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 Hasard, art et paillards

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Luminara Hirune
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MessageSujet: Hasard, art et paillards   Dim 20 Mar - 14:09

Il était presque étonnant de réaliser qu'à côté des grands coups de théâtre orchestrés par les intrigants d'Edor Adeï, la vie normale suivait son cours. Luminara avait continué ses répétitions avec son taureau, apparaissant occasionnellement avec lui dans l'un ou l'autre spectacle du Grand Théâtre, mais réservant à plus tard sa véritable Première, à laquelle elle convierait tous les Olarils. Et selon sa Mécène – qu'elle n'avait toujours pas rencontrée – si elle donnait un avant-goût aux Ilédors en distillant petit à petit son art, l'envie de voir ses prouesses en entier pousserait le peuple d'Edor Adeï à venir également. Luminara avait encore plusieurs semaines d'entraînement devant elle : elle était en train d'élaborer une figure particulièrement difficile et d'ailleurs une des seules qui soit vraiment dangereuse pour elle, mais à couper le souffle. Elle finirait par y parvenir. La pratique avait toujours payé, ce serait le cas encore une fois.

Pour l'heure, elle prenait une pause dans une taverne, la première dans laquelle elle avait mis les pieds en arrivant. Il n'était pas rare d'y croiser des Olarils et Luminara aimait la fréquenter pour cette raison. Elle avait déjà dévoré son repas de midi et le joyeux soleil de l'extérieur ne semblait pas freiner les premiers ivrognes de la journée. Souriant à l'ambiance chaleureuse et détendue qui régnait dans l'endroit, elle étendit ses jambes sous la table et s'installa dans une position reposante. Son attention fut soudainement captée par un homme qui s'exprimait à voix haute dans un coin de l'auberge, écouté par plusieurs personnes. Luminara dut se concentrer un instant, car il s'exprimait dans une langue très épurée, propre aux Ilédors du Haut de la Ville, et elle avait parfois du mal à tout saisir du premier coup.

L'homme possédait la prestance et l'allure propre aux orateurs. D'ailleurs, son apparence n'allait pas sans lui rappeler feu Vesper Aster, à ceci près que l'inconnu ne possédait pas le même air sournois collé au visage. Son charisme plut à Luminara, et elle prêta l'oreille à son discours. Un sourire amusé naquit aussitôt sur ses lèvres. L'inconnu parlait des Olarils et des légendes à découvrir, ainsi que des intérêts de leur culture. Il devait bien s'entendre avec Sorastrata, alors... Comme l'un des auditeurs réclamait un exemple, l'orateur se lança dans une description étonnamment véridique des Fêtes d'Hégoa, laissant Luminara complètement abasourdie. Mais... il possédait réellement une connaissance profonde de leurs traditions ! Tout à fait alerte, décidée à ne pas perdre une miette de son discours, elle écouta avec une pointe de mélancolie les explications de l'homme. Quand il eut terminé, elle lança, depuis sa place :

- J'ajouterais même qu'Hégoa occupe une place primordiale dans notre existence. Même en dehors de cette fête, une femme désirant un enfant pouvait passer la nuit sur son autel au Temple. J'en sais quelque chose : je suis née après que ma mère ait tenté l'expérience.

Elle n'aurait pas cru que reparler de ses anciennes croyances, si longtemps après avoir refusé ne serait-ce que d'utiliser le nom des dieux, viendrait aussi facilement. Peut-être allait-elle simplement de l'avant. Les auditeurs acquiescèrent, quelques remarques fusèrent encore puis le groupe se disloqua. Luminara ne fut pas surprise de voir l'orateur s'approcher d'elle. Tout sourire, elle lui désigna de la main la place vide face à elle. Elle dit d'un ton appréciateur :

- Impressionnante connaissance de notre folklore, monsieur l'orateur. Puis-je connaître votre nom ?

Il était assez rare de trouver des Ilédors enthousiasmés par les Olarils, encore plus de rencontrer ceux qui avaient de l'estime pour eux. Sans cette certitude d'être respectée dans ses différences, Luminara ne se serait jamais permise d'intervenir et d'ainsi ajouter quelque chose. Elle se présenta, réalisant qu'elle manquait à tous ses devoirs :

- Je m'appelle Luminara Hirune. Et j'ai été ravie de vous entendre... pendant quelques instants, j'ai retrouvé la saveur unique de nos fêtes.

Oui... y aurait-il d'autres fêtes propres à Arestim Dominae, maintenant qu'ils étaient ici ? Avait-elle vécu sans le savoir sa dernière fête d'Hégoa, voilà de longs mois ?
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Ulkan Siskarra
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MessageSujet: Re: Hasard, art et paillards   Mer 23 Mar - 15:31

Ulkan après s'être promené toute la matinée dans rues du quartier humble décida d'aller en taverne au quartier commerçant, voir si quelqu'un n'allait pas lui offrir un repas ou à boire après l'avoir entendu parler. Cela arrivait... parfois.

Après avoir longtemps hésité, il finit par se rendre à l'auberge du Ceste Clouté. Après tout, ces derniers temps, il s'intéressait beaucoup aux Olarils et il en trouvait généralement toujours un avec qui parler en ces lieux. Il pénétra dans la taverne et après s'être payé une bonne bière commença à regarder dans la pièce... Quelques Ilédors, quelques Olarils... Quel sujet aborder... Puis il se souvint de sa dernière rencontre avec Sorastrata. Et son intérêt pour la culture Olaril revenant en force, il se posta dans un angle, plutôt situé coté Ilédors et commença à parler à haute voix. Essayant de capter dès le début l'intérêt des personnes présentes.

"Mesdames et messieurs, gentes demoiselles et gentilshommes, vous avez tous surement ces temps-ci entendu parler de plus en plus des Olarils. Cependant, combien d'entre vous se sont un peu intéressés à eux ?"

Marquant un temps d'arrêt le temps que le public comprenne qu'on l'interpelle, il en profitait pour boire une gorgée, puis s'approchant d'un pas vers une personne qui semblait légèrement intéressée, il reprit.


"En effet, ces personnes qui pour certains ne sont que d'un intérêt passager ou un phénomène de mode, ont une culture pour des plus passionante..."

L'orateur faisant semblant de chercher ses mots quelques secondes, quelqu'un en profita -comme prévu- pour lui demander un exemple. Soit par curiosité, soit pour le tester. Cependant, cela faisait interagir le public et une réponse digne de ce nom ne ferait qu'intéresser encore plus les autres.

"Laissez-moi donc vous parler d'une de leurs coutumes, la fête d'Hégoa..."

Ulkan commença alors à raconter ces sublimes cérémonie que lui avait décrit Sorastrata Hirune avec précisions, ne manqua pas parfois d'accentuer certain point qu'il savait soit être important pour les Olarils, soit qui allait plus intéresser les Ilédors.
Puis vint la fin de son récit, c'est alors qu'une ravissante femme, d'apparence Olarile -ce qui vint se confirmer par ses propos- l'interpella.

Á la fin de son intervention, il lui sourit puis répondant aux autres intéressés du sujet, il décida d'abandonner sa quête de repas et d'aller plutôt discourir avec cette Olarile.

Celle-ci l'invita à s'asseoir en face d'elle, puis l'écouta parler avant de lui répondre.

"Et bien, ravi que cela vous ai plu. Mon nom est Ulkan Siskarra, mais tout le monde m'appelle, Mr. l'Orateur ou Ulkan... enfin ceux qui restent polis. Vous pouvez m'appeler comme vous voulez, ça ne m'importe que peu."

Il la regarda un peu plus, souriant et buvant une gorgée pour ne pas paraitre trop idiot à juste la regarder. C'était une femme plutôt séduisante, même si visiblement plus âgée que le jeune orateur.

"Qu'est-ce qui amène une charmante demoiselle dans une taverne à cette heure de la journée ? Serait-ce la faim, ou juste un besoin de présence humaine familière ?"


Dernière édition par Ulkan Siskarra le Sam 30 Avr - 20:04, édité 2 fois
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Luminara Hirune
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MessageSujet: Re: Hasard, art et paillards   Dim 3 Avr - 18:36

Tout le monde l'appelait « monsieur l'orateur » ? Voilà qui n'allait pas sans rappeler à Luminara le souvenir de « monsieur le conteur », Heh Lemidor... Son ancien amant avait été enterré avec le reste du peuple Olaril après les Feux de la Gérax. Peut-être parce qu'elle pensait aux morts et que tout semblait soudainement plus cru, Luminara se sentit vieille. Il lui semblait qu'Arestim Dominae existait voilà des siècles. Elle regarda un instant Ulkan, réalisant seulement à cet instant à quel point il était jeune. De loin, elle l'avait cru plus vieux. S'il avait vécu chez les Olarils, il ne serait vraisemblablement pas encore passé à l'Age Adule. Mais qu'importait ? Les Ilédors avaient un mode de vie bien distinct du leur, après tout.

