose qu’on arrête là pour les négociations ?’’

Je levais les bras prestement pour me laisser tomber hors de ma chemise alors que son compère donnait son coup de surrin. La lame passa juste au dessus de ma tête et je remerciais la chance d’être tombé sur deux amateurs. Je profitais d’être accroupi pour donner un coup de poing dans l’entrejambe du joueur de couteau avant de l’envoyer dans le ventre du géant derrière moi qui cherchait toujours à comprendre où j’étais passé. La suite fut beaucoup plus confuse quand j’arrivais dans la pièce principale du coupe gorge. A cette heure de la journée où normalement l’établissement devait être vide, ce dernier ne l’était pas autant que je l’avais espéré. Une dizaine de bons et loyaux membres de bande attendait patiemment que leur patron en termine avec moi…Si bien qu’il y eut un instant de flottement lorsque j’apparus devant eux tout sourire.

‘’Euh…Salut ?’’

J’agitais la main en guise de bon jour. Ce a quoi un idiot répondit jusqu'à ce qu’il ce prenne une claque derrière le crâne. Je partis en courant par la porte de derrière bientôt suivit par une bande de crasseux désireux de rependre du sang de bon matin. Un barde à moitié nu n’aurait pas la moindre chance mais pour ma défense, je courrais régulièrement contre la garde et les maris jaloux. Ce qui faisait que je connaissais bien le quartier et même mieux que certain. Pour leur défense à eux, ils étaient sacrément persistant. Au détour d’une ruelle, je me jetais dans un panier d’osier, tendant l’oreille aux bruits de course autour de moi. Je ne relevais la tête, le couvercle me donnant un air particulièrement idiot avant de retourner dans ma cachette sommaire.

A la réflexion, j’avais pas la moindre chance de m’échapper de cette souricière. D’ici quelques minutes, la dizaine se serait certainement transformé en deux fois plus. Ptet même trois en connaissant ma chance légendaire. Le quartier serait bloqué et j’aurais pas la moindre chance. Il fallait que je trouve un moyen de passer coûte que coûte et que je me fasse petit un jour ou deux le temps que cette histoire ce tasse. Par les toits ? Par les égouts ? Non, c’était certainement déjà surveillé. Pendant que je réfléchissais, une femme passa devant moi…Et mes yeux se levèrent entre les bâtiments. Du linge séchait tranquillement. Je soupirais en me disant que c’était vraiment une journée merdique.

Je préfère taire la sortie héroïque du quartier pour rejoindre la petite cours où j’avais rendez vous. Je préfère passer sous silence la façon dont je m’étais fait siffler par la racaille…Je préfère même oublier la sensation que c’était de courir avec cette robe bleu pour essayer d’arriver un tant soit peu à l’heure. J’avais déjà eu un moment de solitude ce matin, ce n’était pas pour qu’une femme soldat me botte le cul en prime ! Je couru comme un dératé pour arriver jusqu’au forgeron dont le regard ne décrocha pas du mien et manqua l’enclume avec son marteau…’’Euh…’’…Je lui lançais un regard noir. ‘’N’essaye même pas de demander’’ Le forgeron eut tout de même un large sourire. ‘’Il faudrait quand même que je vérifie que vous êtes bien…’’ Je soulevais mon jupon et me plantait de toute ma noirceur devant l’homme ‘’Parce que t’en connait beaucoup des mecs qui ce déguise en femme simplement par plaisir ????’’

Il y eu un pouffement. Un début de réponse avant qu’on entende un corps chuter dans la boutique et Keefe apparaitre avec sa robe dans l’arrière cour. On avait vu mieux comme premier rendez vous et le rouge me montait aux joues. D’ordinaire, inventer une excuse ne me prenait pas autant de difficulté que cela. Surtout quand la vérité pouvait suffire. J’essayais de lui donner mon plus grand sourire innocent, bien qu’un peu forcé, haussant un sourcil circonspect.

‘’Si je disais qu’il y avait une très bonne raison à ce que j’arrive comme ça…Est-ce qu’il y a la moindre chance que vous arriviez à me croire ?’’

Y a des jours comme ça où on aimerait simplement que tout ce passe comme vous l’aviez prévu…
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Elenor Jagharii
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Lun 13 Fév - 18:44

Elle attendit quelques temps, le nez levé au ciel, battant du bout de son pied un rythme tranquille. Elle n’avait pas besoin de cadran, pour savoir que la personne qu’elle attendait était en retard. Du temps où elle portait l’armure, cela aurait pu la mettre en colère, mais aujourd’hui elle n’était plus à ça près. Elle passait l’éponge sur tant de choses qui d’ordinaire éveillaient sa hargne légendaire, ces derniers jours, qu’un retard n’était finalement pas si terrible que ça. Elle ferma les yeux, tâchant de faire un vide bien laborieux dans son esprit, lorsqu’elle finit par entendre du bruit devant elle. Des voix étouffées, un son mat puis à nouveau le forgeron qui battait le métal. La Jagharii ouvrit les yeux, baissa la tête en direction du nouvel arrivant et marqua un arrêt.

Qu’est-ce que ça pouvait bien être que ça ?

À vue de nez plus grand qu’elle ne l’était, le nouveau venu arborait une barbe de trois jours, un regard gouailleur et des atours plus féminins qu’elle même en portait au quotidien. Elle resta un moment ainsi, les bras toujours croisés et les yeux plissés face à ce spectacle assez étrange, lorsqu’il prit la parole. À ces mots, un fin sourire apparut sur les lèvres d’Elenor à qui il fallut encore un petit moment pour déplier ses bras, s’étirer tranquillement puis se lever. Elle appuya ses poings à son bassin déhanché et le considéra avec une certaine désinvolture sur le visage. Pour le coup, ça, elle ne s’y attendait pas. « Pourquoi donc, vous êtes charmante comme tout » Le ton était ouvertement moqueur et amusé, mais son visage, s’adoucissant sur un léger rire, elle s’approcha et tendit une main qu’elle invitait l’autre à saisir. La droite bien sur, il apprendrait bien assez tôt quelle était l’infirmité de celle qui devait l’entraîner.

« Ce n’est pas moi qui devrais vous enseigner ce que je sais, mais plutôt Eleni, malgré vos efforts elle vous surpasse dans l’art de se traverstir ! » Puis, après un sourire malicieux venu découvrir ses dents un instant, elle hocha la tête. « Sipik. Tout à fait charmée. » Elle ne se faisait pas à l’ironie de présentations saupoudrées de pseudonymes.

Alors elle se détourna de lui, et fit quelques pas dans la cour. En marchant d’un pas tranquille et silencieux, elle récupéra quelques armes. Des épées de bois tout d’abord. Elle s’était entraînée et avait de la main droite une adresse qui, si elle n’égalait pas celle de la gauche avant l’accident, était toujours meurtrière. Bretteuse hors pairs, elle se disait de toute façon que s’il était là, alors c’était qu’il avait besoin d’elle, et par conséquent qu’il pourrait se satisfaire de ça. Même dans son état, la Jagharii mordait toujours vite et bien, et s’il lui tenait tête il pourrait tenir tête à beaucoup d’autres. Au moins au guet, et à ceux qu’à terme ils allaient devoir rompre.

« Mettez-vous à l’aise, glissa-t-elle sur un ton moins espiègle, quelles que soient les excellentes raisons qui vous ont fait endosser l’habit d’une jeune première, je doute que ce soit là le plus confortable qui soit pour vous. » Finalement équipée, elle se retourna alors et l’attendit, toujours un sourire aux lèvres. Il avait l’air gauche, vu comme ça, et pas des plus sérieux qui soient… Mais elle avait un bon pressentiment. Elle se disait même que, quand bien même il était le plus mauvais escrimeur qui soit (si tant est qu’il le fut), il saurait la dérider, ce qui ne lui ferait pas de mal. Elle n’avait pas réussi à se départir de sa réserve, peut-être avait-il senti le fond de tristesse qui ralentissait un peu ses gestes, ou peut-être avait-il mis cela sur l’allure lente et coulante que prenaient, pour se donner l’air de guerriers tranquilles et froids, certains escrimeurs avec l’explosion. Ce n’était d’ailleurs pas faux, à la différence près que cela venait d’une lassitude toute profonde, et non d’un genre superficiel. L’avantage étant que la lassitude, tout comme la crasse, part avec un peu d’eau, pourvu qu’elle soit claire.

Après tout, elle était aussi là pour le tester, lui avait-on dit. Un test autre que militaire. Dans un premier temps ce serait les armes. Elle voulait le voir bouger, attaquer. Elle voulait juger de ce qu’il avait de sournois, et d’honnête. Capitaine rodée à l’entraînement et aux langages plus intimes du corps, elle savait lire ces codes là comme peu d’autres. Viendrait ensuite, pourquoi pas, une conversation qui affinerait son jugement… Puis la suite. Elle ignorait, d’ailleurs, s’il savait ce qui les attendait… Mais ne lui posa pas encore la question, pas tout de suite.

« Vous avez des questions, avant de vous lancer ? » Au mot « lancer », elle lança, justement, l’épée de bois en sa direction, garde en sa direction afin qu’il la saisisse. Elle lui fit de son côté opérer un cercle, assouplissant son poignet.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Mer 15 Fév - 20:49

Certaine chose était humainement impossible. Bien sûr, je ne parlais pas des fantasmes du genre voler comme un oiseau, devenir invisible pour espionner les femmes dans leur intimité ou encore pouvoir ce trouver à deux endroit à la fois. Je parlais de ces petites choses comme ne pas voler une bourse pleine d’un marchant trop gras, ne pas se retourner quand une jolie damoiselle passe à côté de vous…Réussir à ne pas vanner quelqu’un qui à visiblement eut un dur réveil en faisait partit. Je soupirais en me disant que c’était de bonne guerre et qu’il valait mieux recevoir une pique au sens figuré qu’au sens propre. Au final, je m’en sortais plutôt à bon compte…Et puis ce n’était pas comme si j’étais passablement faible devant le sourire d’une jolie femme. Je pris sur moi de lui rendre son sourire, penchant la tête sur le côté.

‘‘Les gens comme moi on toujours l’habitude de dire qu’ils décrocherait la lune et les étoiles pour le merveilleux sourire d’une jolie Dame….Je ne pensais pas aujourd’hui le prendre au pied de la lettre’’

Je soulevais un bout d’étoffe de la robe d’un soupire.

‘‘Malgré mes mésaventures, on va dire que c’est une large compensation…Ca et être vivant. Et le fait qu’il ne me manque aucun membre. Croyez moi ou non, mais je tiens beaucoup à la régularité de ma personne’’

Je pris la main, ignorant si j’allais me la faire broyer ou si elle allait faire preuve d’un peu de compassion. Le nom de Sipik revint sur la table. Je n’avais toujours rien à lui proposer…Je haussais les épaules d’un air désinvolte.

‘‘Je suis…Le mouton noir de la famille, le bouffon anonyme, l’amuseur sans nom qui ce travesti parfois ! C’est peut être pour cela qu’on ne m’appelle pas ! Mais je suis tout aussi charmé et j’espère bien ne pas trop vous faire honte’’

Les présentations passées, il était effectivement temps de passer à une tenue plus pratique…Mais dans le même temps je n’avais aucune autre tenue si ce n’était mon pantalon et mes jambières. La robe sur mes bras, je la bloquais inconsciemment. Etrangement, cela me dérangeait de me déshabiller comme ça. Une sensation vraiment bizarre contre laquelle je ne pouvais rien. Pire encore je commençais à rougir tout en me raclant la gorge. D’un coup d’œil par-dessus mon épaule, je vérifiais que Sipik me tournait effectivement le dos avant de laisser glisser la robe à mes pieds. Rester ainsi torse nu sans qu’il n’y ait aucun contact était…Contre nature chez moi ? La vague impression d’être un bout de viande sous son regard observateur.

J’attrapais gauchement l’épée de bois à deux mains. Je jouais avec me rappelant mes jeux d’enfants…J’étais beaucoup plus chétif alors et celui qui revenait plein de bleu…Disons que je vous laisse deviner. C’était là que j’avais compris que je ne serais jamais un guerrier. J’étais beaucoup plus doué dès qu’on parlait de dague et de coup bas. Ce que les autres enfants du quartier ont rapidement appris à leurs dépends. Je me mis soudainement à regretter de ne pas avoir deux ou trois couches de vêtements sur le dos pour amortir les chocs. Je levais le doigt d’un sourire forcé.

‘‘J’vais pas vous faire l’affront de vous demander par quel bout on prend l’épée…Par contre ca m’arrangerait si vous étiez douce avec moi’’

Je me frottais un peu le bras

‘‘Allez savoir, c’est peut être du à cette robe. Je crois qu’elle a laissée quelques marques sur mon esprit…Et puis c’est ma première fois avec une femme’’

Raclement de gorge

‘‘Enfin à l’épée ! Je voulais dire la première fois que je m’entraine avec une femme à l’épée ! Non pas que ce soit important….Enfin si…Mais c’est pas ce que je voulais dire ! Je voulais dire que c’était la première fois que je m’entrainais avec un soldat…Enfin une femme soldat ! Pas que ca change grand-chose au fait que vous allez m’écraser mais…Enfin voilà…Et puis je ne serais pas contre pour que nous nous tutoyons quitte a faire. En échange, je vous laisse le choix de me surnommer comme vous le voulez ?’’
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Jeu 16 Fév - 17:30

Elenor laissa le flot de parole de celui qui était toujours un inconnu glisser sur elle avec une certaine tranquillité. Il était loquace. Mais il était également efficace, puisqu’elle sentait, le regardant silencieusement s’expliquer, sa vigilance s’endormir légèrement. Peut-être la fatigue, ou le besoin de ne pas avoir à émettre de réserves quant aux propos d’un homme, toujours est-il qu’il lui fallut se reprendre, puis glisser doucement : « Nous verrons plus tard, pour vous trouver un nom plus concis ». Non pas que mouton noir de la famille, bouffon anonyme, ou encore amuseur sans nom qui ce travestit parfois, ne soit pas assez adapté à leur organisation, mais la Jagharii doutait de la pertinence d’un nom à rallonge. Elle pouvait s’arroger, de par son rang au sein de la Dissidence, le droit de le baptiser elle-même, mais elle ne ferait cela qu’après l’avoir éprouvé un peu plus. Pour l’heure, elle le découvrait (dans tous les sens du terme d’ailleurs) à peine, et devait se faire à sa nature avant de se décider sur ce point.

Pas pudique pour un sous, Elenor ne pensa pas un instant que l'homme qu’elle avait en face d’elle pouvait être mal à l’aise à l’idée de se retrouver torse nu. Elle avait de toute façon trop éprouvé de corps d’hommes pour se formaliser d’un pauvre torse bien chaste. Elle même n’éprouvait pas le moindre mal à se dévêtir, son esprit habitué par l’armée à l’idée que son corps n’était qu’un outil, enjolivé par les tatouages qui le recouvraient. Elle pensa donc que cette gêne qu’elle percevait venait d’un manque d’entraînement. A le détailler un peu plus précisément, elle constata qu’il avait effectivement des membres longs et hauts, et que, quoi qu’il ne fut pas non plus maigre, il n’était pas doté de la plus impressionnante des musculature. Ce n’était pas un obstacle, pourvu que l’on sache le contourner. Elenor elle-même ne faisait pas partie des femmes guerrières les plus imposantes. Au contraire, elle avait toujours fait en sorte de développer une plus grande souplesse, un équilibre parfait et surtout une endurance qui comblaient le manque de force brute qu’elle pouvait parfois avoir. Signe de cette force toute relative, elle ne portait jamais d’armure métallique complète, y préférant un cuir renforcé. Mieux valait alors savoir jouer les anguilles, ce qui lui avait bien réussi jusque là. Et à l’observer en détail de la sorte, ses yeux en amandes esquissant la silhouette de Keefe, elle avait l’intuition que cela ne faisait pas non plus défaut à cet homme.

Le premier test fut la réception de l’épée. Inconsciemment, elle inclina un peu la tête sur le côté, en le regardant la manipuler innocemment. Il n’avait de toute évidence qu’une connaissance très basique de cet art là. Cependant, si le geste n’était pas le plus précis, il recelait une fluidité qui lui plaisait assez. Peut-être, en fait, aurait-il mieux valut s’orienter vers un sabre. Les mots qu’il prononça lui arrachèrent un sourire amusé, tandis qu’elle poursuivait l’échauffement de ses poignets. Douceur, première fois et tutoiement. Fort bien. Elle emmagasina les informations, se laissa quelques secondes d’échauffement supplémentaire puis dégaina quelques mots, sa voix un peu plus énergique. Elle s’échinait à faire naître en elle les conditions pour un combat, fut-il amical. « Qu’est-ce qui te fait dire que je ne suis pas douce ? Je n’ai pas eu souvent l’occasion de croiser le fer avec des porteurs de jupons. » Elle le titillait sciemment, mais toujours, dans sa voix, la moquerie semblait absente. Elle était en réalité curieuse de sa réponse. Son nom inspirait une certaine autorité, qui pervertissait l’impression qu’elle faisait aux autres. Anonyme et secrète, son seul regard et son corps ainsi diminué, elle se demandait qu’elle idée on pouvait se faire d’elle.

