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 De Conservateur à Révolutionnaire

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Vanhilde Tehanii
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MessageSujet: De Conservateur à Révolutionnaire   Lun 30 Aoû - 17:38

La Puissance était un sentiment qui pouvait atteindre des sommets. Il se confondait avec l'Amour et la Haine, avec la Foi elle-même, plus grande que tout. Il se faisait plus fort que l'Honneur et les Principes, et, lorsque la Conseillère avait pu ouvrir la lourde reliure de cuir des Tables d'Olaria, la Puissance la submergea.
La gorge serrée par cette soif, elle sentait ses yeux piquer de les laisser trop ouvert, sans jamais ciller, ses doigts parcoururent avec émotion les lignes qu'elle suivait attentivement. Les premiers mots étaient presque effacés tant ils semblaient être vieux, des croquis, des notes, un carnet de voyage... L'écriture de Bakarne Olarii... Son coeur se souleva à plusieurs reprises, mais la Chasseresse vint la tirer de son addiction en s'imposant à sa vue.

- Vous devriez lire uniquement les pages que je vous indique, il vous faudrait des mois pour pouvoir tout savoir.

Cette femme qui était leur Chef n'avait pas montré d'amabilité, sans doute n'avait-elle pas apprécié de patienter seule dans ce couloir que la Conseillère vienne à sa rencontre... Mais elle parlait avec l'Edorta, et cette Olarile devait sans doute encore apprendre la patience. Oui, c'était assez clair dans l'esprit de la Tehanii, cette femme avait un sang brûlant, et si elle avait énormément de Volonté, si elle était aimée de Therdone, elle n'avait pas fait l'apprentissage de la Maîtrise. Sa colère était encore plus grande que sa Volonté. Ce n'était pas une qualité.

A moins qu'elle n'ait pas la Volonté de se maîtriser... Vanhilde songeait qu'il s'agissait de cela. Mais peu importait, elle aurait aimé pouvoir tout lire, mais elle avait passé un marché avec l'Hirune, et elle le respecterait. Et le Tout-Puissant ne réclamait qu'une preuve. La Chasseresse tourna rapidement les pages de l'ouvrage délicat, avec un doigté indéniable, une connaissance presque parfaite : elle devait l'avoir lu des dizaines de fois pour le connaître aussi bien. Enfin, son regard put lire des noms qui lui étaient inconnus.

Ferenc Edorta. Le Chef des Olarils fit un signe de tête, lui signifiant qu'elle avait à lire ces chapitres-ci. La lecture lui prit une heure, peut-être deux. Durant ce temps, l'Hirune tourna en rond. Comme un lion en cage. Elle ne savait pas attendre, c'était évident. Mais Vanhilde n'y apportait aucune attention... Chaque mot cachait une Vérité, une Révélation. Chaque phrase lui apportait plus de Savoir. Plus de Puissance.

Le Pouvoir lui gonflait les veines, son esprit en ébullition. Ainsi, elle Savait. Elle ne devait plus se demander ce qu'elle ferait si les Olarils étaient effectivement le Peuple Elu par Therdone pour les Sauver. Non, désormais, elle devait construire son raisonnement en faveur de ces Etres, et elle ne craignait pas les décisions qu'elle aurait à prendre. Aujourd'hui, elle avait la preuve de l'Ascendance des Olarils, et ainsi, cela changeait la donne, cela changeait sa façon de voir.

Vanhilde ne se posait aucune question sur les choix qu'elle aurait à faire en sachant tout ceci, désormais. Si Therdone avait dit qu'en cas de preuve de leur parenté, alors ils seraient ceux que la Prophétie annonce, alors la Conseillère embrasserait cette vérité, sans ciller. Avec plaisir, même. Même si cela voulait dire qu'elle devait s'opposer aux Conseillers, au Gardan Edorta. Non ... Elle devait voir Ysor et lui apprendre la Vérité. Il l'écouterait. Il le devait ! Therdone le voulait. S'il s'y opposait, alors, il aurait à s'opposer au Tout-Puissant lui-même.

Elle referma les Tables lorsque les chapitres indiqués par la Chasseresse furent lus. Elle releva les yeux vers la Femme, lui assura qu'elle aurait la Gloire qui leur revient, elle et son Peuple. Nul besoin de s'agenouiller devant les Elus, mais son regard avait changé. L'Ancienne Moniale échangea quelques mots avec l'Hirune, lui confirmant qu'elle aurait à se montrer patiente, avant que la Vérité n'éclate, car l'on ne change pas les opinions en un claquement de doigts, en Edor Adeï comme ailleurs.
Lysandre s'en vint, retournant sans doute auprès des siens, remportant avec elle les Tables et l'Epée léguée par Bakarne Olarii. Ce fut d'un pas certes lent, mais décidé, que la Conseillère demanda audience au Gardan Edorta.