- Ce sera donc Ulkan. Contente de faire votre connaissance.

Sa voix était chaleureuse et détendue. En revanche, à sa réplique suivante, Luminara ne put s'empêcher d'éclater de rire. Voilà bien des années qu'on ne l'avait plus traitée de demoiselle ! Apaisée, mais incapable d'effacer ce sourire qui lui venait aux lèvres, elle répondit d'un ton faussement exaspéré :

- Vilain flatteur ! C'est aimable de votre part, mais voilà longtemps que je ne suis plus demoiselle ! En ce qui me concerne, je suis même veuve.

En parlant n'était plus aussi compliqué qu'auparavant. Qjar restait un souvenir chéri, mais elle était parvenue à aller de l'avant. Songeant que ce n'était guère là un sujet plaisant de conversation, elle continua sans se troubler et répondit à sa question suivante :

- Je suis ici pour sans doute la même raison que vous : il est facile d'y retrouver des Olarils. C'est que... la vie en commun que nous avions à Arestim Dominae me manque, et venir ici retrouver les miens me fait gagner ma journée !

Elle se tourna vers lui. Peut-être se trompait-elle, mais le savoir qu'il semble détenir à propos d'eux ne pouvait avoir été acquis dans les livres... il avait forcément beaucoup côtoyé les Olarils, ou au moins l'un d'entre eux. Elle n'était pas certaine qu'il connaisse Sorastrata, mais une intuition lui soufflait que oui. Juste après avoir commandé une nouvelle choppe afin de l'accompagner dans la boisson, elle demanda :

- D'où tenez-vous vos connaissances sur nos traditions ? Je me demande ce qui vous pousse, vous un Ilédor, à vous intéresser à nous ?

Son étonnement était sincère. Elle se savait traitée de pouilleuse par la moitié de la ville – et ce sentiment lui était ô combien douloureux – et voulait le respect auquel elle estimait avoir droit. Or, cet homme semblait seulement intéressé par leur savoir, sans entrer dans les deux premières considérations. Il se situait sur un troisième plan, encore différent des deux premiers, et c'était suffisamment inhabituel pour attirer son attention. Luminara ne put retenir sa curiosité et finit par ajouter :

- Vous avez appris quelque chose aujourd'hui... Que pourriez-vous m'apprendre sur les traditions des Ilédors ?

Du fait qu'elle vivait maintenant à Edor Adeï, Luminara avait forcément été obligée d'en apprendre, des coutumes ilédores – ce qui avait été fait aux enfants Aryassat la révoltait toujours autant, mais ce n'était pas le moment d'en parler. Mais il y avait une multitude de nuances et de subtilités qui lui échappaient. C'était peut-être l'occasion d'en apprendre un peu plus, et des plus sympathiques... Par exemple, Luminara n'avait pas encore vraiment eu l'occasion de comprendre ni d'assister à une fête Ilédore. Comment fonctionnaient les réjouissances, ici ? Qui menait le jeu ? Elle avait déjà remarqué qu'après les prestations au Grand Théâtre, les Ilédors rentraient chez eux, ce qui aurait été impensable en Arestim Dominae, où chaque manifestation était suivie d'une grande fête.

Et puis, l'orateur la mettait à l'aise. Son attitude et ses gestes étaient détendus, presque nonchalants. Comme quoi, les Ilédors moins coincés que le reste tiré à quatre épingles, ça existait tout de même...
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Ulkan Siskarra
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MessageSujet: Re: Hasard, art et paillards   Sam 30 Avr - 20:15

Apprenant que l’Olarile était veuve, il s’en voulut un peu de sa remarque, mais comme il savait qu’il n’avait rien fait de mal, il ne s’attarda pas dessus. Et continua d’écouter la charmante Olarile. À sa réponse, il ne put s’empêcher de rajouter avec un sourire légèrement sournois :

« En effet, je suis venu ici car il y a beaucoup d’Olarils, mais j’espérais aussi me faire offrir à manger par un Ilédor trop peureux de vous parler, mais qui aurait apprécié ma prestation. »

Il marqua un temps d’arrêt, puis repris comme s’il se justifiait.

« Ne vous inquiétez pas, je ne compte rien vous demander. Disons que je fais ceci pour subvenir à mes besoins sans avoir à me servir de mon rang. »

Il s’arrêta là, il n’avait pas vraiment envie de parler de lui, il n’aimait pas cela et ce n’était pas vraiment intéressant. En tout cas selon lui, peut-être que pour d’autres ça le paraitrait mais pour lui… Puis l’Olarile en vint à le questionner sur son intérêt et ses connaissances Olariles. Il lui répondit donc sur avec un large sourire et sur un ton rempli d’humour enfantin.

« Hé bien, il n’est pas vraiment bon de donner ses informateurs, mais je peux bien faire une exception pour vous. Toute information que j’oserais divulguer à propos de votre peuple me viennent d’une source sûre, qui se trouve être l’une de vos compatriotes, la très vénérable Sorastrata. Et j’ajouterais même que si celle-ci était un peu plus jeune, je serais peut-être tombé sous son charme. »

Il ne put s’empêcher de rire à cette dernière remarque. Non pas qu’elle fut franche, mais qu’elle était totalement déplacé, ce qu’il admit par la suite. De plus, il ne se sentait guère à la hauteur face à tant de réussite, lui le simple orateur un peu fou. Mais c’était sur, il aimait discuter avec cette personne, il était rare de voir quelqu’un avec autant d’expérience et de vécu dans cette cité. Enfin il répondit à la seconde question de Luminara en reprenant son calme, mais en gardant son sourire.

« Pourquoi nécessiterais-je d’une raison pour apprendre quelque chose de passionnant ? Pour ma part je ne suis guère de l’avis de certains qui ne vous trouvent qu’un intérêt passager, pour moi ce fut une véritable surprise de découvrir votre peuple et un émerveillement quotidien d'en apprendre plus sur vous. Voir des personnes qui n’ont jamais vécu comme nous me permet d’ouvrir un peu plus mes horizons et de refaire le point sur ma personne et notre culture. »

À la dernière question de la jeune femme, il eut un petit sourire. Mais s’arrêta quelques instants le temps de réfléchir.

« Hé bien, que vous dire d’intéressant… Quoique j’ai peut-être une idée. Nul va sans dire que vous devez avoir entendu parler du culte de Therdone, peut-être pas m’enfin l’intérêt n’est pas là. Le plus grand point de ce culte est la Volonté, la volonté est maître dans ce culte. Et il s’avère que parfois ça peut-être utile… par exemple, si vous êtes dans une situation compliquée, je vous conseille de vous faire passer pour ivre, allez savoir pourquoi, les moines comme le reste des Ilédors pensent que l’alcool réveille en nous notre volonté vraie, et il s’avère qu’en général, on se retrouve avec une peine minime… Je ne compte plus le nombre de fois où me faire passer pour ivre m’a aidé. Pour cela le mieux c’est de garder une petite bouteille d’alcool fort dans ses vêtements, et que si vous voyez des gardes arriver, vous vous rincez bien la bouche avec et vous jouez celui qui ne comprend rien. Après si ça ne marche pas, vous pouvez toujours tenter de vous réfugier dans un des sanctuaires et demander asile. »

Ulkan éclata de rire, puis but une gorgée de sa choppe. Puis il rajouta en souriant :

« Tout le reste, n’importe qui peut vous l’apprendre. Enfin, si vous souhaitez voir un moment intéressant chez les Ilédors, espérez que les grandes foires arrivent bientôt. J’aurais grand plaisir de vous y accompagner si celles-ci se tiennent comme d'habitude. »

En effet, les évènements récents allaient sûrement gêner ce genre de célébration des plus intéressantes selon le jeune Ilédor.

« Sur ce, si vous le voulez bien, nous pourrions continuer à discuter autour d’un repas, c’est moi qui offre. »

Finalement, ce n’était pas lui qui allait se le faire offrir son repas aujourd’hui, mais c’était une bonne journée.
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Luminara Hirune
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MessageSujet: Re: Hasard, art et paillards   Lun 2 Mai - 23:40

La cupidité avouée de son interlocuteur l'amusait. Celui-là ne s'embarrassait ni de faux-semblants ni de convenances : il lui avouait une vérité brute, et Luminara haussa à peine les sourcils en entendant qu'il était venu au Ceste Clouté en quête de quelqu'un susceptible de lui offrir son repas. Elle le lui aurait éventuellement offert, mais il n'avait pas vraiment l'air d'en avoir besoin : tout en lui clamait un Ilédor de niveau élevé. Il confirma d'ailleurs son hypothèse en parlant de son rang. Seuls les nobles avaient un rang, et Luminara sourit en songeant qu'elle l'avait peut-être déjà croisé à une réception dans la Ville Haute. Elle se contenta alors de sourire d'un air entendu à ses propos.