« Je te tutoierais, donc. Quant à toi je te demande d’oublier mon sexe un instant, et de t’imaginer que je suis le plus odieux de tes adversaires. Si tu devais te débarrasser de moi, là tout de suite, tu t’y prendrais comment ? » Un sourire découvrit alors ses dents, tandis que ses semelles foulèrent la terre battue pour lui permettre d’amorcer un arc de cercle, patient et attentif, autour de sa proie. La lionne blanche n’était pas loin.

Au cas où le message nécessite quelque éclaircissement, elle le précisa d’une voix toujours calme, quoi que marquée par la montée d’adrénaline qu’elle s’imposait. « A toi l’attaque, l’Anonyme. » Et à elle, de voir ce qu’il valait en réalité.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Ven 17 Fév - 15:53

La situation n’était vraiment pas à mon avantage. Même s’il ne s’agissait pas d’un combat réel et encore moins d’un duel à mort, je n’étais pas du genre à m’engager dans quelque chose que je n’étais pas certain de réussir. A la voir s’échauffer et me parler, il ne faisait aucun doute dan mon esprit qu’elle avait plus d’expérience que moi en la matière et que je l’affrontais sur son terrain de prédilection. Cet exercice n’allait pas tarder à prendre des allures de raclée gratuite…Si j’y avais échappé plus tôt dans la matinée, ce n’était pas pour remettre ça quelques instants plus tard avec une professionnelle qui plus est.

‘’Ah Ah Ah ah’’

Je plaçais ma main devant ma bouche à sa pique avant de hausser les épaules. Ma main joua avec l’épée, faisant tournoyer sa garde entre mes doigts. Estimation du poids, du point d’équilibre et de ces possibilités. Je faisais cela instinctivement comme je le faisais avec une dague. J’aurais largement préféré avoir une épée plus courte au moins pour changer ma prise plus facilement. Combattre à mi-distance n’était pas ma tasse de thé et j’essayais d’imaginer rapidement les mouvements que je pouvais effectuer facilement. Mais pour cela, j’avais encore besoin d’un peu de temps.

‘’C’est vrai que je cours plus facilement après que je ne les porte. Une expérience peu concluante j’en conviens…Mais t’a raison sur un point. Je ne sais pas grand-chose sur toi. Mettons que je soulignais simplement mes goûts. Je suis si délicat que cela en est presque ridicule.’’ Je penchais la tête sur le côté ‘’Mais il est vrai que je ne dis jamais non à une bonne suée avec une jolie femme…Même si elle est un peu rude avec moi’’

Je n’étais pas certain, mais je me demandais si ce n’était pas un moyen de me faire gagner en tension ainsi qu’en esprit combatif. Si c’était le cas, c’était peine perdu. Je n’aurais pas survécu tout ce temps si j’avais du m’en prendre à tout ceux qui m’avait traité de lâche ou de précieux…J’en passe et des meilleurs bien entendu. Je ne vivais pas avec des saints et chez moi un combat était toujours synonyme d’incertitude. Une mauvaise blessure s’infectait facilement et l’accès au soin pas si évidant que cela. Mes yeux observaient tranquillement la manière dont je pouvais attaquer mon instructeur, visualisant plusieurs positions, diverses tentatives d’enchainement qui tendait subrepticement certains de mes muscles cherchant à tester la manœuvre discrètement.

C’est alors qu’elle chercha à imposer ces règles. Je levais un sourcil amusé en répondant à sa question.

‘’Je doute qu’il y est une seule personne capable d’avoir autant d’imagination…Mais je vais faire un énorme effort pour oublier un si joli visage…Voyons qu’est ce que je ferrais…Je lui offrirais un verre et je l’attaquerais quand il sera totalement alcoolisé ! A moins que je n’attende qu’il soit distrait et alors je l’attaquerais dans le dos. De préférence à dix contre un. Ou alors je m’enfuirais et attendant d’avoir une bonne occasion…Ah si je sais, je porterais un jupon et pendant qu’il hurlera de rire, je lui mettrais un coup d’épée dans la tête !’’ Je me grattais le menton en souriant.’’Mais ce stratagème est déjà éventé, donc je suppose que je ne le referais pas aujourd’hui’’

J’attendais une légère réaction mais bien entendu, elle ne se laissa pas distraire. Je détestais vraiment cette ambiance de combat. Je n’étais pas fais pour cela. Je n’étais pas fais pour affronter l’adversité de cette manière. J’agissais selon mes règles. J’imposais les conditions, le rythme, en agissant de manière à l’attirer dans une situation où j’avais une chance. Maintenant, elle me demandait d’attaquer alors qu’elle était prête ! Quoique je pouvais inventer, elle allait parer avec une facilité déconcertante dans ces conditions. Pour le coup, l’exercice risquait vraiment d’être une danse ridicule dont je serais la demoiselle. Je balançais l’épée de bois dans ma main gauche, lui faisant faire de large moulinet…Mon but étant de la surprendre légèrement avant de la repasser dans la main droite, tournoyant sur moi-même pour me donner plus de vitesse et détendre soudainement mon bras comme un fouet…
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Elenor Jagharii
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Ven 17 Fév - 18:34

Le combat, quoi que les corps ne se soient pas explicitement mis en branle, avait commencé. Il était invisible, mais pas silencieux. On faisait d’ailleurs difficilement plus bruyant. Car cet homme, dont elle ignorait toujours le nom ou le pseudonyme, parlait. Il parlait beaucoup, ce mouton noir. Un flot incessant, berçant de paroles dont il l’abreuvait comme l’on endort la vigilance d’un enfant, ou d’un homme diminué avant le coup de grâce. Elle l’écoutait, triait, emmagasinait les mots tant bien que mal.

Il l’arrosait, sans réelle finesse, de blagues grivoises, de réflexions sur son sexe et son apparence. Elenor se savait au goût de nombreux hommes, puisqu’elle avait eu l’occasion de se débattre dans les draps d’un certain nombre d’entre eux, mais ce n’était pas le propos et cette insistance déguisait pour elle quelque chose. Une forme de crainte ? Elle était indécise sur ce point et, tandis qu’elle le jaugeait toujours, confiante en ce flair qui lui faisait si peu souvent défaut, force lui fut de s’avouer que cet homme-là ne livrait pas volontiers son état d’esprit. Tout mauvais combattant qu’il puisse être, c’était un avantage, et si ce défaut de perspicacité face à lui pouvait satisfaire Elenor, ce n’était que parce qu’elle le pensait indemne face à quelqu’un d’autre. Un membre du Guet, un Révolutionnaire ou même un conseiller. Il lui semblait faux, mais après tout, qui était-elle, cette Sipik anonyme et vindicative, pour le lui reprocher ?

Et cette Elenor, qui se vend à son père et à son chef, elle la fière Jagharii ?

Imperceptiblement, elle déglutit une fois de plus et deux, trois de ses pas furent moins précis. Un spécialiste du combat au corps à corps s’en serait rendu compte mais pas lui, espérait-elle.

Elle lui avait demandé d’attaquer, au lieu de quoi il se lança une fois de plus dans un monologue. Oh, des personnes capables d’imagination, il y en avait. Elle, un membre du guet qui, ils avaient eu l’occasion de le constater au cours de pendaisons, n’hésitaient pas à déchirer à vif la chair de femmes, fussent-elles accusées de dissidence, ou d’appartenir au mouvement Révolutionnaire qui grognait à leurs portes. Tandis qu’il énumérait ses stratagèmes, Elenor sentit un léger rire poindre à ses lèvres, chassant les morbides pensées qui étaient venues effleurer sa conscience. Et pour cause, il lui était arrivé parfois de jouer d’alcool pour abattre l’ennemi. Le reste ne valait cependant pas grand chose à ses yeux, car trop incertain, quoi que retors. La lionne préférait à ces coups de dès des plans carrés et clairs, auxquels se fier de manière réfléchie et pondérée. Certains, parce qu’elle était (et elle en avait conscience) une assez piètre stratège, la pensaient tête brûlée et emportée… Par certains aspects ce point de vue se défendait (il aurait suffit de poser la questions à quelques piliers de comptoirs qui avaient eu affaire à elle, pour en avoir la certitude) elle était cependant consciente du chose : un soldat, ou un dissident mort est inutile.

Elle avait cependant l’impression, à l’entendre, qu’il ne bradait pas sa peau, et qu’il en coûterait à celui qui la lui ferait. Et c’était une bonne chose, quand bien même cela s’assortissait d’un léger excès de coquetterie. Peut-être était-ce aussi du à son arrivée grimée, mais elle peinait à le voir comme un animal viril, débitant ainsi son récit comme une vraie pipelette. Elle se demandait également s’il était bon de le corriger : elle n’avait pas l’intention de le blesser, sans quoi elle l’aurait rendu inutile. Juste de prendre un peu conscience d’à qui elle pouvait avoir affaire, et, à la rigueur, de lui enseigner deux trois chose pour leur mission à venir. Il avait l’air de la croire sur le point de le passer à tabac, ce qui, si ça pouvait être comique, dans une certaine mesure, était assez éloigné de la vérité.

Finalement, son sourire s’élargissant, elle lui glissa dans un ronronnement : « Je tiens mieux l’alcool que je n’en ai l’air, mais tu auras peut-être l’occasion de tenter le reste… » Alors, espérant le déstabiliser, tandis qu’il amplifiait les moulinets qu’il faisait dans le vent, elle marqua un pas plus fort, puis se campa sur ses appuis. « Cette épée est en bois, tu ne finiras pas chez le guérisseur du coin. Allez, bouge ! » Elle s’impatientait un peu, se demandant même si ce n’était pas là un stratagème. Qu’importait qu’elle pare chacun des coups portés, et qu’il ne l’effleure pas une fois ? « Je me fous de savoir si tu es bon, ou pas, je veux voir ce que tu vaux, si tu dois sauver ta peau, alors au boulot ! »

Pour le peu qu’elle en savait, ils allaient avoir affaire l’un à l’autre à certaines reprises, et c’était ainsi qu’Elenor apprenait à connaître ses collaborateurs. Le verbe était certes utile, il liait, subjuguait et provoquait chez l’auditoire des sentiments souvent animés, mais il n’était pas tout, et si un discours sincère pouvait être porteur d’une grande force, les actes témoignaient pour elle d’un Volonté au moins égale.
Et s’il était une femme qui croyait au dicton, disant que c’était plus la Volonté, que le résultat qui importait, c’était bien Elenor. Par ses piques, ses provocations et cette insistance à le voir prendre une initiative, quelle qu’elle fut, elle attendait donc beaucoup de lui. À mesure qu’elle le voyait mouliner dans le vide, et qu’elle percevait dans sa physionomie les signes de l’échauffement, son visage se faisait plus joueur. Un animal joueur, mais quelque peu carnassier. Quoi qu’elle ait pu lui dire, elle ne pouvait s’empêcher de se demander à quelle sauce elle allait le manger.

Lorsqu’il se décida à l’attaquer, elle vit venir le coup (un moulinet plus ample, il prenait son élan !). Elle prit volontairement son temps pour l’éviter, d’un pas de côté, s’aidant de sa propre épée en bois pour le dévier. Quelques échardes s’envolèrent sous le choc : il n’y était pas allé très fort, mais gardait malgré tout une force d’homme. Elle avait suivi le geste d’un œil scrutateur. Il n’était pas à l’aise, c’était évident et le fait qu’il ait eu besoin d’autant d’élan en témoignait. Mais il avait l’air de frapper là où il le voulait, et une personne précise avait toujours plus de chance de s’en sortir qu’une brute frappant à l’aveugle. Faisant glisser la lame factice de son épée contre la sienne, elle s’approcha de lui, et lui flanqua un léger coup d’épaule. Elle ne s’était pas encore tenue aussi près de lui, depuis son arrivée, et sentit la mollesse de son bras nu et dépité contre son épaule. Elle « roula », en quelque sorte, sur ce contact et pivota contre sa chair. Évitant quant à elle d’y mettre trop de force (le bois, même si celui-ci était tendre avec les chairs, pouvait laisser des marques) elle lui asséna un coup du plat en bas du dos. Sans doute une petite douleur, fulgurante mais très éphémère. Le but était plutôt de l’avertir, que de l’endommager. « Le coup doit partir des hanches, pour être puissant. Je suis sure que celles-ci sont très assidument entrainées, et sauront guider le reste. » Et ce disant, avec un sourire plutôt grivois, elle le poussa du plat pour l’éloigner. A elle de voir ce dont il était capable.

Elle lui laissa une ou deux secondes, le temps de voir le coup et, éventuellement, de parer. Afin d’illustrer son propos, son bassin menant la danse, elle pivota sur elle-même pour viser, finalement, sa cuisse (du plat, toujours). Là encore, s’il échouait, la douleur serait vive mais ne durerait guère longtemps. Elle y avait cependant mis un peu plus de force que la première fois, ce coup-ci étant plus facile à parer. Elle lui ménageait de plus une bonne ouverture sur le haut de son corps, se demandant s’il serait capable de saisir cette opportunité.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Ven 17 Fév - 20:26

Je n’avais aucun doute vis-à-vis de son impatience. Je l’avais déjà vu chez quelques soldats, cette façon de tout vouloir régler en quelques secondes par la force brute. Un peu de violence ne me déplaisait jamais et je pouvais comprendre qu’ils brûlaient d’user de leurs talents. C’était bien pour cela que je n’attaquais jamais de front ce qui m’allait tout aussi bien. Ceci dit quelque chose me titilla quand elle parla de mes talents à survivre à une situation donnée. Si cela avait tenu qu’a moi, je lui aurais déjà montré quelques coups bien vilains…Si je n’étais pas déjà persuadé qu’elle y avait déjà fait face dans sa vie.

Pour une raison ou pour une autre, je dénotais une légère anxiété qui disparut bien rapidement. Avais je touché un point sensible à un moment ou un autre ? Je décidais de mettre cela de côté si je ne désirais pas me reprendre un coup dans le dos. Je me frottais le bas du dos en soupirant…Aussi du fait qu’elle c’était beaucoup rapprochée lors de cette passe d’arme ce qui avait été loin d’être désagréable. J’aurais presque pu penser que cela valait le coup de s’entrainer plus régulièrement…Presque…Je devais avouer que je n’avais pas encore de penchant masochiste et que me lever le matin entrait dans cette dernière catégorie. Je lui jetais un petit regard blasé accompagné d’une petite moue du bout des lèvres

‘‘Ouai…Hé bien c’est bien la première fois qu’une femme ce plaint de mon coup de hanche…Et puis je ne voudrais pas dire, mais je doute que tu apprécie si je les laissaient vraiment me guider. Certaines choses chez moi sont bien plus forte que ma propre Volonté.’’Je tirais la langue’’Parfois même plus forte que la Volonté des autres’’

Oui, pour la première fois, j’étais légèrement véxé même si je n’en tenais pas rigueur plus que cela. A vrai dire, si je devais être en colère contre quelque chose, c’était bien de n’être qu’un pantin dont elle tirait les ficelles à sa convenance. Si j’acceptais le fait qu’elle était plus forte que moi, il était plus difficile d’accepter de subir cette situation sans essayer de sauver ce qui pouvait me rester de fierté…Oui je sais aussi…Parler de fierté quand on c’était enfuit d’un combat habillé en femme de surcroit, c’était vraiment le guérisseur qui ce moquait de la charité ! Mais que voulez vous, je suis quelqu’un de compliqué.

La jeune femme revint danser dans mes pensées, usant du même mouvement que j’avais utilisé plus tôt pour me montrer ce qu’il convenait de faire. Un brin de peur filtra dans mon cœur de lâche. Je ne voyais pas où le coup finirait par porter avant le dernier moment. Mon temps de réaction serait forcement plus long et la douleur serait imminente. Je ne pouvais pas le contrer. J’en restais persuadé…Instinctivement je fis un pas en avant puis un second en usant de mon bassin pour faire une pirouette en même temps qu’elle comme elle l’avait fait en m’utilisant comme pivot quelques secondes plus tôt. Je me retrouvais dans son dos, lutant contre l’inertie pour imprimer à mon sabre une attaque sur son bassin.

Le bois rencontra le bois rapidement. Je reculais rapidement, peu désireux de tenter de la prendre de vitesse une nouvelle fois. J’eu juste le temps de sentir le frôlement du bois sur mon bras, me laissant une légère impression de brûlure. Je repris mon souffle une seconde, détaillant la posture de mon adversaire. Elle semblait si peu sur ses gardes. Presque ouverte ? Mes pupilles se resserrent sur son visage. Comme si j’allais tomber dans un piège aussi grossier ! Je laissais échapper un léger grognement avant de m’abaisser pour prendre de la vitesse. Mon seul avantage serait peut être de pousser à l’épreuve de force. Enfin, si je n’avais pas trébuché bêtement.

Totalement déséquilibré, j’attrapais Sipik par la taille, l’entrainant dans ma chute ! Par galanterie, je pivotais de manière à tomber le premier et ne pas qu’elle ce blesse. Le choc me coupa légèrement le souffle pendant quelques secondes. Presque autant que la sensation d’avoir de nouveau une femme entre les bras. Je la libérais de mon étreinte, peut être trop lentement que de raison avant de me racler la gorge.

