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 Conseil à sens inverse

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Ysor Arlanii
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MessageSujet: Conseil à sens inverse   Sam 12 Mar - 17:10

Une fois encore, il se dirigeait vers les grandes portes qui donnaient sur le salon des audiences. Cela ne faisait que quelques mois qu'il était admis en ces lieux, depuis qu'il avait repris la charge de son frère. Pourtant, avec le siège, les descendants de Bakarne, et tant d'autres sujets brûlants qui affluaient sans cesse, les sessions du Conseil s'étaient multipliées, et Ysor aurait pu dire maintenant qu'il était un habitué des lieux. Malgré tout, comme à chaque fois qu'il s’apprêtait à franchir le seuil de cette pièce, une certaine appréhension grandissait en lui.

A chaque fois c'était la même chose : les événements pleuvaient, et on lui demandait d'y réagir au pied levé, sans prendre le temps d'y réfléchir, ou de consulter qui que ce soit. Non pas que les propositions des conseillers étaient toujours mauvaises, seulement parfois... il aurait aimé trouver des solutions différentes. Et les faire valider par d'autres personnes. Mais on lui laissait rarement ce loisir.

Mais cette fois, c'était différent. On n'allait pas lui présenter un nouvel événement imprévu, c'est lui qui allait annoncer la couleur. Bon, il y avait fort à parier que Vanhilde les aurait tous prévenu de ce qui allait être annoncé, néanmoins cela faisait un sacré changement. Il n'allait pas subir, il allait... diriger. Cela lui semblait à la fois troublant, effrayant et agréable.

Et puis, cette fois-ci, il ne serait pas seul contre tous. Il se retourna vers Lis, avec un léger sourire et un hochement de tête, comme pour dire « ça y est, nous y sommes. » Il avait rapidement décrit à l'olarile les conseillers les plus importants afin qu'elle ne soit pas complètement perdue devant les nouveaux visages qu'elle allait découvrir. Il était loin d'avoir pu entrer dans le détail, mais il faudrait qu'elle se débrouille avec ce qu'il avait eu le temps de lui dire.

Il était temps d'y aller. Le Gardan inspira un grand coup avant de s'avancer vers les portes, que les deux valets en faction de chaque coté s’apprêtaient à ouvrir sur leur passage. Un rapide coup d’œil vers la table du Conseil lui permit de constater que tous avaient répondu présents, malgré le caractère soudain de la convocation. Tous tournaient la tête vers lui, ou plutôt vers eux, Lis s’avançant à ses cotés. Ysor se pencha vers un des domestiques aux portes et prononça d'un ton bas quelques mots que les conseillers ne pouvaient entendre d'ici :


« Nous aurons besoin d'un siège supplémentaire pour cette fois. »
L'homme s'inclina et partit aussitôt répondre à la requête du Gardan. Habituellement, les personnes invitées à se présenter devant le Conseil restaient debout. Mais il n'imposerait pas cela à sa future épouse.

Alors qu'il s'avançait lentement vers sa place, Ysor parcourut du regard les visages des conseillers, qui s'étaient levés de leur fauteuil à son arrivée, comme le veut la tradition. Les traits de Riarg Karnimacii affichaient quelque peu une fatigue accumulée depuis le début du siège, mais on pouvait lire dans son regard que cela n’entravait en rien la vivacité de son esprit. Contrairement à l'homme qui lui faisait face et qui semblait se remettre difficilement de la nuit précédente, durant laquelle la Somale n'avait pas du être absente... Il y avait aussi Cyrilis Jaktarii, toujours impeccable ; et, bien entendu, la pâleur cadavérique de Vanhilde Tehanii, moins prononcée ici dans la lumière des grandes fenêtres du salon que dans celle tremblante des bougies du fumoir rubescent il y a à peine une heure. Et d'autres encore, sur lesquelles il ne s'attarda pas.

Ysor parvint finalement à sa place et parcourut rapidement du regard l'assemblée. Il constata que celui de toutes les personnes présentes était tourné non vers lui mais vers Lis, toujours à ses côtés. Il lisait de la curiosité et de la surprise dans leur yeux. Peut-être y avait-il également un peu de jalousie chez les femmes et de désir chez les hommes. Il était resté debout, contraignant ainsi les autres à faire de même.