L'entendre plaisanter à propos de Sorastrata parut incongru à Luminara, mais elle ne s'y attarda pas, positivement étonnée par le culot d'Ulkan. L'esprit était bon enfant, d'ailleurs dans le cas contraire elle se serait sentie mal à l'aise, et elle répondit joyeusement :

- Vous m'obligeriez grandement en évitant de mettre vos plans de séduction à exécution. Voyez-vous, Sorastrata est ma grand-mère, et je n'envisage pas de me retrouver avec un grand-père par alliance de votre âge...

La situation était cocasse, presque irréelle. Ulkan avait la parole facile – compte tenu de son métier, c'était parfaitement normal – et Luminara se plaisait à l'écouter. Que ce soit à propos de son étonnant intérêt pour les Olarils ou des traditions ilédores. Son histoire sur l'ivresse trouva un profond écho en elle. L'espace d'un instant, elle crut qu'il savait qu'elle était celle qui avait été arrêtée par le Guet avec Lysandre. Puis, elle se reprit et écouta, mais son écoute n'était plus empreinte de curiosité comme plus tôt. Luminara écoutait Ulkan comme elle aurait écouté quelqu'un lui donnant des consignes de survie. Si elle avait simulé un état d'ivresse, le Guet l'aurait-il laissée en paix ? Luminara retint un rictus sardonique. Elle ne supportait pas d'être jugée par les Ilédors, elle allait s'efforcer de ne pas les juger elle-même. Mais tout de même, quelle étrange culture que celle qui protégeait les ivrognes ! Il faudrait qu'elle fasse passer le mot aux autres Olarils, ce genre d'information pouvait sauver des vies. Son regard croisa celui d'Ulkan. Sa bonne humeur cachait en fait un homme habitué à esquiver les ennuis, et Luminara eut un sourire. Son choix audacieux faisait de lui un orateur qui n'avait pas peur de critiquer sa propre culture. Elle ne s'y trompait pas, il lui avait non seulement fourni un clé intéressante pour des éventuelles difficultés futures, tout en ajoutant une réflexion personnelle sur ses propres mœurs. Luminara eut un grand sourire, puis répondit lentement :

- Merci du tuyau... Je m'en souviendrai.

Toutefois, le Guet n'était vraiment pas dans ses plans. Elle y avait goûté une fois, c'était amplement suffisant. On ne l'y reprendrait plus, c'était certain. Elle continua :

- Votre histoire me surprend. Je ne suis pas ici depuis très longtemps, comme vous le savez, mais tous les Ilédors que j'ai côtoyé étaient plutôt... austères et intransigeants, plutôt répressifs quant au comportement libertin. Et l'alcool échapperait à la règle ? Je l'ignorais.

Un sourire traversa fugacement le visage de Luminara.

- Et puis, pour tout vous dire, je pensais que les Ilédors ne savaient pas boire. Même vos piliers de comptoir ne paraissent pas avoir la descente que les Fils de Filhakan avaient, de par chez nous.

Peut-être y avait-il un soupçon de provocation dans cette phrase. À peine... Quand il lui proposa le repas, elle regretta d'avoir déjà englouti le sien.

- C'est très aimable à vous, mais je viens de terminer mon repas. En revanche, je boirai avec plaisir un verre avec vous.

Restait la question des foires. Le concept était toujours un peu nouveau pour elle, et la perspective d'avoir un guide aussi sympathique qu'Ulkan la réjouissait. Elle accepta avec joie.

- Je pense que les foires auront lieu comme prévu, parce que j'ai entendu les Ombres du Grand Théâtre en parler il y a quelques jours. Je n'étais pas certaine de m'y rendre, mais avec vous, ce serait un plaisir !

Luminara en aurait presque oublié qu'elle ne connaissait pas l'orateur au début de la journée. Pourtant, ses manières joyeuses et son franc-parler l'avaient convaincue que, finalement, les Ilédors gagnaient à être connus.
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Ulkan Siskarra
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MessageSujet: Re: Hasard, art et paillards   Mar 3 Mai - 11:41

« Ne vous n’inquiétez pas, je n’ai guère de plan. Et puis vous semblez toutes si séduisantes dans votre famille que je ne saurais pas où donner de la tête. »

Il sourit alors et n’en dit pas plus, le sujet pour lui était clos.

La conversation était des plus agréable et bien qu’Ulkan ai l’habitude de monopoliser un peu la parole de par son métier, il prenait aussi plaisir à écouter Luminara lui répondre. Puis vint la phrase qui vint réveiller le coté casse-cous de l’orateur qui la regarda alors d’une façon légèrement provoquante et leva sa main pour appeler la serveuse sans dire mot, écoutant ses dernières phrases concernant la foire qui le ravir, ce qu’il ne manqua pas de dire ajoutant qu’il la prenait au mot et qu’il viendrait la chercher si elle lui permettait.

Puis la serveuse arriva et il la regarda en souriant avec un air étrange. Ca y est, il était partit dans son monde.

« Mademoiselle, je vous prendrais vos deux meilleur fût d’hydromel, et ce que la dame ici présente désirera. J’espère que cela suffira. »

Il sortit alors sa bourse et en tira une poignée d’Edor rutilant, il prit alors la main de la serveuse qu’il tourna afin qu’elle lui montre sa paume et posa le tout dedans.

« Gardez la monnaie. Et ne me donner pas de piquette s’il vous plait. »

Il y avait beaucoup trop, mais c’était trop tard, il ne comptait plus maintenant qu’il avait accepté ce défi. Cependant un éclair de lucidité passa soudain dans son regard et il rappela la serveuse.

« Juste un fut en faite. J’ai des enfants qui m’attendent ce soir. »

La serveuse repartit, visiblement elle n’en revenait pas.

Il regarda alors Luminara, et avec un large sourire lui dit.

« Voilà, vous verrez bien si les Ilédors sont si piètre buveur que vous le pensez. Vous n’avez surement pas vu les soirées nobles… »

Puis sentant qu’il avait dit précédemment quelques choses d’étrange pour d’autres personnes que lui, il reprit la parole en souriant.

« Les enfants dont je parlais, ce ne sont pas les miens vous savez. Je n’en ai pas, ce sont juste quelques enfants à qui je viens raconter des histoires régulièrement dans les quartiers humbles. Et je me voyais mal arriver un peu saoul pour leur raconter une histoire. Ce n’est pas un exemple à montrer à des enfants. D’ici quelques années… Peut-être, mais ils m’auront surement oubliés… »

Bref, le fut arriva et attendant tout de même qu’on ait servi Luminara pour commencer à boire, il se servit tout de même un verre.
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Luminara Hirune
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MessageSujet: Re: Hasard, art et paillards   Jeu 5 Mai - 10:46

Luminara en aurait éclaté de rire. Elle ne s'était pas attendue à ce que sa pique soit prise au sérieux. Mais l'orateur semblait en faire son affaire. Elle leva un sourcil amusé en l'entendant commander deux fûts. Un pour elle, un pour lui ? Puis, elle réalisa qu'il attendait qu'elle commande quelque chose à son goût. Deux fûts ? Les fûts d'Edor Adeï ne devaient pas avoir la même capacité que les fûts d'Arestim Dominae, il ne pouvait en être autrement. Parce qu'un fût, déjà, ça paraissait terriblement sauvage à Luminara, alors un deuxième... Puis, il sembla se raviser, comme s'il se souvenait de quelque chose d'important. Il avait des enfants ? Luminara se retint à temps d'ouvrir grand la bouche. Il était tellement jeune, et il avait déjà plusieurs fils ou filles ? Luminara savait que les Ilédors étaient différents, mais là, elle y était confrontée de plein fouet. Depuis combien de temps un homme aussi jeune pouvait-il être père ? Ce devait être des enfants en bas âge, alors... Luminara n'eut pas vraiment le temps de lui poser la question, il affirmait déjà que les Ilédors étaient d'excellents buveurs, en lui disant qu'elle n'avait sans doute pas été aux bons endroits. Là, elle se permit de rectifier directement, en attendant de trouver une meilleure approche pour en savoir plus sur ses enfants.

- Il se trouve que je suis Artiste, et que ma Mécène m'a introduite dans plusieurs cercles de la Noblesse. Alors je pense en avoir une idée, oui. Mais là ce ne sont guère des questions de tenir l'alcool, ce sont plus d'immenses débauches.

Le tout était dit sans ironie ou mépris. C'était plus un constat. Jamais les Olarils n'avaient connu de telles orgies. Et ce n'était pas vraiment l'endroit rêvé pour voir qui tenait la boisson ou non, puisque beaucoup étaient complètement ivres à la fin, quoi qu'ils aient à boire.