‘’Je…Suis désolé. L’épée n’est pas trop mon truc, je me débrouille mieux avec une dague voir à main nue. ’’

J’avais sciemment évité le mot corps à corps…Le terme aurait peut être été très mal perçu à ce moment là…
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Elenor Jagharii
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Sam 18 Fév - 16:55

Elenor remarqua la moue et le regard mécontent que la légère correction avait provoqués. Il répliqua d’une réflexion à peine subtile, puis lui parla de Volonté. Ca l’intéressait davantage, déjà. Un langage qu’ils avaient en commun. Plus forte que la Volonté des autres. Tout un programme, mais un programme qui méritait qu’on l’exécute. Il était tellement simple de lâcher ces quelques mots, abstraits et immatériels. Tellement plus difficile de les concrétiser. N’étaient-ce que fanfaronnade, ou bien était-il réellement capable de ces qualités dont il se targuait ? La Jagharii attendait de le voir. Alors, avant de s’éloigner, elle lui glissa : « Eh bien, si tu es si Volontaire, montre-le moi. » Son coup de hanche, dans l’absolu, ne l’intéressait pas, à moins qu’il ne lui serve à toucher au but, et pourquoi pas à la surprendre un peu. C’était ce qu’elle voulait.

Depuis quelques temps (depuis que son père avait apposé sa signature sur sa vie, en fait) Elenor avait une certaine impression de solitude, au sein de la Dissidence. Les contacts entre Dissidents étaient toujours assez rares, par mesure de sécurité. Ils ne fréquentaient ainsi qu’un petit nombre des leurs, ce qui devait leur permettre, en cas d’arrestation et de torture par trop efficace, de ne pas être en mesure de livrer un trop grand nombre des leurs. Il y avait, bien sur, quelques points de repères au sein du mouvement (Sipik pour ce qui était de l’armée, Eleni de l’information, Belladone des soins… L’Al’Faret, bien entendu…) Mais pour le reste les rapports devaient rester cloisonnés, étanches et segmentés. Alors, en dehors des nombreux soldats qui étaient pour ainsi dire sous sa coupe, Sipik n’avait-elle qu’un nombre réduit de contacts dans la ville basse. L’essentiel de ses missions ici, c’était en collaborant avec Eleni qu’elle les avait honorées… Mais Eleni, précisément, se faisait rare. Une absence lourde, et remarquée, qu’une Elenor à fleur de peau choisissait de mettre sur le compte d’un trop plein de travail… Elle n’était certes pas tout à fait dupe : il ne fallait pas avoir inventé la poudre, pour se rendre compte que ce brutal silence correspondait au pacte passé avec Elandor. Mais elle préférait ignorer ça, tant bien que mal.

Cet espacement des missions, des directives la portait à croire que pour l’instant, quelque chose dans leur mouvement devait se scinder. Et dans cette nouvelle configuration, elle se demandait si cet homme n’était pas secrètement voué à remplacer la métamorphe à ses côtés. Et tout comme elle s’assurait, avant la campagne, de pouvoir livrer sa vie à ses hommes, elle devait avoir en lui une certaine confiance. La Dissidence n’était pas un mouvement pacifiste, et bien que, de toute évidence, il ne serait pas le plus performant de leurs hommes l’arme au poing, il y avait des chances qu’un jour le fil de sa vie soit entre les mains du travesti. Et vice versa.

Les passes s’enchaînèrent à bonne vitesse. Choc, choc, des échardes s’envolèrent. Elle sentit une onde de choc traverser son bras droit, moins habile, décidément, que son partenaire de gauche. Elle avait eu le bon réflexe, et les lames eurent-elle été en acier, elle aurait sauvé sa vie. Mais elle enrageait intérieurement de n’avoir pas su la positionner dans la configuration exacte, propre à ce type de parade. Maudite main gauche, maudits doigts gourds. Le petit combat s’enchaîna cependant sans qu’à priori l’autre ne se rende compte de cette légère maladresse, et elle croisa son regard. Elle le vit, distinctement, y lire quelque chose. Sa garde restée volontairement basse, elle sourit en l’entendant grogner, sentant venir quelque chose d’un peu plus… habité, lorsqu’elle le vit se baisser. Bien, c’était une bonne technique, excellente, même. Afin de ne pas lui faciliter la tâche elle se campa sur ses appuis et, son regard plus féroce, leva la garde de son épée de bois. Ainsi pourrait-elle repousser lame, coup, quoi qu’il tente. Elle se tenait prête et décortiquait d’un œil acéré l’animation des muscles qui se tendaient sous sa peau nue, lorsqu’il fit ce à quoi elle s’attendait le moins.

Il perdit l’équilibre. Comme ça, pour rien, il tombait, et non content de tomber, il lui tombait dessus à elle. Le choc lui coupa le souffle, qu’il pivote ou non. Elle n’avait certes pas eu à amortir sa chute, mais il l’avait saisie sous les côtes flottantes, et l’arrivée ne l’avait pas moins heurtée. Oh elle ne souffrait pas, elle en avait vu de bien pires, mais elle se retrouva néanmoins légèrement sonnée par le manque brutal d’air qui comprimait sa poitrine. L’autre, qui semblait plus hagard encore qu’elle, perdit quelques secondes à reprendre son souffle, tardant à la libérer de son étreinte. Le souffle court, la cascade noire de ses cheveux glissant de son épaule pour masquer en partie son visage, elle s’appuya alors de sa main gauche sur son torse, et de la droite farfouilla dans le haut de sa cuissarde. Le temps que l’autre bafouille quelques mots qu’elle écouta à peine, elle activa délicatement ses doigts, si bien qu’il finit par sentir quelque chose de froid contre sa gorge, les yeux de Sipik toujours plantés dans les siens, féroces.

« Tu es mort. »

Certes, on a déjà vu un peu plus chaleureux, dans pareille situation.

La petite dague était appuyée à sa glotte de son côté émoussé, le tranchant soigneusement dirigé vers Elenor. C’était une démarche imprudente (il eut été facile à l’autre, s’il nourrissait quelque animosité pour elle, d’inverser la tendance et d’une poussée voir l’acier mordre la chair de l’ex-capitaine) mais elle avait l’impression que l’anonyme n’était pas exactement dans un état d’esprit propice à ce genre d’initiative. « J’ai une dague, moi aussi. » Un sourire venant éclairer son visage, elle laissa un léger rire lui échapper puis rengaina sa dague, bien au chaud dans le fourreau qui se cachait contre sa cuisse. Elle s’appuya finalement des deux mains sur son torse pour se redresser un peu, et, après s’être laissée aller sur le côté, se redressa sans une volute de poussière. Chemise noire, chausses et cuissardes étaient pleines de la terre sèche et fine de la cour. S’époussetant légèrement, elle lui tendit finalement la main et annonça : « Le placage, quoi que j’ai bien l’impression qu’il était involontaire, n’était pas trop mal. Par contre, tu n’es pas allé au bout ! N’oublie pas que je ne suis pas une donzelle, mais un pendard qui veut ta peau. » Le relevant avec un clin d’œil, elle s’étira puis glissa : « Tu m’as surprise, et à défaut d’être précis, j’ai pu voir que tu étais costaud, c’est déjà ça. Maintenant, est-ce qu’on peut vraiment te faire confiance, si les choses tournaient vinaigre ? » Car, si leur avenir était encore flou, elle pressentait un moment où il lui faudrait pouvoir compter sur cette fameuse dague.

Le souffle toujours un peu court, elle se rendit compte qu’elle avait chaud. Cela faisait vraiment longtemps qu’elle n’avait plus fourni un réel effort physique, elle avait perdu en endurance. Il lui faudrait remédier à cela. Ses hommes auraient de quoi se moquer de leur capitaine, s’ils la voyaient ainsi. Qui eut cru que Sipik serait plus molle qu’une Elenor Jagharii ? Sa chemise lui tenant chaud, elle décida d’en remonter les manches. Tant pis pour les tatouages, après tout ce n’était pas le peu qu’il en voyait qui la dénoncerait. Sur l’avant bras-gauche, une fine dentelle, noire autrefois mais légèrement bleutée par la coagulation. Un peu plus haut sur le droit quelques flammes qui menaçaient de lécher à bonne distance son poignet. Avec le col échancré qui en découvrait quelques uns près de son cou, cela donnait néanmoins une petite idée de ce qu’elle masquait sous ses hardes. Elle glissa dans ses cheveux noirs et lisses des doigts un peu gauches, en libérant la terre, avant de les regrouper sur son épaule.

Sans qu’il n’y paraisse, elle réfléchissait, durant ces préparatifs. Elle avait une question sur le bout de la langue, dont elle savait qu’elle devrait la mettre sur le tapis à un moment. Une Volonté supérieure à celle des autres… Mais jusqu’à quel point ? Finalement, elle s’éclaircit la voix, et reposa sur lui un regard tout à coup plus sérieux. « Je n’ai pas à connaître ton nom, ton métier ou ton passé. Moins j’en sais, mieux c’est… Mais il y a une chose que j’ai besoin de savoir, une question à laquelle j’espère que tu répondras sincèrement. Il est évident que tu n’es pas un soldat, mais néanmoins… » Elle haussa un sourcil, trouvant quelque peu étrange que cette question lui paraisse tout à coup si déplacée. « Est-ce que tu as du sang sur les mains ? »

Un exemple de délicatesse. Mieux, la Délicatesse même.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Sam 18 Fév - 18:43

Pourquoi cela avait un air de déjà vu ? Des chambres, luxueuse ou non, des femmes riches ou pauvre, toujours au dessus de moi, une dague prête à me trancher la gorge…Les seuls détails qui changeaient étaient probablement le fait qu’il n’y avait rien eut de physique entre elle et moi. Et qu’elle ne menaçait pas de me tuer si je ne restais pas. J’avais l’habitude d’être menacé de mort. Un peu moins d’avoir une dague sou la gorge bien que je n’éprouvais déjà plus cette sensation de terreur. Probablement du fait que je savais que cette mort serait sans douleur. Pourtant, cela provoquait quelques pensées au fond de moi.

Mourir

J’étais partagé entre l’envie de sourire et de demander le plus sérieusement du monde ce que cela changerait. Je ne faisais pas partit de ceux dont la mort aurait une signification particulière. Je mourrais probablement sous la lame d’un garde qui en rira ou d’un révolutionnaire certain que mon sang verra une nouvelle aube ce lever. Au final, me faire trancher la gorge par une jolie femme était en soit ce qui pouvait m’arriver de mieux. Parce qu’avec un peu de chance, mon visage viendrait hanter parfois ces pensées. Peut être même ces rêves. Je détournais les yeux pendant qu’elle ce relevait ‘’ Il faut bien mourir de quelque chose’’ Des mots plus à mon attention qu’a la sienne. Je frissonnais alors qu’elle ce retirait de ma poitrine. Je n’écoutais que d’une oreille ces compliments sur mon pseudo placage avant de hausser un sourcil quand à sa question.

‘’Je…’’J’hésitais. J’avais beau reformuler tout ce que j’avais en tête, cela paraissait toujours arrogant ou manquant de souplesse. ‘’…Si cela peut te rassurer, je ferrais tout pour que tu en revienne.’’ La parole d’un vaurien ne valait pas grand-chose effectivement. J’aurais aimé lui expliquer que ma manière de faire ne prévoyait pas que les choses tournent au vinaigre. La première chose que je faisais était toujours de prévoir plusieurs voies de secours dans les pires des situations. Si cela tournait vraiment mal, c’est que j’aurais pas eu le temps de fuir ou que j’aurais été trahis. J’avais l’habitude d’improviser…Mais elle semblait vouloir plutôt avoir l’assurance que je me battrais pour la protéger. C’était hors de question. Je l’obligerais à fuir avec moi quitte à l’assommer. Elle rentrerait en vie.

Je me relevais à moitié, l’observant elle et ces tatouages du coin de l’œil. Je devais avouer que ma curiosité était attisée au point que j’aurais bien aimé découvrir ce qui ce cachait d’autre sous ces vêtements. J’observais néanmoins qu’elle était proche de mon état de fatigue. Assez étonnant mais je décidais de mettre ce détail de côté…Il y avait certainement une histoire là-dessous. Tout comme le fait qu’elle cherchait à me tester depuis le premier mot et le premier regard. Avait elle était déçue ? En avait elle assez de voir mourir ces frères d’armes ? C’était peut être un peu trop cliché ? Simplement avoir la volonté de rentrer en vie suffisait à justifier le fait de tester un étranger. Je regardais de nouveau la naissance de l’un des tatouages en me disant que je devrais peut être m’en faire faire quelques uns quand sa nouvelle question me prit légèrement de court.

A vrai dire, ce qui me gênait le plus était la réponse que j’allais donner. Fallait il que je sois honnête ? Elle n’avait beau rien savoir de mon passé, elle devait ce douter que je n’étais pas de la plus haute naissance et que je n’étais pas particulièrement riche. Ce qui ne laissait qu’une seule direction…J’esquivais pour le moment d’un sourire franc et honnête, fermant lentement les yeux pour ne pas être obligé de les détourner malgré moi. ‘‘Est-ce que tu connais quelqu’un des bas quartier qui n’ai jamais eu du sang sur les mains ?’’ Cela laissait un gout acre dans ma bouche. Quelque chose qui sonne faux. Une fuite en avant. Ne pas avoir à faire face à ses responsabilités. Essayer de normaliser quelque chose de grave. Je sentais le fossé entre elle et moi s’élargir…Elle avait tué sur le champs de bataille. Face à face. Elle pouvait en retirer quelque chose comme de l’honneur ou de la gloire quand pour moi il s’agissait plus de survie et d’intérêt. Je passais les bras derrière moi en essayant d’être un peu plus sérieux.

‘’J’aime autant que tu n’en sache pas trop sur mon passé. Cela me donne encore la chance d’être mystérieux et séduisant. Il n’y a rien de bien grandiose chez moi…Mais si tu veux que je réponde à ta question, il te faudra être plus précis. Du sang sur les mains ? ’’

Le regard dans le vague, je pris une inspiration
‘’J’en ai sur les mains de différente manière. J’ai poussé des gens au suicide. J’ai poussé d’autres personnes à en tuer d’autre pour m’arranger. J’ai délibérément laisser des gens mourir alors que j’aurais pu les sauver d’une parole. J’en ai laissé d’autre crever alors que j’aurais pu tendre une main. J’en ai tué de ma propre main en plongeant une dague dans le dos. En provoquant un accident. En détruisant leur vie. Mais si la chose qui t’intéresse est : Est-ce que j’ai déjà tué quelqu’un dans un duel ou autrement que par ruse, je vais être au regret de te décevoir. ’’

C’était…Ennuyant…Pire encore, cela laissait un arrière goût amer dans cette certitude de la décevoir.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Sam 18 Fév - 20:48

Sa réponse à la première des deux questions posées aurait pu paraître haute et chevaleresque. Le problème étant que c’était à des lieues de ce qu’Elenor aurait pu attendre. Elle n’avait pas besoin d’un homme chevaleresque. Quoi qu’élevée dans ce goût là, et fermement agrippée aux valeurs d’antan, elle était consciente que cette époque n’y était pas propice. Celle-là, et peut-être pas non plus la suivante. Elle se battait pour l’honneur, pour un retour de l’idée de Valeur, aux côtés de celle de Volonté. Mais elle savait ne pas pouvoir l’endosser à cet effet. Peut-être n’était-il pas clair, dans son état, qu’elle ne l’était pas, mais Elenor était à des lieues d’une jeune femme en détresse, et elle entendait le rester. On l’instrumentalisait, on l’avilissait, mais par pitié qu’on ne lui enlève au moins pas cette indépendance-. Non, elle voulait simplement s’assurer qu’il ne reculerait pas… Et s’il devait le faire, alors elle devait le savoir, s’adapter à regrets. La Dissidence ne pouvait pas établir de critères de cet ordre dans son recrutement, et elle ne pouvait (et ne voulait) pas appliquer à ses collaboration la rigueur que lui conférait son grade, et son nom dans l’armée.

Elle perçut à sa seconde question le changement net d’attitude de son interlocuteur. Étrangement, il lui sembla plus grand, et plus épais alors qu’il perdait cette coque gouailleuse qui lui avait arraché quelques rires un peu plus tôt. Elle percevait de la gêne, mais pas seulement. Sa finesse ne lui permettant pas d’en sentir davantage, elle s’attacha aux mots. Dans le ton, il y avait une barrière. Il ne savait rien d’elle (ou presque) mais l’apposait comme s’il eut su que c’était avec l’héritière d’Amarante qu’il discutait. Quelqu’un des bas quartiers… Cette formule lui paraissait artificielle. Elle n’était de nulle part, ni des hauts, ni des bas. Et sa peau était comme marquée au fer rouge par la quantité de morts qu’elle avait sur la conscience. Elle ne dit cependant rien de son désarroi, et choisit plutôt de le laisser continuer, croisant lentement les bras sur sa poitrine.

