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 Je vous sors un verre?

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Sieben Raetan
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MessageSujet: Je vous sors un verre?   Ven 12 Aoû - 9:19

A force, on connaissait beaucoup de profils de clients : il y avait déjà les étrangers et les habitués. Parmi les étrangers, il y avait ceux qui ne pipaient mot et ceux qui bacouettaient beaucoup. Parmi les étrangers qui parlaient trop, il y avait ceux qui étaient gentils sur le fond et les abrutis qui sortaient des conneries plus grosses qu’eux. Les deux du fond faisaient partie de cette dernière catégorie.

Sieben en avait frotté déjà six fois son comptoir pour ne pas les entendre, et était monté trois fois en haut, où Melyor avait fini par lui dire que ce n’était plus la peine de faire grincer les escaliers. Elenor l’aurait simplement mis à la porte ou bien serait descendue et aurait taillé le bout de gras avec ces andouilles. Et il aurait fallu réparer une fenêtre après. En essuyant ses chopines propres, Sieben essayait de ne pas écouter ce qu’ils rapportaient.

« Je leur en foutrai moi, des assassinats de l’Al’faret. Quand on ne sait pas de quoi on parle, on n’est pas obligé non plus de clamer comme un canard écrasé comme si on venait d’inventer l’idée. Ab-rutis va ! »


L’auberge était vide, désespérément vide. Les premiers temps du siège, quand il n’y avait plus d’approvisionnement mais des réserves, c’était un temps béni où on pouvait mettre le double du prix habituel et se faire ainsi des bénéfices comme jamais auparavant. Et puis maintenant il y avait de l’approvisionnement au marché noir et plus de réserves. Le dernier baril de bière, Sieben l’avait acheté quatre fois son prix il y avait deux jours. Il vendait comptant, l’allocation que lui donnait le palais pour héberger les Olarils lui faisait office de salaire. A vrai dire, vendre à ce prix une bière d’aussi mauvaise qualité tenait déjà du scandale. Elle devait probablement venir d’Hurg Aari pour avoir un aussi mauvais goût. Et la nourriture tournait au scandale aussi, mais une petite plainte au palais avait permis un allongement de la note.

Du reste, il ne restait plus beaucoup d’olarils dans l’auberge : ceux qui n’avaient pas trouvé de meilleurs logements en villes, qui restaient proche de la communauté qui se retrouvait facilement ici à l’enseigne. Ils ne dormaient plus sur le plancher de la grande salle, Sieben avait pu faire des travaux qui leur assurait un logement minimal, mais correct dans l’arrière cour. Quatre murs et un toit qui ne suffiraient pas pour l’hiver, mais on aurait le temps d’y penser d’ici l’hiver. D’ici là, le siège serait peut être terminé, pour le bonheur ou le malheur des Arlanii ce sera plus facile pour eux. On pourra alors faire de meilleurs logements, peut être quelques meubles, un poêle… Oui, ils seraient bien mieux comme ca.

Les deux clients claquèrent des doigts pour réclamer l’addition. Sieben leur fit payer une fois et demi le prix normal. C’était peut être mesquin, mais cracher gratuitement sur l’Al’faret et aboyer de concert avec le Conseil et le Palais l’était tout autant. Il n’était pas dans la façon de faire de la Dissidence d’assassiner les gens, pas encore du moins. Ce temps arriverait, bien assez vite, mais on ne commencerait pas par la future Reine, on commencerait par le Conseil, on commencerait par les Karnimacii, les Tehanii, les Jaktarii avant d’attaquer les Arlanii. Les gens ne comprenaient pas qui étaient les cibles du mouvement, à moins qu’ils n’oublient d’une fois sur l’autre, jusqu’au moment d’avoir un couteau sous la gorge. Ca marche toujours le couteau sous la gorge.

N’ayant plus rien à faire, il n’avait plus qu’à s’affaler sur une chaise, les mains croisées sur son ventre qui grossissait de façon de plus en plus visible et attendre le prochain client ou olaril qui aurait besoin d’aide. Ce fut alors que Lysandre Hirune entra à son tour. Sieben Raetan remarqua tout de suite ses bottes crottées, mais ne réagit pas, ne voulant pas savoir où elle était allée.

« Aha ! Madame Hirune… Je crains qu’il n’y ait personne à la boutique aujourd’hui. »

Il désigna la salle vide sans bouger de sa position vautrée sur la chaise qui grinçait.

« Je vous sors un verre ? »
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Lysandre Hirune
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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Ven 12 Aoû - 13:02

Lysandre entra dans l’auberge et fut presque soulagée de constater qu’elle n’était pas très peuplée. En réalité, ce n’était pratiquement pas une surprise : les rues étaient déjà assez vides… L’Assassinat de la future Reine avait jeté un froid, après la chaleur du Bal.
Elle n’eut pas le temps de se souvenir des événements de la veille au soir. Un simple sourire aurait éclairé son visage, si elle s’était laissée aller à se rappeler des caresses de l’Ilédor qu’elle avait été obligée d’avoir comme cavalier. Sans se demander où il était actuellement, l’Hirune avança d’un pas vif vers Sieben.

« Tant mieux… » Souffla-t-elle comme pour elle-même, quand elle fut assez proche pour qu’il entende son murmure. Elle savait pourtant que peu de clients signifiaient aussi des difficultés pour le Tavernier, et ne voulait pas qu’il pense qu’elle s’en fichait. Après tout, s’il était obligé de fermer son échoppe, ils seraient nombreux à la rue. Et Lysandre n’avait aucune envie de chercher un logement ; Quelque chose lui glissa dans son esprit que, dans ce cas là, elle pourrait enfin aller vivre chez les Révolutionnaires.
C’était stupide ! Elle tira une chaise et s’y installa en se frottant la nuque.

« Juste une tisane, ou quelque chose qui y ressemble. » Les épices étaient rares, et surtout hors de prix depuis le Siège, elle l’avait compris en entendant beaucoup de commerçants s’en plaindre. Parce qu’elles étaient prisées par les Nobles et venaient de très loin, vraisemblablement. Quelques feuilles communes suffiraient à faire un thé acceptable, elle n’était pas difficile, et c’était surtout histoire de se poser quelques instants. Ce qu’elle avait entendu dans les rues l’avaient choqué, et elle avait envie d’en discuter.

Elle ignorait les convictions de Sieben, mais avec le temps, une certaine confiance était apparue. La Chasseresse n’avait jamais cherché à connaître la vie privée de l’Ilédor, mais savait parfaitement que cette femme qu’elle avait vu en prison n’habitait plus avec lui, qu’il avait été longuement alité et blessé, et qu’une autre femme résidait désormais ici de façon plus poussée… C’était suffisant, elle n’avait pas envie d’en savoir plus. Ils n’étaient pas assez proches pour avoir ce type de conversation. Cependant, elle ne savait où se trouvait Sorastrata, et son besoin de parler des mots du Crieur fut plus grande que sa réserve.

« Tu dois savoir toi aussi que Lis a été tuée. » Elle rectifia. « Celle qui allait épouser le Gardan Edorta. » Des sons indistincts attirèrent son attention, et elle se tourna pour observer les deux clients qui vilipendaient. Tous deux s’arrêtèrent de causer et lui lancèrent un regard étrange. Entre la méprise et la méfiance. Elle fronça les sourcils et reprit place face à l’Aubergiste.

« J’ai entendu un crieur public accuser les Dissidents de ce meurtre. » Elle se demanda, un instant, qui pourrait voir un intérêt à l’élimination de Lis et de ses enfants. En réalité, Ysor pourrait ne pas aimer avoir à devenir le père de ceux qui prendraient sa place ; et en effet, les Dissidents ne devaient pas apprécier avoir des concurrents, qu’ils soient Olarii, Arlanii ou Olarils. Ils auraient des raisons… L’Hirune repoussa ses cheveux en arrière, mettant en lumière sa tâche de naissance, lie de vin, comme une pointe double sous son œil.

« Ils auraient de bonnes raisons de le faire, pour évincer celle qui porte leurs rivaux, non ? » Le meurtre n’avait jamais été aussi présent dans leur entourage… Lui qui avait été absent durant des siècles dans le village, qui était un crime abominable que les plus fous ne savaient commettre. Ici… Ils tuaient comme ils respiraient, facilement, sans avoir de remords. Elle n’aimait pas Lis, mais c’était une Olarile, elle portait les enfants qu’elle devait élever ! Son cœur battit plus fort et elle se crispa.
Cette partie-ci du drame venait juste de lui sauter aux yeux. Lis portait les enfants de Xan, elle avait pour mission de les faire Chef… En tuant la Prêtresse, c’est son serment envers Laclaos qui était brisé. Son visage blêmit et la Chasseresse soupira longuement.





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Sieben Raetan
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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Sam 13 Aoû - 12:32

« Le crieur appartient au Palais, ou plutôt au Conseil, il faut relativiser. »

Depuis le siège, tous les jardins particuliers avaient été convertis en potagers il fallait juste connaître celui qui parmi les bourgeois cultivaient des herbes aromatiques au lieu de tomates et le tour était joué. Il y avait justement un client qui avait fait ce choix. Le fenouil était arrivé à maturité, voilà pour la tisane. Sieben remplit une bouilloire d'eau et alla la pendre à la cheminée. Une petite réserve de bois à côté suffit à allumer le feu, qui lui prit quelques minutes, le temps de réfléchir aussi.

« Je ne connais pas l'Al'faret à vrai dire, qui sait de quoi il est capable. »

Sieben avait pourtant adhéré corps et âme à son mouvement, il espérait que ce ne soit pas vrai, en même temps qu'il en était convaincu qu'il serait capable d'assassiner. La réponse n'était pas à chercher du côté de l'Al'faret, dont Sieben ne connaissait rien d'autre qu'un nom de code, mais du côté d'Ysor plutôt: Ysor était notablement connu comme une marionnette manipulée par le Conseil, quel intérêt de le frapper lui? La dissidence ne craignait pas non plus des enfants à naître, du moins la dissidence qu'il connaissait. Alors que la bouilloire était bien installée au dessus des flammes, Sieben compléta ses phrases.

« Le Crieur est une créature du Conseil qui diffuse ce que le Conseil lui ordonne. Si le Conseil lui demande de dire que le ciel est violet, il le dira. N'écoutez pas non plus ce que dira la rue: ils penchent tantôt à droite, tantôt à gauche, et finalement suivent celui qui gueule le plus fort. Très fiable. »

L'eau ne bouillait pas très vite, mais ils avaient du temps à revendre, qu'importait la vitesse? Les moments où il n'y avait aucune contrainte étaient si rares...Aussi rares qu'une issue dans ce conflit. Sieben capta le soupir triste de Lysandre, et ne comprit pas de suite à quoi il faisait référence. C'était en se souvenant que Lysandre comme Lis était une olarile qu'il put savoir tout ce qu'il y avait derrière ce soupir. Cohabitez avec des étrangers et vous connaîtrez leurs cultures, quoi que vous fassiez. Il se tut un instant, le temps de trouver quoi dire sans blesser.

« Je sais que le meurtre chez vous est... une abomination. Mais chez nous, il est beaucoup plus courant, peut être parce que nous sommes beaucoup plus nombreux. »

Trente olarils comparés à ne serait ce que le plus petit quartier d'Edor Adei, c'était ridicule. Même avant, lorsqu'ils habitaient leur propre capitale, elle ne semblait pas avoir été plus grosse qu'un village respectable. Il était facile d'éviter les crimes dans de petites communautés. Mais Sieben ne connaissait aucune ville qui n'ait pas sa criminalité et généralement plus forte que faible. Il n'était qu'un aubergiste, pas un grand penseur, il était incapable de dire d'où ça venait. C'était c'est tout, il y avait des voleurs et des meurtriers chez les Illédors tout comme il y avait un Gardan Edorta.

« Je ne vais pas dire: « c'est pas grave », mais en revanche, c'est courant: la justice elle même doit être la plus grande meurtrière... »


Combien de gens pendus par jour? Le Guet faisait tellement de bavures... un homme était tué, on trouvait et condamnait dix coupables. En temps de paix, la Justice était déjà une valeur fragile, elle était mise à bas en temps de guerre. Les illédors était un peuple sanguinaire comparé aux olarils, et pourtant la majorité des Illédors étaient des gens pacifiques et globalement bons. Quelques mauvais éléments suffisaient.

« Lis devait gêner quelqu'un, quelqu'un qui n'a aucune morale. On ne peut pas dire que je sois très fier d'être du même peuple que cette personne, les illédors n'ont pas besoin de bêtes. Tout ca pour dire: je ne sais pas qui a tué Lis Diantha. »

Il entendit la bouilloire faire un son caractéristique. Il décrocha un torchon, et sortit avec précaution l'eau bouillante. Elle fut versée dans deux verres et il alla chercher en un éclair le fenouil. Il s'assit enfin et s'accouda franchement sur la table.

« C'était une belle femme non? »


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Lysandre Hirune
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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Lun 22 Aoû - 19:30

Lysandre observa les mouvements de l’Aubergiste, ses idées se remettant lentement au clair, à mesure que le temps s’écoulait. Là où elles s’étaient bousculées depuis la veille, et plus encore depuis son retour du Campement, la jeune femme n’était pas mécontente de laisser parler Sieben.

Elle ignora si, lorsqu’elle remettait de l’ordre dans ses pensées, elle laissa filer quelques phrases ou non, mais supposa qu’aucun mot important n’avait été ignoré : l’homme ne semblait pas attendre qu’elle le relance pour discourir, et elle en fut rassurée. L’image de l’Ilédor amena soudainement le visage de sa Grand Mère ; désormais qu’elle calmait ses réflexions, l’Hirune revoyait clairement Sorastrata lui confier qu’elle devait s’éloigner d’ici, et bientôt, elle ressentit dans sa poitrine un écrasement.

Liiken. Son enfant mort, par les traditions Ilédores. Les lèvres de l’Aubergiste bougèrent sans qu’elle n’entende rien. Elle n’avait pas parlé à la Pélégon depuis des semaines, elle ne se souvenait même pas lui avoir adressé la parole depuis qu’ils avaient traversé la Gérax. Et c’était Sorastrata qui lui avait fait part de la terrible perte de l’un des enfants qui naquit sur le sol d’Edor Adeï. La vieille Hirune n’avait exprimé que de la colère, sourde mais présente, Lyandre avait su la lire en elle. Pourtant, l’Ancienne savait aussi se contenir, et elle avait simplement indiqué vouloir prendre ses distances et ne plus résidé au Ceste Clouté.

Si la vieille Chasseresse avait choisi de se retirer de l’Auberge, du fait de la mort du petit de Liiken, il devait y avoir une raison ; et bien qu’elle n’ait pas donné à sa petite-fille d’autres explications, le Chef des Olarils pouvait se doute qu’il existait un lien étroit entre ce drame et l’établissement, voire de Sieben.

La bouche de l’homme ne frémissait plus, et les yeux de Lysandre semblèrent reprendre vie. Elle eut en échos une simple phrase « C’était une belle femme, non ? ». Un parfum famillier s’éleva jusqu’à ses narines et elle en profita pour fermer les yeux. Il y avait trop de chose dans l’air, outre le fenouil. Elle se sentait contrainte, serrée. L’envie de parler à Sieben de cette tragédie à propos de Liiken et ses enfants était forte, mais … Ce n’était pas le sujet le plus important. Faire un choix dans le traitement des morts la rendait sombre.

« Lis était une femme magnifique, mais c’était une Femme à Tout le Monde. » Elle souffla sur la tisane, pour, réussir à expirer doucement. « C’était aussi une femme qui apporte la discorde. Elle a toujours aimé les querelles et les intrigues. »

La Chasseresse secoua lentement la tête. Tous ces défauts l’avaient amené à ne pas lui faire confiance, à se méfier toujours d’elle. Les places privilégiées qu’elle avait dans les couches de chacun en faisait une confidente venimeuse, comme une vipère qui se tord sous les assauts de lame, pour mordre de façon plus sournoise. Elle colportait des rumeurs honteuses, se riait du malheur, fêtait les bonheurs comme personne.

Pourtant...

« Mais elle portait les Héritiers de Bakarne. »
Articuler cette simple phrase la fit tout oublier, tout sauf cette constatation. Ses épaules semblèrent peser une tonne, Lysandre ne se sentait pas d’avaler la moindre gorgée d’infusion tant elle se sentait lourde. Comment désormais accomplir sa Mission ? L’Hirune avait l’impression d’être une statue de pierre, incapable de lever une main pour prendre le gobelet.

