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 [Forge de Silbio]Un réveil peu agréable

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Ethelinda Logaro
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MessageSujet: [Forge de Silbio]Un réveil peu agréable   Ven 3 Fév - 11:34

La nuit était tombée depuis un bon moment et presque rien, à part quelques badauds sortant dans un état d’ébriété avancé, ne venait troubler le silence qui s’était installé sur le quartier commerçant d’Edor Adei. Une Silhouette, noyée dans les ombres jusque là, sorti de sa cachette pour se diriger vers un bâtiment dont elle épiait l’occupant depuis plusieurs semaines.

La voleuse avait besoin de nouvelles dagues, celles qu’elle possédait déjà étaient de très mauvaise facture et n’étaient pas très bien équilibrées, et elle pensait qu’elle pouvait approcher le forgeron Olaril sans trop de risque. Elle ne pouvait se permettre pareille action diurne, Ethelinda était connue pour être une jeune femme frivole et bavarde avec tous, la plupart des commerçants la connaissaient donc bien et elle ne faisait confiance en personne pour s’occuper de cela en son nom. Elle avait mainte fois repéré les lieux et avait déjà conversé avec le forgeron pour le jauger et savoir s’il était du genre à parler à tout va mais jusque là ça n’avait été que du badinage, du bavardage inutile et parfois à sens unique destiné à le déconcentrer et à le pousser à bout …en vain.

Silhouette s’approcha d’une des fenêtres de l’étage où logeait le forgeron , Fortune la précédant sur les toits, et parvint à s’introduire dans le bâtiment. Ses jambes étaient un peu raides à cause de l’immobilité à laquelle elle s’était contrainte pendant plusieurs heures. La fenêtre par laquelle elle venait de passer donnait sur une grande pièce à vivre, un courant d’air traversa la salle et la voleuse s’empressa de la refermer afin que rien n’alerte le forgeron avant qu’elle n’ait fait un tour.

Le mobilier était simple, composé d’une table et de quelques chaises et pour autant qu’elle puisse en juger, le logement était plus qu’impersonnel. Tout semblait neutre et plat, pas le moindre bibelot ni la moindre ornementation, en clair tout le contraire des maisons de nobles dans lesquelles elle avait l’habitude de s’introduire. La pièce différait même de beaucoup de la maison des Logaro dont les murs étaient décorés en permanence par les objets de leurs spectacles passés.

Ethelinda se dirigea en silence vers l’une des pièces de la maison d’où provenait la respiration profonde d’un homme endormi. Le drap défait laissait voir la musculature entretenue de l’homme, preuve indéniable du travail harassant fourni quotidiennement. Le forgeron était là plongé dans un sommeil tel qu’il était probablement bien loin de se douter de la présence étrangère dans la pièce. La voleuse fureta autours du lit, sans faire le moindre bruit, et remarqua qu’une arme était posée à portée. Elle se pencha et s’en empara prestement ne voulant prendre aucun risque lorsqu’elle le réveillerait. Il était d’un genre calme pour ce qu’elle avait pu en juger jusqu’à présent, mais se faire sortir du lit par un inconnue qui de surcroit n’était pas la bienvenue avait de quoi en faire sortir plus d’un de ses gonds. Elle recula de quelques pas avant de donner quelques coups de pieds dans le matelas pour le réveiller.

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Silbio Alagareth
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MessageSujet: Re: [Forge de Silbio]Un réveil peu agréable   Ven 3 Fév - 13:39

La soirée avait été longue pour Silbio. Un peu victime de son succès, les commandes commençaient à s’accumuler pour le forgeron et même s’il ne prenait pas de travail sans être sûr de pouvoir le réaliser dans des temps raisonnables, il n’était pas rare que de petits imprévus le poussent à veiller parfois tard pour terminer l’une ou l’autre de ses commandes. Dans ces cas-là, il n’était d’ailleurs pas rare qu’il saute le diner, n’avalant généralement qu’un peu de pain et d’eau pour terminer la soirée afin de se mettre le moins en retard possible. Celle-ci était une épée commandée pour le lendemain qui nécessitait quelques menues réalisations avant d’être livrée, notamment quelques ajustements en matière d’équilibre mais aussi de qualité de lame. Il ne restait pas beaucoup à faire mais le faire bien nécessitait un peu de temps tout de même et la nuit était tombée depuis longtemps sur Edor Adeï lorsqu’il eut achevé son travail. Comme d’habitude, il ne prit pas le soin d’éteindre sa forge. Il n’allait dormir que quelques heures et la rallumer aurait prit trop de temps. Il veilla à lui fournir tout le comburant nécessaire afin qu’elle tienne le temps de son sommeil et vérifia les fermetures des fenêtres et de la lourde porte, portant une attention toute particulière à la lourde pièce métallique qui barrait la porte. Il jeta ensuite un regard dans la pièce et n’y vit rien à faire avant de monter les escaliers en direction de son « chez lui ».

A son passage, un épervier vint se poser sur la rambarde de l’escalier. Il provenait des poutres qui barraient le plafond du rez-de-chaussée, un endroit où il adorait se poser pour épier le forgeron lorsqu’il travaillait tard la nuit. Zéphyr passait généralement par la fenêtre restée ouverte pour retourner à l’intérieur ou sortir de la forge afin d’aller se sustenter avec des rongeurs des environs. Il semblait d’ailleurs porter un intérêt tout particulier au travail de son « maître » une fois l’estomac plein, pas avant. Un léger sourire au coin des lèvres, Silbio ébouriffa un peu le plumage de son ami volant avant de poursuivre sa route vers l’étage et d’ouvrir la porte. Comme tous les soirs, il laissa d’abord passer le rapace qui s’était envolé pour prendre possession des lieux qui se trouvaient à l’étage. Le forgeron le suivait de près, barrant également la porte d’un morceau de métal imposant. Allumant une lampe à huile, l’Olaril s’éclaira quelques minutes, le temps d’avaler un morceau de pain et plusieurs verres d’eau. Il n’avait pas spécialement faim mais la forge l’avait partiellement déshydraté et il aurait été malvenu de ne pas boire. Il rangea ensuite ses affaires et prit la lampe avant d’aller dans la chambre attenante. Il fit un rapide tour dans la salle d’eau pour se débarbouiller convenablement tandis que Zéphir était déjà en place sur son perchoir : la plus haute poutre de la chambre. Une fois la toilette terminé, Silbio se coucha avant de souffler sa lampe.

Il s’endormit relativement rapidement. Harassé par son travail et les muscles endoloris, il ne passait généralement pas beaucoup de temps à observer le plafond avant de sombrer dans le sommeil. Comme toutes les nuits, son sommeil était un peu agité. Cela ne se voyait jamais de l’extérieur mais son esprit ne cessait de lui faire revivre des images de son passé, bonnes et mauvaises, en prenant un malin plaisir à terminer par les mauvaises. Il ne comptait plus le nombre de fois qu’il avait revu la mort d’Elynaëll et de son fils, ou même celle de sa mère. Cela lui faisait mal au cœur mais il savait qu’il avait fait le deuil de cette vie. Il n’existait plus rien de son passé ayant une quelconque valeur et ce n’était pas ces souvenirs ressassés pendant son sommeil qui allaient le faire changer d’avis. Silbio savait qu’il n’y avait aucun espoir dans le passé, il fallait vivre le regard tourné vers l’avant et même s’il ne se protégeait nullement dans l’avenir, il se contentait du présent. A quoi bon se préoccuper de ce qui n’arrivera peut-être pas. Son avenir à Edor Adeï semblait tout tracé et cela ne le dérangeait pas. S’il devait devenir un Ilédor comme les autres, faisant son travail tous les jours pour vivre, il n’y verrait aucun inconvénient. Bien entendu, ces souvenirs qui refaisaient surface ne le laissaient jamais vraiment indifférents et le plongeaient souvent dans une certaine torpeur mais cela ne durait jamais véritablement et lorsqu’il reprenait la forge, tout finissait par aller beaucoup mieux.

