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 Le cliquetis du briquet

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Beltxior Olarii
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MessageSujet: Le cliquetis du briquet   Mar 30 Nov - 23:07

Il y avait beaucoup de choses que Beltxior n’aimait pas. L’une d’entre elles étaient les eaux noires des douves et des bras du Phémur en pleine nuit. Pour cela, c’était quasiment confiné à de l’horreur instinctive. Naviguer au dessus de profondeurs dont vous ignoriez tout, qui pourraient abriter n’importe quoi. Si jamais il tombait à l’eau, ce qui arriverait fatalement vu la stabilité du bateau, aurait il pied, pourrait il toucher le fond et remonter ? Ou bien se noierait il entre deux eaux, s’empêtrerait il dans des algues ? Beltxior n’aimait pas entrer en Edor Adei par les canaux. En attendant de pouvoir entrer par la grande porte cependant, il n’y avait pas d’autre moyens.

Le batelier devant ne semblait absolument pas troublé par tout ca, mais que pouvait-t-on attendre d’autre de la part d’un homme qui avait dû passé une bonne partie de sa vie d’homme sur l’eau du fleuve, au point que même à terre, il marchait comme sur son bateau. Un personnage à part ce batelier, excellent voire génial quand il s’agissait d’échapper aux patrouilles, mais peu rassurant dans toutes les autres situations.

« Baissez vous ! »

Beltxior se tapit au fond de la barque à fond plat en faisant en sorte que sa cape à capuche le couvre entièrement. Il essaya de distinguer des bruits pouvant indiquer un danger, mais seul le bruissement des insectes et le clapotement des grenouilles dominaient les alentours. Le batelier lui semblait quoi savoir faire, car sans même savoir pourquoi il reprit sa perche et l’embarcation se déplaca de nouveau en glissant à la surface de l’eau. Beltxior commença à se maudire d’avoir voulu rencontrer ces Olarils en chair et en os, d’avoir voulu suivre les traces d’Arngrim et de voir de ses propres yeux si tous ces descendants de Bakarne étaient comme le Grand Frère. Cette curiosité lui serait très utile lorsque son corps noyé serait bouffé par les poissons à vingt mètres de fond ou qu’une flèche d’un garde Arlanii lui aurait transpercé le flanc. En l’absence de contrordre, Beltxior garda sa position inconfortable au fond de l’embarcation, elle avait un avantage : il ne voyait pas l’eau.

Il ne vit ainsi pas la fin du trajet, ni comment au juste le batelier l’introduisit dans l’enceinte d’Edor Adei. Ca ferait partie du secret de l’homme en noir. Il était déjà content que l’eau ne fuie pas entre les jointures du bateau, ni qu’il ne chavire dans une eau qui pouvait avoir aussi bien un mètre que dix mètres de profondeur. Il sentit juste le moment où le batelier arrêta de pousser sur sa perche, se prépara à sauter, et sauta dans un splash qui fit sursauter Beltxior, persuadé qu’on l’entendrait depuis les murailles.

« Allez, vous pouvez descendre. »

Beltxior sortit enfin sa tête de la cape et regarda le passeur : il avait de l’eau jusqu’aux genoux et faisait signe au meneur illédor des révolutionnaires de mettre les pieds dans la flotte lui aussi. Avec répugnance, Beltxior immergea une botte puis l’autre et fit la moue alors que l’eau pleine de vase s’engouffrait dedans. Il sortit de l’eau pour arriver sur une petite plage souillée d’immondices et alla monter des escaliers qui allaient vers des quais.

Quand il fut sur le quai, le bateau et son guide n’étaient plus là.

Cela troubla l’Olarii, qui savait que la nuit prochaine, le passeur serait là, mais ne pouvait s’empêcher de se sentir horriblement seul dans cette capitale hostile. Il enleva une botte, la vida de son eau, et fit de même avec la deuxième. Il aurait bien aimé se sécher un peu les pieds, mais le temps lui manqua :

Il n’eut que le temps d’entendre le cliquetis d’un briquet, et celui d’une torche qui prend feu. Réagissant à la vitesse de l’homme habitué depuis longtemps au danger, il bondit comme un fauve vers cette surprise désagréable. Il faucha net le soldat alors qu’il dégainait son arme, et maîtrisa tout de suite le bras qui tenait la torche. D’un gabarit bien plus imposant que le garde, Beltxior acheva de maîtriser complètement le gêneur en un temps record.