Présenté comme ça, cet homme était une belle ordure.
Par chance pour lui, plus le temps passait, plus Elenor se faisait l’impression d’en être une elle aussi.

Elle le laissa parler tranquillement, patiemment, et ferma les yeux à son tour pour ne les rouvrir qu’une fois la voix de l’anonyme éteinte. Elle fixait ses pieds, la terre et ses formes vagues. Du bout de sa botte, elle la foula d’un air distrait. Quelque chose se jouait sous ce casque d’ébène, qui conditionnerait beaucoup de choses pour son avenir. Elle avait le choix, elle le savait. Alors elle poussa un soupir et releva un regard toujours égaré en sa direction. Ce n’était pas un égarement passif, mais ses pupilles se voilaient volontairement, hermétiques. Le fait était qu’en dépit d’à quel point elle avait su endurcir ce qui lui servait de cœur, cet homme venait de la heurter de plein fouet. Alors elle déglutit et, sa voix calme et maîtrisée, susurra : « Un ‘‘oui’’ aurait suffit. »

Puis elle fit quelques pas en sa direction. Vaguement, puisqu’arrivée à sa hauteur elle bifurqua et alla s’accroupir derrière lui. Elle se redressa aussitôt, l’épée d’entraînement qu’il avait lâché à la main. De dos à lui, elle reprit la parole à voix basse, et glissa : « Si tu crois qu’à mes yeux, tuer sur le champ de bataille est signe de gloire, alors tu te trompes. » La gloire, si tant est qu’elle ait un quelconque intérêt, résidait ailleurs, mais ce n’était ni le lieu, ni le moment de débattre de ça. Elle ajouta cependant, afin de lever le voile sur un point : « Nous sommes des Dissidents, l’Anonyme, nous n’avons pas de destriers ni d’étendard. La seule valeur que l’on peut s’arroger, c’est notre Volonté, et celle-ci ne s’embarrasse ni des formes, ni de morale. À toi de voir si tu peux t’accommoder de ça. » Toujours dos à lui, elle marqua une pause, avouer une chose pareille, au fond, achevait de l’avilir, mais elle poursuivit néanmoins. « Tu n’as pas besoin de savoir qui je suis, et tu ne le sauras sans doute jamais, d’ailleurs… en dessous ce masque, je veux dire. Mais si Sipik… » Elle avait insisté sur le nom, comme pour l’éloigner d’elle… sans doute parce qu’elle peinait malgré tout à assumer ses propres propos… « … n’a jamais eu à pousser qui que ce soit à tuer un innocent, ou un homme désarmé, ce n’est que parce qu’elle n’a pas peur de s’en charger personnellement. » Ne me prends pas pour ce que je ne suis pas. Ce que je ne suis plus. J’ignore ce que tu penses savoir de cette femme, ou de l’armée, mais quoi que ce soit, c’est du passé.

Elle déglutit et leva les yeux au ciel en silence. Une chape de plomb s’abattit sur son estomac. Il était au niveau d’un aspirant à peine entrainé, l’épée au poing, et à l’entendre il était un couard de la pire espèce. Elle se retourna et haussa un sourcil, l’œil brillant. « C’est bon, tu fais l’affaire. » D’un geste vague, elle balança l’épée de l’homme, qui fit en atterrissant un son mat, et significatif : Entraînement clos. « J’ai besoin d’alcool. »

Ça aussi, c’était significatif. Elle avait d’ailleurs besoin de beaucoup, d’alcool.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Dim 19 Fév - 12:12

La réponse avait l’air de lui aller. Il n’y avait pas d’expression de dégout, pas d’ire ou de fureur à l’idée de partager cette mission avec moi. Rien qu’elle n’aurait fait à contre cœur. Rien qui aurait pu compromettre la réussite de notre petite entreprise. Cependant j’étais dubitatif sur ces derniers propos. Je la voyais mal s’en prendre à quelqu’un d’innocent ou de désarmé...Moi même je ne savais pas comment je réagirais. Je n’avais jamais rencontré quelqu’un de parfaitement innocent. Tout ceux que je connaissais était soit des crapules, soit des décadents immoraux. L’un dans l’autre, cela ne m’avait jamais causé le moindre cas de conscience. Quand à quelqu’un de désarmé, la question ne ce posait même pas. Je n’allais pas laisser une petite frappe me poignarder dans le dos plus tard.

‘‘Un simple oui aurait pu suffire effectivement’’ Je haussais les épaules ‘‘Tu l’as bien souligné tout à l’heure. Tu ne connais pas mon nom, le passé qui y est associé et encore moins mon travail ou mon genre de vie. Je considère que répondre complètement à une question d’une personne avec qui je vais mettre ma vie en jeu est la moindre des choses. Un peu d’honnêteté contre un peu de confiance. Je trouve que ce n’est pas un si mauvais échange que ça’’

Je me relevais, époussetant la poussière sur mes jambières. Attrapant l’épée d’entrainement, je vis ma partenaire sourire tranquillement, reconnaissant que je pouvais faire l’affaire. Mon regard glissa sur l’épée de bois. Je n’étais pas spécialement le genre de personne sur qui on pouvait compter. Je n’allais pas affronter toute une armée pour elle s’il lui arrivait quelque chose. Je n’avais pas l’intention de mourir pour la sauver…Mais définitivement, je ferrais en sorte qu’elle s’en sorte. Ma Volonté contre Son Destin. Cela promettait d’être intéressant si les choses tournaient mal. Je reposais l’épée de bois contre un mur.

‘‘Je connais une petite taverne pas loin’’

Il aurait été plus aisé de dire qu’il n’y avait pas un débit de boisson que je ne connaissais pas. Qu’il soit officiel ou non. Dite moi ce que vous voulez : Jouer, écouter de la musique, boire, trouver de la compagnie, trouver quelques pigeons et je vous dirais où vous rendre. En repassant par le forgeron, j’en profitais pour voler un bout de tissus qu’on pouvait vaguement appeler une chemise. Comme je l’avais déjà dis, je n’avais l’habitude d’être nu que dans l’intimité et j’avais déjà assez attiré l’attention pour aujourd’hui.

J’attrapais Sipik par la main, l’entrainant dans un dédale de petite ruelle. Pas qu’il s’agissait d’une envie particulière mais je savais d’expérience personnelle qu’on pouvait ce perdre facilement. D’ailleurs il m’avait fallut au moins trois ou quatre de ces expériences pour commencer à comprendre la logique de ce labyrinthe de rue qui m’était finalement très pratique dès qu’on quittait les rues principales. Surtout quand on vous recherchait. Je fredonnais une petite chanson entre mes lèvres. Des paroles au sens sibyllins qui me donnaient les points de repère, les directions et les distances approximatives. J’aurais aimé voir la tête de ma compagne quand nous traversâmes une maison ou deux l’air de rien.

Un dernier regard autour de nous avant que je m’engage dans un petit escalier qui descendait dans une cave de pierre. Bien caché, une pancarte discrète « La perle cachée » marquait l’endroit. J’ouvris naturellement pour retrouver la petite pièce que je connaissais. Un comptoir, quelques tables et forcement peu de client qui jouait jusqu’au dernier sous qui leur restait. ‘’J’espérais ne plus voir ta sale tête…Je sais pas si je suis heureux ou énervé de te savoir encore en vie.’’ Il m’indiqua le comptoir d’un mouvement de tête, y déposant deux chopines à l’hygiène douteuse. Je lâchais la main de la jeune femme avant de m’assoir à ma place de prédilection. A mi chemin des deux sorties, de là où je pouvais surveiller du coin de l’œil tout la salle.

‘‘J’espère que cela t’ira. Mais au moins ici nous sommes tranquille et personne n’ira nous déranger’’

Je levais ma chopine dans sa direction.

‘‘A nous ?’’
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Dim 19 Fév - 16:46

Elle n’avait pas formulé cela comme un ordre… D’ailleurs, elle n’avait pas non plus escompté qu’il la conduise derechef où que ce soit. Elle aurait tout aussi bien pu le congédier et s’en aller descendre assez de pintes pour oublier son nom au coq en pâte… Mais lorsqu’il saisit sa main et tira dessus, l’entraînant à sa suite, elle ne se déroba pas et le laissa faire. Elle n’avait pas l’habitude d’être guidée où que ce soit… D’ordinaire, c’était même plutôt elle, qui guidait autrui. Quel qu’il soit… Guerrier, enfant, femme… Soulard du Guet. Alors pourquoi cet homme, dont elle ne savait volontairement rien, pouvait-il ainsi la traîner à sa suite comme une vulgaire fillette ? Pourquoi ne soustrayait-elle pas sa main à la sienne, avec son grognement habituel, en lui faisant comprendre qu’elle n’était pas une poupée de chiffon que l’on traîne à sa suite.

Mais le fait était qu’à l’heure actuelle, elle n’est était pas vraiment loin. Ses jambes suivaient le mouvement, sans Volonté. Son regard posé sur leurs mains jointes était plissé… Ses doigts quant à eux étaient raides, puisqu’il avait saisit sa main gauche. Vulnérable, elle était comme morte, endormie.

La trajet lui sembla long, et inutile, mais là encore elle n’en dit rien. Elle suivit le mouvement avec une certaine condescendance. Muette, jusqu’au bout, elle écouta sa chanson avec un haussement de sourcils. Il avait une voix agréable, et douce. À l’entendre, elle tenta bien de s’approcher discrètement afin d’en distinguer les mots, mais ce fut peine perdue. Alors elle s’abandonna au son, qui calfeutra ses sombres pensées, les isola.

Lorsque, finalement, il ralentit le pas et lui fit signe de descendre à sa suite à la « Perle cachée ». Elenor demeura là quelques instants, seule et observant en silence la descente qui s’offrait à elle. Son instinct aurait pu crier gare, voir tout simplement sa raison. Elle baissa les yeux, et distingua un instant à peine une petite lueur en bas, avant que celle-ci ne soit avalés par l’obscurité. Un soupir, elle sentait l’odeur de l’alcool monter en volute. Il semblait de toutes les façons qu’elle n’avait pas le choix et, déjà, la pression de la main de l’homme sur le sienne la ramena à la réalité. Il fallait descendre.

Lorsque ses semelles foulèrent le sol poisseux, en bas, elle hasarda un regard circulaire. L’endroit n’était pas des plus mal famés (s’il était comparé à ceux qu’elle-même fréquentait depuis qu’elle se refusait à mettre les pieds chez ce porc de Raetan) mais l’ambiance lui sembla néanmoins lourde, à des lieues de la légèreté qu’avait apportée la voix de l’Anonyme. Elle le suivit tout de même d’un pas qui pouvait sembler tranquille, jusqu’à la place qui, de toute évidence, avait été la sienne un certain nombre de fois. Il avait des gestes directs et droit d’habitué. Les mêmes qu’elle avait eus, autrefois, lorsqu’elle rendait visite à son amant. Porte, tabouret et aubergiste. L’endroit n’était pas des plus confortable, et le manque de lumière avait quelque chose d’incommodant, mais elle ne s’en formalisa pas et, toujours sans un mot, s’installa à ses côtés. Elle lorgna sur la chope qui lui était attitrée d’un œil un peu vitreux, et tout à coup celle-ci lui semblait hostile. La voix de son compagnon la rappela à lui, et elle leva ses yeux plus noirs que jamais, dans cette semi obscurité, en sa direction. Saisissant la hanse de sa chope, elle répondit à sa question en trinquant sans conviction. « Comme tu voudras. »

Plongeant le nez dans la chope, elle se sentit, une fois de plus, nauséeuse à l’idée de la boire. Elle ne sentait pourtant pas mauvais. Par rapport au coq en patte, elle sentait même plutôt bon. Mais c’était autre chose, une barrière mentale qu’elle força en y trempant les lèvres. Le liquide était frais. Peu de goût, mais ce n’était pas grave. Le sentant pétiller sur sa langue, elle ferma un instant les yeux, presque soulagée de la trouver à son goût, puis reposa la chope sur laquelle elle posa un regard vaguement rasséréné. Elle demeura ainsi silencieuses quelques instants, avant de glisser, sans le regarder : « Tu chantes bien. Je ne connais pas beaucoup d’hommes qui chantent ainsi. » Ceux qu’elle avait été contrainte et forcée d’écouter étaient pour la plupart des chanteurs d’Opéra, recouverts de pied en cap de fanfreluches, glabres voire même castrat. Elle même ne chantait jamais, supposant que sa voix, grave et posée, ne s’y prêtait pas. « Je t'écoutais, tout à l'heure. »

Puis elle l’observa quelque temps en silence, hésitante. Elle n’avait jamais fait ça, boire en compagnie d’un autre Dissident. D’ordinaire, les gens comme eux se croisaient, le temps de se passer quelques messages brefs, puis se séparaient sans avoir à tenir le temps d’une discussion. Que dire à un homme qu’il ne fallait pas connaître… ? Elle ne pouvait pas le questionner, ni se livrer. Juste l’observer, le cul entre deux chaises. À cette idée, elle eut un léger sourire. « Ce ne sera pas évident… » À nouveau, elle observa l’alcool ambré de sa chope, sans en boire.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Dim 19 Fév - 23:07

Elle n’avait pas l’air aussi à l’aise qu’à l’air libre, une épée à la main et sûr de ce qu’elle désirait. Un objectif, des moyens et une volonté implacable. A ce demander pourquoi elle avait ainsi acceptée de venir dans ce lieu perdu au milieu de nulle part avec un étranger qu’elle ne connaissait que depuis quelques minutes et trois passe d’arme. Au moins, elle avait fait l’effort de goûter à la bière sans la recracher. J’ingurgitais la mienne d’un long trait avant que ces paroles ne me parviennent. Je m’arrêtais net, m’étouffant devant ce compliment surgit d’on ne sait où. Je passais le bord de la chemise sur la bouche pour m’essuyer, rougissant légèrement et pas uniquement du à l’étouffement.

‘‘Merci, c’est l’un de mes …[Keuf Keuf]… nombreux talents’’

J’écrasais une larme au coin de l’œil tout en la détaillant par la même occasion. Elle semblait assez tendue et j’étais prêt à parier que cela ne venait pas uniquement à l’endroit ou au fait qu’elle partageait une bière avec un homme. Devant le silence qui tombait entre nous, il devenait évidant qu’il n’était pas toujours facile de parler de chose et d’autre avec une personne qui devait cacher son identité à tout prix. Ce qu’elle sembla confirmer d’elle-même en l’ajoutant d’elle-même. A moins qu’elle ne parlait de la mission ? Mes doigts s’agrippèrent à ma chope et d’un sourire je touchais son épaule de la mienne.

‘‘Tu sais, la nature humaine est ainsi faite que quelques mots ne peuvent pas la résumer. Je pourrais te dire par exemple que je suis un merveilleux chanteur, que je suis très doué avec me doigts au point que je puisse délester n’importe qui de sa bourse…Que je sais cuisiner, tricher, jouer aux cartes, mentir sur n’importe quel sujet avec assurance…Cela ne te dira toujours pas qui je suis. Il y a une différence entre qui je suis et ce que je suis.’’

J’usais d’un de mes bras pour soutenir ma tête, pointant de mon autre main la jeune femme avec un sourire en coin.

‘‘Un peu comme dire que tu ne te résume pas à être une jeune femme douée pour les armes avec un charme fou dès que tu commence à te concentrer. Je suis certain que je serais très surpris si je te rencontrais par hasard. Nous pourrions discuter des heures que je n’aurais pas fini de te connaitre et quand à me faire arracher tout ce que je sais, je doute que savoir que tu sais apprécier des hanches bien entrainées leurs soit d’une quelconque utilité ’’

Je ris doucement

‘‘La profusion d’information tue l’information. Je suis assez doué pour noyer le poisson, je pourrais parler des heures sans que tu apprennes quelque chose de déterminant sur moi. Parce qu’après tout, je ne suis qu’un homme dans la masse, parmi tant d’autre. Et puis connais t’on vraiment les gens ? Je suis certain que tu connais cette sensation. Celle de penser que tu puisses connaître quelqu’un et que cette dernière arrive tout de même à te surprendre. ’’

Mon regard croisa le sien alors que je me faisais plus joueur qu’à l’ordinaire. Il n’y avait pas à dire, les tavernes étaient mon terrain de jeu. Quelque chose de familier où j’avais aussi bien mes repères que mon personnage. Une identité, un masque que j’arrivais à poser sur ma vie, qui me protégeait instinctivement. Une chose qui me permettait d’esquiver les questions dérangeantes ou d’être totalement franc vis-à-vis de mes sentiments. Tout n’était qu’une façade et il n’y avait eut que Lysandre pour arracher un brin de franche honnêteté de ma part.

