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 Puisqu'il faut coopérer...

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Lysandre Hirune
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MessageSujet: Puisqu'il faut coopérer...   Jeu 22 Sep - 16:15

Au Ceste Clouté, l'heure était au repas. Il n'était pas loin de midi, et les réserves de l'Aubergiste avaient permis de préparer une tourte de légumes et une volaille. Les prix attractifs, crise oblige, avaient fait venir les clients et outre les habitués, les Olarils bien sûr, certains Bourgeois avaient délaissés les Quartiers Commerçants qui augmentaient leurs tarifs à mesure que s'amenuisaient leurs ressources.

Assise à une table où se trouvaient également Jualginm Pélégon, qui dévorait littéralement le contenu de son assiette, et son apprenti. Ils avaient trouvé du travail dans une Maison ilédore, qui réparait les habitations en bois des quartiers modestes. Se levant à l'aube et rentrant tard le soir, les deux Pélégons prenaient le temps de manger et n'avaient pas encore trouvé de lieux où dormir, en dehors de l'Auberge. La famille de la Noblesse de Rang qui les embauchait n'avait ni la place, ni l'envie de les voir s'installer chez eux... Jualginm parlait la bouche pleine, de la femme de son Patron, en vantant son décolleté avec impudeur.

Les Ilédors qui se trouvaient autour d'eux, bien qu'ils puissent feindre aisément d'être choqués par ces descriptions, avaient les yeux brillants. L'un d'eux se risqua même à acquiescer, semblait bien connaître la femme en question, et prenant à partit ses compagnons. Lysandre s’amusait à voir le jeune Pélégon, Taldor, qui écoutait avec une grande attention son mentor, et buvait ses paroles. A tout juste seize ans, il semblait très curieux de ces affaires-ci, et en oubliait de manger. Jualginm, lui avala avec bruit en demandant à Sieben de lui apporter un nouveau pichet de cidre.

Les Révolutionnaires devaient apprécier cette boisson, puisqu’elle coulait à flot depuis quelques jours dans la Ville Basse. Une arrivée massive de pommes des Provinces ? Les Olarils en étaient friands, et ne s’en plaignaient pas… Lorsque la porte de l’Auberge s’ouvrit sur un messager du Guet, son entrée fut masquée par un rire gras, Jualginm parlant désormais du postérieur de sa Maîtresse. Mais le Messager ne fut pas arrêté, et après avoir demandé son chemin à Meylor, il s’avança d’un pas assuré vers l’Hirune.

- Lysandre Hirune, une missive pour vous.

Sans qu’elle n’ait le temps de dire quoi que ce soit, la missive était entre ses mains, et l’homme repartait comme il était venu. Jualginm déglutit et sembla perplexe, tandis que Taldor paraissait même inquiet.

- C’est l’insigne du Guet, je l’ai vue chez mon Maître, son frère en est…

Lysandre semblait méfiante, mais ne craignait pas les Ilédors : elle savait que le Conseil n’avait pas intérêt à traquer les Olarils, largement apprécié du peuple, et surtout, Elus de la Prophétie. Elle déroula le parchemin et sut y lire les instructions sans mal. Ainsi, on voulait l’interroger suite à la mort de Lis Diantha ? Elle lisait « tentative d’assassinat »… Son sang ne fit qu’un tour : entre la fureur d’avoir à être entendue par des Ilédors et retourner non loin de la Prison, et l’espoir de savoir la Prêtresse de Bakarne en vie, et donc la survie potentielle de ses enfants, la Chasseresse ne tint pas en place.

Jualginm ne sachant lire que son prénom depuis qu’il était arrivé en Edor Adeï, il fut bien incapable de savoir de quoi il s’agissait… Lysandre se redressa les salua et leur indiqua qu’ils n’avaient pas à s’inquiéter. Elle remarqua alors que d’autres Olarils avaient entre les mains un parchemin identique : il s’agissait de chaque personne ayant été présentes au Bal.

Elle remonta les escaliers quatre à quatre et eut le temps nécessaire à la réflexion… Ils voulaient savoir ce qu’elle avait fait pendant le Bal ? Ils ne seraient pas déçus… Un sourire la rendit lui légère, mais elle gardait en mémoire ces mots « tentative d’assassinat ».

A quinze heures précises, elle se trouvait devant le Poste de Guet. Mais s’ils voulaient qu’elle se montre coopérative, elle voudrait avoir elle aussi des réponses à ses questions !