A la lumière des flammes, il se rendit compte que c’était une femme, ce qui fondamentalement ne changeait rien. Par contre, les flammes révélaient bien plus le concernant : A travers l’ouverture de son manteau, on pouvait voir son armure aux reflets métalliques argentés, qui portaient en relief le taureau des Olarii sur tout son buste.

Beltxior avait pris soin de sa légende : même en Edor Adei, on savait qu’il n’y avait qu’une seule personne ici bas qui portait cette armure. Il n’avait pas songé à ce genre de situation malheureusement, où elle serait un terrible signe de reconnaissance. A la lumière incertaine mais crue de la torche le visage de Beltxior se tordit jusqu’à être carrément laid.

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Karissa Borgia
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MessageSujet: Re: Le cliquetis du briquet   Mer 1 Déc - 19:29

Karissa avait été affecté à la garde de nuit depuis maintenant 3 jours. Le Capitaine l’avait assignée à cet endroit pour la punir de son insolence. Le verbe haut, l’arme au point, la jeune femme avait osée défier un jeune nobliau qui se prétendait Sergent et n’avait pas la moindre idée de la façon dont on maniait une dague.

Non contente de faire remarquer au sergent Karenii qu’il se battait comme une fille, il avait fallut qu’elle le lui démontre. Elle savait bien qu’il n’était pas permis d’humilier ses supérieurs, encore moins devant toute son unité et devant les Capitaines. Mais c’était là une leçon qu’elle n’avait pas envi de retenir ; La situation l’avait rendue ivre de rage. Cet Ilédor, parce qu’il était de haute naissance, pensait pouvoir lui faire des remarques désobligeantes sur l’état d’usure de ses bottes alors que lui même était dans l’incapacité de repasser sa chemise. Evidement, il avait des serviteurs pour le faire lui !
En plus tout le monde savait qu’il n’avait obtenu ce poste que parce que papa Karenii possédait quelques titres ! Parce que comme homme, soldat et même sergent, c’était pas franchement reluisant. *Il est bête et moche en plus !* Pensa-t-elle en shootant hargneusement dans une pierre.

Tout en continuant sur le chemin de ronde et en jetant quelques coups d’œil agacés vers le camp révolutionnaire, comme si c’était le camp en lui même qui était responsable de tout ses malheurs, elle poursuivait ses pérégrination mentales.

*Les nobles de sang se sont empâtés et se croient supérieurs alors que seul leur tour de taille l’est ! Leur bourse aussi… * se disait-elle.*Et ses Olarils venus de nulle part et se déclarant peuple élu ! C’est n’importe quoi…* Karissa ne s’intéressait pas vraiment à la politique, mais Kal lui avait expliqué certaines choses et elle ne pouvait qu’être d’accord. Il manquait vraiment un chef fort au peuple d’Edor Adeï. Un général de l’armée par exemple. Elle regrettait le temps d’Elandor Arlanii. Lui était un vrai chef ! Ô bien sur, elle ne l’avait jamais vu, mais les autres, les soldats plus âgés et les gradés, eux ils en parlaient souvent, avec Respect. Kal Shaigan le premier, lui avait fait son éloge, regrettant vraiment le temps où il avait les choses en mains ! Mais il avait fallut qu’il soit assassiné. Elle haïssait le conseil.

Soudain, la jeune femme qui maugréait entre ses dents entendit un bruit venant de l’écluse, à quelques mètre devant elle. Elle s’arrêta, tendit l’oreille et écouta attentivement, cherchant à comprendre. C’était un bruit d’eau, un splash qui résonnât sous les voutes du chemin de ronde. Il semblait que quelqu’un… Débarquait peut être. Elle cru entendre une voix étouffé. Elle se dirigea en silence vers l’écluse, essayant de ne pas faire cliqueter son équipement. Question discrètement le harnachement de l’armée était loin du compte.

