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 La Reine se meurt

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Lambda
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MessageSujet: La Reine se meurt   Lun 25 Juil - 11:30


- Toleb Mouran -











    « Doucement, messieurs. »

    On prit l’ex-future reine par les épaules et les chevilles et pendant que Toleb Mouran maintenait les lèvres de la plaie refermées, on la souleva et la place sur le brancard, sur le côté, le dos toujours dénudé.

    « A trois, vous lèverez bien en même temps. »

    Il se remit péniblement accroupi, ses sandales lacées n’étant pas pratiques pour ce genre de choses, puis donna le signal pour soulever le brancard. Les genoux du médecin grincèrent en se relevant, mais il avait connu pire. Habitués à marcher au pas, les soldats sortirent de la salle sans faire balancer la blessée, tout en douceur. Les gens s’écartèrent naturellement du petit cortège, avec une mine soit choquée de tant de violence et de sang, soit avaient un air curieux et morbide qui tiraient jusqu’au malsain. Y en avait il un seul parmi eux qui allait pleurer la Fiancée ? La réponse n’intéressait pas le médecin, bien qu’il ait aimé se poser la question. Le concernant, il savait qu’il aurait la conscience tranquille : il serait intervenu, en vain certainement, mais il n’aurait rien à se reprocher, son devoir avait été fait. Le Gardan Edorta le suivit comme une ombre, le Médecin continua de s’appliquer.

    Toute une foule de gens curieux et/ou intéressés, fascinés par la situation macabre se mit en branle en même temps que le brancard, derrière le Gardan Edorta.

    Le Palais restait grand, on s’en rendait compte quand on trimballait une blessée qui avait besoin de soins en urgences, ou bien quand on avait les articulations fatiguées. Dans le cas de Toleb Mouran, on avait les deux, et c’était pénible à chaque marche et chaque couloir. Lis Diantha ne donnait toujours pas de signe de vie, elle restait blanche comme un linge alors que le Médecin s’acharnait pourtant à garder la plaie fermée. Les deux brancardiers improvisés ne se trompèrent pas de chemin, et arrivèrent relativement vite aux Appartements Royaux, mais s’arrêtèrent à l’entrée de l’Aile, ne sachant pas où déposer le corps. Le médecin resta un instant en suspens, à comprendre pourquoi cet arrêt soudain, puis consultant rapidement Ysor Ve du regard :

    « Dans les appartements du Gardan Edorta, elle y sera bien. »

    Il eut une petite hésitation avant de se corriger en regardant Ysor le Ve :

    « Du moins, si sa Majesté accepte. »

    A vrai dire, il n’y avait pas beaucoup d’autres endroits où trouver un lit et de la tranquillité dans le palais. Conçu davantage comme un lieu de pouvoir que comme un lieu de résidence, le Palais foisonnait de salles de réunions, de bureaux et de pièces de rencontres, mais manquait singulièrement de chambres et de pièces de vie. Il n’y en avait que pour la Famille Arlanii, qui s’élevait actuellement au nombre de deux, la Douairière et le Gardan Edorta, ainsi que trois autres appartements vides pour le reste de la famille : neveux, frère, fils… Mais ces appartements vides n’avaient pas de literie et le ménage n’était pas fait régulièrement, tout était sous des draps. Seul celui du Gardan Edorta était habitable, en l’absence de la Reine Mère pour décider du sien.

    Un troisième homme arriva avec la trousse du Docteur Mouran, pile à temps pour aider à ouvrir la porte, et le cortège entra, le brancard devant et Toleb Mouran dit à l’attention d’Ysor le Ve :

    « Mettez ces gens dehors Majesté, nous allons avoir besoin de tranquillité ! Merci votre Majesté. »

    Il n’y avait que deux personnes au monde qui pouvaient donner des consignes au Gardan Edorta disait le dicton : sa mère et son médecin. Au-delà de l’humour que contenait ce dicton, il y avait une part de vérité. Avec de multiples précautions, on transféra la Fiancée du brancard sur le lit et en demandant de l’aide pour la laisser sur le côté, il prit sa trousse d’une main et fouilla dedans pour en ramener une compresse qui avait l’air propre. Il la fit maintenir contre la plaie, le temps pour lui de sortir une deuxième compresse et une bouteille remplie à moitié d’un alcool de couleur verte, et probablement très fort. En la débouchant, Toleb Mouran la renifla pour vérifier qu’elle n’était pas éventée, et toussa fort : l’alcool était toujours vigoureux. Il en mit sur la compresse, puis reposa la bouteille sur la table dans un tchonk sonore.

    « Si jamais vous avez besoin d’un remontant Majesté, servez vous. »

    Une odeur de spiritueux, de plantes médicinales et de médicament embauma très vite l’atmosphère alors que Toleb Mouran désinfectait la plaie à l’alcool. Dès qu’il eut fini de barbouiller la plaie à l’élixir vert, il prit un troisième linge propre, le colla contre la plaie, et sortit une bande de tissu et l’enroula autour du torse de la Fiancée, lui comprimant un peu le ventre par la même occasion. Cela mit longtemps à la bander, mais à chaque tour, elle semblait un peu plus hors d’atteinte. Une fois le pansement réalisé, il parut satisfait d’avoir exercé son art, et donna des consignes pour qu’on la place le dos contre les oreillers, semi-allongée.

    « J’arrive votre Majesté. »

    Il sortit un miroir de sa trousse et l’approcha des lèvres de Lis pendant que son autre main tâtait le pouls à sa gorge. Il se passa trentes secondes qui duraient comme autant d’éternités, où le médecin était immobile et concentré. La main sur la gorge et les yeux sur le miroir. Puis il se redressa et livra enfin son verdict :

    « J’ai eu beaucoup de mal à sentir son pouls, et je n’ai pas vu beaucoup de buée se former sur le miroir, bien qu’il y en ait… Lis Diantha n’est donc pas encore morte, mais je suis vraiment navré de vous le dire, elle peut s’éteindre comme une flamme de chandelle à tout moment. Je serais vous je m’y ferais dès maintenant d’ailleurs… »

    Se passant la main dans sa barbe, il regarda encore une fois la morte en sursis :

    « Il faudrait la veiller en attendant je pense, et envisager un autre endroit pour vous pour dormir. Je pense qu’une nuit suffira. »

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Ysor Arlanii
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MessageSujet: Re: La Reine se meurt   Mar 2 Aoû - 17:53

Le médecin semblait savoir ce qu’il faisait, et le transport se déroulait apparemment sans heurt, néanmoins Ysor restait pour le moins crispé. Il avait assisté à toute l’opération sans y participer, encore hébété, et donc insensible au regard des spectateurs qui avaient décidé de leur propre chef de suivre la procession. Il s’était contenté de hocher la tête quand Mouran avait suggéré d’emmener la future reine dans sa chambre. Lis avait ses propres quartiers, mais ils étaient dans une autre aile du palais. Et les appartements royaux seraient mieux gardés, mesure de sécurité qui s’avérait malheureusement devenir nécessaire.