À ce moment-là, Ulkan lui expliqua spontanément qu'il ne parlait pas de ses propres enfants, et au fond d'elle-même, Luminara se sentit rassurée. Toutefois, il venait de dire quelque chose d'absolument énorme, et Luminara releva aussitôt :

- Vous n'irez nulle part, Ulkan. Après un concours de ce genre, vous serez tout juste bon à vous traîner jusque chez vous. Ou alors, comme je le pensais, les Ilédors n'ont vraiment pas idée de ce que c'est, un concours de boisson.

D'accord, elle exagérait, maintenant. Mais c'était difficile de ne pas se laisser aller au défi. Elle-même était loin d'être la meilleure buveuse des fils de Filhakan. Elle tenait bien l'alcool, toutefois. Suffisamment sans doute pour entraîner l'Ilédor avec elle dans l'ivresse. Avec un soupir faussement exaspéré, elle réalisa qu'elle ne retournerait pas s'entraîner avec son taureau, du moins pas aujourd'hui. Enfin, elle vit le fût d'Ulkan arriver. C'était donc ça, un fût Ilédor ! Elle était rassurée, c'était tout à fait possible d'en boire un sans être mort. À vue de nez, elle calcula le nombre de verres que devait contenir le fût en question, et eut un sourire. Un fût Olaril n'était transportable que par quatre hommes vigoureux et contenait des centaines de litres. Ici, il n'était question que - si que était le mot qui convenait : ils allaient le sentir passer, c'était certain - d'une dizaine de litres, et encore. C'était petit, transportable par n'importe quel membre du personnel. Pas mal. Avant que la serveuse ne reparte, Luminara s'adressa à elle :

- Amenez-moi la même chose, s'il vous plaît.

La serveuse tourna les talons et Luminara se tourna vers l'orateur, tout sourire. Voilà qui était totalement inattendu, mais qui promettait un certain amusement.

- Tant qu'à faire, allons-y dans les règles de l'art... Nous partons sur les mêmes bases, avec le même alcool, et pas de la piquette, comme vous l'avez si bien dit. Vous ne semblez pas avoir d'alcool dans le ventre, de mon côté je n'en ai pas ; nous partons à égalité.

La jeune femme était de retour avec le deuxième fût, qu'elle posa à côté du premier. Luminara se servit tranquillement un verre. Voilà qui allait être assez violent, mais si elle se débrouillait pour ne pas aller trop vite, elle pouvait tenir dans la durée. Elle leva son verre et le fit tinter contre celui d'Ulkan. Elle décida de trinquer à tous les accoutumés de l'ivresse, qu'ils soient Olarils ou Ilédors.

- À tous ceux qui apprécient l'éclat et la saveur de l'alcool !

Et, comme il était de coutume chez les fils de Filhakan de le faire après un tel ban, elle vida son verre cul sec.

Accroche-toi, ma grande.
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Ulkan Siskarra
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MessageSujet: Re: Hasard, art et paillards   Jeu 5 Mai - 15:23

« À tous ceux qui aiment boire en bonne compagnie, SANTÉ ! »

Et il suivit Luminara en buvant lui aussi son verre cul-sec. Pas question de recommencer un cul sec de si tôt par contre. Il savait boire, et il avait conscience de ses limites, il pourrait facilement finir le fût, mais pas à ce rythme-là en tout cas. Il rappela à nouveau la serveuse.

« Excusez-moi de vous déranger à nouveau, mais serait-il possible d’avoir le plat du jour je vous prie ? »

La serveuse acquiesça, elle ne semblait pas de trop mauvaise humeur, et pourtant il la faisait marcher la pauvre. Bref, il lançait son plan à exécution, certes elle pensait qu’il était à égalité, mais il avait un avantage incontestable.

Pour commencer, il ne venait pas de manger, et manger, ça éponge ! Deuxième partie du plan, boire lentement et trouver quelques choses à dire pour faire passer le temps entre les gorgées. Cependant il ne pouvait pas non plus se permette de la regarder boire toute seule, il fallait donc que ce soit intéressant pour l’empêcher de boire elle aussi…

Dur.
Très dur de trouver quelques chose d’intéressant à dire, surtout quand on connaît son interlocuteur depuis moins d’une heure. Mais il était orateur, et en bon orateur, il ne devait pas avoir de problème à déclencher un débat. Pendant sa réflexion il en profitait pour se resservir à boire calmement et puis après avoir bu une gorgée il reprit :

« Si je ne me trompe vous avez dit être artiste ? Et que faites vous donc ? Je ne vous ai encore jamais croisé avant, et soyez certain que si ça avait été le cas je n’aurais pu oublier votre charme. Enfin si ça vous gène de parler de votre travail dites-le. »

Il lui sourit alors joyeusement et but une petite gorgée de ce merveilleux breuvage qu’est l’hydromel. Un des seuls alcools qui ne lui semblait guère infect mais dont il fallait donc se méfier davantage.

Puis le repas fut servi, rien de bien fantastique cependant, il ne se souviendrait même pas de son repas le soir, mais pas forcément pour cette raison cependant. En effet, s’il devait se souvenir de quelque chose, se serait plutôt de l’agréable compagnie avec qui il faisait un concours d’alcool, qu’il n’oublierait pas d’ailleurs.

En tout cas il commença son repas en écoutant la réponse en attendant la réponse de la charmante Olarile, se demandant si toutes les Hirune étaient si intéressante que celles qu’il connaissait. Question qu’il ne manquerait pas de poser d’ailleurs, quand l’occasion se présenterait, mais il ne savait pas encore s’il allait la poser à Luminara, Sorastrata, ou aux deux…

« Au fait, je ne sais pas si on peut dire qu’on part sur le même pied d’égalité, vous avez le ventre plein vous et moi une faim de loup, et puis je parle beaucoup… il faut que je me désaltère. »

Il eut un petit rire à sa dernière remarque et lui sourit.
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MessageSujet: Re: Hasard, art et paillards   Sam 7 Mai - 23:17

En l'entendant commander son plat, Luminara réalisa qu'effectivement, ils n'étaient pas à égalité comme elle l'avait pensé. Il avait le ventre vide, et elle le ventre plein. De ce fait, l'alcool monterait moins vite chez elle. Sa remarque à ce propos conforta Luminara dans l'idée qu'elle ne voulait pas partir sur de mauvaises bases. S'il s'estimait grugé et qu'il ne voulait pas le relever pour une stupide raison de galanterie – ou une autre, peu importait, finalement – Luminara ne l'entendait pas de cette oreille. Elle entendait mener un concours équitable, et gagner ou perdre loyalement. Envisager l'idée de tricher ne venait qu'après de nombreux verres, et encore... Luminara était quelqu'un de profondément droit, qui avait du mal avec le fait de mentir. Tout en songeant qu'un deuxième verre juste après le premier était encore dans ses capacités, mais qu'elle ne pourrait pas monter beaucoup plus haut sans de lourdes conséquences quand à la suite de la course de fond qu'ils se proposaient d'effectuer, Luminara se servit un deuxième verre.

- La faute est mienne. Vous avez le ventre vide, contrairement à moi. J'insiste pour compenser ce désavantage.

Et de fait, elle ne laissait pas le choix à Ulkan. Elle siffla son verre, et se resservit immédiatement, mais cette fois-ci, elle n'y toucha pas. Elle boirait sa prochaine gorgée en miroir avec l'orateur. Sa gorge s'était réchauffée et une agréable chaleur s'était répandue dans ses membres. Luminara se sentait de plus en plus détendue, et songea que l'après-midi avait à peine débuté. Son état n'allait définitivement pas être recommandable. Et pourtant, elle avait la stupide envie de sourire. Les fils de Filhakan lui manquaient, et Ulkan tombait à point nommé pour lui rappeler le piquant de leurs soirées. Tout en se calant confortablement sur sa chaise, elle répondit enfin à la question qu'Ulkan lui avait posée.

- Oh, je ne vois pas pourquoi je ne vous parlerais pas de mon métier ! Avant d'arriver ici, j'étais Chasseresse, comme toutes les Hirune, mais aussi Danseuse. Malheureusement, il n'y a aucune possibilité d'exploiter nos capacités en chasse à Edor Adeï. En revanche, rejoindre le cercle des artistes n'a pas posé trop de difficultés. Je me suis trouvé une Mécène, et j'ai commencé à m'entraîner au Grand Théâtre. Je monte actuellement un spectacle lié à la culture Olarile, dont la Première se tiendra bientôt. Si vous aimez un peu la danse, je crois que ça pourrait vous intéresser. Vous vous intéressez un peu à l'art ?