« La Conseillère Tehanii n’aurait jamais permis qu’on fasse tuer les Elus, elle a la foi en votre Dieu et en la Prophétie. Je ne connais pas non plus ceux qui dirigent les Dissidents, mais s’ils sont des Assassins, comment certains voudraient les voir introniser ? » La conviction l’avait allégée. Ragaillardie par sa réflexion, elle fronça les sourcils et afficha clairement une mine plus furibonde. Tuer était peut-être une habitude pour les Ilédors, mais il s’agissait d’une Olarile, vipère ou pas. Le meurtrier devrait subir la Justice des Ilédors, mais plus encore, celle de son peuple.

« Tu en connais ? »
Fit-elle bientôt, presque agressive. « Des Dissidents, tu en connais ? » Elle eut un mouvement de menton. Faire justice soi-même n’était pas une coutume Olarile, et elle n’en avait pas le droit, malgré l’envie. Céder à la rage jusqu’à tuer elle-même n’était pas possible, elle n’en avait pas le droit : mais trouver l’assassin pouvait être une vengeance assez acceptable.





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Sieben Raetan
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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Ven 26 Aoû - 7:05

« La Dissidence est un mouvement clandestin. Voilà la réponse à votre question. »

Si l’on apprenait qu’il avait balancé un nom, n’importe lequel, et le Mouvement avait les moyens de le savoir, les jours de Sieben seraient comptés. Bien que la vie soit tout d’un coup beaucoup plus bouchée et que l’avenir devienne un concept, l’aubergiste n’était pas non plus prêt à mourir. Surtout de la main d’amis.

Il songea néanmoins à essayer de plaidoyer en faveur de l’Al’faret, mais y renonca : la Dissidence n’avait pas besoin de justification, et plus il prendrait la défense du Mouvement, plus il serait soupçonné. Peu de bénéfices pour beaucoup de risques. A l’Al’faret de démentir par lui-même et d’être cru. Les simples membres eux devaient se la fermer et agir. Sieben en avait trop dit.

« Lis a été victime de la Cour, voire d’Isle tout entier. Il n’y a pas besoin d’être un assassin pour être dérangé par l’arrivée d’une reine étrangère aux côtés d’Ysor, et il y a bien assez de bigots dans cette ville pour se croire décerné une mission sacrée. »

En vérité, il y avait bien peu de fanatiques violents dans la religion de Therdone. C’était une religion qui confondait piété avec forte volonté, du moins dans les basses couches, aussi était-t-il parfois normal d’intégrer la violence à Therdone, sans pour autant que ce soit systématique. On prônait rarement l’étendard de Therdone dans des émeutes.

« Ou bien de nobles obsédés par la pureté du Trône. »

Il n’était pas un homme dans cette ville qui ne craignait l’arrivée des Révolutionnaires dirigés par la branche cadette des Olarii, certains craignaient encore davantage les Olarils car ils étaient de la branche principale. L’affront d’une olarile sur le trône des Arlanii pouvait être encore plus fort quand on considérait que c’était un compatriote Olaril qui était le chef civil de la Révolution qui grognait aux murailles, coupant la ville de ses approvisionnements d’articles de luxe.

« Ou bien de racistes qui ne supportent pas les étrangers quoi qu’il arrive. Nous sommes un peuple qui écrase d’autres peuples vous savez. »

Les barbares de l’est, les petites nations sur les franges d’Isle… balayés lors de la naissance des Illédors. Les illgéraxans : il avait fallu quelques siècles, mais les créatures avaient été elles aussi réduites à presque rien. Il ne restait guère que les nomades du Sud, qui disposaient de territoires dont personne ne voulait, et prenait bien garde à rester dans les lignes. Les Illédors était le Peuple Roi, chaque homme et femme du continent le savait.

« Nous sommes des illédors, nous sommes parfois difficile à comprendre. »

Comparé à la simplicité franche des Olarils, c’était particulièrement visible. Comment penser qu’ils étaient seulement cousins ?

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Lysandre Hirune
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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Lun 29 Aoû - 16:52

Lysandre ne savait ce qui la rendait réellement nerveuse. Elle avait pris conscience de Sieben, de ce qu’il représentait, pour Liiken, pour Sorastrata, et elle devrait peut-être faire de même ; Mais peut-être que leur impossibilité à converser autrement qu’en se contredisant était suffisant à la rendre moins amicale. Elle ne demandait qu’à avoir des réponses, et après tout, l’Aubergiste n’était pas tenu d’en avoir, tout Ilédor qu’il soit.

Pour autant, il pouvait avoir raison : n’importe quel Ilédor désireux de voir le trône rester cent pour cent Arlanii, sans l’apparition d’une Olarile pour salir le tableau, pourrait avoir envie de faire disparaître la Future Reine.

« N’importe qui ne peut pas être assez adroit pour assassiner Lis, alors que tous les regards étaient sur elle hier soir, et échapper à autant de gardes. » Elle soupira, son souffle laissant la fumée de la tisane voler. Que penser de tout ceci ?

Elle aurait sans doute mieux fait de ne pas lui adresser la parole, et de se contenter de monter dans sa chambre ; l’éloignement de sa Grand Mère lui pesait, mais Lysandre n’avait pas la force d’aller le lui dire. Ca, Nydearin toujours un étranger et des problèmes plus vastes encore qui concernaient le Chef Olaril, l’Hirune n’avait pas souhaité s’isoler encore une fois. Les deux hommes commandèrent une nouvelle pinte chacun, d’une voix haute.

Ce temps libéré lui permit de s’accouder et de se passer la main sur le visage. Il ne serait pas possible de déterminer ce soir le coupable, et peut-être ne saurait-on jamais : elle savait bien que le Gardan Edorta avant Ysor, son frère aîné même, était disparu dans des circonstances pour le moins étranges, et à l’heure actuelle, on ne savait toujours rien de sa mort. Serait-ce de même pour Lis ? Serait-ce la même personne ?

Le Crieur avait annoncé que l’Al’Faret était un assassin... Aurait-il les compétences nécessaires pour porter atteinte à Lis et pour filer sans qu’on puisse l’attraper ? Si tel était le cas, et de n’importe qui qu’il s’agisse, avoir de telles capacités était effrayant... Qui pouvait se prétendre à l’abri ?
Mais dans ce cas, pourquoi avoir tué la Diantha, et pas directement Ysor, puisqu’il semblait réclamer le trône ? Lysandre soupira longuement, la fumée de l’infusion lui chauffant le visage avec une certaine douceur. Elle se sentait moite, sale d’avoir marché dans la boue du campement, elle rêvait d’un bain dans une rivière fraîche au courant vivifiant. Elle n’aurait qu’une baignoire...

Sieben était revenu derrière son comptoir, et avant qu’un silence ne vienne les séparer, l’Hirune haussa les épaules. Elle souhaitait changer de sujet, ignorant déjà ce qu’elle devait penser de lui. Autant ne pas agraver les choses... La Chasseresse n’avait aucun autre endroit où aller.


« Il reste des bacs d’eau chaude ? » Elle désigna la grande pièce sur l’arrière de l’Auberge, servant de salle d’eau. La porte ouverte indiquait qu’aucun client n’y était. « J’ai besoin de réfléchir au calme. » Et au chaud... un peu de vapeur l’aiderait sans doute.





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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Jeu 8 Sep - 8:23

« Hm. Je vais voir. »

Il mit son torchon sur l’épaule, et d’un pas assez lourd disparut dans la salle de bain. On l’entendit racler le sol, bouger des meubles, puis sortir dehors faire grincer la pompe. Au bout de quelques minutes où on pouvait suivre la moindre de ses actions à travers les murs de la finesse d’une planche entre la grande salle et la salle de bain, Sieben revint enfin dans la grande salle, le torchon toujours sur son épaule.

« Quelques minutes et ce sera bon. »

Il alla ramasser sa tasse pour la laver, comme d’habitude, et remarqua qu’il ne l’avait pas tout à fait fini. Il l’avala cul sec, grimaçant un peu à cause de la chaleur résiduelle. Debout, voyant en plongée Lysandre qui ne s’en sortait pas de ses pensées, il chercha quoi dire dans le fond marron de sa tasse :

« Je voudrais vous poser une question : je sais que c’est quelqu’un de votre peuple, et que son enfant à venir promettait beaucoup, mais pourquoi est ce si important ? »

C’était une question quasiment polémique, posée comme ca. Sieben tenta de rattraper comme il pouvait :

« Je veux dire, quel que soit ce qui se passe, qui finira sur le Trône, qu’il s’agisse d’un Arlanii, d’un Olarii, ou d’un Olaril adopté, vous pensez sincèrement que ca pourrait changer quelque chose dans les rues ? Ce qui se passe au Palais reste au Palais. En dehors de ses murailles, c’est un autre monde qu’Il ne contrôle que partiellement. La mort de Lis Diantha est regrettable, elle a un côté abject, mais elle ne change rien par ici. »

En tout cas, elle n’affectait que très peu Sieben Raetan, l’aubergiste du Ceste Clouté. Il ne savait pas ce que l’avenir lui réservait, mais il s’enfonçait de plus en plus dans un fatalisme morne et assez dangereux : si jamais il y avait des remous dont il était la victime, il quitterait cette terre sans laisser de traces. Quand on est que des fourmis sous le soleil, anonymes et tout juste vivantes, à quoi bon se torturer pour la mort des autres ?

Il quitta des yeux la tasse et repensa au bain qui était en train de chauffer. Il fallait savoir si l’olarile allait tolérer la présence d’un homme alors qu’elle était quasiment nue, ou bien si Sieben devait appeler Melyor dès maintenant. Chez les illédors, c’était assez mal vu, mais les olarils étaient plus libérés. Se dandinant à moitié d’un pied sur l’autre, l’aubergiste demanda gêné :

« Hm… qui doit vous verser l’eau chaude pour votre bain au fait ? »


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Lysandre Hirune
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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Mer 21 Sep - 17:46

Lysandre releva les yeux immédiatement alors que l’Aubergiste évoquait la mort, sans résonnance, de Lis Diantha. Elle était choquée par ces paroles ; d’abord parce qu’elle avait une nouvelle preuve, inutile mais poignante, qu’Ilédor et Olaril n’avait pas le même respect de la mort… Ils étaient si nombreux que perdre l’un d’entre eux n’était rien. A peine un grain de sable sur une des immenses plages du Delta du Raun… Les Olarils se connaissant tous, presque tous cousins, certes pas tous amis mais toujours connaissance plus ou moins proche, apprendre le décès de l’un d’eux était un trouble. Certes, elle ne pleurerait pas la mort de Lis. Mais elle pouvait se désespérer de la perte de ses enfants… Et de ce qu’ils représentaient.

L’Hirune avait cependant pris conscience que Sieben était totalement désenchanté ; et c’était sans doute normal pour quelqu’un qui traversait une période délicate de sa vie. Du moins était-ce qu’elle analysait des on-dits qu’elle avait pu percevoir ça et là. Les Olarils avaient toujours apprécié les cancans… Mais Lysandre n’avait pas eu le temps, et l’envie d’ailleurs, de s’y intéresser. Elle lui était reconnaissante d’être l’un des soutiens des Olarils de part sa position d’Aubergiste, mais cela s’arrêtait là, d’autant plus depuis l’incident tragiques des enfants de Liiken.

Elle fronça cependant les sourcils. Comment lui expliquer ? La Chasseresse n’en avait pas non plus envie… Elle estimait que c’était inutile : ils ne tomberaient pas d’accord. Alors qu’elle était prête à se battre et à croire au changement de son Destin, Sieben paraissait blasé de tout et fataliste. Il ne croyait pas en l’avenir, et en leurs capacités, à tous ou au prochain Gardan Edorta, à changer les choses. Pourquoi le croirait-il ?

« Vous ne croyez pas en la Prophétie ? » Il était pourtant étonnant qu’un Ilédor ne soit pas fermement adorateur de leurs Oracles, et de leur Dieu. Lysandre ne savait pas encore se prononcer sur Therdone, alors qu’elle ne pouvait s’empêcher de prier encore ses Dieux Olarii du passé. Par habitude ou par foi, elle gardait en elle le besoin de louer Hésione et depuis qu’elle avait rejoins la Révolution, pensait bien plus encore à Bakarne. Elle savait que sa Descendance serait sur le trône, elle l’avait promis à Laclaos et donc à son aieul direct…
Mais ceci, elle n’avait pas à le dire à Sieben. Il n’avait pas à savoir cela, il n’avait pas à être au courant des écrits des Tables d’Olaria et de son pacte avec l’ancien Chef.

« Penser que rien ne changera est le meilleur moyen pour qu’en effet, rien ne change. La Révolution veut renverser cette dictature injuste de la Capitale, et réduire les inégalités. » Elle n’avait aucune crainte à avoir à s’annoncer clairement pro-Révolutionnaire. Tout le monde savait que la Chasseresse l’avait rejointe, c’était évident. Elle n’avait rien à craindre et elle aurait été arrêtée depuis longtemps si le Palais avait voulu la voir pendue. Elle était convaincue que Vanhilde Tehanii, toute abjecte et méprisante soit-elle, interdirait qu’on touche aux Olarils… Ils étaient les Elus. « Les fils de Bakarne sont destinés à libérer votre Peuple. Comme le disent les Paroles Divines. Les enfants de Lis Diantha auraient été ceux que vous attendez ; et quel meilleur moyen de tirer un trait sur des siècles d’injustice que de choisir pour Roi quelqu’un qui n’a pas pour modèle un régime corrompu et totalitaire ? »

Les Olarils avaient toujours vécu simplement, sans noblesse… Mais ils avaient été heureux et le meurtre ne souillait pas leurs vies. Même si Lysandre était convaincue, au fond d’elle-même, qu’un Olaril ne pouvait gouverner un peuple si différent du leur, elle était persuadée que l’éducation combinée des coutumes Ilédores et Olariles ferait des enfants de Lis le Gardan Edorta idéal. Capable de faire table rase du passé et de construire une nouvelle ère de paix et de gloire pour tout Isle.

Biensûr, dans cet avenir bienheureux, elle ne voyait pas sa place… Mais qu’importait, après tout ? Si elle n’avait jamais eu l’intention de se sacrifier pour sa cause, à mesure que passait le temps, elle essayait de se résigner. Son rôle était désormais réduit à celui de modeste Révolutionnaire, avec pour seul but, celui d’éduquer le futur Roi pour qu’il soit juste envers les Olarils et qu’elle ait rempli la mission donnée par Laclaos…
L’Hirune soupira et acquiesça lentement. Un bain serait agréable. Oui.

« Vous. Qui d’autre ? » C’était une question qui n’attendait aucune réponse. Les Ilédors et leur morale… Elle les trouvait capable des pires injures, ils pouvaient s’entretuer, mais étaient infichus de se tenir dans la même pièce qu’une femme qui prend son bain, par peur des principes puritains de leurs éducations. Il fallait vraiment qu’elle puisse élever les enfants de Lis ! Sans quoi ils seraient de parfaits Ilédors, pleins de complexes et de paradoxes absurdes !
Elle se redressa et sentit les muscles de ses cuisses se tendre… Elle pensait encore aux Enfants comme s’ils étaient vivants. L’équilibre lui manqua et elle réussit habilement à ne rien laisser paraître, se mettant rapidement en marche vers la salle d’eau. Jamais elle ne regretterait cette chienne de Prêtresse de Bakarne, mais elle était indispensable pour la Prophétie. Pour leur avenir ! Le désespoir la reprit immédiatement à cette pensée.

Désormais, Lysandre n’avait qu’une seule envie : que l’Aubergiste verse l’eau chaude et s’en aille, pour rester seule. Elle pénétra dans la salle qui sentait l’humidité, retira la lourde boucle de sa ceinture, les sangles qui nouaient ses bottes, sa tenue de cuir usagée, sa manchette, ses dessous. Sa peau était visiblement salie par sa journée, riche en émotion et en crapahutage… Elle n’était pas mécontente de pouvoir enfin frotter de sa peau et de ses cheveux cette odeur omniprésente des malades Révolutionnaires.
Elle enjamba le rebord du baquet et s’y accroupit, pour s’asseoir en prenant soin de ne pas glisser.





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Sieben Raetan
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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Ven 23 Sep - 9:27

Très professionnel, Sieben versa l’eau chaude sans broncher devant la nudité de l’Olarile, qui avait effectivement un cachet exotique qui n’existait nulle part chez les Illédors. Pas vraiment belle, surtout pas pomponnée, mais une femme, une vraie ! Elle appartenait à quelqu’un d’autre, il le savait, ce quelqu’un ruminait sans cesse dans une des chambres sans en sortir… Du reste, il la laissait à celui-là : ses relations avec les femmes étaient déjà suffisamment chaotiques en ce moment.

