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 Quand le chat est parti...

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Charis Sandragil
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.:: Le Carnet ::.
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MessageSujet: Quand le chat est parti...   Jeu 24 Nov - 18:17


Éléni marchait d'un pas vif et alerte. Le pas de la Révolutionnaire chargée d'infiltrer le Palais en douce pour le noyer sous les mille reproductions de Manifeste qu'ils apportaient. Vêtue de la livrée des domestiques du Gardan Edorta, cachée sous une perruque noire tressée à la manière du sud, la peau foncée jusqu'à obtenir ce résultat cuivré très typique, Éléni n'avait pas pris la peine d'endosser une identité fabriquée de toutes pièces. Elle agirait seule, comme tous les Révolutionnaires qui l'accompagnaient. S'ils marchaient en groupe serré jusqu'à la demeure du Gardan Edorta, il était convenu qu'il se séparent une fois le seuil franchi. Tous ceux qui avaient été désignés pour cette mission avaient longuement étudié le plan du Palais ou y servaient dans la journée. Il fallait parvenir à atteindre les endroits cibles, y placarder les exemplaires du Manifeste et s'en aller en douce.

La mission était toutefois moins dangereuse que prévu, parce que l'ensemble du Palais était parti regarder danser la sauvage. Oh certes, Éléni l'avait trouvée plus distinguée que la plupart de ses semblables, cette Luminara Hirune – après tout, elle évoluait dans les cercles Nobles – mais elle restait une pouilleuse. Et elle était certaine que sous le vernis de politesse froide que cette dernière affichait se cachait une innommable sauvagerie. Elle n'avait aucun regret de manquer la Première tant vantée de ce spectacle de danse taurine ; elle préférait occuper son temps de manière utile.

Ils étaient entrés par les sorties des domestiques, sans croiser personne. Incroyable, songea Éléni. Un simple spectacle, la Promise rétablie, et voilà que tout se relâchait. Sur son geste, ils se dispersèrent tous dans les couloirs du Palais. Éléni prit pour sa part la direction du Boudoir d'Or, repère par excellence des Conseillers et de leurs sombres machinations. Arracher sa localisation avait pris du temps, mais elle avait fini par apprendre où, théoriquement, l'endroit se situait. Elle avait entièrement conscience qu'elle risquait fort de tomber sur un Conseiller peu intéressé par les arts Olarils, mais si la Douairière possédait toujours cette influence qu'on lui prêtait, manquer l'événement du Grand Théâtre n'apportait rien de bon. Il n'y aurait personne. Il fallait qu'il n'y ait personne.

Éléni regretta de ne pas être Silhouette. Mais cette dernière était Dissidente, et ses précieux talents ne viendraient jamais en aide à la Révolution. Elle franchit la première tapisserie, celle qui cachait la porte dérobée, et emprunta l'escalier secret à pas de loups, prête à décamper au moindre signe de vie. Le cœur battant à cent à l'heure, elle gravit toutes les marches, jusqu'à se retrouver dans la petite salle. Tremblant comme une feuille, Éléni perdit du temps à vérifier mille fois que personne ne se trouvait dans la pièce. Personne, personne, personne. Elle retint à peine un cri de jubilation. Dans sa hâte, elle laissa s'échapper plusieurs exemplaires du Manifeste. Elle n'osa perdre plus de temps encore en les ramassant et disposa ce qui restait sur la table centrale, regrettant presque de ne pas pouvoir rester et assister à la découverte de leur Manifeste. Ils en deviendraient verts de rage, c'était garanti. Il était temps de prendre la poudre d'escampette. Elle quitta le Boudoir d'Or en courant, et sentit son cœur s'arrêter quand elle croisa un Noble dans les couloirs, plusieurs mètres plus loin. Elle ralentit son pas, puis recommença à courir une fois le Noble hors de vue.