Pourtant cette nuit ne devait pas aller à son terme comme elle l’aurait du. Alors qu’il revivait l’incendie qui avait tué sa mère, quelque chose vint trouver son sommeil, des turbulences d’abord ressenties dans le rêve mais qui n’avaient aucun sens. Alors que l’esprit de Silbio tentait d’identifier les raisons de cela, il se réveilla en sursaut, cherchant instinctivement la lame posée entre son lit et la petite table de chevet tout en rejetant le drap qui le recouvrait. Hélas ses doigts ne rencontrèrent aucun métal et alors que ses yeux s’ouvraient sur la pénombre de sa chambre, il posa le regard vers sa main pour se rendre compte que sa lame n’était plus là. Jetant un rapide coup d’œil dans sa chambre il vit qu’une personne l’observait. Il se rendit alors compte de la situation et, alors que son cœur battait encore un peu fort, il agrippa le drap qu’il emmena avec lui lorsqu’il se leva, l’enroulant autour de sa taille pour cacher son intimité si abruptement révélée un peu plus tôt. Zéphir s’était réveillé lui aussi et avait crié faisant un plongeon devant l’intrus avant d’atterrir sur le montant du lit afin de mieux observer l’inconnu. « Qui êtes-vous et que faites-vous ici ? Je ne suis pas fortuné si c’est ce que vous cherchez. » Il essayait d’observer la personne qui lui faisait face mais, dans ce coin de la pièce, presque entièrement plongé dans l’obscurité, il était difficile d’apercevoir beaucoup plus qu’une silhouette…
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Ethelinda Logaro
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MessageSujet: Re: [Forge de Silbio]Un réveil peu agréable   Dim 4 Mar - 13:24

Les secousses avaient eu l’effet escompté et l’homme n’avait pas tardé à s’agiter dans son sommeil pour finir par se réveiller en sursaut. Il semblait avoir comprit que quelque chose clochait car il chercha à tâtons son arme tout en repoussant son drap. Bien sûr il ne parvint pas à mettre la main dessus puisque la dague se trouvait à présent dans la main de la voleuse qui esquissa un sourire devant la nudité dévoilée du forgeron.

« Et bien… C’est dangereux de cacher ce genre de jouet auprès de son lit, vous devriez faire un peu plus attention, vous pourriez vous blesser. »

Il finit par ouvrir les yeux et discerna Silhouette dans l’obscurité relative de la pièce. La mimique amusée de la jeune femme disparut bien vite lorsqu’il agrippa le drap en se levant et qu’un animal volant lui passa sous le nez en un cri strident qui rompit le silence nocturne avant de se poser sur le lit. Ethelinda tâcha de rester le plus impassible possible, comme si l’apparition du rapace ne l’avait pas surprise le moins du monde.

L’homme aurait pu être imposant s’il n’avait pas semblé si surprit et qu’il n’avait pas dû maintenir son drap en place, il était grand et la force que son travail exigeait aurait pu lui suffire à se débarrasser de l’almée si elle ne s’était pas présentée ainsi. Tout son matériel avait déjà été exposé de toute façon, il ne devait pas en être à ce détail près et pourtant il continuait de s’accrocher à son morceau de tissu comme s’il pouvait le protéger de l’inconnue. Bien sûr, les ombres dans lesquelles elle s’était drapée la dissimulait partiellement au regard du forgeron, sa silhouette devait être difficile à observer. Même si sa voix avait tout l’air d’appartenir à une femme, elle pouvait bien être l’une de ces guerrières très entrainée qui passaient parfois dans le quartier, autrement dit pas le genre de demoiselle auquel il est conseillé se frotter.

« Je ne suis pas là pour vous voler bien au contraire, je veux juste vous proposer du travail. »

Certes, elle s’y prenait d’une bien étrange façon et le forgeron risquait fort de ne pas la croire sur parole.

« S’il faut cela pour que vous me fassiez confiance, je vous rendrais votre dague quand je serais certaine que vous ne m’attaquerez pas ou que vous n’alerterez pas le guet. De toute façon si vous agissez ainsi vous risquez de vous en mordre les doigts, je suis quand même mieux réveillée que vous. »

Elle ne le menaçait qu’à peine et même si ses dagues n’étaient pas aussi efficaces que celle du forgeron, elle savait s’en servir. Cependant la jeune femme hésitait encore, en journée le forgeron se montrait taciturne mais non hostile aux provocations de la danseuse qui avait maintes fois envahit les lieux, il ne pourrait pas faire le rapprochement entre les deux personnalités mais une question la taraudait. Qu’essaierait-il de faire à une intruse de son acabit ?

Elle fit un pas en avant, mais prit garde à conserver une certaine distance entre eux deux, ce qui devait permettre à l’homme de mieux distinguer sa silhouette. Le loup qui encadrait ses yeux et l’obscurité permettait de dissimuler au forgeron le seul élément de son visage visible en journée, laissant apparent sa bouche et son nez qu’elle ne dévoilait qu’une fois la nuit tombée. Lorsqu’elle fut certaine de pouvoir lui accorder une certaine confiance et de pouvoir esquiver le coup en cas d’erreur de sa part, Ethelinda tendit le bras au bout duquel une main ouverte rendait son larcin.

« Vous voyez…Si je voulais réellement vous voler je ne vous aurais même pas éveillé pour le faire et vous auriez continué à rêver jusqu’au point du jour. Je suis vraiment là pour vous confier un travail, si tant est que vous l’acceptiez. »

Et comme en gage de sa bonne foi et de sa capacité à payer, sans quitter Silbio du regard, elle saisit la bourse qui pendait à son côté et la lui envoya. Elle était confiante et n’hésitait pas à donner son argent avant même qu’il ait accepté quoi que ce fut car elle se savait capable de venir récupérer ses biens quoi qu’il arrive. Il ne se débarrasserait pas d’elle de sitôt.
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Silbio Alagareth
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MessageSujet: Re: [Forge de Silbio]Un réveil peu agréable   Mar 6 Mar - 10:05