Ce n’est que lorsque le médecin le pria, une fois arrivé devant la porte de ses appartements, de s’occuper de se débarrasser de la foule qui les suivait que le Gardan sembla se rendre compte de son existence. Et aussi que ces gens étaient pour l’écrasante majorité présents pour le spectacle plutôt que par sollicitude pour la mourante. Il sentit la colère monter en lui et s’empourpra, ce qui dans le cas présent signifiait qu’il devint juste un peu moins pâle. L’envie lui prit de leur hurler de dégager d’ici et de leur lancer des insultes qui auraient sans doute navré Noor… mais Ysor restait Ysor. Il se contenta donc de les prier poliment de partir, pour pouvoir laisser le médecin faire son travail dans le calme. La foule, bien obligée de suivre les demandes de leur roi, finit par s’éclipser, canalisée par quelques-uns des gardes des appartements royaux.

Quand enfin tous les importuns avaient déguerpi, le roi faillit frapper à la porte de sa propre chambre, preuve qu’il n’était pas encore loin d’être remis de cette histoire, avant d’entrer. Pour trouver une Lis installée dans son lit, un médecin s’apprêtant à s’occuper de la plaie, et des gardes aidant comme ils le pouvaient. L’homme de science lui proposa de se servir dans la bouteille de l’alcool pour nettoyer la blessure, mais la couleur de celui-ci, la désagréable notion de boire ce qui était un médicament, et surtout l’odeur forte qui émanait déjà de la compresse le fit renoncer.

Après quoi il resta là à regarder le vieil homme s’occuper de sa patiente avec des gestes surs et précis et à se faire du souci. Quand celui-ci vint finalement lui livrer son diagnostic, il n’était guère plus optimiste que la première fois. L’homme donnait l’impression de partir perdant.


« Je ne doute pas que vous continuerez à faire tout ce qui est en votre pouvoir pour la sauver. » C’était là un ordre déguisé tout autant qu’une reconnaissance de ce qu’il avait accompli jusque-là. Après tout, le travail de Mouran était de garder les gens en bonne santé, pas de les préparer psychologiquement au pire. Après quoi, Ysor se permit un léger sourire qui devait plutôt tenir du rictus quand le médecin lui suggéra de trouver un autre endroit pour prendre du repos. « Dormir, c’est là quelque chose que je n’envisage pas de faire avant un moment… » Les deux hommes échangèrent encore quelques mots, puis, sur d’ultimes recommandations, le plus âgé s’éclipsa… non sans que le Gardan Edorta ne lui demanda de faire venir le capitaine Feranii auparavant.

Une fois seul dans ses appartements, ou plutôt en silencieuse compagnie puisque même la faible respiration de Lis était inaudible, il s’approcha de celle-ci et vint s’asseoir quelques instants à son chevet.

« Vous allez montrer à ce médecin pessimiste qu’il a tort, n’est-ce pas ? » De ce qu’il avait pu voir de sa future épouse, elle avait une Volonté forte et ne se laisserait pas mourir. Il tendit la main pour écarter une mèche qui retombait sur le visage de sa promise, mais s’arrêta dans son geste, contemplant ses mains toujours ensanglantées et les tâches qu’elles y avaient déjà laissées lorsqu’il l’avait tenu dans ses bras des siècles plus tôt dans la salle du bal. Avec un hochement négatif de la tête il se releva, se rendit dans le cabinet de toilettes attenant à la chambre et se rinça les mains, en prenant soin d’éviter de regarder le miroir de peur d’y croiser le regard d’un fou. Après quoi il revint auprès de Lis armé d’une bassine et d’une serviette pour lui nettoyer le visage en silence. Peu à peu, la peur cédait le pas à la colère. Le peuple ilédor était-il donc tombé si bas qu’on puisse utiliser des assassins pour parvenir à ses fins ? Il tenta de chasser le meurtrier et la colère de ses pensées pour se concentrer sur sa tâche.

Il n’avait pas tout à fait terminé quand on frappa à la porte. Il aurait pu s’agir de n’importe qui, un conseiller, sa mère ou autre, mais Ysor n’avait pas de doute sur l’identité du nouvel arrivant quand il l’invita à entrer. Il ne se retourna qu’une fois pour jeter un œil au capitaine Farenii, alors que celui-ci le saluait. La barbe légère et blanche de l’homme, d’un âge assez avancé, ne cachait guère la mine sombre de condamné à l’échafaud qu’il affichait. La garde, renforcée d’éléments de l’armée et du guet, était en charge de la sécurité du bal, c’était donc le deuxième échec de celle-ci après la mort du précédent Gardan Edorta. Et encore, à cette époque, l’habitude d’Elandor à se passer de garde rapprochée faisait qu’on pouvait difficilement en blâmer le capitaine. Mais dans le cas présent en revanche… Mais Ysor ne l’avait pas convoqué pour punir un responsable, il avait d’autres idées en tête. Alors que Feranii se préparait au pire, le roi commença d’une voix étrangement calme, sans cesser sa besogne :


« Comme vous le voyez, Capitaine, la dame Diantha est toujours en vie, et restera ici pendant sa convalescence. Je ne tiens pas à que ce que quelqu’un vienne terminer ce qui a été commencé, et je vous serez reconnaissant d’y veiller. Je veux vos meilleurs hommes à cette porte en permanence, et tout autre moyen que vous jugerez nécessaire en complément. Personne à part Toleb Mouran n’est autorisé à la voir sans mon accord. Personne, pas même un conseiller, ou le Grand Pope, ou même Therdone lui-même. » Non pas qu’il soupçonna l’un d’eux en particulier, mais qui l’assassin s’était probablement fait passer pour un serviteur du palais ou d’un des nobles, pas besoin que quelqu’un n’emmène un assassin dans son sillage lors d’une visite de courtoisie. Le roi laissa un temps de pause. Penser à nouveau au meurtrier ravivait sa colère, au point que son ton se fit plus impératif :

« Et retrouvez-moi l’assassin. Faites ce qu’il faut pour cela, vous aurez mon appui en cas de problème. Et retrouvez-le vivant. Il faut savoir qui est derrière cela. » Il semblait difficile que ce soit un coup des révolutionnaires, en dehors de la ville ils étaient les maîtres, mais s’introduire dans le palais semblait hors de leur portée. Pouvait-il s’agir de ce groupe qui se faisait appeler « dissidence » ?