En rassemblant les affaires à portée de main, il déballa sa réponse préparée entre temps. Alors qu’il empilait le savon, la brosse et la serviette, Lysandre put entendre :

« La corruption vient autant de la société que du pouvoir. Pour réformer la société, pensez-vous vraiment qu’une brute illédore ou un ét… »

Ce n’était pas judicieux de les traiter d’étrangers. Leurs détracteurs les traitaient d’étrangers, et ce mot chez les illédors convoyait bien des notions négatives, était limite une accusation de divers délits et crimes, à commencer par celui d’être présent sur un sol qui n’était pas le leur.

« olaril qui ne connait pas notre société fera des miracles ? Assurément, ce serait un dieu en effet. »

Oui, il y avait la prophétie. Il y avait la religion. Et il y avait la vie à côté. Le respect qu’éprouvait Sieben envers les olarils ne venait pas d’une crainte sacrée de la parole des Oracles, qui étaient des saints hommes (et femme) il le reconnaissait trois fois, mais d’un sincère sentiment de sympathie pour eux. Therdone devait élever ce peuple à la tête de l’Etat ? Que Therdone le fasse, Sieben n’était qu’un homme.

La religion de la Volonté avait bien des aspects inhumains, à commencer par le fait qu’elle figeait la société : elle exagérait la puissance des Grands et écrasait la médiocrité des Humbles. « Chacun mérite ce qu’il a, vous n’avez qu’à vouloir pour avoir » disaient-t-ils. Si vraiment c’était le cas, s’il suffisait de vouloir pour avoir, alors le quartier des Humbles vomirait des tholens. Therdone était indéchiffrable et inaccessible, Il avait ses propres plans… et Sieben n’arrivait pas à lui faire totalement confiance.

L’aubergiste était croyant, et ne comptait pas changer sur ce point, mais il était tiède à ce sujet, et la foi n’a pas de foyer chez les gens tièdes. Toute liturgie, toute lieu de culte et toute prophétie se nimbait alors d’un voile de poussière. Oui, il préférait croire davantage en l’action d’un homme charismatique que dans une prophétie qui serait certainement réalisée, mais qui venait de la mauvaise direction. Le Clergé de Therdone n’était pas un foyer de changement, tous le savaient.

« Attendons, et nous verrons. Travaillez donc à ce que les olarils finissent sur le trône, je m’occuperai de moi pendant ce temps. Et de mes amis. Une fois que les conservateurs seront chassés, nous verrons bien si Therdone insufflera à notre pays assez de volonté pour changer. »

Et pourquoi pas après tout ? L’important était qu’il y ait un avenir, quelconque, et ce ne serait pas Sieben qui en tuerait le messager. En revanche, peut être que celui qui avait tué Lis l’avait fait… Chacun son chemin, on verrait bien lequel serait le bon avait-t-il envie de dire, mais il ne souhaitait pas insister davantage sur leur différence de positionnement.

« Bien. Je vous laisse ? »
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Lysandre Hirune
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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Mar 27 Sep - 20:42

Décidément, l’Ilédor n’était pas du tout fait pour s’entendre avec l’Hirune. Il était clairement contre les Révolutionnaires et lorsqu’il insulta Beltxior, elle fronça très ostensiblement les sourcils. Elle tâchait de ne manquer de respect à personne, et qu’il se permette de traiter l’Olarii de brute, que ce soit réel ou non, n’était pas correct. Du moins le prit-elle bien mal, et s’efforça de garder les mains fermement ancrées sur le rebord de la baignoire pour se retenir un geste déplacé.

L’eau chaude sembla la calmer quelque peu, et l’épaisse vapeur qui envahit la pièce lui permit, au moins, de ne plus avoir à contempler le visage de l’Aubergiste, qui par sa simple présence, l’agaçait. Elle craignait que cette conversation ne soit le différent d’opinion qui marque la fin de leur collaboration au Ceste Clouté. Plus elle y réfléchissait, et plus elle souhaitait quitter cet endroit où elle ne se sentait pas à sa place, pour rejoindre le Campement Révolutionnaire.

Mais bien vite, ses pensées revinrent sur Sieben, et sur son opinion politique. Il n’était donc pas Révolutionnaire, c’était certain, il ne paraissait pas très religieux ce qu’elle déplorait et mettait sur le compte de la décadence Ilédore –encore un exemple- : il ne semblait plus croire en rien. C’était évident qu’il n’appréciait pas le pouvoir en place, et ne semblait pas croire en la Prophétie. Il ne voulait pas d’un Olaril sur le trône, c’était certain. La colère accentuait sans doute la chaleur de l’eau qui faisait rougir sa peau, mais elle fit preuve de raison, et ne tenta rien d’irréfléchi, qu’il s’agisse de hurler son désaccord ou de lui coller un coup de poing.

Il remettait donc au cause la capacité des Révolutionnaires à être de bons Rois, tout comme il rejetait le Conservateurs. Et il avait plus ou moins pris la défense des Dissidents, lorsqu’elle les avait attaqués après l’annonce publique du Crieur. L’Aubergiste semblait plus proche de ce parti qu’un autre, s’il était capable d’être enthousiaste pour quelque chose. De toute évidence, la conviction n’était pas en lui, et la Volonté non plus. Dans un tel cas, elle se demandait quelle était sa place parmi les Ilédors… Sans doute avait-il déjà de la chance d’être Aubergiste, avec si peu de volonté… Qu’importait ! Il avait certainement ses raisons, et Lysandre n’en avait que faire.

Elle acquiesça à sa dernière question, mais elle se rendit compte qu’il ne pouvait sans doute pas distinguer clairement son visage, avec toute cette vapeur. La Chasseresse laissa un « oui » s’élever, s’apparentant plutôt à un grognement. Qu’il parte, lui et sa mauvaise humeur et son scepticisme, elle avait déjà fort à faire avec ses propres problèmes pour se soucier de ceux d’un Ilédor sans idéaux.

Lysandre entendit la porte se refermer avec une pointe de soulagement. Pourtant, elle enrageait silencieusement, en s’enfonçant dans l’eau chaude. Comment réussiraient-ils à insuffler la Volonté du Changement si tous ces Ilédors étaient comme lui ?! Et comment changer durablement les choses avec un peuple aussi apathique ?! Elle chercha une échappatoire en plongeant sa tête sous l’eau, les sons devenant de lointains échos cotonneux. Ouvrant les yeux, elle observa quelques instants ses cheveux qui ondulaient devant elle, en regrettant le courant vivifiant d’une rivière… Les Ilédors étaient comme l’eau de leur bain. Elle paraissait chaude et pleine de promesse, mais en réalité, on était vite déçu par le calme et le manque de naturel… Elle soupira, laissant échapper un filet de bulles de ses lèvres et ressortit la tête de l’eau.
A temps pour entendre le loquet d’une fenêtre se déverrouiller de l’extérieur…





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Keefe Logaro
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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Mar 27 Sep - 22:41

D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais remis en question le caractère paradoxal de croire et au destin. Du moins, sans remettre en question le caractère définitif de ce dernier. Prenons un exemple au hasard : Un jeune homme subversif, voleur de soupire (d’origine féminine si besoin est de préciser), âme charitable au grand cœur prêt a vous délester de votre bourse si pesante…Bon…Moi. De la noblesse à la garde en passant par la racaille, il ne ferra aucun doute que ma destinée ressemble a un caniveau emplit de mon propre sang.

Pourtant ma Volonté me permet encore et toujours de vivre un jour de plus !

A moins que la Destinée est un sacré sens de l’humour. Ce qui serait loin de m’étonner. Après tout, quelques jours plus tôt, j’avais réussi le tour de force de survivre à une chef Olaril et comble de la soirée, d’avoir réussi a la convaincre de se laisser pénétrer par notre culture …Tout ca pour terminer cul nu dans les couloirs, essayant de relever maladroitement mon pantalon, poursuivit par une bande de garde que le zèle avait rendu ivre de Justice. Bien sûr, inutile de préciser que cette dernière serait aussi Sanglante que Péremptoire…Et que dans le même registre, il s’agissait bien là de la preuve d’une incompétence flagrante qu’on cherchait à dissimuler de la meilleure façon qu’on pouvait : Courir dans tout les sens, parler très fort et essayer de trouver un bouc émissaire.

Tout cela pour arriver à aujourd’hui. Coincé entre deux ruelles à essayer de grimper sur des caisses instables. Vous me demanderez certainement pourquoi ? Les dettes de jeu faisant partit de mon fond de commerce, un marchand eut la merveilleuse idée de troquer cette dernière contre des informations de dernière minute…A savoir qu’un homme en manque de liquidité cherchait à ce débarrasser de bijoux. Je n’avais pas son nom et c’était bien ce qui m’avait mit la puce a l’oreille. Un voleur s’en serait débarrassé sur le marché noir de manière plus discrète. C’était donc quelqu’un de relativement riche ou du moins qui devait en connaitre une. Ce qui me donnait une très bonne raison de fouiller sa chambre en quête d’indice plus révélateur. J’espérais un scandale qui avantagerait le mouvement dans le meilleur des cas, ce qui aurait amélioré ma réputation…Et au pire, j’espérais pouvoir offrir à une nouvelle maitresse quelques pièces de valeur ce qui aurait aussi nettement amélioré ma réputation.

Le seul accroc, c’est que je ne pouvais pas me permettre d’attendre la nuit ou de passer par l’entrée. Dans le premier cas, mon oiseau aurait peut être été assez intelligent pour changer d’auberge et pour le second, je ne voulais pas risquer de me faire reconnaitre. Dans tout les cas, une volée de juron s’échappa de mes lèvres. Alors que le loquet d’une fenêtre céda enfin sous mes doigts experts, je perdis bêtement mon équilibre, légèrement déstabilisé par la chaleur de la vapeur d’eau qui s’échappa soudainement.

Je me rattrapais au rebord tant bien que mal pendant que les caisses finissaient de s’abimer plus bas. Un effort méritoire pour mes pauvres petits bras, plus habitué a faire valser les dames qu’a jouer les crapahuteurs de seconde zone. Malgré tout, j’arrivais par me hisser dans la pièce, agitant doucement la main le temps que je m’habitue a la vapeur. Je détestais qu’on me dérange dans mon bain, je voulais essayer tant bien que mal de rester discret…Du moins jusqu'à ce que mes yeux ne rencontrent les siens.

La destinée avait un sacré sens de l’humour…Hein ?

Le souvenir de cette peau contre la mienne…De cette soirée qui m’avait fait passé de longues heures dans un bain glacial pour engourdir mes sens revenait brutalement en mémoire…Laissant un goût d’inachevé et de malaise. Après tout, ne c’était elle pas laissée simplement grisée par le moment et par le bel inconnu a son bras ? A froid maintenant, avoir le même homme en face de soit, manifestement pas le plus honnête qui soit pour passer par une fenêtre ( a moins d’avoir perdu ces clefs ?), et dont le dernier souvenir que vous ayez soit de la frustration. Personnellement, je n’aurais pas été choqué d’entendre un ravissant hurlement rien que pour se venger de cette nuit ratée.

En d’autre terme, il était temps de faire appel à cette étrange capacité masculine à trouver des excuses foireuses, a inventer une histoire aussi rocambolesque qu’invraisemblable, voir essayer de détendre l’atmosphère d’un trait d’humour. Mes yeux basculèrent de gauche à droite, à la recherche d’une bouée de sauvetage…

« Euh…C’est moi ? »

…Ok. Question inspiration, j’avais eu de meilleurs jours. Je mis nonchalamment une main dans mes poches en affichant l’assurance d’un veau qu’on menait à l’abattoir. Mes mains se mirent machinalement à faire de grand mouvement, ponctuant les mots qui franchirent rapidement mes lèvres.

« Alors en fait, on va la refaire. Je vais retourner dehors, je vais aller acheter quelques fleurs et je vais revenir avec une échelle histoire d’éviter de me vautrer cette fois. Dans un second temps, si vous avez décidé de pas me balancer un quelconque objet contondant ou envoyé la garde à mes trousses…Je mettrais l’accent sur la Destinée, sur votre beauté et votre corps qui éveillerait le désir même chez le plus importants...Pas que j’oublie de parler de vos qualités bien entendu ! Enfin je pourrais peut être vous rejoindre dans le bain à moins que vous ne préfèreriez que je ne vous lave entièrement ? Un massage peut être ? »

Oui. Certain diront que je suis un grand optimiste quand d’autres diront que même dans la pire des situations, mes premières pensées iront au beau sexe. Mais qu’est ce que vous voulez, on ne se refait pas. J’ajoutais avec un lueur espiègle dans le regard.

« Je sais me montrer particulièrement reconnaissant vous savez ? »
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Lysandre Hirune
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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Mer 28 Sep - 17:09

« Toi ?! »

Lui ?! Lysandre ne savait pas exactement ce qu’elle ressentait en voyant la mine de son Cavalier se distinguer derrière la buée épaisse qui se dissipait avec l’ouverture de la fenêtre. Elle avait immédiatement laissé son agacement lié à la conversation avec Sieben se transformer en hargne quand elle avait entendu le loquet se lever : si un avorton avait décidé de jouer les voyeurs, elle était prête à le recevoir et il lui aurait été facile de sortir du bain pour attraper la Lame des Dieux et menacer l’intrus.

Elle allait bouger lorsqu’elle avait reconnu le visage de l’homme qui l’avait accompagné au Bal des Fiançailles. L’Hirune pensait passer une soirée exécrable, et elle avait été agréablement surprise par les mœurs du jeune homme, pas si Ilédor que ça, finalement. Malheureusement, ils avaient été dérangés par le chaos de la salle de Bal, et le Meurtre de Lis avait bouleversé leurs plans communs. Les Olarils aimaient les jeux de séduction, mais comme tout être vivant, être coupé dans son élan n’était jamais agréable. La frustration avait pourtant été largement évanouie face à l’ampleur et aux dimensions que prenaient les événements.
Elle avait totalement mis de côté les sensations inachevées et la joie de la soirée la nuit qui suivit, et toute la journée ensuite… L’Assassinat de Lis, la remise en question des Héritiers qu’elle portait, le Campement Révolutionnaire, l’infection de l’eau … Elle avait été happée dans une actualité brûlante, qui lui avait fait oublier à quel point elle avait apprécié l’instant…

Lysandre sembla mettre du temps avant de perdre l’expression interdite, entre la surprise méfiante et l’agressivité naturelle dont elle savait faire preuve quand elle se sentait en danger. Pourtant, ces ressentis n’avaient pas lieu d’être… Mais il restait la première question qui lui vint en tête le coupa net dans ses propositions de massages.

« Que fais-tu ici ?! Tu rentres dans les Auberges par les fenêtres ? » Sa voix était entre le sourire et un soupçon de reproches. Lysandre avait immédiatement pensé qu’il était là pour elle. Un profond désir que ce soit effectivement le cas l’envahissait, de ces attentes de jeunes filles touchées par les attentions masculines, prêtes à croire des histoires farfelues en étant convaincue qu’elles se mentaient volontairement. Pourtant, elle avait passé l’âge de ces fadaises, et la Chasseresse savait aussi s’amuser des coïncidences…

Il n’avait rien perdu de son bagou, et Lysandre se mit rapidement à sourire, puis à laisser échapper un petit rire. L’air devint plus respirable, moins oppressant, et le filet d’air frais du dehors fut salvateur. En se callant bien mieux dans la baignoire elle eut un mouvement vif du menton.

« Et comment as-tu fait pour ne pas te retrouver en prison après notre fuite dans les couloirs pleins de Garde ? » Elle dut faire preuve d’un grand effort pour se souvenir de son prénom… Le lui avait-il seulement donné ? Oui ! Keefe, elle se rappelait. Bien qu’elle ait un rappel plus net du goût de la peau.

Toujours un peu méfiante, cependant, Lysandre ne savait si elle devait ou non l’accueillir comme un ami, un vieil amant ou un Ilédor plutôt louche. Elle savait néanmoins qu’elle était capable de se défendre en cas de problème. Nue ou pas, les Hirune ne se gênaient pas pour si peu.





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Keefe Logaro
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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Mer 28 Sep - 19:29

Difficile de mettre de côté les réminiscences de notre première rencontre…Il y avait un air de déjà vu à sentir la tension qui comblait les silences entre nous. Je notais cependant qu’elle était nettement moins sur la défensive ce qui était déjà très appréciable…Et en parlant de chose que j’appréciais, je savourais cette ironie qui nous poussait l’un vers l’autre dans des situations loin d’être conventionnel. C’était loin d’être désagréable et je me surpris à me demander ce que pourrait donner une nouvelle ironie du destin.