« Mesdames et messieurs les Conseillers, je vous remercie d'être tous présents malgré la soudaineté de tout ceci. Je ne doute pas que vous étiez tous fort occupés lorsque vous avez eu vent de cette réunion. » Un bruit se fit entendre au niveau des portes : un valet tentait tant bien que mal de s'incliner devant toute la noblesse présente en ces lieux, malgré le fauteuil qu'il trimbalait, avant de s'avancer avec son fardeau sur un signe du Gardan. Fardeau qu'il vint déposer juste à côté du siège de ce dernier, avant de disparaître plus rapidement et discrètement qu'il ne l'avait fait à l'entrée. Ysor eut envie de sourire quand il vit la grise mine de certains conseillers qui constataient qu'il allait laisser cette étrangère, une olarile qui plus est, siéger à ses cotés. Il attendit la disparition du domestique pour inviter l'assemblée à s'asseoir, avant de faire de même. Les doutes qui le rongeaient quelques instants plus tôt sur la terrasse, alors qu'il se demandait s'il allait avoir l'air stupide d'avoir convoquer d'urgence le Conseil pour une raison somme toute mineure, étaient toujours présents, mais pas au point de le tourmenter. Peut-être était-ce du à la présence de Lis, ou au fait que l'on semblait attendre religieusement ses prochaines paroles.

« Si je vous ai réunis aujourd'hui, » ces quelques mots sonnaient étrangement, mais n'étaient pas désagréables à écouter se dit-il, « c'est pour vous annoncer que nous avons matière à nous réjouir. Vous connaissez tous la prophétie qui annonce le retour d'un Héritier de Bakarne Olarii sur le trône d'Isle. » Il jeta un bref coup d’œil vers Vanhilde, comme s'il voulait se rassurer, se faire confirmer qu'il n'allait pas annoncer n'importe quoi. Il se demanda ce qu'elle avait eu le temps de dire aux autres. Ils savaient sans doute qu'il allait parler mariage, mais en connaissaient-ils les raisons ? Peut-être était-il allé trop vite ? Mais c'était trop tard à présent pour reculer. « Cette prophétie est en passe de se réaliser. » Il garda un moment le silence, comme pour laisser aux autres le temps de digérer l'information. « A ce sujet, j'aimerais donc vous présenter Lis Diantha, du peuple des descendants de Bakarne, mère de cet Héritier à naître, et... ma future épouse. » Il s'était tourné vers l'olarile, un sourire ravi aux lèvres, à ces derniers mots.
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Vanhilde Tehanii
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MessageSujet: Re: Conseil à sens inverse   Sam 12 Mar - 17:52

Il avait fallu faire vite, mais tous s’étaient réunis très rapidement. Avec le Siège, le Conseil se trouvait souvent dans le Palais, affairés à leurs tâches et recevant les intervenants utiles dans l’Aile qui leur était réservée. Aussi, elle ne fut pas surprise que Riarg soit arrivé le premier. Alors qu’elle avait été prévenue par un Valent, la Conseillère avait pressé le pas.

Les explications avaient été succinctes, et elle n’avait pris la parole que lorsque l’Aînée avait fait taire la Conseillère en charge du Commerce, qui ne pouvait concevoir qu’Ysor convoque le Conseil, et qui jouait à elle-seule un drame ridicule, tournant en rond, angoissant dans de longs monologue sur le danger d’un tel changement...
Vanhilde s’était ensuite tue, car tous les Conseiller avaient un mot à dire, certains réagissant très mal, et pour cause, elle savait que quelques uns remettaient en cause la Fatalité de la Prophétie. Il ne tenait pas à elle de brûler quiconque émettait de légers doutes, et ils étaient assez intelligents pour ne pas le faire devant elle... Mais la Tehanii rêvait de punir ceux qui ne reconnaissaient pas cette vérité : la Prophétie se réaliserait, tôt ou tard.