La sueur qui perlait sur son dos lui fit soudainement prendre conscience d'une chose. Il lui restait d'autres exemplaires du Manifeste sur elle, qu'elle était censée laisser de-ci de-là jusqu'à être sortie du Palais. Au moment où elle allait en joncher le sol, Éléni s'arrêta sur une phrase particulière du Manifeste. « Un héritier de Bakarne placé en tant que Gardan Edorta, en la personne d'Arngrim Edorta. » Et elle se sentit profondément déplacée. Que faisait-elle là ? Pourquoi risquait-elle sa peau pour une cause à laquelle elle n'adhérait plus ? Les Révolutionnaires avaient toujours été ses premiers amours, ceux à qui elle avait accordé en premier son allégeance. Elle avait toujours pensé que les Olarils se fondraient dans le mouvement, pas qu'ils en prendraient la tête. Et elle ne supportait pas l'idée d'un jour voir à la place d'Elandor Arlanii un... pouilleux ! Therdone, ils savaient à peine lire et écrire, ces descendants de Bakarne !

Les yeux d'Éléni s'ouvrirent. Si son code moral avait pu accepter cette mission auprès de Beltxior Olarii, elle le réalisait, maintenant, c'était parce qu'elle ne croyait plus vraiment en la Révolution. Le réaliser la laissa coite, immobile, dans les couloirs dangereux du palais d'Ysor Arlanii. Elle ne pouvait pas décemment soutenir ça. Elle ne pouvait pas participer à ça. Pas elle. Ses convictions n'avaient pas changé, mais la Révolution l'avait fait, elle. Elle se sentit stupidement trahie. La Révolution, elle l'avait servie fidèlement pendant plusieurs années, avant même d'adhérer à la Dissidence. Et voilà que cette vieille amie lui tournait le dos... Éléni en eut les larmes aux yeux. Elle n'aurait jamais cru en arriver là. Elle n'était plus Éléni, Révolutionnaire et Dissidente, elle était Éléni, Dissidente infiltrée dans la Révolution. Elle avala péniblement. Sa gorge était sèche. Comme pour atténuer la douleur de la séparation, Éléni ajouta, pour elle-même, que jusqu'à ce qu'elle revienne à des sentiments plus raisonnables, la Révolution n'avait plus son allégeance.

Elle reprit soudainement ses esprits et récupéra le Manifeste qu'elle avait laissé tomber. Elle ne distribuerait pas un Manifeste de plus. C'était hors de question. D'ailleurs, il fallait qu'elle débarrasse le plancher, et vite. Avec une vivacité presque aussi subtile que celle avec laquelle basculait sa fidélité, Éléni quitta le Palais.
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Lambda
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MessageSujet: Re: Quand le chat est parti...   Jeu 24 Nov - 18:56


- Myelle Stronii -
D’un pas décidé, Myelle Stronii avançait à la suite d’Eléni. Son cœur battait avec rage dans sa poitrine, elle savait qu’il ne s’agissait ni de peur, ni d’appréhension. Contre son sein, se trouvait plusieurs dizaines n’exemplaires du Manifeste de la Révolution, qu’elle gardait contre elle avec jalousie. Elle-même était suivie de plusieurs Frères, et elle savait qu’ils avaient tous, actuellement, le cœur qui battait à l’unisson.
Car ce soir, pendant que la Cour et la Noblesses applaudissaient l’Olarile qui défiait Bakarne, le Palais était à leur merci. Il y avait de nombreux risques. Tous le savaient. Et pour beaucoup, cela faisait longtemps qu’ils attendaient d’avoir à en prendre, de ces risques, pour la Révolution. Cela avait été facile de trouver des Volontaires, elle se rappelait combien ils avaient fait de malheureux, car un trop grand groupe d’intervenants auraient attiré l’attention.

Tout avait été si vite… Elle s’était rendue au chevet de Beltxior malgré son ordre de ne voir personne, lorsqu’Arngrim lui avait annoncé qu’ils avaient trouvé la cause de cette maladie qui touchait les soldats. Trois jours plus tard, ce fut le Général Révolutionnaire qui la demanda à lui. Malgré qu’il souffre encore, il lui avait signifié qu’il allait avoir besoin de tous ceux et celles qui savaient écrire. Arngrim et lui avaient des centaines de parchemins à faire recopier. Ce qui l’intrigua d’abord, lorsqu’elle eut entre les mains un rouleau brouillon et raturé, à la double écriture, fut bientôt la cause d’un puissant sentiment qui l’envahit. En titre, sans aucune retouche était noté « Manifeste de la Révolution ».
L’Olarii prit le temps de lui expliquer le cheminement de leurs pensées. Myelle avait la chance d’être proche du Général et d’avoir toujours été à ses côtés, dans les pires comme les meilleurs moments. La femme, Noble de Provinces, écouta avec attention, sentant toujours son cœur battre la chamade, ayant toujours en tête les mots qu’elle venait de lire.