‘‘Tu veux que je t’apprenne un tour de carte ? Un tour de passe passe ? C’est toujours très utile ! Je pourrais te montrer comment tricher aux cartes sans te faire prendre. A moins que tu ne veuille que je chante pour toi ? Je pourrais t’apprendre le chant qui te permettrait de te repérer ici…Où plus simplement parler de moi ? Ce n’est pas un soucis, me retrouver est normalement une tache qui n’est pas aisé. Plus d’un homme marié me cherchent ainsi en vain. ’’

Un peu de vantardise ne faisait jamais de mal. Mais ce que je ne voulais pas, c’était bien de laisser une jeune femme silencieuse et morne en ma compagnie. Encore un coup de cette fierté qui ressurgissait quand on s’y attendait le moins…
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Lun 20 Fév - 16:40

Elle s’amusa de sa réaction à son compliment, ne s’attendant pas à une telle chose venant de lui. Il lui avait plutôt paru gouailleur, plein d’assurance et presque arrogant, et le voilà alors qui s’étouffait dans sa bière. Une demoiselle effarouchée. Dans ces mots toujours cette arrogance bien sur, qui la fit sourire avant de lui arracher un léger soupir. Elle peinait à se sortir de son cocon de malaise, ficelée à l’intérieur. Elle cilla, et laissa un silence s’installer, avant de sentir son épaule contre la sienne. Relevant les yeux, elle croisa un regard rieur et ne retint pas un sourire un eu gêné, en réponse au sien. Il était chaleureux, d’une chaleur douce et profondément réconfortante. Il émanait de la douceur moite de cette chair venue presser la sienne une générosité presque tendre, qui, sans qu’elle n’en dise rien, la bouleversa. Elle s’en voulut aussitôt de cette faiblesse qui la prenait. Il était un étranger, à qui elle imposait cet état presque léthargique. Que n’était-elle l’Elenor joueuse et enjouée, cette bonne vivante, coqueluche des tavernes. Elle en était sure : il aimerait beaucoup, cette Elenor là. Elle se lassait elle-même de cette pente douce mais certaine qu’elle empruntait, depuis son départ de l’armée. Affaiblie, en proie aux excès les moins vivaces, anonyme et trahie… Elle était loin de l’identité dont elle estimait qu’elle était la sienne.

Elle avait honte.

Son épaule s’attarda contre celle de l’anonyme. Elle ne quitta qu’à regret celle-ci, tandis qu’il se dérobait et lui parlait. Elle ferma les yeux sur un sourire et soupira, se laissant abreuver de ses paroles. Elle cédait volontiers à cette pression verbale, se laissait faire, se laissait submerger par sa présence chaude et son aura. Elle le savait en train de la manipuler par ses mots, tout comme il avait tenté de la semer dans ces ruelles où il l’avait entrainée, une inaudible ritournelle pour seul fil d’Ariane. Elle se perdait au carrefour de ses idées, sentant son esprit comme tronqué par sa morgue. Une ivresse qui n’avait rien de commun avec celle de l’alcool ou de l’amour. Celle-ci était pleine d’une douleur, d’une volonté trop endolorie, délicieusement saoule et vulnérable. Le portrait qu’il débitait de sa personne vint alors s’imprimer en elle, s’y presser pour y laisser une marque. En hôte digne de ce nom, elle le laissa l’habiter un peu, accueillant les mots un à un, avec attention. Une fois encore, elle le laissa prendre ses quartiers. La position qu’il prit alors, flatteur, elle l’avait vue chez de nombreux séducteurs de comptoir…
Si le début, lorsqu’il reprit la parole, pouvait laisser entendre que c’était bien là ce qu’il était, elle finit à nouveau par se sentir happée par ces visions qu’il tendait entre eux, comme autant de câbles dans le petit espace qui les séparait. Il cherchait à leur faciliter la communication, et par ces mots, à la libérer. Elle réalisa alors qu’il devait, dans une certaine mesure, pâtir de cette attitude fermée qu’elle avait adoptée. Une once de culpabilité, et elle se redressa alors, piquée au vif. Non pas parce que ses mots lui étaient désagréables, mais parce qu’il révélaient innocemment son propre égoïsme. Cela concorda avec la boutade, concernant des hanches bien entrainées. Elle partagea alors plus volontiers son rire, s’ouvrant à peine.

« Cela dit, glissa-t-elle à voix basse, cela me rappellerait sans doute au souvenir de quelques hommes » Un sourire complice, elle lui faisait une confidence ténue, sur ce qu’elle avait été autrefois. Cela faisait des mois à présent qu’elle n’honorait plus sa réputation sulfureuse. Des mois qu’elle ne s’était plus sentie libre et forte, dans les bras d’un homme. Et compte tenu des derniers évènements, ce n’était pas partit pour s’arranger. Réalisant cela, une légère vague de révolte s’éleva en elle, brusque, mais éphémère. Elle se sentait dévalorisée par cet état de fait, petite résurgence de sa liberté d’antan. Elle qui ne se voyait mariée à aucun homme, la voilà le fil à la patte, et ce contre sa volonté. Quelle stupide droiture d’esprit. Qu’est-ce qui l’empêchait, au fond, comme Lan, se s’abandonner dans les bras d’un homme, comme lui dans ceux de prostituées ? Qu’est-ce qui l’empêchait, au fond, depuis sa rupture d’avec cette ordure de Raetan, de se laisser elle aussi aller à sa nature ? Il était trop tard à présent qu’elle avait sur sa peau, comme marquée au fer rouge, la trace de l’Al’Faret, mais elle s’en voulait, par Therdone, de n’avoir pas réagi plus tôt, et d’être restée, tout ce temps, si noble et si droite. Pour arroser cette idée, elle avala une plus longue lampée de bière, tandis que, déjà, son inépuisable compagnon reprenait la parole.

Il confirma en quelques mots le sentiment qu’elle avait à son égard. Noyer le poisson, c’était exactement cela. Elle connaissait cette sensation, celle de penser connaître quelqu’un et de tomber des nues devant sa nature véritable… Si, à quelques occasions, la surprise avait été bonne, les dernières quant à elle s’étaient révélées des plus décevantes. Elle lui sourit cependant et le regarda en silence, songeuse, avant de lui souffler : « Et avec toi, la surprise est-elle bonne, en général ? » Sa voix grave et posée, elle avait retrouvée un peu de sa fluidité habituelle. Elle sourit de ses propositions, amusée ; elles lui semblaient disparates et envolées, un peu l’impression globale, en fait, que lui faisait cet inconnu enjôleur. Elle l’imaginait sans mal séducteur, égarant les donzelles respectables pour les incliner sous sa coupe avant de les abandonner, une fois consommé leur vin. Car elle décelait un peu de ce prédateur également, sous ses mots sucrés. Ce n’était alors qu’une impression assez vague, mais bruyante, au fond de son esprit. Son arrogance lui arracha un nouveau rire, puis, elle lui fit un signe d’encouragement : « Va pour le tour, j’ai besoin d’occuper mon esprit. » Un regard complice, puis celui-ci retomba sur la bière dont elle but quelques gorgées.

Lui laissant le temps de prendre ce dont il avait besoin, elle jeta un coup d’œil circulaire et constata que certains avaient les yeux posés sur elle. Elle mit cela sur le compte d’une physionomie qu’elle devait à l’entraînement et à l’exercice, mais par précaution, remonta un peu se son col, fermant quelques agrafes de sa chemise, puis rabattit les manches qu’elle avait laissées haut sur ses coudes, masquant les tatouages que l’on pouvait y deviner. Il n’était pas bienvenu d’être repérée par qui que ce soit dans un lieu pareil.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Lun 20 Fév - 21:21

Elle ce livrait difficilement. Offrant un regard distrait, un sourire, un besoin d’être ailleurs et ici à la fois à croire qu’elle était perdue dans sa propre vie. Bien sûr, ce n’était qu’une réflexion gratuite de ma part. Je reconnaissais pourtant facilement ces petits signes que je voyais tout les soirs sur les visages des habitués des tavernes. La joie qui cachait la tristesse. L’ivresse qui dissimulait la fuite de responsabilité. La colère qui voile le désespoir de voir enfin une main ce tendre. L’envie de tout changer. De simplement voir le temps suspendre son vol pour nous donner l’occasion de reprendre notre respiration. Je ferrais preuve de narcissisme si je disais que j’étais mon plus grand admirateur dans ma façon de jongler entre ma conscience, mes sentiments contraires et mes désirs les plus profonds. Si une Divinité Supérieur en tout existait, je devais avouer que quelque part, j’attendais son jugement comme je le redoutais.

En d’autres termes, je comprenais sans la comprendre. Je désirais la connaitre sans rien demander de son passé. Mais ce n’était pas comme si j’aimais faire les choses simplement. Lui offrir simplement une occasion de discuter, de lui faire oublier le monde pendant quelques heures, de lui montrer autre chose qui resterait durablement en elle…C’était ma spécialité…Ma vie devrais je dire…Moi l’amuseur publique au masque toujours souriant qui cache comme chacun son lot de souffrance. Néanmoins ce n’était pas de moi dont on parlait. Moi je me contentais de tisser des liens entre elle et moi. De la même manière qu’elle m’avait testée, je la rapprochais de moi autant que je le pouvais. De la même manière qu’elle avait essayée de savoir ce dont j’étais capable ou non, j’essayais de faire ressortir le meilleur d’elle-même. De la même manière qu’elle avait essayer de s’assurer si elle pouvait compter sur moi, j’essayais de lui faire oublier tout ce qui aurait pu la distraire. Nous étions si semblables et si différent pourtant.

‘‘Qu’est ce que je devrais dire ?’’

Je ne la jugeais pas sur ce qu’elle avait pu faire. Après tout, je n’étais pas le mieux placer pour parler de moral. Mon sourire s’adoucit encore plus par voie de conséquence. Mon regard complice ce fit plus amusé alors que je guettais sa réaction quand sa dernière phrase sur les surprises que je pouvais donner me foudroya. Bien ennuyé, je passais ma main à l’arrière de mon crane, essayant de réfléchir à ma réponse. Une question simple mais encore une fois une réponse bien plus complexe que cela en avait l’air. Mes yeux roulèrent avant que je reprenne ma position à moitié avachi sur le comptoir.

‘‘C’est…Plutôt dur de répondre.’’ Je me raclais la gorge, une petite moue au bord de mes lèvres.’’En vérité, tout le monde à des préjugés sur ma vie et sur ce qu’elle devrait être. En me conformant à cette image, j’ai une certaine liberté de mouvement. Etre un vaurien séducteur dont on sait qu’il a une mauvaise réputation…Disons qu’on sait plus ou moins à quoi s’attendre et j’essaye de faire en sorte de pas les décevoir. En fait, pour moi la vie est un immense théâtre où je joue mon propre rôle. Au point que parfois j’oublie d’être moi-même. Du coup, je ne sais pas si certaines choses peuvent être des surprises…Qu’elle soit bonne ou mauvaise’’ Je glissais un regard vers elle ‘‘D’un autre côté, je suis toujours obligé de trouver de nouvelle chose pour étonner et séduire. On s’attend à ce que je fasse rêver et surprendre mon auditoire. De ce fait, il y a toujours des surprises…Mais elles ont rien de spontanées. Du coup je ne sais pas si cela compte dans les bonnes surprises. ’’

Ma propre réponse me laissait perplexe. Est-ce que j’étais capable d’étonner véritablement quelqu’un ? Dans le même temps, il n’y avait rien de surprenant dès que je posais mes habits de barde pour reprendre celui d’un homme simple. Enfin presque simple car j’ignorais si beaucoup d’homme appréciait les joies du bain comme je le faisais. Je lis beaucoup pour trouver de nouvelles chansons ou en apprendre d’autres. Je joue de la musique pour éviter de réfléchir. J’essaye de m’occuper de ma famille dès que je le peux. De là à penser qu’il y avait quelque chose d’extraordinaire qui marque les esprits, il y avait un fossé.

‘‘Mais je suppose que si les gens savaient combien je suis simple et ordinaire au-delà du personnage…Ils seraient étonnés. Enfin je pense. Un peu comme toi je suppose ?’’

Je n’avais pas dis cela avec une grande conviction. Je passais sur cette question qui m’avait légèrement embarrassé. Je m’emparais d’un couteau, d’un bouchon et de deux serviettes pour mon tour de magie….


…Je découpais le bouchon en quatre part égale, les disposant en carré devant moi. ‘‘Tu vois, la magie n’a rien de compliqué. Il y a plusieurs écoles en la matière. Personnellement, j’aime deux points que j’essaye d’appliquer tout les jours. La première, c’est de créer une ambiance. Il ne s’agit pas de berner les gens.’’ Je disposais les deux torchons sur les deux morceaux les plus proches de moi. ‘’Au contraire, je leur montre quelque chose d’autre. Quelque chose qui n’est pas pragmatique et logique. ’’ Je pris un bouchon, le tapant sur le côté du comptoir puis relevait un des torchons, laissant apparaitre deux bouchons là où il y était censé n’y en avoir qu’un.’’Ce petit rien de spécial qui rend la vie plus joyeuse. C’est là que tout commence. Parce que quelque part, au plus profond d’eux, ils attendent quelque chose.’’ Je recommençais l’opération avec le troisième bouchon et de la même manière, il semblait traverser le comptoir pour venir sous le torchon. ‘’Si tu arrive à leur donner, ils y croient. Même s’ils cherchent une solution, ils y croient…’’ Je claquais des doigts dans un sourire. Le dernier morceau c’était volatilisé et apparut avec tout les autres chez sa voisine. ‘‘…Et c’est ce qui fait toute la différence.’’

Je lui souris tendrement, dévorant sa réaction du regard.

‘‘C’est ce qu’on devrait faire nous aussi. Je pense qu’apprendre quelques tours nous serraient bien utile.’’

J’attendis un peu avant de Expliquer le tour
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Elenor Jagharii
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Mar 21 Fév - 18:49

Elle écouta sa réponse avec un certain intérêt. Elle avait bien vu sa gêne, sur le coup, et s’en voulut peut-être un instant, mais sa curiosité était telle que ce sentiment ne s’attarda pas en elle. Elle l’observa parler tranquillement… Il évoquait un auditoire, parlait de théâtre et parlait de rôle… Elle savait qu’elle ne devrait pas, mais elle était incapable de s’empêcher tout à fait de se creuser les méninges. Il y avait dans ses attitudes quelque chose de sur joué, une permanence de la mise en scène, jusque dans ses sourires, et les positions qu’il adoptait. C’était sans doute ce qui la troublait le plus, cette impression de ne pas savoir à quoi s’en tenir du premier coup d’œil. Peut-être était-ce également pour cette raison, finalement, qu’elle avait écourté aussi tôt cet entrainement. À quoi bon tester un homme dont on savait qu’il ne livrerait fatalement rien de lui même, ou alors, que jamais on ne pourrait être sur de soi, et de son ressenti à son sujet ? Elle fut tentée de lui dire qu’elle, au moins, n’attendait rien de particulier, mais elle trouva cela déplacé, et ne l’interrompit pas. Quelque part, le fait qu’il admette être loin de la spontanéité qu’elle avait pensé lui trouver un peu plus tôt avait quelque chose, en effet, de décevant… Mais sans doute était-ce l’envers de tout artiste (elle penchait plutôt vers cela, il n’était de toute évidence pas homme à surprendre par sa force, et ces références scéniques perpétuelles ne faisaient que la conforter dans cette opinion…) par trop bariolé et affriolant. Nul homme, à moins d’être le fou en personne (Therdone ce que cet énergumène pouvait la mettre mal à l’aise…) ne pouvait réellement être pétillant, et coloré en permanence. Elle était bien placée pour savoir qu’il y a souvent derrière le sourire une inquiétude, un malaise, voir une détresse… Et qu’ici en ces bas quartiers, ceux qui s’en sortent le mieux sont les menteurs, et ceux capables de déguiser sans vergogne aucune leur état d’esprit réel.

Mais en un sens, elle se sentit frustrée par ce postulat, car malgré cela, elle avait une envie réelle de le connaître. Une fois encore, ce n’était pas là une chose sérieuse. Une très mauvaise idée. Quoi qu’il en dise, il était possible de convaincre de crime des hommes sur des détails, et ce type de soif pouvaient mener l’anonyme derrière des barreaux plus facilement qu’il ne le pensait. Et pourtant, tel que cela lui avait été présenté, il y avait fort à parier que leur collaboration ne s’achève pas de sitôt, et Elenor n’avait jamais confié plus durablement qu’au cours d’une action ponctuelle sa propre vie à un parfait inconnu. Ses hommes, elle les connaissait jusqu’au bout des doigts. Leur personnalité, leur passé et leurs angoisses. Elle avait même poussé le vice jusqu’à coucher avec un certain nombre d’entre eux (cela ne posait à ses yeux pas de problème en terme de hiérarchie, contrairement à beaucoup d’autres Capitaines… Sans compter qu’un soldat bien entrainé était souvent un amant tout à fait honorable) afin de dévoiler une part même de leur intimité, et de leur nature réelle. Et c’était là une chose réciproque, la Jagharii se livrant, souvent dans les moindres détails, sans aucune gêne. De par sa naissance et de par son aplomb naturel, elle n’avait jamais été étouffée par la pudeur.