Le capitaine de la garde avait sans doute déjà donné des ordres dans ce sens, mais un homme dans sa situation ne discute pas. Quand le roi lui donna son congé, il ne put qu’acquiescer et quitter la pièce.

Et Ysor resta au chevet de Lis, la peur revenant à présent. Finirait-il par assister à son réveil, ou, comme ne le craignait Mouran, à son dernier souffle ?



Dernière édition par Ysor Arlanii le Mar 30 Aoû - 5:47, édité 1 fois
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Limna Hirune
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MessageSujet: Re: La Reine se meurt   Sam 27 Aoû - 23:26

Combien de temps l’avait-elle quitté des yeux… Quelques instants à peine ? Quelques instants où elle avait regardé le Fou, cet oiseau de malheur qui lui collait aux basques et l’empêchait de surveiller correctement Lis… Les premiers cris l’avaient arrachée à son égarement, et sur le coup. Son sang ne fit qu’un tour et, tandis qu’elle vit la foule s’agglutiner là où, quelques secondes auparavant, Lis virevoltait toujours avec l’Oracle, elle comprit. Un rugissement de rage, et sans un regard pour le Fou (qui en avait, de la chance, de ne pas avoir subit les foudres de Limna pour cette distraction malvenue) elle s’élança dans la foule. Bande de charognards, elle pouvait les imaginer, avec de grandes ailes crades et le crâne pelé, se disputer les meilleurs morceaux de celle qui n’avait même pas encore laissé son dernier souffle lui échapper.

Par tous les Dieux, qu’elle ne l’ait pas laissé lui échapper. Elle joua des coudes, mais fut poussée, pressée par la foule qui était avide du spectacle et se refusait à la laisser en jouir elle aussi. Finalement, un espace se fraya sur les pas du Gardan Edorta, l’homme que Lis devait épouser, et Limna souhaita en profiter, s’y élancer et arriver la première au côté de son amie, mais une main l’en empêcha. Elle voulut se retourner, et frapper celui qui avait saisi son bras, puis se ravisa en voyant Riarg la retenir d’un air sévère. Ce n’était pas à elle de se montrer à son chevet, mais à son époux. La bienséance… Elle n’était qu’une ombre, et ne devait pas l’oublier…

Comprenant tout à coup son erreur, bien qu’horrifiée à l’idée de se tenir si loin du drame, elle libéra son bras d’un geste sec mais se retint de céder à son besoin. Elle se contenta de suivre la scène de loin, aux côtés de celui dont, à présent, elle tenait des ordres qu’elle eut été bien mal avisée de rejeter. Finalement, on fit soulever Lis, et le groupe se déplaça en direction de la sortie. Limna n’avait pas vu le coupable, pas même une ombre, à cause du Fou… Si cet odieuse créature de n’avait pas importunée de la sorte, alors le meurtrier baignerait déjà dans son sang à l’heure qu’il était, quand bien même Limna aurait du s’y prendre avec ses ongles. Mais dans un Palais si grand, et si mal connu, elle savait ses chances de parvenir à le trouver réduites à néant !

Alors, pestant, se hissant sur la pointe des pieds et relevant certains de ses voiles pour laisser à ses jambes galbées toute leur allonge, elle suivit le groupe, et à force de patience parvint à se rapprocher de son amie… Riarg ne s’était pas, quant à lui, mêlé à la foule, et d’un coup d’œil en arrière elle le vit converser avec sérieux avec d’autres nobles… Tant mieux, qu’il ne soit pas sur ses talons l’arrangeait. Sans plus le moindre ménagement, elle frappa, du coup, du plat de la main, de la hanche, et arriva au niveau des brancardiers lorsqu’ils entrèrent dans les appartements du Gardan. Elle déboula au premier rang, contenant avec difficultés son anxiété, dévorant des yeux la silhouette inanimée de Lis. Pourtant, elle se garda d’approcher davantage, l’ordre de Riarg raisonnant toujours à son oreille. « Maudit soit-il… » Mais elle avait beau pester, contre lui, et contre tous les Ilédors, coupables de ce terrible crime, elle obéit néanmoins…

Pétrifiée, quelque part, par la vue du sang, et dans une telle abondance… Cela ne pouvait lui rappeler qu’un souvenir. Un terrible souvenir. Elle était là, à son côté… Elle aurait pu l’épauler si Limna n’avait pas eu si peur de perdre Lis. Cyclaë… La sœur de Laclaos, morte par sa faute, mais de la main de Lysandre… Morte… Limna se souvenait des larmes qu’elle avait versée, seule et dans la honte, sur la tombe de Cyclaë… Et elle réalisa qu’elle serait tout bonnement incapable de tenir bon, s’il allait lui falloir en verser sur celle de Lis Diantha…

Tout à coup, les gardes qui entouraient médecin, fiancé et blessée s’agitèrent sur des ordres auxquels elle n’avait pas prêté attention, et on voulut la faire sortir sans grand ménagement.

Si cela provoqua chez la plupart des spectateurs le simple agacement de ne pas pouvoir assister au spectacle jusqu’à la fin, cela révolta Limna à un point nettement supérieur. Elle ne s’y était pas attendue… Elle pouvait rester en retrait, pour le bien de Lis, pour laisser au médecin une chance de la sauver… Mais couper ainsi le contact visuel, ne plus pouvoir suivre, ne pas savoir si oui ou non elle allait lâcher son ultime souffle… Elle ne le supporta pas. Tandis que les autres s’éloignaient déjà en petits groupes afin de parler de l’évènement plus loin, Limna, elle, lutta contre le soldat qui fut contraint de sortir avec elle de la pièce. Harcelé comme par toute une meute de louves, tant Limna était féroce et tenace, il ordonna aux autres de fermer la porte dans son dos, une fois la chasseresse coincée dans ses bras puissants. Plaquée à l’homme qu’elle malmenait toujours de ses ruades, des larmes perlant déjà aux coins de ses yeux, Limna s’égosilla tant et si bien que, alerté par les regards des nobles qui retrouvaient pour la scène quelque intérêt, le soldat la bâillonna d’une main. Il relâcha sa prise, ce faisant, et sitôt libérée, Limna s’élança derechef vers la porte. Il la rattrapa au vol, ses larges mains glissant sur la soie sauvage qui voltigeait comme un feu vermeil autour de sa taille gracile. Elle poussa, griffa, geignit et menaça, mais rien n’y fit, cet homme était trop fort, et elle trop ébranlée, et trop malheureuse pour que ses gestes soient réfléchis et coordonnés.

Leurs petites joutes (dont les convives finirent par se lasser, le sujet de l’assassinat étant beaucoup plus affriolant) durèrent, jusqu’à ce que le Capitaine Farenii, congédié par le Gardan Edorta avec des ordres précis, ne sorte. Alors l’étrange couple cessa sa danse fougueuse et tous deux fixèrent sur le nouveau venu leurs regards acérés. Le Capitaine marqua un temps d’arrêt devant cette étrange scène puis, ne laissant à aucun des deux militaires le temps d’en placer une, Limna saisit l’occasion pour hurler.