Après qu’ils eurent trouvé la source du mal qui frappait le Campement, Arngrim avait exprimé l’envie de parler au Peuple, pour le rassurer et renouveler sa foi. Beltxior grogna qu’il aurait été prêt à aller en pleine ville pour hurler à qui veut l’entendre combien ils étaient, plus que jamais, emplis de la Volonté de Vaincre. Myelle comprenait la réaction du Général : il était suicidaire d’aller se jeter ainsi, et les Ilédors n’avaient pas, comme les Olarils, cette culture de l’oral. Les écrits restaient bien plus. Et c’était ce qu’avait répondu Beltxior à l’Edorta. Cette idée fut une révélation, avait dit-il dit. Ils passèrent la nuit entière à rédiger ce qu’ils titrèrent le Manifeste de la Révolution. Et bientôt, ils abreuveraient la Ville toute entière de ses copies.

Myelle se rappelait combien cet entretien avec Beltxior la marqua. Elle avait le sentiment que la Révolution prenait un nouveau départ, bien plus puissant, elle qui s’était calmée avec le Siège, au plus grand désarroi de nombreux Soldats. Elle avait été affaiblie par cette Maladie étrange, mais bientôt, le Manifeste entre toutes les mains prouverait qu’on ne viendrait pas à bout de la Révolution si facilement !

Il fallut quatre jours pour faire assez de copies, du moins suffisamment pour les objectifs de Beltxior. Quand la nouvelle de la Représentation de Luminara Hirune gagna le Campement, tous surent que c’était le bon moment. Deux jours plus tard, l’équipe battait le pavé et suivait Eléni, conscients de participer à un événement déterminant.

L’entrée de service les attendait, leur guide était expert dans ce domaine, et bientôt, au signe convenu, tous se dispersèrent. Il fallait occuper des places fortes, et Myelle se dirigea vers la Salle du Trône. Malgré l’absence de la majorité des Courtisans et du Gardan Edorta lui-même, celle-ci était gardée et Myelle, glissant un œil dans cette direction, parfaitement cachée derrière un mur, renonça à entrer dans cette pièce-ci. Elle savait que la Salle de Réception se trouvait à proximité, aussi fit-elle demi tour pour gagner la grande salle où, quelques jours au paravent seulement, un Bal était organisé à l’honneur des Fiançailles de leur roi et de celle qui portait les Héritiers du Trône.
A cette idée, Myelle ne pouvait s’empêcher de songer à Beltxior. Sa famille avait été exilée comme le fut la branche de Bakarne, il en était le Cousin, le Descendant. La Révolutionnaire savait qu’Arngrim était consacré par le Manifeste… Elle ouvrit la porte de cette immense pièce et ce furent des dizaines de parchemin étalés sur le parquet luisant de propreté. Leur reflet les rendait cent fois plus nombreux… Myelle sentait de nouveau son cœur tambouriner d’émotion.

Il ne fallait pas traîner pourtant. Elle reprit la route en sens inverse, et fut rejointe par Fizzano, dont le sourire témoignait du sentiment qu’ils partageaient tous deux. Ils semèrent sur leur chemin encore quelques Manifestes, avant de reprendre l’entrée des Domestiques et de disparaître dans la nuit.
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MessageSujet: Re: Quand le chat est parti...   Lun 28 Nov - 18:19


- Erwan Pélégon -
Erwan Pélégon tenait précieusement contre lui les quelques exemplaires du Manifeste qui lui avaient été confiés. Même s’il ne savait pas lire, il savait ce que ces lignes décrivaient, on le lui avait expliqué au moment de les lui donner. Il avait reçu comme ordre de les placarder au sein même du palais, lors de la représentation de danse taurine de Luminara. Il était fier d’avoir été choisi pour cette mission, c’était pour lui l’occasion de montrer qu’il était aussi brave et courageux que tous les autres.