Dans le Salon où il recevait le Conseil, Vanhilde l'y attendit un instant, mais il vint vite. Tout ce qui concernait les Olarils, ces hommes se faisant appeler les Dissidents, ou le Siège de la Cité le préoccupait, et il ne fut pas long à se présenter à elle.

« Mes Hommages, Gardan Edorta. » Fit-elle en une révérence parfaite et théâtrale. « Comme votre Majesté l'a demandé, je me suis rendue auprès du Chef de ce Peuple étranger, dans les Prisons. Therdone les aime, Mon Seigneur, et j'ai vu leur Volonté. »

Elle insista sur ce mot, et malgré qu'on décèle toujours en elle, comme une aura innée, un voile calculateur et calculé, la Conseillère Tehanii ne pouvait être plus sincère.

« En échange de leur Liberté, j'ai pu lire cet Ouvrage qu'ils affirment tenir de Bakarne lui-même. » Une pause dramatique, le temps que le Gardan Edorta puisse saisir toute l'importance de ce passage. La Morte cilla une unique fois. « Ces Tables d'Olaria ont été écrites de la main de l'Olarii, votre Grandeur, et ces Etrangers sont ses enfants. La preuve en est faite dans ce livre, témoignage des Chefs Olarils à travers les âges. »

Sa voix trahissait à peine la gravité de cette situation, et son engouement pour cette discussion. Mais Vanhilde avait le sentiment qu'Ysor l'observait de façon bien trop peu enthousiaste pour épouser sa Foi en ces nouveaux Messies... Aussi laissa-t-elle la parole au Roi d'Isle, croisant les bras et levant le menton d'un air distant.
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Ysor Arlanii
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MessageSujet: Re: De Conservateur à Révolutionnaire   Mar 31 Aoû - 5:42

L’entrevue avec les Olarils avait été réellement pénible au final pour Ysor. Une fois de plus, une situation invraisemblable s’était présentée, absolument incongrue avec le siège de la Cité, et on lui avait demandé au pied levé une décision, ou plutôt un arrêt, un décret, quelque chose qui allait impliquer la vie de dizaines d’hommes de femmes et d’enfants quasiment « comme lui ». Une fois de plus, dans son cœur, il avait failli être confronté à l’indécision la plus crasse, mais de tout ses défauts, l’indécision était celui qui était le plus facile à combattre, il suffisait d’avoir de l’expérience, à défaut d’avoir une préparation. Finalement, il avait arrêté une décision, il avait su écouter ceux qui l’entouraient et l’étrange délégation venue le voir, et cette décision pouvait être jugée satisfaisante. Même sa mère serait d’accord.

Alors pourquoi n’était-il toujours pas satisfait ? Il avait fait ce que les vrais Gardan Edorta faisaient, il s’était montré digne des attentes des autres, et il avait réfléchi avant de parler faisant de cette décision une décision qui lui était propre et pas une répétition de ce qu’on lui conseillait. Il s’était affirmé, il avait agi en Gardan Edorta. Il avait tout fait pour n’avoir rien à se reprocher. Mais pourquoi l’inquiétude le rongeait encore ?

Ysor n’était pas stupide, et la réponse vint assez vite : parce que si la moindre affirmation de ces étrangers étaient vraies, alors ce serait un séisme pour les Arlanii. Il ne fallait pas oublier qu’Ysor avait grandi, avait été élevé dans l’idée que les Arlanii étaient une famille qui ne tenaient que grâce à la force de ses Gardan Edorta. Il avait été élevé dans l’idée qu’il suffisait d’un seul maillon faible dans une dynastie pour briser l’histoire d’une famille. Ou d’un seul attaquant suffisamment fort et déterminé pour briser la chaîne et la condamner à la rouille. Et ces Olarils étaient un danger mortel pour les Arlanii, si ce qu’ils disaient était vrai.

Il y avait du paradoxe dans l’idée. Ces êtres, du peu qu’il en avait vu, étaient aussi inoffensifs qu’un vieillard Ilédor, et leurs paroles étaient empreintes d’une culture de douceur et de pacifisme. Comment y voir les pires dangers à venir pour les Arlanii ? Ysor aurait tellement aimé pouvoir discuter de leur culture avec eux, c’était le genre de chose qu’il rêvait de pouvoir découvrir et explorer, mais sa naissance et surtout son statut de Gardan Edorta étaient plus qu’incompatibles avec de telles chimères. Lui qui avait rêvé de parler avec des humains, on le condamnait à leur être supérieur. Et tout ce qui est supérieur pouvait être renversé.

En attendant Vanhilde et son verdict, il avait envisagé toutes les possibilités : les oui, les non, les peut être. Si les « Olarils » ne descendaient pas de Bakarne Olarii, alors il soupirerait de soulagement et il inviterait cette dame Veuve à dîner en privé avec lui, car il n’avait rien à craindre d’elle et il était dévoré de curiosité. Si les Olarils tiraient effectivement leurs noms de Bakarne… alors il devrait une fois de plus assumer la charge d’un manteau trop grand pour lui.