« Je dois la voir ! JE DOIS VOIR LIS ! » La porte étant toujours ouverte, le Gardan pouvait sans doute entendre sa prière, cédée d’une voix brisée par la peur et les sanglots qu’elle refoulait à peine. Le soldat, la soulevant à nouveau pour la faire taire de son bâillon de chair, expliqua en quelques mots la situation au Capitaine Farenii. Celui-ci ordonna, après un regard circonspect à la blonde qui, les jambes repliées bien au-dessus du sol, ruant et tentant en vain de griffer les bras qui la retenaient, à ce qu’on l’éloigne d’ici. Au moins ne semblait-elle pas être coupable de ce crime, sans quoi elle ne se serait mise dans un tel état d’hystérie. Le soldat allait s’exécuter lorsqu’à nouveau, la porte des appartements du Gardan s’ouvrit, et attira l’attention des deux militaires et de Limna, qui se figea alors tout à coup dans les bras de l’Ilédor.
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Ysor Arlanii
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MessageSujet: Re: La Reine se meurt   Sam 10 Sep - 16:45

Maintenant que la foule des nobles à la curiosité malsaine avait été dispersée, et alors que le capitaine quittait la chambre et que la porte commençait à se fermer dans son dos, le Gardan Edorta avait espéré un peu de tranquillité pour lui comme pour sa future épouse, comme cela lui avait été recommandé par le médecin. Ça avait été effectivement le cas… pendant environ une demi-seconde, après quoi le calme fut troublé par un cri, ou plutôt un hurlement au ton à la fois colérique et désespéré. Ce qui en soi était assez surprenant, déjà car Lis Danthia n’était pas présente au palais depuis assez longtemps pour avoir suscité de tels sentiments à son égards, mais surtout parce qu’il imaginait mal une noble ilédore, la voix étant féminine, ne serait-ce que songer à donner de la voix comme cela, sans mourir de honte dans l’instant qui suivait.

Avec un gros soupir de frustration, Ysor s’arracha de son poste de surveillance de la future reine, bien décidé à faire que ce tapage cesse, bien que celui-ci s’était fortement atténué depuis que la porte avait terminé de se refermer. Quand il ouvrit celle-ci de nouveau, son regard croisa celui, ahuri de trois autres personnes : le capitaine Farenii, qui semblait aussi désemparé qu’il ne l’était lui-même, quant aux deux autres… le garde et la jeune femme étaient enlacés dans une position qui frisait l’indécence, et qui aurait pu porter à confusion dans d’autres circonstances. Le Gardan Edorta reconnaissait l’homme de visage sinon de nom, un membre de sa garde au service tout à fait honorable. La femme ne lui disait rien, mais elle avait ce je-ne-sais-quoi qui trahissait son appartenance au peuple des descendants de Bakarne. En plus de son attitude très peu ilédore, s’opposer à la garde royale et hurler devant la chambre royale n’étant guère considéré comme des standards de bon goût.

Pendant quelques secondes, tout le monde se tut, ce qui laissa à Ysor le loisir d’observer la jeune femme. Elle semblait au bord des larmes et de l‘hystérie, et elle avait dû donner du fil à retordre au garde qui parvenait tant bien que mal à la maitriser. Il se rappela vaguement que Lis avait évoqué, en début de soirée, avoir retrouvé une amie au Palais. Pouvait-il s’agir de cette personne ? Ca expliquait son comportement outrageux et le ton déchirant de ses hurlements, car il ne doutait pas que c’était bien elle qui avait hurlé. Quoi qu’il en soit, il ne pouvait guère avoir de de certitude sur cette femme. Mais le silence s’éternisait, et si c’était là exactement ce qu’il désirait, il sentait bien que ça ne durerait pas.


« J’apprécierai fortement que la Dame Diantha puisse se reposer dans le calme et sans être dérangée inopportunément » lâcha-t-il sans s’adresser à quelqu’un en particulier ; ce qui était un moyen poli de dire aux deux hommes « faites votre foutu boulot ! » et à l’olarile « fermez-là !».

Après un coup d’œil au garde qui semblait comme transformé en statue, et au capitaine qui jetait à celui-ci un regard noir pour qu’il exécute ses ordres, le roi s’adressa directement à la bruyante inconnue, sans chercher à se montrer particulièrement diplomatique :

« Je pense avoir compris en entendant vos beuglements de tout à l’heure que vous désirez voir la dame Danthia. C’est malheureusement impossible. Non seulement elle a besoin de repos et de calme, mais nous ne pouvons permettre à n’importe qui d’entrer dans cette pièce, au risque d’y introduire un assassin venu terminer le travail. A présent je vous suggère de regagner vos quartiers dans le calme.»

Malgré tout… soit cette femme était une excellente comédienne, soit elle semblait être sincèrement soucieuse de la santé de Lis, et cela lui laissait un arrière-goût déplaisant de la renvoyer comme une malpropre. Qui plus est, dès que la nouvelle de l’assassinat se répandrait, il y avait fort à parier que les olarils chercheraient à avoir des nouvelles. Puisqu’on en avait une sous la main, elle pourrait sans doute servir d’intermédiaire. Si ça pouvait éviter d’autres scènes comme celle qui venait de se passer, autant en profiter.

« Je peux néanmoins comprendre que vous et votre peuple désiriez être informés de l’état de votre compatriote. » Il se tourna un instant vers Farenii. « Capitaine, trouvez-moi Gribus Sandragil et dites-lui de venir ici. » De nouveau il s’adressa à l’olarile : « Sandragil est mon scribe personnel, il veillera à vous faire transmettre toute évolution de l’état de la dame Danthia. Vous pourrez ainsi en faire part à votre peuple. »

Bien évidemment, Ysor ne pouvait savoir que l’Hirune vouait une véritable haine envers les autres descendants de Bakarne, sans quoi il n’aurait jamais fait une telle proposition.

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Limna Hirune
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MessageSujet: Re: La Reine se meurt   Dim 30 Oct - 19:45

Ses pieds ne touchant toujours pas terre, soie sauvage et voiles entortillés autour de ses longues jambes diaphanes et de l’armure du soldat qui l’avait immobilisée en la soulevant, ses yeux clairs trouvèrent ceux du Gardan Edorta pour s’y river avec une grande férocité. Qu’importait le ridicule de sa posture, le plus important, c’était qu’elle puisse entrer, et s’assurer que personne ne tenterait d’achever son amie.
Le garde quant à lui s’était figé, laissant pour seul mouvement à la scène le souffle rauque et mouvementé de l’Olarile. Il avait peur d’être repris par le Gardan Edorta, elle pouvait le sentir. Lorsque ce dernier parla, il eut même un léger frisson. Quel idiot. Il était évident, pour la chasseresse, que cet homme-là n’était pas bien dangereux. Si ce ne fut son titre, ce qui de toute façon aux yeux de l’Olarile n’avait que peu d’importance, il n’inspirait ni autorité, ni force physique.