Se faire réveiller en pleine nuit n’avait absolument rien d’agréable, il fallait l’admettre. L’absence de sa dague au chevet de son lit était la preuve qu’il faisait face à un/une professionnelle et qu’il ne savait pas vraiment s’il aurait l’occasion de se défendre ne serait-ce qu’une seconde pour ne pas perdre la vie au moindre geste brusque. Les rues d’Edor Adeï étaient globalement sûres mais les criminels n’étaient pas absent de l’endroit, coupe-gorges et voleurs n’étaient pas absents d’une telle société. Cela faisait plusieurs mois qu’il était présent dans cette cité et n’avait jamais eu à se plaindre de ce genre d’actes malveillants mais il fallait bien un début à tout. Et cette nuit semblait le point de départ et, avec un peu de malchance, le point d’orgue de cette nouvelle découverte. « Je manipule des armes à longueur de journée. J’ai passé l’âge de me blesser avec. » Le ton était assez sec et brutal, ce qui ne ressemblait pas au forgeron que l’on pouvait croiser en journée dans sa boutique mais il n’aimait pas vraiment être menacé ou être dans de telles situations. Il lui demanda alors ensuite qui était la personne qui lui faisait face, et, surtout, ce qu’elle faisait ici. Elle possédait une voix de femme mais cela n’impliquait certainement pas qu’elle n’était pas capable de lui ôter la vie d’un geste. La dernière guerrière qu’il avait croisé devait plier des crânes d’un mouvement de masse aussi mieux valait ne pas sous-estimer les femmes Ilédores comme il convenait de ne pas sous-estimer les femmes Olariles qui étaient probablement les plus sauvages et farouches. Enfin ainsi allaient les choses et l’heure n’était pas à la comparaison des femmes de deux peuples différents. Au contraire, il désirait se sortir de cette situation et le plus tôt serait certainement le mieux. Zéphir se posta près de son « maître » mais ne fit rien d’inconsidéré. Il agirait certainement si Silbio devait être menacé mais pas avant, pas sans « l’ordre » de son compagnon Olaril.

La réponse de la jeune femme – toujours au jugé de la voix – le surprit. Du travail ? Cette remarque qui aurait pu le faire sourire si on lui racontait l’histoire, ne le fit pas sourire d’un iota. « Du travail ? Généralement, on vient me le proposer lorsque je suis à la forge, pas quand je dors. Il me semble que c’est ce que font tous les gens civilisés du moins. » Silbio n’était pas idiot. Il n’y avait pas beaucoup de raisons pour lesquelles on venait proposer un travail en pleine nuit sans que personne ne vous voit entrer quelque part. Cette personne – qui qu’elle soit – était venue le déranger en pleine nuit pour ne pas être vue. D’ailleurs, ses paroles suivantes achevèrent de le convaincre. « Si vous êtes ici pour me proposer un travail, je n’ai nullement l’intention d’appeler le guet ou de vous attaquer. » Moins il les voyait mieux il se portait de toute façon et si le forgeron savait se battre, il n’aimait pas trop l’idée d’arracher une vie sauf si cela devenait une nécessité, comme en cas de défense légitime. En clair, tant qu’elle ne l’attaquait pas d’elle-même, il ne ferait pas de gestes inconsidérés. Elle s’avança légèrement. Zéphir battit des ailes et émit un cri aigu. Silbio lui intima le silence, lui indiquant qu’elle n’avait pas l’air de vouloir leur faire du mal, du moins pas pour le moment. Revenant sur la silhouette qui sortait de l’ombre, il prit un petit moment pour la considérer dans son ensemble. Vu sa carrure, il devait bien s’agir d’une jeune femme mais, de son visage, il ne pouvait voir que le bas du visage, le reste étant caché, par un masque et l’obscurité. Seuls quelques reflets à la lumière de la lune faisaient briller ses yeux mais le forgeron ne parvenait pas à y lire une quelconque information.

Elle tendit la main pour dévoiler la dague qu’elle venait de lui « voler ». Lentement, Silbio vint s’en saisir en levant le bras. Sans mouvement brusque, il la ramena vers lui, montrant clairement qu’il ne daignait pas s’en servir. La jeune femme rajouta quelques mots pour lui faire comprendre qu’elle n’était pas là pour le voler. Juste après, elle jeta une bourse que l’Olaril rattrapa par réflexe de sa main qui tenait le drap qu’il avait enroulé autour de lui. Se fichant de ce détail, il considéra la bourse pendant quelques instants et la renvoya en direction de la jeune femme. « Je n’accepte pas de paiement avant la réalisation complète d’un travail. Dites moi ce que vous attendez de moi. Nous fixerons un prix et vous me paierez une fois votre demande réalisée. » C’était une règle. Qui plus est, cela pouvait éviter des ennuis. Silbio tenait un registre des comptes très précis de ses commandes, de ses ventes et des achats en matières premières qu’il réalisait. Certains contrôles pouvaient être très rigoureux et il ne voulait pas d’ennuis. C’était « l’ancien » qui lui avait appris cela car en Arestim Dominae, il n’y avait pas ce genre de considérations. Le forgeron avait renoncé à se baisser pour rattraper le drap qui avait chu au sol. Et puis, la fausse pudeur n’était pas réellement son genre, qui plus est, cela l’handicapait d’une main, ce qui n’avait rien de bien appréciable, au cas où. « Alors ? Que voulez vous ? Je pense que vous ne voulez certainement pas passer la nuit ici… » Elle avait surement mieux à faire que de rester trop longtemps au même endroit. Si elle voulait éviter le Guet, elle ne devait pas être dans ses petits papiers et, pire encore, elle devait probablement être recherchée. En y réfléchissant, elle était peut-être une révolutionnaire ou une dissidente. Il était difficile de faire une différence mais il ne voulait pas vraiment savoir. S’il ne savait pas, personne ne pourrait lui reprocher de réaliser une commande qui aurait très bien pu venir de n’importe qui, du moins si elle n’était pas trop « spéciale ». Il ne restait plus à espérer qu’elle ne lui demandait pas quelque chose de trop « voyant ».
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Ethelinda Logaro
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MessageSujet: Re: [Forge de Silbio]Un réveil peu agréable   Ven 9 Mar - 19:32

Silbio n’était pas aussi agréable qu’en journée, le contraire aurait fortement étonné la voleuse. Peu de personnes accueillaient un intrus les bras ouverts, surtout quand ce dernier s’introduisait dans leur maison sans y avoir été invité. Ethelinda sourit devant le ton sec qu’employa l’Olaril, pour une fois il ne se contentait pas d’être distant il pouvait également se montrer désagréable s’il le voulait.

Il sembla un instant étonné par la raison de cette intrusion mais la voleuse lui épargna les explications longues et inutiles sur son activité nocturne. Elle ne pouvait pas faire autrement et le forgeron devait bien se douter que ce n’était pas à cause d’un emploi du temps très chargé car vêtue comme elle l’était, elle pouvait difficilement passer pour une femme honnête et droite.

« Je ne suis pas une personne civilisée puisque je suis entrée chez vous sans que vous m’ayez conviée. Comme ça vous ne pouvez pas vous sentir obligé de vous montrer courtois envers moi, je me fiche de la façon dont vous me parlez tant que vous acceptez le travail que je vous confie.»

Maintenir une certaine distance avec une personne avec laquelle vous vous permettiez certaines choses en journée n’était pas chose aisée. Ethelinda devait se faire violence pour ne pas taquiner le forgeron comme elle le faisait d’habitude, elle devait également faire attention à sa voix, ses expressions et sa gestuelle qui pourraient en un rien de temps la trahir si Silbio lui accordait un minimum d’attention lors de ses visites diurnes.