Il espérait sincèrement ne pas avoir à assumer cela, mais il le savait désormais : quant la nécessité l’y poussait, son sang Arlanii primait par-dessus tout. Il était capable d’être Gardan. Mais pas en permanence, son éducation ne l’y avait pas encouragé. Cela dit, avec le temps, avec l’expérience, il se sentait devenir de plus en plus confiant, s’affirmer de plus en plus, il se détachait peu à peu de l’avis des conseillers, bientôt ce serait de l’avis de sa mère. Peut être qu’un jour, il serait connu comme un des rares Gardan Edorta tout à fait libre.

Il avait appris jusqu’à un certain point à garder son impassibilité, mais lorsque la Conseillère Tehanii entra, il ne put s’empêcher de faire une moue et de caresser son bouc d’un geste tout à fait nerveux. Il trouva au fond de lui les ressources pour conserver la maîtrise de soi. Des ressources marquées du sceau des Arlanii.

Et il eut besoin de toutes ces ressources pour ne pas avoir une expression indigne d’un Roi alors que Vanhilde Tehanii confirmait les affirmations de Mihtra Edorta. Un rictus passa sur son visage. Adieu découvertes, conversations, échanges culturels. Tout ceci resterait dans l’ombre pour des raisons de froide politique.

La première véritable réaction coordonnée fut l’incrédulité. Même annoncée par Mithra Edorta, même confirmée par Vanhilde Tehanii, considérer qu’un Illédor s’étant enfoncé dans la Gérax lors de l’Âge Sombre ait pu survivre, fonder un royaume ou un pays de l’autre côté des montagnes et y faire prospérer son peuple relevait du fantasme. N’y avait il pas de la neige et des ours de l’autre côté de la Gérax ? Un homme et sa famille pouvaient ils raisonnablement créer une nation à eux seuls ?

Non, il était tellement plus logique, tellement plus préférable que les Olarils soient de simples émigrés. Tellement plus séduisants. La voix d’Ysor retentit, rendue plus aigue par le manque d’assurance :

« Les Olarils, enfants des Olarii… Il y a tant de raisons qui font que c’est improbable Vanhilde, cela tiendrait vraiment du miracle de mauvais goût… »

Il lui tourna le dos, mais il se fit tout de même entendre :

« Et surtout, cela signifierait la ruine des Arlanii. »

Il s’anima un peu plus, cessa d’être le jeune homme dans un manteau trop grand. Il parlait de la survie des Arlanii, il avait grandi, vécu et bataillé pour cela. Dans ce domaine, il était sûr de pouvoir y aller.

« Bien imaginons que je vous croie une seconde. J’envisage sérieusement que les Olarii sont les descendants de Bakarne. Cela veut dire que tous autant qu’ils sont ils peuvent renverser le trône. »

« Le » trône pas « mon » trône.

« Cela veut dire que les premiers révolutionnaires qui mettent la main sur eux les brandiront comme un trophée et un étendard, et nous ne pourrons plus nier la légitimité de leur mouvement en disant : « ce ne sont pas des vrais olariis descendants de bakarne ». Cela veut dire que nous sommes perdus. »

Il se tordit les mains dans un geste un peu puéril.

« Magnifique perspective. Que puis je faire contre mis à part les assigner à résidence dans cette auberge ? Ne devrais-je pas plutôt les mettre en prison pour être bien sûr que personne ne viendra les récupérer et garder le contrôle sur ces héritiers ? »

Il avait fini par apprendre que la méthode forte était souvent à considérer.

« Que devrais je faire ?... Vous êtes conseillère, conseillez moi ! »

Ysor regretta le fait que sa mère ne soit pas là présentement. Elle lui aurait déjà donné la solution infaillible, et il ne dépendrait pas de cette vieille femme qu’il craignait au fond de lui. Une conseillère qu’il craignait comme tout ce qui n’était pas de son entourage réellement intime.

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Vanhilde Tehanii
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MessageSujet: Re: De Conservateur à Révolutionnaire   Mar 31 Aoû - 12:50

Vanhilde savait qu'Ysor aurait réagit d'abord avec maladresse. L'homme était certes Gardan Edorta, mais il était celui que Riarg avait préféré à son frère, trop peu magnanime, trop sûr de lui, trop fort pour le Conseil. Aujourd'hui, les qualités d'Ysor Arlanii, pour Riarg et les Conseillers restaient son manque d'expérience à cette place, son écoute sempiternelle envers eux. Il devait encore les croire, les écouter avec admiration.

Cependant, Vanhilde avait lu les Tables d'Olaria. Elle Savait. S'il était Gardan Edorta aujourd'hui, demain, si Therdone le veut, alors les fils de Bakarne prendraient son trône et son pouvoir. Cette perspective n'effrayait pas la Conseillère, puisque tel étant le plan du Tout Puissant.