Comme elle arrivait, elle crus entendre un autre bruit d’eau. Il faisait particulièrement sombre, elle ne voyait rien, c’était peut être un rat qui avait décidé de se faire un bain de minuit. Mais il fallait qu’elle en ait le cœur net. Elle sortit un briquet de sa gibecière posé sur son flanc gauche et attrapa une torche à sa ceinture de sa main d’arme, elle alluma sa torche et tout s’enchaina avec une rapidité époustouflante. Il avait réagit bien trop vite pour elle. A vrai dire elle n’était encore qu’une novice, même si elle ne voudrait jamais l’admettre. Elle tenta de sortir sa lame, mais l’homme la faucha tel un fauve. Le gabarit de l’homme était bien plus imposant que la jeune femme et surtout , dans la force de l’âge, il était bien plus fort qu’elle. Il n’avait eu aucun mal à la maitriser.

La fauchant en vitesse, L’homme l’immobilisa contre le mur et la maintien en place, la tenant par la gorge, elle ne pouvait plus bouger.
Dans la précipitation de ce qu’on ne pouvait décemment appeler un combat, elle avait lâchée sa torche. Celle-ci c’était enflammé rapidement et la lumière qu’elle dégageait permis à Karissa de voir le visage et le plastron de son agresseur. Elle venait de reconnaître Beltxior Olarii, cet Ilédor qui menait la révolution, qui voulait que les Olaril prenne le pouvoir sous prétexte qu’ils étaient les descendants de Bakarne. Ses yeux lancèrent des éclairs de fureur, mais c’était bien là tout ce qu’elle pouvait faire contre lui.
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Beltxior Olarii
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MessageSujet: Re: Le cliquetis du briquet   Jeu 2 Déc - 22:37

Théoriquement, il devrait la tuer, c’était une garde qui avait pour mission d’arrêter et de tuer dès que possible les révolutionnaires. Et Beltxior, c’était même un devoir sacré que de l’exécuter. S’il l’assommait, elle se réveillerait et le dénoncerait dès que possible. Il devrait la tuer, mais une chose rendait cela impossible : Beltxior ne savait pas tuer de sang froid. On lui attribuait bien sûr beaucoup de morts, on le décrivait comme un fou à la recherche de sang, mais on en avait fait une bête plus monstreuse qu’il ne l’était vraiment. Seule la fièvre de la bataille pouvait le pousser à faire couler le sang, et il n’était pas précisément engagé dans une bataille. Il ne tuerait pas cette fille.

Alors quoi ? Il ne pourrait pas la laisser derrière elle, et Edor Adei ne voulait pas de lui. Odéhiza lui avait dit, Helga lui avait dit, Baral lui avait dit, Beltxior n’avait rien voulu savoir : il avait tout de même décidé cette folie et refusé d’être accompagne au nom de ce même principe de prudence qu’on avait brandit pour le dissuader d’y aller. Ce genre de folie était rare, mais toujours dangereuse, elle était caractéristique de Beltxior, elle puisait ces racines dans un limon que lui-même ne fouillait pas trop, qui contenait trop de sentiments négatifs…

En tout cas, il avait juste voulu marcher dans les traces du Grand Frère, pas pour faire aussi bien que lui, mais juste parce que… parce que… parce qu’il devait être à la hauteur d’Arngrim, il ne devait pas faire moins que lui. Cet esprit de compétition sortait de nulle part, et Beltxior ne s’en préoccupait plus vraiment désormais, il fallait sortir de cette situation. Il regardait à droite et à gauche, jamais dans les yeux de sa capture, l’air très nerveux. Sortir de cette situation… sortir de cette ville. Rejoindre sa sœur et l’armée principale, oublier cette mésaventure qui lui avait prouvé qu’il était encore un homme mort en sursis à l’intérieur des murailles. Un autre jour, il rendrait visite à ces olarils, ou ils viendraient à lui. Oui, c’était beaucoup mieux ainsi, quelle folie que d’avoir voulu suivre les traces de l’Edorta… Une folie qu’il ne voulait pas expliquer, bien qu’il en soupçonne la raison.