Dans cette optique, il fallait rapidement savoir comment se positionner, s’ils ne voulaient pas être sacrifié à On-Ne-Sait-Quel-Dieu-Païen des Olarils, si n’importe lequel d’entre eux prenait le pouvoir, couvert par la Révolution. Et que dire si Beltxior Olarii, lui même, montait sur le trône ? Leur sort n’était pas plus réjouissant. Elle allait leur expliquer ceci lorsque les portes s’ouvrirent, les coupant dans leurs débats.

La Conseillère Bechii du Commerce ferma vivement la bouche, qu’elle avait gardée entre-ouverte et tous effectuèrent une révérence parfaite face au Gardan Edorta.

Il ne convenait pas à Vanhilde Tehanii de prendre la parole en premier, bien qu’elle eut l’habitude d’entendre Riarg ouvrir chaque Conseil... La voix d’Ysor Cinquième retentit, et ce fut dans le regard de la Bechii se troubla, tant ceci était nouveau. Désagréable, diraient beaucoup des Conseillers. Les traditions étaient pour Vanhilde quelque chose de sacré... Et il était certain que ce changement-là n’était pas traditionnel, et qu’il l’embêtait un peu.

Elle relativisa rapidement. Si Ysor se contentait de prendre de l’assurance uniquement en convoquant des Conseils et en invitant cette Vénale Olarile, ce n’était pas d’une grande importance. Pourtant, elle n’avait pu s’empêcher de fixer cette femme, l’oeil noir contrastant avec sa blanche mine. La Catin Olarile n’avait pas exécuté ses ordres, elle avait réussi par on ne sait quel moyen à retrouver le Gardan Edorta, et désormais, elle siégeait même au Conseil ! C’était un scandale. Elle devait rappeler à Ysor que ce lieu était sacré, et tant qu’elle n’était pas Reine, cette femme n’avait pas à être au courant des affaires Ilédores, et surtout de celles qui se tissaient dans la Salle du Conseil.

Qui lui disait qu’elle n’irait pas raconter tout ce qu’elle avait vu, le nombre de soldats, les dispositions des pièces, certains passages qu’elle aurait pu découvrir, à n’importe quel Révolutionnaire ? Etait-il inconscient, cet Arlanii, pour se laisser diriger par son sexe ? Vanhilde serra les mâchoire, mais sa stature ne changea en rien, froide et neutre.

Elle n’était que le coffret qui contenait les Joyaux futurs de la Prophétie, et cette Olarile était déjà entrée dans le cœur du Roi. Il faudrait la surveiller de près... Mais pour l’heure, l’Aïné s’exprimerait. Après tout, elle était l’instigatrice de ce mariage, elle ne pouvait qu’être pour.
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Riarg Karnimacii
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MessageSujet: Re: Conseil à sens inverse   Dim 13 Mar - 3:11

Riarg était arrivé en avance. Il était resté éveillé presque toute la nuit dans ses appartements. Il avait travaillé tard et le soucis l'empêchait de fermer l'œil depuis quelque temps. Il n'avait pas ouvert une seule fois la bouche avant l'arrivée du Gardan, se contentant de poser la tête sur son poing comme il le faisait si souvent et de regarder les conseillers épiloguer sur la situation. Tous le savait ici, Riarg savait manier l'art du langage avec gracilité mais il ne servait à rien de jaser avant même que l'audience ait débuté. Il avait besoin de plus d'informations et d'une observation approfondie. Il avait bien évidemment été mit au courant des intentions d'Ysor et il connaissait les positions de tous les conseillers ici présent.

L'attitude du Gardan le surprit quelque peu, il était rare de voir Ysor porté par tant d'assurance. Il s'amusa toutefois des réactions des conseillers les plus troublés. Riarg jouait lui-même au jeu des traditions et il s'en servait en partie pour asseoir son autorité sur le conseil. *Les coutumes sont comme les barrières qui protègent les moutons du loup affamé* pensa-t-il. Son comportement atypique laissa toutefois à Riarg une sensation désagréable et quelque chose lui déplaisait dans sa démarche.
Voilà qu'il invoqua la prophétie, flattant ainsi les plus croyants, mais cela ne prenait pas avec Riarg, on ne laissait pas le destin entre les mains de telles balivernes. Le pouvoir se gagnait par la volonté et la stratégie et non par une quelconque prédiction. Ces sornettes, Riarg s'en lavait les mains, mais en public il faisait semblant d'y croire, pour mieux dompter les plus crédules. Il avait un grand respect pour Vanhilde et la considérait comme compétente et digne de confiance, mais ce petit jeu des alliances le fatiguait surtout lorsqu'on lui parlait de prophétie.