« Votre Grandeur. La prédiction dit ceci : « Les Descendants de Bakarne seront de Retour, pour Libérer le Peuple de l'Usurpateur. ». Elle n'évoque en rien leur prise de pouvoir à votre place, ou à la place des Arlanii. »

Il était temps d'aborder avec délicatesse toute la polémique qui régnait depuis le décès d'Elandor, et la Conseillère savait qu'Ysor Cinquième n'apprécierait pas. Pourtant, il était question de la Prophétie. Il ne voulait l'entendre, mais il le devait. Therdone le souhaitait ainsi.

« Cependant, les Sages interprètent le terme Usurpateur comme se rapportant à votre Personne, Votre Majesté. » Il résidait deux façons d'aborder ce dilemme pour le Gardan Edorta : se résigner, et prouver qu'il n'eut aucune Volonté d'être roi, ou faire face, lutter. Mais peut-on aller au travers d'une Annonce des Oracles de Therdone ? Vanhilde savait que non. Il s'exprime en Eux.

« Ceux qui soutiennent Txartin Olarii, et le siège de la Cité, ont accentué les Paroles Divines pour en faire, tous, des héritiers légitimes du Trône d'Isle. Pourtant, le Livre de ces Olarils est formel : ne peut descendre directement du sang de Bakarne que les fils et filles de leur ancien Chef, Laclaos Edorta. »

Elle le contourna, le forçant à lui faire face, car rien n'était plus impoli que de résider dos à son interlocuteur. Que l'on soit Gardan Edorta ou non.

« Il est écrit que celui qui détiendrait le pouvoir sera l'enfant de son fils, un dénommé Xan. Vous ne pouvez aller contre la Volonté de Therdone, Votre Excellence, et contre la Prophétie des Oracles. Elle aura lieu, quoi que vous fassiez. Pourtant, nous pouvons faire en sorte qu'elle se déroule de manière à ce que votre place, et notre place à tous, ne soit pas entachée. »

La Conseillère avait dès lors un sourire, jamais signe d'amabilité ou de réjouissance, mais plutôt la promesse de complots, de manigances, et des idées qu'elle mettait déjà à exécution.

« Retrouvons l'enfant de Xan, où qu'il se cache. » Murmura-t-elle, devenue proche d'Ysor, d'une présence pâle et inquiétante.
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Ysor Arlanii
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MessageSujet: Re: De Conservateur à Révolutionnaire   Mer 1 Sep - 5:51

Le genre de vérité qu’assénait la conseillère religieuse n’était pas de celles qui rassuraient le Gardan Edorta. Usurpateur désigne celui qui a pris de force quelque chose qui ne lui appartenait pas. Ysor Cinquième ne sentait pas du tout appartenir à cette catégorie. Mais le monde en avait décidé autrement. « Le monde est cruel, le monde est méchant. » comme disait Herol Ladicée, poète d’il y a trois cent ans.

Ysor s’enfuit dans son monde de chimères alors que Vanhilde continuait de lui parler, persuadé que là bas les problèmes seraient moins tangibles, et il continua obstinément de lui tourner le dos. Hélas, la voix sèche et désagréable de la Conseillère résonnait jusque là, et le tranchant de ses paroles se faisaient sentir.

Cette prophétie empoisonnait la vie des Arlanii depuis un millénaire. Les premiers souverains avaient d’abord craint le retour de Bakarne, puis passé la quatrième génération on s’était rassuré, et on avait oublié le danger. L’épée de Damoclès était subitement reparue ces jours ci, plus réelle et précise que jamais. Cette prophétie était à présent le seul véritable tyran des Ilédors, car elle imposait qui devait diriger sans appel ni adoucissement possible.

Pourtant, les Arlanii n’avaient pas été de si mauvais dirigeants : lui-même Ysor s’était réellement attaché à être juste et noble et toutes les qualités qu’on prête aux empereurs des romans. Les révolutionnaires menés par Txartin Olarii étaient simplement aveuglés par un homme qui exagérait ses origines, et qui les convainquait que les Arlanii étaient les coupables de fautes qu’eux même faisaient. C’était ce qu’on avait toujours appris à Ysor, mais on ne s’était pas attaché à ce qu’il ait une vision juste des révolutionnaires, il devait se contenter d’être le second fils Arlanii.

Alors pourquoi le monde était il cruel, pourquoi était il méchant ? Comment des choses aussi complexes et difficiles pouvaient elle être réglées ?