Lorsque le chef Ilédor s’adressa directement à elle, Limna sentit monter une bouffée de colère brûlante dans ses poumons sévèrement comprimés par le soldat. Elle se remit à se débattre et, avant d’avoir touché terre, tandis qu’on la congédiait, esquissait déjà une entrée en force dans cette pièce enfin ouverte. Le soldat, sortant tout à coup de son apathie, lança une main puissante pour lui attraper le bras, et ne pu l’en empêcher que de justesse.

Elle ne pourrait pas rentrer ? Et depuis quand qui que ce soit pensait lui interdire ce genre de choses ? Riarg, à la rigueur, aurait pu avoir son mot à dire, pour peu qu’il l’eut étayé de raisons particulièrement valables. Mais celles qui lui étaient proposées ne valaient rien à ses yeux.

Parler des autres Olarils, enfin, acheva de la mettre hors d’elle.

« Certainement pas ! Que ces pendards crèvent, je suis convaincue que c’est l’un d’entre eux qui s’en est pris à elle ! » Elle ne cracha pas pour manifester son mépris, mais le ton suffit à ce que le message passe bien. « Quant à la protéger, nous avons tous vu ce soir ce que valent vos guerriers. » Comme une provocation à celui qui retenait toujours son bras, elle flanqua dans son torse un puissant coup de coude qui la dégagea tout à fait. L’autre, voyant qu’elle n’avançait pas, cette fois, ne tenta pas de la récupérer (elle pouvait le percevoir, d’ici : il était essoufflé). « Si un assassin voulait terminer le travail, alors ce ne sont pas vos pantins qui l’en empêcheront. » Son regard se fit alors plus acéré. « Moi, je pourrais. »

Si ce diable de fou n’avait pas été là pour accaparer son attention, alors rien de tout ceci ne serait arrivé. Cette raclure ne perdait rien pour attendre.

Profitant de l’occasion qui se présentait à elle, elle se hissa sur la pointe des pieds et aperçu un morceau de Lis. Il y avait moins de sang, semblait-il, et il parlait de repos… Sans doute n’était-elle pas sortie d’affaire, mais au moins n’avait-elle pas encore succombé.
N’y tenant plus, Limna s’élança tout à coup avec explosivité, et sans que les deux hommes d’armes, plus lourds, et plus lents qu’elle, n’aient le temps de s’y opposer, elle bouscula le Gardan Edorta et se laissa tomber à genoux, au terme d’une glissade qui chauffa ses genoux à blanc, au chevet de Lis. Elle s’agrippa à son poignet, avant qu’on ne la chasse de là, et de sa main libre effleura le front luisant de sueur de son amie. « Lis… Tiens bon Lis… C’est moi, je suis là » . Quel réconfort espérait-elle offrir à une femme inconsciente ? Pourtant, en la voyant si pâle, et si vide d’énergie, cette Lis aux pommettes roses, et aux yeux étincelants de charme et de malice, elle sentit à nouveau ses yeux s’emplir de larmes et, sans considération pour les hommes qui accouraient dans son dos, elle grogna : « Je vais buter le fils de chienne qui t’a fait ça. Que je mette la main sur lui… » Elle sentit des mains saisir ses épaules (sans savoir de qui) lorsqu’elle vit une infime lueur perler entre les cils de la blonde.

Ses mains se crispèrent alors sur son poignet, qu’on ne la fasse pas lâcher prise, Lis s’éveillait, et elle devait la voir…
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Lis Diantha
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MessageSujet: Re: La Reine se meurt   Jeu 3 Nov - 17:51

C’était dans une bulle qu’elle semblait se trouver. Elle entendait des sons indistincts et ne pouvait mettre de mot sur aucune de ses pensées. Pourtant, elle se sentait consciente, elle paraissait pouvoir concevoir des sensations ou des réflexions. Sans les matérialiser ou réussir à les saisir tout à fait. Elle pensait avoir les yeux ouverts, mais un noir persistant masquait sa vision. Elle avait l’impression de regarder au travers de ses paupières ; des lueurs en flash qui vibraient, des sonorités lointaines qui ne l’inquiétaient pas, des vibrations dans son ventre.

Elle ressentait comme une envie légère de toucher son nombril, mais n’y parvenait pas, et tout ceci ne l’inquiétait aucunement. Comme une insouciance aérienne. Aucune angoisse ne lui parvenait lorsqu’elle observait les flashs lumineux dans ses paupières, des lueurs ou des flammes, de jolis dessins. L’état de béatitude était plus plaisant encore que les effets de l’Ivraie. Sans doute aurait-elle pu rester ainsi longtemps, car elle ne se sentait ni bien, ni mal, elle n’était ni contre le sol, ni dans les airs. C’était étrange mais pas étonnant, pas sujet à quelques questions que ce soit. Juste vide.

Lis ignorait tout ce qui se passait autour d’elle, elle n’en avait même pas les échos distinct. Elle sentait comme des papillons frôler son ventre, à l’intérieur. Une caresse de sa peau, qui viendrait de l’intérieur de son corps. Mais elle ne se posait aucune question, avait-elle-même encore conscience d’être enceinte ?
Les lueurs dans ses paupières noires devinrent bientôt plus vives, jusqu’à avoir du mal à les suivre des yeux. C’était trop fatiguant et elle abandonna. Pourtant, après ces flashs visuels, ce furent les sons qui tantôt étaient accélérés, tantôt ralentis. Ce bruit devint même désagréable, jusqu’à ce qu’elle cherche à l’éviter également. La combinaison des deux s’intensifia et elle eut soudainement un choc.

Alors qu’elle ne sentait rien de matériel, même son corps ne lui semblant pas le sien ni relié à son esprit, la Prêtresse sentit très clairement un contact sur son poignet. Elle eut une conscience soudaine de l’air qui passait par ses narines, un nez qui lui appartenait et l’oxygène lui brûlait la gorge. Avec lui, Lis perçut en instantané une douleur insoutenable dans le dos, mais elle se sentait si faible, si incapable de bouger, qu’elle resta immobile.
Désormais, elle sentait son corps ; et avec cet état de fait, elle vit se dessiner dans sa conscience les courbes d’un buste à elle, de jambes lourdes et d’un ventre rond. Elle se rappelait. Elle avait deux enfants dans ce ventre. Une pointe à l’abdomen la piqua, mais elle ne sut ni bouger, ni s’exprimer. Il ne lui paraissait pas possible de faire quoi que ce soit, prisonnière d’un corps matériel qui était trop faible pour qu’elle le contrôle.

