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 Alecto Terdalis

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Alecto Terdalis
Olaril
Olaril
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Nombre de messages : 139
Age : 34
Date d'inscription : 08/11/2010

.:: Le Carnet ::.
Âge du Personnage: 41 ans
Profession: Assassin
Positionnement : Dissidente
MessageSujet: Alecto Terdalis   Lun 8 Nov - 21:03


Derrière l'Ecran, le Joueur.

    • Pseudo Discorde
    • Âge 26 ans
    • Localisation Normandie - France

    • Autre personnage Lysandre Hirune / Lis Diantha / Vanhilde Téhanii

    • Temps consacré au net (et au forum) dans une journée Les soirées + week end.
    • Comment avez-vous connu Les Tables d'Olaria ? ... En le fondant, en fait ^^
    • Quelque chose à ajouter ? -



Devant Vous, le Personnage.

  • Prénom Alecto
  • Nom Terdalis
  • Âge 41 ans
  • Sexe F
  • Famille Garthésia
  • Profession ou métier Prêtresse de Panpale lorsqu'elle résidait en Arestim Dominae, elle a suivi depuis son arrivée l'apprentissage de Ruben Gasseï, Assassin.

  • Positionnement : Alecto a aidé la Dissidence, elle souhaite lutter pour que la Noblesse vile et méprisante ne soit plus.

  • Taille 171 cm
  • Poids 59 kilos

  • Description physique détaillée
    Alecto est une grande femme, plutôt fine et athlétique. Longiligne, elle a de longs membres et notamment des jambes hautes. Son corps n'est pas celui, rebondi et rond, des canons esthétiques olarils, mais elle n'en a jamais souffert. Elle possède de longs cheveux blonds, très pâles, plutôt épais et ondulés, entretenus par de rares tresses. Cela accentue la pâleur de sa peau, elle qui n'apprécie pas le chaud soleil des Plaines, et qui la rend là encore si différente des autres Olarils.
    Son visage est également en longueur, qui parait froid, mais en réalité, il reflète surtout un grand calme, presque de la langueur neutre. On soupçonne son épiderme terne d'accentuer cette impression ; Son nez pourtant est petit et retroussé, ses yeux bleus sont également minces, et en réalité, seules ses lèvres paraissent charnues et en volume par rapport à ce visage en hauteur. L'impression est rehaussée par une coiffure qui dégage son front, éclairant également ses oreilles largement percées.
    Alecto aime les bijoux, simples pourtant, plutôt argenté, nulle pierres précieuses, nul éclat trop étincelant. A cela s'ajoute un style vestimentaire sobre, appréciant les tissus Olarils, car ils sont chauds et neutres. La laine ou le lin, mais pas de cuir, ou alors tanné. La Prêtresse de Panpale n'aime pas ce qui peut briller et refléter la lumière, elle préfère les tons froids, ou gris, encore une fois terne.

  • Particularité physique notable
    Là où, en Arestim, ses tatouages au visage et sur l'épaule pouvaient passer inaperçus, c'est désormais un fait anormal, et significatif de son peuple, en Edor Adeï. Elle maquille sa bouche uniquement d'un trait vertical.

  • Description psychologique détaillée
    Alecto ne s'est pas très bien intégrée aux Olarils, malgré qu'elle sente qu'elle appartienne profondément à son Peuple. Pourtant, son allure ou son caractère plus calme et renfermé l'ont toujours mise à part. Elle a toujours trouvé l'agitation trop pénible, gardant son sang froid, mais sachant être très ferme. Certains disent froide. Pourtant, elle est souriante lorsqu'elle est entourée de ses proches, et l'attitude plus en retrait peut en réalité être une façade pour se protéger.
    Renfermée ne signifie cependant pas timide, car Alecto n'a aucune gêne à aller vers les autres, à parler aux inconnus, car elle possède une confiance en elle lui permettant de ne pas douter d'elle. Elle sait quelles sont ses capacités et a tendance à ne pas sentir facilement en position d'infériorité. Sans pourtant prétendre être supérieure aux autres, elle pense simplement être à la hauteur de tous, ni plus bas, ni plus haut.

    Elle fait preuve en effet de mesure et de pondération, dans la plupart des instants de sa vie. Pourtant, il est un sentiment qu'elle ne sait contrôler : l'amour. Elle ignore ce qu'est la mesure dans ce cas-là, car elle est entièrement dévouée à cette cause. Il est rare qu'elle s'éprenne d'un homme, mais lorsque c'est le cas, elle est exclusive, jalouse, possessive. Alecto ne tolère aucune surprise dans le couple, aucun écart, aucune faute, aucun autre regard. En cela encore, elle fut malheureuse toute sa vie en Arestim, différente des autres. Possessive jusqu'aux abus, jusqu'aux sentiments malsains, jusqu'à la haine et jusqu'à vouloir le mal. Maudire l'être aimé est une souffrance qui la dévore lorsque la passion n'est pas réciproque, lorsque l'autre tourne la tête vers une autre femme moins exclusive, plus ouverte. Jusqu'à la déchirure, l'extrême.

    Et pourtant... le changement soudain, l'instabilité lui font peur, le besoin d'être toujours sur une ligne droite, calme et mesurée demande la rassure. Cette balance entre sa vie lorsqu'elle ne ressent pas l'attirance et ces phases dévorantes et malsaines en font là encore quelqu'un de dérangeant, peut-être d'effrayant. Sa crainte de n'être plus aimée ou malaimée, en font quelqu'un de suspicieux, peut-être même paranoïaque. Elle soupçonne le pire venant de son amant, le traque, le suit, le questionne, Inquisitrice. Imaginer le pire, et paraître neutre face au Monde, voici toute la difficulté de cette vie-là.
    Et ce calme pondéré devient tornade capable des pires vengeances si les doutes sont fondés... ou qu'elle est persuadée qu'ils le sont.

  • Particularité psychologique notable
    La Glace élégante en apparence, le Feu perfide à l'intérieur.

  • Connaissances, Savoirs, Capacités
    Alecto sait lire et écrire, et de mieux en mieux depuis qu'elle vit en Edor Adeï. Elle avait des rudiments d'herboristerie de par ses parents, mais là encore, Ruben et les sciences Ilédores lui enseignent des dimensions supérieures. Là où une plante pouvait soigner ou enivrer, elle apprend à la rendre toxique ou mortelle. Tuer n'est pas un art facile, elle n'est que novice, et se contente pour l'instant d'observer le Maître. Elle sait les prières à Panpale, et monter à cheval, bien qu'elle ne les apprécie pas le moins du monde.
    Alecto n'est pas très performante sur les longues distances, et s'essouffle facilement, car elle ne mange pas de viande. En outre, elle ne tient absolument pas à l'alcool de par sa constitution.