Voilà pourquoi il avait besoin de conseillers, d’ailleurs c’était les conseillers qui venaient seuls. Comme cette Vanhilde Tehanii qui se mit dans son champ de vision, ne lui laissant aucun échappatoire. On attendait de lui une décision, on attendait qu’il soit le Gardan. Tout tenait en une seule phrase, à priori rien de compliqué. Pourtant, Ysor aurait aimé avoir plus de garanties, de rampes auxquelles se raccrocher, de conseils et qu’on lui dise carrément : « faites ca et ne vous posez pas de questions » il se serait senti rassuré. Ici ce n’était pas exactement le cas.

« Excusez moi madame, je dois réfléchir seul… »

Les Conseillers à force avaient appris ce que voulait dire réfléchir seul chez Ysor : aller chercher un autre conseil , auprès d’une certaine membre de la famille Arlanii… on faisait pression sur Ysor depuis longtemps pour qu’il cesse de vouloir « réfléchir seul » et qu’il prenne ses décisions tout de suite, tant qu’il était sous la sphère d’influence des conseillers.

« Ou plutôt non, vous avez raison, il faut agir vite. »

Et à priori le combat des conseillers récoltait lentement ses fruits…

« Tous les Olarils sont assignés à résidence dans cette auberge n’est ce pas ? Nous devrions donc les retrouver, et demandons respectueusement aux Oracles de nous aider à l’identifier. Mais la question que je me pose davantage, madame, c’est ce que nous allons en faire de cet enfant. S’il ne s’agit que de le garder au palais pour que les révolutionnaires ne l’ait pas, autant le mettre en prison. Mais n’y a-t-il pas des moyens plus intelligents de l’utiliser ? Le confier à une de nos familles les plus nobles et les plus loyales, ou je ne sais pas quoi pour qu’il soit lié aux Arlanii et ne leur fasse pas de mal ? »

Jusqu’au bout, il restait désespérément dépendant des autres pour décider.
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Vanhilde Tehanii
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MessageSujet: Re: De Conservateur à Révolutionnaire   Mer 1 Sep - 13:42

Ysor n'était finalement qu'un grand enfant, qui avait toujours besoin d'être secondé, appuyé, conseillé. Aussi avaient-ils appris, en tant que Conseillers, à faire en sorte qu'il ne retourne pas dans les jupes de Noor Arlanii à chaque décision à prendre. Ils savaient l'influence qu'elle avait sur lui, et la déplorait d'ailleurs, mais ne pouvait s'y soustraire. Du moins, à terme, auraient-ils souhaité que la Mère du Gardan Edorta les laisse faire leur travail, c'est à dire avoir la main mise sur l'esprit d'Ysor Cinquième.

Lorsqu'il évoqua sa réflexion, ce qui signifiait qu'il irait demander son avis à sa chère maman, Vanhilde retint avec élégance et brio un claquement de langue, agacée. Sa Volonté était plus forte que les réactions à chaud, aussi n'était-elle que marbre et dignité froide. Pourtant, que Noor soit dans leurs jambes continuellement commençaient à les ennuyer sérieusement, et ils avaient pourtant déjà tenté d'en faire une alliée. Certes, ce n'était pas une ennemie, mais elle suivait sa propre route, ce qui déplaisait au Conseil.

Mais Ysor parut vouloir remettre à plus tard son entretien avec sa génitrice, ce qui enchanta Vanhilde. Sans ciller, elle reçut cette décision avec un hochement lent de tête, accompagnant son choix, comme avec bénédiction : C'est bien Majesté, vous êtes assez grand pour savoir ce que vous avez à faire. Ce que nous voulons que vous fassiez. Naturellement.

« Les Olarils sont effectivement logés à l'Auberge du Ceste Clouté. Cependant, ils n'y sont pas prisonniers, si c'est cela que vous évoquez. » Il n'était pas correct, après le discours pacifiste qu'il avait prononcé, d'ordonner à des soldats de les parquer à l'intérieur de l'Auberge. Cependant...

« Ils sont néanmoins parfaitement surveillés à distance, votre Altesse. Et nous savons où ils vont, et qui ils voient. » Du moins l'espérait-elle. Cyrilis avait été ainsi l'instigateur d'une garde spécialement entraînée pour épier discrètement.

Ysor avait cependant raison sur un point : ils auraient besoin des Oracles pour savoir où se trouve les rejetons de Xan Edorta. Sans doute n'était-il qu'un enfant, cet Héritier, elle l'espérait encore jeune, afin de pouvoir au mieux l'éduquer et le sculpter à leur image... « Vous vous attireriez les foudres de toute l'opinion, en plus des ires des Révolutionnaires, si vous mettiez en prison cet enfant, Votre Grandeur ! » Fit-elle enfin, presque le coupant. N'était-il qu'un gamin capricieux ? Il n'avait pas encore appris que l'on se devait de se débarrasser de ses ennemis avec plus d'élégance et de souplesse...

« Il n'y a aucun moyen plus direct que d'avoir la main sur cet enfant, en l'ayant à vos côtés, Mon Seigneur. Le confier à une Noble Famille l'éloignerait de votre pouvoir, et il nous faut l'avoir pour nous seuls. » Elle eut un mouvement vif de tête, comme décidée et raide, presque militaire.