Mais avant de penser au futur, des points de détails attiraient mon attention. Même si elle avait baissée sa garde, elle n’avait pas montré le moindre intérêt ni montrée le moindre signe d’hostilité. Ma situation était elle encore en suspend ? Désirait-elle se jouer de moi pour me faire payer l’affront de ne pas lui avoir fait honneur ? Voulait-elle au contraire laisser la porte à la séduction ? A moins qu’elle ne réfléchissait qu’à une douce vengeance ? Allez savoir pourquoi, je pouvais la voir très nettement me demander de partager son bain pour mieux lui permettre de s’enfuir avec mes vêtements.

Fantasme ?

Cela ne m’aurait pas étonné, surtout de ma part. Après tout, il y avait une femme nue à moins de quelques mètres de moi et il n’y avait toujours pas eu la moindre interaction physique ! Voilà un crime s’il en était un…Sacrilège même ! Voilà tout le problème d’embrasser la carrière d’un amateur de jolie damoiselle. A moins que les deux questions qu’elle posa me préoccupaient au plus haut point. D’une part, parce qu’aucune des réponses lui plairait certainement…Et d’autre part, certain détail était loin d’être glamour ou particulièrement héroïque.

Comme on dit dans mon métier, enjoliver la vérité n’est pas forcement mentir. On ne faisait que rendre les choses plus intéressantes. Et avec un sourire comme le sien, c’était tout aussi criminel de ne pas le voir plus souvent. Enfin j’avais beau penser cela, j’étais tout de même assez anxieux même si j’essayais de rien en laisser paraitre. Encore un point commun à toutes nos entrevues. Mon cœur avait du mal à savoir s’il battait au rythme de la luxure ou étreinte par la terreur…De passer à côté d’une si belle occasion.

« Comment aurais je pu aller en prison ! »


Mes pas me rapprochèrent d’elle et lentement, je me mis à genoux derrière elle, commençant par caresser son épaule et expirant mon souffle chaud au creux de son cou, mes lèvres si proches de sa peau…

« Les gardes étaient tellement stupéfait de tomber sur un homme a la virilité si impressionnante qu’ils en sont restés pétrifiés ! Je suis donc passé triomphalement par la grande porte, mon pantalon sur mon avant bras. Les plus intelligent d’entre eux auront probablement comprit que dans mon état, j’avais un délicieux alibi »


…qu’elles finirent par effleurer sa peau pour y laisser un baiser. Mes doigts plongèrent dans les eaux pour la caresser pour lui rappeler leurs bons services. Ils restèrent bien sagement sur son ventre, ces côtes ou tout autre endroit qui lui donnerait envie que j’aille l’explorer plus avant.

« Quand à mes excursions dans les auberges, je trouvais cela trop ennuyeux de passer par la porte ! »


Je ris doucement, la prenant dans mes bras…Le cœur explosant ma poitrine, espérant ne pas aller trop loin trop rapidement…Mais dans le même temps, ce sentiment de danger attisait les flammes de mon désir d’elle. Cette vague impression de la rencontrer pour la première fois à nouveau…Ce sentiment de distance et de proximité a la fois la rendait encore plus attrayante.

« Les aubergistes ne sont jamais bien bavard quand à la population qu’ils considèrent comme une clientèle…Il fallait bien que je vous retrouve. Je ne pouvais pas uniquement compter sur ma Destinée pour cela…J’aurais trouvé cela trop long, trop déchirant d’atteindre sans rien pouvoir faire d’autre que d’imaginer la sensation de partager…Un instant de gaité ? De vous voler quelques soupirs ? De vous ensorceler pour ne plus penser qu’a ces instants là entre nous ? »

Pieu mensonge et demi vérité…Mais il y avait toujours des mensonges auquel on voulait toujours croire. Avec un peu de chance, ce chapitre était clos pour le moment. Avec une certaine malice, je posais mon menton sur son épaule.

« Une autre question ? »


Oh oui, une autre question : Pourquoi n’étais je pas encore tout nu dans son bain ? C’était plus agréable que de repenser à la course poursuite dans le palais et la partie de cache cache que j’avais mené. Une dizaine de bain avait été nécessaire pour qu’enfin disparaisse l’odeur de terre, de transpiration et encore bien d’autre qui c’était collé a ma peau…
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Lysandre Hirune
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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Mer 28 Sep - 21:10

Il semblait agir comme un Général en terrain conquis, sans doute là une particularité Ilédore, à se croire tout permis. Elle s’amusait pourtant de constater qu’il s’approchait en parlant avec les mains comme les Garthésia font des manières pour vendre un produit miracle faussement innovant. Elle connaissait, comme la majorité des Olarils, les secrets des rencontres et des conquêtes, des jeux divers, du charme et des petits mensonges pour réussir à amener une femme dans sa couche. Un point commun ?

Elle le laissa raconter son histoire farfelue de grande porte quand elle sentit son souffle sur sa nuque. L’Hirune ne pouvait nier à quel point la proximité d’un homme était importante dans sa vie… Les réminiscences de la veille se firent plus nettes et elle ne put l’empêcher, dès lors, de plonger ses mains sous la surface de l’eau de son bain.
Pourtant, se trouver ici, au Ceste Clouté, lui rappelait la présence de Nydearin et le drame du Bal rendait cet instant bien moins serein. Elle glissa sa main contre la sienne et l’encouragea à rester courtois, remontant leurs deux paumes sur son épaule.

« Oui, une autre question. » Il n’apprécierait sans doute pas qu’elle ne lui demande pas ce fameux massage dont il se vantait, mais la Chasseresse était préoccupée. « Tu as appris que Lis Diantha avait été assassinée ? » Ce n’était pas destiné à avoir une réponse : tous les habitants d’Edor Adeï avaient appris la terrible nouvelle. Du moins… pas terrible pour tous, puisque quelqu’un avait bien souhaité qu’elle périsse. La mâchoire de Lysandre se crispa et elle tourna la tête sur le côté pour réussir à entrevoir son Cavalier.
Elle ne le connaissait qu’à peine, et encore, connaissait plus son anatomie et le sel de sa peau que son caractère ou son mode de vie. Pourtant, si elle avait décelé en lui des différences fondamentales entre ce qu’elle détestait chez les Ilédors et sa façon d’agir bien plus naturelle, l’Hirune pouvait peut-être se risquer à converser. Après tout, si la conversation l’agaçait, elle n’aurait qu’à couper court et à oublier leurs divergences, pour se réconcilier dans l’eau du bain…

« Ah, et arrête ce ‘vous’, ceux de ton peuple vouvoient vraiment leur maîtresse. A moins que tu ne penses que cela ne me charme ? » Ce qui était loin d’être le cas. Sans doute les demoiselles Ilédores appréciaient qu’on les complimente en les traitant comme des étrangères ou de chastes compagnes, mais les Olariles étaient loin d’apprécier ce langage grotesque. Lysandre se tourna alors sur elle-même, se contorsionnant face à une baignoire assez étroite, sans éprouver de gêne lorsqu’elle se dévoilait aux yeux de Keefe ; enfin face à lui, elle s’agenouilla dans l’eau et pencha la tête à sa hauteur. « Si tu arrives à entrer dans une Soirée au Palais alors que tu n’es pas invité, que tu sors sans heurt avec le Guet de ce Bal où tous sont arrêtés, alors tu as peut-être une petite idée de qui voudrait la mort de la Future Reine. »

Elle ne savait pas si ce qu’elle tentait marcherait. En réalité, Lysandre n’avait aucune idée de la démarche à adopter pour qu’il accepte de discuter de ce sujet épineux. Au mieux, l’homme n’avait aucune opinion et se fichait royalement de cet assassinat, comme c’était le cas de Sieben. Au pire, il faisait partie de la classe des petits truands et avait peut-être entendu des choses ? Elle n’était pas au fait de toutes les subtilités politiques et sournoises en place en Edor Adeï, et il saurait peut-être l’en informer.
Lysandre sentait malgré toute la pression que lui imposait la situation actuelle, les enjeux du Meurtre et son incertitude pour l’avenir, ses doutes personnels et ses ambitions, qu’elle ne pouvait rester insensible lorsque son Cavalier l’observait avec des yeux si gourmands. Elle songea avec un sourire discret qu’il ressemblait décidément plus à un Olaril : joueur, complice, naturel en somme. Se savoir désirée était un compliment qui grossissait l’égo et ne la laissait pas indifférente. Mais … le contexte, encore une fois…





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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Mer 28 Sep - 22:49

Difficile de ne pas ressentir de l’exaspération. Etait ce a mettre sur le compte de cette vague d’adrénaline qu’elle avait subitement fait disparaitre ? Il était clair qu’elle ne désirait ni vengeance, ni même être séduite…Du moins, pour le moment. C’était pour le moins frustrant. Presque autant de savoir un trésor a portée de la main et vivre misérablement dans une ruelle sombre, a faire des rêves de noblesse et de reconnaissance…Et quitte a faire, de fantasme orgiastique ! Un noble Ilédor n’était bon qu’à se plaindre et dépenser de l’argent qu’il n’a pas.

Je laissais ma compagne se soustraire à mes bras, la mine sombre. Dans un vague soupire, je haussais des épaules

« C’est ainsi que j’ai été élevé. J’utilise une forme plus soutenue de langage sans vraiment m’en rendre compte. C’est difficile pour moi d’user d’une autre forme. Je veux bien éventuellement faire un effort mais tout travail mérite salaire, non ? »

Je haussais un sourcil avant de m’appuyer sur mes deux bras, vautré sur le rebord de la baignoire. Mes yeux dérivant au gré de mes envies sur le corps de cette femme qui se jouait de moi bien trop naturellement. Je haussais un sourcil en me disant que j’aurais du apprécier. Ce n’était pas tout les jours que je me faisais ainsi mené par le bout du nez ! J’aurais du montrer plus de nonchalance, plus de détachement ! J’étais Keefe ! Enjoleur et Cajoleur ! Cela ne me ressemblait vraiment pas.

Mes lèvres dessinèrent un demi-sourire. Signe que ma Volonté se faisait plus ferme…Du moins, jusqu'à ce qu’elle m’assène un commentaire pour le moins obscur. Mes yeux eurent du mal à ne pas s’étrécirent sur la jeune femme. Ce n’était pas que je paniquais réellement sur le fait qu’elle m’avait peut être percé a jour…Non, c’était un mélange d’appréhension. Elle n’était que le miroir de mes pieux mensonges et je me rendis compte que j’aurais peut être eut plus à gagner à être plus précis dans mes histoires. A moins qu’elle se doutait de quelque chose ?

Non

J’avais plutôt l’impression qu’elle venait de me lancer un appât et qu’elle essayait de me faire tirer les vers du nez. Qu’aurait pu apprendre un Ilédor des bas fonds comme moi ? S’attendait elle a ce que je lui livre l’avis du quidam moyen ? Cette question était vraiment déstabilisante…Mes yeux se détournèrent d’elle un instant alors que je réfléchissais…Que pouvais je dire ? Qu’est ce que j’avais à y gagner ?

Une nouvelle fois, mon cœur s’emballait, mais pas pour les mêmes raisons. Chacun des mots que j’allais utiliser allait provoquer très certainement une chaine de réaction. La peur que j’éprouvais alors, était celle de l’impuissance, l’incapacité à pleinement maîtriser les conséquences de mes futures actions. J’avais cette impression que si je donnais une réponse éclairée, je pourrais peut être gagner son oreille et son attention…Peut être gagner une place de conseiller, ce qui, du point de vue de la dissidence, serait certainement bienvenue.

D’un autre côté, je ne voulais pas risquer que ces doutes viennent nourrir la suspicion que j’étais plus que je ne paraissais. Celle d’un vague charmeur, d’un Ilédor louche à la petite semaine…A force d’être constamment sous estimé, j’arrivais presque à ce qu’on m’ignore. Ce qui facilitait grandement nombre de mes opérations. Peut être qu’avec un peu de chance et en faisant attention, j’arriverais peut être à lui faire croire que j’étais une perle parmi les cochons ? Un talent inespéré sortit de nulle part et dont la loyauté pouvait facilement être assujettie ?

Et puis…Si la dissidence perdait la partie…

Mes yeux revinrent droits dans ceux de ma compagne, laissant planer une lueur d’intelligence. Je fis un effort méritoire à me concentrer sur chacun de mes mots.

« Mettons que j’ai été convié sans vraiment l’être. Il existe des catégories de personne nécessaire et qui pourtant n’attire pas l’attention. On ne nous voit pas, on nous sous estime et pourtant sans nous, une fête se résumerait à une poignée de gens rassemblé au même endroit. »


Je laissais le sous entendu faire son chemin avant de reprendre avec une pointe d’amusement.

« Tout le monde fait attention aux grands de ce monde mais personne ne fait attention à un serviteur de plus ou de moins…Voir à un ménestrel. L’avantage du ménestrel est qu’en plus, personne ne lui ferme sa porte. Il peut voir bien plus de chose qui n’apparait pas forcement aux yeux des gens. Ecrire des ballades demande un sens de l’observation aiguisé et une intelligence loin d’être commune. »

Je passais ma langue sur mes lèvres légèrement desséchées tout en prenant ma main pour en faire un repose tête.

« Mais je poserais ta question différemment : Qui ne voudrait pas la mort de la futur reine. La vie est ainsi faite qu’on meurt pour un oui ou pour un non. Si je devais faire une liste exhaustive, on pourrait déjà partir de son statut de futur reine ? Il en découlerait Rancune et Jalousie a coup sûr…Ajoutez à cela qu’elle est Olaril alors là vous ne vous en sortez plus. Les conservateurs pourraient en vouloir de prendre une telle femme pour reine, désireux de vouloir prendre une souche plus reconnue…Les révolutionnaires pourraient voir leur combat être noyauté par telle reine. »

Je laissais de côté les dissidents. Pas que je les pensais incapable d’un tel acte, bien au contraire, mais simplement parce que toutes les raisons invoqués mettaient en avant le fait que par sa simple présence, Lis mettait dans l’embarra les deux camps. Si c’était un coup de la dissidence, il devait y avoir de très bonne raison…Dont j’ignorais tout. Pour le moment, tout ce que j’avais évoqué n’était que de la rhétorique après tout. Je n’avais aucune information après tout. Mais je savais pourtant en jouer et c’était là le plus important.

Je me penchais un peu plus. L’air joueur.

« J’ai bien sûr quelque chose en tête…Mais je n’ai aucune bonne raison d’aller plus loin dans mon raisonnement pour le moment…A moins que…Tu…me trouve une raison de continuer de parler ? »

J’avais fais un très gros effort. Le tutoiement n’était vraiment pas naturel pour moi…Cela me laissait une impression…De mal à l’aise difficile à décrire. Dans tout les cas, j’espérais que mon hameçon ramènerait la belle dans mes filets.
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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Dim 2 Oct - 15:07

Ainsi, Keefe avait été engagé comme Domestique pour le Bal ? Cela n’avait pas de quoi étonner Lysandre, elle n’était pas au fait des relations entre les valets et leurs maîtres, et déplorait même qu’une partie de la population puisse appartenir et servir une autre, pour ce qu’ils appelaient la monnaie. Ce système était complexe, et très indigne selon elle. Lorsqu’ils habitaient à Arestim Dominae, personne n’était l’esclave de personne, et il n’y avait jamais eu besoin de créer des pièces d’or pour vendre les choses… Il n’y avait ni pauvre, ni riche… Elle retint un soupir.

Cette vie-là, ce système politique, social, économique… rien ne lui convenait. Elle trouvait tout injuste, trafiqué, trop loin de la vie simple des Olarils. Elle évitait soigneusement de se demander comment elle ferait pour vivre jusqu’à la mort chez les Ilédors, si elle avait eu à éduquer les enfants de Lis. Etait-ce, finalement, un bien qu’elle ait été tuée ?
Cette pensée la dégoûta et elle eut, une seconde, le visage convulsé de rage. Elle n’avait pas à penser cela ! Lis avait été tuée ! Qui avait été assez ignoble pour commettre un tel acte ? Un acte si naturel pour les Ilédors… Lysandre se passa une main sur le visage, puis joignit ses paumes en coupelle pour mouiller son front. Toutes ces questions, ces peurs, ces doutes sur l’avenir… Tous ces soupçons, ces intrigues qu’elle ne percevait que trop mal, ces manigances. Dire qu’elle avait eut du mal à supporter la pression de sa nomination en tant que Chef des Olarils. Désormais, elle regrettait de s’en être plainte.

L’Hirune croyait Keefe lorsqu’il annonçait avoir été engagé en tant que Domestique, elle n’avait aucune raison de douter, et de toute façon, elle n’avait pas réellement souhaité qu’il s’explique là-dessus. Ses mots avaient pour seul but le fait de lancer le sujet qui la préoccupait, rien de plus. Il aurait très bien pu entrer en douce en toute illégalité et sortir de la même façon, cela lui était égal. Elle savait, bien sûr, qu’il n’avait rien à voir avec l’assassinat de Lis Diantha, puisqu’elle savait parfaitement où il se trouvait au moment du meurtre… Entre ses cuisses.