    « Être une Garthésia, c'est déjà être à part. »

    Ce qui serait appelé aujourd'hui un accident, était en réalité, pour Brewän et Aidile Terdalis un cadeau de la déesse Hégoa. Approchant les 76 ans, Aidile pensait que ses enfants, désormais indépendant, ayant construit leur propre foyer depuis longtemps, n'auraient plus de petit dernier à choyer, fut toute autant surprise que son mari de tomber enceinte si âgée.

    Les risques plus grands de voir cette grossesse mal tourner étant multipliés, Aidile fut conseillée par les Anciens et les guérisseurs de ne pas exercer d'activité professionnelle tout le temps qu'elle porterait son enfant. Pour cette femme hyperactive, la sentence fut lourde, mais comme la majorité des Olarils, elle voyait l'arrivée de ce nouveau né comme un merveilleux présent, malgré ses 8 premiers enfants.

    Brewän fut donc seul à officier dans la modeste boutique qu'il avait tenu du père de son épouse, et demanda l'aide de deux de ses fils. Les affaires fonctionnaient bien, car ils se trouvaient spécialisés dans les décoctions qu'affectionnaient beaucoup d'Olarils, aux propriétés tantôt euphorisantes, tantôt relaxantes, tantôt énergisantes. De quoi donner quelques vitamines aux plus fatigués, ou calmer les plus énervés !

    Au petit matin, après tant de mois d'inaction, Aidile fut soulagée de donner la vie à un enfant correctement constitué, qui semblait en pleine santé, bien que d'une corpulence toute menue. Cependant, le profil de la famille Terdalis étant plutôt grand et fin, personne ne s'en inquiéta. La fête qui s'en suivit fut conviviale et sobre, mais ceux qui furent présents se souviennent encore des effets délicieux des plantes apportées par Brewän pour célébrer sa cinquième fille, Alecto.

    Dès les premiers mois de la vie de cette petite Alecto, Aidile se montra plus affaiblie. La grossesse semblait avoir aspiré une grande partie de ses forces, et elle ne retrouva, dès lors, plus jamais l'énergie qui faisait sa bonne humeur légendaire. Tous déplorèrent ce changement bien involontaire de la part de la femme, mais personne n'osa lui faire remarquer qu'un enfant à son âge était peut-être une mauvaise idée, à la réflexion.

    Aidile ne regretta jamais d'avoir donné naissance à son neuvième enfant.

    L'enfance d'Alecto ne subit aucun bouleversement majeur, outre les apprentissages nécessaires de la vie. En grandissant, et avec des yeux d'enfant encore, la petite fille se sentit rapidement différente des autres Olarils de son âge. Elle était pourtant comme eux, souriait, riait, courait avec eux sans aucune gêne, sans aucun effort. Mais cette impression, d'abord sous-jacente, devint plus pointue lorsqu'elle grandit.

    Âgée de 10 ans, et son tempérament se calmant déjà, plus mesuré et posé que les autres, lui permirent de réellement se rendre compte de ce qu'elle ressentait depuis longtemps. N'arrivant pas à clairement l'expliquer ou l'exprimer, elle chercha à se confier à son père. Comme beaucoup d'hommes, Brewän n'était pas à l'aise avec ce qui touchait à l'affect, et se trouvait embarrassé, non seulement par les questions, mais aussi par le mal-être de sa fille.
    Pour seule réponse, il trouva à hausser les épaules avec un large sourire : « Être une Garthésia, c'est déjà être à part. »

    Ce qui n'aida pas la jeune Alecto à comprendre mieux.

    Un Amour de Jeunesse

    Cette conversation ne se reproduit jamais plus. Alecto préféra attendre, peut-être que grandir l'aiderait à réellement mettre des mots et trouver des solutions à ce qu'elle pouvait ressentir. A l'occasion d'une fête en l'honneur d'un mariage cousin, la jeune fille de 12 ans allait découvrir que beaucoup d'autres sentiments seraient difficiles à gérer.
    Thurian étant un jeune garçon d'à peine un an plus vieux qu'elle, et se pavanait devant toutes les demoiselles, plus âgées ou non, qu'il croisait sur la Place des Ires, bondée pour l'occasion festive. Il avait à la main un verre de vin, et le sirotait comme du petit lait, lançant à toutes un regard prétentieux de celui qui brave l'impossible.

    Plutôt renfermée, Alecto était assise sur la marche de l'une des échoppes, et écoutait l'une de ses cousines, plus vieille, lui expliquer ce qu'elle apprenait en compagnie de son grand frère, qui travaillait le cuir pour en faire des chaussures, principalement. Le petit Thurian, d'ailleurs plus petit que les deux jeunes filles, s'avança d'un pas glorieux, sans doute pour être certain qu'elles aient vu comme il était courageux de boire de l'alcool, comme les Adultes.

    Ce fut sa cousine, Kori, qui fut la première charmée par l'air de ce petit m'as-tu-vu. Elle le complimenta, s'extasia devant sa force et la discussion enfantine ne tournait qu'autour de ce beau Thurian. Alecto pense, aujourd'hui, que l'attirance de sa cousine la poussa à, elle aussi, s'intéresser au jeune garçon, mais le coeur des enfants cache des faiblesses, et des incompréhensions pour les grandes personnes... Alecto voulut participer à la conversation, mais ces deux-là paraissaient chercher lequel serait le plus mâture. L'un déclarait être proche de Laclaos lui-même, l'autre passerait à l'âge adulte avant tous les autres …

    Pour Alecto, Thurian était devenu en quelques secondes, l'être le plus agréable qu'on puisse imaginer, et elle savait qu'elle se marierait avec lui, plus tard. Un moyen de devenir comme tout le monde, et peut-être la solution à ce sentiment de différence ? Quand Thurian ordonna avec un ton supérieur à Kori d'aller lui chercher à boire, parce qu'il avait finit son très très grand verre de vin comme les adultes, Alecto sentit son coeur vrombir : elle était seule avec lui !
    Thurian lui expliqué qu'il avait déjà embrassé des tonnes de filles, et que si elle voulait, il pourrait elle aussi l'embrasser. Au moment où, tremblante, la petite avançaient ses lèvres pour son premier baiser, le Prétentieux éclata de rire, en se relevant.

    Au comble de la honte, Alecto ne put se retenir de pleurer, et releva les yeux à temps pour voir Kori, elle avoir l'immense honneur d'un baiser de Thurian. Le chagrin fit bientôt place à un sentiment plus fort encore. La colère, plus forte que la souffrance d'être humiliée et déçue. La Jalousie.
    Mais la fureur sourde ne lui dictait pas de fondre sur sa cousine pour lui tirer les cheveux et la griffer. Elle lui soufflait simplement qu'un jour, elle aurait sa vengeance.

    Le Choix de Panpale

    On pense se remettre rapidement d'un amour de jeunesse malheureux. Pourtant, à l'échelle d'un enfant, le temps passe irrémédiablement moins vite. Il lui sembla penser à Thurian, et à Kori, durant des années entières, tellement elle se sentait mal.
    Bien qu'amusés par ces souffrances immatures, Brewän et Aidile voulurent amoindrir le chagrin d'amour de leur fille, et accentuèrent leur attention. Ce qui se traduisit principalement par l'accélération de son apprentissage de l'Herboristerie, et de l'art de vendre. Alecto n'était pas passionnée parce qu'elle étudiait, mais ne voyait aucune autre voie dans laquelle se diriger. Aussi mettait-elle ce qu'il fallait d'attention pour savoir retenir ce qu'on lui apprenait, et faire de son mieux.