La jeune femme s’était légèrement détendue lorsque l’Olaril lui avait annoncé qu’il n’était pas dans ses intentions de la livrer au guet. L’oiseau s’agita sur son perchoir d’emprunt et se calma bien tôt lorsqu’il vit l’absence d’animosité chez son maître. De jour comme de nuit Silbio était un homme particulièrement calme, passé les quelques secondes d’égarement dues à son sommeil interrompu il n’avait fait preuve que de très peu d’agitation. Existait-il quelque chose en ce monde capable de l’ébranler quelque peu ? Silhouette se manifestait rarement aux occupants des maisons dans lesquelles elle s’introduisait, mais les rares fois où cela s’était produit les personnes en face d’elle n’étaient pas restées aussi sereines encore moins quand ces personnes n’étaient pas habituées à la chose et que la voleuse leur tombait sur le coin sans crier gare. Certaines avaient pleuré, d’autres l’avaient supplié d’épargner leur vie alors qu’elle ne les menaçait même pas et d’autres encore s’étaient montrés agressifs et violents. L’Olaril ne faisait partie d’aucune de ces catégories et cela la perturbait réellement, elle ne savait alors pas si elle pouvait le croire ou s’il lui fallait redoubler de précautions. Sa paranoïa la poussait à rester méfiante et à surveiller l’Olaril dans les jours à venir.

Il était prudent également, prenant bien garde à éviter les mouvements brusques lorsqu’il reprit possession de son arme et la ramena contre lui. La confiance ne s’était pas installée entre eux deux, la situation ne s’y prêtait pas, mais cela ne l’empêcha pas d’attraper au vol la bourse qu’elle lui envoyait. Malgré l’obscurité il ne craignait pas d’être piégé, était il idiot ? Elle en doutait et dû alors supposer qu’il n’agissait ainsi pour nulle autre raison que parce qu’il n’était pas aussi paranoïaque qu’elle. Dans la manœuvre le drap était tombé à terre, ses mains n’étaient toujours pas libres pour la riposte en cas d’attaque mais au moins ne se cramponnait-il plus au morceau de tissu et tenait-il à présent une dague dans sa main. Il refusa l’argent que lui offrait la voleuse, lui exposant une des règles de la maisonnée concernant le payement d’un ouvrage. Silbio n’était pas avide, il ne voulait être payé que pour son travail et ce uniquement qu’après achèvement de sa tâche, en cela Ethelinda le respectait. Cette règle qu’il s’imposait même maintenant que la nuit était tombée et qu’il n’y avait pas de potentiels clients alentours à impressionner lui faisait honneur mais la voleuse ne récupéra pas son argent lorsqu’il revint vers elle sous l’impulsion du forgeron. Silhouette le laissa tomber lourdement, les pièces tintant au moment du choc comme une courte mélodie qu’elle aimait tant à entendre.

«Soit, si c’est comme cela que vous fonctionnez ça me va. Considérez donc que j’achète votre silence concernant nos affaires par simple précaution.»

Pour sur, la danseuse aurait volontiers reprit son argent si un commerçant lui disait ne pas en vouloir avant sa tâche remplie, elle l’aurait même fait sans hésiter et c’était en cela que Silhouette se différenciait d’Ethelinda. La danseuse ne risquait pas sa vie et celle de sa famille à chaque sortie comme la voleuse, une bourse bien remplie était peu cher payer une vie et une tranquillité d’esprit. Car elle se connaissait suffisamment pour savoir qu’elle n’aurait de cesse de jeter un œil au dessus de son épaule à chaque pas qu’elle ferait tant que ces affaires n’auraient pas prit fin. L’achat du silence était toujours incertain, le commanditaire d’une mission pouvait parfois même décider de tuer la personne à son service pour s’assurer une totale discrétion une fois le travail achevé, elle ne le savait que trop bien et en portait même la preuve sur son flanc. Seulement Silbio n’était pas un riche commanditaire, il était un honnête artisan qui n’avait rien demandé à personne alors que peut être cette précaution pourrait suffire.

«Ne vous inquiétez pas, ma commande ne vous changera pas tant de celles que vous avez l’habitude de traiter. J’ai besoin de nouvelles dagues, quatre pour être exacte. Je ne m’y connais pas particulièrement en armes mais je souhaiterais juste qu’elles soient aussi légères que possible sans que leur efficacité en soit diminuée.»

Elle n’avait presque jamais passé de commande chez un forgeron, se contentant de ce que le marché noir avait à proposer. Seulement son dernier achat s’était avéré n’être qu’une belle arnaque du fait de son manque d’expérience en la matière et elle avait bien failli le payer de sa vie la dernière fois qu’elle avait eu à se défendre avec ce jouet de bourgeois. Et comme ses autres dagues étaient plus qu’inutilisables…Elle n’avait plus d’autre choix et priait pour qu’elle n’ait pas à regretter cet achat onéreux.
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Silbio Alagareth
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MessageSujet: Re: [Forge de Silbio]Un réveil peu agréable   Sam 17 Mar - 21:23

C’était plus ou moins la deuxième fois en quelques jours qu’il se faisait « remettre » en place sur la question des gens « civilisés », à croire que lui, l’homme barbare venu d’ailleurs était plus concerné par les politesses que les locaux, les Ilédors pourtant rompus à la ville et à ses codes. A croire que la ville ne répondait pas aux critères de politesse auxquels répondaient Silbio. « Il semblerait effectivement que les mœurs Ilédores ne sont pas du même acabit que les mœurs Olariles en terme de politesse et de courtoisie. » Il soupira pendant un instant et jeta un regard à Zéphyr avant de reposer son attention sur la « voleuse ». « Enfin, peu importe la manière. » Mieux valait ne pas s’éterniser sur la question et plutôt passer sur ce qui motivait vraiment la venue de la jeune femme, car il s’agissait clairement d’une jeune femme, étant donné sa voix et sa corpulence qui ne ressemblait pas vraiment à celle d’un homme, même jeune. L’espace d’un instant, il essaya – en vain – d’essayer de remettre un visage entier sur elle mais sa mémoire était incapable de l’aider dans cette entreprise, à croire qu’il ne l’avait jamais croisé, du moins jusqu’à aujourd’hui, sans son masque. Ce n’était pas vraiment très étonnant mais il était relativement curieux de nature, tout de même et le fait de ne pas voir son visage en entier le gênait quelque peu. Il préféra néanmoins ne pas faire une fixette sur ce point et se concentrer sur l’instant présent pendant lequel se jouait peut-être quelque chose de plus important qu’un simple « nom » ou une seule apparence.