Un jour, vraiment, il faudrait que Luminara aille parler à la dame Noor Arlanii, dont le nom seul possédait une aura terriblement puissante. Mais elle voulait d'abord parvenir à monter un grand spectacle – celui avec le taureau – avant de la rencontrer. Elle sourit à la dernière remarque d'Ulkan, concernant le fait qu'il parlait trop :

- Vous me posez des questions, auxquelles je réponds, et vous osez dire que vous parlez trop ? Attendez que votre langue se délie, je suis certaine que parler ne vous posera plus aucun problème...

C'était vrai. D'ici quelques verres, ni lui ni elle ne penseraient plus aux calculs sur le nombre de verres à boire en un certain temps. C'était le propre des débuts de ce genre de défi, mais Luminara n'avait quand même pas encore vu d'adversaire pointilleux au point de relever le temps de parole comme élément important. Soit. Sur le fond, il devait avoir raison. Elle but lentement une gorgée.

- Vous parliez des soirées nobles, tout à l'heure. Vous y allez en tant qu'orateur, ou vous appartenez à la Noblesse ?

Luminara était curieuse d'entendre la réponse. De ce qu'elle avait compris, les habitants du Haut de la Ville n'aimaient pas se mélanger à d'autres niveaux sociaux. Mais s'il apparaissait que certains faisaient exception, comme les orateurs, c'était que finalement, les Ilédors étaient moins élitistes qu'au premier abord.
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Ulkan Siskarra
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MessageSujet: Re: Hasard, art et paillards   Dim 8 Mai - 17:40

« Il n’y a pas de faute, je disais juste cela car il me sera sûrement plus facile d’absorber de l’alcool en mangeant en même temps alors que vous vous ne mangez plus rien, et que je pense que nous n’avons pas non plus la même carrure. Bref, je me dois de me remettre à votre niveau. »

Il but donc un second verre cul-sec, se rappelant de ses premières expériences désastreuses avec l’alcool. Boire vite n’était vraiment pas de son gout.

Puis il écouta la ravissante Olarile parler de ses métiers, c’est vrai qu’il n’y a pas grand chose à chasser dans la cité, où alors ce n’est plus de la chasse… ou du moins comme on l’entend. Puis, elle lui parla de son métier de danseuse, c’est vrai qu’en y regardant mieux, elle semblait avoir un corps bien équilibré, souple et gracieux et elle ne devrait pas avoir de problèmes de souplesse… c’était pratique pour… danser. Ulkan eut les yeux qui pétillèrent quelques instants. S’en rendant compte, il espéra que ça passerait pour le fruit de l’alcool. Il toussota alors puis eut un large sourire, reprenant une gorgée d’alcool et redirigeant son regard vers les yeux de la chasseresse, car visiblement cela semblait plus son métier que celui de danseuse. Puis il accueillit chaleureusement l’idée d’aller la voir danser un jour. Il attendit donc qu’elle eut fini de parler pour répondre.

« Cela me plairait grandement de pouvoir admirer votre spectacle une fois qu’il sera prêt. »

Il but une gorgée d’hydromel puis reprit son discours.

« Ensuite, pour ce qui est de l’art, en tant qu’orateur je m’intéresse à tout, mais j’ai le regret de vous annoncer que je n’y connais pas grand-chose, à part le théâtre ou la musique, je ne suis pas vraiment un passionné d’art. Mais j’aime bien danser parfois, dans certaines occasions. »

Comme quand j’ai quelques verres de trop, pensa-t-il. Mais ce n’était pas encore le cas, et il continua d’écouter Luminara, et ne put s’empêcher de retourner à sa remarque une petite pique.

« Encore faudrait-il qu’à ce moment vous soyez en état de le remarquer. »

Il lui sourit alors quelques instant avec un petit air supérieur, rien de bien méchant, juste histoire de la taquiner. Il rit alors de bon cœur, et reprit une petite gorgée et continuant son repas.

« Peut-être devriez-vous me donner votre adresse maintenant que j’ai quelque part où vous raccompagner quand vous ne serez plus en état, à moins que vous préfériez que je vous ramène à votre grand-mère ? »

Il rit à nouveau d’un rire clair et joyeux. Décidément il s’amusait bien, c’était clair. Il allait passer un des meilleurs après-midi qu’il ait eu depuis un certain temps, et il espérait qu’il n’allait pas laisser à la charmante Luminara une mauvaise impression.

Puis Luminara vint lui poser des questions sur les soirées nobles et il eut un petit moment d’hésitation. Que dire à ce sujet ?

« Hé bien, disons que j’y vais quand on m’invite en tant qu’ami, ce qui n’est pas des plus fréquent. Peu de nobles portent d’un bon œil la noblesse de rang, et j’en fait partie par naissance. Et en tant que tel, je ne suis pour eux pas beaucoup plus important qu’un commerçant. Non pas que pour moi il y ait de sot métier –si ce n’est noble- mais je parle de leur point de vue. Enfin, quand il s’agit d’y aller en tant qu’orateur, ça ne risque pas d’arriver. J’applique pour eux la loi de Talion, et je ne suis pas le plus aimé des orateurs de la cité, en tout cas par les nobles qui voient mon côté franc et direct d’un mauvais œil, surtout quand ils ont de quoi se reprocher et que j’en fais partie. »

Il prit une petite gorgée d’hydromel l’air un peu plus songeur, ce qui n’arrivait pas souvent, puis il la regarda et sourit à nouveau.

« C’est pour ça qu’en tant que paria de la noblesse, je ne vais à ce genre de fêtes qu’en général quand c’est en tant qu’ami qu’on m’y invite. Ce qui est rare je vous l’avouerai. Mais il m’y arrive tout de même de m’y infiltrer pour mettre un peu… d’ambiance… »

Un sourire totalement machiavélique s’afficha alors sur son visage, et il rit alors, mais derrière le son clair, on pouvait y entendre un timbre qui ne présageait pas que du bon.

« Bref, autant vous dire tout de suite que je préfère mille fois la compagnie d’une charmante inconnue tel que vous. Et vous, ça vous intéresserait de voir une soirée noble sans pour autant être juste là pour faire l’animation ? Selon moi, ce n’est franchement pas génial, mais si vous souhaitez, par curiosité ou autre, je pourrais toujours vous emmener avec moi. »

Ulkan, cherchant que dire, se pencha sur son repas quelques instants, prenant quelques bouchées et se resservant un verre du fameux breuvage qu’il entamerait rapidement. Ne sachant que dire finalement, il parla alors simplement.

« Au risque de vous paraître lamentable, je vais vous dire. Ca fait longtemps que je n’avais pas passé un aussi bon moment. »

Il eut alors un petit air triste dans le regard. En effet, les journées passaient et il ressentait parfois un tel ennui et un tel désintérêt à ce qu’il faisait qu’il devait parfois se mettre lui-même dans des situations étranges pour se divertir un peu. Et c’est aussi pour ça qu’il prenait à cœur son métier et le fait d’aller raconter des histoires aux enfants. Au moins, il les distrayait un instant de leur quotidien parfois très triste. Il eut alors un petit sourire feint, en soupirant puis reprit une longue gorgée d’alcool.

« Que pensez–vous de « notre belle cité » sinon ? »

Cette phrase n’avait pas vraiment d’intérêt, et semblait un peu fade selon lui, mais au moins, elle changerait de sujet.
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MessageSujet: Re: Hasard, art et paillards   Lun 9 Mai - 18:32

Elle voulut freiner son geste, mais trop tard : il avait déjà avalé son verre. Luminara fronça les sourcils, mais ne dit rien. Après tout, s’il insistait, elle n’allait pas se lancer dans un ridicule débat sur la raison pour laquelle elle voulait lui laisser un handicap. Mais elle n’aimait pas partir sur un faux départ tel que celui-ci, et elle garda le silence un instant, afin qu’il soit bien clair que c’était contre son gré qu’ils restaient à égalité.

Toutefois, elle se dérida très vite, apprenant à ses dépends qu’il était impossible de rester de marbre devant les pitreries de l’orateur. Un sourire revint bien vite éclairer son visage, et Luminara prit la balle au bond, songeant que ça lui ferait plaisir de voir l’Ilédor - tout aussi étrange que ça puisse paraître - à son spectacle :

- Au premier qui danse sur les tables, alors.

S’il aimait danser - comment ne pas aimer danser, alors que c’était l’expression la plus naturelle du corps humain ? - c’était une bonne nouvelle. Elle était certaine de trouver Ulkan très amusant, et se promit de ne pas se moquer de lui à ce propos.