    Elle sut rapidement préparer les décoctions de base, et l'anecdote veut que sa toute première vente sous le regard de son père fut pour un Prêtre de Bakarne, qui adopterait bientôt une jeune Khelan du nom de Lis Diantha. Alecto lui avait vendu à très bon prix de jour là, de l'Ivraie pour une cérémonie.

    Alecto étudiait, respectait les enseignements de ses parents, et ce fut ainsi durant des années. Pourtant, elle ne demanda jamais à effectuer son Passage. Brewän s'en inquiétait, mais il semblait qu'Ailide le rassure en lui soufflant qu'elle serait adulte lorsqu'elle serait prête.

    A 22 ans, et pour préparer les cérémonies en l'honneur de Filhakan, Alecto encore « enfant » et son père, aidée d'un de ses frères, eurent à travailler plus que de raison. La fête s'annonçait grandiose, et il fallait assez de plantes pour faire vibrer tout le village. Son père se morfondant de la voir encore hésiter, lui imposa, sans consulter sa mère, son Passage immédiat. Et, pour être certain qu'elle y réussisse, choisit une épreuve digne d'un gamin...

    Elle fut chargée d'apporter « elle-même », les paniers réservés aux Prêtres pour la célébration religieuse. Alecto avait, naturellement, tout de suite compris qu'il s'agissait d'une épreuve bien simple, à la portée de n'importe quel enfant, sans aucun lien avec sa profession ou son talent. Se contenter d'aller bêtement porter des paniers pleins de plantes enivrantes au Temple...

    Pourtant, elle s'y plia, bon gré, mal gré. En réalité, à quoi bon retarder encore son Passage ? Même si elle n'émouvrait pas une grande passion pour ce métier, ce n'était pas désagréable, ni compliqué pour elle. En se faisant une raison, elle poussa donc un chariot bas jusqu'au Temple. Cette épreuve la rendant pensive, Alecto continuait à se convaincre que c'était la meilleure solution lorsqu'elle déambulant dans les allées de marbres, jusqu'à se tromper d'Aile.

    Les notes plus sombres annoncèrent Panpale, mais Alecto restait happée par ses réflexions. Il était plus raisonnable de … En relevant les yeux, elle croisa le regard de la Grande Prêtresse. Une femme qu'ils respectaient tous à défaut de la craindre. Car elle représentant Panpale pour les Olarils. Qui choisirait Panpale pour Dieu ? Alecto allait faire demi tour sans attendre, lorsque Odara la retint d'un geste. La jeune femme supplia alors que Panpale ne lui fasse pas de mal au travers de sa Prêtresse...

    Odara souriait, et son rire fut presque rassurant. Il n'était ni effrayant, ni maléfique. Il fallut du temps à Alecto pour comprendre, il fallut du temps à Odara pour lui expliquer, que Panpale n'était pas mauvais de nature, qu'il ne faisait pas le mal volontairement. Qu'il représentait simplement les routes les plus faciles, mais aussi les plus douloureuses à prendre. Ou à éviter.
    Qu'il était celui qui faisait rayonner les autres Dieux par ses défauts, et qu'il était le Noir nécessaire à faire briller le Blanc. Peut-être écouta-t-elle deux ou trois heures Odara, qui était âgée mais loin d'être gâteuse.

    Au contraire, ses rides autour des yeux semblaient sourirent, alors qu'on la prenait souvent pour terrible, effrayante. Alecto sembla touchée par ce discours. Elle mesura des jours entiers ces paroles. Et les rites envers Panpale lui parurent plus familier. Cette pierre précieuse qu'elle déposait dans le petit Autel, cette pensée pour lui avant un choix difficile... Il permettait aux sentiments bénéfiques et sages de l'être. Il permettait aux choix d'être justes en montrant les aspects négatifs. Il donnait une vision du monde différente de celle tracée par l'ensemble du Panthéon Divin.
    Il était différent, à part. Comme ses Frères, mais légèrement en décalage.

    Alecto était officiellement une Adulte, mais elle réussit à exprimer son besoin de ne pas être Herboriste. Son choix put paraître le mauvais pour beaucoup. Pourtant, Alecto eut une seconde épreuve, deux ans plus tard, à 24 ans bien passés. Cette fois, elle fut Prêtresse. Et ce fut à cet instant qu'elle put correctement vivre avec ce sentiment si profond.

    Le Pacte avec la Diablesse

    Pour fêter son Passage à l'Âge Adulte, une seconde fois, la cérémonie regroupa énormément de convives. Parmi eux, les jeunes mariés, Thurian et Kori Garthésia. Alecto eut alors l'occasion de faire un nouveau choix, dicté sans doute par son Dieu.
    On commençait à connaître le nom de Lis Diantha, car la jeune femme faisait ses débuts dans le monde d'Arestim Dominae, depuis qu'elle avait quitté Portquiet, et avait été accueillie chez le Prêtre de Bakarne.
    Mais elle était surtout de plus en plus connue pour avoir découvert le Libertinage par Hemric Hirune, déjà bien illustre dans ce domaine malgré son jeune âge. Car, si Alecto avait 24 ans, la petite Lis, elle, n'était âgée que de 16 ans, néanmoins cela suffisait à en faire une prédatrice aux appétits conséquents ; Bien qu'elle sache au fond d'elle qu'il n'était pas judicieux d'élaborer des stratégies dans le but de faire de la peine à ses Semblables, Alecto ne faisait que répondre à un besoin, depuis longtemps inassouvi.

    Durant la soirée, elle fit connaissance avec Lis, jusqu'à ce qu'elle lui désigne Thurian. Lis, qui ne faisait que ses débuts de Croqueuse d'Hommes, avait encore à améliorer son carnet de bal, et sur les conseils d'Alecto, se mit en tête de conquérir le beau Prétentieux. Rien d'anormal à voir Thurian déglutir face aux charmes de la future Prêtresse de Bakarne, et rien d'anormal non plus à ce qu'il succombe facilement, sans heurter la sensibilité des Olarils.
    Cependant, alors que Lis entrainait Thurian vers sa couche, Alecto dut patienter encore avant de savoir si ses attentes étaient satisfaites. Quelques jours plus tard, Kori était en pleurs, non pas parce que son époux couchait avec d'autres femmes, c'était tout naturel, mais parce qu'il était envouté par Lis, qu'il ne voulait qu'elle, qu'elle était cent fois plus mémorable que sa femme...

    Totalement hanté par la jeune Khelan, il quitta le foyer nouvelle fondé, pour ne faire que demander à Lis ses faveurs. Kori, blessée, resta de longs mois à se morfondre, regrettant son mari qu'elle aimait sincèrement.