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MessageSujet: Re: Puisqu'il faut coopérer...   Sam 1 Oct - 16:47


- Le Scribouillard -
Pourquoi est-ce qu'il avait atterri au Guet ? Parce qu'il avait eu le malheur de révéler une malversation de la noble maison Lastarii et que tout se payait, dans la Haute Ville... même l'honnêteté. Et maintenant, il subissait cette grosse brute de Soren Golan. On ne l'y reprendrait pas à deux fois. Sa droiture avait disparu en même temps que sa place dans une noble maisonnée, le confort matériel et la paix dans son ménage. Aigri, Nastor estimait que plus rien ne pouvait lui arriver, et qu'il n'avait aucune raison d'être compatissant avec son prochain.

Le Guet, rempli de misérables parmi les misérables – dont lui, même si ça lui écorchait les lèvres de le dire – avait toutefois une mission royale à remplir. Arrivée du palais du Gardan Edorta, la nouvelle avait mis le chef dans une colère noire et cet idiot de Barbot en avait fait les frais. Mâchoire fracassée pour avoir respiré, sanglant exemple de ce qui attendait chaque homme du Guet s'il se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. En attendant, ils étaient tous consignés à une tâche aussi stupide que lente et pénible : l'interrogatoire de tous les invités de basse extraction au Bal de la Promise. Et bien entendu, tous ces va-nu-pied d'Olarils... Nastor soupira en regardant le nom qui lui incombait. Lysandre Hirune... Il vit aussitôt l'étymologie du mot : la chasse. Quelle idée de s'affubler d'un nom commun pour nom de famille ! Enfin, c'était leur problème. Il croisa tout de même les doigts pour ne pas se retrouver face à une Chasseresse enragée qui... mais... oh non, maintenant qu'il se souvenait ! Lysandre Hirune, comme... comme la tarée qu'ils avaient enfermé, quelques mois plus tôt ? Mais pourquoi est-ce que ça tombait sur lui ? Qu'avait-il fait ? Pourquoi est-ce que Soren ne se chargeait pas d'elle, si elle avait déjà un lourd passé ? Ou alors, c'était lui qui était testé ? Très bien. Le chef du Guet allait voir ce qu'il allait voir. Il ne laisserait rien passer, parce que s'il était jeté hors du Guet, il était bon pour aller grossir les rangs des mendiants...

Quand on fit entrer la jeune femme dans la pièce d'interrogatoire, Nastor fit un effort pour se la représenter telle qu'elle devait être : détestable. Tentant d'oublier ses courbes et l'éclat sauvage de ses yeux, Nastor demanda d'un ton froid :

- Lysandre Hirune ?

Après avoir eu confirmation, il coupa :

- Vous êtes en retard, et nous sommes pressés. Veuillez commencer par me décrire les circonstances dans lesquelles vous avez été amenée à vous rendre au palais du Gardan Edorta. Ensuite, vous me parlerez de Lis Diantha et de vos relations.

Il avait à peine relevé le nez de ses feuilles, préparant ses parchemins vierges et sa plume. Quand il fut prêt, il fit un geste, afin que deux gardes viennent entourer Lysandre Hirune. Elle avait sauté à la gorge de l'Oracle, alors Nastor ne doutait pas un instant qu'elle le réduise en charpie sans pitié s'il la contrariait. Pour sa sécurité, il devait maîtriser la force physique de cette femme venue d'ailleurs.

- Vous seriez aimable de bien vouloir rester à trois pieds de ce bureau.

Le tout prononcé d'une voix monocorde. Il ne fallait pas qu'il croise son regard, il serait capable de s'effrayer. Après tout, avant de se retrouver dans le Guet par erreur – oui, par erreur – il était scribe, pas soldat. Et tenir tête à quelqu'un qui voulait sa peau, c'était au-dessus de ses capacités. Pestant une millième fois contre Soren Golan, Nastor regarda fixement la plume qui allait écrire la réponse de la Chasseresse. Elle n'avait plus qu'à parler.
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Lysandre Hirune
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MessageSujet: Re: Puisqu'il faut coopérer...   Mer 12 Oct - 19:12

Lysandre fronça les sourcils. Elle n’était pas en retard, et ses résolutions pacifistes avaient étaient mises à mal dès que l’homme qu’elle avait en face d’elle ouvrait la bouche. Elle aurait aimé répliquer… Sans doute la trop grande promesse de ce « tentative d’assassinat » lui permit de ne rien dire ; L’Hirune resta neutre, mais, les yeux plus plissés comme méfiante, elle paraissait mesurer à quel instant il dépasserait une limite invisible. Celle qui séparait son calme de sa colère.