Mais il leur faudrait cette fois demeurer dans un flou qui, elle le savait, la ferait rapidement trépigner. Jusque là elle n’avait eu, au sein du mouvement, de relations suivies qu’avec des personnes qu’elle connaissait bien. Elandor bien entendu, Lell, qui venait ensuite, petite protégée, ou Eleni qui, au contraire, était quant à elle trop opaque pour laisser ne serait-ce qu’une once de chance à ce genre de réflexion. Lui était à mi-chemin, une situation bâtarde qui, elle en était convaincue, serait difficile à tenir. Son petit récit terminé, elle ne déguisa pas vraiment son scepticisme. À l’entendre il était un homme tout à fait normal et ça, non, elle n’y croyait pas. Le voile était peut-être lourd, mais elle distinguait au travers une lueur colorée et dansante, cette lumière qui, précisément, rendait aussi inconfortable sa situation présente.

Sa question finale la troubla cependant beaucoup plus. Pour une raison simple : elle n’était pas tout à fait sure de la comprendre. Plutôt que de se creuser les méninges trop longtemps, elle opta pour la simplicité, et répondit à ce qu’elle avait cru saisir, avec davantage de spontanéité qu’elle n’en avait montré jusque là : « Si ce que tu veux savoir, c’est si moi, je serais surprise de te découvrir simple et ordinaire, je vais devoir te contrarier… En revanche, si tu penses être surpris, s’il advenait que tu apprennes un jour ma véritable identité, alors là oui, je pense pouvoir affirmer sans risque que tu tomberais des nues… » Ce qui serait tout à fait naturel, le barde étant alors en train de parler à l’héritière de l’une des plus prestigieuses lignées de tout le royaume… Le nom de ses ancêtres figurait en lettres d’or dans l’histoire des origines d’Isle, ce qui n’était définitivement pas donné à tous, pas même parmi certains nobles, si fières du patrimoine circulant dans leurs veines. C’était là quelque chose, en dépit d’une allure souvent droite et altière, qu’Elenor avait appris à déguiser. En frayant avec le soldat de base, tout d’abord, puis en fréquentant avec assiduité les bas quartiers, et ce depuis bien avant son entrée dans le mouvement. Bien que ses valeurs ne soient pas celles du badaud moyen, il fallait bien avouer qu’elle le côtoyait sans grande difficulté. Elle n’avait pour autant pas perdu sa noblesse, dont elle était fière et qu’elle cultivait dans une direction, simplement, qui n’était pas celle de ceux qui étaient au pouvoir, mais dans celle qui transpirait des récits du passé, où honneur et bravoure avaient encore une signification.

De cela bien sur elle ne lui dirait rien, étouffant dans un clin d’œil ces pensées avant d’observer en sirotant sa bière les préparatifs de son tour.

Dès le départ, elle comprit une chose : elle serait incapable de faire la même chose. Et ce pour une raison très simple, quoi qu’elle ne saisisse pas les gestes fatidiques qui rendaient l’illusion si parfaite, elle voyait bien qu’il avait des mains agiles, et rapides. Ses mots qui endormaient sa vigilance ne maquillaient pas cette très grande agilité, et à mesure qu’il lui faisait apparaître ces maudits petits morceaux de liège sous l’une des serviettes, elle se sentait prise par deux sentiments distincts. L’envie de comprendre, d’une part, ajoutant à la frustration déjà ressentie quant à cette fameuse surprise qu’elle ne devait pas avoir, mais également la certitude qu’elle ne réitèrerait pas l’exploit. Elle goûtait en avance à l’amertume de devoir refuser d’essayer à son tour, sans oser cependant le lui dire. Alors, cherchant une parade là où ceux de son espèce la trouvaient toujours, elle porta à nouveau les lèvres à sa chope, l’air songeur. Elle lui rendit son sourire, sa propre tendresse mêlée d’un peu plus de piquant. Elle n’avait pas, bien évidemment, compris ce qu’il avait fait, mais avait néanmoins cherché avec une assiduité tout à fait louable. Finalement, sentant qu’il attendait une réaction, elle reposa lentement la chope et, de sa main droite toujours, tripota l’une des serviettes, les sourcils froncés. Elle la reposa avec des gestes précautionneux, comme si celle-ci, de par l’illusion, revêtait tout à coup une aura tout à fait mystique avec laquelle elle se devait d’agir en femme prudente.

« Tu n’es qu’un sale petit manipulateur. » Les mots acerbes étaient démentis par son regard amusé, presque rieur, et par le sourire qu’elle lui adressait, et qui témoignait d’un fond d’admiration qu’elle retenait par correction. Elle ajouta, se redressant et sa voix légèrement moins bien assurée : « Je crains cependant de ne pas être capable d’en faire autant. » Le regret était sincère. Elle finirait bien par le lui expliquer. Ce n’était pas là un secret, et tout comme elle déposerait en lui sa confiance, il allait bien falloir qu’elle ait l’honnêteté de lui faire part, elle aussi, de sa faiblesse. Face à lui, elle avait tenu la route l’épée au poing, mais face à des adversaires plus expérimentés, la lutte armée comportait un risque qu’elle ne pouvait décemment pas lui cacher. « Cela dit, c’était instructif, et agréable. » À nouveau un sourire, un peu plus tranquille, puis elle joua silencieusement avec l’anse de sa chope.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Mer 22 Fév - 21:45

Elle avait appréciée…J’avais capturé son attention l’espace de quelques minutes. Quelques secondes qui n’appartenaient qu’à moi. Un sourire. Une expression amusée. Des instants que je glanais ici et là. Des expressions dont j’étais parfois le rare témoin. Je pouvais dire sans être trop sentimental qu’il s’agissait là d’un véritable trésor. Une richesse qui alimentait ma propre joie. Mon inspiration à poser ma plume sur le papier. A continuer dans une vie qui n’était jamais des plus simple et qui semblait gagner en complexité à chaque seconde.

J’aurais pu continuer longtemps. Que ce soit de m’épancher sur ma vie ou continuer avidement de chasser son sourire…Après tout, cela n’aurait pas été moi si je ne cherchais pas avidement à obtenir tout ce qu’elle pouvait me donner. Que ce soit un peu plus d’attention, de tendresse ou autre chose. Ce que je désirais, c’était simplement voir son véritable visage derrière cette façade si…Chaste ? Effectivement, j’abusais légèrement sur le terme à employer. Ce que je sentais chez elle était surtout cette retenue qui semblait l’entraver. L’empêcher de passer un bon moment. Peut être que là encore c’était ma fierté mal placé qui parlait. A moins de l’imputer sur mon instinct de coureur de jupon ? Moi-même je ne savais pas mais il était clair que je voulais mieux la connaitre.

Non son identité…Mais ce qu’elle cachait en elle.

‘‘Ce n’était pas si naturel pour moi de commencer des tours de magie. C’est venu plus tardivement…’’Je roulais des yeux, hésitant à vouloir entrer dans des détails dont je ne savais si cela l’intéressait…Ou si elle me ferait une remontrance pour avoir trop parler ‘‘…Ce n’était pas comme si j’avais véritablement eu le choix. J’ai appris rapidement plusieurs choses pour essayer de m’en sortir et faire en sorte que les miens ne manquent de rien. J’ai volé, mentit, triché, brisé des cœurs pour nous permettre de faire plus que survivre.’’ Je vidais ma bière d’une traite en souriant ‘’Mais je mentirais si je n’avais pas trouvé cela excitant. Que je n’aimais pas cette sensation d’être au cœur de l’action. Cette impression de maîtriser sa vie malgré tout ce qui s’acharne à vous tomber dessus. Un défi face à la destiné.’’

Je recommandais deux autres alcools avant de me raviser. Je demandais une bouteille de ce qu’il avait de plus fort. Le tavernier me regarda un moment avec suspicion avant d’abandonner l’idée de me demander de payer. Quelques pièces de plus à déduire de sa dette. Après tout, je ne perdais jamais. Sauf quand cela m’arrangeait de contracter une dette qui me rapprochait d’une personne. Avoir des mains agiles étaient certainement ce qui m’avait été le plus utile. Plus qu’avoir une langue bien pendue.

‘‘Mais ce n’est pas comme si j’y comprenais quelque chose. Et puis ces derniers temps je ne fais plus que des coups faciles. Je crois que je commence à faire un début de vieillesse ’’ Je versais l’alcool dans mon verre en éclatant de rire ‘‘Ou de sagesse ? Je ne sais jamais.’’ Idée totalement ridicule encore que l’age commençait doucement à me rattraper. Même si j’étais dans la force de l’age, je commençais à me rendre compte que jouer les acrobates m’épuisait plus que de raison. Excès d’alcool ou d’autre chose ? Peut être ‘‘Ces derniers temps, je m’adonne plus facilement à la musique et aux cartes.’’

Je me rapprochais une nouvelle fois d’elle. Epaule contre Epaule pour lui soutirer quelques confidences sur un ton doucereux.

‘‘Et bien sûr à donner du plaisir à toute celle qui me paye pour mes services. Encore qu’elles se font un peu plus rare. A croire que la crise rend les gens plus paranoïaque et moins enclin au plaisir. J’ai toujours été un pacifiste…Faire l’amour et pas trop la guerre’’ Je ricanais terminant mon second verre d’une traite avant de grimacer. La bouteille se vida une nouvelle fois, remplissant mon auge d’un liquide ambré. Je le fis tournoyer un moment dans mon verre pour profiter de la chaleur qui commençait a monter depuis mon estomac…Avant d’être prit par un énorme doute. Je vidais mon second verre d’une traite, commençant à réfléchir à mes derniers déboires sentimentaux. Celle qui venait en tête était bien entendu la chef olaril qui m’avait légèrement laissé dans mon jus. Je fus soudainement pris de panique.

Je vidais un troisième verre avant de plisser les yeux et me frotter le menton. Est-ce que par le plus grand des hasards mon charme naturel commencerait à ce faire la malle ? Je me frottais la nuque, les coudes sur le bar, la mine basse et prit du doute que le passage du temps avait peut être prit plus que sa part sur mon physique. ‘‘Enfin plus trop dernièrement.’’ Je soupirais avant de regarder ma compagne. Hésitant…Puis sans prévenir la prendre dans mes bras pas loin des sanglots . ‘‘Dit moi que je suis toujours attiraaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaant.’’
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Jeu 23 Fév - 14:42

Le moins que l’on puisse dire, au sujet de l’anonyme, était que celui-ci ne rechignait pas à livrer un peu de lui. Il y avait un certain plaisir coupable dans la façon qu’avait Elenor de boire ses mots. Elle avait l’impression de boire une liqueur lourde et sirupeuse, à la saveur interdite. Épicée par le danger de découvrir, au détour d’un mot, une information qui ferait sens. Un sens interdit, proscrit. C’était une sensation ténue, mais grisante, relevée d'un soupçon d’excitation. Et ce qui fit sens, au cœur de tout cela, c’était une idée, une idée qui concluait innocemment son propos, mais aurait pu la bouleverser.

Cette impression de maîtriser sa vie malgré tout ce qui s’acharne à vous tomber dessus.

Elle lui envia cette liberté, et cette force. Elle la lui envia si bien qu’elle alluma dans ses prunelles une étincelle de regrets. Elle avait loué cette impression, elle s’y était développée, épanouie avec volupté. Chaque passe d’armes, chaque heure et chaque pas avait été le fruit d’une puissante Volonté. En témoignait son corps illustré de ces étapes, ces paliers franchis. Depuis sa mise à pieds, elle n’avait plus marqué sa peau du moindre tatouage. Parce qu’elle était absente en elle-même, une coquille vide et abandonnée. Elle avait perdu cette énergie vitale, cet emportement, cette fougue et cette faim de loup. Autrefois, devant cet homme elle se serait montrée drôle, et agressive. Elle se serait tenue droite et fière, charmante. Elle l’aurait charmé, pour voir. Parce qu’il était bien fait, et aimable. Mais cela aussi, c’était là quelque chose de terminé. Elle n’avait pas faim, ou alors une toute, toute petite faim. Tout juste celle d’un oiseau, inhibée et polie. Elle se savait sur ses gardes, l’œil brillant et à l’affut. Elle ne donnait plus. Elle ne donnait rien.

Amère, elle descendit alors d’un trait ce qu’il restait de bière, et reposa la chope avec un léger soupir, prenant soin de ne pas la faire heurter le comptoir. Elle la déposa plutôt avec légèreté, avec une souplesse toute feutrée. Ce n’était que de la bière, et il en fallait beaucoup plus à la Jagharii pour sentir un début d’ivresse la prendre, mais cette fraicheur qui se glissait jusqu’à son estomac éveillait sur son passage de la couleur, et un plaisir qui ternit presque aussitôt. C’était là une félicité par trop éphémère, sans volume. Elle en avait connu trop, et de trop savoureuses pour ne pas ressentir une fois éteint le petit crépitement qui l’avait envahie, un certain dépit. Il reprit, par chance, la parole, et récupéra du même coup son attention, reléguant à un second plan, certes pas bien éloigné, sa mélancolie. Elle amena rapidement à elle un petit verre, qu’elle remplit de l’alcool que lui-même venait de demander. Cul sec, elle l’avala, les sourcils froncés au moment de déglutir. Cette mixture était fichtrement forte, et cela faisait longtemps qu’elle n’avait plus rien bu de cet acabit. La dernière cuite de ce type qu’elle avait prise datait de ses fiançailles forcées d’avec Xander Venarii, qu’elle avait prise en solitaire, avec une liqueur à base de pomme, tellement forte que percevoir le goût du fruit suggérait des dons de divination.

Il lui parlait de vieillesse. Alors elle chercha à deviner son âge d’un œil scrutateur, qui ne se cachait pas. Se resservant l’air de rien un second verre, elle observa son visage, écouta sa voix, s’attacha à son timbre. Cet homme était plus vieux qu’elle. De peu, elle en était convaincue, cet écart-là étant loin de celui qui la séparait de Sieben… Certains facteurs la troublaient. Sa peau semblait lisse, ses mains surtout, qui n'étaient pas vraiment celles d'un homme mûr… Son visage n’était que modérément marqué… Pour un homme de son rang, en général la dégradation allait plus vite, mais celui-ci… Un âge qui n’était que très abstrait, donc. Elle pouvait concevoir cependant qu’une fatigue soit interne, invisible et pernicieuse. Elle bu à nouveau, avec plus de parcimonie cette fois, laissant à l’alcool tout le loisir de lui brûler lèvres, palais, langue puis œsophage jusqu’à se recueillir sagement au plus profond d’elle-même.

Elle fut, cette fois, surprise de sentir à nouveau son épaule contre la sienne. Elle entendit distinctement sa voix baisser d’un ton, et en frissonna malgré elle. Ses mots lui arrachèrent un léger rire, silencieux. Un gigolo. Ça ne la surprenait qu’à peine. En fait, à bien y réfléchir, ça ne la surprenait même pas vraiment. Elle le voyait facilement comme un homme à prodiguer un plaisir savoureux mais, tout comme la bière, éphémère. Il parlait des femmes au pluriel, comme elle avait parlé des hommes, autrefois. À ce qu’il dit par contre, se reposant un peu contre son épaule, elle haussa un sourcil et lui glissa : « Il y en a certains pour qui l’amour est toujours coloré d'un peu de guerre, et vice versa. » Elle but une petite gorgée d’alcool, puis après une légère pression à travers l’étoffe, elle ajouta doucement : « Je suis incapable de faire un choix entre les deux. Encore qu’en ce moment, la vie ait décidé pour moi d’éluder l'un des deux. » Et à en juger par la mine qu’elle tirait, il n’était pas bien difficile de deviner lequel.

Un soupir, profond, puis elle termina d’un trait, une fois de plus, ce qu’il restait de son petit verre de liqueur. Il avait lui aussi une bonne descente, compte tenu du fait que cet innocent petit liquide ambré était pour le moins chargé. Mais il fallait croire qu’il ne le tenait pas si bien que cela. Elle vit distinctement le changement dans son attitude et resta interdite, hésitant sur la conduite à adopter. Il en décida pour elle, puisqu’après un petit regard, elle le trouvait tout contre elle, à geindre. Spontanément, elle se raidit, son torde bandé comme la corde d’un arc. Souffle coupé par l’aspect soudain de cette étreinte. Elle ne s’y était pas attendue. Pas un instant. Il devait à priori cet état à des déboires… amoureux ? Elle ignorait si un tel terme pouvait convenir pour cet homme. Sans doute s'agissait-il davantage d'une fierté contrariée que de sentimentalisme. Elle garda le silence un moment, espérant trouver dans son verre (qu’elle avait remplit tandis qu’elle était dans ses bras, dégageant une main de cette étreinte pour se resservir) une réponse à cette question. Ses bras la ceignaient de trop près pour lui permettre de le porter à ses lèvres, aussi s’en dégagea-t-elle un peu, juste assez du moins pour pouvoir descendre, d’une traite encore, le petit verre. Sa chaleur la réconforta et, agrippant de sa main droite l’épaule de l’anonyme (elle garda la gauche entre eux, incapable de saisir quoi que ce soit, fusse-t-il une épaule, avec) le décala un peu pour croiser son regard.