    Alecto ressentit, certes de la culpabilité, mais l'étonnante force de la satisfaction d'avoir eut sa revanche était plus puissant.

    Et si je t'aime, prends garde à toi.

    Ses débuts en tant que Prêtresse furent agréables. Epaulée par Odara, se sentant enfin à sa place, Alecto se surprit à oublier ces sentiments qui lui avaient rendu la vie si difficile durant son adolescence. Elle s'épanouissait, et il lui semblait que les relations qu'elle tissait auprès des Prêtres et Prêtresses étaient sincères, loin des connaissances relatives qu'elle comptait en dehors du Temple.

    Le lieu était d'ailleurs devenu sa véritable maison, ne retournant au foyer familial qu'en de rares occasions. La boutique de ses parents étaient pourtant un endroit qu'elle affectionnait, mais elle n'y passait que peu : les gens qu'elle y croisait la regardaient désormais comme ils observaient Odara, avec une sorte de crainte dans les yeux. Elle aurait aimé leur expliquer leur tord, mais toute tentative avait été désastreuse, ils pensaient, sans doute à juste titre, que les Prêtres et Prêtresses qui choisissaient ou étaient choisis par Panpale étaient différents d'eux...

    Malgré tout, sa vie au Temple était douce, pleine d'apprentissage quotidien. Les Prêtres étaient également très présents dans sa vie. L'un d'eux, notamment, qu'elle regardait souvent, au loin, dans l'Aile d'Aimar. Il s'appelait Kal'Berrik, et elle le savait ambitieux, malgré son âge relativement jeune. Le fait est qu'il avait été repéré par le Pontife, pour ses grandes qualités, et tous savaient qu'avoir la chance de servir Aimar était déjà un grand privilège.

    Pendant plusieurs années, elle crut garder la même vie durant toute son existence. Apprendre, prier, préparer les cérémonies, et observer en secret Kal'Berrik. Jusqu'à ce qu'il devienne Grand Prêtre d'Aimar, succédant à son tuteur. Elle ne pouvait se contenter de l'admirer, de penser à lui lorsqu'il n'était pas dans son champ de vision. Elle le savait seul, mais n'osait pas aller jusqu'à la confrontation. Pourtant, lors d'une fête en l'honneur de Filhakan, le vin l'avait aidée, et elle avait réussi à l'approcher, lui parler, leur soirée avait été pleine d'échanges, de discussions. L'homme la saluait désormais le matin, prenait volontiers de son temps pour converser, jusqu'à ce qu'elle soit une oreille attentive et amicale.

    Il fallut du temps pour qu'ils deviennent réellement proches, une amitié profonde n'était jamais immédiate. Alecto ne trouvait cependant pas assez de bonheur à le côtoyer en tant qu'ami. La proximité était difficile à garder raisonnable, elle refusait cependant de brusquer quoi que ce soit qui pourrait lui faire commettre des erreurs. De son côté, sans doute Kal'Berrik savait-il la réalité des sentiments de la Prêtresse de Panpale à son égard, loin d'être bête.
    Durant plusieurs années, ils furent complices et confidents. Alecto fut témoin de ses aveux quant à ses projets d'avenir, sa vision de la Politique, de la Religion. Projets qu'elle épousait et elle le poussait même à persévérer.

    Mais il était patient, et sut attendre la mort du vieux Pontife. Alecto vota naturellement pour sa nomination, et il fut alors l'un des plus jeunes Pontife de l'histoire Olarile. A 33 ans, la Prêtresse devait avouer à son tour qu'elle n'était pas aussi patiente que lui. Ce n'était certes pas d'ambition qu'elle débordait, mais d'amour. Le soir où l'on célébrait sa nomination, Alecto le trouva isolé, sans doute savourant sa victoire, et tenta de l'embrasser.

    Si Kal'Berrick sembla surpris, il ne lui refusa aucune faveur. Baiser rendu, il ne résista en aucun cas lorsqu'elle laissa s'exprimer ses sentiments, trop longtemps refoulés. Ils passèrent la nuit ensemble, et au petit matin, Alecto estimait que ce bonheur-ci était l'ultime sensation que l'on pouvait ressentir dans une vie.
    Elle avait désormais trouvé sa place, et trouvé l'homme qui partagerait sa vie.

    Elle déchanta vite. Le Pontife fut vite debout, et lui révéla qu'il avait passé une excellente nuit, et qu'ils pourraient recommencer, à l'occasion, de temps en temps. Car actuellement, il avait d'autres projets, d'autres plans, et elle n'en faisait pas partie. Comment cet homme pouvait-il être si froid, alors qu'il s'était montré si brûlant durant leurs ébats ?
    La Prêtresse pourtant était trop maîtresse de son sang froid, et ne tenait pas à être plus humiliée, en hurlant de colère. Elle accepta, tacitement, ce petit marché qu'il lui proposait.

    Plusieurs fois, à intervalle peu réguliers, elle le retrouva en pleine nuit, pour quelques instants de bonheur. Combien d'années dura ce petit manège ? Sans qu'il lui promette autre chose qu'une prochaine nuit, et lui offre cependant toujours ses confidences, et cette relation amicale si ambiguë ? Oh, aux yeux du monde, ils étaient des proches, oui. Personne ne se doutait de ce rapprochement.

    Car Kal'Berrik avait une autre femme en tête. Elle était prêtresse d'Hégoa, et était aussi brune qu'Alecto était blonde, aussi pulpeuse qu'elle était fine. La digne représentante d'une Mère. Tous, dont Alecto, avaient vu les yeux qu'il lui offrait lorsqu'ils se croisaient, et il se disait qu'elle aurait été ravie de partager le foyer d'un Pontife.

    L'année de ses 37 ans, Alecto apprit la nomination d'Ysalline en tant que Grande Prêtresse d'Hégoa. La rage courait dans ses veines, mais ce n'était rien, en comparaison de l'instant où elle entendit Lis Diantha annoncer sans faire de manière qu'elle avait vu la nouvelle Grande Prêtresse aller fêter sa promotion dans le lit du Pontife.
    Lis Diantha n'était pas souvent honnête, mais elle disait toujours la vérité, lorsqu'elle parlait de coucheries. Meurtrie, blessée, Alecto resta longtemps cloitrée dans l'Aile de Panpale, au point de ne plus vouloir voir personne.

    Hésione au pouvoir

    Odara entra ce soir-là avec un bol de tisane, et annonça la nouvelle à la Prêtresse de Panpale : Lysandre Hirune, la jeune Chasseresse qu'on avait vu la veille entrer chez Laclaos, avait été nommée Chef du Village, et ce bon viel Edorta avait péri juste après.
    L'étonnement, puis les réflexions sur le hasard de cette situation levèrent Alecto, et lui permirent de se remettre sur pieds. Elle demanda audience au Pontife, parla longtemps avec Kal'Berrik de ce retournement politique, sans évoquer jamais son silence durant des mois, ou sa relation avec Ysalline.