L’épisode de la dague s’était déroulé dans une certaine tension. Après tout, aucun des deux n’était certain des intentions de l’autre, même s’ils s’étaient mutuellement assurés que ni l’un, ni l’autre, ne feraient de « bêtises » dans la suite des évènements. Après tout, ils pouvaient tous les deux considérer que cette manœuvre n’était qu’un moyen d’endormir la confiance de l’autre. Toutefois, Silbio n’avait nullement l’intention de s’en prendre à elle et la façon dont elle avait eu de lui tendre la lame l’encouragea à poursuivre dans cette entreprise et de rester prudent mais à l’apparence inoffensif pour ne pas soulever quelques soupçons et d’éventuels doutes qui, mis en cascade pourraient dégrader la situation. Quand à la bourse. L’histoire valait mieux d’être close et il préféra la renvoyer directement à sa propriétaire, qui ne la rattrapa pas. Elle préféra la laisser choir au sol et le forgeron y jeta un bref regard avant de reposer ses yeux clairs sur la jeune femme tandis qu’elle lui répondait qu’elle achetait alors son silence s’il ne voulait pas être payé par avance. Il haussa les épaules. « Il n’est nul besoin d’or pour acheter mon silence. Je vous ai dit que je ne vous dénoncerai pas. Même si elle ne représente rien en ces terres, je n’ai qu’une seule parole. » Il jeta un dernier regard à la bourse. « De plus, sans vouloir vous offenser, à quoi bon accepter de l’or que vous pourriez très bien me voler la nuit prochaine, ou même avant ? Autant vous donner une bonne raison de me le laisser. » Ce n’était pas spécialement ironique ou prononcé avec rancœur mais c’était un simple constat logique. Elle n’aurait eu aucun mal à venir récupérer la bourse qui se trouvait par terre de la même manière qu’elle s’était emparée de sa dague alors qu’il dormait quelques minutes plus tôt.

Quant à la commande, il ne savait pas vraiment à quoi s’attendre mais la réponse arriva aussi rapidement qu’il la demanda. Apparemment elle ne cherchait rien de vraiment « compliqué ». Des dagues. Logique compte-tenu de son occupation nocturne, mais avec une requête spécifique. Elle cherchait à lier légèreté, efficacité et qualité. Ce n’était pas facile et il serait difficile de se procurer des métaux de bonne facture pour réaliser un bon alliage qui permettrait de réaliser ces trois objectifs concurrents dans de bonnes mesures. Heureusement, il avait déjà quelques idées en tête même s’il devrait surement réaliser quelques tests et, en un certain sens, la récente visite d’une guerrière peu commune lui en avait fourni une… « Quels sont vos délais ? Votre demande est spécifique et j’aurai besoin d’un peu de temps pour pouvoir m’occuper de celle-ci avec le soin qu’elle requiert, surtout que je ne pourrais pas oublier mes autres commandes juste pour vos beaux yeux. » La fin de la phrase lui avait échappée, mais elle n’était pas ironique et de toute façon, il aurait eu du mal à en juger étant donné qu’il n’était pas vraiment capable de lire son regard. Il jeta la dague sur le lit et récupéra son pantalon qui reposait non loin avant de l’enfiler et de jeter un coup d’œil à Zéphyr qui ne semblait pas quitter l’intruse de ses yeux perçants. « Avez-vous d’autres requêtes spécifiques concernant vos dagues ? » Il parlait tout en finissant de serrer les cordes qui maintiendraient son vêtement. « La légèreté est une chose mais vous voulez peut-être des ornements particuliers, une personnalisation unique ? Ou l’efficacité n’est que votre unique préoccupation ? Il s’agissait là de demandes logiques. Généralement, il prenait le temps, avec le client, de dresser une longue et précise description des armes, ou des armures, que ce dernier voulait pour être certain de coller parfaitement à l’idée du client et ainsi éviter de travailler pour rien. Certes, un produit qui ne correspondait pas pouvait toujours être vendu plus tard et trouver un acheteur, mais mieux valait réussir du premier coup. Cela évitait les surcouts et améliorait les bénéfices car, dans cette ville, plus que dans toute autre, il fallait aussi penser à sa propre survie, une survie qui passait, aussi, et surtout, par l’argent que l’on gagnait. Qui plus est, Silbio devait aussi maintenir une réputation, la sienne, bien entendu mais aussi la réputation de son prédecesseur, ce qui était encore plus important à ses yeux… Aussi, dans ce but, que la commande vienne d’un honnête client ou d’une voleuse, cela ne faisait pas vraiment de différences pour lui.
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Ethelinda Logaro
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MessageSujet: Re: [Forge de Silbio]Un réveil peu agréable   Dim 8 Avr - 18:01

La voleuse sourit à la remarque du forgeron, en effet elle pourrait sans aucun soucis récupérer l’or qu’elle lui offrait, elle pouvait même lui voler tous les biens précieux qu’il possédait mais ce n’était pas dans ses intentions. Elle ne volait pas ceux qui gagnaient leur argent à la sueur de leur front, c’était une question de principe chez elle, d’autant qu’ils faisaient un bien menu fretin. Elle ne gagnerait pas grand-chose à dévaliser les boutiques du quartier commerçant, quand bien même elle passerait dans chacune d’elle pour y prendre tout ce qui était à sa portée, autant dire presque tout. La tâche lui prendrait probablement toute une nuit alors qu’une simple visite de courtoisie dans la demeure d’un noble ou d’un bourgeois pouvait lui assurer de bien meilleurs bénéfices. Une seule de leurs pièces pouvait receler des breloques au prix plus qu’intéressant ce qui était loin d’être le cas des boutiques du quartier.

«Je ne compte pas voler ce que je vous ai donné, je ne suis peut être pas la personne la plus fiable d’Edor Adei mais j’ai tout de même quelques principes.»

Qu’il la trahisse seulement et il ne pouvait plus avoir la certitude d’être à l’abri des excursions de Silhouette, mais cela, il n’avait pas besoin de le savoir. Il s’en rendrait compte bien assez tôt si d’aventure il se sentait d’humeur trop bavarde. Il semblait que tout n’était qu’une affaire de confiance et de parole, aucun des deux ne pouvait être totalement sûr que tout irait pour le mieux ce qui ralentissait quelque peu leur échange. Il fallait que chacun prenne sur soi ou soit sur ses gardes jusqu’à la fin de la transaction sans quoi ils ne connaitraient aucun répit.

A présent il fallait parler affaires, la voleuse était alors un peu mal à l’aise car elle n’entendait vraiment rien à ces histoires d’armes. Les saltimbanques n’étaient pas vraiment du genre à acheter des armes et jusqu’à maintenant elle ne s’était servi que de ce qui lui tombait dans les mains. Le risque de se faire avoir était par conséquent plus important. Lorsque le forgeron lui demanda une date à laquelle rendre son ouvrage, Silhouette ne sut que répondre.

«De combien de temps pensez vous avoir besoin pour que tout soit prêt sans que vous ayez ,comme vous dites, à oublier vos autres clients ? Je ne suis pas particulièrement pressée.»

Elle avait volontairement ignoré la dernière remarque de l’Olaril, ce n’était qu’une expression et la voleuse était certaine qu’il ne pouvait pas voir ses yeux. Elle avait passé suffisamment de temps à jouer avec les ombres pour s’entrainer à se dissimuler aux yeux d’autrui. Ethelinda était prête à lui laisser le temps dont il aurait besoin tant que ce dernier n’était pas trop abusif. Elle pouvait se débrouiller avec ce qu’elle avait pendant quelques jours, quelques semaines tout au plus, elle n’aurait qu’à être encore plus discrète qu’à l’accoutumée. Après tout, ce n’était pas comme s’il y avait foule sur les toits qu’elle empruntait, qu’elle soit incapable de passer plus de quelques semaines sans escarmouches signifierait qu’elle n’était pas aussi discrète qu’elle le pensait.