La prétendante était ici, Ysor avait pris l'initiative de l'inviter sans même avoir demandé l'avis du conseil. Voilà qui était intéressant, mais il faudrait se montrer prudent. Un quelconque mariage ne pouvait être totalement négatif, c'était peut-être même une stratégie intéressante. Marier une Olarile à un Ilédor pouvait régler bien des problèmes dans l'avenir. *Gouverne ton peuple avec des symboles forts *. Et qu'il y avait-il de plus symbolique qu'une telle union ? Peut-être était-ce la clé pour calmer bien des conflits en intégrant les Olarils par ce mariage.

Peu importe, il faudrait que cette femme soit malléable et peu habile au jeu du pouvoir comme son futur époux. Ses réactions allaient déterminer si oui ou non, le conseil pouvait tolérer ces noces. La première impression fut forte pour Riarg, cette femme était d'une beauté sans nom, marquée par la grâce et la volupté, on ne pouvait y rester indifférent et Riarg était convaincu qu'Ysor était tombé dans le piège de la séduction. L'ainé avait grandi dans un milieu féminin, sa mère l'avait éduqué, ses sœurs lui avaient mené la vie dure et il connaissait la puissance de la détermination féminine. Cette Olarile était dangereuse, il brillait dans ses yeux la soif de pouvoir et elle connaissait la faiblesse des hommes. Elle jouait avec ses attributs pour attirer ses proies. Prudence était le maître mot. Mais Riarg avait aussi appris à ne pas juger trop vite, et son instinct pouvait parfois se tromper.

Lorsque le Gardan présenta sa future femme au conseil, un sourire candide cloué aux lèvres, Riarg anticipa les réactions exaspérées et prit la parole, couvrant les premiers chuchotements protestataires.

« Votre altesse, c'est un honneur pour le conseil, de se voir présenter votre future épouse. Elle est la bienvenue en ces lieux et je ne doute aucunement de l'affection réciproque qui vous lie.» Sur ces derniers mots, il fixa intensément Lis comme pour lui montrer explicitement qu'il avait des doutes à ce sujet. « Permettez moi toutefois, monseigneur, de juger par nous-même de la volonté de cette femme quant à devenir votre épouse. Non point que je doute de votre bon discernement, mais je souhaiterais vraiment m'assurer, en tant que fidèle serviteur de la famille Arlanii, qu'elle saura jouer le rôle qui lui incombera.»
Il avait prit un ton courtois, presque amical afin de faire croire à Ysor qu'il se souciait vraiment de son bonheur conjugal.

«Que Dame Diantha s'exprime à sa guise, que nous puissions juger de sa détermination...» il jeta un bref regard à Vanhilde «... et que Therdone mesure sa bonne volonté.»
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Lis Diantha
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MessageSujet: Re: Conseil à sens inverse   Dim 13 Mar - 11:27

Lis ne percevait sans doute pas toute l’importance d’une telle démarche : certes, elle avait parfaitement pris conscience que le Conseil devait toujours être à l’origine de chaque convocation, et qu’Ysor se contentait d’y répondre sagement, pour les écouter parler. Il devait hocher la tête en prenant appui sur les regards insistant des quelques visages qu’il lui avait décrit sans grand détail, mais dont les particularités étaient nettes. Elle comprenait, à imaginer des sosies abominables de Vanhilde, que l’Assemblée des Conseillers devaient plus ressembler à de grands Corbeaux terrifiants, plutôt qu’à de sages Erudits Olarils, rieurs et bienveillants.