Enfin, Ysor semblait prendre d'excellentes décisions. Il n'allait pas paniqué comme un couard lorsque l'on évoquerait les Fils de Bakarne, mais il avait encore bien des leçons à apprendre... Avec un sourire, qui se voulait rassurant sans y parvenir sur ce visage de glace, la Conseillère reprit son murmure :

« Laissez-moi interroger les Oracles sur l'identité de votre Rival, nous le trouverons, nous en ferons un allié. La Prophétie se réalisera lorsqu'il sera en âge de réclamer votre place. D'ici là, nous aurons le temps de l'élever comme il se doit. »
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Ysor Arlanii
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MessageSujet: Re: De Conservateur à Révolutionnaire   Lun 6 Sep - 7:40

On pouvait reprocher bien des choses à Ysor : être inexpérimenté, manipulé, rechercher sans cesse à se mettre sous les jupes de quelqu’un, mais on ne pouvait pas lui refuser ceci : il était vif et intelligent. Bien que le dossier soit complexe et que les décisions soient difficiles à prendre, il comprenait très bien ce qu’on lui expliquait et ce qu’on lui exposait. Il comprenait les implications de telle ou telle décision, il savait très bien envisager des conséquences à ses paroles et à ses décisions, mais il était malade de la décision. Entre comprendre la trame et la dessiner, il y avait un pas terrifiant qu’il n’aimait pas franchir.

On le serinait souvent, on lui expliquait tout avec une voix douce, lente et articulée, histoire qu’il comprenne bien, mais personne ne comprenait vraiment que s’il posait sans cesse la question « que dois-je faire ? » ce n’était pas parce qu’il était trop limité pour comprendre ce qui se passait, mais parce qu’il avait besoin d’un repère pour se lancer. Il n’y avait guère que sa mère pour discerner cette intelligence, mais elle-même cédait parfois à la dorloterie intellectuelle.

Il savait très bien que mettre l’enfant en prison était une idée politiquement suicidaire, mais Vanhilde Tehanii n’avait pas compris qu’il avait fait preuve d’ironie amère en disant cela. On ne s’attendait visiblement pas à ce qu’il soit capable d’humour ou alors il n’avait pas du tout à en faire. A écouter tous les conseillers, c’était la deuxième option, mais Ysor ne pouvait s’empêcher de penser que la première proposition n’était pas mise de côté…

Alors quoi ? se dit-il à la fin de l’exposé. Il fallait faire de l’enfant un allié, un atout. Ou plutôt de le suborner à ses propres partisans. Quelle belle idée, mais la réalisation concrète de ce plan lui échappait quelque peu… Légèrement grisé par son affirmation précédente, il décida de jouer une nouvelle fois à celui qui décide tout seul. Il savait que Vanhilde Tehanii jouerait au garde-fou ou au rabat-joie selon les cas, elle était parfaite dans le rôle de la Censure. Ysor réfléchit à qui pouvait suborner l’enfant.

La question semblait complexe au premier abord. Lorsqu’on creusait, il s’avérait qu’elle était tout simplement épouvantable. Cet enfant serait le prochain héritier, autrement dit la famille qui le recueillerait serait quasiment une dynastie régnante. D’office, il ne fallait pas autoriser l’adoption de l’enfant Olaril par une autre famille que les Arlanii, car sinon il y avait de fortes chances qu’au lieu d’étouffer une révolte, on ouvre un autre front à l’intérieur même du palais, ce qui ferait chuter tout ce qui porte le nom d’Arlanii.

Et si l’enfant n’était pas adopté ? Après tout ce n’était pas obligé. On pouvait « juste » confier son éducation à un maître ilédor, dans le cadre d’une grande famille et laisser l’enfant au peuple Olaril, sans le lier davantage aux ilédors. Seulement, on n’éliminait pas le problème ainsi : les révolutionnaires pouvaient récupérer l’enfant à sa majorité, renverser les Arlanii, et placer sur le trône cet héritier de bakarne, qui aurait le bon goût d’être un ilédor tout frais et malléable.

Il fallait donc le lier absolument par des liens de parenté, et donc d’adoption à une famille ilédore. Laquelle ? Laquelle des familles de nobles de sang étaient suffisamment loyales pour accueillir le futur des Arlanii ? Laquelle de ces famille resterait loyale ?

Karnimacii ? Ysor appréciait les conseils de Riarg, mais il savait qu’ils n’étaient ni gratuits ni désintéressés. Tehanii ? Idem, sa mère lui avait inculqué une certaine méfiance des conseillers qui était tenace et qui ne s’affaiblissait pas. Jagharii ? Amarante Jagharii semblait être de confiance, mais que dire de son héritier qui n’avait pas du tout la carrure de son père ? Or sur vingt ans, il y avait de fortes chances que le vieux stratège ait à passer la main… Laetarii ? La famille de la Douairière, mais lorsqu’on regardait des excès comme ceux du Colonel Erathan Laetarii, Ysor se dit que sa mère et ses cousins germains n’avaient strictement rien à voir et au contraire, avaient même fait preuve qu’ils étaient plus des parasites que des soutiens.