Pendant ce temps, le forgeron avait décidé que sa tenue minimaliste ne lui convenait plus et qu’il lui fallait passer un pantalon. La danseuse n’en rata pas une miette sans pour autant baisser sa vigilance, car le rapace veillait au grain. Elle s’accorda simplement un regard en direction de la porte par laquelle elle était passée afin de vérifier que Fortune n’entrerait pas dans le champ de vision de l’animal. Il ne manquerait plus que ça pour que tout dérape, il lui faudrait surement faire vite, quitte à tuer le chasseur de rongeurs ce qui ne plairait certainement pas au forgeron. Mais la rate semblait rester à distance, elle avait peut être aperçu le prédateur et ça n’était pas plus mal.

« Je ne pense pas aller parader avec mes dagues donc elles n’ont pas besoin d’ornements particuliers. Après libre à vous d’y apposer votre style, votre marque de fabrique ou de vous lâcher si vous estimez être au dessus d’un travail si épuré. Tant qu’elles sont efficaces et que ça ne me coûte pas plus cher, ça m’est égal.»

Il lui avait été maintes fois arrivé d’observer de près des œuvres d’arts si chargées d’ornementation qu’il était parfois difficile de trouver l’usage principal de l’objet et elle doutait même de leur tranchant et leur maniabilité. En général, ce genre de babioles finissait fissa sur le marché noir et elle était toujours fort satisfaite du prix que son frère parvenait à en tirer. Silhouette n’avait nul besoin de pareil objet car le simple fait de posséder pareille arme la rendait reconnaissable et le simple fait d’avoir à la sortir signifiait qu’elle se trouvait en mauvaise posture.

«Par contre…»ajouta la voleuse en sortant une pochette d’un repli de sa ceinture. «Pourriez-vous réaliser ce genre d’outils pour moi ? J’aimerai que vous me fassiez deux exemplaires de chaque au cas où… »

Elle tendit à Silbio la pochette de tissu qui contenait son kit de crochetage. A l’intérieur se trouvaient pas moins de six crochets différents par la taille et la forme. Certains avaient été taillés dans le bois et témoignaient d’un usage régulier si bien qu’ils finissaient par être légèrement difformes, d’autres étaient fait à base d’un morceau de fer, ils commençaient à rouiller et à se déformer à leur tour. Cette petite collection avait fait son temps, il devenait urgent d’investir dans du matériel plus résistant et efficace. Silhouette n’avait pas le temps de batailler avec chaque serrure sous prétexte que tel crochet se cassait ou que tel autre ne correspondait pas. La vitesse et l’efficacité de la voleuse étaient parfois une question de vie ou de mort. Elle était consciente que cette commande était un peu plus risquée que la précédente, on ne devait pas lui en demander fréquemment.

«Cette fois encore je suis prête à y mettre le prix que vous jugerez juste…Alors ? A combien estimez vous la chose, monsieur le forgeron ?»

Silhouette ne se limitait pour ainsi dire pas quand il s’agissait de bien s’équiper, elle ne comptait plus les mara et les edors dont elle avait du se délester depuis que Silhouette était née. Il lui avait fallut un ensemble de cuir sur mesure, fonctionnel, pratique et surtout qui générait le moins de bruit possible lors de ses mouvements ; des chausses particulières, de nombreuses sacoches, des armes, des kits de crochetage et même du matériel de faussaire. Elle ne pouvait pas compter sur ses tenues de danseuses pour rester en vie dans ce milieu.
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Silbio Alagareth
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MessageSujet: Re: [Forge de Silbio]Un réveil peu agréable   Jeu 12 Avr - 11:55

Les principes… Probablement l’une des choses les plus tournantes et changeantes qui puissent exister en ce bas monde. Il était facile d’avoir des principes, mais beaucoup moins aisé de s’y tenir et, surtout, d’avoir les mêmes pour son existence entière. Silbio était de ces hommes-là, à se fixer des règles et à vivre avec elles depuis le début. Il en avait toujours été ainsi et il en serait probablement ainsi jusqu’à son dernier souffle, d’une manière ou d’une autre. Ce n’était pas qu’il ne faisait pas confiance à la voleuse, mais il était rare de voir chez ce genre de personnes de quelconques principes. Bien entendu, il ne connaissait pas Silhouette, ni qu’elle avait une conscience lorsqu’il s’agissait de dépouiller quelqu’un. Mais, elle l’avait dit, elle était loin d’être la personne la plus fiable d’Edor Adeï, et rien que le fait d’être rentré chez lui par effraction, constituait un motif particulièrement suffisant aux yeux de l’Olaril pour justifier au pire une absence de principes, au mieux, un doute quant à la qualité des principes existants. Enfin, l’or n’était pas ce pourquoi il vivait de toute façon, alors si elle devait revenir sur ses paroles et revenir le chercher pour une quelconque raison, ce ne serait certainement pas du fait de Silbio et cela ne le dérangerait certainement pas plus que ça. Il garda néanmoins ses doutes pour lui et se contenta de passer à la suite. Ils n’allaient pas y passer la nuit. Le forgeron avait besoin de sommeil. Des commandes s’accumulaient, ce qui avait de quoi l’occuper suffisamment pendant ses journées, aussi bien qu’il n’avait pas besoin d’occupation supplémentaire la nuit pour avoir son quota d’aventures ou de sinécure. Mieux valait commencer à discuter affaire, et, pour ça, il n’y avait pas trente-six questions à poser.

Apparemment la demoiselle n’était pas pressée. C’était un peu étonnant mais cela n’avait rien de surprenant. A priori, tuer n’était pas dans ses attributions premières et il semblait évident qu’elle préférait fuir le combat en furetant discrètement qu’affronter ses ennemis. Lâche ne serait pas l’adjectif qui conviendrait, mais elle savait pertinemment qu’elle était plus douée en furtivité qu’en combat, assurément. Elle avait besoin de dagues, au cas où, ou si la besogne devait devenir plus sanglante, mais en aucun cas elle ne chercherait le combat délibérément si ce n’était pas nécessaire. Du moins c’était son interprétation et elle lui donnait une petite idée de ce qu’il pourrait faire pour elle. « Disons une semaine au plus tard, quatre jours, au mieux. » Il pourrait certainement y travailler entre deux tâches, ne serait-ce que pour imaginer des formes, des « plans », des idées qui pourraient façonner ce qu’elle recherchait, mais il lui faudrait du métal, du métal spécifique pour sa commande, et, celui-là, il ne l’obtiendrait pas immédiatement. En parlant bien et vite, il pouvait l’avoir dans deux jours, mais pas avant. Ajouter à cela deux jours de travail de forge, c’était le minimum, et encore, il ne ferait pas vraiment autre choses pendant ces deux jours. Enfin, ce n’était pas un problème. Les requêtes de la jeune femme concernant ses dagues n’étaient pas très spécifiques, et, apparemment, il avait les coudées franches. Bien, ce n’était pas plus mal en quelque sorte. C’était lorsqu’il avait l’esprit libre qu’il créait généralement les plus belles choses, même si « belles », ici, n’était pas vraiment l’adjectif approprié, disons… efficaces. « Légèreté donc. Je m’en occuperais. Vous désirez des dimensions spécifiques ? » C’était une question importante. Les dagues classiques n’avaient pas la même longueur et chacun préférait des dagues plus ou moins longues. La longueur influerait forcément sur la longueur mais avec le bon métal, son impact serait bien limité. « Ne vous en faites pas, long ne signifie pas forcément lourd dans mon travail. » Une précision. Inutile peut-être, mais elle était dite.