Mais il y avait pourtant bien une pression sur son bras, elle le sentait, ça. Et encore une douleur dans le ventre. Bientôt, ce fut même le goût qui lui revint, un goût métallique qui la dégoûtait. Et plus tard encore, le son, distinct.
C’était Limna ! C’était Limna qui parlait, elle l’avait entendue. Un nouveau pic sous le nombril la fit d’autant plus paniquer. Elle était prisonnière, incapable de bouger la main ; Lis prit une profonde inspiration, elle espéra que ce mouvement serait visible, et ses paupières enfin vibrèrent.
Les flashs disparurent immédiatement pour laisser place à un rayon de lumière très fin, discontinu, troublé par ses cils. Elle n’avait fait que froncer les sourcils sans doute, mais le contact sur son poignet fut plus présent : Limna –elle savait que c’était sa paume sur sa peau, elle la reconnaissait- avait vu qu’elle était là ! Qu’elle était vivante !
Quel plaisir de pouvoir se remémorer Limna et sa silhouette pâle, ses yeux si clairs… Mais l’enthousiasme retomba vite, car elle ressentait aussi toutes les souffrances de son corps meurtri. Une autre voix s’éleva, elle ne sut pas à qui elle appartenait. « Elle est consciente » qu’il disait. Une voix d’homme, sans doute d’âge mûr. Quelle frustration de ne pouvoir se fier à ce qu’elle voyait, et de n’avoir ni de mains, ni de parole.

Une autre voix, celle d’Ysor ! Et d’autres derrière, mais Lis ne savait dire si elle comprenait ce qui se disait. Au prix d’un effort incroyable, elle réussit à nouveau à faire frémir ses paupières et les raies de lumières devinrent plus nettes. Une pointe dans le ventre réussit à lui arracher un mouvement de main, mais il était impossible de faire plus qu’un soubresaut. Sur ses doigts, elle réalisa qu’elle sentait du liquide visqueux, elle sut immédiatement que c’était du sang…
Therdorus avait essayé de la tuer ?
C’était impossible ; Lis savait qu’ils avaient dansé ensemble, mais il était parti avant qu’elle ne ressente cette violente attaque dans le dos. Il avait dit « dors bien »… Savait-il quel destin l’attendait ? Elle voulut bouger, et ses sourcils se froncèrent encore.
Ce fut une explosion : la lumière était vive, lui barra la vue et elle dut refermer les paupières. Mais elle avait réussi à les ouvrir, ne serait-ce qu’une seconde ! Elle avait même eu le temps de reconnaître le visage de Limna. D’un homme, celui à la voix grave sans doute. Mais c’était tout, elle avait été aveuglée. Elle ressentit une tension extrême dans la pièce.

C’était presque une réjouissance. Elle était vivante, même si elle avait du mal à sentir ce qui se trouvait sous son nombril, tellement son buste lui faisait mal. Elle était vivante et elle était entourée. Pourtant, elle eut soudain une peur glacée. Elle avait mal au ventre, par intervalle irrégulier. Ses bébés… Ses bébés étaient-ils en vie ? Ses bébés étaient-ils en bonne santé ? Elle paniqua sans pouvoir faire autre chose que battre des paupières et respirer plus fort encore, quand des mains se posèrent sur sa poitrine, et la voix de l’homme lui murmura sagement de se calmer, que tout allait bien. Il avait un timbre agréable, qui apaisait.
Lis chercha à respirer plus lentement, mais il résidait cette angoisse. Dans une infinie lenteur, elle réussit à glisser ses doigts contre son ventre, espérant que Limna comprendrait et pourrait la rassurer… La Chasseresse aussi était enceinte, elle le savait, elle le lui avait dit. Elle comprendrait.
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Ysor Arlanii
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MessageSujet: Re: La Reine se meurt   Dim 20 Nov - 15:12

La réaction virulente et soudaine de l’olarile le prit complètement de cours, d’autant plus qu’il avait justement cherché à calmer les esprits. On lui avait pourtant dit que ces descendants de Bakarne formaient une communauté très liée. Et voilà que celle-ci insultait son propre peuple, le tout gratiné d’une haine dont on ne pouvait mettre en doute la sincérité, et qui faisait d’ailleurs froid dans le dos. De deux choses l’une, ou il était tombé sur une exception, ou ses sources de renseignements n’étaient guère fiables.

Pour continuer dans le registre des insultes, la furie se moqua dans la foulée de la garde royale. Ysor pu lire la colère dans l’attitude des deux hommes de se faire ainsi ouvertement raillé devant leur propre dirigeant… de la colère, et peut-être aussi, un soupçon de honte, comme si ce qui avait été dit n’était pas totalement faux… Toutefois, le Gardan Edorta commençait surtout à douter fortement de l’état mental de son interlocutrice, qui par son attitude semblait absolument tenir à passer quelques temps à l’ombre d’un cachot. L’agressivité devait être une valeur du peuple olaril, songea-t-il en se rappelant que leur dirigeante elle-même s’en était stupidement prise à Therdorus Uldarii.

Et puis, tout se passa trop vite: la femme se libéra de l’étreinte du soldat, prenant de vitesse tout le monde et fonça vers lui, ou plutôt au travers la porte ouverte. Il n’eut le temps de rien quand elle le bouscula, juste de se dire, alors que le désespoir le submergeait, qu’il avait hélas vu trop juste lorsqu’il avait évoqué la possibilité d’un assassin venant terminer le travail. Alors qu’il retrouvait son équilibre, il se tourna, le regard fou, vers l’olarile qui avait déjà rejoint le lit d’une glissade, sachant pertinemment qu’il n’aurait pas la possibilité d’agir avant le coup fatal…

Qui ne vint pas. Le roi se figea alors même qu’il avait amorcé un mouvement pour rattraper la folle. A son immense soulagement, il avait devant lui la preuve que celle-ci ne cherchait pas à nuire à sa promise, et que son chagrin apparent n’était pas que poudre aux yeux. Même si elle avait une curieuse façon de le prouver, puisse qu’encore une fois c’était des menaces qui sortaient de sa bouche.

A l’instar du garde qui s’était laissé surprendre et qui semblait à présent se demander s’il valait mieux se faire oublier ou intervenir, Ysor resta un moment sans bouger, comme indécis. Peut-être n’avait-il pas vraiment le cœur, maintenant qu’il était convaincu que cette femme ne tenterait rien contre Lis, bien au contraire, de la faire mettre dehors. Ou peut-être qu’il ne savait pas trop quelle décision prendre.