Aussi, la Prêtresse de Bakarne ignorait encore toute la splendeur et l’audace dont faisait preuve son futur époux, en lui-même demandant un Conseil, sur son ordre à lui, où lui-même parlerait, et où sans doute, il espérait que ce serait ces Corbeaux-là, qui acquiesceraient bravement. Sans connaître la Tehanii depuis longtemps, il était évident qu’il n’en serait pas ainsi... Mais elle avait clairement vu deux visages à cette femme : devant le Gardan Edorta, et devant elle, seules à seules. Si tous étaient si faux et mielleux devant son Mari, Lis trépignait d’impatience.

Elle avait toujours apprécié ce type de spectacle, et y participer ne serait que plus étourdissant. Cependant... une boule se formait dans son estomac, à mesure qu’ils pressaient le pas vers la Salle du Conseil. Bien qu’elle se sente parfaitement à l’aise parmi les dorures, entourées de serviteurs, Lis Diantha restait une Olarile, certes convaincue de son grand avenir, mais l’inconnu de cette nouvelle situation avait quelque chose de piquant. En avant ! Elle aimait les papillons dans le ventre, certes bien moins excitants que les jeux de charme, mais tout autant intéressant à vivre.

Les visages s’étaient tournés vers eux, et Lis avançait aux côté d’Ysor avec le menton élevé, sans bien sûr oublier de poser une main maternelle sur son ventre rond. A cinq mois de grossesse, et sous les voiles qui constituaient ses toilettes ilédores, la condition de l’Olarile ne pouvait être ignorée. Et le Gardan Edorta avait fait un parfait résumé de la situation ! Les yeux de la Khelan passaient sur chaque faciès, prenant soin de n’imposer à son regard aucune prétention. Cependant, il résidait bien un sentiment particulier, celui d’être Indispensable à tous ces Ilédors, s’ils ne voulaient pas être mis dehors, soit par ces barbares Révolutionnaires, soit par ces traîtres Dissidents.

L’homme qui prit la parole avait été décrit par Ysor durant le trajet. Elle ne se souvenait plus de son nom, qui lui avait semblé beaucoup trop compliqué -mais les Ilédors appréciaient les fioritures- et savait qu’il s’appellerait Riarg. Un prénom sec, et coupant, comme ce visage fermé mais intelligent qu’il portait. L’homme semblait présidé à l’ensemble des Conseillers et lorsqu’il parla, les autres se turent immédiatement. Elle aurait sans doute préféré que la Tehanii s’exprime, pour leur redonner un peu de Prophétie, quelques accents Divins, pour plus de théâtralité...

Ainsi donc, il lui laissait la parole ? Lis échangea un regard rapide avec son Promis, dont la teinte avait perdu de son éclat, contrairement aux yeux brillants de malice qu’il affichait sur les Terrasses. Que craignait-il ? Qu’ils n’approuvent pas ce mariage ? Ysor avait encore à apprendre comment on devient un parfait Tyran... Quand on est Chef, ou Roi, ne peut-on pas simplement balayer tout refus contre sa Volonté ?

« Mesdames et Messieurs les Conseillers, je vous remercie de l’honneur que vous me faites, en accueillant ainsi. »
Débuta la Prêtresse, les boucles châtains autour de son visage bougeant au rythme de ses paroles. Elle prenait soin d’appliquer les prérogatives de Vanhilde, en abusant de politesse, comme le faisaient les Ilédors... Elle aurait été plus naturel pour elle de les tutoyer, mais encore une fois, elle s’adaptait parfaitement aux simagrées du Protocole. Du moins jusqu’au mariage...

« Les enfants que je porte sont l’Avenir de nos deux peuples. » Fit-elle enfin, caressant l’arrondi de son ventre, et croisant le regard de chacun des Conseillers. « Je veux les offrir au Gardan Edorta et aux Arlanii, afin qu’ils continuent de régner, et que notre Union fasse taire les voix qui s’élèvent. » Avaient-ils tous le choix ?