Que répondre ? Du moins, que répondre qui ne porte pas à confusion ? Elle ne le connaissait pas encore, ne lui parlait pas en tant qu’ami, mais en tant que vague connaissance. Elle toussota légèrement, puis soutint son regard avec, toujours, une certaine hésitation. « Je ne sais pas trop quoi dire… ? » Elle était troublée, cilla et rougit légèrement sous ses yeux. Alors, toussant à nouveau, le repoussa cette fois afin de rompre le contact, trop étroit tout à coup, qui les avait liés. Son timbre plus grave, elle posa résolument son regard sur son verre, et grogna : « Il y a des drames bien plus graves dans la vie. Allons, reprends-toi, tu es en vie, et tu es libre. » Elle releva, en dépit de la dureté du propos, un regard presque timide dans sa direction… Et pour éteindre le feu qui lui était monté aux joues, avala d’une traite une énième ration de liqueur. On faisait difficilement plus ironique que ses propos, tant elle avait, depuis quelques temps, tendance à s'apitoyer sur son sort plutôt que de se tenir droite, et fière.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Dim 26 Fév - 12:15

Elle aussi venait de refuser l’étreinte. Certes, elle ne l’avait pas fait de suite…Mais le contact était tout de même rompu. A se demander si je ne commençais vraiment pas à perdre de mon charme. Si cela continuait comme cela, je finirais par ne plus que chanter dans l’arrière boutique d’une taverne de seconde zone…Ou pire encore, escroquer les gamins à force de jeux de cartes. Je soupirais, laissant tomber ma tête lourdement sur la table en essayant de remplir un nouveau verre. S’il y avait bien un remède à tout les maux, c’était bien l’alcool. S’il y avait bien un repère qui jamais ne vous jugerait jamais et qui serait toujours là pour vous, c’était bien une bonne bouteille.

Je grommelais aux quelques mots de maigre réconfort qu’elle m’offrit. Au moins je suis libre et en vie. ‘‘Libre de quoi exactement ?’’ Je ne pouvais m’en empêcher néanmoins j’avais fais un effort pour ne pas rentrer dans les détails. Libre ? Si la liberté consistait à rester seul et à ne pas pouvoir jouir comme on entendait de la vie…Libre ? Si cela comprenait le fait que je finirais comme je le craignais comme un vieil homme radotant ses exploits passés…Je préférais encore la captivité.

‘‘La liberté est différente du bonheur ou de l’épanouissement. Sans connaissance ou réelle possibilité, on ne ferra jamais que subir ce qu’on nous a offert ou choisit. Rien qu’à regarder autour de toi. Pense tu qu’il y aurait autant d’alcoolique si ces gens étaient réellement libre ? Pourtant ils n’ont aucune obligation particulière ’’

Bien sûr, j’étais différent. Ce n’était pas une question de possibilité…Simplement que je n’acceptais pas que l’age commençait doucement à me rattraper ! Je haussais soudainement un sourcil. Je me remémorais les mots qu’elle venait de prononcer. Liberté. La vie avait choisit pour moi. Elle venait de livrer très certainement la chose qui la minait le plus ces derniers temps. J’en étais presque certain. Je me relevais lentement, soutenant ma tête de ma main avec un demi sourire aux lèvres.

‘‘ Des drames…Je suppose que cela veut dire que tu es entrain d’en vivre un en ce moment ? Si je devais parier sur ta situation…Je dirais que quelqu’un t’a privé de ta liberté de choisir. Une décision familiale qui t’obligerait à déposer les armes pour épouser quelqu’un qui te répugne ? Tu ne sais pas si tu dois accepter de baisser la tête ou au contraire de leur tenir tête ?’’

Les quelques neurones actifs qui me restaient commencèrent à ce mettre en branle, analysant cette donnée douteuse. Sa famille devait désirer soit plus d’argent, plus de pouvoir ou une position confortable. Il était difficile de dire à ce niveau où elle pouvait se placer sur l’échelle sociale car on désirait ce genre de chose à tous les niveaux. Bien que je voyais mal une jeune fille de bonne famille se tatouer ainsi de la sorte et avoir un genre de vie débridée….Enfin si je le pouvais. C’était parfois la raison pour laquelle j’avais du succès. Sortir avec quelqu’un qui fait mauvais genre en signe de rébellion contre l’autorité. Je vidais un nouveau verre en coulant un regard inquisiteur vers elle avant de hausser les épaules et poser ma tête contre son épaule.

‘‘J’étais sérieux en te disant que tu devrais te mettre à la magie.’’ Je libérais son épaule pour lui sourire. ‘‘La responsabilité n’exclue pas la liberté. La liberté c’est d’avoir le choix. Avoir le choix dépend de ta Volonté. Je doute que tu sois du genre à la mettre de côté alors la vrai question qui s’impose à toi c’est ce que tu n’est pas encore prête à abandonner. Jusqu’où tu es prête à aller pour obtenir ce que tu désire réellement. Le reste n’est qu’une question de moyen et de possibilité ’’

Je remplis nos verres avant de m’emparer du mien et le faire tinter contre le sien.

‘‘Impose tes règles du jeu. Qu’elles soient tacites ou clairement définie…Manipule en coulisse…Conserve les apparences…Et si tu as la peur de ne pas être acceptée comme tu es, alors laisse moi être celui là. S’il te faut quelqu’un qui t’aide à imposer ta volonté, il y a certainement une chose ou deux que je peux faire. La vie est trop courte pour qu’on subisse les règles des hommes. Autant s’amuser et mettre un peu d’ambiance.’’

J’éclatais de rire en posant mon verre. Probablement parce que je sentais que j’allais un peu vite et que je commençais à m’engager très rapidement sur des questions que je ne contrôlais pas. Dans le même temps, je n’étais jamais le dernier à mettre le brin dans la vie des autres. J’étais certain que d’une manière ou d’une autre j’arriverais à m’amuser et à en tirer quelque chose au passage. Je me faisais assez confiance pour cela. Et comme pour sceller ce pacte, je vidais mon verre une nouvelle fois d’une traite, sentant que cette fois, l’ivresse n’était plus très loin…
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Elenor Jagharii
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Dim 26 Fév - 23:20

Elle sentit bien que son comportement l’avait froissé, mais choisit de ne pas se rattraper. Elle était toujours mal à l’aise et, elle le sentait, elle avait toujours les joues légèrement roses de surprise. Tandis qu’il s’effondrait sur le comptoir (un reproche silencieux pour elle ?) elle se servit un verre qu’elle descendit cul sec. Elle allait enchaîner sur un second lorsqu’il prit la bouteille à tâtons. Elle la lui laissa, et réfléchit. Cet homme avait-il réellement des doutes quant aux effets qu’il produisait sur les femmes ? Il n’avait en tout cas pas su lire entre ses lignes, et dans ses regards, ce qui la laissait pantoise. Elle s’était trahie par son étouffement, et l’air presque timide qu’elle lui avait opposé… Mais il semblait aveugle à ces signes. Un début d’ébriété, songea-t-elle. Mais elle ne pouvait décemment pas formuler clairement son opinion sur ce sujet. Certainement pas dans les circonstances actuelles…

Il répondit à ses mots, ses mots révoltant intérieurement Elenor. Ce qu’il disait était, pour elle, un contresens. Sans doute était-ce là un raisonnement purement noble, selon lequel la liberté a encore du sens ici bas, mais pour elle il n’était de Volonté, et de valeur que dans les hommes qui pouvaient l’exprimer librement. S’incliner devant la Volonté d’autrui n’avait pas la plus petite espèce d’intérêt. Non, contrairement à ce que beaucoup pensaient, Volonté n’était pas ténacité pour Elenor, mais un pouvoir qui transcendait celle-ci. La Volonté était un bénéfice mais aussi et surtout une responsabilité… Celle des actes, et des choix. Être dépossédé de sa liberté d’agir et de choisir l’annihilait pour elle. Nulle responsabilité pour l’esclave asservi. Quant à la noble qui ploie l’échine devant le paternel et accepte de perdre sa liberté, alors son dernier acte de femme libre aura été celui d’une femme faible.

Sur ces pensées, elle se servit un dernier verre qui, pour la première fois, anesthésia pour de bon ses idées. Elle se sentit vague, un instant et, sous le coup de l’éthanol, agrippa sans même s’en apercevoir le comptoir. Ce n’est que lorsqu’elle reprit ses esprits, quelques secondes plus tard, et qu’elle constata que sa main droite la maintenait, tandis que la gauche s’était élancée par réflexe, mais n’avait pu que se poser passivement sur le bois, qu’elle réalisa qu’elle commençait déjà à être ivre. Cette main gauche, au fond, c’était elle, comme ça l’avait toujours été. L’œil assez vitreux, elle se resservit, trouvant dans ces pensées engourdies un certain confort. Elle fut surprise de le voir se redresser, pour l’observer de la sorte… plus encore de le voir lui sourire avec cet air énigmatique… Cela ne présageait rien de bon… et ça présageait plutôt juste, pour le coup.

Dès qu’elle l’entendit évoquer ses propres drames, Elenor se sentit pâlir… Ses doigts se crispèrent sur le verre dont le liquide se mit à frémir. Elle tenta de maîtriser son geste, à grand peine, mais quelques gouttes mouchetèrent néanmoins le comptoir. Afin de ne pas lui laisser voir ce trouble plus longtemps, les sourcils froncés tandis qu’il lui proposait un choix illusoire, elle descendit le verre d’une traite, encore, mais cette fois suivit d’un grognement sourd et mécontent. Elle évitait consciencieusement son regard, fixant le petit verre dont les contours perdaient déjà en netteté, avant d’articuler péniblement quelques mots de réponse. « Je n’ai plus à savoir quoi que ce soit, les choses sont faites, les têtes se sont déjà baissées. » Elle se faisait honte à elle-même. Jamais elle n’avait aussi peu assumé quoi que ce soit. Elle reposa le verre avec un bruit sourd, plus fort, et demeura ainsi quelques instants, le souffle court, à fixer le petit récipient avec une colère qu’elle dissimulait mal. Sa voix s’était elle-même faite plus rauque. « Je ne prétends pas vivre de drames, la situation est juste… compliquée. »

Elle sentit à peine sa tête contre son épaule, concentrée sur la rage qu’elle renfrognait péniblement, la sentait gonfler comme le pain dans le four. L’alimenter de l’intérieur. Les mots qu’il prononça ensuite lui semblèrent légers et improbables. Elle ne prétendait même pas les saisir au vol, les laissant lui passer au-dessus, tandis ruminait. Il doutait mal. Elle l’avait mise de côté, sa Volonté. Elle n’était pas partie comme escompté à Hurg Aari. Elle n’était pas allée mener cette vie de plaisirs et de douceurs dans le désert, retenue par cet idéal qui les unissait. Pour la Dissidence.

Pour l’Al’Faret.

Pour Lan.

Cette espèce de sale avorton. Cet homme à qui elle avait juré une allégeance totale, et qui la poussait à présent dans le plus odieux des retranchements. Il fut bienvenu de le voir remplir de nouveau le verre d’Elenor, qui dès lors lorgna sur l’alcool avec une fixité d’ivrogne. Ces quelques instants passés sans boire avaient laissé à la liqueur le temps de lui monter à la tête pour de bon, et elle se sentait alors distinctement mettre un pied prudent dans l’ivresse. Ses pensées se désorganisées, tandis que ses sens se faisaient plus lourds et incertains. Elle le sentait contre son épaule, mais il était lourd, si lourd qu’elle avait peur d’en perdre l’équilibre. Son dos lui-même était lourd, et ce tabouret si étroit sous ses fesses qu’elle risquait de basculer. Non, elle ne basculerait pas, jamais, pas même ivre. Même dans cet état elle demeurait redoutable. Elle pourrait les prendre, un par un, et les foutre dehors à grands coups de pieds au cul, comme elle l’avait toujours fait lorsque le besoin s’en faisait sentir. Elle en était toujours capable, elle était capable de tout, car elle était Elenor Jagharii, une lionne blanche et carnassière. On pouvait bien lui mettre un collier, on ne la dresserait pas.

Le tintement du verre la fit sursauter, et elle ne réagit pas aussitôt. Mais à ses mots, un déclic se fit, et un sourire redoutable apparut sur ses lèvres. Elle le regarda boire sans l’imiter tout d’abord, puis fronça les sourcils et réfléchit. Elle n’était pas tout à fait sure de comprendre ce qu’il lui proposait, concrètement, tant cette situation lui paraissait inextricable. Il ne pourrait rien faire. Il se targuait d’un pouvoir qu’il n’avait pas. Le temps des manipulations était révolu, et elle était la perdante de ce temps-là. Pour autant, défaite n’était pas mort, et, l’alcool faisant tout à coup affluer un sang brûlant en ses veines, elle but, presque brutalement, reposa le verre et se pencha vers l’anonyme. Elle lui murmura de sa voix grave, à l’oreille : « Et qu’est-ce que tu proposes ? » Elle s’écarta pour croiser son regard, le sien pétillant tout à coup. Elle était avide de ses idées, là, tout de suite, pour pousser plus avant l’enivrement, et l’oubli. « Je te fais oublier ton âge, tu me fais oublier mes chaines. » À nouveau, elle se pencha à son oreille, puis, sans sourire cette fois, ajouta : « Trop tard pour les apparences, nous verrons bien demain. » Elle était encore suffisamment lucide pour comprendre qu’elle commettait une erreur, quoi que celle-ci, avec tout ce qu’elle avait pu faire par le passé, était bien légère. Que pourrait-elle faire de pire que ses coups d’éclats tonitruants qui l’avaient rendue célèbre, par le passé ? Sans doute pas grand chose…

Et sur ce, un énième verre vint rejoindre les autres, tandis qu’Elenor toussotait légèrement.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Lun 27 Fév - 21:27

Cela ne m’arrivait pas souvent…Mais parfois j’avais cette impression que je passais complètement à côté de quelque chose juste histoire qu’il me tombe bien sur le coin de la figure. La question n’était pas tant si je le faisais de manière inconsciente ou non…Mais si je venais pas d’appuyer sur un nerf sensible. Comme je le disais plus tôt, cela n’était pas dans mes habitudes. Voir une femme muette soudainement reprendre vie après quelques verres et m’envoyer paitre derrière mes retranchements.

Oh, je vous rassure, il n’y a rien de péjoratif derrière cette pensée. Bien au contraire, c’était plutôt agréable…Si j’avais su quoi en faire. Il ne lui avait fallut qu’un regard et quelques phrases bien sentit pour me plonger dans le trouble le plus complet. Je frottais mes yeux, essayant de reprendre un peu de contenance à défaut de sobriété avant de décortiquer les mots qu’elle m’avait offert presque nonchalamment. J’avais beau les retourner dans tout les sens possible, mon esprit déviant les analysait comme une invitation à quelque chose de plus physique. Je vidais mon verre, les yeux écarquillés avant de secouer ma tête rapidement. Une tentative bien pitoyable d’effacer mon trouble ainsi que le rouge qui me montait aux joues.

Nooooon. C’était certainement moi et ma saleté de libido qui se faisait des idées. A moins qu’à force de courser de jeunes demoiselles farouches, je ne savais plus à quoi pouvait ressembler une femme qui savait ce qu’elle voulait ? L’étrange sensation d’être soudainement une proie m’enserra les entrailles. J’en aurais presque couiné tel la souris qui ce retrouve devant un félin faisant au moins dix fois sa taille.

‘‘Euh…Je dois avouer que des idées, là, tout de suite, genre maintenant…J’en ai pas des masses et la plupart intervienne dans une chambre à grand coup d’arrachage de vêtement…Et éventuellement avec du miel’’

A noter que le miel n’était pas indispensable. Tout en essayant de remettre un peu d’ordre dans ce qui me servait de temps en temps de cerveau, je resservis ma compagne tout en réfléchissant à ce qu’elle m’avait dit. ‘‘Tout le monde à une situation un peu compliqué. On accepte soit de mettre un coup de balais de temps en temps ou on trouve un exutoire à ses frustrations ’’ J’essayais de ne pas la regarder dans les yeux pour ne pas être troublé par les visions d’un lit. Le fond d’alcool dans mon verre fit un tour complet d’un mouvement de poignet avant que je ne reprenne la parole. ‘‘Pourquoi pas faire quelque chose dont tu as toujours eut envie ? Quelque chose qui te ferrait plaisir mais que tu n’as jamais voulut faire par soucis de convenance ? ’’

Je me grattais le menton en réfléchissant à ce que j’aurais fais pour me détendre. J’en avais rapidement fait le tour : M’enfermer avec un instrument de musique, trouver un cœur à prendre, dépouiller des joueurs, taquiner ma sœur…Mes loisirs n’étaient pas si variés que je ne l’espérais. Ma réputation d’homme du monde en prenait un coup. Encore que j’aimais…Je claquais des doigts ‘‘Une petite vengeance bien sentit ? ’’ Je me collais de nouveau à mon interlocutrice avec un sourire charmeur. ‘‘Je suis certain que tu as quelques personnes en tête qui t’auront déçu ou fait une crasse. Voilà de quoi remonter le moral tout en ce défoulant et en reprenant le contrôle de sa vie ! On va aller flanquer une raclée à tout ceux qui rendent ta vie impossible ! ’’

Je passais un bras autour de ces épaules, levant l’autre dans un cri de victoire !