Contrairement au capitaine qui, le premier instant de surprise passé, s’avança vers elle d’un pas énergique. Il en fallait beaucoup pour énerver Farenii, c’était d’ailleurs une qualité requise pour son poste que de savoir rester calme en toute situation. Mais là, l’olarile avait poussé le bouchon un peu trop loin. C’est sans douceur qu’il lui saisit l’épaule d’une main, l’autre reposant sur la garde de son arme pour parer à toute éventualité. Le Gardan Edorta s’attendait à voir son capitaine emmener la fauteuse de trouble manu militari en dehors de la chambre, mais il n’en fit rien. Il restait figé, ses yeux écarquillés regardant au-delà de sa cible, et finit par lâcher quelques mots :
« Elle est consciente.» Il suivit son regard, et vit les paupières de Lis bouger.

C’était impossible. Toleb Mouran avait été formel, il ne misait déjà guère sur ses chances de survie, mais même dans ce cas il avait annoncé plusieurs jours avant qu’on ne puisse espérer voir une quelconque amélioration… Mais on se fichait de savoir si c’était possible ou non ! Si Therdone avait décidé de reconnaitre la Volonté de la future reine et de la favoriser, alors tant mieux ! Le premier moment de stupeur passé, Ysor fit son possible pour garder la tête froide et faire ce qu’il fallait, alors même que des tas d’émotions, le soulagement et la panique se disputant la première place, se bousculaient dans son esprit.

Il se tourna d’abord vers le soldat qui attendait toujours à la porte, l’air encore plus perdu que lui.
« Trouvez Mouran et faites le venir ici tout de suite. » lui lança-t-il. Alors que celui-ci s’éloignait à toute vitesse, le roi vint au chevet de sa future femme, alors que l’olarile recommençait à s’agiter devant le spectacle du réveil de son amie et que Farenii semblait se demander s’il devait la laisser faire, l’emmener de force hors de la pièce ou l’assommer d’abord pour être tranquille. Aussi tentantes que pouvaient être les deux dernières possibilités, Ysor redoutait que la folle ne puisse blesser Lis en se débattant dans le premier cas, et que voir au réveil son amie se faire matraquer ne soit pas pour Lis le meilleur remède qui soit dans le deuxième cas.

Il se contenta donc de jeter un regard qu’il espérait sévère à la blonde.
« Restez si vous le voulez, mais de grâce, restez calme ! N’allez pas commettre l’irréparable en la brusquant maintenant ! » Puis il se pencha vers sa promise avant de lui annoncer doucement : « Tout va bien se passer. Le médecin ne va pas tarder à arriver et il va bien s’occuper de vous. » Il était loin d’éprouver la confiance qu’il avait tenté de mettre dans son intonation. Les prédictions funestes de Toleb hantaient encore son esprit. Mais Lis s’était réveillait contre toute attente, c’était bien là un signe non ?
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Limna Hirune
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MessageSujet: Re: La Reine se meurt   Mar 27 Déc - 8:58

De la lueur sous ses cils… C’était tout ce qui importait. La main qui tirait en arrière son épaule ne la gênait plus, ni même les regards qu’elle savait pesants sur sa nuque. L’idée que l’on puisse envisager de l’assommer, voire de l’abattre ne lui venait même pas à l’esprit. Moins encore celle de finir derrière des barreaux. Elle appartenait à Riarg Karnimacii, et elle était convaincue qu’on ne mettait pas ce qui était à Riarg Karnimacii dans une cage qu’il n’eut construit lui-même. C’eut été sa réflexion, si tant est qu’elle en ait fournie une.

Mais ce n’était pas le cas, elle s’agrippait juste à la vie de Lis, ses doigts blancs crispés autour de ce fil, fébriles, pour l’empêcher de se briser. Elle voulait effleurer son front, son ventre, ses épaules et ses lèvres, mais elle avait trop peur pour cela. Peur que si elle lui lâchait le poignet, alors la promise du Gardan Edorta lui fausse définitivement compagnie. Sa seule alliée, sa sœur d’adoption. Qui connaissait Limna, dans ce palais ? La solitude ne lui faisait pas peur, elle avait été son lot des mois durant. Mais elle ne se sentait pas encore prête à abandonner à la mort ce bourreau qui l’avait enchaînée par ce regard plus lourd encore que l’ivraie. Oui, Lis était sa chaine, et elle ne se sentait pas encore prête à la voir rompue. La liberté n’était pas faite pour elle.

Pas, du moins, cette liberté là. Elle vit la main de Lis bouger, et retint un cri de joie tandis que ces doigts, à tâtons, trouvaient son ventre rond. Les Élus… Après s’être assuré d’un regard stérile que Lis ne mourrait pas, elle la lâcha, précautionneusement, comme en équilibre, d’une main pour la glisser sur ce ventre proéminent. Le sien ne l’était pas encore, le sien était toujours ferme, et plat. Celui-ci était plus tendu, plus rond. Et en danger. Ses doigts se nouèrent à ceux de Lis, pour la réchauffer un peu, puis s’étalèrent à même la peau qu’elle trouva, entre l’étoffe.

« Ils vont tenir bon, Lis. Ils vont tenir bon parce qu’ils sont tes enfants, et que nous ne sommes pas faciles à abattre, n’est-ce pas ? » Elle entendait ce qui se disait dans son dos, mais décida de ne pas y répondre. Bientôt, le Gardan Edorta allait lui demander de se tenir tranquille, mais ça non plus, elle n’y répondrait pas. De toutes les façons Lis ne risquait rien de Limna, elle n’était pas n’importe qui, elle était chasseresse, et habile chasseresse. Ses doigts étaient sûrs et agiles. Elle lui susurra, encore, espérant que son amie puisse l’entendre : « Ils ont essayé pourtant… comme de la mauvaise herbe, toi, et moi. Ils aimeraient bien que l’on disparaisse, mais nous ne disparaîtrons pas. On sera là, pour les hanter, encore et encore… Toi, moi, tes fils et ma fille… On sera la preuve… » Ce n’était pas vraiment de la folie naissante, elle faisait l’impasse sur les liens… Les mots comptaient à peine de toute façon, Lis devait juste en emmagasiner la vie, et la reprendre à son compte.