Elle aurait volontiers, immédiatement après sa demande, expliqué le déroulement de sa soirée du Bal. Pourtant, sur un ordre silencieux de l’Ilédor, elle se retrouva entourée de deux Gardes. La frontière semblait proche, la Chasseresse sentit une pointe violente dans sa poitrine, un affront qu’elle aurait du mal à ne pas relever. Elle avala sa salive, planta ses deux billes brunes sur le visage de l’homme face à elle ; il n’avait pas l’air des hommes du Guet classiques, qu’elle avait déjà vus, ou entendu décris, lors des descentes musclées contre on-ne-sait quel ennemi du Palais en pleine rue. Dans le regard du Chef Olaril, bien qu’elle tente de n’y mettre qu’une cordiale intimidation, résidait l’orgueilleuse défiance qui la nourrissait. Elle ne s’y attarda pas, mais une once de satisfaction gonflait sa poitrine ; l’Interrogateur du Guet la craignait. La craignait assez pour nécessiter la présence armée de ses comparses. Non pas un seul homme, mais deux ! Sans doute ceci aussi, était-il lisible dans ses prunelles.

Mais elle ne put retenir un vif sourire, à sa demande expresse ; rester à une distance raisonnable du bureau. Lysandre cessa vite son rictus, mais sans doute le mal était-il fait. Elle savait qu’il n’était pas raisonnable de fanfaronner, dans cette situation. Elle n’était pas en position d’être arrogante, mais elle ne pouvait nier désormais qu’elle ressentait presque de la fierté à se trouver dans la peau d’une dangereuse Olarile. Elle prit conscience sans s’y appesantir, qu’en effet une partie de la population les craignait, eux, les Olarils. Ils étaient des étrangers, outre le mépris qu’ils ressentaient pour les Sauvages venus d’ailleurs, les plus bêtes avaient même peur d’eux ! Et le regard fuyant du scribouillard n’était pas fait pour la contredire dans cette pensée qui l’envahissait.

« N’aies crainte, j’ai déjeuné, je ne te dévorerai pas. » Sa voix, à elle aussi, fut monocorde, bien qu’une pointe d’ironie perlait, elle le savait, malgré sa volonté de l’estomper. L’Hirune se rappela immédiatement qu’Ils aimaient le vouvoiement tout autant que la pudeur…

Le Chef Olaril reprit son sérieux. Elle put s’asseoir malgré sa garde rapprochée, à qui elle ne manqua pas d’offrir un ou deux coups d’œil patibulaires, et s’accouda sur ses genoux. A ce mouvement, elle sentit très clairement que les Ilédors étaient aux aguets du moindre geste suspects… Sans doute pouvait-elle d’un moment à l’autre tenter de mordre n’importe qui passant à sa portée ? Si elle avait encore envie d’en sourire, cela provoquait également un sentiment plus furieux en elle. Ils étaient ridicules ! Lysandre en conclut que, plus vite elle aurait terminé cet interrogatoire, et plus vite elle serait libérée de cette mascarade.

« Bien. » Trembleraient-ils toujours lorsqu’elle leur aurait tout raconté dans le détail ? « Je suis arrivée au Bal bien après le début des festivités. A mon entrée, et par un heureux hasard j’ai pris pour cavalier un Ilédor de basse condition, j’ai appris entre-temps qu’il était domestique ce soir-là. » Elle ignorait cependant si Keefe avait dit la vérité, mais elle n’avait eu aucune envie, ni raison de ne pas le croire.

« Je n’avais aucune envie de danser, mais mon charmant cavalier m’a proposé une activité bien plus alléchante. » Elle se tut une seconde, lança un regard perçant à l’Ilédor, cherchant ses yeux malgré qu’il semble trop occupé à noter chaque mot qui sortait de sa bouche, et reprit : « Vous voyez de quoi je veux parler, n’est-ce pas ? » Elle s’était rappelée qu’il lui fallait jouer du ‘vous’ avec ces gens-là.