    En quelques heures de conversation, il lui sembla retrouver l'homme qu'elle aimait. Il était très au fait de ce qui se disait sur Lysandre, c'était déjà renseigné, avait déjà des plans. Lui qui attendait un changement notable pour simplement avancer ses pions, passa toute la nuit à échanger ses opinions et ses stratégies avec la Prêtresse. Ce fut un second souffle, se laissant bien volontiers aspirer par les sentiments qu'elle éprouvait pour lui. Et tout repris.
    Il avait besoin de se ressourcer, de temps à autres, alors qu'il cherchait une marche de manœuvre pour attaquer, et Alecto était là. Il voyait certes Ysalline quotidiennement, de façon plus ou moins officielle aux yeux de tous, sans pourtant jamais que la noce ne soit prononcée.

    Dès qu'elle se réveillait, après une nuit tendre, Alecto ressentait immédiatement la fin des effets euphorisants de son bonheur éphémère. Mais que faire d'autre ? Au moins, elle avait la chance d'avoir Kal'Berrik pour elle seule de temps en temps … Et elle le gardait en ami tout le reste du temps. La douleur était sourde, toujours présente mais légère la plupart du temps. La jalousie, elle était omniprésente. Car Ysalline était l'officielle, elle était fière d'elle, d'avoir réussi à charmer le Pontife. De savoir le garder. Alecto devrait encore attendre avant de se venger.

    Les Yeux d'Hégoa

    Peu de temps après le couronnement de Lysandre Hirune, la fête d'Hégoa fut sa première cérémonie officielle. L'ensemble des Prêtres étaient présents, et naturellement le Pontife était là. Si le Chef sortit vite en compagnie d'Amiguel Garthésia, un cousin lointain, Ysalline resta pour profiter, son statut lui demandait d'être présente jusqu'au bout de la fête. La Grande Prêtresse trouva Alecto, pour discuter sans doute, puisqu'elles deux avaient l'amitié, semble-t-il, du Pontife.

    Ce fut une torture pour Alecto de devoir lui sourire, l'écouter, lui répondre. Et lorsqu'elle aborda le sujet du mariage, lui demandant des conseils pour faire comprendre à Kal'Berrik qu'elle était prête à lui dire oui, la Prêtresse de Panpale ne put plus se retenir. La jalousie la rendait aveugle, faisait palpiter ses paupières. Elle s'excusa, s'éloigna, prétextant le besoin d'un peu d'air frais.
    Les connaissances d'Alecto dans l'art des plantes furent utiles. Il suffit de courir à la boutique de ses parents, d'y emprunter quelques poudres, et de les glisser dans un verre d'alcool dont le mélange serait piquant... Lorsqu'Ysalline la retrouva, lui demandant si elle se sentait mieux, Alecto n'hésite pas, malgré les mots de réconfort de la Grande Prêtresse. D'un geste vif, elle lança au visage la boisson mêlée des herbes réduites en poudre. Si la peau de la jeune femme devait brûler, ses yeux devaient, eux, lui faire ressentir les pires maux.

    La souffrance physique n'est rien, en comparaison de ce que pouvait ressentir une femme trahie. Autour d'elles, arrivèrent en courant des Olarils, ceux que le vin permettait de rester debout encore, pour relever Ysalline qui hurlait de douleur. On crut à un accident, on ne soupçonna pas Alecto, elle s'excusa d'avoir trébuché, d'avoir renversé son verre à la figure de la Prêtresse d'Hégoa. Et on la crut... Ressentit-elle la culpabilité d'être perçue comme innocente ?

    La Colère de Bakarne

    Les Guérisseurs étaient unanimes : Ysalline ne recouvrerait pas la vue, et son visage était boursoufflé, marqué par la brûlure, à jamais. Elle se cachait désormais sous un voile blanc, translucide, mais cela ne réussit pas à la rendre plus belle.
    Kal'Berrik ne sembla plus la vouloir, peut-être que ces cicatrices et cette peau brune par endroit le dégoûtaient ? Il ne fut jamais plus attentionné envers Alecto qu'après l'accident. Et jamais elle n'avait été aussi heureuse.

    Bientôt, il lui parla d'officialiser leur relation, qu'elle ne reste plus dans l'ombre, qu'elle ne le rejoigne plus en cachette, à l'abri des regards. Le Pontife lui promit d'apparaître à son bras, lors des Jeux de Bakarne, que Lysandre avait avancés. L'attente des Jeux fut interminable, elle avait déjà annoncé à ses parents, à Odara à ses proches, les intentions de Kal'Berrik à son égard. Les tensions grandissaient autour d'elle, car les décisions de la Chasseresse n'étaient pas bien vues. Ecoutant aveuglément son coeur, Alecto gardait l'opinion du Pontife pour sienne : il fallait pousser la jeune Hirune à la faute, pour fragiliser sa position, et rendre à la Religion la place prépondérance qu'elle devait avoir dans la gouvernance des Olarils.

    Il était convenu qu'il viendrait la chercher dans l'Aile de Panpale, pour marcher ensemble jusqu'aux Arènes, pour que tous les voient. La Prêtresse attendit. L'heure convenue était dépassée depuis longtemps lorsqu'elle fut visitée par Odara. Elle avait fait demi tour lorsqu'elle avait vu apparaître le Pontife dans les tribunes réservées aux Prêtres. Seul. Alors, la vieille femme était venue la chercher. Alecto n'assista pas aux Jeux de Bakarne, mais attendit encore, cette fois dans les appartements de Kal'Berrik, patiemment, son retour.
    Il ne rentra que tard, très tard dans la nuit. Son visage rayonnait, il s'était assurément passé quelque chose, pour qu'il soit si heureux. Si heureux, certes, mais pas parce qu'il avait annoncé à tous les Olarils qu'il était amoureux d'elle, qu'il voulait l'épouser, lui donner la vie dont elle rêvait. Non. Il était aux anges parce que Lysandre était au coeur du scandale, qu'elle avait tué la soeur de Laclaos, la masculine Cyclaë. Parce qu'il avait rendu visite à Mithra Edorta, la veuve hargneuse, et que désormais le Peuple était divisé en deux...

    Il fut surpris de la voir, lui demanda ce qu'elle faisait ici, lui demanda de partir, parce qu'il était fatigué, qu'il aurait, le lendemain, à rendre visite à bien des « opposants », comme il les appelait. Il jouissait de cette situation, ne comprenait même pas qu'elle soit là, les bras pendant, chancelante, au bord de l'explosion.
    Pourtant, rien ne vint. Ni la haine, ni la rage, ni l'humiliation. Pourquoi n'était-il pas venu la chercher, comme il l'avait promis ? A cette question, il reprit un air froid. Ce visage qu'il avait envers le Monde. Il n'était pas judicieux d'annoncer ça maintenant. Désormais que Lysandre avait un genoux au sol, il fallait l'achever en beauté. Et leur petite relation ne ferait que l'affaiblir, lui, alors qu'il devait rester puissant.