Cependant, la seconde partie de son discours la fit plus réagir. Elle s’approcha de lui, intéressée. Donc, selon lui, les Conservateurs auraient pu vouloir éliminer une Reine Olarile qui souillait la lignée des Arlanii. C’était en effet tout à fait possible, mais elle ne pensait pas que Vanhilde ait pu accepter ceci. A moins qu’elle ne soit pas au courant de la volonté d’un autre membre du conseil, ou d’Ysor même de vouloir faire tuer sa future femme. Elle avait entendu dire que le Gardan Edorta n’était qu’un pion, manipulé par les Conseillers… Aurait-il vraiment voulu faire disparaître sa Promise ? C’était également possible.
Il évoquait également les Révolutionnaires. Etait-il fou ? Elle ne put s’empêcher de réagir immédiatement, ses yeux exprimant une sincérité farouche.

« La Révolution ? Vouloir que Lis soit tuée ?! Crois-moi je peux te garantir que ni Beltxior ni Arngrim ne souhaitaient qu’elle meure. La Révolution n’a pas d’autres buts que de mettre à la place d’Ysor et ses Conseillers un Descendant de Bakarne. »

Comme avec Sieben, Lysandre n’avait pas peur de crier haut et fort son soutien à la Révolution. Tout Ilédor savait qu’elle avait des liens avec Arngrim Edorta et les Olarils résidant avec lui dans le Campement. Elle-même avait tout intérêt à ce que les Révolutionnaires prennent le pouvoir, et elle croyait fermement en la Prophétie. Elle le savait non par foi religieuse, mais parce qu’elle avait en sa mémoire tous les secrets révélés dans les Tables d’Olaria.
Et elle si elle était Chef, aujourd’hui, c’était dans ce simple but : qu’un héritier puisse être nommé après elle. Pourtant, aujourd’hui être Chef des Olarils ne signifiait rien, aussi devait-elle voir plus grand. Celui qui prendrait sa place devrait également prendre celle de Gardan Edorta, et gouverner non seulement sur son peuple, mais également sur les Ilédors. Est-ce que tout ceci dépassait Keefe ? Elle pouvait se douter que ce n’était pas vraiment son affaire… Et dans un certain sens, elle l’enviait… Lysandre respira longuement pour se calmer. Elle n’était pas en colère contre lui, mais avait bien remarqué qu’il n’avait pas évoqué les Dissidents.

Comme Sieben tout à l’heure. Se pourrait-il que, lui aussi, il soit partisan de la Dissidence ? Le climat actuel imposait une certaine paranoïa qui l’agaçait. Alors toute personne qui ne parlait pas d’un parti en était un proche ?! La Chasseresse s’imposa d’arrêter là ses suppositions qui la rendaient hostile.
Après tout, elle n’avait pour le moment aucun reproche à faire à Keefe, si ce n’est d’avoir sous-entendu que la Révolution pouvait avoir quelque chose à voir avec l’Assassinat.

« Mon peuple, comme le tien, aurait tout à gagner en unissant une Olaril à votre Roi. Du moins en attendant que la Prophétie se réalise… » Elle s’approcha à nouveau, consciente des yeux posés sur elle, et eut un léger sourire pour s’apaiser. Lui qui se trouvait déjà bien penché vers elle, leur proximité fut vite retrouvée. « Lis était une femme très peu digne d’être Reine selon vos coutumes… Mais la faire tuer… » Elle repensa au Crieur public. Il n’avait pas tord lorsqu’il disait que le Chef des Dissidents, lui, était une ombre ; il fallait être vil et sournois pour faire assassiner un être humain.
Toute proche de lui, Lysandre caressa les cheveux de l’Ilédor. « Tu n’as pas de chance… A chaque fois que nous nous rencontrons, la situation est tellement compliquée que je ne peux profiter pleinement de … toi. » Il était le seul Ilédor qu’elle puisse considérer. La Conseillère Tehanii était une harpie sournoise, même si elle avait décelé qu’elle croyait trop en la Prophétie qu’elle ne leur ferait aucun mal. Sieben était devenu si ce n’est un ennemi, quelqu’un qu’elle ne voulait plus revoir et qu’elle se sentait capable de détester. Ne parlons pas de l’Oracle, elle avait d’ailleurs juré de se venger de lui…

Alors, avec tous ces Ilédors qu’elle haïssait, l’Hirune était soulagée de rencontrer un homme de ce peuple qu’elle n’ait pas envie de mépriser. Du bout de l’index, elle circula jusque sa clavicule. « Je n’ai aucune raison de te forcer à m’en dire plus, si tu n’en as pas envie, ou si comme tes semblables, tu considères que je doive payer un prix. Mais lorsque ma tête sera moins pleine des préoccupations qui m’empêchent de me détendre, je serais sans doute plus libre de mes actes… » Lysandre n’avait jamais été une grande séductrice, elle n’avait pas le talent de Lis Diantha.
Pour elle, charmer n’avait jamais été autre chose qu’un échange de regard et une nuit d’ivresse. Pas besoin de technicité ou de stratégie, de jeu trop complexe… Aussi, devoir tourner autour du pot et chercher des parades n’était pas naturel. Elle n’appréciait d’ailleurs pas vraiment de devoir faire tout ceci dans l’espoir qu’il discute avec elle. Cette manie des Ilédors à vouloir être payer… Un tutoiement ? Un salaire nécessaire. Une conversation un peu sincère ? Un tribut nécessaire. Rien n’était naturel… C’était-elle trompé sur lui ? Elle se rendait compte qu’elle jouait à ce jeu comme l’aurait fait Lis.

Ou ne cherchait-il qu’à obtenir ses faveurs, en cherchant n’importe quel prétexte pour avoir un baiser, un massage, une caresse ? Tout ceci était faux, et sournois. Lysandre s’en lasserait vite. Au fond d’elle, constater cela la déçut. Keefe n’était pas un Olaril, elle avait semblé l’oublier. Quelque chose la poussa à parler, et elle ne se rendit compte qu’elle se livrait que trop tard…
« L’homme qui était mon mari vit ici, et nous nous sommes éloignés depuis qu’il a su que je ne pourrais pas avoir d’enfants. Mon rôle de Chef était de placer les enfants de Lis à la tête de nos deux peuples, et désormais elle est morte. Je ne représente plus rien pour les miens ici, et je ne représente rien non plus pour le tien. » Comprendrait-il tous les enjeux qu’elle avait à supporter ?

L’attitude de l’Hirune n’était plus la même, mais elle se sentait plus en accord avec ce qu’elle était réellement. Tant pis si cela faisait partir Keefe, et s’il ne comprenait rien. Il était déstabilisant pour elle de jouer un rôle, celui d’une femme capable de séduire par des chemins détournés, avec des manières. Non, Lysandre avait toujours été franche et naturelle, elle ne voulait pas être comme Lis, ou comme ces Ilédores. Elle voulait jouer carte sur table, et dans un premier temps, son seul souhait était de pouvoir parler avec quelqu’un, quelqu’un qui aurait un avis différent d’elle, qui pourrait lui donner d’autres façons de voir. Quelqu’un qui l’aiderait peut-être à trouver comment agir, et que penser réellement… Quelqu’un qui l’aiderait à y voir plus clair.
Elle ne pouvait pas sortir dans la rue et converser avec n’importe quel Ilédor qui passait, et elle savait que discuter avec Sieben était hors de question désormais, à moins qu’elle ne souhaite qu’ils terminent à se taper dessus.

« Je te parle avec franchise, j’attends que tu fasses de même. »

La Chasseresse se redressa alors, enjamba le rebord de la baignoire en laissant l'eau sur le sol. Un drap blanc plié sur un tabouret lui servit de serviette, elle se sécha à la hâte. Rapidement, elle enfila ses vêtements, tournant le dos à Keefe. Si sa dernière phrase avait été dite d'un ton un peu sec, elle ne la regrettait pas. Elle n'avait aucune envie de jouer la comédie, trop de gens la jouait autour d'elle. Avec un geste habituel, qui la rassurait comme une manie, elle noua la lourde boucle de sa ceinture, et caressa le pommeau de son épée. Ce geste l'apaisa ; elle put se tourner vers l'Ilédor sans avoir un visage serré.





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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Dim 2 Oct - 22:07

A cet instant…Comment ne pas réprimer un léger sourire de pure ironie ? Elle qui se défendait d’être si différente de mes semblables était pourtant si proche de ces derniers que cela en était presque risible. De son propre aveu elle semblait désavouée par son propre peuple…Abandonnée…Elle avait toute les raisons possibles et inimaginables de se jeter dans les bras du premier venu pour tout oublier et n’écouter que ces instincts…Pourtant je pouvais sentir sa Volonté. Celle de s’accrocher au pouvoir.

Volonté farouche de ne pas abandonner sans combattre ? Volonté de protéger son peuple jusqu’au bout ? Ou tout simplement parce qu’il s’agissait là de la dernière chose qui lui restait ?

La seule véritable différence que je pouvais trouver, c’était qu’une noble aurait conciliée luxure et pouvoir avec une facilité déconcertante. Je ne pouvais m’empêcher de voir les conservateurs sous un nouveau jour. Leur Volonté de conserver les rênes du pouvoir était presque aussi impressionnante. S’ils pouvaient en faire quelque chose d’autres que combler leurs désirs…Jamais on n’en serait arrivé là. Enfin dans un monde parfait ! Et on chevaucherait des animaux mythiques et les guerriers capables de me faire écrire des romans épiques jusqu'à la fin de mes vieux jours.

Le rêve était encore l’une des rares choses qui nous donnait l’espoir…Même si c’était gratuit.

Un peu comme profiter de l’occasion pour me vider de cette frustration. J’avais pourtant droit à un lot de consolation…La baignoire était libre et j’étais bien décidé à tirer partit des dernières minutes de chaleur qu’elle me consacrerait. A défaut de la trouver entre les reins d’une femme. Je me débarrassais en vitesse de mes vêtements pour me plonger avec délectation dans l’eau fumante avec un soupire de soulagement et de bonheur ! Un empire pour une bonne bouteille ou de quoi fumer ! Encore qu’il fallait que je conserve un minimum les idées claires. Après tout, ma tête raisonnait encore de ces propos.

J’aurais pourtant mit ma main à couper que la mort de Lis aurait avantagé les révolutionnaires. A quoi aurait servit de continuer une révolution s’il suffisait de mettre des enfants sur le trône ? J’avais du mal à croire que tout le monde aurait simplement rangé ses armes pour rentrer simplement à la maison…Encore qu’il aurait suffit d’un autre prétexte ? A moins que c’était attendu ? Je haussais simplement des épaules, mettant cette affaire de côté. Cela ne changeait rien à mon point de vue.

Mais je ne pu m’empêcher d’émettre un rire bref, tel un jappement quand elle me demanda de parler avec franchise ! Je rougis immédiatement. Non pas de ma conduite qu’on aurait pu penser déplacé…Mais simplement parce qu’elle avait réussi a me prendre par surprise. Si j’avais été sur mes gardes, j’aurais simplement souris et sortit une phrase mielleuse répondant à ces attentes. La franchise…Voilà un mot qu’un Ilédor ne devait pas entendre bien souvent. Assez pour soulever encore ma poitrine d’un rire contenu quelques instants.

Je considérais mon interlocutrice encore un instant, notant que ses habitudes de chasseresse…ou guerrière ?...N’était pas prête à disparaitre. Devais je jouer le jeu ? Il apparaissait qu’elle subissait une pression énorme sans réellement savoir comment la gérer. Devais je rester à ses côtés ? Ses liens avec la révolution était toujours utile…Je lui tendis un regard amusé.

’’Je pourrais être franc…Mais est ce que tu aimeras ce que j’aurais à dire ?’’

Je me mordis la langue. Décidément, le tutoiement n’était définitivement pas une pratique qui me resterait. C’était tellement…Intime ? Cette idée me fit frissonner sans le vouloir. On pouvait toujours connaitre le corps d’une personne mais laisser une fenêtre sur son âme était toujours déstabilisant. Je me coulais dans le bain.

’’Si je devais être franc, je t’avouerais que tu es une énigme à mes yeux. Un noble est une personne qui a six visages et deux cœurs. Son principal soucis est de savoir comment s’accrocher aux miettes de pouvoir qu’il réussi a glaner. Conserver l’apparence d’une personne moralement irréprochable tout en réussissant à combler leurs désirs. Bien souvent au mépris des autres ou de la situation. Pour eux, c’est avant tout une question de survie. Mais je suppose que des années d’immobilismes les ont forcés à avoir ce genre de petits jeux pour passer le temps ou faire montre de leurs ingéniosités. Tous aspirent à briller après tout ’’

Je n’ajoutais pas que pour ma compagne, si tout pouvait se régler d’une conversation ou à la pointe d’une épée, cela lui suffirait largement. Cela sous entendait une forme de tyranie face à tout ceux qu’elle ne pourrait convaincre ou écarter si elle ne pouvait composer avec d’autres cultures ou des idées différentes. Mais je n’étais pas encore prêt à être franc jusqu'à ce point quand mon interlocuteur avait une épée et que j’étais nu…Allez savoir pourquoi. La timidité certainement.

’’Ce que je veux dire…Est-ce que tu veux pas profiter de cette occasion pour faire autre chose ? Je ne veux pas t’offenser, mais si supporter les nobles t’est aussi exécrable…Pourquoi ne pas passer la main et trouver quelque chose qui te plairait plus ?’’

Je plongeais mon regard dans le sien.

’’Je veux dire…Rien ne t’empêche de nommer quelqu’un pour traiter avec eux. Après, rien ne t’empêche de négocier pour être à la tête d’une armée ou composer la tienne. Une fois que les têtes auront commencés à tomber et que tu seras nimbé de gloire, qui te remettrait en question ? Après tout, les livres ne reconnaissent que deux types de chef : Ceux qu’on nomme et ceux qu’on suivrait n’importe où. ’’

J’omettais bien des sous catégorie mais j’haussais de nouveau les épaules. Ce n’était pas là le sujet principal qui nous intéressait. J’étais d’ailleurs peut être allé trop loin…Mais il ne fallait pas me tendre le bâton si on ne désirait pas se faire battre. Parler avec franchise…Quelle idée ! J’espérais ne pas avoir franchit la limite qui l’empêchait jusque là de tirer son épée pour me décoller la tête des épaules. J’attendis quelques minutes que la tension se tasse avant de reprendre dans un soupir.

’’Mais si tu y tiens…Je ne sais pas quoi penser de ce meurtre. Du moins, j’aimerais avoir plus de preuve avant d’avancer quoi que ce soit. Je n’aime pas être certain de ce que j’avance. Mais il y a, c’est vrai, quelques éléments qui attirent mon attention.’’

Je jouais négligemment avec l’eau.

’’D’abord l’assassin. Même s’il a disposé de l’aide de complice a l’intérieur, je doute que l’assassin moyen arrive à introduire aussi facilement une lame. Encore moins s’il réussi a la dérober aux cuisines. Frapper avec un couteau de cuisine n’est pas aussi évidant que cela. L’entrainement d’un assassin demande de la précision et de la rapidité. Des gestes constamment aiguisés comme ceux qu’on peut attendre d’un soldat. Une lame d’un poids différents l’aurait gêné et moins pratique à dissimuler. Je ne parle même pas du fait d’assassiner quelqu’un au beau milieu d’une foule sans qu’on le remarque. Tout cela pour dire que ce n’était pas n’importe qui….Et en omettant le prix qu’il a du couter, je doute qu’on trouve ce genre de personnel à la taverne du coin. Cela a du demander des ressources qui ne sont pas a la portée de n’importe qui.’’

Je pressais mes mains pour en faire jaillir un petit jet.

’’La deuxième chose qui a attiré mon attention, c’est la fête. La première chose que je me suis dite, c’était que malgré toutes les ressources du commanditaire, ce dernier ne devait pas avoir assez de contact dans le château pour faire passer son assassin…Ou alors, il ne voulait pas les utiliser parce qu’il ne voulait pas qu’on sache qu’il avait œuvré cette nuit là…Donc il se peut qu’il cache des choses a sa propre fratrie. Après tout, il y a des moyens plus simple de tuer quelqu’un.’’

Mon regard se posa de nouveau sur ma compagne, essayant de déterminer sa réaction pour le moment.