Elle sentit la tension autour d’elle s’agrandir ; les deux Gardes avaient sans doute compris, bien sûr, de quelles activités elle voulait parler. Son sourire s’agrandit modestement. « Voulez-vous les détails de ma soirée ? »





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MessageSujet: Re: Puisqu'il faut coopérer...   Sam 29 Oct - 17:03


- Le Scribouillard -
L'ironie mordante de celle qu'il devait interroger ne lui échappa guère. Choqué, il la regarda d'un air hébété pendant au moins trois secondes. Alors, c'était vrai ? Les Olarils avaient des mœurs tellement dépravées qu'ils mangeaient les enfants et buvaient leur sang ? Un coup d'œil à la lueur moqueuse dans le regard de la Chasseresse lui confirma aussitôt qu'elle se payait sa tête. Nastor fronça les sourcils et répliqua froidement :

- Vous avez quitté vos champs et vous êtes entrée dans le vrai monde, Lysandre Hirune. Et le vrai monde, il se vouvoie lorsqu'il a recours à un échange verbal.

Et il espéra de tout son cœur que les gardes auraient la vélocité nécessaire pour freiner une hypothétique attaque de la Chasseresse. Est-ce qu'elle le mangerait lui, pour avoir osé la remettre à sa place ? Il se sentit honteux quand une goutte de sueur glissa depuis sa tempe gauche jusque sur son parchemin. Depuis quand une simple femme pouvait-elle lui faire peur ? Il était le Guet, il n'avait pas à reculer devant la sauvage ignorance de son interlocutrice. D'ailleurs, on soufflait qu'ils ne savaient ni lire ni écrire, ces descendants de Bakarne venus d'ailleurs...

Enfin, l'Olarile commença son récit – enfin, pour peu qu'un résumé aussi bref puisse être qualifié de récit – et rendit le Scribouillard plus perplexe que jamais. Cette femme n'avait donc aucune pudeur, aucune intimité, aucun savoir-vivre ? Il en fit une rature sur son parchemin. Il décida de commencer par ignorer l'insupportable manque de décence de Lysandre Hirune et commenta simplement :

- Un Ilédor de basse condition ? Quel était son nom ? Vous vous fiez toujours à des inconnus ? Est-ce là un usage Olaril ? Pourquoi n'aviez-vous pas de cavalier pour ce Bal ? Vous êtes une femme mariée, signale ce parchemin. Et votre époux, qu'en pense-t-il ?

Ses questions le menèrent à penser que Lysandre Hirune était une femme de bien mauvaise vie, puisqu'elle n'avait pas honte un seul instant de faire porter les cornes à son mari. Elle l'annonçait même au su et au vu de tous ! Soudainement, Nastor vit rouge. Si sa femme le trompait – et c'était certainement le cas – il ne supporterait pas une telle humiliation. Sa voix reprit durement :

- Savez-vous qu'un tel écart peut vous mener devant un tribunal de Therdone ? Avez-vous seulement conscience de l'insulte que constitue votre récit pour votre nom, votre lignée et votre peuple ? Cet emprisonnement avec votre... cousine, c'est cela, ne vous a pas suffi ?

Et soudain, Nastor réalisa qu'il avait envie d'emprisonner Lysandre Hirune et qu'il n'avait même pas envie d'entendre sa justification - encore moins envie de voir jusqu'où elle pouvait se contenir avant d'attaquer. Qu'il avait envie de la congédier d'un geste et de la faire emmener. Même de la voir souffrir puis mourir. Seulement, Vanhilde Tehanii veillait certainement au grain, depuis son siège de la Ville Haute. Cette vieille chouette avait dit que la Volonté de Therdone était forte en Lysandre Hirune. Et Nastor ne voulait pas payer de sa tête les souffrances futures de Lysandre Hirune. S'il devait y avoir condamnation, il fallait que ça soit de la main d'un de ses stupides collègues. Lui, il ne se mouillerait plus jamais. Il fouilla parmi ses parchemins, cherchant à repérer qui au juste s'occupait de la certainement tout aussi dépravée Luminara Hirune. Netorias Sandorii ? Ça tombait bien, ce bleu ne comprendrait certainement pas le risque et l'enverrait directement en geôle, avec un tel témoignage. Lui, il avait assez donné.