Oui, il avait déjà une petite idée de ce qu’il pourrait faire. Il faudrait quelque chose de très équilibré, au gramme près, afin de lui assurer une bonne réactivité de la lame. Ses pensées furent interrompues par le mouvement que l’ombre esquissa alors qu’elle tirait quelque chose de quelque part. Sur ses gardes, il observa la pochette avec suspicion avant de s’en saisir alors qu’elle lui demandait quelque chose en plus. Il ouvrit la pochette de tissu et découvrit plusieurs petits outils dont il n’était pas difficile de trouver l’utilité. Il était vrai que ceux qu’elle possédait n’était pas de très bonne qualité, enfin, il y avait surement une raison derrière cela, même s’il fut étonné de voir, à la lueur de la lune, que certains étaient en bois. Il reposa le regard sur la jeune femme alors qu’elle parlait prix. « Vous n’existez pas, vous ne m’avez jamais vu et ces objets n’ont jamais vu le jour sous mon marteau. Est-ce clair ? » Sa voix était loin d’être intimidante mais ô combien sérieuse. « Je ne veux pas savoir à quoi tout cela servira, mais n’allez pas croire que je suis un idiot. » Au moins cela avait le mérite d’être clair. Il savait très bien ce qu’elle ferait avec tout cela, mais la question n’était pas là, plus maintenant. Il resta silencieux quelques secondes, le regard ailleurs. Il calculait les coûts en métaux, les dépenses inexpugnables, celles qu’il ne pourrait réduire. Pour le reste, la main-d’œuvre, on pouvait toujours être souple. Néanmoins, il comptait faire son travail honorablement et ne comptait pas vraiment prendre plus sous prétexte d’une quelconque clandestinité. « Votre commande nécessite des métaux spéciaux, que j’ai l’habitude de commander par moment, et qui n’attirera pas l’attention, mais qui ne sont pas donnés. Je ne peux vous donner de prix définitif, ça dépend du cours du moment. » Il réfléchit quelques instants. « Comptez au moins quelques Edors. Les fournisseurs ne font pas de cadeaux, surtout en cette période. » C’était vrai. La révolution n’aidait pas vraiment en ce qui concernait l’approvisionnement des matières premières et même si Silbio parvenait à travailler sans peine, certains de ses clients devaient débourser le prix pour ce qu’il ne pouvait pas négocier, et certains métaux en faisaient partie. C’était cela ou alors payer une arme moins chère mais de moins bonne qualité. Le forgeron Olaril n’était pas très regardant sur ses propres honoraires, allant jusqu’à rogner dessus pour rester raisonnable sur ses tarifs, mais, il fallait l’admettre, il devait vivre et ainsi, il ne pouvait travailler à pertes.
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Ethelinda Logaro
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MessageSujet: Re: [Forge de Silbio]Un réveil peu agréable   Sam 2 Juin - 8:04

La jeune femme voyait bien que sa parole ne valait pas grand-chose aux yeux du forgeron mais elle ne s’en offusqua pas. Il était libre de penser ce qu’il voulait d’elle tant que leur transaction s’effectuait sans anicroches. Les délais dont parlait Silbio étaient tout ce qu’il y avait d’acceptable. Elle comprenait ainsi que ce n’était pas parce que la commande avait été passée d’une manière peu conventionnelle qu’il lui faudrait attendre des semaines entières que l’artisan fasse son travail. L’Olaril était sans aucun doute un homme sérieux et juste, un travail restait un travail pour lui et ce quelle que fut l’origine du commanditaire.

La voleuse se doutait que le forgeron réfléchissait déjà aux détails qu’il lui faudrait régler pour mener sa mission à bien. Il s’agissait certainement de déterminer quel type de métal employer pour que la résistance puisse s’associer à la légèreté et pour ce genre de détails elle savait qu’elle pouvait lui faire totalement confiance. Silbio avait su faire parler de lui dans le quartier commerçant, il avait de nombreux clients et tous semblaient satisfaits par le travail fourni par l’Olaril. Ethelinda se demandait s’il pouvait être intéressant de commander des dagues plus longues que celles qu’elle avait déjà, seulement il lui vint vite à l’esprit que plus l’arme serait longue, plus elle risquerait de la gêner dans ses mouvements d’acrobatie.

«Les lames ne devront pas dépasser cette taille. »

Elle sortit l’une de ses armes, en prenant soin de montrer à l’artisan qu’elle n’avait pas de mauvaises intentions et qu’elle voulait juste lui montrer l’aspect général de ce qu’elle attendait de lui. La lame, à double tranchant, brilla légèrement lorsqu’elle sorti de sa cachette, elle devait mesurer dans les vingt-cinq centimètres. Silbio lui assura qu’il pouvait en fabriquer de plus longues sans que cela n’alourdisse l’arme.

«J’ai de bonnes raisons pour souhaiter qu’elles ne soient pas plus longues. »

Lorsqu’elle tendit la pochette à Silbio, elle réalisa qu’il pourrait très bien refuser de réaliser ces outils. Des dagues pouvaient passer facilement inaperçu alors que l’on ne pouvait ignorer l’usage qu’auraient les morceaux de métal une fois achevés. Ce fut au tour du forgeron d’exiger la discrétion de la voleuse, qui ne put que sourire face à ce ton sérieux.

«Ne vous en faites pas, je ne suis pas du genre à aller parler de mes affaires. Soyez assuré que personne n’entendra parler de cette commande.»

Elle sourit d’avantage lorsqu’il lui précisa qu’il n’était pas stupide et qu’il savait le genre d’activité qu’elle pratiquait.

« Loin de moi cette pensée, sans quoi je ne vous aurais pas proposer ce travail. »

Un idiot aurait déjà appelé le guet, fait un boucan du diable et n’aurait certainement pas eu plus de dix minutes à vivre après la fuite de l’almée. Silbio semblait réfléchir, calculer probablement le coût total de cette commande. Ethelinda resta silencieuse pendant ce temps, observatrice immobile prête à réagir en cas de nécessité. Elle ne cilla même pas quand il lui annonça le prix élevé qu’elle devrait payer. Plusieurs Edors…Elle les possédait bien entendu, la voleuse se constituait un bon butin à force de revendre le fruit de ses larcins, mais ne connaissant pas elle-même le cours des métaux ni le prix d’un artisan de ce type elle douta quelques instants de l’honnêteté du forgeron. Cependant il était trop risqué de marchander avec lui ou de lui annoncer qu’elle chercherait un artisan moins cher qui pourrait lui fournir des armes de mauvaise facture ou bien la vendre aux gardes de la cité. Elle se contenta alors d’acquiescer d’un mouvement de tête.

« Vous aurez votre argent. »

Elle jeta un œil bref et rapide au rapace, se demandant si elle pouvait bouger sans qu’il ne pense à une attaque. Silhouette aurait aimé quitter cette pièce dans le calme, sans avoir à se battre contre un oiseau impulsif.