Lis avait conscience que, sans doute, les Conseillers auraient préféré qu’elle donne sagement ses enfants à leur naissance, et qu’elle se fasse oublier ensuite. Mais mieux encore, un mariage mixte était le moyen le moins coûteux, idéologiquement, pour donner un symbole fort de l’entente de leurs deux nations. Ce n’était pas comme s’ils avaient à accueillir cette folle de Lysandre en tant que Conseillère, heureusement pour eux. Elle se contenterait de vivre dans le luxe, sans broncher... Avaient-ils d’autres alternatives plus envisageables, hein ?
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Ysor Arlanii
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MessageSujet: Re: Conseil à sens inverse   Mer 16 Mar - 20:04

Ce n'était pas souvent que le Gardan prenait ainsi la parole si aisément devant le conseil, et il en fut troublé, plus encore peut-être que quiconque se trouvant autour de la table. Finalement... cela n'avait pas été si difficile. L'appréhension qu'il avait connue quelques temps auparavant semblait se dissiper...pour être remplacée par une autre. Il avait remarqué un certain trouble chez les conseillers. Chez certains d'entre eux en tout cas, trahis par l'expression de leur visage. Ysor était à peu près certain que ce n'était pas parce qu'ils le trouvaient ridicules d'avoir lancé une convocation pour un tel événement. Cela voulait dire qu'ils n'étaient pas forcément emballés par ce mariage.

Ce qui amena le jeune homme à douter : finalement, et si cette union n'était pas une idée aussi lumineuse que ce qu'il avait cru de prime abord ? Non, impossible ; non seulement c'était Vanhilde qui avait proposé celle-ci, mais en plus, Noor elle-même avait reconnu l'ingéniosité du plan. Heureusement, le désaccord ne semblait pas l'opinion générale : les paroles de Riarg, si elles exprimaient une certaine prudence, ne paraissaient pas hostiles pour autant , loin sans faut.

Alors que sa future épouse répliquait avec les honneurs aux paroles de l’Aîné, Ysor essaya de mettre le doigt sur ce qui troublait les conseillers. Il avait beau y avoir déjà réfléchi avant même d'entrer dans la salle, il avait sans doute omis quelque chose. Le plus gros obstacle, c'était évidemment que Lis n'était pas une noble de sang. Si théoriquement, en tant que descendante de Bakarne, elle était issue d'une des plus nobles lignées ilédores, dans les faits cela n'avait guère plus de valeur depuis le bannissement. Les Olarii en étaient une preuve vivante : plus aucune famille respectable ne souhaitait unir leur nom au leur.

Ensuite, la prêtresse semblait surgir de nulle part. Il ne s'agissait pas d'une jeune femme de la noblesse connue de tous, non, il y a une heure encore, presque personne ne connaissait même son existence. Il repensa à la réaction de Noor quand il lui avait annoncé la nouvelle. Elle lui avait avoué après coup qu'elle aurait fait le même choix, mais il ne se souvenait que trop bien de sa première réaction. Au final, peut-être que ces gens attablés avec lui avaient juste cette même réticence initiale. Ce qui les génait dans cette union, c'était que l'idée ne venait pas d'eux.

Enfin, si Vanhilde avait brossé aux autres conseillers le portrait... élogieux de l'olarile qu'elle lui avait servi la première fois, il pouvait comprendre leurs craintes. Lui-même avait été quelque peu anxieux en écoutant la liste de défauts dont la Tehanii avait parée sa promise. Il avait certes tout noté dans son carnet à oubli après l'avoir rencontrée en personne, mais ça n'était sans doute pas le cas de tout le monde...

A aucun moment, il ne songea vraiment que c'était sa propre attitude qui avait pu déranger les conseillers. Certes, il y avait énormément de nouveauté pour lui, mais au final cette prise d'assurance restait somme toute de faible amplitude d'un point de vue extérieur, c'était du moins ce qu'il lui semblait.

Alors qu'il repassait en revue toutes ces raisons pour le Conseil de ne pas cautionner cette union, Lis avait évoqué un autre avantage majeur de cette union. Sachant par expérience que s'adresser à cette assemblée des plus importants personnages d'Edor Adeï était loin d'être chose aisée, surtout quand on en avait pas l'habitude, le Gardan vint apporter un peu de soutien à sa promise... comme lui-même aurait aimé en bénéficier au cours de ces quelques mois au pouvoir.