Sa décision était prise, mais pour l'heure, il lui fallait encore écouter d'une oreille distraite la défense de Lysandre Hirune. Elle pouvait bien ânonner tout ce qu'elle voudrait ; son cas n'était plus de son ressort, maintenant.
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MessageSujet: Re: Puisqu'il faut coopérer...   Sam 29 Oct - 18:42

L’Hirune leva le menton. L’homme avait l’irrespect de la prendre pour une Paysane Ilédore. Et quelle honte pouvait-on ressentir à n’être pas née dans une famille de la Noblesse de Sang ? Elle ne l’imaginait pas grand Courtisan, il aurait sans doute eu droit à un poste bien plus prestigieux, loin d’être la petite main écrite du Guet, dont la réputation était bien sale. Et il se permettait de lui faire des remarques sur sa condition ? Là où elle ressentit immédiatement un pic lui imposer de se lever pour lui faire regretter ses mots, ce qu’elle vit lui permit de rester parfaitement assise ; l’Ilédor paraissait terrifié… Il suait et jamais son regard n’osait croiser le sien.

Il était mort de peur… Lysandre ressentit à nouveau une légère satisfaction d’être crainte. Elle savait qu’un tel sentiment n’était pas louable, mais… La Chasseresse croisa les jambes et sans doute le Scribouillard devait sentir qu’elle ne cessait de le regarder, deux pupilles l’examinait dans les moindres détails et n’étaient pas prêtes de le lâcher. A la chasse, il fallait savoir reconnaître lorsque l’animal, bien que faible, n’est pas abordable de face. Au moindre faux pas, les femmes Hirune savaient frapper. En avait-il conscience ? Elle aurait presque aimé lui raconter tout ceci.

Visiblement, en plus de la trouver effrayante, le jeune homme fut choqué par le récit de la soirée qu’elle avait passé avec Keefe. Lysandre ne pouvait s’empêcher de trouver tout ceci ridicule. Cet homme était une caricature. Il avait tout de ce qu’elle détestait chez ce Peuple. Il la voyait comme une sauvageonne, une étrangère, une dévergondée… Il n’était pas capable de tolérer la différence entre leurs deux usages, leurs coutumes. Elle n’avait pas encore de sentiment hostile pour celui qui l’interrogeait, tant il lui semblait ridicule. Mais il aborda le sujet de son mari… Le visage de l’Hirune se ferma.

Ce chien parlait de son époux, posait des questions aux accents dédaigneux. Elle était disposée à coopérer pour trouver l’Assassin de Lis, mais elle n’aurait aucune explication à donner sur son mariage et les troubles qu’elle traversait avec Nydearin. Pourtant, l’Ilédor semblait vouloir continuer sur ce terrain accidenté.

Un tel écart ? Un tel écart ? Lorsqu’il prononça le nom de Therdone, Lysandre eut un mouvement pour se redresser, et aussitôt, les deux Cerbères eurent un geste vers elle, mais certes, pas assez rapide. Elle était debout quand ils posèrent leur main sur son épaule, et elle s’assit sagement, sans perdre des yeux le Scribouillard. Cet instant lui permit de reprendre ses esprits.
« Ma relation avec mon mari ne vous regarde pas. Vous devez m’interroger sur ce que j’ai vu ou entendu lors du Bal en l’honneur du Gardan Edorta et de sa future femme. » Voulait-il lui faire peur ? Ce gringalet apprendrait qu’un ours ne fait pas peur aux Chasseresses, alors un Ilédor…
Cependant, Lysandre savait aussi qu’elle aurait à donner des explications, elle se cantonna pourtant au Bal et à ce qu’elle y faisait. En aucun cas aux questions plus personnelles.

« Je suis allée seule au Bal, et lorsque je suis entrée, cet homme est arrivé à mes côtés. Il a été annoncé par erreur comme étant mon cavalier. Et je ne lui ai pas demandé son prénom, pour être tout à fait franche, je n’en ai pas eu le temps. Si cela peut vous rassurer, nous n'avons pas pu achever notre soirée à deux, nous avons été dérangés par le mouvement de panique dans la Grande Salle. » Après la soirée qu’ils avaient passé ensemble la veille au soir, le Chef Olaril sentait qu’elle devait taire le prénom de Keefe. Sa parfaite maîtrise de sa voix et surtout, le regard du Scribouillard trop souvent sur son parchemin plus que sur son visage lui permettait de n’éveiller aucun soupçons. Du moins pas sur ce point… Elle avait la désagréable impression qu’on préparait dans son dos un mauvais piège. Sur ses gardes, elle songea que, quoi qu’il arrive, la Conseillère Tehanii veillerait ce qu’il ne soit rien fait aux Olarils.