Quand Ulkan lui demanda où elle habitait, Luminara ne sut pas quoi répondre. D’un coup, elle parut plus sérieuse, parce qu’elle ignorait la réponse à la question. En fait, cela faisait des jours et des jours qu’elle dormait tous les soirs chez Amiguel. Elle n’avait plus mis les pieds dans son propre appartement depuis belle lurette. Elle était au Ceste Clouté pour se détendre, et voilà que ce qui lui posait question ces derniers temps lui revenait de plein fouet. Comment qualifier sa relation avec Amiguel ? Ils étaient seulement amants. D’accord, et ils vivaient presque ensemble. Elle refusa de penser plus longtemps à toute cette complication. Elle n’allait pas se prendre la tête comme une gamine tout juste passée à l’Age Adulte, tout de même ! Il y avait pourtant une chose dont elle était certaine : Amiguel serait de très mauvaise humeur si Ulkan devait la ramener jusque chez lui, et elle ne lui ferait pas un coup pareil. Se reprenant, elle fit un clin d’oeil à Ulkan et répliqua :

- Laissons Grand-Mère en dehors de tout ça. Je crois que je resterai au Ceste Clouté, ce soir, ça me paraît plus facile.

Une manière acceptable de couper la poire en deux. Elle fut ravie qu’il parle des soirées nobles : le changement de sujet tombait à pic. La distinction entre la Noblesse de Rang et de Sang, Luminara l’avait déjà entendue, mais ignorait qu’elle soit si... importante. Ainsi, l’orateur appartenait à une Noblesse déconsidérée ? Il restait néanmoins quelqu’un de mieux loti que d’autres. Toutefois, en entendant qu’il aimait se glisser parmi les grands pour mettre la foire, Luminara éclata franchement de rire. Oh, elle voyait parfaitement à quel point l’orateur pouvait être insupportable et ne doutait pas un instant qu’il puisse entièrement renverser le cours d’une soirée, à lui seul. Quand il lui proposa - de manière inattendue, d’ailleurs - d’un jour la laisser l’accompagner, Luminara déclina aussitôt :

- C’est très aimable à vous, Ulkan, mais j’ai déjà fréquenté ce genre de soirées. J’ai rencontré d’autres Artistes Nobles au Grand Théâtre et... je vois parfaitement de quoi vous parlez. Peut-être un jour nous croiserons-nous dans la Ville Haute ?

Malgré le fait qu’elle le trouvait sympathique, Luminara tentait de s’affranchir de tout ce qui pouvait la faire qualifier de sauvage. Et si l’orateur était vu comme un trublion chez les Nobles, elle préférait ne pas l’accompagner officiellement. Elle ne nierait jamais le connaître, parce que ce n’était pas son genre, mais elle ne chercherait pas non plus à le croiser. D’ailleurs, pendant quelques instants, Ulkan lui apparut dans toute sa vulnérabilité et toute sa jeunesse. Elle ressentit le fait qu’il avait moins d’expérience de la vie qu’elle, et posa amicalement la main sur son bras. Dans un sourire sincère, elle lui dit :

- Mais tout le plaisir est pour moi. Grâce à vous, je peux retrouver le goût des fêtes des fils de Filhakan.

Qui lui manquaient terriblement. Elle chassa les pensées morbides qui lui venaient à l’esprit et entreprit de répondre à la dernière question d’Ulkan. Réponse plutôt laborieuse, d’ailleurs. Que pensait-elle d’Edor Adeï ? Elle ne le savait pas elle-même. Elle avait changé d’idée plusieurs fois, au fur et à mesure de ses discussions avec les siens, et avec les Ilédors. Elle but plusieurs gorgées de son verre, sentant son esprit s’engourdir petit à petit, et elle fut sans doute plus franche qu’elle ne l’aurait voulu.

- C’est une très belle ville. Elle paraît écrasante, au premier abord, tellement elle est différente. Votre culture n’a pas évolué dans le même sens que la nôtre, mais le résultat demeure plutôt éblouissant, surtout quand on sort de semaines entières passées à patauger dans la neige. Toutefois... Edor Adeï n’est pas notre cité. Quoi qu’il arrive, nous nous y sentirons comme des étrangers, et à part quelques exceptions, les Ilédors nous le font bien sentir, à chaque fois que l’occasion se présente.

Et elle termina son verre, sans doute pour se donner du courage. De toute façon, c’était officiel, maintenant : sa langue se déliait. Elle héla la serveuse, lui demanda d’apporter quelques amuse-gueules. Puis, elle reporta son attention sur Ulkan.

- Vous croyez à toute cette histoire ? La Prophétie, les Élus... Vous pensez que nous avons notre place parmi vous ?

Luminara se servit calmement un nouveau verre. Elle avait les idées claires, c’était seulement sa langue qui commençait à déraper. Oh, le reste suivrait, elle le savait, mais pas tout de suite.

- Regardez, rien que vos usages nous semblent incompréhensibles. Ce rituel sur les enfants tout juste nés... Ce service militaire... Vous avez fait votre service militaire, je suppose ? Comment cela s’est-il passé ?

Mieux valait aborder le thème de la force armée, parce que Luminara se savait incapable de garder son calme face à l’injustice faite aux enfants Aryassat. Elle ne voulait pas non plus plomber la discussion, et espéra qu’ils repartiraient rapidement sur un ton plus léger.
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Ulkan Siskarra
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MessageSujet: Re: Hasard, art et paillards   Lun 9 Mai - 21:39

En voilà une question qui n’était pas simple. Il tâcha d’abord de se rappeler totalement de quoi il s’agissait avant de répondre à Luminara. À vrai dire il n’était pas vraiment assez renseigné, il répondit donc seulement à la seconde question.

« Actuellement, je pense qu’il serait dur pour vous de vous faire une place dans notre cité autre que celle de bête de foire. Personnellement, j’aimerai vous voir rester parmi nous, je trouve votre culture intrigante et fascinante et je me sens mieux avec vous qu’avec mes frères Ilédors, pour tout vous dire. »

Il marqua un temps d’arrêt et finit son verre à peine commencé en quelques gorgées. Il jeta alors quelques rapides coups d’œil autour de lui, visiblement il n’y avait aucun risque mais autant rester méfiant. Il se pencha cependant en avant, faisant mine d’être un peu saoul, et parla moins fort.

« Je vous avouerai que votre arrivée en ville risque de prochainement faire changer la donne, d’autant plus que les révolutionnaires sont finalement arrivés à la cité, les dissidents semblent s’agiter aussi de leur coté. Je ne peux que vous dire une seule chose, c’est sûrement le meilleur moment pour le peuple Olaril d’arriver en ville, en ce moment. Des changements s’annoncent et si vous jouez bien, vous pourriez en faire partie. Cependant, ce n’est pas quelque chose que je puisse conseiller sans vous dire d’y songer plus honnêtement. Vous avez dû remarquer, la cité n’est pas commode envers les trouble-fêtes en ce moment. »

Il avait dit cela très vite, à peine audible, sur un ton calme et posé tout en jouant l’ivrogne. Il se pencha alors en arrière, et commença à dire des âneries à haute voix ce coup-ci. Cela attirerait l’attention, mais seulement un moment, les gens ne s’intéressent pas aux ivrognes qui ne gênent pas. Ou à ceux qui font semblant de l’être.

Il lui sourit alors de bon cœur et rajouta finalement calmement.

« Libre à vous de vous faire votre place, le destin n’est pas écrit que je sache. »

Il rit alors bruyamment, en bon ivrogne, faux, mais bon tout de même. Bref, comment passer pour un orateur sérieux après cela… Bah, de toute façon, il s’en moquait. Il reprit ensuite la suite des questions qu’avait posé Luminara.

« Pour ce qui est de mon service militaire, j’étais tellement bon qu’il me l’ont fait passer en un temps extrêmement court. »

Ulkan eut alors un bon éclat de rire franc, et il rajouta en souriant.

« Disons que j’avais les qualités parfaites mais que je n’étais pas du genre très discipliné. Brûler une étable, changer l’eau des carafes par de l’eau de vie, nourrir quelques rats avec nos réserves de nourriture et nombre d’autres idioties qu’ils n’ont jamais réussi à me mettre sur le dos sont arrivées pendant mon service. Cependant, ils se doutaient clairement que le problème venait de moi. Et comme j’avais clairement les capacités et que –je pense que ça y a joué aussi- mon père était assez bien gradé, ils m’ont fait finir mon service en quatrième vitesse. Pour eux je suis un potentiel gâché. Mais c’était plutôt amusant…»

Il eut un petit sourire pensif, se souvenant de tous les sales coups qu’il avait pu jouer à ses supérieurs pendant son service. C’était presque de l’art. Il ne put s’empêcher de se sentir fier de lui, pourtant ça montrait seulement qu’il pouvait être un vrai diable quand il le voulait, et il n’y avait pas vraiment de quoi en être fier. Cependant, son sourire resta un long temps figé sur son visage béat.