« Il est vrai que les Olarii et leurs suivants ont tenté de légitimer leurs actions en entraînant dans leur sillage le peuple olaril. Ce mariage sera aussi l'occasion de prouver la folie de leur entreprise ; si les descendants de Bakarne eux-même dénigrent ce mouvement, ils perdront toute crédibilité. » Il aurait bien ajouter que cela faciliterait également l'intégration des nouveaux venus, mais il ne fallait pas se leurrer, la plupart des membres du conseil s'en souciait probablement moins que de leur premier Edor. Au contraire d'Ysor qui voyait dans les spécificités de leur culture un sujet d'étude des plus intéressants. Il fallait trouver autre chose à ajouter, mais quoi ?

Il chercha du regard un peu de soutien parmi les nobles de sang qui l'entouraient, et naturellement, c'est sur Vanhilde qu'il s'attarda. N'était-ce pas elle qui avait proposé cette union ? Qu'attendait-elle donc pour défendre son point de vue ?
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Vanhilde Tehanii
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MessageSujet: Re: Conseil à sens inverse   Lun 21 Mar - 20:44

L’Olarile était loin d’être sotte. Elle l’avait pressenti dès qu’elle s’était présentée à elle, la veille. Cette femme était dangereuse, Vanhilde l’avait également ressenti ainsi en voyant ses yeux et ses postures de femmes enceintes, lorsque cela semblait nécessaire. Son regard, lui, était parfait pour le rôle, mais on y voyait clairement une belle ambition. Une Grande Volonté.

Pour sûr, cette Olarile voulait être Reine, qu’elle ait à épouser un Roi ne semblait pas la faire fuir, malgré qu’on ait conté à son propos, des mœurs bien légères. Devoir se plier aux règles Ilédors ou aux coutumes, abandonner les siennes sans retenue, embrasser n’importe quelle cause, pourvu qu’elle soit Reine... La Tehanii leva légèrement le menton pour la considérer de plus haut. Elle pouvait être désagréable, certes, mais sa Volonté la rendait plaisante.

Du moins... Elle avait jugé cette femme au premier regard, elle ne s’était pas trompée. Elle serait dangereuse, il faudrait la surveiller de près. Car si elle jouait à merveille avec le cœur d’Ysor Cinquième, elle pourrait avoir beaucoup plus d’emprise sur lui que n’importe qui. N’avait-on jamais vu des enfants renier leur mère chérie pour une damoiselle ? N’avait-on jamais vu des Souverains balayer un Royaume pour une Maîtresse ?

Ce n’était pas permis. Non. Ce n’était pas une option envisageable, il fallait faire en sorte que le Gardan Edorta ne tombe pas aveuglément amoureux de cette Olarile, qui pouvait autant le mener à la Gloire, comme à leur perte à tous. Si elle se contentait d’être Reine, elle offrirait à Isle les Descendants que la Prophétie annonce, et il reviendrait aux Conseillers d’en faire les héritiers divins . Mais s’il lui venait l’envie d’avoir plus, toujours plus de pouvoir, cette Lis Diantha serait un obstacle...

Les fœtus qu’elle portait étaient encore la garantie de sa bonne santé pendant quelques mois.
Si elle se montrait peu coopérative, par la suite, il faudrait envisager des mesures plus restrictives. Elle n’était que l’écrin. Elle n’était que le coffre. Comparée à ses enfants, sa vie n’était qu’une poussière. Que le Conseil saurait chasser d’un revers de main, si elle se montrait trop encombrante. Trop exigeante.

Et si elle ne se pliait pas au protocole !
Ses regards, ses gestes trop proches, envers Ysor était une offense aux bonnes mœurs, et aux devoirs d’un futur couple royal. On ne se tenait pas si près ! On ne s’observait pas avec ces yeux-là ! Ce trop plein de désir, charnel, mettait Vanhilde hors d’elle. L’Arlanii ne devait pas perdre des yeux son Devoir, au lieu d’admirer les courbes de cette Joyeuse !

Son visage restait de marbre. Un marbre blanc, ponctué par deux billes sombres, qui les observait. Aucun contentement, aucun mécontentement dans son regard. Elle se permit de prendre la parole, comme l’exigeait la politesse, lorsque avait parlé le Gardan Edorta.