‘‘Et après on descendra une autre bouteille ! Et on déclenchera une bonne bagarre ! ’’

Je commençais à énumérer ce qu’il fallait faire pour une soirée réussite sur les doigts de ma main.

‘‘Faudra aussi vomir partout, essayer de mettre le feu, courir dans la rue pour éviter la garde…Ah oui, il faudra aussi qu’on trouve un chat à raser et que demain matin on ce réveille à côté d’un inconnu sans qu’on sache ce qu’on a pu bien faire avec ! ’’

Je hochais la tête d’un air satisfait avant d’éclater d’un rire franc !

‘‘Voilà de quoi faire oublier toutes les chaines du monde. Et si cela marche toujours pas, j’veux bien faire tes quatre volontés pour m’excuser de pas y être arrivé ! Je suis même prêt à porter une robe de bonne si j’arrive pas à te faire passer une bonne soirée ! ’’

J’éclatais à nouveau de rire avant de reprendre un air sérieux dans la seconde. C’était l’alcool où j’avais l’impression que porter des vêtements de femme ne me gênait pas plus que ça ?
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Mar 28 Fév - 9:43

Son trouble la fit glousser, presque malgré elle. Elle ne s’était pas attendue à le déstabiliser à ce point. Lui qui se vantait de ses exploits de coureur de jupons, le voilà qui s’effarouchait d’un rien. Elenor n’était certes pas une donzelle comme une autre, mais allons bon. Il devait ignorer qu’elle était une lionne non ? À moins que ce regard carnassier ne la trahisse ? Lui aurait-elle tenu le plus indécent des discours, par ces quelques mots finalement assez innocents ? Mieux valait, finalement, que cet homme n’ait pas connu celle qu’elle était autrefois, mieux valait qu’il ne connaisse ni son nom, ni sa réputation redoutable sans quoi ces mots l’auraient plus impressionné encore.

Lorsqu’il reprit la parole, un sourire amusé découvrit ses dents. Il hésitait, tortillait autour du pot, ses mots se nouant avant de se désolidariser d’un coup. Il ne savait pas trop où il allait, ou mieux, où pouvait aller. Force lui fut d’admettre que l’entendre lui parler d’arrachage de vêtement titilla ses sens. Ce n’était pas vraiment sur ce terrain là qu’Elenor avait songé s’attarder (en fait, si elle avait eu pleinement conscience de ce qu’elle faisait, elle l’aurait même refusé tout net) mais son corps faisait presque malgré lui écho à l’anonyme. Un souffle court, et mal maîtrisé lui échappa, comme en souvenir aux voluptés d’hier. Elle ferma les yeux quelques secondes, rompant un contact presque oppressant. Ce qui, étant donné les visions qu’elle eut alors, n’était définitivement pas une bonne idée. Les rouvrant, elle se sentit rougir aussi, quoi que plus légèrement que lui. A mettre sur le compte de l’alcool, bien sur.

Contente qu’il la resservît, elle s’empara sans attendre du verre et y trempa les lèvres cette fois, sans le boire cul-sec. Encore que ce ne fut pas vraiment très utile, tant elle vacillait déjà, et tant son palais avait été endormi par les multiples rasades (elle n’avait pas compté) qui avaient précédé. Cela faisait en réalité longtemps qu’elle n’avait plus bu d’alcool, les occasions plutôt rares avec Elandor… Et elle n’avait rien mangé, ce qui n’aidait certes pas son organisme à encaisser avec son habituelle noblesse l’agression de ce petit liquide doré et pernicieux. Consciente qu’il évitait son regard (ce qui à en croire le grand sourire qu’elle lui servait toujours l’amusait profondément) elle descendit le verre d’une traite, puis le reposa avec un soupir tandis qu’il jouait avec le sien.

« Va pour l’exutoire. » Elle réfléchit, chercha ses yeux, mais ne les trouva pas. Lui aussi cherchait, de toute évidence, à démêler ses idées. Elle ouvrit la bouche, une réplique caustique sur la ô combien grande considération qu’elle avait toujours eu pour les convenances, lorsqu’il la coupa de court en se collant à elle. Il lui parlait de vengeance avec le sourire d’un homme qui propose toute une nuit de délices. À nouveau, à ce regard, des images fort peu orthodoxes lui vinrent… Mais elles se teintaient de sa proposition. À présent elle voyait également de l’alcool, et des flammes… Un peu de sang. Si elle avait la lionne de son emblème, elle aurait grogné de plaisir… Attendez.

Non en fait elle grogna de plaisir, pour de bon, lorsqu’il lui parla de flanquer sa raclée à quelqu’un. Elle se coula spontanément contre lui lorsqu’il passa son bras autour de ses épaules. Tout n’était pas bon à prendre, dans son programme, mais il lui avait donné un but. Sieben. Elle partagea son rire, le regard perdu sur la bouteille à laquelle ils avaient mis sa misère. Sans même regarder s’il avait fini ou pas son verre, elle le resservit d’office, fit de même avec le sien et biberonna doucement le petit récipient. L’alcool n’avait plus de goût, il n’était même plus fort, en fait. Non, ce qui serait fort, ce serait un barbecue géant. Restée contre Keefe, elle gloussa à nouveau et reprit la parole. « Il y en a bien un à qui on pourrait appliquer ce programme. Un pendard, un fils de chienne qui m’a remplacée par une truie de la pire espèce. » Sa joue frottant contre son épaule, elle chercha son regard. Foutre le feu au Ceste… Allons bon Elenor, tu n’es quand même pas sérieuse. Ça, comme la perspective d’assouvir ce dont il avait parlé plus tôt relevait du fantasme. Totalement déplacé. Elle était responsable (aha) elle était Sipik ! Elenor pouvait tout se permettre, parce qu’elle était libre, et que son père avait des nerfs d’acier. Sipik avait sur ses épaules beaucoup, beaucoup trop de choses pour se permettre de prendre un risque pareil.

Évitant alors son regard, elle fronça les sourcils et se resservit. La bouteille serait bientôt vide ? À moins que sa vue ne soit pas des plus claires. Non, il devait bien en rester le tiers, à peu près, peut-être. « Je ne suis pas encore assez ivre pour ce genre de chose… mais ça viendra » Elle réfléchit, descendit son verre puis joua avec la bouteille. Elle étouffait. Elle n’avait pas besoin d’une cave. Elle avait besoin de la rue. Alors elle se redressa, quitta ses bras pour fouiller dans le haut de sa cuissarde. Pour ce faire, elle releva légèrement son genoux droit ce qui manqua de lui faire perdre l’équilibre. Elle y trouva une petite bourse où elle plongea les doigts pour en sortir quelques plats. Elle les posa avec un son mat sur le comptoir sans demander son reste, puis fit signe au tavernier d’avancer. Celui grogna un peu, avant de poser un regard surpris sur ce qu’elle venait de faire sortir d’on ne savait quel recoin de ses atours. Il y avait largement de quoi payer une bouteille de cette qualité somme toute assez médiocre, peut-être même deux. Et ça tombait plutôt bien. « J’en veux une autre. » Il la regarda de travers haussa un sourcil, puis fouilla derrière lui pour leur ramener une autre bouteille. Son liquide était transparent, et son odeur plus sucrée. Elle éclata d’un grand rire. « De la liqueur de pomme ! C’est pas vrai ! » Sieben allait prendre cher. « C’est tout ce que j’ai à vous proposer » grogna-t-il, vexé par son hilarité. Elle lui lança un regard entendu. Elle savait comment ils procédaient avec les ivrognes : à quoi bon donner une bonne bouteille, quand la plus vulgaire des eaux-de-vie fera l’affaire ? L’aubergiste qui avait partagé sa couche lui avait déjà enseigné les ficelles du métier. Ce qui l’avait outrée, d’ailleurs.

Sans insister, elle se glissa au bas du tabouret et empoigna la nouvelle bouteille, faisant signe à l’anonyme d’embarquer l’autre. Tentant de garder l’air fier et altier, elle se dirigea vers la sortie d’un pas tranquille (elle opérait en réalité dans l’espace de grands zig-zag fort peu glorieux). Elle se retourna et jeta un coup d’œil à son compagnon de la soirée. Qu’est-ce qu’il attendait, lui ? Son sourire amusé toujours généreux, quoi que le regard un peu embué, elle s’appuya au mur d’un geste mal malhabile (à moins que ce mur ne fut l’un des clients) avant de tituber vers la porte. Elle savait qu’avec de l’air frais elle serait juste assez dégrisée pour retrouver au moins un équilibre potable. Elle avait simplement bu vite, et fort. Sa constitution s’en accommoderait pourvu que l’air ne soit plus aussi vicié qu’il l’était alors.
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Jeu 1 Mar - 15:43

La vérité se trouve souvent au fond d’un verre de vin mais cela semblait aussi marcher avec le tord boyau. J’avais du mal à croire que ma vérité personnelle m’amenait toujours en dessous de la ceinture. Un constat risible qui venait du fait que je n’en revenais pas qu’une personne ne soit pas assez bourré pour faire des choses avec moi. Il m’avait quand même fallut quelques minutes de réflexions intense du à la qualité de l’alcool pour comprendre qu’elle ne parlait pas de prendre une chambre dans une auberge histoire de me faire oublier mon âge. J’étais décidément incurable mais quelque part…Je me préférais comme ça.

Il y avait trop de femme à connaître, trop d’alcool à découvrir et trop de poche à vider pour s’enquiquiner avec des histoires de vengeance et de haine personnelle. Je touchais d’ailleurs du bois pour qu’une telle chose ne m’arrive jamais. Bon, je ne doutais pas qu’une bonne partie de la gente masculine m’en voulait mais c’était plus leurs affaires que les miennes. Après tout, ce n’était pas ma faute s’ils ne s’occupaient pas assez de leur famille et je ne faisais que répondre à des besoins aussi impérieux qu’humain. Je hochais la tête, content qu’une fois encore mon autojustification me satisfaisait pleinement. La conscience n’était au mieux qu’une bonne diarrhée…Une fois évacuée, on ce sentait nettement plus léger et bien dans sa peau.

Mais pas aussi agréable qu’avoir Sipik qui semblait apprécier mon contact. Je devais avouer que le rouge me montant une nouvelle fois aux joues quand elle frotta sa joue contre moi…J’aurais aimé dire que mon cœur manqua un battement tellement elle était mignonne…Un coup a me rendre chez le fils de chien pour lui donner la leçon de sa vie…Avec quelques copains…Enfin quelques mercenaires vu que j’avais du mal à me faire des amis…Enfin des amis qui n’avaient pas de femme ou de fille. Ce qui réduisait toujours drastiquement la liste des connaissances sur lesquelles je pouvais toujours compter. Je haussais les épaules avant de voir ma compagne sortir un peu d’argent. J’allais lui dire que c’était inutile avant de me raviser. Je n’allais pas lui dicter sa volonté alors que je lui avais promis de lui faire oublier ces chaînes.

‘’Et bien on n’a plus qu’a aller terminer cette bouteille et aller lui faire payer sa bêtise’’ Je hochais vigoureusement la tête ‘’De toute façon, je vois pas comment on pourrait remplacer une aussi jolie fille que toi ! C’est une preuve de très mauvais goût. Je sais pas, personnellement si j’avais quelqu’un dans ton genre, j’aurais même plus à courir les lits ’’ Je plissais les yeux en me demandant si c’était moi ou l’alcool qui parlait. Moi ? Ne plus courir les plumards ? Même si c’était mes mots qui avaient franchit mes propres lèvres, j’avais du mal à y croire. Encore quelque chose de profondément caché en moi ou c’était juste que je commençais à être bien attaqué ?



Non, je devais être juste sérieusement alcoolisé. D’ailleurs, je m’en rendis rapidement compte en prenant la bouteille a moitié vide pour rejoindre ma partenaire. Je du battre des bras pour garder l’équilibre et essayer d’avancer dans sa direction. A croire que la cave c’était transformé en pont de navire sans m’avertir au préalable ! D’ailleurs ca me rappellait vaguement quelque chose maintenant que j’y pensais. Est-ce que je m’étais pas déjà réveillé tout nu sur un navire en partance ? Ou alors c’était quand j’avais rencontré cette charmante capitaine qui n’était pas vraiment capitaine…Et qui d’ailleurs n’était pas vraiment charmante une fois la gueule de bois passé…Presque autant que le vrai capitaine qui ce demandait pourquoi il avait un mec à poil dans son lit.

Je frissonnais rien qu’a repenser à cet épisode de ma vie que je préférais oblitérer de ma mémoire. Je me rattrapais contre Sipik, essayant de prendre appuis sur elle pour ne pas tomber. Après une montée des marches héroïques pour atteindre la rue, je plissais des yeux en essayant de me souvenir du chemin pour sortir des ruelles. Je fredonnais ma petite chanson, en ayant du mal avec les paroles avant de pointer une direction. ‘’Euh ca doit être par là…Ou par là…Euh…De toute façon on à le temps non ? Y a quelque chose que t’veux faire avant d’aller mettre un peu d’ambiance chez l’autre crétin ?’’
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MessageSujet: Re: Sipik, ça pique !   Jeu 1 Mar - 19:24



Elle le laissa s’appuyer sur elle avec un gloussement, l’observant du coin de l’œil, sa propre épaule la collant au mur. Elle garda l’équilibre cependant, lui laissa le temps de retrouver le sien, puis le suivit dans son ascension des escaliers. Elle gloussa a plusieurs reprises en le voyant bien en peine, jusqu’à finalement déboucher sur la ruelle avec un soupir d’aise. Il était déjà assez tard, ou alors le ciel était lourd car l’atmosphère lui sembla beaucoup plus sombre qu’elle ne l’était avant qu’ils ne s’enferment là-dedans. Avant de faire un pas, elle déboucha la liqueur de pomme qu’elle but au goulot. Une gorgée qui lui arracha un infime gémissement. Gémissement qui s’étouffa dans un rire tandis qu’elle abaissait l’objet du crime. « Par Therdone, elle arrache ! » À nouveau un gloussement, puis elle se dirigea vers lui, et, bras dessus dessous, pointa son index dans l’une des deux directions qui s’offraient à eux. « Par là. »

Elle se tenait droite (enfin, autant que possible) et affichait un air décidé plutôt comique, ses yeux en amandes vagues témoignant de l’ivresse avancée dans laquelle elle se situait. Et pourtant, comme elle l’avait espéré, elle se sentait mieux. Oh elle vacillait toujours, mais l’air qu’elle inspirait lui semblait plus léger, ce qui était déjà, en soi, quelque chose de réconfortant. Elle eut alors un rire amusé, et, à voix basse, lui glissa : « Mais t’as raison, on est pas pressé. J’te propose qu’on s’enivre, qu’on profite de ce qui s’offre à nous. » Elle le détailla alors d’un œil appréciateur puis, marchant à reculons dans la direction qu’elle avait indiquée, ouvrit ses bras en signe d’invitation. « Tu m’as dis que tu avais de nombreux talents, tout à l’heure. J’ai vu la magie… Qu’est-ce que t’as d’autre à me proposer ? » Son sourire s’élargit et, faisant une pause dans ses pas plutôt désordonnés, avala une gorgée de plus, avant de glousser. « Les miens ne sont pas appropriés, j’te les réserve pour après la petite visite de courtoisie chez mon bon ami. » Elle fit semblant de réfléchir, puis ajouta avec un sourire énigmatique : « Si on doit semer le Guet par exemple. Par exemple. »

Puis un pas, deux en arrière et elle reprit sa démarche. Elle abaissa les bras, le liquide ambré laissant entendre un léger clapotis au rythme de sa marche chaotique. Du regard, elle le mettait au défi… De quoi ? De lui montrer ce dont il était capable en réalité. Elle avait dépassé le stade des tours de passe-passe, elle était trop imbibée pour ça. Il lui fallait du clinquant, du bruyant et du drôle. Quelque chose d’assez sucré pour aller avec la liqueur de pomme. Elle leva légèrement le menton, le défiant en marchant toujours. « Alors, tu t’y prends comment en général, pour te mettre une assistance difficile dans la poche ? » À nouveau un rire, léger, puis elle fit légèrement se balancer la bouteille entre eux, comme pour la faire danser un peu. Une petite danse endiablée, et liquoreuse. Elle s’amusait, prise par la sensation que débutait alors un jeu du chat et de la souris. Et elle adorait jouer à chat. Surtout quand les rôles étaient tout, sauf clairement établis. Tandis qu’elle l’observait, s’offrait en apparence à ses talents, mais reculait dans le même temps, restant obstinément hors de portée, elle s’imaginait proie, et chat. Elle pouvait tout aussi bien être rattrapée par un rire, sa chaleur ou la vivacité de son esprit, comme elle pouvait le dévorer avec délectation, dans un ronronnement.

Elle arrosa cette joyeux pensée d’une rasade de liqueur (ouhh, ça tourne) puis accéléra, l’air de rien, le pas. Attrape moi si tu peux. Si t’as la force de prendre une lionne dans tes filets, petit homme. Ses lèvres rieuses, son regard s’assombrit un peu tandis qu’elle guettait une réaction de sa part.
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Sipik, ça pique !
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