La vérité était là : pour éduquer cet enfant, il ne pouvait compter sur personne, mis à part sa propre famille.

Pendant tout ce cheminement il ne resta pas immobile : il acquiesçait, grognait, regardait en l’air et faisait quelques pas. Toutes les marques d’une profonde réflexion. Mais quoi qu’il fasse, le regard de la statue de calcaire blanc ne bougeait pas de place, il en fallait plus pour dérider Vanhilde Tehanii.

« L’élever… je suis d’accord. Mais le faire élever par qui ? Voyez vous, cet enfant est l’avenir d’Isle, et des Arlanii, bien que j’éprouve énormément de respect pour la loyauté des nobles familles, plus je réfléchis et plus je me dis que cet enfant doit être aussi proche que possible des Arlanii eux même. Mieux, en en faisant un héritier des Arlanii, nous scierions la branche sur laquelle les révolutionnaires sont assis.

Oui, je crois que nous ferons ainsi. Il sera élevé par les Arlanii eux même. »


Le Gardan Edorta avait fait preuve d’une audace exceptionnelle en lançant cette folle phrase. Mais s’il pensait faire plaisir aux conseillers, c’était raté : il n’y avait que deux membres de la famille Arlanii qui pouvait adopter ou éduquer cet enfant : Ysor lui-même, dont ce n’était clairement pas le rôle, et Noor, qui espérait bien mettre les héritiers hors de portée du Conseil. Un problème, lorsqu’on considérait que cette femme avait été capable de mettre au monde un Elandor.

Quel dommage qu’Ysor n’ait pas d’épouse qui offre une troisième alternative…
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Vanhilde Tehanii
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MessageSujet: Re: De Conservateur à Révolutionnaire   Mer 8 Sep - 10:55

L'humour n'était pas dans l'esprit de Vanhilde Tehanii. Non pas qu'elle ne soit pas capable d'en jeter quelques grammes, mais quand il s'agissait de converser avec le Gardan Edorta, toute note humoristique était totalement dénuée de sens. Pire, comme Ysor avait pu le constater, elle ne savait plus l'entendre. Elle refusait tout rictus ou tout fou rire. C'était intolérable de sourire lorsque l'on évoquait le Peuple Elu. Parfaitement Impensable.

Mais cet épisode passait vite, le Gardan Edorta réfléchissait. Et la Conseillère savait combien il pouvait être angoissant de prendre une décision. Si seulement si avait été aimé de Therdone, lui aussi ... Il aurait eu ses confidence et ses souffles pour correctement s'exprimer ; L'Ancienne Moniale le laissa tourner en rond, triturer des doigts nerveusement, jusqu'à ce que, enfin, Ysor Cinquième eut fait un choix.

« Votre Majesté n'aurait pu prendre meilleure décision. » Flatta-t-elle avec un léger sourire. Car, bien qu'elle aurait été honorée de pouvoir élever l'Héritier du Trône, Vanhilde avait vite compris que la seule façon pour que la Prophétie se réalise, et qu'elle ne mette cependant pas à mal l'ordre établi, était que le Gardan Edorta lui-même puisse avoir la main sur l'enfant, qu'il soit nourrisson ou adolescent... Et aucun autre moyen pour eux qu'Ysor en soit le tuteur. Que les Conseillers aient les pleins pouvoirs sur lui, et sur le Descendant de Bakarne...

« Avec votre permission, je m'entretiendrai avec les Oracles, qui me révèleront où se trouve l'Héritier des Tables d'Olaria. Nos indicateurs ne tarderont pas à le retrouver, et dans quelques jours, quelques semaines tout au plus, vous aurez à adopter ce fils. »

Oui.. Il fallait que ce soit lui, et non Noor, qui hérite de l'enfant. Si tel était le cas, jamais le Conseil ne pourrait avoir l'emprise nécessaire pour façonner et Ysor, et l'Héritier. Il était primordial que la Veuve Arlanii se tienne à l'écart, d'affirmer le contrôle qu'ils avaient sur le Gardan Edorta. Vanhilde espérait qu'après cette discussion, où il n'avait plus eu besoin de l'aide de sa mère, l'Edorta place toute sa confiance en elle, en les Conseillers, afin qu'ils puissent évincer la Douairière sans heurt.