’’L’autre point de cette soirée à été de le faire devant tous. L’assassin aurait pu l’empoisonner. Si la cible avait été les enfants, cela aurait largement suffit après tout. Il aurait pu la frapper quand elle était entrain de se préparer et faire disparaitre son corps. Mais non, il a frappé devant tout le monde. Cela à forcement une signification mais j’avoue que je ne comprends pas pourquoi ce soir là. Si cela avait été moi, j’aurais attendu qu’elle soit couronnée. Cela aurait été un merveilleux moyen de mettre tout le monde en garde…Je peux vous frapper quand je veux et quelques soit votre statut…Ce soir là…Je pense que c’était simplement parce qu’il ne pouvait pas faire autrement. A moins qu’une information importante devait disparaitre. Ou tout simplement pour en profiter pour semer la confusion. J’avoue ne pas savoir’’

Je m’appuyais sur le rebord, croisant les bras sous mon menton, espérant avoir attiré assez son attention et son oreille pour qu’elle puisse me percevoir comme une aide potentielle qu’il ne fallait pas négliger.

’’Je pense que la clé du meurtre ce cache en grande partie derrière le fait qu’il est choisit cette nuit là pour frapper. Maintenant, si tu veux mon humble avis, je dirais qu’il a soit un idiot, soit un ambitieux derrière cette histoire.’’

Je levais un doigt dans un demi sourire

’’Je ne pense pas que les responsables de chaque faction voulait la mort de Lis. Enfin si peut être, mais pas au point de passer a l’acte sans une très bonne raison. Cela nous fait passer au cran en dessous. Je pense a quelqu’un de bien placé dans la hiérarchie qui désirait bien faire et qui voyant l’inaction de leurs grands chefs, ont décidés de prendre sur eux…Cela peut aussi se décliner de plusieurs manières différentes mais en tout état de cause, cela ne peut être que l’œuvre d’un idiot. ’’

Ma tête se pencha sur le côté, appréciant les courbes de ma compagnes sous ces vêtements.

’’Maintenant est il besoin de préciser pourquoi quelqu’un qui se place moyennement dans une hiérarchie et qui possède la Volonté désire marquer son territoire en donnant un avertissement à ses ennemis et ses alliés ? Voyez ce que je peux faire…Composez avec moi ou mourrez . Dans ce cas, Lis devait être une cible d’opportunité. Juste assez bien placée pour que son meurtre en secoue plus d’un et relativement facile a frapper. Ce qui nous ramène aux différents camps…Les conservateurs qui sont pile le genre de personne que l’assassinat et ce genre de méthode ne rebute pas. Pour les révolutionnaires, je verrais bien un idiot faire cela…Encore que cela ne m’étonnerait pas que quelqu’un est fait assassiné Lys pour jeter le discrédit sur Beltxior ou Arngrim’’

J’hésitais sur le moment…Avant d’ajouter du bout des lèvres, à la frontière du murmure.

’’Ou une manœuvre de l’un des deux pour discréditer l’autre ?’’

Je la savais tendue sur le sujet et jeter de l’huile sur le feu était certainement la dernière chose à faire. Mais il n’y avait pas meilleur moment pour essayer de les rendre méfiant les un des autres. C’était le genre de rumeur qui allait dans le sens des travaux de la dissidence.

’’Bien sûr, cela ne reste que de la théorie. Pour ce qui est de la dissidence, je ne pense pas que ce soit eux. Ils ont déjà assez de mal à se faire reconnaitre, un assassinat serait mauvais pour leur image. Du moins un assassinat aussi voyant. Pour des gens discret, appréciez l’ironie…Non, si elle avait simplement disparue, je n’aurais pas dit. Mais comme je l’ai souligné, il y a des idiots et des incompétents partout.’’

J’aurais peut être du prendre mon temps pour distiller tout cela. J’avais parlé d’une traite et je n’étais pas certain d’avoir pu l’accrocher jusqu'à la fin…Ou ne pas m’être fourvoyé depuis le début. Après tout, je n’étais pas expert en la matière et il y avait beaucoup de chose qui m’échappait sur les coulisses du jeu des pouvoirs en place dans la ville. Pour apporter une réponse à cet assassinat, ce qu’il fallait c’était une preuve. Ce que je n’avais pas. Je me demandais pourtant combien de temps il faudrait avant de voir fleurir les fausses preuves qui irait accuser un tel ou untel dont on voudrait se débarrasser.

En attendant, les patrouilles et les interrogatoires s’accentuaient. M’était d’avis que là aussi, des gens qu’on voulait voir disparaitre depuis longtemps allait soudainement rencontrer leurs destins…Cela me décrocha un petit sourire. Tiens maintenant que j’y pensais…

’’Au fait...Si tu as peur de ne plus rien représenter pour ton peuple…N’y a-t-il pas une sorte de cérémonie ? Peut être des jeux à la gloire de Barkane ? Une commémoration pour Lys ? En ordonnant ce genre de chose, tu conforterais peut être l’image que tu es toujours une dirigeante tout en les rattachant à leur culture ? Je ne connais pas les subtilités de ton peuple mais je suis certain que tu trouvera quelque chose.’’

Je ne savais pas si j’étais de nouveau allé trop loin, mais cela ne coutait rien d’essayer.
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Lysandre Hirune
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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Jeu 6 Oct - 18:55

Sans vraiment se l’avouer totalement, et sans en paraître quoi que ce soit, Lysandre était soulagée que l’Ilédor n’ait pas mal réagi, à son changement de comportement comme à ses mots. Avait-il perçu qu’elle s’était égarée en prenant les allures de femmes qu’elle n’était pas ? Sans savoir s’il avait la faculté de la comprendre ou non, de saisir les desseins bien plus grands dont elle dépendait, l’Hirune tira à elle un tabouret où se trouvait quelques instants au paravent ses vêtements, et s’y installa pour écouter parler son Cavalier.
Elle prit la décision de ne pas le couper ; du moins tenait-elle à répondre à certains de ses mots, lorsqu’elle se trouvait interpelée ou qu’elle se permettait d’émettre des remarques. Cependant, son ton était plus doux ; Lysandre avait pris conscience qu’il se montrait sincère, et elle n’avait aucune raison désormais d’être agressive. Elle s’étonnait qu’une seule demande ait suffit à le rendre franc, mais elle n’irait pas s’en plaindre. Son visage moins sévère était penché vers lui, et elle l’observait avec attention. Et suffisamment de distance pour pouvoir réfléchir à ce qu’il disait sans être déconcentrée.

Il évoqua la Noblesse, au début de son discours, et elle ne sut d’abord pas où il voulait en venir. Son faible entraînement à jouer avec les mots et les pirouettes de langages l’empêchait parfois de voir les subtilités dans les phrases. Lysandre pensa qu’il la prenait pour une Noble ; du moins pour eux, un Chef était supposément de la Noblesse, c’était compréhensible…
« Je ne suis pas Noble, Keefe. » Fit-elle simplement en haussant les épaules. Elle avait comme eux à se montrer irréprochable, et elle avait prouvé qu’elle avait en cela déjà suffisamment échoué. La Mort de Laclaos et son accession au rang de Chef du Village avaient suffisamment sali son honneur. Fort heureusement ou non, les Olarils étaient aujourd’hui beaucoup plus occupés par les intrigues Ilédores pour encore émettre des doutes ou des suspicions. C’était bien là le seul avantage qu’elle y voyait…
Mais les mots qu’elle prononçait n’étaient pas destinés à le couper, aussi ne s’étendit-elle pas. Pourtant… Il lui posait des questions. Il lui suggérait de changer, de faire « autre chose. » Autre chose ? Et quoi d’autre ? Chasser ? Elle avait eu cette conversation avec sa cousine, Luminara… Et la douleur l’avait prise, celle de ne savoir faire que la Chasseresse. Elle eut un sourire triste, très douloureux. Comme un rire jaune qui brûle les lèvres. Comment lui expliquer ? Comment lui faire comprendre qu’elle n’avait ni les capacités d’être autre chose qu’un Chef, ni le choix de tout abandonner ? Elle avait hérité des Tables d’Olaria, qui portaient tous les secrets des Dieux. Des Ilédors et des Olarils… Mais lui avouer ceci était un danger également. Cela pourrait faire naître des ambitions bien moins louables s’il en est.

« Je… Je ne peux pas renoncer à mon rang de Chef. Ce n’est pas quelque chose qui s’abandonne. » Elle ne connaissait pas assez la culture Ilédore pour trouver un bon exemple, mais quand elle repensa à leur arrivée en Edor Adeï, la Chasseresse eut une vision de ce qu’elle devait dire. « C’est comme vos Oracles. Ils sont désigné parce qu’ils ont une mission à accomplir, et ils n’ont pas d’autre choix que d’aller à son therme. »

Elle enrageait de parler de cet ignoble Oracle prétentieux, mais c’était bien là le seul exemple à sa portée. « J’ai le devoir de trouver celui qui sera du sang de Bakarne, et qui sera le prochain Chef. Le prochain Gardan Edorta. » Et si elle avait su qu’elle n’aurait pas simplement à trouver le fils de Xan pour le faire Chef de Village, mais à trouver l’Héritier d’un Dieu pour en faire le Roi de tout un Continent, elle aurait sans doute hésité…
Que pensait-elle ?! Hésiter ?! Lysandre eut un soubresaut et elle se leva brutalement, faisant tomber le tabouret en bois et faisant les cent pas. Non. Elle n’aurait pas hésité. L’Honneur de sa famille était en jeu. Quand elle a obtenu de Laclaos sa nomination après sa mort, elle savait que sa plus grande volonté était d’inscrire son nom dans l’Histoire, et de rétablir la valeur des Hirunes dans les Tables d’Olaria.

Ragaillardie, la Chasseresse se rendit compte de son emportement, et revint s’asseoir, en silence. Elle laissa Keefe continuer… Il avait pris sa place dans le bain depuis un petit moment déjà, et bien que cette démarche l’ait fait sourire, elle n’avait pas été ni choquée, ni gênée. C’était étonnant qu’un Ilédor soit dénué de cette pudeur qui les étouffait, mais c’était une très bonne surprise, en somme ! Lysandre lui sourit, alors qu’il évoquait le sujet qui la préoccupait : le Meutre de Lis Diantha. Il passa au crible les différents éléments dont ils disposaient, et elle fut saisie par son intellect.

Lysandre n’était pas des plus fines, et elle n’avait pas été élevée dans le but d’être une grande penseuse, contrairement aux enfants Edorta, pressentis pour être Chef à la mort de leur Père. Il touchait du doigt des éléments qu’elle n’aurait su appréhender sans qu’il ne lui mette sous le nez. C’était fascinant. Il pouvait bien avoir raison : un tel talent d’assassin semblait valoir cher, bien qu’elle soit étrangère à ces pratiques et que cela la dépasse un peu. Qu’une partie de la population, même très mince, choisisse de prendre pour métier celui de Meurtrier officiel était absurde selon elle. Mais passons…
L’Hirune acquiesça longuement, ses yeux reflétant sans doute l’admiration qu’elle pouvait ressentir en cet instant. Elle regretta presque de n’être si intelligente… Aurait-elle été meilleur Chef ? Elle chassa cette idée ! On lui demandait de gérer un Village, de savoir Chasser et maintenir l’harmonie en Arestim Dominae, voilà son rôle. Elle ne réussit pas totalement à se convaincre qu’elle n’était pas idiote comparée à Keefe, et ce constant l’assombrit un peu.

A moins qu’il ne s’agisse de ses réflexions plus profondes. S’il fallait de l’argent, beaucoup, pour se payer un Assassin, alors il était certain qu’un Noble de Sang ou un très riche Noble de Rang aurait la fortune nécessaire. Il est vrai que la Noblesse pouvait voir d’un très mauvais œil l’arrivée sur le trône non seulement d’une sauvageonne, mais aussi d’une catin et d’une étrangère. Sans un seul sous qui plus est. C’était suffisant pour la vouloir morte. Ce qui expliquerait que Vanhilde n’ait pas été au courant : elle aurait ordonné qu’on cesse tout complot, Lysandre en était persuadée.
Un riche, et donc quelqu’un d’influence pour faire passer son Assassin à la Fête. A moins… que cet assassin soit lui aussi invité, donc Noble ? Elle se massa le front une seconde. Il avait raison : pourquoi la tuer au Bal de ses fiançailles, si rapidement ?

« Ou alors, il a préféré frapper tout de suite avant d’attendre que tout le monde accepte ce mariage et qu’il soit célébrer très vite. Les rumeurs disent qu’Ysor ne voudrait pas trainer à l’épouser. Lis savait faire avancer les situations à la vitesse qu’elle désirait. » Parler d’elle au passé la bouleversait. Ses enfants étaient si précieux… Keefe reprit son discours et lui imposa de penser à autre chose, ce qui n’était pas un mal.


Lysandre vit très nettement le regard que l’Ilédor lui jetait, comme s’il la déshabillait. Elle leva un sourcil complice et eut un geste vif du menton, lui intimant de continuer plutôt que de se disperser en œillade.

Il exposa alors ses avis sur les mobiles des différentes factions… Il n’avait pas tord : d’après ce qu’elle avait parfaitement entendu, le frère aîné d’Ysor avait été assassiné. Du moins officiellement, elle savait qu’il avait péri dans des circonstances pour le moins étranges, et on chuchotait bien sûr que c’était l’œuvre de la Noblesse proche du pouvoir, les Conseillers. Elle avait entendu tout ceci oui… Parce qu’il dérangeait, on avait préféré le faire vite disparaître car Ysor était plus malléable. Bien qu’elle n’en sache pas assez pour être sure de tout ce qu’on racontait, Lysandre en avait assez senti en voyant la Conseillère Tehanii pour penser que, si le Conseil tout entier était comme elle, ils étaient sans pitié et que leur Volonté pouvait aller jusqu’à souhaiter la mort de n’importe qui. Elle l’avait ly dans ses yeux.

Elle allait lui demander s’il songeait effectivement qu’un membre de la Cour du Gardan Edorta ait pu commanditer cet assassinat quand il passa aux Révolutionnaires. Ce qu’elle entendit la fit réagir immédiatement. Son sang ne fit qu’un tour. Elle n’y avait jamais réellement songé mais…

« Quoi ? » Elle se leva de nouveau, mais son siège resta en place, cette fois. « Tu sous-entends qu’un Ilédor aurait pu tuer Lis pour affaiblir Arngrim ? » Elle avait elle-même fait des raccourcis, entendu et surtout analysé uniquement ce qu’elle voulait bien. Pourtant, dans sa tête, elle avait parfaitement compris ceci : il émettait l’hypothèque qu’un Révolutionnaire Ilédor n’ait pas hésité à poignarder la Prêtresse pour pouvoir déstabiliser Arngrim. Arngrim qui devait prendre la place de Gardan Edorta à place d’Ysor. A la place de Beltxior… S’il n’était jamais arrivé parmi eux, sans doute l’Olarii n’aurait jamais eu à céder son trône.

Elle se rassit, la mine sombre. Comment expliquer ce qu’elle ressentait ?

Elle ignorait si elle restait incrédule, ou si elle s’enflammait. Au plus profond d’elle-même, Lysandre était hostile aux Ilédors, elle les pensait fourbe, capable du pire. Sa rencontre avec l’Olarii avait été source de déception, d’une douloureuse déception. Elle qui pensait trouver ne lui un semblable… Il n’était qu’un Ilédor, lui aussi. Son cœur s’emballa. Pensait-elle réellement Beltxior capable de cela ? Elle ressentait désormais la nécessité de parler à Arngrim.
Keefe enchaîna sur les Dissidents et elle accueillit ce changement de sujet avec soulagement. Prenant une grande inspiration, Lysandre chercha à se ressaisir. Non. La Révolution était unie, et Beltxior, bien qu’on le dise feu sous la glace, voulait Arngrim sur le trône. Elle le savait. Elle le savait.

Sans réussir à correctement écouter ce qu’il disait, l’Hirune posa ses yeux sur les épaules de l’Ilédor, un point appréciable pour se calmer et penser à autre chose. Elle avait tellement cru, immédiatement, aux accusations du Crieur Public qui mettait le meurtre sur le dos de la Dissidence, qu’elle avait du mal à écouter avec attention ce qu’il disait sur eux. A moins que le chamboulement de ses réflexions d’avant soient là pour l’aider : se concentrer sur la culpabilité des Dissidents était le meilleur moyen de se convaincre que la Révolution n’était pas capable d’une telle barbarie.

Elle sursauta quand elle l’entendit reprendre après un petit instant de silence. Une fête en l’honneur de Bakarne ? Une cérémonie pour Lis ? Il n’avait pas tord, les Olarils avaient toujours une manifestation commune pour chaque instant important de leur vie quotidienne, de leur Histoire. Prier leurs anciens Dieux, révélés comme les Rois Ilédors de jadis, dans les rues d’Edor Adeï n’aurait certainement pas été du plus bel effet et le Palais n’aurait certainement pas vu ce rassemblement d’un très bon œil. Et tant qu’elle n’en avait pas eu la preuve, tant qu’on n’avait pas affirmé qu’elle s’était éteinte, Lysandre ne pouvait se résoudre à envisager le décès de cette trainée de Diantha. Elle se redressa et cala ses coudes sur ses genoux, penchée en avant.