« Si vous n’avez besoin d’aucune autre information, je vais vous laisser. Je surveillerai l’avancée de votre travail et vous rendrai une nouvelle visite quand vous aurez terminé. A bientôt donc. »

Elle rangea son arme et prit l’initiative de récupérer quelques crochets qui se trouvaient en double dans la sacoche avant de s’avancer dans la direction de la porte de la chambre à coucher, sans quitter des yeux ni l’homme ni la bête. A peine eut-elle mit un pied en dehors de la pièce qu’elle sentit les petites pattes griffues de Fortune remonter le long de son armure légère jusque dans son cou. A partir de là, elle avança rapidement mais toujours silencieusement jusqu’à la fenêtre par laquelle elle était passé. Par réflexe, elle s’arrangea pour qu’il soit impossible de se douter que quelqu’un avait emprunté ce chemin et referma les battants sur elle et son rongeur et ce toujours sans générer le moindre bruit. Quelques secondes plus tard, les voleuses avaient disparut. Ethelinda et Silhouette allaient observer les faits et gestes du forgeron dans les jours à venir par mesure de précaution et pour rendre compte de l’avancée des travaux.
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MessageSujet: Re: [Forge de Silbio]Un réveil peu agréable   Sam 2 Juin - 10:35

Zéphir patientait tranquillement du haut de son point de mire mais il n’était pas aussi paisible qu’il pouvait l’être lorsque la nuit était tombée et que la petite habitation au-dessus de la forge était vide. Silbio le comprenait parfaitement, après tout, lui-même n’était pas vraiment tranquille. La présence inopinée de cette voleuse faussait la donne de la tranquillité à laquelle ils aspiraient tous les deux, en quelque sorte, une fois la nuit tombée et la journée de labeur terminée. Enfin, en un sens, cela aurait pu être pire. Elle aurait pu se trouver là pour des motifs moins nobles et même si sa technique d’approche laissait à désirer, il préférait une rencontre de ce genre plutôt qu’une autre qui aurait pu finir d’une manière plus sanglante, d’un côté comme de l’autre. Le forgeron n’attendait rien de la vie, mais ce n’était pas une raison pour souhaiter la mort. De toute façon, depuis qu’elle lui avait donné matière à réfléchir aux métaux, ainsi qu’aux délais et au prix, il s’était plus ou moins concentré à cette tâche, comme il avait toujours su si bien le faire, impliquant comme une sorte de déconnexion vis-à-vis du réel. Il ne pensait plus à la voleuse mais simplement à ses dagues et ne les voyaient que comme telles et non comme de futurs instruments dans les mains d’une personne à la moralité douteuse. Il fallait faire ainsi pour toutes les armes. Après tout, qui aurait pu dire combien de ses lames avaient servies à prendre des vies ? Combien de personnes étaient mortes par le fil de ses épées ? Il savait que ce qu’il forgeait ne servait pas nécessairement qu’à protéger des innocents, mais, hélas, il ne pouvait pas passer un entretien à tous ceux qui venaient se fournir chez lui. Après tout, il était bien facile de mentir et de se présenter sous un jour agréable. Au moins, de ce côté-là, cette voleuse avait joué cartes sur table immédiatement. Un point pour elle.

Il fut néanmoins sur ses gardes lorsqu’elle tira une lame pour la lui montrer. La confiance n’était toujours pas là. En même temps qui aurait pu faire confiance sur de simples paroles ? Silbio examina la lame et en estima la longueur à l’œil. C’était plus ou moins la longueur classique. Apparemment la longueur semblait non négociable et, en un certain sens, cela ne dérangeait pas le forgeron, en un certain sens n’aurait pas leur utilité aussi auraient pu-t-elle faire plusieurs mètres de long que cela n’aurait fait aucune différence majeure, si ce n’était dans le prix. « C’est vous qui décidez. » Pour les outils, rien n’était vraiment compliqué et il serait suffisamment précautionneux pour éviter de les travailler en public. Il n’était pas rare d’entendre des bruits de forge à une heure avancée de la soirée et si l’Olaril évitait de trop déranger ses voisins, il n’avait parfois pas le choix que de pousser à des heures un peu plus indues ses travaux. A ces heures tardives, personne ne passait à la forge et il serait aisé de faire, sans interruption éventuelle, ce qui allait servir à la voleuse pour entrer encore plus souvent par effraction chez les gens. Il aurait pu refuser certes, mais elle aurait trouvé quelqu’un d’autre pour les lui faire et, d’une certaine manière, il préférait qu’elle dispose d’outils de qualité qui proviennent de chez lui que des bouts de métal sans une quelconque qualité qui pourraient la mettre dans l’embarras. Un embarras bien cherché mais il n’était pas dans le genre de Silbio de souhaiter du mal aux autres, il n’en connaissait que trop la douleur pour cela, même si cela ne serait surement pas pareil si elle venait à se faire attraper un jour. L’Olaril n’avait pas idée du châtiment que l’on réservait aux voleurs dans cette ville, peut-être leur coupait-on les mains ? Après tout, elle devrait être au courant de ce à quoi elle s’exposait et ce n’était pas vraiment son affaire.

« J’imagine que vous n’avez pas totalement tort sur ce point. » Il esquissa l’ombre d’un sourire, difficile à discerner dans l’obscurité, même s’il était plus « éclairé » que la voleuse. Puis vint la question « épineuse » de l’argent. Silbio savait qu’il était difficile d’annoncer un premier prix sans avoir l’air d’un méchant commerçant qui cherche à obtenir le maximum, pourtant, de ce côté-là, il était bien plus honnête encore. Ses prix couvraient généralement seulement le prix des matériaux et un peu de marge pour entretenir la forge et s’assurer un minimum de nourriture. Il n’hésitait toutefois pas à augmenter un peu le tarif si la personne était clairement noble mais cela restait succin et, pour lui, ce n’était que justice. Ceux qui étaient capables de payer pouvaient bien le faire un peu plus que ceux qui n’en avaient pas les moyens. « Le tarif ne tient pas compte de votre « avance ». Elle sera déduite quand vous viendrez chercher votre commande. » Quoiqu’elle dise, il n’accepterait pas cet argent sans contrepartie. Ce n’était clairement pas son genre. Il capta son regard en direction de Zéphir et la rassura. « Si vous n’esquissez pas de mouvements menaçants, il vous laissera partir en paix. Il n’est pas vindicatif. » Difficile de parler d’un oiseau comme d’un homme mais pourtant certains rapaces étaient particulièrement revanchards. Zéphir n’était pas l’un d’eux. « Surveillez-moi tant que vous voulez, tant que vous ne m’empêchez pas de dormir et de faire mon travail… » Il l’observa passer dans l’autre pièce et soupira finalement avant de se laisser glisser sur le lit. Voilà une anecdote plutôt étrange. Il ne prit pas la peine d’aller voir si rien n’avait disparu, estimant qu’il aurait le temps de le voir le lendemain et préféra s’allonger sur son lit, fixant le plafond. Zéphyr changea de position dans les combes et attira pendant un instant son regard. Décidément Edor Adeï était pleine de surprises mais celle-ci sortait carrément de l’ordinaire. Passant ses bras derrière sa tête, il réfléchit quelques instants avant de finalement songer à fermer les yeux et à dormir. L’aube viendrait assez tôt et les questions ne reposaient pas son homme, jamais. Il eut un dernier sourire mystérieux avant de s’endormir.
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