    La seule chose qu'elle fut capable de faire, lorsqu'il s'approcha d'elle, sans doute dans l'intention de terminer en beauté cette nuit déjà si plaisante, fut une pâle gifle, sans force, minable, inefficace. Le rire du Pontife emplit ses oreilles, et elle s'enfuit en courant dans les couloirs silencieux.

    Le Pardon

    Alecto s'éloigna de la vie publique durant des mois, à nouveau. Murée dans l'humiliation, elle fit tout son possible pour éviter le Pontife, ne le croisant qu'aux Cérémonies où sa présence était obligatoire. La prière remplissait ses journées, et Panpale devint son refuge.

    Dans le même mois, elle perdit ses deux alliés. Son père, d'abord, si vieux qu'il était l'un des doyens des Olarils, et Odara, ensuite, qui succomba à la surconsommation des herbes qu'elle achetait tant à ses parents.

    Le quotidien de la Prêtresse fut morne et sans vie durant plusieurs semaine, elle ne participa en rien au chaos du dehors, protégée par le Mausolée. L'enterrement de Cyclae ne la vit pas, et Alecto ne vit pas les sombres présages des fumées qui s'élevaient des Monts, au loin.
    Lorsque la terre commença à trembler, pourtant, elle dut s'éveiller.

    L'instinct de survie la rendit vivante à nouveau, et alors que la Gérax lâchait sur Arestim Dominae toute sa rage, parmi les cris, le sang et les cadavres, la seule pensée de la Prêtresse fut Kal'Berrik. En courant sans retenue, elle était arrivée trop tard : il n'était pas dans ses appartements, et le Mausolée s'effondrait littéralement. Elle fut vite menée dehors par ceux qui avaient à coeur d'évacuer le Village.
    Blessée à la cheville, elle fut conduite dans une tente, où agonisaient, suppliaient, et pleuraient des survivants mal en point. Elle s'était évanoui à la première goutte de sang qu'elle vit gicler lorsqu'un boucher aida un Prêtre à couper un bras amoché.

    A son réveil, elle trouva le visage de Kal'Berrik. Il était vivant ! Mais en se redressant, Alecto vit se reformer la réalité. L'homme n'était pas le Pontife, il s'agissait d'un vieux Guérisseur, l'oeil caché par un bandage. Il souriait, sans dent, et lui disait que tout allait bien... Mais dehors, c'était la cohue, la désolation. Des enfants marchaient en appelant leurs parents, un voile de fumée noire bouchait toute vision à plus de deux mètres. Dans la cohue, elle discerna la silhouette de Kal'Berrik, et le suivit en boitant. Il avait une tente à lui, elle s'y introduit.

    Tout était effacé. Arestim Dominae, leur passé, leur vie, leur maison, le Mausolée. Il eut besoin de réconfort, de se sentir vivant. Elle fut heureuse de le savoir en vie. Fallait-il lui en vouloir encore ?

    La Survie et la Jalousie

    Mais les défauts n'étaient pas effacés. Sitôt leur étreinte terminée, Alecto était mise dehors. L'humiliation n'était plus, désormais, c'était la haine, la rage d'avoir été si bête. Il n'était pas amoureux elle, il ne l'avait jamais été, et se jouait de son attachement. Si réaliser tout ceci fut dur, mettre sur pied sa vengeance allait être d'autant plus difficile.
    Les seules personnes à qui elle aurait pu se confier, qui lui auraient déconseiller d'agir ainsi, par rancoeur, n'étaient plus, ils avaient péri dans la catastrophe. Panpale, seul guiderait ses pas.

    Dieu des Mensonges, elle resta face au Pontife amicale et complice, et leur relation repris de plus belle. Comme à la belle époque, ils passaient certaines nuits ensemble, très rarement cependant, car Kal'Berrik était en effervescence. Lysandre était faible, après avoir recouvré ses forces suite à son terrible accident, et il était sur le point de prendre bien plus de pouvoir.
    Elle l'encouragea, le conseilla lorsqu'il lui posait des questions. Elle lui donnait son point de vue, toujours, toujours celui qu'il voulait entendre, qui l'engageait personnellement, le poussait à agir.

    Alecto était aveuglée par la souffrance, mais chaque jour où elle mentait était un espoir de lui faire payer. L'Amour jusq'au Dégoût, des heures passées dans ses draps, qu'elle vomissait ensuite. Toutes ses pensées étaient accaparées par ce seul but, si bien qu'elle ne ressentait ni la faim, ni la fatigue, ni l'angoisse ou la détresse face à la désolation dans le Campement. La Haine lui permit de vivre les mois d'errance avec beaucoup de facilité, comparativement à beaucoup d'Olarils.
    Lorsqu'il fallut partir, tous menés par Lysandre et Arngrim Edorta, Alecto poussa le Pontife a les suivre. Il avait pourtant voulu rester, les laisser courir vers une mort certaine. Mais elle voulait qu'il soit là, lorsque les Olarils se détourneraient de lui, si cette Chasseresse Immature et si ce Fou de Vigneron réussissaient à grimper, aller au delà des Montagnes, pour trouver le Pays des Dieux.

    Le Blanc Silence

    Dans les hauteurs, Kal'Berrik ne cessait de peaufiner ses plans. Elle restait dans son ombre et le conseillait, mais il paraissait se détourner à nouveau d'elle. Une Prêtresse semblait l'attirer, celle qu'il avait nommé, ironie du sort, Grande Prêtresse d'Hégoa. Mais cela faisait plusieurs semaines qu'elle mettait en place sa propre stratégie. Le Mensonge se concrétisa lorsqu'elle lui avoue être enceinte, de lui puisqu'il était son seul amour.

    Elle menaça de l'annoncer, à un moment où il devenait si influent, où beaucoup croyaient en lui. Lui, qui ne voulait pas être associé à une femme, dut lui donner plus d'attention. Il cessa de voir cette Prêtresse d'Hégoa, et Alecto ne s'arrêta pas en si bon chemin. Lorsqu'ils furent au pied de l'Aiguille Enneigée, la Prêtresse de Panpale redouble d'efforts.
    Il fallut convaincre le Pontife que son intérêt était de rester. Elle lui annonça avoir parlé avec Limna Hirune, rivale du Chef, qu'elle allait assassiner Lysandre durant la traversée du dernier Mont, qu'il ne devait pas monter l'Aiguille, car tous ceux qui partiraient mourraient.

    Il fallut beaucoup de temps pour qu'il pense qu'elle ait raison. Et lorsqu'il apprit qu'Arngrim Edorta n'allait pas, lui non plus, effectuer l'ascension, il fut totalement convaincu. Il allait rester, pendant qu'Alecto et son affreux bébé se sacrifieraient pour qu'il puisse régner sur l'ensemble des Olarils survivants.
    Quelques éclaireurs partirent donc, et au fond de son coeur Alecto savait que, derrière la Gérax, il y avait le Pays des Dieux, que ceux qui restaient sur place n'avaient ni vivres, ni espoirs, qu'ils étaient faibles et blessés, et qu'ils mourraient tous. Kal'Berrik mourrait, lui aussi, elle le souhaitait au plus profond d'elle-même.