« Sans doute, tu dois avoir raison… » Elle ne voyait pas du tout ce qu’elle aurait pu faire… Peut-être Grand-Mère aurait-elle la solution ? L’Hirune avait désormais la profonde envie de rejoindre le Campement et de parler à l’Edorta. Dire qu’ils avaient été ennemis…
Un long moment de silence s’imposa. Elle sembla pensive, perdue peut-être dans la contemplation de cette épaule ?

« De tout ce que tu as dit, la seule véritable piste à mon sens, c’est la Noblesse. Si, comme tu le dis, les Assassins coûtent chers, il faut avoir énormément de moyens pour engager une personne assez douée pour poignarder une Reine très surveillée dans un Bal aussi fréquenté. Avec autant de gardes. La Révolution n’est pas riche, la guerre est coûteuse. Mais… La Dissidence ne révélant pas son visage, elle a peut-être des membres Nobles, hein ? » Elle haussa les épaules. Cette question n’était pas destinée à avoir une réponse, c’était … pour discuter.

Certes, ce ne serait pas à eux de trouver le coupable. Ni ce soir d’ailleurs, ni demain, ni jamais. Mais y voir plus clair permettait à Lysandre de savoir où elle en était. Les réflexions de Keefe étaient justes, intelligentes. Elle soupira. Il devait être tard, elle ignorait depuis combien de temps elle était revenue du Camp Révolutionnaire.

« Pour rendre hommage à Lis, ce serait une orgie qu’il faudrait » Lança-t-elle soudainement, alors qu’elle repensait dans un flash à la suggestion de l’Ilédor. Elle ne put s’empêcher d’éclater de rire à cette pensée.





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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Ven 7 Oct - 13:49

Je m’enfonçais légèrement dans l’eau en écoutant d’une oreille ce qu’elle pensait…Mes pensées me ramenant à la sensation mitigée que je pouvais ressentir sous le résultat de ma petite tirade. J’avais bel et un bien réussi a capter son attention et j’avais même réussi à semer les graines du doute et de la discorde dans le cœur de mon interlocutrice. Avec un peu de chance, elles grandiraient dans le camp des révolutionnaires jusqu'à les rendre méfiant et moins unis qu’ils ne l’étaient jusqu'à présent. Un résultat aléatoire certes…Mais j’avais eu du mal à réprimer le léger sourire quand elle c’était levée pleine de furie à répéter que Beltxior n’aurait jamais pu commettre un acte pareil.

Jamais il n’avait mentionné de nom, ce qui en disait long sur la relation des deux hommes.

Dans le même temps, je me demandais si elle n’avait pas tout simplement choisit Beltxior simplement à cause de ces origines. Lysandre risquait de ne pas en revenir quand le plan de la Dissidence entrerait en action…Cela promettait de rajouter de l’huile sur le feu. Devais je en informer les autres ? Mes yeux la quittèrent un instant, me permettant de me concentrer…

Non, c’était parfaitement inutile. Cela ce verrait bien assez tôt. Et puis, moins j’avais de contact avec ces derniers, mieux je me portais. Après tout, je n’étais pas un idéaliste et je n’étais là que pour protéger ma sœur. Le reste m’importait peu, je devais juste m’impliquer de temps à autre pour faire montre de ma présence. Ma contribution du jour resterait pour le moment anonyme, je n’aurais qu’a le faire remonter qu’en cas de résultat dépassant mes espérances. Pour le moment, j’étais surtout déçu qu’elle ne me propose pas de l’aider ou du moins la conseiller de temps à autre. J’avais pourtant vu la lueur d’intérêt dans ces yeux…Même si elle avait rapidement disparue. Avais je dis quelque chose qui n’était pas passé ?

Je soupirais, pensant que pour le moment, elle c’était contentée de me regarder…Ce n’était vraiment pas naturel pour moi qu’elle ne me touche pas plus que cela. Ne serait ce que garder le contact en la laissant jouer avec mes cheveux. J’essayais de garder cela pour moi et de continuer à me concentrer alors qu’elle me retendait une perche. J’étais vraiment un tactile…Il faudrait que je travaille un peu sur moi.

‘‘Un noble dans la dissidence…L’idée n’est pas impossible. La rumeur voudrait qu’ils soient partout. Cependant, comme je l’ai souligné, je doute que la dissidence soit à l’origine de tout cela. Pour un mouvement qui ce veut discret, un meurtre aux yeux de tous est vraiment l’acte qui attire le plus l’attention. Il n’y a qu’à voir les interrogatoires qui s’enchainent et les gardes fouillant les rues. Cela leur complique plus la tache qu’autre chose et les met plus en danger qu’autre chose.’’

Je haussais les épaules en agitant la main, balayant ces propos.

‘‘Quand à la question d’agir précipitamment parce que les nobles auraient eut peur de voir Lys gagner en popularité, j’en doute fortement. Les Ilédors souffrent de leur isolement depuis trop longtemps. La plupart sont trop engoncés dans leurs traditions pour aimer Lys et les autres n’en n’ont que faire. ’’

J’y croyais pas vraiment. Je ne voyais pas qui aurait pu apprécier une telle femme qui n’aurait été reine que de titre après tout. Quand à la révolution, je ne voulais pas trop taper dessus sous risque qu’elle en viennent a ce poser des questions sur mes propres intérêts. Je roulais des yeux avant de reprendre un sujet qu’elle avait abordé quelques minutes plus tôt.

‘‘Mais cela ne m’étonnerait pas plus que le meurtre soit du fait d’un crétin de noble. C’est pourquoi tu dois apprendre d’eux. Si tu compte rester chef des tiens, il te faudra continuellement traiter avec eux. Apprendre de son ennemi, le connaitre aussi bien que soit même te sera nécessaire pour leurs survivre. ’’

Mon sourire ravageur revint sur mes lèvres tout en la dévorant du regard.

‘‘Cependant, je préfère largement vos coutumes. Je suis pour une orgie…Je suis frustré de ne pas t’avoir fait connaitre plus de plaisir que cela. J’aimerais tant me rattraper’’

Je lui tendis la main en continuant de sourire

‘‘Et ne te tracasse pas trop pour cette histoire d’héritier. Une prophétie reste et restera toujours à double sens. On comprend toujours ce que l’on veut après tout. Un héritier pourrait toujours être un genre de fils spirituel après tout. Rien ne t’empêche de désigner un enfant comme héritier et l’élever comme bon te semble. Tu pourrais même le faire passer pour le tiens en jouant bien le jeu. Après tout, le sang seul ne veut rien dire. Un roi de légende pourrait toujours avoir une dizaine d’enfant, ce n’est pas pour autant qu’ils seront tous des héros. Il faut des qualités naturelles peut être, mais l’éducation compte beaucoup, si ce n’est plus. Nul ne nait sage après tout. Il suffira de convaincre l’oracle qu’il s’agissait bien du signe qu’il attendait.’’

Je savais que je m’avançais en terrain dangereux. Mais l’idée me semblait des plus amusante…Surtout si je trempais dedans d’une manière ou d’une autre. Après tout, cette solution conforterait ma cavalière dans son statut tout en lui donnant une chance d’être une mère adoptive et combler certainement son problème de stérilité…Quand à moi, avoir un peu d’influence sur elle et sur l’enfant me mettrait dans une situation plus que confortable. Le pauvre enfant lui ne serait qu’une nouvelle marionnette.

‘‘Je pourrais même inventer une belle histoire sur sa découverte ! De quoi alimenter la légende pour les siècles des siècles.’’

J’espérais que l’appât suffise…
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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Dim 23 Oct - 19:38

Ah, une seconde, elle s’était relevée, avait marché en direction de cette main tendue, et l’avait saisie comme une belle invitation. Bien qu’elle ait relevé un sourcil en l’écoutant, encore une fois, trouver des alibis intéressants aux Dissidents –et sans qu’elle ne s’en préoccupe plus que cela pour le moment-, Lysandre avait profité d’une réflexion plus légère pour accepter un rapprochement. La main tendue de l’Ilédor venait à point, elle s’installa de nouveau sur le tabouret proche de lui, trempa de manière faussement négligée sa main libre dans l’eau savonneuse. Il souhaitait se rattraper du contre-temps du Bal, et à mesure qu’ils élaboraient des théories sur l’assassinat de Lis, l’Hirune parvenait à se convaincre qu’elle aurait besoin de plus de temps pour y réfléchir, et que pour l’heure, ils n’auraient aucune réponse…

Pourtant, Keefe reprit, aussitôt, par une tirade évoquant la Prophétie… Elle découvrait là encore une étonnante différence entre les Olarils et les Ilédors. Eux qui semblaient si pieux, à brandir leur Volonté comme source de tout acte et de toute pensée, n’étaient en réalité pas si fervent croyant que son Peuple. Ils s’accommodaient bien facilement. Lysandre vivait la Vision des Oracles comme le seul chemin qui puisse être pris ; l’Ilédor ne la trouvait pas si importante que cela… Devait-elle se fâcher avec la seule personne qui lui accordait de l’attention, et qui la trouvait intéressante, parmi ces étrangers hostiles ?

Elle eut un léger soupir, suivit d’un sourire un peu triste… Ils n’étaient pas fait pour se comprendre totalement, d’une pichenette elle lui envoya quelques gouttes au visage et décida immédiatement de ne pas trop envenimer les choses, malgré qu’elle soit en total désaccord avec lui. Il était trop charmant et il était aussi trop tard, dans cette journée qui avait été rude, pour se contredire jusqu’à la colère.
Cependant…

« Tu t’arranges bien des paroles venues de ton Dieu, dis-moi… » Souffla la Chasseresse, en caressant la paume de sa main où l’eau avait dessiné d’indescriptibles sillages. « Je ne suis pas comme toi. J’ai des choses à accomplir, et si Lis est morte en emportant ses héritiers, c’est que les Dieux, ou ton Dieu, l’a décidé. Ils nous donneront bientôt un autre chemin à suivre. » Elle semblait confiante ; c’était une évidence. La mort n’était pas une tragédie pour les Olarils, et c’était surtout la perte des Descendants qui la heurtait. Pourtant, si telle était la Volonté des Divinités, qu’il s’agisse des leurs ou de ce Therdone, alors soit ! Ils ne restaient pas muets éternellement et si cela devait être… Qu’il en soit ainsi !

« Peut-être que Lis devait mourir car le véritable Héritier est Arngrim, après tout… » Murmura-t-elle, comme une réflexion pour elle-même. Ce ne serait pas une grande surprise, même si Laclaos voulait léguer son pouvoir à la génération suivante, son frère portait le même sang que lui, et lorsque la Révolution aurait la Victoire, il montrait sur le Trône d’Isle… Lysandre plissa les yeux à la manière d’un fauve, comme pour cerner les pensées de son cavalier. Dans un mouvement lent, elle remonta de la paume de l’Ilédor jusqu’au creux de son avant-bras, et son épaule, où elle revenait toujours. « Tu ne crois donc en rien ? »





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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Lun 24 Oct - 21:01

Une chose était certaine, je n’avais pas besoin d’être un grand oracle pour deviner qu’elle venait de prendre sur elle pour ne pas se jeter à ma gorge. Néanmoins je notais qu’elle reparlait d’Arngrim sans le vouloir…Comme celui qui avait le plus à profiter de la mort de Lis. Etait ce inconscient ? J’espérais bien malgré moi que cette idée fasse son bout de chemin dans la tête de l’Olaril.

Bien sûr, je ne m’attendais pas à grand-chose. La foi de sa compagne pour les Révolutionnaires était au moins aussi forte que sa ferveur religieuse. Je haussais mentalement des épaules en me disant que je pouvais comprendre ce genre de raisonnement. Elle était aussi attachée à sa mission que lui pouvait l’être à sa famille. On pouvait raisonnablement dire que pour elle autant que pour moi, nos vies se résumaient à cela. J’avais beau le savoir et l’avoir reconnu depuis longtemps, ce constat était douloureux pour moi.

Ce n’était pas que je détestais ma famille. Je l’aimais profondément…Mais cette impression de n’être qu’une coquille vide en dehors d’elle…De n’être rien de plus…Une fatalité que j’avais encore du mal à dépasser. Je laissais cette idée de côté tant elle me mettait mal à l’aise pour ne faire attention qu’à la main sur mon épaule. Je remarquais combien elle semblait attachée à cette partie de mon corps. Un souvenir associé ou appréciait elle simplement cette partie de l’anatomie ? La question sur mes croyances me surprit un peu.

Sans le vouloir, je me laissais un peu plus aller dans le bain, laissant mes yeux songeur partir avec les bulles de savon.

‘‘Je crois…Je crois…’’

Je pris une inspiration.

‘‘Je crois aux instincts et les désirs des hommes. Je crois que pour eux, ils sont prêts à faire n’importe quoi. Qu’il s’agisse de vengeance, d’argent ou d’amour. Je crois que certain peuvent à force de Volonté s’élever au dessus de toutes ces considérations pour montrer le meilleur d’eux même’’

Un rire cynique passa mes lèvres.

‘‘Je crois aussi que je ne verrais jamais cela de mon vivant. Et je ne crois pas qu’une divinité éprouve le besoin de s’occuper de pauvres humains à la vie si courte...Si elle voulait vraiment qu’un héritier soit désigné, je ne vois pas pourquoi elle prend des chemins aussi détournés. N’était ce pas cruel de sa part de désigner Lys pour ensuite la laisser mourir ? Pour un futur roi de légende censé apporter paix et prospérité, pourquoi ne prouve t’il pas sa valeur en prenant de lui-même le pouvoir. Pourquoi tant de torture et de souffrance ? S’il s’agit d’un jeu censé divertir des dieux…’’

Je ne terminais pas ma phrase. Je n’étais pas là pour remettre les croyances de ma compagne en question. C’était un sujet sensible pour elle. Peut être sentirais elle ma rancœur envers le destin ? Je soupirais

‘‘Je suis désolé, je ne voulais pas’’


Je déposais un baiser sur le dos de sa main avant d’y mêler mes doigts.

‘‘Dans les légendes, les prophéties ont toujours un caractère fatidique. Je voulais simplement dire par là que tu ne devais pas forcement te rendre malade pour cela. Quoiqu’il arrive, tu trouvera toujours une solution…C’est juste que si on disait clairement Cherche du côté de la troisième maison à droite, celle avec la petite barrière avec des fleurs cela en jetterais beaucoup moins non ? Les pauvres oracles n’auraient plus qu’à mettre la clé sous la porte. Les prophéties ont toujours un double sens, voir un sens caché simplement pour qu’on ne puisse pas ce passer d’eux.’’

Je haussais des épaules

‘‘Trouver, choisir, désigner…Il y a plusieurs sens derrière ces mots. Je voulais simplement te dire qu’il y a plus d’un chemin pour accomplir ton devoir. Et qu’avant la fin, tu seras certainement étonnée plus d’une fois par tes actions ou tes découvertes.’’

Une manière pour moi d’enterrer la hache de guerre. Même si je ne croyais pas un traitre mot de cette prophétie…Enfin qui pouvait raisonnablement croire que simplement désigner un héritier de sang suffirait à arranger tout les problèmes ? Est-ce que cela allait réellement changer ma vie ? Allais je devenir noble ? Allais je crouler sous l’or ? Est-ce que l’on arrêterait de me considérer comme un crève la faim ? Qui que soit cet héritier, il ne m’apporterait rien. Cela, j’en étais certain…
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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Jeu 27 Oct - 17:43

Lysandre était étonnée qu’il se montre soudainement très sincère. Du moins, pensa-t-elle qu’il l’était. Elle était agréablement surprise, d’avoir enfin réussi à avoir une conversation franche, et en savoir plus sur lui, et ce qu’il ressentait vraiment. Hors de son personnage de beau-parleur mystérieux et en dehors du monde, comme depuis le Bal.
Cette fois, elle affichait un réel sourire ; depuis qu’elle demandait de l’honnêteté, elle semblait ne l’avoir qu’à présent. Il parlait de ce qu’il semblait avoir réfléchit depuis plusieurs années, et sa vision des choses étaient bien différentes de la sienne. Il paraissait fataliste et blasé, las sans doute. Elle haussa légèrement les épaules en signe de compréhension.