« Vous n’avez pas d’équivalent chez les Olarils à ce que j’ai compris, cependant je ne pense pas que ce soit totalement une mauvaise chose. Ça permet à certains d’apprendre à survivre en ce monde. Et puis c’est une source de travail indéniable que l’armée. Le seul problème c’est qu’on ne leur apprend pas vraiment à réfléchir et c’est ce qui est effrayant. On leur apprend à obéir bêtement… Bref, je ne vais pas partir en débat sur ce sujet alors que vous dites ne rien y comprendre. Dites-moi plutôt, en tant que chasseresse, quels sont vos secrets ? Si ce n’est pas trop demander… »
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MessageSujet: Re: Hasard, art et paillards   Mer 8 Juin - 12:05

Décidément, la franchise d'Ulkan était étonnante. Luminara avait conscience de se répéter, mais il ne cessait pas la surprendre. Sans qu'elle en ressente une quelconque insulte, il venait de mettre le doigt sur quelque chose qui ordinairement la mettait pourtant hors d'elle. Traiter les Olarils de bêtes de foire devant elle, il fallait oser tout de même... La solitude avouée d'Ulkan lui fit mesurer l'isolement auquel pouvait être contraint un Noble de cette catégorie secondaire. Mais elle songea qu'il ne serait pas totalement abandonné. Les Olarils étaient dans l'ensemble peu méfiants et plutôt accueillants : elle savait que les siens ne le rejetteraient pas.

L'instant d'après, Ulkan paraissait saoul, ce qui laissa Luminara pantoise. Ils n'en étaient qu'à quelques verres ! Certes, il était normal qu'il commence à se laisser aller et soit plus joyeux, mais son état contrastait férocement avec ce qu'il aurait dû être. La Chasseresse laissa la surprise envahir ses yeux : elle aurait cru qu'en la provoquant à ce genre de concours, il aurait au moins une certaine résistance. Un léger sourire étira ses lèvres, et elle vida calmement un nouveau verre. Elle n'allait pas le laisser seul dans l'ivresse, loin de là !

La Chasseresse sursauta lorsque les mots Révolution et Dissidence sortirent. De ce qu'elle savait des Ilédors, c'étaient des mots tabous. Un peu nerveusement, elle regarda autour d'eux. Le Guet n'était jamais loin, et ce genre de mots dans une conversation n'était pas des plus sûrs. Et l'attitude d'Ulkan s'expliqua soudainement, comme si elle mettait en place les pièces d'un immense casse-tête. Il venait de lui dire que l'ivresse était une excellente parade en cas d'ennuis. Elle aurait dû le comprendre immédiatement. Il n'était pas encore saoul, mais il se protégeait, pour le cas où de mauvaises oreilles traînaient à proximité ! Sous le coup de la surprise, elle écarquilla des yeux, puis saisit le regard complice d'Ulkan et retint un rire. Il jouait un jeu dangereux. Mais – sans doute son jugement était-il altéré par les quelques verres qu'elle avait dans le ventre – c'était amusant. Elle grogna. C'était officiel : avec une telle pensée, elle sombrait dans l'ivresse.

- Le destin n'est peut-être pas écrit, mais nous avons les Tables d'Olaria, qui recèlent de nombreuses pistes qui façonnent notre devenir.

Elle ne s'étendit pas sur la question, parce que c'était un sujet qui ne concernait que le Chef des Olarils, mais c'était une différence suffisamment forte pour être soulevée.

Elle pouffa à son histoire de service militaire – alors que sur le fond, elle désapprouvait ce genre de comportement en fronde avec l'autorité. Mais il avait une telle manière de raconter l'histoire qu'il était difficile de vraiment lui en faire le reproche. Elle finit par répondre à sa question, tout en se servant un nouveau verre :

- Nous n'avons pas d'équivalent, tout simplement parce que la simple idée de brutaliser un autre Olaril nous paraissait inconcevable, avant d'arriver ici. Depuis que je suis née, il n'y a eu qu'un seul cas de meurtre en Arestim Dominae. Et croyez-moi, c'est un des pires moments de notre histoire. Vous comprendrez à quel point nous avons été écœurés en découvrant la place que la violence occupe dans votre cité. Et dire que certains de nos jeunes sont forcés de faire ce service militaire...

Pauvre Laetia Télaran. Elle devait en souffrir. Luminara aurait voulu détailler plus précisément son opinion, expliquer à quel point l'idée de faire physiquement du tort à quelqu'un la rendait malade, mais ses idées commençaient à s'embrouiller. Quand il lui demanda si elle avait des secrets de Chasseresse, elle éclata joyeusement de rire, soulagée de passer à autre chose.

- Chaque Chasseresse a sa spécialité, son secret. En ce qui me concerne, il s'agit du Pas de la Chasseresse. C'est une manière de bouger, très souple, pour s'approcher en silence de sa proie sans qu'elle ne s'en aperçoive, ni ne perçoive une présence hostile.

Voilà qui la ramenait plusieurs années en arrière. Elle avait été tellement fière de parvenir à maîtriser ses mouvements et ses avancées ! Cette victoire de son adolescence lui semblait appartenir à une autre vie. Et pourtant... c'était toujours une partie d'elle-même.

***

Les heures filaient. L'alcool aussi. Luminara avait dû faire plusieurs pauses pour ne pas tout régurgiter et était allée soulager sa vessie plusieurs fois. Mais maintenant, le soir était tombé. Avec ce qui lui restait de dignité, semblait-il. Cette fois-ci entièrement ivres, les deux comparses d'une soirée discutaient à bâtons rompus, sans plus aucune retenue, de sujets aussi importants que la manière dont les Ilédors rentabilisaient l'espace dans les théâtres ou dont les créatures de l'Umber avaient survécu aux Feux de la Gérax. Théories de plus en plus farfelues sur la manière dont le monde avait commencé, la sexualité de Therdone, le sens vital de l'univers. Tout un programme. Finalement, Luminara reposa son verre brutalement, sans avoir mesuré la force de son geste, et demanda :

- Allez, en vrai, maintenant, tu penses vraiment qu'Edor Adeï va tomber ?

Heureusement pour eux qu'ils étaient à l'écart, et que personne ne se souciait d'eux. Parce que c'était bien connu, la vérité se trouvait dans l'alcool...
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Ulkan Siskarra
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MessageSujet: Re: Hasard, art et paillards   Lun 13 Juin - 13:52

« C’est juste un point de vue réfléchis de la suite des évènements qui amène les Olarils et les Ilédors au courant de cela qu’ils suivent peut-être un destin général. Mais ça paraissait parfaitement logique que les Olarils reviendraient un jour ici. L’autre coté de la Gerax n’est pas assez grand, un jour vous auriez fini par être trop tassés et par revenir ici. Peu importe quand. De plus il était clair que les tensions à la suite du dépars de la lignée de Bakarne allait se créer, et qu’un jour il faudrait régler des problèmes d’état. Une fois cela compris, il était facile d’en faire une pseudo prophétie… Mais bon, ça n’a pas vraiment d’importance. »

Puis elle lui répondit au sujet du service militaire, il écouta la réponse, mais n’y rajouta rien. C’était un point de vue qu’il avait du mal à concevoir en tant qu’Ilédors. Tellement habitué à voir les hommes se battre pour leurs volontés.

Elle lui raconta alors sa spécialité en tant que chasseresse et l’orateur ne put s’empêcher de faire la remarque qu’il aimerait bien voir ça un jour.

*****

Tant pis pour les enfants, Ulkan était dans un trop mauvais état pour se présenter devant eux, surtout après avoir partagés avec la chasseresse tant de sujets divers, variés, étranges…
Cependant il fallait bien se lâcher. Et les enfants comprendraient bien et il arriverait à se faire pardonner son absence d’une manière ou d’une autre.

Quand à lui, il était actuellement à son treizième verre, et ça devrait être vrai que ce chiffre ne portait pas bonheur car elle le questionna sur un sujet pour lequel il n’était pas mentalement en état de répondre vraiment correctement et avec méfiance.

Il la regarda alors quelques instants d’un air étrange, un sourcil levé et le regard pénétrant, une légère grimace au niveau des lèvres comme s’il tentait de réfléchir tant bien que mal dans son état. Réflexe naturel ou éclair de lucidité, il prit tout de même la peine de baisser d’un ton quand il parla de ce sujet qui pouvait les mener tous les deux en prison, voir à la mort.

« Personne ne cherche à faire tomber la ville que je sache… Les révolutionnaires veulent juste remettre les dirigeants actuels à leurs places et ramener de vrai dirigeant et corriger certaines choses. Quand aux dissidents, franchement à part se pavaner, personne ne sait vraiment ce qu’ils veulent. »

Il fallait avouer cependant que les dissidents faisaient plus parler d’eux que les révolutionnaires, malgré le blocus de la cité. Ulkan n’était pas vraiment en l’état de trouver une idée de conversation intéressante. Il continua donc sur la lancée que lui avait donnée Luminara.