    La mort de Panpale

    La traversée fut rude, elle ne s'attendait pas à souffrir autant. Il lui fallut l'aide de plusieurs de ses congénères pour réussir à ne pas craquer, abandonner, et se laisser envahir par le froid des sommets. Mais, lorsqu'elle aperçu l'immensité verte, plus grande que tout ce qu'ils avaient déjà vu, et au loin, cette Cité, plus imposante que ce qu'ils pouvaient imaginer, alors Alecto su qu'elle avait devant elle les Terres Divines. Ils coururent tous vers cet espoir, devenus ivres de bonheur, ils foulèrent l'herbe fraiche, le soleil était même doux, l'hiver derrière eux.

    Les Soldats de Bakarne les accueillirent, mais très vite, les murmures soufflèrent d'étranges sornettes. Alors qu'on la conduisait dans une Auberge, Alecto se détourna de ses Pairs, et trouva refuge dans une halle désaffectée. Il lui fallait en apprendre plus, ce qu'elle avait crut comprendre la rendait fiévreuse. Elle peina à trouver un de ces gens, capable de la comprendre, de lui parler sans s'enfuir ou lui cracher au visage. En se réclamant de Panpale, pourtant, on la regarda différemment, comme si ce mot leur parlait.
    Sans pouvoir réellement saisir l'ensemble des termes, Alecto appris ce qu'elle devait savoir : ceux qu'ils prenaient pour leurs Dieux étaient venus d'ici, il y a mille ans. Il fallut du temps, plusieurs jours, avant qu'elle ne puisse reparler à un Ilédor, tant ce choc la travaillait. Certes, tous savaient que les Dieux avaient passé la Gérax pour venir leur apprendre tout ce qu'ils savaient aujourd'hui. Mais c'était comme si Panpale mourrait une seconde fois, la laissant orpheline.
    Avec l'espoir qu'ils soient repartis, dans la mort, dans le Pays de Dieux, elle pouvait le prier encore. Aujourd'hui, que restait-il de leurs prières ? Où allaient-elles ?

    La Prêtresse n'eut plus de raison d'être. Que faire ? Où aller ? Elle se refusa à rejoindre les Olarils, et elle apprit l'arrestation de Lysandre Hirune. Là où ils avaient vu l'espoir, désormais, Alecto ne ressentait que la solitude et la perdition. Elle regretta Kal'Berrik, Arestim Dominae. Et même si cette vie passée n'était pas celle qu'elle aurait souhaité, que lui restait-il maintenant ? Elle espéra qu'il ne soit pas mort dans la Gérax, regrettant amèrement ses gestes...

    L'Assassin
    Alecto avait été accueillie chez un couple de Bourgeois, commerçants, qui s'acharnaient à vendre toute sorte de drogues. Elle était venue à leur rencontre, mettant à profit les apprentissages de ses parents dans l'Herboristerie, et les enseignements d'Odara pour les plantes diverses, sachant rendre euphoriques ou courageux. Son savoir avait su être reconnu, et elle fut engagée rapidement. A mesure que passaient les jours, elle se faisait comprendre bien mieux : les deux langues étaient proches, presque semblables, mais ils riaient de ses expressions, de ses jeux de mots qu'ils trouvaient grossiers.
    L'homme était un large barbu, au ventre creux, qui semblait préférer goûter ce qu'il vendait plutôt que manger. Cependant, ses épaules étaient carrées, comme s'il n'avait perdu que du bas de son corps. Münd était marié à Berell, mais on sentait immédiatement que ce mariage n'était pas heureux. Elle, d'une famille plus noble, comprit-elle « noble de rang », avait été forcée d'épouser cet homme, suite à un marché avantageux pour Münd. En réalité, il lui confia lors d'une soirée trop enfumée que les parents de Berell, de quinze ans sa cadette, étaient endettés, et lui devaient beaucoup d'argent, car ils étaient tous deux totalement dépendants à la Somale.

    Les différentes drogues Ilédores ne furent plus un secret, désormais qu'elle travaillait, nuit et jour, car le commerce avait surtout lieu la nuit, pour Münd. Berell se contentait de sourire niaisement. Elle devait avoir seulement vingt ou vingt cinq ans, mais Alecto ne s'entendait pas avec elle. En réalité, elle la soupçonnait d'être jalouse, car Münd avait insisté pour qu'elle soit logée chez eux. Leur grenier était vide, mais grand, elle avait un endroit bien à elle, mais Berell surveillait ses allées et venues.
    Une nuit, alors que le Siège commençait à s'installer pour de bon, l'ancienne Prêtresse dut porter elle-même la commande d'un riche notable des Quartiers Religieux. Le Moine -qu'elle était tentée, toujours, d'appeler Prêtre- était connu pour avoir, un jour, un peu trop parlé à un fidèle de certaines idées, politiques, qui dérangeaient dit-on le Pouvoir. Dans cette affaire, Alecto se gardait bien d'avoir un avis tranché : elle entendait ce qu'il se disait, savait que beaucoup de ses congénères s'étaient rangés du côté de la Révolution, qui paraissait être le plus avantageux pour les Olarils.

    Le Moine avait été destitué de ses fonctions, et avait dû déménager dans une minuscule bicoque. Lorsqu'elle frappa à la porte, personne n'ouvrit, elle n'entendit aucun bruit. Alecto poussa la porte, pénétra dans la maison. Son pas se fit léger, et à mesure qu'elle avançait dans les pièces vides et sombres, la Prêtresse ressentait un désagréable pressentiment. Là où elle supposait la chambre se trouver, Alecto entra, et c'est à cet instant qu'elle le prit en flagrant délit. Un homme drapé dans une cape noire était au chevet du Moine, endormi profondément, peut-être assommé, à la vue de sa position peu naturelle, sur le ventre, étalé sur son lit défait à la hâte.

    L'homme levait une lame qui brilla un instant d'un reflet argenté. Lorsqu'il se rendit compte qu'Alecto poussait la porte et l'avait vu, son geste se figea, et il traversa la pièce d'un claquement de doigt, pour plaquer sa main gantée sur sa bouche. Un sursaut la fit frissonner, il cala la lame du couteau sous son menton.

    - Tu as pénétré dans la mauvaise demeure.


    La pression se fit plus aiguë, sa peau piqua et elle écarquilla les yeux. Ce sentiment était effrayant. Mais elle ne craignait pas son geste. A cet instant, elle n'était pas effrayée par la mort, mais par son ressenti, ce vide puissant qu'elle percevait dans son esprit. Elle ne tremblait pas, ne pleurait pas, ne se débattait pas. Elle discerna bientôt un visage derrière les ombres de la capuche, un sourire sordide, puis deux billes perçantes. Alecto cilla, il l'imita.
    En suspens, la pression du couteau se fit peu à peu moins présente, mais il ne bougea pas. Elle resta immobile, à l'observer, comme paralysée par ce regard qu'elle ne pouvait s'empêcher de fixer. L'homme ne pouvait plus bouger. Il y avait quelque chose dans ces yeux clairs qui le fascinait. La lame fut finalement totalement retirée, et il garda sa main contre la bouche d'Alecto.