« Bien sûr, les Olarils risquent de ne pas apprécier que vous leur preniez ce fils. Il vous faudra vous entourer de certains d'entre eux. Cette adoption sera pour eux le gage de votre tolérance et de votre acceptation de la Prophétie : vous passerez pour Juste, et Humble. »

Certes, l'adoption pourrait être délicate. Si ce fils était âgé, voire adulte, ou plus vieux que le Gardan Edorta, ce petit arrangement risquait de très mal passer chez les Olarils, et le principal intéressé pouvait émettre quelques réserves... Mais Vanhilde estimait qu'il ne pouvait en être ainsi : dans ce cas, un adulte aurait depuis longtemps fait valoir ses droits, et il aurait été l'un des premiers à se présenter comme le Descendant des Olarii lorsque Mithra Edorta était venue à eux...

Il tardait à Vanhilde de voir les Oracles, de savoir où se trouvait l'enfant, qui il était. Avec un regard plus dur, plus grave également, elle vint se positionner à nouveau bien en face du Roi.

« Permettez que je me retirer sur le champ, plus nous attendons, et plus les Révolutionnaires avancent... Sans compter sur ceux qui se font appeler Dissident. Si l'un ou l'autre de ces criminels met la main sur l'Héritier avant nous ... Je crains pour votre Avenir, Votre Grandeur. » Le pressa-t-elle enfin.
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Ysor Arlanii
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MessageSujet: Re: De Conservateur à Révolutionnaire   Mer 8 Sep - 16:20

Le Gardan Edorta eut l’impression effectivement d’avoir pris une bonne décision… pendant dix secondes, avant que le doute ne revienne et ne s’installe. Et s’il existait un paramètre qui lui avait échappé ? Et si « on » ne lui avait pas signalé une chausse-trappe importante ? Et si finalement cette décision était la mauvaise ? Le doute, fidèle ami et compagnon du Gardan, aussi caractéristique d’Ysor que l’orgueil était caractéristique d’Elandor, à se demander parfois comment ils pouvaient être frères…

Certes Vanhilde le félicitait d’avoir pris une décision qu’elle jugeait bonne, une solution qu’on ne lui avait pas particulièrement suggéré qui plus est, mais cet avis n’était pas suffisant, Vanhilde n’était pas Gardan ni même Arlanii, sa vision était donc forcément limitée par son domaine de spécialité. On le lui avait appris : le Gardan Edorta est d’abord et avant tout le chef d’orchestre de ses conseillers, qui sont ses techniciens, ses ministres bornés dans leurs domaines de spécialité.

Les faits étaient différents, mais cette idée restait vivante chez lui : les conseillers ne pouvaient pas avoir de point de vue global, de point de vue complets. Seul le Gardan Edorta et son épouse pouvaient en avoir un, car ils étaient au dessus d’eux encore. En l’absence d’épouse, il avait très fortement envie de se retourner vers la seule autre femme Arlanii qui existait à l’heure actuelle, une mère dont il savait qu’elle était à un perchoir enviable et qu’elle ne voulait que son bien, contrairement à d’autres conseillers qui étaient forcément absorbés par leurs propres soucis.

La bataille pour la possession d’Ysor n’était pas encore gagnée, loin de là. Elle était bien engagée pour le Conseil certes, car c’est eux que côtoyait quotidiennement le Gardan Edorta, mais il suffisait que la Douairière passe une heure avec son fils pour que le travail d’une semaine des Conseillers soit sapé. La voix de sa mère valait encore dix Conseils au grand complet pour un homme qui avait grandi si longtemps sous son ombre.

Et avec le doute, venait l’envie de demander confirmation à Noor. Comme un enfant : « C’est bien ce que j’ai fait maman ? ». A peine Ysor se rendit il compte de cela qu’il s’en voulut d’avoir pensé cela. Il était un homme depuis longtemps, c’était à lui de se prendre en main et d’agir seul, de lâcher la main. C’est un processus, un combat plutôt qu’il avait commencé au moment de monter sur le trône, et qu’il fallait continuer coûte que coûte, même si le prix à payer était élevé.

Il frappa légèrement la table comme un signe de détermination, et ses longs cheveux ondulèrent au moment où il releva brusquement le front, avec une crispation de la mâchoire qui rappelait Elandor dans ses grands moments de Volonté.

« Faites comme cela Vanhilde je vous fais confiance. Tenez moi au courant dès que possible de ce que dira l’Oracle, et bon courage pour tout ceci. Je vous remercie de prendre les intérêts des Arlanii aussi à cœur. Vous pouvez aller. »

Il regarda la Morte avec un sourire qui se voulait reconnaissant, les épaules en arrière, comme un homme qui s’affirme. La conseillère allait faire ce que lui venait d’ordonner, une décision mature qu’il avait pris seul.

Il n’avait même pas besoin de consulter qui que ce soit pour savoir s’il avait bien joué son rôle de Gardan Edorta.

Pas besoin de demander à qui que ce soit…

Mais bon, ca ne coûtait rien…

On ne lui en voudrait pas, et puis ce serait la dernière… juste pour être sûr.

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