« Therdone bénit cette Union. » Fit-elle simplement, d’une voix monocorde.
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Riarg Karnimacii
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MessageSujet: Re: Conseil à sens inverse   Mer 23 Mar - 8:57

Riarg était un homme d'instinct, mais rarement il agissait au hasard et il savait patienter longuement pour confirmer ses doutes et ses inquiétudes. En ce jour il fallait être plus téméraire, les choses se bousculaient si rapidement, les tracas s'accumulaient. Cette femme ne lui inspirait guère confiance, encore une fois il la fixa du regard, comme pour la sonder et pour lui montrer explicitement que le moindre écart de conduite serait fatal pour elle. Peu importe quel sang coulait dans les veines de ces enfants, peu importe qu'ils soient ceux de la prophétie, l'éducation ferait le reste et le conseil resterait maître.

Vanhile prit la parole et Riarg ne fut que peu surprit de sa réponse. Il avait senti de légères subtilités dans sa voix, que peut-être il avait été seul à déceler, mais même la conseillère semblait méfiante quant à cette nouvelle venue. Il faudrait qu'il s'entretienne avec elle prochainement. Encore une fois il analysa le problème sous tous les angles et il conclu que cette union était audacieuse mais il faudrait rapidement poser le cadre, instaurer la discipline car si ce mariage leur échappait, il pourrait bien causer la perte du conseil. Riarg songea également à proposer un de ses informateurs comme domestique à cette Lis Diantha, afin de recevoir des comptes-rendus quant à son comportement. Il nota discrètement cette idée dans un petit carnet relié de cuir, avec des mots codés que seul lui pouvait déchiffrer. Il attendit que les autres conseillers aient posé leurs questions, elles semblèrent sans grand intérêt pour l'ainé, qui le montra de façon ostentatoire. L'olarile se débrouillait plutôt bien quant au jeu du question/réponse et hormis un comportement souvent inconvenant, ce qui ne dérangeait pas vraiment Riarg, elle ne commettait aucune faute.

Après la bénédiction de Vanhilde, Riarg sentit qu'il devait dire quelque chose, tout le monde attendait qu'il clôture ou rouvre le débat. Il plissa les yeux, comme à son habitude, se redressa dans sa chaise puis donna une réponse qui se voulait équivoque.

« Fort bien. Je pense que personne ici ne viendra s'opposer à cette union. » il se racla la gorge et laissa un silence volontaire. Si la rhétorique était un art alors Riarg était un artiste car il savait jouer avec les regards, les réactions, le moindre silence ou les changements de ton. « Je ne m'y oppose point non plus. », tout en laissant entendre qu'il n'était pas assez enjoué pour donner sa bénédiction. « Le rôle de reine n'est pas de tout repos Lis Diantha, bien folle celle qui croit pouvoir en assumer entièrement les responsabilités. Heureusement le conseil veille et nous saurons toujours là pour vous aider dans la tâche. » Il marqua un autre silence, comme pour mettre mal à l'aise le jeune couple. Ce qu'il venait de dire était à la fois pour Ysor comme pour Lis, le pouvoir peut être donné ou reprit à tout moment et cela au bon gré du conseil, mais il avait amené très subtilement l'admonestation, avec courtoisie et sans aucun mot querelleur. Maintenant elle savait qu'il aurait toujours un œil sur ses moindres décisions.
« Si personne n'a plus rien à ajouter, nous pouvons clore cette réunion. »

Stratégiquement, il restait persuadé que cette union était bénéfique, elle calmerait les ardeurs des Olarils les plus récalcitrants, permettrait une meilleur cohésion et peut-être même, à long-terme, la fin des révolutionnaires et des dissidents. Lis Diantha n'était pas une noble de sang et Riarg en avait cure, tout passe par la socialisation et l'éducation et la noblesse n'est pas une question de gènes mais de mœurs, de codes et de normes. Et il n'hésiterait pas à la cadrer, de force s'il fallait, dans ce carcan rigide de traditions. « Les mondanités ont quelque chose de rassurant, elles délimitent la sphère de liberté de chacun et rendent les gens prévisibles » pensa Riarg.
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