Des vagues se firent entendre, avec le floc régulier d’une perche de batelier. Pourvu que ce ne soit pas un bateau des réguliers, pourvu que ce ne soit pas un bateau des réguliers… La torche l’éblouissait, l’empêchait de percer l’obscurité, mais aucune exclamation ne surgit. Il entendit juste la barque s’échouer sur la plage de sable souillé. Et un homme qui courait vers lui. Il fut soulagé avant même d’être sûr que c’était bien la bonne personne.

« Ouf tu es revenu »
« Je vous avais bien dit que c’était du suicide irresponsable. »
« Tu vas pas t’y mettre toi aussi ! »

Beltxior, disposant de nouveau d’un moyen de fuite, retrouva toute son assurance, mais se posait toujours le problème de sa prisonnière, puisque d’autres mots sont inadaptés pour décrire son statut. Il la prit par la nuque et lui dit tout bas :

« Ce n’est pas un invasion, ni même une tentative. D’ailleurs je me retire. Et je vous prends avec moi jusqu’à être en sécurité au dehors, puis je vous relâcherai. Mais si vous faites une seule tentative pour alerter quiconque, si je vous voie même entrouvrir la bouche, je vous balance à la flotte, et j’espère que votre armure vous enverra vers le fond.

Vous ne faites même pas semblant d’ouvrir la bouche compris ? »


Il commença doucement à la tirer vers la barque.
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Karissa Borgia
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MessageSujet: Re: Le cliquetis du briquet   Dim 5 Déc - 12:26

Il devait la tuer, elle allait mourir ce soir. Alors même qu’il avait posé la main sur elle Karissa avait su qu’elle rejoindrait Therdone. Elle aurait dû mourir ce soir. Elle devrait être morte. Mais les secondes passaient et la lame qu’elle s’attendait à recevoir en traversa sa gorge, tranchant le fil de sa vie ne venait pas. Celui que l’on décrivait comme un monstre, un tueur, le chef des révolutionnaires ne semblait pas décidé à en finir. Qu’attendait-il ? Il ne semblait pas sur de lui, regardant à droite à gauche, partout sauf elle. Hésitait-il ? Elle, elle l’aurait fait, si elle en avait eu l’occasion. Elle l’aurait tué, sans états d’âme, de sang froid, presque le sourire aux lèvres, satisfaite d’avoir abattu l’ennemi de la patrie.

Beltxior Olarii semblait particulièrement nerveux, la jeune femme savait qu’elle aurait dû appeler les gardes, mais d’une part sa fierté l’en empêchait et d’autre part, il avait sa main sur sa gorge au moindre cris il l’étoufferait. Ses hésitations n’iraient sans doute pas jusqu’à risquer sa propre vie. Et puis non seulement personne ne l’entendrait mais elle n’aurait également plus aucune chance de l’empêcher d’entrer dans la cité.

Les vagues venaient se brisait avec fracas sur le rebord. La barque revenait-elle ? Peut être était-ce un des bateaux de la garnison ? Où bien le passeur aurait aperçu la lumière vive de la torche et aurait fait de mi tour. La torche l’empêchait de percer l’obscurité, elle ne voyait pas ce qui venait vers elle, mais, au son des pas, un seul homme avait débarqué. Aucune exclamation. C’était le batelier qui avait fait demi-tour. Le révolutionnaire poussa un soupir de soulagement. Les deux hommes échangèrent quelques mots. Karissa ne distinguait pas le visage de l’autre homme. Elle se demandait s’il n’entrait pas dans la cité lorsqu’il le voulait et renseignait les rebelles.

Beltxior semblait avoir retrouver tout son assurance, il s’adressa enfin à Karissa qui n’avait cessé de le darder de son regard noir. Cela lui ferait peut être effet maintenant qu’il daignait la regarder ?