    Il cilla, elle l'imita.


    Une seconde Vie

    - On t'entend arriver à des kilomètres, ne pose pas si brutalement ton talon au sol !

    Ruben était exigeant. Égoïste, méprisant, même. Perfectionniste, il s'attendait à ce qu'elle le surpasse alors qu'elle ne le connaissait que depuis trois semaines. Il y avait eu quelque chose dans l'air, cette nuit-là, qui les avait uni. Il savait qu'il était à elle, parce qu'il ne pouvait jamais détourner les yeux, lorsqu'elle le regardait.
    Elle avait pris conscience du pouvoir qu'elle avait sur lui, et en jouait. Alecto n'avait jamais ressenti autant d'attirance pour un homme, et l'euphorie de se savoir aimée était une véritable drogue. Elle ne pouvait se lever sans avoir respiré sa peau, il refusait de manger lorsqu'elle était absente. Une totalement addiction, réciproque, les avait envahi en à peine quelques heures.

    Et, comme s'ils se connaissaient depuis des années, Alecto savait que dire, que faire, pour qu'il réagisse. Il était cassant avec elle, chaque remarque qu'il prononçait la touchait droit au coeur, la blessait. Lorsqu'il était insatisfait de ses efforts, Ruben était humiliant, et souriait comme s'il en ressentait du plaisir. C'était effrayant. Mais la Prêtresse ne pouvait s'en passer. Ce sourire lui donnait des frissons étranglés.

    - Tu comptes réussir à tuer quelqu'un comme ça ?

    Elle plissa les yeux. Marcher sans bruit semblait facile, tout le monde pensait pouvoir le faire. Il se trouvait dans sa chambre, sa chambre qu'il lui offrait depuis trois semaines. L'exercice devait être facile, réalisable disait-il. Simplement le surprendre... Son art était délicat, minutieux, fin. Alecto n'avait droit qu'à l'accompagner de temps en temps. A vrai dire, elle n'avait assisté à deux assassinats. Mais il lui semblait que Ruben était un virtuose... Chaque mouvement était étudié, mesuré, emplit de sagesse de savoir-faire.

    La pondération et la retenue étaient omniprésentes lorsqu'il opérait, et il savait se rendre indispensable envers ses Clients. Elle l'admirait. Il paraissait savoir faire preuve d'un contrôle absolu sur son être lorsqu'il travaillait, et cachait en dehors de son masque tant de déviances... Il en était terrifiant. Terrible attirant.

  • Position face aux événements politiques Alecto se place en Conservatrice, puisqu'elle vit désormais avec Ruben Gasseï, et qu'il est fidèlement suivi par les Nobles de Sang. Elle sait qu'il serait prêt à changer de camp s'il avait de meilleurs propositions. Mais qui est plus riche que la Noblesse ou le Gardan Edorta ? Comme lui, Alecto se contente de suivre ceux et celles qui auraient fait la meilleure offre.
    Elle comprend cependant parfaitement que les Olarils puissent préférer croire en la Révolution. Elle, pourtant, après la découverte de la vérité sur les Dieux, a du mal à croire en Therdone et en sa prophétie. Elle se contente donc de les comprendre, sans épouser leurs opinions. Elle pense foncièrement qu'un Olaril ne peut gouverner un continent qui dit-on, est si immense.

    Depuis qu'elle a été trahie par Ruben Gasseï, lors du Bal des Fiançailles, Alecto a aidé la Dissidence à mettre la main sur l'Assassin, et l'a livré à l'Al'Faret. Elle est prête à mettre les enseignements de Gasseï au service de ceux qui veulent faire taire ceux qui contrôlent actuellement le pouvoir, par le mensonge et la trahison.

  • Pourquoi êtes-vous parti vers la Gérax avec le Convoi ? pour suivre Kal'Berrik, principalement. Et puis, que faire d'autre ? Attendre et mourir de faim et de froid ?

  • Relations Sociales particulières Quoi qu'elle en dise ou pense, Alecto reste très attachée au Pontife, même si elle doute qu'il puisse encore être vivant, et que chaque mois passé loin de lui amoindrit son attachement.
    Ruben Gasseï a su être pour elle un maître et un guide, elle l'a adulé plus que tout au monde ; jusqu'à la chute inévitable. Sa trahison a brisé en elle ce qu'il restait de sociable.
    Elle n'a jamais repris contact avec les autres Olarils, bien qu'elle les connaissent pratiquement tous, au moins de vue.
    Elle a également des connaissances parmi les Bourgeois Ilédors.
    Elle a fait la connaissance des leaders de la Dissidence, mais n'a pas su leur nom et certains étaient masqués ou déguisés. En outre, elle sait où habitude Maere, et cherche à se faire contacter par Eléni sans savoir qui elle est.


  • Équipement et possessions A proprement parler, Alecto ne possède rien. Elle a filé avec la Somale qu'elle devait livrer chez le Moine, le soir où elle rencontré Ruben, et la conserve sans savoir pourquoi. Quelques robes achetées par l'Assassin, un petit poignard dont il lui a fait cadeau, d'un excellent équilibre, et qu'elle manie encore avec maladresse. Elle le garde à la cuisse et a toutes les peines du monde à l'en retirer discrètement, ou sans percer sa toilette.

  • Animal de Compagnie -

  • Pistes de Développement pour votre personnage Alecto sait que Ruben a assassiné, sur l'ordre des Conseillers du Gardan Edorta, Elandor Arlanii. Qui sait, savoir qu'il est vivant serait un bon moyen de savoir ce qu'elle serait prête à faire pour protéger son cher amour.
    De même, elle va devoir apprendre, très bientôt, que Kal'Berrik a été tué par Arngrim Edorta. Bien que ses sentiments ne soient plus si forts, il se peut qu'elle développe une haine farouche envers le Vigneron...
    Et puis, en ces temps de trouble, il y a tant de gens à faire taire, ça permet beaucoup de possibilités RP !


Dernière édition par Alecto Terdalis le Ven 17 Aoû - 12:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Alecto Terdalis   Jeu 18 Nov - 17:47

Si vous ne savez pas quoi faire, vous pouvez lire ma fiche cheers
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Positionnement : Olaril =P
MessageSujet: Re: Alecto Terdalis   Jeu 18 Nov - 19:22

Un personnage touchant, agréable, et qui a finalement raison de basculer du côté obscur de ce qu'on appelle communément: la morale.

Validée patronne Very Happy Tu mettras ton rang toi même =)
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MessageSujet: Re: Alecto Terdalis   

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