« Si j’avais grandi parmi les Ilédors, je penserais comme toi, moi aussi, à l’heure actuelle. » Elle ne voulait pas non plus relancer de l’huile sur le feu de leurs trop grandes différences, mais l’Hirune ressentait le besoin de lui faire savoir que, d’une certaine manière, elle pouvait concevoir qu’il ait perdu ses illusions dans un tel contexte. Elle notait cependant les sujets de désaccord… Ainsi, Keefe pensait que les Dieux s’amusaient à les voir souffrir comme on observe les fourmis ? Ils avaient donc une vision bien négative des Divinités, là où les Olarils les louaient et savaient qu’ils n’étaient non pas bénéfiques, mais humains. Loin d’être cruels ou sadiques pour le plaisir, même Panpale ne l’était pas, elle le savait. N’étaient-ce pas les Hommes qui interprétaient les signes ? Les Dieux n’avaient jamais su, ou pu, s’exprimer de façon très claire, ceux qui analysaient les symboles n’avaient pas toutes les clés pour trouver les bons chemins… Peut-être en avait-il été ainsi pour Lis. Si ses enfants n’étaient pas les Elus, mais que les Hommes les avaient désignés dans l’erreur ?

Cependant, Lysandre choisit de ne pas aborder ce sujet. Elle trouvait les réflexions de l’Ilédor amusantes, lorsqu’il parlait des Oracles. Elle devait avouer ne pas les trouver indispensables, mais cela venait de son aversion pour le vaniteux Therdorus Uldarii. Elle n’était pas objective… Il serrait ses doigts entre les siens et la Chasseresse prit conscience soudainement du bien que lui procurait cette attention. Elle pouvait parler sans détour avec un homme qu’elle connaissait à peine, l’entretenir de ses craintes ou de ses convictions, sans qu’ils n’en soient venus à se disputer ou à s’ignorer. Voire se taper dessus. C’était agréable. Presque nouveau, elle se félicita presque de ne pas avoir réagi de façon immature à chaque fois qu’elle entendait Keefe prononcer un mot qui ne lui plaisait pas. Lysandre plissa les yeux et s’accouda de son bras libre sur le rebord de la baignoire.

Le message d’espoir de son cavalier était arrivé au bon moment, pour parfaire une bonne impression. « Je le crois aussi. » Oui. Elle croyait également qu’elle parviendrait à ne pas briser le pacte qu’elle avait conclu avec Laclaos, et qu’elle inscrirait son nom, mais aussi son prénom, dans les Tables d’Olaria. En lisant les chapitres qu’elle écrivait, qu’elle écrirait, les Chefs de leur avenir seraient reconnaissants et fiers.
« … Tu juges les Dieux avec beaucoup d’amertume. » Souffla-t-elle bientôt, alors qu’elle se demandait les épreuves qu’il avait dû traverser pour avoir une telle opinion. « Penses-tu que, si tu étais né parmi les Nobles, tu aurais ce même sentiment ? » Lysandre avait compris depuis quelques temps que son ressenti était également partagé par beaucoup d’Ilédors du Bas Peuple. Chose qui, là encore, n’existait pas en Arestim Dominae, et qu’elle avait découvert. Les Nobles semblaient avoir tous les privilèges et leur vie paraissait beaucoup plus agréable que celle des Humbles, comme ils les appelaient.





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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Lun 31 Oct - 22:23

Qu’est ce qui m’avait pris de m’emporter autant ? Depuis quand je parlais autant de moi ou de ce que je pouvais penser ? Enfin, de façon aussi personnel. Je n’aimais pas parler de ce que je pouvais bien ressentir…Même si c’était assez ironique venant de ma part. Ce n’était certainement pas en cachant ce que je pouvais ressentir que je risquais de faire changer les choses. J’avais la désagréable impression que je ne faisais que fuir en me cachant derrière mon cynisme éclairé. Ce n’était pas que je cherchais à me cacher !

Ce n’était pas le cas !!!

Je…Je…Je ne veux pas souffrir inutilement en me mettant à poursuivre des chimères. Non, ce n’était pas vraiment ça. Je ne voulais pas, enfin il y avait surtout la famille. C’était mon devoir d’aîné de tous les protéger. Je ne peux pas échapper à cette fatalité. Je ne pouvais simplement pas continuer ma route en les laissant derrière tous ça pour…Pour quoi exactement ? C’était si fatiguant de croire. De défendre une cause envers et contre tous. C’était bien plus simple d’essayer simplement de tirer son épingle du jeu. Bien moins compliqué.

Je disparus un moment sous la surface. Au moins ma compagne semblait apprécier cet élan d’émotion qui m’avait pris. Je manquais de sourire quand elle fit remarquer que si elle était Ilédor, elle penserait certainement comme moi. J’en doutais fortement. On ne changeais pas la nature profonde d’une personne simplement par son éducation. En fait, j’avais du mal à croire qu’elle n’aurait pas été de celle qui aurait fréquenté assidûment les oracles et les préceptes divins. Mais avait elle tord sur cette tendance générale ? Dans les bas fonds, je ne connaissais personne que la religion ait vraiment touché. La lassitude avait elle vraiment touchée une large part de la population ?

J’avais du mal à y croire. Je ne voulais pas vraiment y croire…je ne voulais pas toucher cet espoir fou que ce que je pouvais ressentir était partagé par tant de personne. D’en avoir assez des luttes de pouvoir absurde. D’avoir des envies si simple de vivre en paix, de pouvoir mettre de côté, de ne plus avoir à écouter les justifications des puissants essayant de passer pour plus noble et innocent qu’un nouveau né, de ne plus avoir peur des patrouilles abusant de leur force ou de leur position. Ahh et les nobles…Si je pouvais simplement ne plus avoir à les supporter.

‘‘Si j’étais noble…’’

Mes lèvres commencèrent à former un début de moue.

‘‘ …Probablement que j’aurais été le pire noble ayant jamais existé.’’

Je commençais a compter sur ma main libre

‘‘ Dépravé, joueur, inconscient des réalités, dépensier...’’

Je haussais les épaules avec humour.

‘‘En gros, il n’y aurait pas eut beaucoup de différence comparé à maintenant’’

Je ris doucement avant de reprendre sur un ton plus sérieux.

‘‘Si j’avais été noble, j’aurais simplement eu une vie sans éclat. Coincé entre quatre mur, étouffant dans une mentalité étriqué, trouvant cette vie ennuyeux. Il est probable que j’aurais cherché à me sentir vivre de toutes les manières possibles. Que ce soit le sexe, le jeu, l’alcool ou quoique ce soit d’autre. Essayer de trouver des limites à ce statut, à dépasser les bornes en ne comprenant pas la peine que je peux semer derrière moi. J’aurais probablement été un noble comme cela. Un de ceux que tu as rencontré et que tu hais plus que tout.’’

Cela enlevait de son charme effectivement. Je relevais le regard, tendant mon visage et plus particulièrement mes lèvres vers elle pour la tenter un peu plus.

‘‘Je ne juge pas vraiment les Dieux. Je…J’en suis simplement arrivé à un point que j’aimerais simplement que…enfin qu’ils s’occupent de leurs affaires. Je me charge de ma vie même si on en a arraché la magie. Je veux simplement vivre et remplacer ce qui a été arraché par tout ce que je pourrais trouver pour la combler. C’est si mal ? ’’
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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Dim 13 Nov - 19:08

Lysandre sourit en l’entendant décrire quel horrible Noble il aurait été. Elle qui ne les connaissait pas bien, se demandait bien s’il y avait une réelle différence entre ce qu’il évoquait et la réalité. L’Hirune les voyait tous comme des paradoxes abjectes : dépravés mais puritains. Une prouesse en somme. Quand il affirma qu’il serait, de fait, le même que maintenant, elle rit avec lui… Oh, certes, elle ne le connaissait pas beaucoup, mais cela allait bien avec l’image qu’il cherchait à donner de lui, et ce qu’elle avait perçu.

Pourtant, quand il reprit son sérieux, Lysandre sembla en faire de même. Elle n’avait jamais vu les choses sous cet angle, et Keefe n’avait peut-être pas tord. Bien que cette conception des choses lui soit étrangères, et qu’elle ait du mal à les imaginer tant c’était un mode de vie opposé au sien et à celui des Olarils, il semblait en effet qu’un tel comportement pouvait avoir des raisons plus logiques. Mais leur monnaie changeait-elle vraiment les choses ? Etait-ce l’argent qui les rendait capable du pire ? Il lui semblait que oui, mais elle n’était pas objective : en Arestim Dominae, il n y avait aucune pièce d’argent ou d’or, et pas de riche, ni de pauvre… Elle avait encore du mal à concevoir tout ça.

Elle acquiesça à ses paroles. Il avait raison là-dessus : elle les haïssait. Son Cavalier semblait sérieux, mais elle voyait bien dans ses mouvements et notamment dans la proximité qu’il conférait à son visage vers le sien, qu’il n’avait pas laissé de côté également des pensées moins honorables. Du moins, honorables pour la morale Ilédore. Car pour les Olarils…
La Chasseresse l’écoutait parler des Dieux. De toute évidence, elle avait la confirmation qu’il n’était que peu croyant. C’était étonnant, ça aussi, elle ne réussissait pas encore à s’y faire. On pouvait ne pas croire en les Divinités… Même si elle savait par exemple qu’Amiguel était très critique à leur égard, Lysandre ne s’imaginait pas qu’on puisse nier leur existence ou vouloir les ignorer, et surtout qu’ils nous ignorent ! Keefe semblait bien las de tout ceci, la Foi, la Justice,… C’était presque triste. Elle qui vivait pour des idéaux était un peu choquée par ce comportement.

Mais les lèvres tendues faisaient passer ce petit sentiment. Elle eut un sourire naturel, alors qu’elle haussait les épaules.

« Vivre pleinement sa vie n’est pas un mal, non. » Affirma-t-elle en fixant le bas du visage de l’Ilédor. Il y avait quelque chose chez cet homme, depuis qu’il avait fait l’effort d’être sincère, qui la poussait à lui parler. C’était sans doute la seule personne de son Peuple à pouvoir converser, et son côté joueur, séducteur même, était plaisant. Il ne lâchait pas des yeux son objectif, si bien qu’elle se demandait si autant de franchise n’était pas un stratagème pour obtenir ses faveurs, malgré ce qu’elle lui avait avoué.

Lysandre se redressa alors qu’elle lui avait laissé entrevoir un rapprochement. Sans se gêner pour le narguer, elle déplaça le petit tabouret et s’installa derrière lui. Avec douceur, elle glissa ses mains sur ses épaules et entreprit un massage. Certes, les Ilédores devaient être plus douces… Mais il était entré ici de son plein gré après tout !

« Que t’ont arraché les Dieux ? » Souffla-t-elle alors, piquée par sa dernière phrase. La Chef Olarile était curieuse, elle ne le niait pas. Mais l’atmosphère était aux confidences… « Moi aussi ils m’ont souvent déçues, mais ce sont des épreuves pour tester ma… Volonté, comme vous dites. » Elle souriait toute seule, derrière lui, à cette pensée. Après tout, leurs deux cultes étaient proches, finalement…





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MessageSujet: Re: Je vous sors un verre?   Lun 14 Nov - 18:14

La phrase me frappa provocant une inhabituelle gêne chez moi. Je m’enfonçais légèrement dans le bain, détournant le regard un peu honteux de mes propres mots. Ce n’était pas comme si les dieux m’avaient réellement arrachés quelque chose. Ce n’était qu’un point de vue après tout qui n’était pas totalement juste…Pas totalement faux. Pour la première fois depuis bien longtemps, j’avais du mal à mettre des morts sur des sentiments. Peut être parce qu’il s’agissait justement des miens.

Pas d’ironie, pas de sarcasme, pas de cynisme…Juste essayer de décrire avec justesse ce que je pouvais ressentir. Et en un sens, ce que j’avais presque hurlé le premier me mettait vraiment dans l’embarra. Je ne le ressentais pas vraiment comme cela, c’était plus…plus…

Je soupirais alors que des mains habiles arrivaient sur mes épaules pour les masser. Un peu plus rude que tout ce que j’avais pu connaitre mais à l’effet beaucoup plus tonique. Je reposais ma tête contre le baquet, essayant de me plonger dans ce regard. Pourquoi était il si difficile de parler de ce qu’on ressentait ? La faute certainement au doute de devoir le confesser. Etait ce juste ? Etait ce de l’arrogance ? Etait ce de la lassitude ? Ce que je pouvais ressentir allait être soumis à un jugement et…Je n’avais pas vraiment envie de cela. Je n’avais pas envie qu’on me regarde autrement que comme un saltimbanque, un homme de mauvaise réputation, un coureur de jupon ou encore un tricheur, voleur et manipulateur.

Quelque part, c’était moins grace si les gens se fourvoyaient que s’ils avaient…Je ne sais pas…De la pitié ? Par tout les dieux, je ne savais pas ce que je ferrais si quelqu’un éprouvait de la pitié pour moi. Si j’exploserais de colère ou si cela me donnerait envie de vomir. Cela me semblai soudainement si difficile d’être un homme comme tout le monde. Essayant de s’intégrer, de faire triompher sa pensée, d’essayer de rendre le monde plus juste et tirer le meilleur de chacun. Sous le couvert du préjugé, j’étais simplement ignoré. Je pouvais faire tout ce que je désirais, les gens s’y attendaient. Avoir un rôle, une identité à endosser était si simple alors que la vérité était si dur à porter.

Peut être que je comprenais mieux la femme en face de moi que je ne le pensais. Cela devait être plus simple de croire en des divinités. De croire en la destinée et d’essayer de l’accomplir. D’essayer de ce donner une mission unique et d’occulter le reste…Je savais que trop bien quelles sensations cela offraient. Essayer de bien faire la seule chose qu’on ce pensait capable d’accomplir. Oui, ca je pouvais le concevoir même si chacun d’entre nous le faisait a des niveaux différents. Car si son monde était emplie d’une certaine magie, le miens n’était que cynisme et froide fatalité. Etais je trop sage pour croire encore ou pas assez pour donner un tout autre sens à la vie ?

‘’C’est…je me suis peut être emporté.’’

Je me mordis légèrement la lèvre. Ne sachant pas si je voulais entrer réellement sur ce terrain.

‘’Peut être devrais je plutôt dire que les dieux m’ont trop donné. C’est peut être de l’arrogance, mais je me suis toujours considéré comme n’étant pas trop idiot ou trop laid pour faire quelque chose de ma vie. Essayer d’en faire quelque chose d’autre. Mais ils ne ce sont pas arrêté à ce corps ou cet esprit. Ils m’ont donnés une famille plus large. Un endroit où malgré les difficultés, il fait plutôt bon vivre…’’

Je soupirais. Normalement, il n’y avait que l’alcool qui poussait un homme à trop parler. De quoi pouvais je être donc si ivre pour que j’en parle ainsi ? Qu’est ce que j’en attendais ? Je ne voulais pas de conseil, ni être plain…Encore moins être encouragé.

‘’J’ai reçu tellement d’affection…j’ai reçu un sentiment de responsabilité…J’ai hérité de la volonté de protéger tout cela…Et j’ai surtout reçu les difficultés et les épreuves pour garder tout cela intact. J’ai fais parfois de drôle de chose pour que tout reste ainsi. J’ai arfois l’impression que mon temps c’est figé, d’être un éternel grand frère. Le temps pourra passer mais s’ils ont besoin de moi, il sera de mon devoir d’être toujours là quoiqu’il arrive. En cela, je suis… ’’

Enchainé. Mais c’était un mot que je ne me résoudrais jamais à l’admettre ou le prononcer. Même le penser était pour moi un acte de trahison…Une chose qui m’agitait toujours et constamment…Et si…Et si j’avais pu exercer pleinement ma volonté ? Mais un monde sans les miens me seraient insupportable. C’était trop me demander.

‘’J’ai toujours réglé les problèmes de ma famille. Qu’il s’agisse d’un danger grave, d’argent, d’homme ou de femme. Sans jamais demander d’aide. Sans jamais me plaindre. Sans jamais demander la moindre compensation. Sans jamais attendre le moindre remerciement ou marque d’affection. Je ne désire ni pitié, ni parole réconfortante, ni même une aide quelconque. C’est dans mon caractère. C’est ma fierté. Je me suis toujours débrouillé tout seul et c’est pour cela…Que je veux pas qu’on mette le nez dans mes affaires. Homme ou divinité peut m’importe. Je suis peut être trop borné…Mais j’ai sovent l’impression que parfois je ne suis à pas grand-chose de tout régler. C’est certainement de la vanité.’’

J’éclatais soudainement de rire.

‘’Arrogant, vaniteux, volage, joueur, voleur, borné et parfois même bonimenteur…C’est à ce demander ce que peuvent me trouver les femmes, tu ne pense pas ?’’
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