À présent qu’elle lui avait dit cela, Limna était tout à fait calme et, bien que sa respiration ne se soit pas tout à fait apaisée, sa voix elle aussi était redescendue d’un ton. Elle n’avait plus peur pour sa vie. Elle le sentait, en elle : Lis n’allait pas mourir, c’était impossible. Elle tiendrait bon, et ensemble elles allaient faire payer à ces chiens d’avoir tenté de s’en prendre à elle. Toujours dos à lui, elle finit, enfin, par répondre à Ysor. « Je ne la brusque pas… » Il fallait du contact, et de la vie pour Lis. Dans leur univers de coton et de coussins, elle se serait déjà noyée, si Limna ne l’avait pas appelée.
Avec beaucoup plus d’assurance qu’il n’en avait montré, sa main acceptant finalement de quitter son poignet pour son front, elle y glissa ses doigts et souffla, à l’adresse de l’Ilédor toujours : « Ils vont bien. Ne vous en faites pas, ils ne mourront pas. » Puis elle hasarda un regard en sa direction, ses yeux livides se plantant dans ceux du Gardan Edorta. Elle y lisait l’angoisse, la peur… et cela, contre toute attente, la toucha. Au moins étaient-ils deux à s’inquiéter sincèrement du sort de Lis. Elle poussa un léger soupir puis lui glissa, une fois de plus : « Ne vous inquiétez pas »

Mais la vie n’était pas tout ce qui importait, ici. Importait aussi le geste. Si elle n’avait ressentit ce besoin de rester auprès d’elle coûte que coûte, et de l’accompagner vers la vie, Limna se serait déjà mise en chasse. En chasse de cette putain. Oui, ce ne pouvait qu’être Lysandre. Si ce n’était pas son geste, alors ce devaient être ses mots. Elle pouvait se targuer d’être à la tête d’un peuple de paix, mais Limna savait. Limna avait déjà vu dans ces yeux la lueur meurtrière, et elle savait que l’Hirune ne rechignait pas tant que cela à donner la mort. Si Jezabel n’avait été là, elle-même serait déjà morte, à l’heure qu’il est.

Il faudrait le lui faire payer, venger dans le sang cette odieuse agression, faire cracher à cette truie ses aveux, l’humilier et lui prouver qu’elles étaient hors de sa portée. Aujourd’hui, demain et toujours.

L’idée qu’un autre puisse être le commanditaire ne lui vint pas même à l’esprit. Ce ne pouvait être que Lysandre. Qui d’autre en voulait à Lis, au point de vouloir lui ôter la vie ? Qu’avaient à faire les Ilédors de sa vie ? N’était-ce pas eux, alors qui se battaient pour elle ? Tout incompétents qu’étaient leurs guerriers, leur Chef se tenait à ses côtés, et cela valait plus que tous les bons sentiments que Lysandre et consorts répandaient dans la boue qui était la leur.
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MessageSujet: Re: La Reine se meurt   Mar 27 Déc - 19:39

Lis avait toujours été entourée. D’hommes, de femmes. De partenaires qui l’aimaient, qui l’adoraient au point de quitter leur couche familiale pour la rejoindre en pleine nuit. De maris subjugués et de Prêtresses intimidées. Elle avait toujours reçu beaucoup de désir, de passion, de tendresse aussi, parfois même douce et d’amour sincère comme un premier émoi. Lis avait toujours eu énormément d’amour et d’attentions.

Et elle en avait donné de façon bien réciproque. Elle avait aimé, passionnément, délicatement de temps en temps mais la plupart du temps de façon intense et extraordinaire.

Mais ce qu’elle ressentait pour ces êtres en elle était différent. Un attachement forcé qu’elle avait vécu avec dégoût lorsqu’elle l’avait appris, jusqu’à nier l’évidence durant des semaines. Aujourd’hui, contrainte de les accepter, elle ne voulait pour rien au monde les perdre.
Et les mots de Limna la rassurèrent. Bien qu’elle puisse s’étonner d’avoir un jour besoin d’être rassurée par la Chasseresse, elle qui tenait davantage ce rôle de coutume, la Future Reine n’était pas encore assez éveillée pour pouvoir le remarquer. Elle se contentait de prendre chaque note optimiste qui pourrait la faire se raccrocher à la vie qu’elle venait de retrouver.

Si la douleur était encore indéfinissable tant elle était présente à chaque pensée, et même si elle ne pouvait faire que très peu de mouvement, Lis n’avait aucune intention de mourir ainsi. Elle avait cru que Therdorus l’avait attaqué dans le dos, mais elle savait qu’il voulait les enfants, et la tuer n’aurait rien apporté de plus qu’une situation sans issue… A moins que Leur Dieu leur ai montré l’avenir et qu’il en soit ainsi… Sa tête tambourinait déjà, inutile d’ajouter à cela quelques préoccupations plus globale. Ses principaux maux venaient de son dos, suivis par les pics électriques et tétanisant dans son ventre.

Ses doigts sentirent s’enfuir ceux de l’Hirune, et elle réussit à tourner les yeux pour suivre péniblement ce qui se passait autour d’elle. Ysor était présent, dans le coin de l’œil, elle le devinait. Impossible pour elle de faire passer une quelconque expression, même se congestionner de douleur lui était impossible ; elle semblait comme pétrifiée. Au-delà de cette entêtante souffrance, elle n’avait d’autre choix que d’écouter et elle perçut un murmure de Limna envers son futur époux, sans savoir ce qu’elle disait.

Elle aurait besoin de repos, et comme s’il savait lire dans ses pensées, l’homme qu’elle avait vu à son réveil imposa à tous le calme et le silence, indiquant que la Future Reine avait besoin d’énormément de tranquillité et de soins permanents, tant son avenir semblait encore incertain. Il doutait ? Il doutait ? Lis sentit son pouls s’accélérer à nouveau, mais elle se raccrocha au contact du bout de ses doigts sur la peau de son ventre tendu, et elle s’apaisa lentement. Alors qu’une émotion ne transpirait de ses traits, elle ferma lentement les yeux, fatiguée. Si ce Médecin doutait, Lis, elle, n’en était pas capable. Il avait eu les mots équivoques pour la convaincre que sa Volonté serait suffisante : Elle était la Future Reine. Et pour devenir la femme d’Ysor Cinq, elle devait rester en vie. Et mettre au monde ces Jumeaux.

Voyant comme elle respirait avec lenteur, l’homme de Science sembla hésiter un instant, avant de conseiller à nouveau aux occupants de prendre congés, soulignant encore combien sa Majesté était faible. A l’entendre, Lis décelait qu’il prenait des pincettes pour s’exprimer aux personnes présentes, et en dehors du respect protocolaire dû au Gardan Edorta, la Prêtresse sentait qu’il ne voulait pas non plus réveiller la fureur de Limna… Si elle avait pu sourire, elle l’aurait certainement fait, car elle reconnaissait bien là la Chasseresse.

Elle se berça elle-même de mouvements infimes et invisibles aux yeux des autres, de ses doigts contre son ventre. A moins qu’il ne s’agisse que de son imagination, et qu’elle ne reste immobile, jusqu’à sombrer dans un sommeil qui semblait beaucoup plus conscient que le coma dans lequel elle était plongée jusqu’alors.
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