« Mais vous, que ferez-vous si les choses changent ? Vers quel bord vous rallieriez-vous ? Et quand la cité sera redevenue plus calme ? Est-ce que les Olarils repartiront comme ils sont venus ? »

Il prit une gorgée d’hydromel et continua de parler, mais cette fois de son point de vue.

« J’espère que vous resterez avec nous encore un certain temps. Car quand les choses se seront tassées, dans un sens ou dans les autres, je sens que la vie à Edor Adeï risque de redevenir bien triste… »

C’est vrai que si les Olarils partaient, il retrouverait son train de vie quotidien. Soit un quotidien d’un ennui total à son gout, surtout dans l’état où il était. Il eut quelques instants un regard triste, son sourire s’effaçant de son visage. Il se perdit quelques instants dans la contemplation du fond de son verre, ne sachant qu’ajouter à la conversation.
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Luminara Hirune
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MessageSujet: Re: Hasard, art et paillards   Dim 11 Sep - 10:48

Luminara comprit aussitôt, au regard d'Ulkan, qu'avec même tout l'alcool du monde, certains réflexes restaient profondément ancrés en lui. Alors que jusque là, il semblait avoir fait fi de toute prudence, Ulkan baissa le ton. Sans doute le signe qu'il allait lui répondre ce qu'il pensait vraiment. Et de fait, la réponse fut un mélange de sincérité et de discrétion. Luminara comprit aussitôt à quel point les mots d'Ulkan étaient graves. Finalement si, il devait être saoûl, et pas qu'un peu. Il venait à demi-mot de lui avouer qu'il était Révolutionnaire ! Parce qu'il n'y avait qu'un partisan Révolutionnaire pour affirmer ainsi ce que voulaient faire les Révolutionnaires. Et puis, ramener des vrais dirigeants, fallait vraiment être un drôle de Conservateur pour sortir une phrase pareille. Une chance qu'elle soit aussi entrée dans la Révolution, parce que sinon... Une sueur froide coula le long du dos de la Danseuse. Sa tête tournait, et elle avait du mal à assembler les morceaux. Si Ulkan était Révolutionnaire et qu'elle aussi, c'était que... finalement ce n'était pas très risqué de parler Révolution ? Elle fit tourner les phrases sept fois dans sa tête avant de se convaincre du bien-fondé de son affirmation. Le regard embrumé par l'alcool, elle répliqua, chaque syllabe sortait au prix d'un certain effort :

- Les Révolutionnaires gagneront... il ne peut en être... autrement.

Une expression dure comme fer de sa conviction. Au diable la Morte et sa Volonté, au diable Lis et ses cuisses ouvertes, au diable Mithra et sa fuite, au diable même Amiguel et ses intrigues. Luminara remplit un nouveau verre, qu'elle tenta de vider d'un geste, mais dont elle laissa couler la moitié à côté. L'alcool ne brûlait même plus sa gorge. Où en étaient-ils ? Ils n'avaient pas de juge, et même si elle aurait juré qu'ils étaient à égalité, peut-être ne l'étaient-ils pas du tout. Elle regarda un instant Ulkan dans les yeux, comme pour prouver qu'elle ne mentait pas.

Elle ne répondit pas à la demande – trop directe – d'Ulkan. Elle lui souffla dans un murmure :

- Je crois que comme ça tu as la réponse à ta... question. Tu as de la chance que j'en sois aussi, parce que contrairement aux apparences, tous les Olarils n'en sont pas.

Quand vint le moment de répondre à la dernière phrase d'Ulkan, Luminara eut soudainement envie de pleurer. Leur avenir ? Quel avenir ? Celui qu'ils tentaient de se frayer par des règles qui n'étaient pas les leurs ? C'était ridicule, toutes ses émotions étaient à fleur de peau. Elle fit une grimace à rendre les pierres malheureuses, puis se reprit et répliqua lentement, une sourde colère transparaissant dans ses propos :

- Et quoi ? Nous serions ballotés au gré de vos envies, comme à notre arrivée ? Je ne peux pas répondre pour mes frères, et je pense que tous choisiraient des futurs différents. Moi je rallierais le bord des Hirune, celui de ma famille, des miens. Avant d'être un membre des organismes qui s'affrontent ici en Edor Adeï, je suis Olarile, et nos règles m'importent plus que les vôtres, même si j'ai dû apprendre à les respecter aussi.

Luminara pensa à la proposition d'Ulkan. Retourner d'où elle venait ? Mille fois oui. Mais c'était impossible. Leur avenir là-bas était condamné, la vie n'y était plus possible. Qu'étaient devenus tous les mourants qu'ils avaient laissés ? Qu'étaient devenues leurs ruines ? Qu'était devenue Arestim Dominae ? D'une voix douce, Luminara reprit :

- Je donnerais n'importe quoi pour rentrer chez moi. Mais c'est impossible, nous ne pouvons plus reculer. Mais je voudrais pouvoir vivre avec les miens, en paix, loin de votre cité et de vos lois absurdes.

Au moment même où elle disait ces mots, abandonnant toute retenue, Luminara réalisa à quel point ils étaient vrais. Elle luttait pour que les Olarils soient reconnus, pour conquérir à Lysandre et aux Hirune un statut de Noblesse, mais au fond d'elle-même, ce qu'elle voulait, c'était se tenir loin des intrigues. Elle ne recherchait pas le pouvoir, ne l'avait d'ailleurs jamais recherché. Elle aspirait à une paix avec les siens, loin de la ville Ilédore. Et comme c'était impossible, elle se battait comme une Chasseresse pour obtenir le meilleur aux siens, même au cœur d'une ville pourrie.

- Je crois que vous, les Ilédors, ne mesurez pas ce qui nous est arrivé. Je crois même que nous sommes juste un amusement pour vous, une sorte d'anecdote dont vous aimez rire au coin du feu. Bêtes de foire, je dirais. Tu n'imagines pas le combat que je dois mener pour être reconnue.

La voix de Luminara ne tremblait plus, mais une sorte de hargne l'habitait, proche du mépris. Elle ne comprenait pas Ulkan dans ce groupe, mais tous ses sentiments étaient exacerbés par l'alcool – et la cuite qui s'annonçait. D'un geste presque furieux, elle se resservit un verre, qu'elle vida cette fois-ci parfaitement. D'un ton proche de la provocation, elle constata :

- Quatorze à treize, Ulkan.
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Ulkan Siskarra
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MessageSujet: Re: Hasard, art et paillards   Lun 26 Déc - 15:39

Eloignant son regard du fond du verre pour se reprendre il faillit tomber de sa chaise et se rattrapa de justesse. Il regarda alors Luminara parler mais dans son état, même s'il comprenait les informations, il avait clairement des problèmes pour y réagir.

Malgré son état. Clairement pitoyable il fallait l'avouer, le jeune orateur su ressentir les sentiments qui émanaient du ton de l'olarile, dont les paroles criaient à l'injustice et à la rébellion.

Il l'écoutât sans rien dire jusqu'à ce qu'elle l'eut défié de son "quatorzième" verre. Etait-ce vraiment le quartozième verre, ils n'en savaient rien, peut-être le patron pourrait-il leur dire un jour. Cependant le jeune orateur attrapa la bouteille et remplis son verre qu'il vida rapidement avant d'en remplir un autre avec difficulté. Dans son état il versait plus d'alcool à coté qu'à l'intérieur. Il remplit aussi le verre de l'olarile et tendant son verre devant lui, il la regarda alors droit dans les yeux et lui dit d'une voix ou réssonnait tant de sincérité malgré son état.

" En effet, nous ne réalisons surement pas ce qui arrive. "

Ulkan laissa alors un blanc à cet endroit, était-ce du à son talent d'orateur ou juste à son état déplorable, cependant cela permit de marquer le poids de ses paroles.

" Cependant, je peux te jurer que je ferais tout ce que je peux pour que toi et tous les olariles puissiez être reconnus et vivre en paix. "

Il eut alors une petite remontée gastrique, qu'il retenu avec difficulté et tentant de rester sérieux.

" Je te le jure... vraiment ! "

Il but alors son dernier verre de la soirée. Tout du moins le dernier dont il se souvient encore un minimum, le reste devait rester à jamais totalement brouillé et confus. Il se souviendrait juste d'avoir vomi dans la rue, embrassé quelqu'un et s'être foulé la cheville. Enfin ça, il s'en était surtout rendu compte le lendemain alors qu'il essayait de sortir de son lit de fortune, soit un joli tas d'ordures derrière quelques vieux barils dans une impasse.

Ces quelques heures passées avec l'olarile resteraient cependant pour lui un moment mémorable.
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