Et avec une pointe d’orgueil, Lysandre pensa qu’à la Victoire des Révolutionnaires, elle se ferait un plaisir de faire juger tous ces Ilédors qui manquèrent de respect à son Peuple. Quel dommage que Therdorus Uldarii soit intouchable…
« Que risqueriez-vous à manquer de respect à une Elue de la Prophétie ? » Fit-elle d’une voix douce.





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MessageSujet: Re: Puisqu'il faut coopérer...   Jeu 3 Nov - 14:56


- Le Scribouillard -
Elle avait adopté le vouvoiement, mais c'était trop tard. Tout arrivait trop tard. L'Olarile pouvait bien aller mourir sous le venin d'un autre homme du Guet, lui, il s'arrêtait là. La présomption avec laquelle elle lui parlait, l'insupportable regard narquois avec lequel elle lui disait qu'il n'avait à l'interroger que sur le Bal de la Promise, tout le rendait malade. Et par-dessus tout, il voulait se débarrasser d'elle au plus vite, avant qu'elle ne décide de lui régler son compte. Il ne ferait pas le poids, il l'avait déjà calculé cent fois. Le mépris l'avait envahi tout entier. Elle n'avait même pas pris la peine de demander le nom à l'homme pour lequel elle avait écarté les cuisses. Quelle catin. Et après, elle avait l'infâme culot de tenter de le rassurer ? C'était forcément qu'elle se fichait de lui, une fois de plus. Après les nombreux mois qu'elle et son peuple avaient passé en Edor Adeï, elle ne pouvait pas continuer à ignorer leurs coutumes – quelle excuse bancale, que ces soi-disant descendants de Bakarne se plaisaient à répéter tout le temps...

Il griffonna un mot sur un parchemin vierge, auquel il joignit le parchemin consignant tout ce que Lysandre Hirune lui avait déjà dit. Il faillit souligner sa tirade sur les écarts matrimoniaux, mais finit par s'abstenir. Netorias Sandorii n'avait plus qu'à aller se faire pendre avec la sauvage. Sans doute qu'il la sauterait avant, même. « À Netorias Sandorii. Il apparaît au fur et à mesure de l'entretien qu'il faut interroger les deux cousines ensemble. Elles ont toutes les deux un lourd passé qu'il convient de combattre en même temps, afin d'éradiquer le mal à la racine une bonne fois pour toutes. Je vous laisse cette tâche : j'aurais trop peur de faire un faux pas. » La missive caressait son collègue dans le sens du poil : il serait sans doute trop heureux de recevoir Lysandre Hirune en signe de son importance dans le Guet. Le connaissant, il ferait de l'excès de zèle et ne laisserait rien passer des phrases accablantes que Lysandre Hirune avait osé prononcer. Et s'il parvenait à la réduire au silence éternel, Edor Adeï ne s'en porterait que mieux. Il tendit les deux parchemins à un garde, puis s'adressa à celle qu'il devait interroger – ou plutôt il s'adressa à son bureau.

- Vous ne dépendez plus de moi. Vos paroles sont trop graves pour que je puisse prendre la responsabilité de vous interroger moi-même.

C'était à moitié vrai, après tout. S'il avait osé, il aurait relevé la tête pour voir la peur dans ses yeux à elle. Mais le courage n'était pas son fort, et il n'avait pas envie de se faire étriper pour un regard de trop. Il se recroquevilla instinctivement sur sa chaise, et il termina :

- Et pour faciliter l'interrogatoire, je vous envoie là où Luminara Hirune est interrogée. Vous devriez mieux pouvoir vous défendre, entre Olarils au passé violent.

C'était là ce qu'il pouvait lui assener de plus fort. Émotionnellement, son cœur aurait lâché avant qu'il n'aille plus loin s'il s'était avisé de l'insulter plus avant. Sans attendre de réponse – et espérant de tout son cœur qu'il n'y en aurait pas – il se mit au travail et reprit son travail d'écriture sur des parchemins. Ce ne fut que quand elle eut débarrassé le plancher qu'il réalisa qu'il avait écrit plusieurs fois de suite : « Les Olarils sont des fous furieux ». Humilié, il jeta les traces de sa peur au feu. Que Therdone les emporte tous.
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