Il l’attrapa rudement par la nuque et l’averti de ce qu’il lui ferait si elle parlait ou faisait a moindre tentative. Evidement, elle n’avait pas le moindre intérêt à tenter quoi que ce soit dans l’instant. Cependant, il ne perdait rien pour attendre. Hors de question de se laisser entrainer sans rien tenter. Elle attendrait d’être sur la barque. Et puis pour tuer, nul besoin de parler… Pensa-t-elle en avec une grimace de dégout à l’attention de son adversaire.

Il l’emmenait vers la barque Karissa, suivit donc sans un bruit. Lorsqu’il la fit embarquer, elle en profita pour rapprocher sa main droite de sa botte pour attraper sa dague et la glisser dans sa manche. Elle se redressa mine de rien.

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Beltxior Olarii
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MessageSujet: Re: Le cliquetis du briquet   Mer 8 Déc - 19:46

Les remparts ne restaient jamais désertés bien longtemps, il ne se passait que quelques minutes entre une patrouille et la suivante, et très bientôt la disparition de la fille se ferait remarquer, on allumerait suffisamment de flambeaux et de feux d’alertes dans ce secteur qu’on y verrait comme en plein jour. Beltxior ne resterait pas suffisamment longtemps pour voir ca. En courant à moitié, il descendit sur la plage, buta sur un chat mort, envoya valser une bouteille vide, et d’une vigoureuse bourrade, lança quasiment le soldat dans l’embarcation, avant de bondir dedans à son tour.

Ces quelques secondes d’action lui avaient fait un bien fou, lui permettant de décharger un peu de cette tension qui s’était accumulée depuis qu’il avait mis le pied sur cette foutue barque, mais seulement un peu. Il fallait encore sortir des murs, et se mettre hors de portée des archers Arlanii. Il entendit le batelier ricaner alors qu’il prenait sa perche et qu’il l’enfonçait vigoureusement dans la vase pour faire avancer l’embarcation. Beltxior Olarii fut de nouveau saisi d’une angoisse incontrôlable, qu’il put tout juste juguler de manière à ne pas s’évanouir dans l’esquif à la coque si mince et si instable…

Il fallut un très long quart d’heure pour sortir des murs, avec tous les détours que prit le batelier, et sa prudence. Il s’engagea dans beaucoup de canaux sinueux et étroits, vérifia sans cesse qu’il n’était pas suivi, lâchait de temps en temps des commentaires glorieux sur les sentinelles, ou se précipitait pour arrêter brusquement la barque. Le ciel nuageux permit à l’équipée de ne pas être repérée sur la rivière : des hommes en noir sur un bateau noir qui glisse sur une eau noire dans la nuit noire sont impossibles à voir. Le moment le plus critique fut lorsqu’ils sortirent des remparts, et que les gardes n’étaient qu’à une dizaine de mètres au dessus d’eux. Beltxior eut le bon sens d’agripper sa prisonnière et de lui mettre la main sur la bouche prête à serrer. Mais il n’eut pas besoin de le faire, elle tint à peu près le marché conclu. Il se demanda vaguement pourquoi une telle docilité, mais il y avait plus urgent à penser, et surtout à s’inquiéter.

Enfin, les murs s’éloignèrent, le Phémur alla loin d’eux et bientôt, on put même les perdre de vue dans le noir. Le batelier lutta contre le courant pendant encore quelques minutes, puis jugeant qu’on était suffisamment loin, accosta sur une berge un peu haute. Beltxior reprit sa prisonnière, la jeta sur la berge, puis bondit pas loin d’elle trop heureux de retrouver une terre, fut elle molle et spongieuse.

« Va et merci pour tout ! »
Le batelier fit un dernier salut, silhouette noire sur décor sombre, puis avec sa perche partit vers sa planque habituelle, où la révolution saurait le trouver le moment venu. Beltxior regarda dans la direction où il était parti, légèrement dans le vague, soulagé d’être sorti du guêpier à un point impensable.

C’est là qu’il sentit la pointe d’un fer sur sa nuque.

Il se passa un long temps avant qu’il n’articule ceci, y mettant énormément de choses en peu de lettres :

« Chier. »
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