S’il était entré dans la Révolution, quelques semaines auparavant, c’était surtout pour Liiken, pour la soutenir dans ce moment d’intense difficulté qui avait suivi le décès de leur fille dans ce stupide rituel. Erwan, bien plus que sa femme, avait enterré sa douleur au fond de lui, refusant de se laisser submerger. Mais Liiken, elle avait mis au monde une adorable petite fille et on la lui avait prise, sans qu’elle ne puisse rien faire, et elle ne l’avait plus jamais revue. Après avoir traversé une longue phase d’apathie, elle s’était relevée et jetée à tête baissée dans la Révolution. Elle estimait avoir été la victime d’une terrible injustice et ne pouvait tolérer que ça se reproduise. Erwan eut un sourire en repensant à elle. Au début, il l’avait suivi sans grande conviction, parce que rien de tout ça ne leur rendrait leur fille décédée. Puis il avait pris le temps d’écouter, de se renseigner, et peu à peu, il s’était forgé une opinion propre. Alors lui aussi, il était devenu un vrai Révolutionnaire, luttant pour plus de justice dans ce monde, et aujourd’hui, c’était sa première mise à l’épreuve, une mission dangereuse, mais oh combien importante.

Le jeune Olaril avait été introduit dans le palais grâce à un contact révolutionnaire qu'il n'avait jamais rencontré auparavant. Celle-ci les avait tous mené jusqu'à l'entrée du Palais, et de là, il était prié de trouver seul le coin qu'on lui avait assigné et d'y placarder ses affiches.Fièrement, Erwan avait poursuivi son chemin seul, prenant garde de ne pas être surpris. L'absence de gardes le perturbait un peu, mais on lui avait dit que la sécurité avait été revue à la baisse pour le spectacle de Luminara, le principal du corps de garde s'étant rendue à l'arène pour protéger la famille royale. Il avait donc la voie libre pour montrer au Palais que la Révolution était toujours en marche, et bien là, prête à faire valoir ses opinions.

Erwan ne percevait pas vraiment tous les enjeux réels que tout cela représentait, il ne comprenait pas tellement plus qu'il risquait réellement de mourir s'il était surpris. Cela ne l'empêchait pas d'être excessivement prudent. Une à une, il plaçait ses affiches à des endroits bien visibles, en essayant d'avoir l'air le plus normal possible au cas où il croiserait quelqu'un. Mais personne n'était venu perturber sa mission jusqu'alors et calmement il poursuivait. Quand il ne lui resta plus que quelques affiches, il senti l'angoisse monter en lui, un peu plus à chaque seconde. Peu à peu, il prenait conscience du danger qu'il y avait à traîner ici. Il ne savait pas combien de temps le spectacle durerait, mais il avait l'impression que cela faisait des heures qu'il parcourait les couloirs immenses du palais. Et cette absence de monde lui faisait peur, lui qui s'était accoutumé à croiser sans cesse des gens dans cette ville, habitué désormais à vivre dans un bruit quasi permanent, ce silence l'oppressait maintenant.

Des bruits de pas au bout du couloir le firent paniquer, et il lâcha les quelques feuilles qu'il lui restait et se mit à courir à perdre haleine. Il ne se souvenait plus par où il était venu ni comment y retourner alors même qu'il avait passé plusieurs jours à étudier les plans du palais. Lorsqu'il vit une porte qui menait vers la lumière du jour, il ne put que s'y engouffrer, espérant de toute son âme qu'elle le mènerait hors du palais. Une fois qu'il fut à l'air libre, le soleil lui éblouit les yeux. En regardant autour de lui, il vit des maisons de riches, il su alors qu'il était sorti du palais. Il tenta de reprendre un air normal et posé avant de retourner vers son domicile, où ses enfants devaient attendre son retour avec impatience. D'un pas lent, comme si de rien n'était, il se remit en route et rentra chez lui. Une fois devant sa porte, il se retourna une dernière fois avant d'entrer chez lui, et dans un souffle murmura : « Mission accomplie ! »
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